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Full text of "La Grande encyclopédie : inventaire raisonné des sciences, des lettres et des arts"

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LA 



GRANDE ENCYCLOPÉDIE 



TOUaS. — IMPRIMERIE DE E. ARRAULT ET C^* 



LA 



GRANDE ENCYCLOPÉDIE 



INVENTAIRE RAISONNÉ 

DES SCIENCES, DES LETTRES ET DES ARTS 

PAR UNE 

SOCIÉTÉ DE SAVANTS ET DE GENS DE LETTRES 

sous LA DIRECTION DE 



MM. BERTHELOT, sénateur, membre de l'Institut. 

Hartwig DERENBOURG, professeur à TÉcole spéciale des 

langues orientales. 
F.-Camille DREYFUS, député de la Seine. 
A. GIRY, professeur à l'École des chartes. 
GLASSON, membre de Plnslitut, professeur à la Faculté de 

droit de Paris. 

D*" L. HAHN, bibliothécaire en chef de la Faculté de médecine 
de Paris. 



MM. C.-A. LAISANT, député de la Seine, docteur es sciences 

mathématiques. 
H. LAURENT, docteur es sciences mathématiques, examinateur 

à rÉcole polytechnique. 
E. LEVASSEUR, membre de l'Institut, professeur au Collège 

de France. 
H. MARION, professeur à la Faculté des lettres de Paris. 
E. MUNTZ, conservateur de l'École nationale des beaux-arls. 
A. WALTZ, profes^seur à la Faculté des lettres de Bordeaux. 



SECHÉTAmî: GÉNÉRAL : F.-Camille DREYFUS, député de la Seine. 



TOME TREIZIEME 

ACCOMPAGNÉ DE TROIS CARTES EN COULEURS, HORS TEXTE 



COTESBAGII 



DELLDEN 




PARIS 

H. LAMIRAULT et C", ÉDITEURS 

61, RUK DE RENNES, 61 
Tous drc ils réservés. 



LISTE DE MM. LES COLLABORATEURS 



DE 



LA GRANDE ENCYCLOPEDIE 



N, B. — Cette liste sera reproduite avec les modifications nécessaires en tête de chaque volume, et une liste générale 

sera publiée à la fin de l'ouvrage. 



COMITE DE DIRECTION 



MM. BERTHELOT, sénateur, membre de l'Institut. 

HART^YïG DERENBOURG. professeur à l'École spéciale 

des langues orientales vivantes. 
F. -Camille DREYFUS, député de la Seine. 
A. GIRY, professeur à l'École des chartes; 
GLASSON, membre de l'Institut, professeur à la Faculté 

de droit de Paris. 
D"- L. HAHN, bibliothécaire en chef de la Faculté de 

médecine de Paris. 



MM. C.-A. LAISÂNT, député de la Seine, docteur es sciences 
mathématiques. 

H. LAURENT, docteur es sciences mathématiques, exa- 
minateur à l'Ecole polytechnique. 

E. LEVASSEUR, membre de l'Institut, professeur au 
Collège de France. 

H. MARION, professeur à la Sorbonne. 

E, MÛNTZ , conservateur de l'École nationale des 

beaux-arts. 
A. WALTZ,profes«"à la Faculté des lettres de Bordeaux 



AcQUiER (L.), juge à Lodève. 

Adam, professeur à la Faculté des lettres de Dijon. 

Aguu.lon, ingénieur en chef dos mines, professeur à l'Ecole 

nationale supérieure des mines. 
Allemagne {H. d'), attaché a la Bibliothèque de l'Ârsennl. 
Alphand, inspecteur général des ponts et chaussées, direc- 
teur des travaux de Paris. 
Alphandéry. docteur en médecine. 
AMBRÉsm (Samuel), docteur en médecine. 
Améliiseau (E.J, maître de conférences à l'École des Hautes 

Études. 
AMfAUD, sous-chef de bureau au Ministère de la justice. 
Arnodin (F\), ingeniebr dos arts et manufactures. 
AssE (E.). de la Bibliothèque de l'Arsenal. 
Aulard (F.-A.), professeur à la Faculté des lettres de Paris. 
Babelon (E.), conservateur adjoint du département des 

médailles et antiques de la Bibliothèque nationale. 
Balle (A.), publiciste. 

Bapst (Germain), membre de la Société nationale des Anti- 
quaires de France. 
Barré (L.), astronome adjoint à l'Observatoire de Paris. 
Barrés (Maurice), député de Nancy. 
Barroux (Marius), archiviste adjoint aux Archives de la 

Seine. 
Bataillard (D»" A.). 
Baudrillart (André), ancien membre de l'Ecole française 

de Rome, agrégé de l'Université. 
Bayet, recteur de l'Académie de Lille. 
Beaudouin (Mondry), professeur à la Faculté des lettres de 

Toulouse. 
Beauregard, professeur à la Faculté de droit de Paris. 
Beauvots (E.). 

Bechmants (G.), ingénieur en chef, proff s«eur à l'Ecole des 
ponts et chaussées, directeur des travaux de salubrité 
de la ville de Paris. 
Belugou. 
BÉM0>iT (Charles), maître de conférences à l'Ecole des Hautes 

Etudes. 
BÉNÉDITE (G.), attaché au musée du Louvre. 
BENET (A.), archiviste du département du Calvados. 
BÉRARD, dirccteurdela poudrerie de SaInt-Médard-en-Jalles. 
BÈRE (F.), ingénieur des manufactures de l'Etat. 
Berger (Philippe), sous-bibliothécaire de l'Institut. 
Bernard (A.), professeur au lycée de Mont-dc-Marsan. 
Bernard (F.), professeur d'économie politicjue dans les 
j^coles natioïiales, 



Rernvrd (Maurice), avocat à la Cour d'appel de Paris. 

Berthelr (Joseph), archiviste du département des Deux- 
Sèvres. 

Berthklot (André), agrégé d'histoire et de géographie, 
maître de conférences à l'Ecole des Hautes Etudes. 

Bertoklot (Daniel), licencié es sciences, préparateur à la 
Sorbonne. 

Bertoelot (Philippe), licencié es lettres et en droit. 

BERTRAND (A.), membre de l'Institut, directeur du musée de 
Saint- Germain. 

Bertrand (Al.), professeur à la Faculté des lettres de Lyon. 

Bertrand (Pierre). 

Besson (Emmanuel), chef à la direction générale de 1 Enre- 
gistrement. 

BÉTRiNE (Alcide), professeur d'histoire et de littérature, rédac- 
teur au journaHa Géographie. 

Btnet (E.). professeur a la Faculté de droit de Nancy. 

Blanchard (, Raphaël j, professeur agrégé à la Faculté de 
médecine de Paris. 

Bloch (G.), maîtt^e de conférences à l'Ecole normale supé- 
rieure. 

Blondel, professeur à la Faculté de droit de Nancy. 

Blondel (D'" R.), préparateur à la Faculté de médecine de 
Paris, docteur es sciences. 

Blondel (Spire), homme de lettres. 

Blcm, agrégé de philosophie. 

Bokuler, docteur en médecine. 

BocnAERT-VAcnÉ (A.), publiciste. 

BoNïiEUR (Raymond), compositeur de musique, 

BoNiiouRE (Adrien), préfet des Pyrénées-Orientales. 

Bonnardot (François), inspecteur des Travaux historiques 
de la ville de Paris. 

Bonneï-Maury (Gaston), professeur à la Faculté de tlu'o^ogie 
protestante de Paris. 

Bordes (Charles), critique musical. 

Bornarel (F.), agrégé de l'Université. 

BossERT (A.), inspecteur général de l'Instruction publique. 

Bouché -Leclercq (A.), professeur à la Faculté des lettres 
de Paris. 

Boucheron (H.), ingénieur, professeur à l'École centrale des 
arts et manufactures. 

BouGENOT (S.), archiviste-paléographe. 

BouGiER (Louis), professeur d'histoire et de géographie au 
collège Rollin. 

Boulin (Stéphane), maître de conférences à la Faculté des 
lettres de Bordeaux. 



LISTE DE MM. LES COLLABORATEURS 



Bouquet (L.), chef de bureau au Ministère du commorcft. 
BouRGEOis(EmiIe),prolesseurà la Faculté des lettres de Lyon, 
BouRGOiN (Ed.), membre de rAcadémie de médecine, pro- 
fesseur à l'Ecole supérieure de pharmacie. 
RouKNEviLLE, médccin des hôpitaux. 
BouRNON (FJ, archiviste-paléographe. 

BouTRoux (Emile), professeur à la Faculté des lettres de Baris. 
BoYER (G.), préparateur de botanique et de sylviculture à 

l'Ecole d'agriculture de Montpellier. 
Brenet (Michel). 
Brochard (Victor), chargé de cours à la Faculté des lettres 

de Paris. 
Brunet (Victor). 
Brunetière (Ferdinand), maître de conférences à l'Ecole 

normale supérieure. 
Brutails, archiviste du département de la Gironde. 
BuLOT (Léon), substitut au tribunal de la Seine. 
BuNAND (Antonin), homme de lettres. 
Burdeau (Auguste), professeur agrégé de philosophie, député 

du Rhône. 
BuRDO (Ad.), explorateur de l'Afrique centrale. 
Cabirau (H.-F.), ingénieur civil. 
Cadillac. 

Caix de Saint-Aymour (vicomte Amédée de), publiciste. 
Camescasse (J.), docteur en médecine. 
Carré de Malberg, docteur en droit. 
Castaigne (E.-JÔ, professeur de l'Université. 
Castan (A.), correspondant de l'Institut, conservateur de la 

Bibliothèque de la ville à Besançon. 
Cat (E.), professeur à l'Ecole des lettres d'Alger. 
Cauwès (Paul), professeur à la Faculté de droit de Paris. 
Ghabuy (L.), docteur en médecine et os science^. 
Champeaux (de), bibliothécaire de l'Union centrale des arts 

décoratifs. 
Champier (Victor), directeur de \ii Revue des arts décoratifs. 
Chancel (Jules), docteur en droit. 
Charavay (Etienne), archiviste-paléographe. 
CuARLOT (Marcel), sous-chef de bureau au Ministère de 

l'instruction publique. 
Charpentier \ Paul ), ingénieur des arts et manufactures. 
Chaumehn (Gaston), ingénieur, chef de l'exploitation à la 

Compagnie du canal de Suez. 
Chavegrin. agrégé à la Faculté de droit de Paris. 
Chervin (D^), membre du Conseil supérieur de statistique, 

directeur de l'Institution des bègues de Paris. 
Cheuvreux (Casimir), avocat à la Cour d'appel de Paris. 
Claparède (A. de), docteur en droit, ancien secrétaire du 

Département politique (afï'aires étrangères) de la Confé- 
dération suisse. 
Clermont, docteur en médecine. 
Cleuziou (Henri du). 

Colin (Maurice), professeur agrégé des Facultés de droit. 
Collet-Corbinière. avocat à la Cour d'appel de Paris. 
CoLLiGNON (M.), chargé de cours à la Faculté des lettres de 

Paris. 
CoLLiNEAU, docteur en médecine. 
CoMPAYRÉ, recteur de l'Académie de Poitiers. 
Gordier (H.), professeur à l'Ecoie des langues orientales. 
CosNEAU (E.), professeur au lycée Henri IV. 
Couderc (Camille), sous-bihliothécaire au département des 

manuscrits à la Bibliothèque nationale. 
CouRROiN (F.), sous- bibliothécaire au Cabinet des estampes 

à la Bibliothèque nationale. 
CouRDAvEAUx (V.), prot. cà la Faculté des lettres de Lille. 
Coustan (D' a.), médecin-major de l'** classe. 
CoviLLE (A.-H.), professeur à la Faculté des lettres de Lyon. 
Créhange, professeur à l'Ecole alsacienne. 
Crié (A.), publiciste. 

Crié (Louis), professeur à la Faculté des sciences de Rennes. 
Crozals, professeur à la Faculté des lettres de Grenoble. 
Cunisset-Carnot, avocat général à Dijon. 
Darmesteter (James), professeur au Collège de France. 
Dastre (A.), professeur de physiologie à la Faculté des 

sciences de Paris 
Dauriag (Lionel), professeur à la b'aculté des lettres do 

Montpellier. 
Dave (Victor), publiciste. 

David (Th.), docteur en médecine, député des Alpes-Marit. 
Debidour (A.), inspecteur général de l'Instruction publique. 
Debierre (D"" Ch.), prof, à la Faculté de médecine de Lille. 
Delabrousse, commissaire général du gouvernement auprès 

des Compagnies de chemins de fer. 
Delavaud (Ch.), inspecteur du service de santé de la 

marine, en retraite. 
Delavaud (L.), secrétaire de l'ambassade de France à Berlin. 
Deniker, docteur es sciences naturelles, bibliothécaire du 

Muséum. 
Derenbourg (Joseph), membre de l'Institut. 
Desdouits, ingénieur en chef aux chemins de fer de l'Etat. 
Didierjean (f^yonncl), avocat. 
Diehl, ancien membre de l'Ecole d'Athènes, professeur à 

la Faculté des lettres de Nancy. 
Doinel (Jules), archiviste du département du Loiret. 
Dolffus fG.), attaché à la Carte géologique de France. 
Dollfus (Lucien). 
DossoN, professeur à la Faculté des lettres de Clcrmont- 

Ferrapd . 



Dramard, conseiller à la cour de Limoges. 

Droogmans (H.), ancien chancelier du Consulat général belge 
aux Etats-Unis. 

Drouin (E.), avocat, membre du conseil de la Soc. asiatique. 

Dur.AiiRY, docteur en médecine. 

Dubourdieu (J.). 

DucROCQ, professeur à la Faculté de droit de Paris. 

Dufouumantelle (Maurice), avocat à la Cour d'appel de Paris. 

DuFouRMANTELLE (Charlcs), aucieu archiviste de la Corse. 

Duhamel (Louis), archiviste du département de Vaucluse. 

DuHOussET, colonel. 

Dumoulin, professeur au collège de Roanne. 

DupuY(Paul), surveillant général à l'Ecole normale supérieure. 

Durand (Maxime) , consul suppléant de France à New- 
York . 

Durand ( G. ) , archiviste du département de la Somme. 

Durand-Grévtlle, publiciste. 

DuREAu(D"'A.), bibliothécaire en chef de l'Académie de méde- 
cine. 

DuRiER (Ch.), vice-président du Club alpin français, chef de 
division au Ministère de la justice. 

Du Seigneur (Maurice), critique d'art. 

Dybowski, maître de conférences à l'École nationale d'agri- 
culture de Grignon. 

Ernst (Alfred), de la Bibliothèque Sainte-Geneviève. 

Esbaecuer (Emile), ancien chef de bureau au Ministère des 
postes et télégraphes. 

Fagan (Louis), conservateur adjoint au cabinet des estampes 
et dessins (British Muséum). 

Farges (Louis), sous-chef du bureau historique au Ministère 
des aflFaires étrangères. 

Faucher (L.), ingénieur en chef des poudres et salpêtres à 
Lille. 

Favre (Fr.), biblioth.du Conservatoire des arts et métiers 

Feer (Léon), bibliothécaire au département des manuscrits 
de la Bibliothèque nationale. 

Ferra (Joanncs), chancelier de résidence en Indo-Chine. 

Flamant (A.), ingénieur en chef des ponts et chaussées. 

Flourac. archiviste du département des Basses-Pyrénées. 

FoNcm (Pierre), inspecteur général de l'Enseignement secon- 
daire. 

Fonsegrive, professeur de philosophie au lycée Bufïon. 

Fonte (Raoul), professeur d'histoire au collège de Calais. 

FouRNiER (Henri), docteur en médecine. 

FouRNiER (Marcel), professeur à la Faculté de droit de Caen. 

FouRNiER de Flaix, pubHcîste. 

France (H.), professeur à l'Académie royale de Woohvich. 

François (G.), chef comptable de banque. 

FrediiRicq (Paul), professeur à l'Université de Gand. 

Funck-Brentano (Frantz), attaché à la Biblioth. de l'Arsenal. 

Gaignière (Henri), substitut du procureur de la République 
à Meaux. 

Gardeil, professeur à la Faculté de droit de Nancy. 

Garnier (E.), membre du Comité des Sociétés des Beaux- 
Arts. 

Garnier (L.), rédacteur en chef de la Presse vétérinaire. 

Gary (Alfred), licencié en droit, professeur d'économie poli- 
tique. 

Gasté (Armand), professeur à la Faculté des lettres de Caen. 

Gaudez. 

Gausseron, professeur au lycée Janson-de-Sailly. 

Gauthiez (Pierre), agrégé de l'Université. 

Gautier (Jules), professeur au lycée îlichelet. < 

Gavet (G.), agrégé à la Faculté de droit de Nancy. 

Gérard (Aug,), ministre plénipotentiaire au Brésil. 

GiARD (A.), professeur à la Faculté des sciences de Paris. 

GiDEL, proviseur du lycée Louis- le -Grand. 

GiQUEAux (P.). professeur au lycée de Nice. 

Girard (Charles), chef du Laboratoire municipal de Paris. 

Girard (Paul), maître de conférences à la Faculté des lettres 
de Paris. 

Girard (P. -F.), agrégé à la Faculté de droit de Paris. 

GiRODON (F.), docteur en droit. 

Gley(E.), prof, agrégé à la Faculté de médecine de Paris. 

Gobât (D'), conseiller d'Etat, directeur de l'Éducation du 
canton de Berne. 

GoGUEL (P.), professeur de filature à l'Institut industriel du 
Nord . 

GoNSK, membre du Conseil supérieur des Beaux-Ârts. 

GoRCEix (H.), directeur de l'Ecole des mines de Ouro-Prelo 
(Brésil). 

GouRDON DE Genouillac, du Comité de la Société des gens 
de lettres. 

GouRMONT (Rémy de). 

Grand (E.-D.), archiviste de la ville de Montpellier. 

Grandjean (Charles), secrétaire-rédacteur au Sénat. 

Gruyer (Gustave), publiciste. 

GuïGUE (Georges), archiviste du département du Rhône. 

GuiLAiNÉ (Louis), rédacteur en chef de la Revue Sud- Amé- 
ricaine. 

GUILAINE (G.). 

Guillaump:, membre de l'Institut, professeur au Collège de 

France. 
Guiraud (Paul), chargé de cours à la Faculté des lettres de Paris. 
Hahn (J.), médecin-major de l"» classe. 
Hfckel. professeur à la Faculté des sciences de Marseille, 
Henneguy (Félix), publiciste. 



LISTE DE MM. LES COLLABORATEURS 



Herrmatsn (DO, professeur à la Faculté de médecine de Lille. 

Hesse (Lucien). 

HiLD (J.-A.), professeur a la Faculté des lettres de Poitiers. 

HoMOLLE, directeur de l'Ecole française d'Athènes. 

Honoré (Fernand), pubiiciste.» 

HouDAS, professeur a l'Ecole des langues orientales. 

HoussAYE (Arsène), homme de lettres. 

Hubert ( Eugène )» professeur à l'Université de Liège. 

HuMBERï (G.), ingénieur des ponts et chaussées à Blois. 

Jacquemaire (Numa), avocat à la Cour d'appel de Paris. 

Jacquemart (A.), député des Ardennes. 

Jamais (E.), député du Gard. 

Jametel (M.), professeur à l'Ecole des langues orientales. 

Jeanroy, professeur à la Faculté des lettres de Toulouse. 

JoANNis, docteur es sciences, professeur de chimie indus 
trielie à la Faculté des sciences de Bordeaux. 

JoBBÉ-DuvAL (E.), agrégé à la Faculté de droit de Paris. 

JoRGA (N.), professeur à Bucarest. 

Jouanne (G.), ingénieur des arts et manufactures. 

JouBiN (L.), docteur es sciences, maître de conférences à la 
Faculté des sciences de Rennes. 

JuLLiAN (Camille), professeur à la Faculté des lettres de 
Bordeaux. 

Jullien, député de Loir-et-Cher. 

JussERAND, conseiller de l'ambassade de France à Londres. 

KÉRAVAL (P.), médecin des asiles de la Seine. 

Knab (L.), ingénieur civil, répétiteur à l'Ecole centrale des 
arts et manufactures. 

Koechlin (Camille). 

KœCHLlN (B..). 

KoHLER (Gh.), bibliothécaire à la bibliothèque Sainte-Gene- 
viève. 

Kruger (F.-H.), professeur à l'Institut des missions évange- 
liques de Paris. 

KuHFF (G.), docteur en médecine, 

KUNCREL d'HERCULAlS. 

KuNTSLEB, professeur à la Faculté des sciences de Bordeaux. 

Lacour (P.), attaché à la direction des Beaux-Arts. 

Lacour-Gayet (Georges), docteur es lettres, professeur d'his- 
toire au lycée Saint-Louis. 

Lacroix (Sigismond), publiciste. 

Lacroix, docteur es sciences, 

Lafargue (Paul), publiciste. 

Lagaghe (Celestin), ancien directeur des travaux sténogra- 
phiqucs de la Chambre des députés. 

Lagrésille (Georges), avocat à la Cour d'appel de Paris. 

Laiiillonne (Jacques), professeur au lycée de Grenoble. 

LaÎné, agrégé à la Faculté de droit de Paris. 

Lamaine (H.), publiciste. 

Lambert (Mayer), professeur au séminaire israélite de Paris. 

Lambling (D»-), professeur agrège à la Faculté de médecine 
de Lille. 

Langlois (D"" p.), préparateur au laboratoire de physiologie 
de la Faculté de médecine de Paris. 

Langlois (Ch.-Y.-M.), charge de coursa laFaculté des lettres 
de Paris. 

Lanjalley. 

Lanson (G.), professeur de rhétorique au lycée Michelet. 

Larbalétrier (A.), professeur à l'Ecole d'agriculture du 
Pas-de-Calais. 

Larivière (Ch. de), receveur particulier à Gien. 

Launay (Louis), publiciste. 

Laur (F.), ingénieur des mines, député de la Seine. 

Laurent (E.), bibliothécaire du Palais-Bourbon. 

La VALLEY (Gaston), bibliothécaire de la ville de Caen. 

Laveleye (E. de), professeur à l'Université de Liège. 

La VOIX (Henri), conservateur du cabinet des médailles, à 
la Bibliothèque nationale. 

Lavoix (Henri) fils, administrateur de la bibliothèque Sainte- 
Geneviève. 

Lechalas (^M.-C), inspecteur général des ponts et chaussées. 

Leclerc (Adhémar), résident à Gampot (Cambodge). 

Lecornu (L.), ingénieur des mines, docteur es sciences. 

LÉCRivAiN (G.), chargé de cours à la Faculté des lettres de 
Toulouse. 

Lefèvre (Charles), professeur à la Faculté de droit de Paris 

Lefèvre (Edouard), ancien président de la Société entomo- 
logique de France. 

Lefort (Paul), inspecteur des Beaux- Arts. 

Lefranc (Abel), archiviste aux Archives nationales. 

Léger (L.), professeur au Collège de France. 

Legrand (Emile), professeur à l'Ecole des langues orientales. 

Lehr (E.), professeur lionoraire de droit à Lausanne. 

Leuugeur iPaul), professeur au lycée Charlemagne. 

Lemoine (D'- Georges), professeur à la Faculté de médecine 
de Lille. 

LEiMosoF (Paul), attaché à la Société de géographie. 

Lepkieur (Paul), attaché à la Bibliothèque nationale. 

Leriche, attaché au consulat de France à Beyrouth. 

Leroux ^Alt.)^ archiviste du département de la Haute-Vienne. 

LÉVEiLLÉ, professeur à la Faculté de droit de Paris. 

Le VI (Sylvain), maître de conférences à la Faculté des lettres 
„ de Paris et à l'Ecole des Hautes Etudes 

Lex (L.), archiviste du dcpartemeiil de Saone-et-Loire . 

JjEymahie (C.), bibliothécaire de la ville de Limoges. 

LiaRd, directeur de l'enseignement supérieur au Ministère 
de l'instruction publique. 



Lietard, docteur en médecine, inspecteur des eaux de 

Plombières. 
Loeb (Isidore), président du comité de publication de la 

Société des études juives. 
Loret (Victor), maître de conférences à la Faculté des lettres 
de Lyon. 

Lucas (Charles), architecte. 

LuciPiA (Louis), membre du Conseil municipal de Paris. 

Lyon (^Georges), maître de conférences à l'École normale 
supérieure. 

Lyon-Caen (Ch.), professeur à la Faculté de droit de Paris. 

Mabille (J.), attaché au laboratoire de malacologie du Mu- 
séum d'histoire naturelle, secrétaire de la Société mala- 
cologique de France. 

Maire (Albert), bibliothécaire de runiversité. 

Malecot, docteur en médecine, ancien interne des hôpitaux. 

Mangeron (Félix), conservateur des hypothèques. 

Manouvrier, docteur en médecine. 

Mantz (Paul), directeur général honoraire des Beaux-Arts. 

Marais (Paul), sous-biblioihécaireà la bibliothèque Mazarine. 

Marcel, bibliothécaire de la section de géographie à la Bi- 
bliothèque nationale. 

Marchand, juge suppléant à Meaux. 

Marchand (Louis), vice-recteur à Ajaccio. 

Marlet (Léon), attaché à la bibliothèque du Sénat. 

Marmonier, docteur en droit. 

Marre (Aristide), chargé de cours à l'École des langues 
orientales. 

Martel (E.), avocat. 

Martha (Jules), maître de conférences à la Faculté des lettres 
de Paris. 

Martin (A.-J.), ancien préparateur au laboratoire de phy- 
siologie de la Faculté de médecine de Paris. 

Martin (Henry), bibliothécaire à la bibliothèque de l'Arsenal. 

Martineau (Alfred), avocat à la Cour d'appel de Paris, député 
de la Seine. 

Martinière (H.-P. de La). 

Martinet (A.), sous-préfet de Cherbourg. 

Maspero , membre de l'institut , professeur au Collège de 
France. 

Massebieau (A.), professeur d'histoire au lycée de Rennes. 

Massigli (Ch.), agrégé à la Faculté de droit de Paris. 

Maury (P.), docteur es sciences. 

May (G,), professeur à la Faculté de droit de Nancy. 

Mazerollk, ancien éiève de l'Ecole des Chartes. 

Mazon (A.), homme de lettres. 

MÉLANi (Alfredo), professeur à l'Ecole supérieure d'art appli- 
qué à l'industrie de Milan. 

Mély (F. de), correspondant du Comité des sociétés des 
Beaux-Arts des départements. 

MENANT (J.), membre de l'Institut, conseiller à la cour de 
Rouen. 

Ménard (Louis), docteur en médecine. 

Mercier (Ach.), publiciste. 

Merson (Olivier), critique d'art.. 

Meyners d'Estrey (comte), docteur en médecine. 

MiciiAur (C), chimiste de la station agronomique de l'Yonne. 

Michel (André), publiciste. 

Michel (Emile), artiste peintre. 

Michel (Léon), agrégé à la Faculté de droit de Paris. 

Moireau (Aug.), professeur agrégé des lettres. 

Molinier (A.), conservateur à la bibliothèque Sainte-Gene- 
viève. 

Molinier (Gh.), professeur à la Faculté des lettres de Tou- 
louse. 

Molinier (E.), professeur à l'Ecole du Louvre. 

-Moncelon, ancien délégué de la Nouvelle-Calédonie au Con- 
seil supérieur des Colonies. 

Moniez (D""), professeur à la Faculté de médecine de Lille. 

MoNiN (H.), docteur es lettres, professeur au collège Rollin. 

Monnier (J ). élève diplômé de l'Ecole des langues orientales, 

Mortet (Ch.), conservateur adjoint à la bibliothèque Sainte- 
Geneviève. 

Mortillet (G. de), ancien conservateur adjoint du musée de 
Saint-Germain. 

Moutard, examinateur à l'École polytechnique. 

Muret, maître de conférences à l'Ecole des Hautes Etudes. 

Nachbaur (Paul), avocat à la cour d'appel de Nancy. 

NÉNOT, architecte de la Sorbonne. 

Nolhac (Pierre de), attaché à la conservation du musée de 
Versailles, maître de conférences à l'Ecole des Hautes 
Etudes. 

Ollendorff (Gustave), directeur du personnel et de l'en- 
seignement technique au Ministère du commerce et de 
l'industrie. 

Ollivier (M">«), correspondante du Journal officiel de Saint- 
Pétersbourg. 

Oltramare, astronome à l'Observatoire de Paris. 

Omont (H.), bibliothécaire au département des manuscrits 
de la Bibliothèque nationale. 

Oppert (Jules), membre de l'Institut, professeur au Collège 
de France. 

Ottayi (P.), élève drogman, attaché au consulat de'France 
à Alep. 

OuRÉM (Alméida Aréas, vicomte d') , membre de l'Institut 
hist. et géo§,T. du Brésil, ancien ministre plénipoten- 
tiaire du Brésil à Londre». 



LISTE DE MM. LES COLLABORATEURS 



OusTALET (E.), aide-naturaliste au Muséum d'histoire naturelle. 
Palustre (Léon), directeur honoraire de la Société française 

d'archéologie. 
Paris, maître de conférences à la Faculté des lettres de 

Bordeaux. 
Passy (Paul), professeur de langues vivantes, président de 

l'Association phonétique des pi ofesseurs d'anglais. 
Paturet, avocat a la Cour d'appel de Paris. 
Pauhan, secrétaire rédacteur à la Chambre des députes. 
Paumes (Benjamin), professeur au collège de Lectoure. 
Pawlowskï ( Gustave ), bibliographe. 
PÉAN ',D'), chirurgien des hôpitaux. 
Pélissier (L.-G.), chargé de cours à la Faculté des lettres 

de Montpellier. 
Pelletan (Camille), député des Bouches-du-Rhône. 
PÉRATÉ, ancien membre de l'École française de Rome, 
Pérez (Bernard), publiciste. 
PErrr (E.), professeur au lycée Janson-de-Sailly. 
Petit (Maxime), publiciste. 

Petit (P.), membre de la Société botanique de France. 
Petit (D' L.- H.), bibliothécaire à la Faculté de médecine 

de Paris. 
Pfender (Charles). 
Pharaon (Florian), publiciste. 
PiAGEï (A.), docteur es lettres. 
Picavet, docteur es lettres, ])rolesscur au collège RoUin, 

maître de conférences à l'Ecole des Hautes Etudes. 
Picot (Emile), professeur à l'École des langues orientales. 
PiÉCHAUD (Adolphe), docteur en médecine , médecin du 

Sénat, inspecteur des écoles de Paris. 
Pierret (Paul), conservateur du musée égyptien du Louvre. 
Pignot (A.), ancien interne des hôpitaux de Paris, prépara- 
teur à la Faculté de médecine. 
Pillet (Jules), professeur à l'Ecole des beaux-arts et à 

l'Ecole des ponts et chaussées. 
Pinard (Ad.), professeur à la Faculté de médecine de Paris. 
Pinel-Maisonneuve, docteur en médecine. 
PiRENNE (Henri), professeur à l'Université de Gand. 
Plaisant, procureur de la République au Havre. 
Planiol, agrégé à la Faculté de droit de Paris. 
Platon (G.), bibliothécaire de la Faculté de droit de Bordeaux. 
PoiNCARÉ (Raymond), avocat à la Cour d'appel de Paris, député 

de la Meuse. 
PouGiN (Arthur), publiciste. 
Pouzet (Ph.), agrégé d'histoire. 

Prado (Eduardo da Silva), avocat et homme de lettres. 
Preux (J.), secrétaire du Comité de législation étrangère. 
Prou (M.), bibliothécaire au Cabinet des médailles à la 

Bibliothèque nationale, 
Prudhommk, archiviste du département de Tlsère. 
Psighari (Jean), maître de conférences à l'Ecole des Hautes 

Etudes. 
PuAUx (Franck), publiciste. 
Quellien (N.), publiciste. 

Quesnel, professeur à l'Ecole des Hautes Etudes commer- 
ciales, 
Quesnerie (Gustave de La), professeur au lycée Saint-Louis. 
Rabier (Elle), directeur de l'enseignement secondaire au 

Ministère de l'instruction publique. 
Radet, maître de conférences à la Faculté des lettres de 

Bordeaux. 
Ravaisse (p.), chargé de cours à l'Ecole des langues orientales. 
Ravaisson-Mollien (Charles), conservateur au Musée du 

Louvre. 
RÉBouis (E.), bibliothécaire à la bibliothèque de l'Université. 
Regelsperger, docteur en droit. 

Regnaud (P.), professeur à la Faculté des lettres deLvon. 
Reinac» (J. de), membre de la Sociclè d'économie politique. 
Renard (Georges), professeur à la Faculté des lettres de 

Lausanne. 
Renault, professeur à la Faculté de droit de Paris. 
Réthoré (J.-J.), licenciées lettres. 
Reure, professeur à l'Ecole des Hautes Etudes à Lyon. 
Révillon (Tony), député de la Seine. 
Ribot (Th.), professeur au Collège de France, directeur de 

la Revue philosophique. 
RiCHET (Charles), professeur à la Faculté de médecine de 

Paris. 
Rio-Branco (J.-M. da Silva-Paranhos, baron de), membre de 

l'Institut historique et géographique du Brésil, ancien 

député. 
Ristelhuber (Paul), ancien bibliothécaire. 
RiTTi (D"- Ant.). médecin de la maison nationale de Charenton. 
Rochebrune (l)*" de), aide-naturaliste au Muséum d'histoire 

naturelle. 
Rossignol, licencié es lettres. 



Roussel (Félix), avocat à la Cour d'appel de Paris. 
Rousselet (Albin). 

Ruelle (C.-E.), conservateur à la bibliothèque Sainte-Gene- 
viève. 
Russel (W.), docteur es sciences naturelles. 
Sagnet (Léon), attaché au Ministère des travaux publics. 
Sagnier (Henry), rédacteur en chef du Journal de l'aqri- 

cultu7^e. 
Saint-Mârc, professeur agrégé à la Faculté de droit de Tou- 
louse. 
Saladin (Henri), architecte. 
Salonë, professeur agrégé d'histoire et de géographie au 

lycée d'Orléans. 
Samuel (René), sous-bibliothécaire du Sénat. 
Saury (D'), médecin de l'asile de Suresnes. 
Sauvage (D'), directeur de la station aquicole de Boulogne-sur- 

Mer. 
Saverot (Victor), docteur en droit. 
Sayous, professeur à la Faculté des lettres de Besançon, 

membre correspondant de l'Académie hongroise. 
Schefer (G.), bibliothécaire à la bibliothèque de l'Arsenal. 
ScHMiT (L,), conducteur des ponts et chaussées. 
Sergent (Ed.), commandant de l'armée teiritoriale. 
Simon (Eugène), ancien président des Sociétés entomologique 

et zoologique de France. 
SouQUET (Paul), professeur de philosophie au Ivcée Janson- 

de-Sailly. 
SouviRON (Alfred), chef de division à la préfecture de la Seine . 
Steeg (Louis), consul suppléant, chef du cabinet du rési- 
dent de France à Tunis. 
Stein (H.), archiviste aux Archives nationales. 
Straus, professeur à la Faculté de médecine de Paris. 
Stroeiilin, professeur à l'Université de Genève. 
Swartë (Victor de), trésorier-payeur générai de Seine-et- 
Marne. 
Tannery (P.), ingénieur des manufactures de l'État. 
Tausserat (Alexandre), attaché au Ministère des affaires 

étrangères. 
Théry (Edmond), publiciste. 
Thiers (Adolphe), publiciste. 

Tholin (G.), archiviste du département du Lot-et-Garonne. 
Thomas (Antoine), chargé de cours à la Faculté des lettres 

de Paris. 
Thomas (D' L.), bibliothécaire à la Faculté de médecine de 

Pans. 
Tieusot (Julien), sous-bibliothécaire au Conservatoire de 

musique. 
TouRNEux (Maurice), publiciste. 

Trawinski, sous-chef de bureau à la direction des Beaux-Arts. 
Tresgaze (A.), directeur honoraire des douanes. 
Trouessart, docteur en médecine. 
Valabrègue (Antony), critique d'art. 
Varigny (C. de). 
Varigny (H. de), docteur en médecine, docteur ès sciences 

naturelles. 
Vast (Henri), professeur d'histoire et de géographie au lycée 
Condorcet, examinateur d'admission à l'école Saint- 
Cyr. 
Vaugeois, doyen de la Faculté de droit de Gaen. 
Vayssière (a.), archiviste du département de l'Allier. 
VÉLAiN (Charles), maître de conférences à la Faculté des 

sciences de Paris. 
Venukoff (Michel), ancien secrétaire général de la Société 

de géographie de Russie. 
Vergniol (G.), professeur agrégé d'histoire au lycée de 

Bourges. 
Verneau (D^-), préparateur de la chaire d'anthropologie au 

Muséum d'histoire naturelle. 
Vernks (Maurice), directeur adjoint à i'École des Hautes 

Études (section des sciences religieuses). 
Viala (Pierre), professeur de viticulture à l'Institut national 

agronomique de Paris. 
Villedeuil (Ch. de), astronome. 

ViNsoN (Julien), professeur à l'Ecole des langues orien- 
tales. 
Vogel, publiciste. 
VoLLET ( E. - H. ) , docteur en droit. 
WicKERSuEiMER fE.), député de l'Aude . 
WiDAL, médecin inspecteur de l'armée, en retraite. 
WiLL (Louis). 

WuiLLOMENET, doctcur OU médecinc. 
Wyrouboff (G,). 

Yriarte (Charles), inspecteur des Beaux-Arts. 
Zaborowski, publiciste, ancien secrétaire de la Société 
d'anthropologie de Parib. 



LA GRANDE ENCYCLOPÉDIE 



C 



COTESBACH. Village d'Angleterre, comté de Leicester, 
à l'extrémité S. du comté, près de Lutterworth. 

CÔTES-DU-NORD. Situation, limites, superficie. 

— Ledép. des Côtes-du-Nord tire son nom de sa situation 
sur les bords de la Manche, au N. de la France. C'est 
en effet la mer la plus septentrionale de notre pays, si l'on 
en excepte les quelques lieues de côte baignées par la mer 
du Nord. Ce département est situé dans la région N.-O. de 
la France et appartient au bassin de la Manche au N. et 
au bassin de l'océan Atlantique au S. : c'est un des vingt- 
trois départements maritimes de la France et l'un des neuf 
qui sont situés sur la côte N. Le 5® degré 0. du méridien 
de Paris le coupe à son milieu et il est atteint à peu près 
par le 6^ degré sur sa lisière ; dans l'autre sens, paral- 
lèlement à la ligne de l'équateur, il est compris entre le 48" 
et le 49" degré de lat. septentrionale. Saint-Brieuc, le chef- 
lieu du département, est situé sous le 48" degré 34' V\ 
à peu près sous la même latitude que Brest (Finistère). La 
longitude de Saint-Brieuc est la même que celle de Vannes 
(Morbihan) et son méridien ne rencontre guère d'autre 
ville au N. ni au S. Saint-Brieuc est situé à 370 kil. de 
Paris à vol d'oiseau et à 475 kil. par le chemin de fer. 
Le dép. des Côtes-du~Nord est borné par le dép. du Finis- 
tère à rO., par celui du Morbihan au S., celui d'Ille-et- 
Vilaine à l'Ë. Au N., la Manche lui sert de limites ; au S., 
les limites sont presque partout artificielles. Le pourtour 
total du département est de 500 kil. à peu près, si l'on 
néglige les sinuosités de la côte et des limites vers la terre. 
Sa superficie est de 688,562 hcct. : il n'y a en France 
que dix-huit départements plus étendus; sa plus grande 
longueur, prise de l'E. à l'O., est de 430 kil. environ : 
d'ailleurs, elle ne varie pas beaucoup ; sa plus grande lar- 
geur prise du N. au S. est au contraire très variable; de 
70 kil. environ sous le parallèle de Lannion, elle est de 
80 sous celui de Guingamp, et seulement de 50 sous celui 
de Dinan. 

Relief du sol. — Le sol des Côtes-du-Nord n'est pas 
très élevé et est cependant assez inégal : jusqu'à environ 
une quinzaine de kilomètres le long des côtes, la terre est 
fertihsée par le goémon et les plantes maritimes : elle est 
alors très fertile. Le reste du terrain présente des couches 
de bruyères ou de landes que les progrès de l'agriculture 
tendent à fertiHscr depuis plusieurs années. Le départe- 
ment est partagé en deux versants inégaux, l'un auN. sur 
la Manche, l'autre, moins large, au S. sur l'Océan, par 
une chaîne de collines granitiques dominée par le mont 
Menez, qui court de l'E. à l'O. ; à son extrémité occiden- 

GRÂNDE ENCYCLOPÉDIE. — XIIL 



taie, la chaîne se bifurque en deux rameaux dont l'un, sous 
le nom de montagne d'Arrée, court à l'O. vers le dép. du 
Finistère, et l'autre, sous le nom de Montagnes-Noires, court 
vers le S.-O. aussi vers le Finistère. 

En aucun point du département les collines ne deviennent 
véritablement des montagnes : la plus élevée est située au 
S. -E.de Saint-Brieuc, à 24 kil. de la ville à vol d'oiseau, 
entre Collinée et Moncontour-de-Bretagne, dans le massif 
du Mené ou Menez qui sert de ligne de partage des eaux et 
d'où descendent la Rance, l'Arguenon, le Gouessant, le 
petit ruisseau d'Evran, le Meu, le Ninian et d'autres petits 
cours d'eau. Ce point culminant a reçu le nom de Bélair 
ou encore celui de Notre-Dame-de~Mont-Carmel-en~Tré- 
bry : il a 340 m. de haut ; un grand nombre d'autres 
sommets dépassent 300 m. Citons : le Signal des Landes 
(325 m.), situé au N.-E. et près de Lanfains ; la cime de 
Kerchouan (320 m.), à quelques kil. au S.-O. de Vieux- 
Bourg, à la source de l'Oust; la butte Saint-Michel (320 m.) , 
située au S.-E. de Saint-Martin-des-Prés, près de l'étang 
de Barra où coulent les eaux de l'Oust ; la cime de Saint- 
Mayeux (346 m.), qui domine le vallon du Doulas; on 
trouve ensuite quelques sommets variant de 340 à 345 m. 
appartenant aux monts d'Arrez, sur le massif où le Trieux 
et le Blavet prennent leur source ; la colline de Landevet 
(306 m.). — La montagne d'Arrée ou d'Arrez, dont l'al- 
titude supérieure est située dans la partie septentrionale 
du dép. du Finistère où la chaîne se prolonge, a dans les 
Côtes-du-Nord quelques sommets de plus de 300 m. ; les 
principaux sont le Menez-Kerspez (324 m.), et la coHine 
où se trouve la forêt de Beffou (326 m.). Dans les Mon- 
tagnes-Noires qui s'élèvent au S.-O. du département, si- 
gnalons le mont Noir qui a 304 m. de haut ; cette chaîne, qui 
recouvre la partie méridionale du Finistère, a son point le 
plus élevé dans ce dernier département, au-dessus de la baie 
de Douarnenez. 

Les Côtes-du-Nord se distinguent par les sinuosités de 
la côte bordée de petites baies où la marée s'élève fort 
haut et d'écueils où se brise perpétuellement la mer 
toujours agitée ; la physionomie du département vient de 
ses collines de granit ou de schiste qui s'élèvent en mame- 
lons de formes ^douces sous le ciel pluvieux : on n'y voit 
ni cirques de montagnes, ni gorges profondes. Les fon- 
taines et les sources y sont moins pures que dans les ter- 
rains où la craie et le calcaire dominent. Les vallées sont 
humides et chacune possède sa source, son ruisseau ou son 
étang : même au fort de l'été les vallons y sont pénétrés de 
fraîcheur. Les collines du département envoient au N., 

4 



CÔTES-DU-NÔRB »- â 

vers la mer, des contreforts granitiques qui forment des 
vallées où coulent des rivières sinueuses et se terminent 
par des falaises battues des flots. Vers le S., les collines 
s'abaissent en plateaux peu accidentés qui se prolongent 
dans le dép. du Morbihan avec une hauteur moyenne de 
400 ra. : ils portent à peu près les seules plaines des 
Côtes-du-Nord dont la superficie est très pittoresque, acci- 
dentée, coupée de rivières qui serpentent vers la mer ora- 
geuse où elles forment de larges estuaires où battent les 
marées. Les vallons sont fertiles ; les coteaux sont tantôt 
cultivés, tantôt couverts de prairies naturelles ou de landes 
et de brandes où se dressent des monuments mégalithiques, 
des dolmens ou des allées de pierres levées. Les vieilles 
forêts qui jadis couvraient le sol n'ont pas encore disparu ; 
cependant, d'année on année diminuées, elles cèdent la place 
aux cultures, et, malgré l'étendue considérable qu'elles 
occupent encore dans la partie centrale de la région, le 
dép. des Côtes-du-Nord est un de ceux où la population est 
la plus dense. 

Géologie. — Le dép. des Côtes-du-Nord appartient, au 
point de vue géologique, au plateau septentrional de la pé- 
ninsule armoricaine connu sous le nom de plateau de Léon, 
ainsi qu'à la vaste dépression qui sépare ce plateau du 
plateau méridional dit de Cornouaille (V. Armorique [Géo- 
logie], 1. 111, p. 1043). On sait que le plateau de Léon 
représente un pli anticlinal dont l'axe est constitué par des 
roches cambriennes, et que la dépression centrale forme 
une série de plis anticlinaux et synclinaux parallèles entre 
eux, où le granité n'apparaît plus qu'en dykes isolés. On 
rencontre donc surtout, outre les terrains éruptifs : 

Les terrains primitifs ou cristallins qui n'existent qu'en 
quelques points du département. 

Les terrains primaires représentés par des phyllades 
cambriennes qui occupent de vastes superficies, par un 
massif silurien dirigé de l'E. à TO,, entre Tréguier et 
Paimpol, et enfin par des sédiments dévoniens et carboni- 
fères qui affleurent principalement dans le Sud. 

Terrains cristallins. — Dans la région orientale du 
département est une bande de micaschistes et schistes chlori- 
teux que traverse la Rance au N. de Dinan pour entrer 
dans l'ille-et- Vilaine. 

Terrains sédimentaires. -— Les terrains sédimentaires 
des Côtes-du-Nord appartiennent aux étages les plus anciens. 

L'étage des phyllades de Saint-Lô occupe une super- 
ficie considérable. On en trouve à la lisière occidentale des 
Côtes-du-Nord, au voisinage de Plestin, une bande assez 
importante qui se dirige de l'O. à l'E., traverse une 
grande partie du département en passant par Lannion et 
Pontrieux, puis arrive à la baie de Saint-Brieuc. Un autre 
massif important se trouve à l'O. de Bourbriac ; enfin, 
dans la région orientale du département, plusieurs bandes 
dirigées de l'O. à l'E. viennent de l'intérieur des terres se 
rapprocher de plus en plus de la mer, un peu au S. du cap 
Fréhel. Ce sont des schistes verdàtres, très fortement in- 
clinés, alternant parfois avec des bancs plus ou moins 
épais de grauwacke feldspathique et parsemés de nom- 
breuses veinules de quartz. Au voisinage de la surface, la 
roche est grise, altérée et donne une argile imperméable, 
très apte à l'établissement des prairies. Autour des massifs 
granitiques et jusqu'à plusieurs centaines de mètres de 
distance des affleurements visibles, les phyllades ont subi 
une transformation qui les a fait passer à l'état de schistes 
micacés. 

^ Le grès à bilobites ou grès armoricain repose en 
discordance sur les tranches dos phyllades, vis-à-vis des- 
quels il est généralement limité par des failles. On le 
rencontre surtout en trois régions du département où il 
représente des massifs importants : le premier, qui com- 
mence dans le Finistère, à Morlaix, se termine au bord 
de la mer dans les Côtes-du-Nord, à Plestin ; le second 
s'étend de la baie de Lannion à celle de Saint-Brieuc, en 
passant par Tréguier et Paimpol, au N. de la bande 
cambrienne signalée précédemment; le troisième, enfin, 



s'étale au bord de l'Océan, du cap d'Erquy au voisinage du 
cap Fréhel. On distingue trois subdivisions dans cet étage : 

i^ Les poudingues, tantôt pourprés, tantôt d'un gris 
clair. Ils se composent d'une pâte argileuse renfermant 
des nodules de quartz noir ou blanc laiteux. Bien que leur 
puissance soit des plus médiocres puisqu'elle ne dépasse 
guère une vingtaine de mètres, leur importance géologique 
est grande, car ils permettent de séparer les deux étages 
de schistes entre lesquels ils sont intercalés ; 

2° Les grès et schistes pourprés qui se relient directe- 
ment au grès blanc situé au-dessus. Leur stratification est 
régulière et leur inclinaison ne dépasse guère 40°. Les 
schistes sont fréquemment micacés. Il peut arriver que la 
teinte pourprée fasse défaut et que les schistes ne se dis- 
tinguent des phyllades que parleur position slratigraphique ; 

3^ Le grès armoricain représenté par des grès blancs 
où l'on trouve de très rares fossiles; ces fossiles présentent 
l'aspect de tubes cyhndriques perpendiculaires à la strati- 
fication ; on les rapporte à des annélidcs. 

Les schistes à calymènes^ équivalents des schistes ar- 
doisiers d'Angers, débutent par une assise de minerai de fer 
hydroxydé : l'infiltration ferrugineuse s'étend parfois jus- 
qu'aux dernières assises du grès qu'elle colore en rouge 
vif. Au-dessus se placent des schistes terreux et d'un 
gris bleuâtre, à schistosité mal définie, tandis qu'en haut 
ils sont noirs et micacés. On y rencontre Calymene Tris- 
tant, Asaphiis nobilis, 

V assise des grès de May est représentée par des grès 
en plaquettes avec couches plus dures de quartzites. On n'y 
rencontre pas de fossiles. 

Le caÀcaire carbonifère se rencontre dans le sud du 
département, à Maël, Corlay, etc.; c'est le prolongement 
d'un grand massif qui commence dans le Finistère. 11 est 
gris ou noirâtre, plus ou moins spathique, divisé en bancs 
irréguliers qui plongent généralement au N. Il renferme 
un certain nombre de fossiles, notamment des encrines, 
productus giganteus^ semireticulatus, punctatus^ po- 
sydonomia vetusta^ etc. 

Les autres étages primaires ou secondaires ne sont pas 
représentés dans le dép. des Côtes-du-Nord, et les terrains 
sédimentaires qu'on trouve ensuite au voisinage de Lan- 
nion, de Lanvollon, de Lamballe, etc., appartiennent au 
pliocène. Ce sont des marnes marines pliocènes recou- 
vertes par des sables grossiers, formés de grains quartzeux 
roulés, empâtés dans des argiles colorés en jaune ou en 
rouge. Ce sont vraisemblablement les débris d'une assise 
qui a dû occuper une grande étendue; l'absence de fos- 
siles rend difiicile de fixer leur âge d'une manière tout à 
fait précise. 

Le limon des plateaux est parfois difficile à distinguer 
dans les régions schisteuses de la terre végétale produite 
par l'altération des schistes tendres ; mais dans les points 
où il recouvre le granité, il est très distinct de la roche 
sous-jacente, même quand celle-ci est altérée : ce limon 
est exploité pour briques. 

Les allmions anciennes sont des dépôts de sables et 
graviers roulés d'un caractère fluviatile bien net qu'on 
rencontre en certaines vallées. 

Les alliwions modernes occupent le fond des vallées 
actuelles. 

Terrains éruptifs. — Le granité qui recouvre la plus 
grande partie du département est une roche à grain 
moyen, d'un gris bleuâtre, riche en orthose blanc, en oli- 
goclase verdâtre et en mica noir ; ces cristaux sont entourés 
d'un magma de quartz et de feldspath plus récents, où se 
rencontrent surtout au voisinage des veines de granulite un 
peu de mica blanc. Sur les bords du massif, le granit est 
décomposé et passe à l'état d'arène, mais, dans les parties 
centrales, la roche acquiert une grande dureté et donne de 
bonne pierre de taille et des cailloux d'empierrement de 
qualité ordinaire. Ce granit est certainement postérieur aux 
schistes de Saint-Lô, car il en renferme des fragments et 
les pénètre en filons minces. 



3 — 



COTES-DU-NORD 



La granulite forme un massif assez important, au voi- 
sinage de Plouguenast. Elle contient de l'orthose, du 
quartz et du mica blanc comme minéraux principaux, de 
la tourmaline, comme minéral accessoire. Cette granulite 
pénètre intimement le granité en quelques points. 

Les filons de quart% sont nombreux, aussi bien dans le 
granité que dans les phyllades. 

Des diabases, mélange cristallin de labrador et de py- 
roxène, forment des filons, remarquables par leur longueur 
à travers le granité et les phyllades cambriennes ; les 
affleurements, d'ordinaire désagrégés et terreux, ont été 
exploités autrefois comme amendements; les parties les 
plus résistantes forment des boules au milieu des parties 
désagrégées ; les parties massives sont exploitées pour 
l'empierrement. 

Régime des eaux. — Les eaux des Côles-du-Nord se 
déversent dans la Manche et dans l'Océan, par des fleuves 
côtiers dont les principaux sont la Rance, le Trieux, la 
Vilaine (indirectement), le Blavet et l'Aulne. Nous décri- 
rons en même temps que les cours d'eau du département les 
côtes continuellement coupées et échancrées par les estuaires 
des petites rivières qui viennent se jeter dans la mer. 

l^es fleuves qui se dirigent vers la Manche sont, en al- 
lant vers rO. : la Rance, le Frémur de Saint-Briac, l' Argue- 
non, le Frémur de la Frenaye, le Gouessant, l'Urne, le 
Gouet, Fie, le Trieux, le Tréguier, le Guer, le Douron et 
une multitude de ruisseaux, plus ou moins importants. 

La Rance a un cours de 440 kil. environ qui décrit, de 
la source à l'embouchure, un arc de cercle assez régulier. 
Elle prend sa source dans le Mené, à la fontaine de Rance, 
et se dirige d'abord vers le S.-E. Arrivée à Saint-Launeue, 
sur la lisière de la forêt de la Hardouinaie, sa direction 
change ; elle va à FE., puis au N.-E., et enfin au N., au 
pied de la colline de Saint- Jouan-de-l'lsle,-<où se trouve le pont 
du chemin de fer de Paris à Brest. Elle passe à Canines, 
puis s'engage dans des prairies marécageuses, où elle ren- 
contre vers la gauche d'Evran le canal dlllc-et-Rance, le 
Linon et le Guinefort. La Rance n'est plus à cet endroit 
qu'à quelques mètres au-dessus du niveau de la mer ; puis, 
ses deux rives forment des talus rapides, et sa vallée de- 
vient un véritable défilé, à Tressaint, à Lehon, à Dinan. 
Dinan s'élève sur une colline de la rive gauche, Lanvallay 
sur une colfine de la rive droite, et entre ces deux coteaux, 
la rivière passe sous un viaduc de granit, de dix arches, 
haut de 40 m. Au-dessous de Dinan, les coteaux des deux 
rives deviennent abrupts, puis la Rance s'élargit et de- 
vient un grand fleuve, qui forme un magnifique estuaire ; 
la plus grande partie de cette espèce de golfe, qui est ac- 
cessible aux vaisseaux de fort tonnage, appartient au 
dép. d'Ille-et-Vilaine, sur le territoire duquel le fleuve se 
jette dans la Manche, entre Dinard à gauche, Saint-Servan et 
l'écueil deSaint-Maloà droite. Par les fortes marées, la Rance 
porte jusqu'à Dinan des navires calant 3^30 ; en temps 
ordinaire, les embarcations qui remontent jusqu'à cette 
ville n'ont guère plus de 70 tonneaux de jauge. Au-dessus 
de Dinan, le canal d'Ille-et-Rance, qui offre à Saint-Malo 
une voie navigable de 85 kil., peut recevoir des bateaux 
de 30 à 80 tonnes, — Le Frémur de Saint-Briac est un 
ruisseau qui sépare le territoire d'Iîle-et- Vilaine, à droite, 
de celui des Côtes-du-Nord, à gauche. C'est là que com- 
mence le rivage accidenté des Côtes-du-Nord, qui a 250 
kil. de développement environ, sans compter toutes les 
petites anses. De l'embouchure du Frémur à celle de l'Ar- 
guenon, on trouve la côte de Lancieux et de Ploubalay, où 
les dessèchements ont rendu à la culture des terres autre- 
fois couvertes par la mer ; la baie de Beaucey, séparée de 
celle de l'Arguenon par la presqu'île de Saint- Jacut-de-la- 
Mer. Au S., c'est une dune, au N., c'est une roche : les deux 
baies sablonneuses sont éclairées par le phare de l'île des 
Ebihiens, — L'Arguenon a 55 kil. de cours ; il commence 
au pied de Collinée, dans le Mené, près des sources de la 
Rance. A Langouèdre, il passe sous un pont fort élevé du 
chemin de fer de Paris à Brest ; à Jugon , il reçoit la 



Rosello, qui vient de sortir, à Jugon même, d'un étang de 
près de 4 kil. de longueur, profond et poissonneux, peuplé 
pendant l'hiver de sarcelles, de cygnes et de canards sau- 
vages. L'Arguenon traverse un petit étang, renommé par 
les ruines d'un des plus célèbres châteaux de la Bretagne. 
A Plancoët, l'Arguenon devient navigable pour les bâti- 
ments calant 4 m. ; sa largeur augmente, et, après le confluent 
du Montafilant, il se transforme en un estuaire, reçoit le 
Guébriant et se perd dans l'anse de l'Arguenon ou du 
Guildo, accessible dans les hautes marées aux navires 
d'un tirant de 8 m. De cette embouchure à celle du Frémur, 
la côte est bordée de plages de sable ; dans l'anse de 
Saint-Cast, où se trouvent des parcs d'huîtres, une colonne 
de granit rappelle la défaite d'une armée d'invasion 
anglaise, en 4758; cette colonne, haute de 48 m., a été 
élevée en 4858. — Le Frémur de la Frenaye, qui n'est 
qu'un ruisseau, naît dans la forêt de Saint-Aubin. Il se perd 
à Port-à-la-Duc, dans la baie de la Frenaye, qui forme, à 
marée basse, une immense plage de sable, et se termine au 
N. par la Pointe de la Latte (petite forteresse) ; entre ce 
fort et le cap Fréhel (phare de 79 m. de haut et 24 milles 
de portée), s'arrondit l'anse des Sévignés. Dos falaises du 
cap Fréhel où la mer brise toujours, on découvre Jersey, 
la mer, de l'île Bréhat à la Hogue et le Mené. Signalons 
ensuite sur la côte : la grotte du Trou-de-l'Enfer (Toul-an- 
Ifern) ; les dunes de la Ville-Men ; la grève de Plurien ou 
de Minieu et la Roche des Marais, sorte de cône en grès 
rouge ; l'îlot qui porte la chapelle Saint-Michel ; le cap 
d'Erquy, limite E. de la baie évasée de Saint-Brieuc ; la rade 
d'Erquy, avec des batteries ; les falaises de Pléneuf ; le 
port de Dahouet, sûr, mais difficile ; on atteint alors l'em- 
bouchure du Gouessant (35 kil. de cours). — Le Gouessant 
descend du Mené, est traversé par la ligne de Paris à Lam- 
balle, et à 3 kil. de la mer forme, avec son affluent l'Evron, 
l'étang des Ponts-Neufs. La digue de cet étang, haute de 
14 m. environ, date des Romains, selon la tradition. Le 
Gouessant en sort par une bruyante cascade. — L'Urne 
ou Aire j n'est qu'un ruisseau qui, sorti d'un étang de la 
commune de Saint-Carreuc, passe sous un pont élevé de 
la ligne de Paris à Brest, passe à Yffiniac, et se jette 
dans la baie d' Yffiniac que la presqu'île fertile d'Hillion 
sépare de Festuaire du Gouessant. — Le Gouet naît dans 
le Mené au pied de la colline de Kerchouan. Dans son cours 
de 50 kil. environ, il baigne Quintin, La Méaugon, où il 
passe sous un viaduc de la hgne de Paris à Brest, à deux 
rangs d'arches, Fun des plus élevés de France ; à Saint- 
Brieuc, au Légué, le Gouet est navigable pour des navires 
d'un tirant de 4™65. A quelques kilomètres de là il se 
jette dans l'anse d'Yffiniac au pied des ruines du donjon 
de Cesson. L'anse d'Yffiniac, est défendue à l'O. par le fort 
de la Pointe du Roselier ; au N. on rencontre la pointe de 
Pordic placée entre la grève des Rosaires et l'anse de Binic 
où se jette l'Ic. — L'Ic est un petit ruisseau parti de Plélo, 
qui se termine dans le joli et profond port de Binic où l'on 
arme beaucoup de bateaux pour la pêche de Terre-Neuve 
et de la côte d'Islande. Les falaises de Binic sont continuées 
par celles d'Etables et celles de Saint-Quay où s'ouvre le 
port de Portrieux ; cette ville s'ouvre sur la rade du même 
nom remplie de bancs d'huîtres ; le port, où la mer monte 
de 44 m. à la pleine lune, est garanti au large par les 
écueils de granit des îles Saint-Quay. C'est là qiie se ter- 
mine la baie de Saint-Brieuc à 25 kil. à l'O. du cap 
d'Erquy. Puis les hautes falaises de Plouha continuent la 
côte où Ton voit succéder à Fanse de Bréhec, celle de 
Paimpol où se jette le Lczouen. Dans la baie de Paimpol 
s'ouvrent deux ports très sûrs, connus des marins, refuge 
ancien des corsaires bretons ; la rade de Bréhat vient 
ensuite ; elle sépare l'île de Bréhat de la côte de Plou- 
bazlanec. — Le Trieux débouche dans les grèves éclairées par 
le phare à huit étages de l'île des Héaux. Long de 75 kil., 
il baigne la riante vallée de Guingamp, où il passe sous le 
chemin de fer de Paris à Brest. A 5 kil. de Pontrieux, il 
reçoit à droite, le Leff, et va former un estuaire qui 



CÔTES-DU-NORD 



— 4 



s'ouvre au-dessous de Lézardrieux. Il est navigable à partir 
de Pontrieux (18 kii.). Le Lefi (en breton la rivière des 
Pleurs) coule dans le vallon de Châtelaudren et passe au 
pied des collines de Lanvollon et de Lanleff. Il a 50 kil. 
de longueur. — Il n'y a que 9 kil. à vol d'oiseau entre Fem- 
boucliure du Trieux et celle de la rivière de Tréguier, 
formée, au-dessous de Tréguier, par la réunion du Jaudy 
et du Guindy. Le Jaudy (50 kil. de longueur) naît au Cliap, 
dans les collines de Gurunhuel, à 305 m. de haut, traversé 
par le chemin de fer de Paris à Brest entre Tréglaraus et 
Pédernec ; il est navigable pour les petits bateaux à La 
Roche-Derrien. Le Guindy naît au pied de Menez-Bré et 
passe sous un pont de chemin de 1er de Paris à Brest, à 
Sainte-Anne ; après Tréguier, il devient très sinueux et 
s'élargit. La rivière de Tréguier a 10 kii. de long; elle est 
navigable par les hautes mers d'équinoxe pour les navires 
tirant 8 m., et en temps ordinaire pour les embarcations 
tirant 5°^50. Jusqu'au Guer, le Httoral, très découpé, est 
bordé d'ilôts et d'écueils. Mentionnons le Port-Blanc, 
accessible aux grands navires, derrière l'archipel déchiqueté 
de Saint-Gildas ; la plage de Trévou-Tréguignec, dont les 
habitants exploitent une forêt sous-marine; le golfe de 
Perros, à l'abri de l'île Thomé, haute de 64 m. ; les pitto- 
resques falaises de Perros-Guirec ; le petit port de Plou- 
nianach, séparé par 5 kil. de mer de l'archipel des 
Sept-Iles, où s'élève un phare de 14 milles de portée ; 
l'île Grande, où on exploite un granit célèbre ; l'île Milio 
(60 m, de haut) ; le port de Trébeurden, avec de nombreux 
pécheurs de goémon, la baie du Guer, qui s'ouvre en demi- 
cercle et a des eaux profondes. — Le Guer, ou Léguer, naît 
à Pen-Léguer (commune de Bourbriac), au pied de la colline 
de Landevet, à moins de 2 kil. des sources du Blavet. Il 
coule dans une profonde vallée, au milieu de la forêt de 
Coat-an-Noz (forêt de la Nuit). A Belle-Isle-en-Terre, il 
reçoit le Guic, plus long que lui de 5 kil. ; à Trégrom , 
il passe sous les trois hautes arches d'un pont de la ligne 
de Paris à Brest, puis au pied des ruines grandioses du 
château de Tonquedec. A Lannion, sa largeur augmente et 
de cette ville à la mer, sur 7 kil., il porte des bateaux 
d'un tirant de 4 m. De Lannion à la baie de Locquirec, qui 
appartient pour moitié au dép. du Finistère, on remarque 
la Pointe de Séhar, les falaises de Trédrez ; le golfe de 
Saint-Michel-en-Grève, d'une forme élégante ; la Pointe 
de Plestin. La baie de Locquirec possède le petit port de 
Toul-an-Héry ; elle reçoit le Douron, rivière qui sépare les 
Côtes-du-Nord du Finistère. 

Deux affluents de la Vilaine, le Meu et l'Oust, naissent 
dans les Côtes-du-Nord. Le Meu (80 kil. de long), naît 
au pied du Mené, près de Merdrignac : au-dessous d'un 
étang de la forêt de la Hardouinaie, il entre dans le dép. 
d'Ille-et- Vilaine. — L'Oust, ou Ouït, est l'affluent le plus 
important de la Vilaine. Long de 150 kil., il coule, sauf 
quelques détours, vers l'E.-S.-E. Ses sources, situées près 
de Corlay, descendent de la colline de Kerchouan, comme 
celles du Gouet. A 9 ou 10 kil. de ses sources il forme, 
avec le ruisseau de la Perche, le réservoir de Bara ou de 
Bosméléac, étang peu large, mais long de 4 kil, ; environ 
3,500,000 m. c. d'eau sont retenus derrière un barrage 
de 90 m. de long, haut de plus de 15 m. ; un canal 
sinueux de 62 kil. mène ces eaux au point de partage 
d'Hilvern, sur le canal de Nantes à Brest. Après un trajet 
d'environ 50 kil., dans une vallée assez johe, l'Oust passe, 
au confluent du Larhon, dans le Morbihan. Dans les Côtes- 
du-Nord, il ne traverse que des villages ou petits bourgs 
comme Saint-Théle, trois rivières de son bassin ont leur 
cours supérieur dans le département : la Duc, le Ninian et 
le Lié. La Duc ou Ivel ou encore Livet a ses sources dans 
le Mené ; le Ninian ou Trinité qui reçoit la Duc va se jeter 
dans l'Oust : il ne baigne que des hameaux dans les Côtes- 
du-Nord : sa source est dans le Mené ; le Lié, rivière dont 
le cours atteint 60 kil., commence dans la forêt de Lorges : 
il passe à gauche de Plœuc, à Pontgamp, au pied delà colline 
de Plouguenast, le long de la forêt de Loudéac, baigne la 



Chèze et entre ensuite dans le Morbihan. — Le Blavet sort 
du coteau de Landevet au S.-O. de Bourbriac ; son 
cours, de 150 kil. de long, se dirige vers le S.-S.-E. ; 
près de Lanrivain, il disparaît sous terre pendant 400 m. 
environ au miUeu de pittoresques rochers nommés Toul- 
Goulic ; il reçoit près de Saint-Nicolas-du-Pélem, le Sulon, 
à Gouarec, le Doré, puis il rencontre le canal de Nantes à 
Brest avec lequel il se confond jusqu'à Pontivy. Au confluent 
du Doutas, il s'engage dans une vallée sinueuse, près des 
ruines de l'abbaye de Bon-Repos, dominée par des roches 
de granit qui atteignent 100 m. Après avoir servi pendant 
plusieurs kilomètres de hmite entre les Côtes-du-Nord 
(à gauche) et le Morbihan (à droite), le Blavet entre dans le 
Morbihan. Le cours du Blavet dans les Côtes-du-Nord est 
de 60 kil. Parmi ses affluents, le Doré remplit les étangs de 
Glomel, notammcntcelui de Coron, dont les 2,770,000 m. c. 
servent de réserve pour l'alimentation du canal de Nantes 
à Brest. — L'Aulne ou Aune, petit fleuve de près de 110 kil., 
naît sur la lisière de la forêt de Beffou, près de Lohuec 
(cant. de Callac). A 5 ou 6 kil. de sa source il sépare le 
territoire des Côtes-du-Nord de celui du Finistère, pendant 
une dizaine de kil. Il entre ensuite dans ce dernier dépar- 
tement puis se perd dans la rade de Brest. L'Hière ou 
Hières, née aussi dans les coteaux du cant. de Callac, n'a 
dans les Côtes-du-Nord que la partie supérieure de son cours 
de près de 60 kil. 

Canaux. — Le dép. des Côtes-du-Nord est traversé 
par deux canaux, celui d'Ille-et-Rance et celui de Nantes 
à Brest. Le canal dTlle-et-Rance commence à Rennes avec 
la Vilaine; il suit ensuite la vallée de Fille, passe à Hédé 
dans celle de la Rance et arrive au Châtelier, à 6 kil. de 
Dinan : il fait communiquer Rennes et Saint-Malo; son dé- 
veloppement est de 84,700 m. : le bief de partage est à 
64 m. de haut ; la |iente vers la Vilaine est de 42'^23, vers 
la Rance de 62'"70 ; 48 écluses rachètent la pente totale. 
Il est alimenté par des étangs dont la capacité est d'environ 
5,500,000 m. c. d'eau et par des rigoles de 20 kil. de long. 
— Le canal de Nantes à Brest, parti delà Loire à Nantes, se 
termine à l'écluse de Châteaulin, sur l'Aulne, qui vient se 
jeter dans la rade de Brest. Ce canal passe dans les bassins 
de la Vilaine, du Blavet et de l'Aulne. Sa longueur totale 
est de 367,636 m.; 235 écluses rachètent la pente totale. 
Il est ahmenté parFIsac, FOust, le Blavet et l'Aulne et par 
des réservoirs (ceux de Vioreau, Bosméléac, Glomel, Coron, 
Bout-du-Bois) d'une contenance de 16 millions de m. c. 

Climat. — Le voisinage de la mer adoucit le climat du 
département, qui reçoit de l'Océan et de la Manche des 
pluies bienfaisantes. Son sol, peu élevé, est moins froid 
que celui des pays montagneux, et moins sujet aux varia- 
tions brusques de température. Les froids sont peu vifs. 
Saint-Brieuc, qui représente la température moyenne des 
Côtes-du-Nord, voit rarement le thermomètre se main- 
tenir au-dessous de 0. La moyenne annuelle des jours de 
glace est de 30, celle des gelées de 42, des jours de neige 
de 11 ; on compte dans Fannée 71 jours tout à fait beaux, 
195 jours de pluie, mais ces pluies sont assez fines et en 
forme de brouillard ; aussi l'eau tombée dans Fannée sur 
le sol représente environ 75 centim. : elle est légèrement 
au-dessous de la moyenne générale de la France. Le chmat 
des Côtes-du-Nord est le climat armoricain ou breton qui 
offre le moins d'écart entre ses températures extrêmes de 
froid et de chaleur. 

Flore et faune naturelles. — On trouve, dans les 
forêts des Côtes-du-Nord, le chêne, le hêtre et le bouleau. 
Les plus belles forêts sont celles de Lorges (2,676 hect.), 
entre Plœuc, Uzel et Quintin; de la Hardouinaie (2, 350 hect.), 
traversée par le Mees, au N. de Merdrignac ; celle de Lou- 
déac (2,700 hect.), la plus étendue du département; de la 
Ilunaudaie et de Saint-Aubin, qui forment entre Lamballe 
et Piancoct un seul massif de 2,512 hect. ; celles de Coat- 
an-Nay et de Coat-an-Noz (1,300 hect.), séparées par le 
ruisseau de Pontmur et situées au S.-E. de Belle-Isle ; de 
Befi*on (900 hect.), au N.-O. de Callac, à la frontière 



— 5 



COTES-DU-NORD 



du Finistère ; de Duault (500 hect.) ; la célèbre forêt de 
Brocéliande, que tant de légendes ont illustrée. Dans les 
landes, on trouve des arbres verts et sur les dunes des 
pins maritimes d'une belle croissance ; la douceur du cli- 
mat permet aux myrtes et aux figuiers de pousser en 
pleine terre; l'arbousier, le houx, le genêt, l'ajonc épineux 
sont les principaux arbustes qui poussent dans les Côtes- 
du-Nord. Dans les landes, on trouve des plantes sauvages 
et aromatiques, fréquentées par de nombreuses abeilles 
élevées dans le département. 

Les forêts abondent en animaux de tout genre. On y 
trouve du gros gibier, des sangliers, des chevreuils, des 
cerfs ; des animaux "nuisibles, des loups, des blaireaux, 
des renards ; les lièvres, les lapins et tout le menu gibier 
sont très abondants. Les oiseaux de mer de tout genre sont 
aussi très nombreux. Sur les côtes et dans les îles vivent 
des pingouins, des goélands, des grèbes, des eiders, des 
cormorans, etc. Les bords de la mer sont très poissonneux 
et Ton y récolte d'innombrables mollusques ; le hareng, le 
maquereau, la sardine sont péchés en quantités pendant la 
saison, et, en tout temps, on trouve des congres, des soles, 
des plies, des turbots, des saumons ; les principaux co- 
quillages, les poulpes et les crustacés, donnent des pèches 
productives. 

Histoire depuis 1789. — Le dép. des Côtes-du-Nord 
a été formé, en 1790, d'une partie de la province de Bre- 
tagne (diocèse de Saint-Brieuc et une partie des diocèses 
de Saint-Malo, de Tréguier et de Quimper). La Révolution 
divisa profondément les Côtes-du-Nord, pays très breton 
et resté en dehors du mouvement, des idées et de la civi- 
lisation du xvni® siècle ; il ne prit d'abord qu'une faible 
part à la guerre civile, mais fut très troublé à partir de 
l'expédition de Quiberon ; c'est sur son territoire que fut 
écrasée la troupe du chevalier de Tinteniac, qui s'était re- 
vêtue du costume anglais. Le parti royaliste avait trouvé 
un soHde appui dans les Côtes-du-Nord, et la chouannerie 
désola le pays du côté de Quintin, Lamballe, Moncontour 
et Dinan, jusqu'en 1799. Cette guerre civile, signalée par 
des épisodes terribles, restés longtemps dans la mémoire 
des habitants du pays, reparut au temps de la première 
Restauration, mais sans la sauvagerie et la puissance des 
premiers temps. Depuis cette époque, ce pays, âpre et 
énergique, n'a plus vu sa tranquillité troublée. 

Divisions administratives actuelles. — Arrondis- 
sements. — Le dép. des Côtes-du-Nord se compose aujour- 
d'hui de cinq arrondissements : Dinan, Guingamp, Lannion, 
Loudéac, Saint-Brieuc (ch.-L). Voici leurs superficies res- 
pectives : Dinan, 141,097 hect.; Guingamp, 173,009 hect.; 
Lannion, 90,598 hect.; Loudéac, d 36,652 hect.; Saint- 
Brieuc, 147,206 hect. 

Cantons. — Les cinq arrondissements des Côtes-du- 
Nord sont divisés en quarante-huit cantons, dont dix pour 
l'arr. de Dinan, dix pour celui de Guingamp, sept pour 
celui de Lannion, neuf pour celui de Loudéac, et douze pour 
celui de Saint-Brieuc. La liste de ces cantons est la sui- 
vante : Arr, de Dinan: Broons, Canines, Dinan (E.), 
Dinan (0.), Evran, Jugon, Matignon, Plancoët, Plélan-le- 
Petit, Ploubalay. — Arr, de Guingamp: Bégard, Belle- 
Isle-en-Terre, Bourbriac, Callac, Guingamp, Maël-Carhaix, 
Plouagat, Pontrieux, Rostrenen, Saint-Nicolas-du-Pélem. 
— Arr. de Lannion: Lannion, Lézardrieux, Perros- 
Guirec, Plestin, Plouaret, La Roche-Derrien, Tréguier. — 
ilrr. de Loudéac: La Chèze, Collinée, Corlay, Goarec, 
Loudéac, Merdrignac, Mûr, Plouguenast, Uzel. — Arr. de 
Saint-Brieuc : Châtelaudren, Etables, Lamballe, Lan- 
vollon, Moncontour, Paimpol, Pléneuf, Plœuc, Plouha, 
Quintin, Saint-Brieuc (N.), Saint-Brieuc (S.). 

Justice, Police. — Le dép. des Côtes-du-Nord ressortit 
à la cour d'appel de Rennes. La ville de Saint-Brieuc est 
le siège de la cour d'assises. Il y a cinq tribunaux de pre- 
mière instance, c.-à-d. un par arrondissement et deux 
tribunaux de commerce (Paimpol et Saint-Brieuc). 

Le nombre des justices de paix est de 48, une à chaque 



chef- lieu de canton. Le nombre d'agents chargés de 
constater les délits était au recensement de 1887 de : 
gendarmes, 272 ; commissaires de police, 6 ; agents de 
police, 8; gardes champêtres, 64; gardes particuliers 
assermentés, 285 ; agents des ponts et chaussées (police de 
pêche), 28; douaniers, 318. 

Finances. — Pour les contributions indirectes^ il y a 
un directeur à Saint-Brieuc, deux sous-directeurs à Dinan 
et Guingamp, trois inspecteurs, trois receveurs principaux 
entreposeurs à Saint-Brieuc, Dinan, Guingamp, deux rece- 
veurs entreposeurs à Lannion et Loudéac. Le service des 
contributions directes comporte un directeur et un ins- 
pecteur. Il y a un trésorier-payeur général à Saint-Brieuc, 
deux receveurs particuhers à Dinan et Loudéac et cinq per- 
cepteurs. Veîiregistrement, les domaines et le timbre 
ont un directeur, un inspecteur à Saint-Brieuc, cinq sous- 
inspecteurs n'ayant pas de résidence fixe, cinq conserva- 
teurs des hypothèques. 

Instruction publique. — Le département relève de 
l'académie de Rennes. Il y a un lycée à Saint-Brieuc et 
des collèges communaux à Dinan et Lannion. Il y a une 
école normale d'instituteurs et une école normale d'insti- 
tutrices à Saint-Brieuc. 

Cultes. — Le culte catholique a un évêché à Saint- 
Brieuc suffragant de la métropole de Rennes. Le diocèse 
possède 12 cures de première classe, 36 de seconde classe, 
354 succursales et 393 vicariats. Il y a deux vicaires géné- 
raux. Le culte réformé ne compte dans les Côtes-du-Nord 
aucune église consistoriaïe. Les habitants du département 
sont en presque totalité catholiques et l'on n'y conlpte 
guère plus de 400 protestants. 

Armée et divers. — Le département forme la 37^ sub- 
division de la 16'- division militaire du dO^ corps d'ar- 
mée qui se trouve à Rennes. Il appartient à la 10^ légion 
de gendarmerie, à la 12° inspection des ponts et chaus- 
sées, à Farrondissement minéralogique de Rennes (division 
du N.-O), à la 2^ région agricole (0.). 

Démographie. — Mouvement de la population. Le 
recensement de 1886 a constaté dans le dép. des Côtes- 
du-Nord une population totale de 628,256 hab. Voici 
depuis le commencement du siècle les chiffres donnés par 
les recensements précédents : 



1801. 

1806. 
1821. 
1826. 
1831 . 
1836. 
1841. 
1846. 
1851. 
1856. 
1861. 
1866. 
1872. 
1876. 
1881. 



504.303 
516.428 
552.424 
581.684 
598.872 
605.563 
607.572 
628.526 
632.613 
621.573 
628.676 
641.210 
622.295 
630.957 
627.585 



Si l'on compare les dénombrements de 1801 et de 1886, 
de façon à voir la variation de la population au cours de 
ce siècle, on constate que l'augmentation est de 123,953 
hab. La superficie du dép. étant de 688,562 hect., la 
densité de la population qui était en 1801 de 73,5 était 
en 1886 de 91,5, l'augmentation du nombre des habitants 
par kil. q. était donc de 18,3. 

Si l'on examine la période quinquennale qui sépare les 
deux derniers dénombrements, au point de vue de la va- 
riation par nature de population, on constate gue la popu- 
lation au 31 déc. 1881 se divisait ainsi : urbaine, 
67,182; rurale, 560,403; totale, 627,585 et en 1886 : 
urbaine, 66,018; rurale 562,238; totale, 628,256. 

La population urbaine est donc restée à peu près station- 



COTES-DU-NORD 



-- 6 — 



naire; elle a même dimiuué de 4,464 hab., tandis que la 
population rurale augmentait de 1,835 hab. C'est là un 
fait relativement exceptionnel dans les départements fran- 
çais, le mouvement de la population tendant plutôt à se 
porter sur les villes que sur les campagnes. 

La population des chefs-lieux d'arrondissement se décom- 
pose ainsi : 



POPULATION 


Dinan 


Guingamp 


Lannion 


Loudéac 


St-Brieue 


Totale 


10.105 

1.844 

401 

7.860 


8.744 
1.883 

6.861 


6.205 
467 
312 

5.426 


5.899 

76 

3.568 

2.165 


19.240 
3.359 
2.951 

12.980 


Comptée à part. 
Eparse ,. . . . 


Agglomérée 



Les Côtes-du-Nord sont au nombre des départements 
dont la population municipale agglomérée, comptée nomi- 
nativement (174,956 hab.), est inférieure à la population 
éparse (441,032 hab.). Le département compte parmi 
ceux, très nombreux en France, oti la population ru- 
rale (562,238 hab.), emporte sur la population urbaine 
(66,018 hab.). La population urbaine représente donc la 
9^^ à 10^ partie de la population totale. 

Yoici les chiiïres de la population par arrondissements, 
d'après les cinq derniers dénombrements : 



ARRONDISSEMENTS 


1866 


1872 


1876 


1881 


1886 




120.170 
128.190 
118.097 
91.296 
183.257 

641.210 


117.450 
124.538 
115.464 
88.635 
176.208 

622.295 


120.598 
128.709 
115.371 

89.671 
176.608 

630.957 


123.001 

127.788 

110.418 

88.892 

177.486 

627".585 


122.374 
129.876 
109.428 
89.605 
177.473 


Guingamp 

Lannion 

Loudéac 

Saint-Brieuc... 

Totaux 


628.256 



De 1866 à 1886 le dép. des Côtes-du-Nord a perdu 
12,954 hab. ; cette diminution a porté sur les arr. de 
Lannion, Loudéac et Saint-Brieuc. En 1886, la population 
spécifique du dép. était de 91,5 hab. au kil. q., résultat 
qui se décomposait ainsi : 120,5 hab. pour l'arr. de Saint- 
Brieuc; 86,8 hab. pour celui de Dinan; 121 hab. pour 
celui de Lannion; 65,6 hab. pour celui de Loudéac; 
75 hab. pour celui de Guingamp. 

La répartition des communes, d'après l'importance de 
la population, a donné en 1886 pour les 389 corn, du 
département : com. de 100 hab. et au-dessous ; 1 com. 
de 101 à 200 hab.; 3 com. de 201 à 300 hab»; 17 com. 
de 301 à 400 hab.; 11 com. de 401 à 500 hab.; 114 com. 
de 501 à 1,000 hab.; 82 com. de 1,001 à 1,500 hab. 
62 com. de 1501 à 2,000 hab.; 32 com. de 2,001 à 
2,500 hab.; 24 com. de 2,501 à 3,000 hab.; 20 com. de 
3,001 à 3,500 hab.; 6 com. de 3,501 à 4,000 hab.; 
11 com. de 4,001 à 5,000 hab.; 4 com. de 5,001 à 
10,001 hab.; 2 de 10,001 à 20,000 hab.; de 20,001 
et au-dessus. 

Voici par arrondissements et par cantons la liste des 
communes dont la population totale en 1886 dépassait 
1,000 hab. : 

Arrondissement de Dinan (10 cant.; 91 com.; 122,374 
hab.; 141,097 hect.). — Cant. de Broons (9 com.; 
15,693 hab.; 22,677 hect.) : Broons, 2,733 hab. ; Eréac, 
1,502 hab.; Lanrelas, 1,902 hab.; Mégrit, 1,416 hab. ; 
Sévignac, 3,014 hab.; Trémeur, 1,154 hab.; Yvignac, 
2,155 hab. Cant, de Caulnes (8 com. ; 9,588 hab. ; 
13,670 hect.) : Caulnes, 2,377 hab.; Guitté, 1,005 hab.; 
Plumaudan, 1,330 hab.; Plumaugat, 2,638 hab. Cant, de 
Dinan (E.) (8 com. ; 15,833 hab. ; 6,951 hect.) : Dinan, 
6,148 hab.; Lanvallav, 1,361 hab.; Léhon, 1,288 hab., 
Picudihen, 3,696 hab.; Saint-Helen, 1,468 hsih. Cant. de 
Dinan (0.) (13 com.; 16,206 hab.; 12,627 hect.) : 
Dinan, 3,957 hab.; Flouer, 3,582 hab.; Quévert, 1,334 



hab,; Taden, 1,464 hab. Cant. d'Evran (7 com.; 
d 0,372 hab.; 11 ,996 hect.) : Évran, 4,080 hab,; Plouasne, 
2,674 hab.; Saint-Juvat, 1,396 hab.; Cant, de Jugon 
(8 com.; 12,210 hab.; 19,658 hect) : Plédéliac, 2,255 
hab. ; Plénée- Jugon, 4,089 hab. ; Plestan, 2,045 hab. 
Cant. de Matignon (12 com.; 14,258 hab.; 19,593 
hect.) : Hénanbihen, 1,922 hab.; Hénansal, 1,356 hab.; 
Matignon, 1,545 hab. ; Notre-Dame-du-Guiido, 1,011 
hab.; Pléboulle, 1,097 hab.; Pléhérel,- 1,075 hab.; 
Plévenon, 1,188 hab.; Saint-Cast, 1,553 hab.; Saint- 
Pôtan, 1,230 hab. Cant. de Plancoët (10 com.; 
14,040 hab.; 17,150 hect.) : Bourseul, 1,561 hab.; Cor- 
seul, 3,294 hab.; Créhen, 1,708 hab.; Languenan, 1,131 
hab.; Plancoët, 2,242 hab.; Pluduno,' 1,893 hab. 
Cant. de Plélan-le-Pelit (9 com.; 5,582 hab.; 8,529 
hect.) : Plélan-le-Petit, 1,309 hab. Cant. de Pion-- 
balay (8 com.; 8,592 hab.; 8,247 hect.) : Pieslin, 
1,459 hab.; Ploubalay, 2,455 hab.; Saint-Jacut-de-la-Mer, 
1,074 hab.; Trigavou, 1,136 hab. 

Arrondissement de Guingamp (10 cant.; 77 com.; 
129,376 hab.; 173,009 hect.). — Cant. de Bégard 
(7 com.; 11,374 hab.; 10,102 hect.) : Bégard, 4^,713 
hab.; Pédernec, 3,066 hab.; Squiffiec, l,017"hab. Cant. 
de Belle-Isle-en-Terre (7 com.; 13,916 hab.; 17,244 
hect.) : Belle-Isle-en-Terre, 1,945 hab.; La Chapelle-Neuve, 
1,472 hab.; Gurunhuel, 1,508 hab.; Louargat, 4,416 
hab.; Plougonver, 2,636 hab.; Tréglamus, 1,511 hab. 
Cant. deBourhriac (7 com.; 10,597 hab.; 17,2721iect.) : 
Bourbriac, 4,346 hab.; Plésidy, 1,599 hab.;Pont-Melvez, 
1,788 hab. Cant, de Callac (Il com.; 17,752 hab.; 
29,347 hect.) : Buîat-Pestivien, 1,747 hab.; Calanhel, 
1,127 hab.; Callac, 3,372 hab.; Carnoët, 2,202 hab.; 
Duault, 1,430 hab,; Lohuec, 1,079 hab.; Maël-Pestivien, 
1,632 hab.; Plourach, 1,547 hab.; Plusquellec, 1,597 
hab.; Saint-Servais , 1,405 hab. Cant.de Guingamp 
(8 com.; 18,036 hab.; 11,956 hect.) : Grâces, 1,383 
hab.; Guingamp, 8,744 hab.; Moustérus, 1,243 hab.; 
Plouisy, 1,791 hab.; Ploumagoar, 2,236 hab.; Saint- 
Agathon, 1,125 hab. Cant. de Maël-Carhaix (8 com.; 
9,665 hab.; 18,630 hect.) : Locarn, 1,673 hab.; Maèl- 
Carhaix, 2,364 hab.; Paule, 1,497 hab.; Plévin, 1,316 
hab.; Trébrivan, 1,231 hab. Cant. de Plouagat (7 com.; 
8,902 hab.; 13,019 hect.) : Goudelin, 2,211 hab.; Lan- 
rodec, 1,698 hab.; Plouagat, 2,170 hab. Cant. de 
Pontrieux (8 com.; 13,414 hab.; 10,558 hect.) : Ploëzal, 
2,812 hab.; Plouëc, 2,070 hab.; Pontrieux, 2,236 hab.; 
Quemper-Guézennec, 2,328 hab.; Saint-Cîet, 1,675 hab. 
Cant. deRostrenen (6 com.; 14,958 hab.; 25,759 hect.): 
Glomel, 3,692 hab.; Kergrist-Moëlou, 2,503 hab.; Plou- 
guernével, 3,494 hab.; Plounévez-()uintin, 2,549 hab.; 
Bostrenen, 2,162 hab. Cant.de Saint-Nicolas-du-Pélem 
(8 com.; 10,762 hab.; 19,123 hect.); Canihuel, 1,588 
hab.; Kerpert, 1,190 hab.; Lanrivain, 1,594 hab.; Saint- 
Gilles-Phgeaux , 1,221 hab.; Saint-Nicolas-du-Pélem, 
2,886 hab. 

Arrondissement de Lannion (7 cant.; 65 com.; 109,428 
hab.; 90,598 hect.). — Cant. de Lannion (9 com.; 
17,334 hab.; 10,719 hect.) : Brélévenez, 1,738 hab.; 
Lannion, 6,205 hab.; Ploubezre, 3,129 hab. ; Ploulech, 
1,143 hab.; Rospez, 1,504 hab.; Servel, 1,747 hab. 
Ca7ît. de LézardneuxÇl com.; 13,078 hab.; 9,239 hect.): 
Lézardricux, 1,991 hab.; Pleubian, 3,468 hab,; Pleuda- 
niel, 2,205 hab. ; Pleumeur-Gautier, 2,390 hab. ; Tré- 
darzec, 1,512 hab. Cant. de Perros-Guirec (9 com.; 
13,806 hab.; 10,222 hect.) î Louannec, 1,526 hab.; 
Perros-Guirec, 2,713 hab.; Pleumeur-Bodou, 3,011 hab. ; 
Trebeurden, 1,844 hab.; Trégastel, 1,141 hab.; Trélé- 
vern, 1,065 hab.; Trévou-Tréguignec, 1,034 hab. Ca^it, 
de Plestin (9 com.; 15,187 hab.; 14,480 hect.) : Lan- 
vellec, 1,741 hab.'; Plestin, 4,195 hab.; Ploumilhau, 
3,531 hab, ; Plufur, 1,651 hab. ; Trédrez, 1,178 hab. ; 
Trémel, 1,094 hab. Cant. de Ploiiaret (9 com.; 21,196 
hab. ; 24,976 hect.) : Loguivy-Plougras, 3,177 hab. ; 



COTES-DU-NORD 



Plouaret, 3,396 hab.; Plougras, 1,322 hab.; Plounérin, 
1,749 hab.; Plounévez-Moëdec, 3,303 hab.; Pluzunet, 
2,3To hab.; Tonquédec, 4, 840 hab.; Trégrom, l,475hab.; 
Le Vieux-Marché, 2,589 hab. Cant. de La Roche-Derrien 
(12 corn.; 11,533 hab.; 9,489 hect.) : CaYan,l,65{}hab.; 
Pommerit, 2,266 hab.; Prat, 2,111 hab.; La Roche- 
Derrien, 1,426 hab. Cant. de Tréguier (10 corn.; 17,294 
hab.; 11,474 hect.) : Camlez, 1,148 hab.; Langoat, 
2,047 hab.; Minihy-Tréguier, 1,516 hab.; Penvénan, 
3,167 hab.; Plougrescant, 2,134 hab.; Plouguiel, 2,271 
hab.; Tréguier, 3,193 hab. 

Arrondissement be Loudéâc (9 cant.; 60com.; 89,605 
hab. ; 136,652 hect.). — Cant. de La Chèze (9 corn. ; 
11,724 hab.; 18,878 hect.) : Le Cambout, 1,038 hab.; 
Plémet, 3,672 hab.; Phimieux, 1,703 hab.; La Prénessaye, 
1,607 hab.; Saint-Barnabe, 1,058 hab. Cant. de Collinée 
(6 corn.; 7,992 hab., ld,128 hect.) : Le Gouray, 2,045 
hab.; Langourla, 1,548 hab.; Saint-Gouéno, 1,538 hab.; 
Saint- Jacut-du-Mené, 1 ,349 hab. Cant. de Corlay (5 com.; 
6,967 hab.; 11,221 hect.) : Corlay, 1,525 hab.; Le 
Haut-Corlay, 1,135 hab.; Phissuiien, 1,429 hab.; Saint- 
Martin-des-Prés, 1,274 hab.; Saint-Mayeux, 1,604 hab. 
Cant. de Goarec (8 com.; 8,120 hab.; 14,169 hect.) : 
Laniscat, 4,565 hab.; Mellionnec, 1,200 hab.; Plélauff, 
1,430 hab. Cant. de Loudéac (6 com.; 13,823 hab.; 
19,248 hect.) : Loudéac, 5,899 hab. ; La Motte, 3,195 
hab.; Saint-Caradec, 1 ,651 hab.; Trévé, 2,067 hab. Cant. 
de Merdrignac (9 com.; 13,158 hab.; 24,802 hect.) : 
Gommené, d,265 hab.; Illifaut, 1,382 hab.; Laurenan, 
1,541 hab.; Le Loscouët, 1,215 hab.; Merdrignac, 3,292 
hab.; Saint-Vran, 1,544 hab.; Trémorel, 1,599 hab. Cant. 
de Mûr (5 com.; 6,158 hab.; 9,366 hect.) : Mûr, 2,528 
hab.; Saint-Guen, 1,048 hab. Cant. de Plougiienast 
(5 com.; 12,521 hab.; 16,253 hect.) : Gausson, 1,692 hab.; 
Langast, 1,355 hab.; Plémy, 2,944 hab.; Plessala, 3,302 
hab.; Plouguenast, 3,228 hab. Cant. d'Uzel (7 com.; 
9,142 hab.; 11,589 hect.) : AlHneuc, 1,677 hab.; Grâce, 
1,103 hab.; Merléac, 1,586 hab.; Le Quilho, 1,274 hab.; 
Saint-Thélo, 4,168 hab.; Uzel, 1,521 hab. 

Arrondissement de Sâint-Brieug (12 cant.; 96 com.; 
177,473 hab.; 147,206 hect.). — Cant. de Châte- 
laudren (8 com.; 11,049 hab.; 12,892 hect.) : Boqueho, 
1,428 hab.; Châtelaudren , 1,443 hab.; Plélo, 3,700 
hab.; Plouvara, 1,485 hab.: Trégomeur, 1,040 hab. 
Cant. d'Etables (6 com.; 11,457 hab.; 5,632 hect.): 
Binic,2,379 hab. ;Etables, 2,379 hab,; Lantic, 1,287 hab.; 
Plourhan, 2,038 hab.; Saint-Quay, 2,648 hab. Cant.de 
Lamballe (15 com.; 16,087 hab.; 16,127 hect.): Lam- 
balle, 4,429 hab.; Landehen, 4,027 hab.; Maroué, 2,158 
hab.; Pommeret, 1,378 hab.; Saint-Aaron, 1,101 hab. 
Cant. deLanvollon(ii com.; 12,867 hab.; 11, 582 hect.) : 
Gommenech, 1,311 hab.; Lanvolion, 1,484 hab.; Le 
Merzer, 1,100 hab., Pléguien, 1,733 hab.; Pommerit-le- 
Vicomte, 2,806 hab. Cant. de Moncontour (10 com.; 
14,980 hab.; 18,363 hect.) : Bréhand, 1,940 hab.; Hénon, 
2,959 hab.; Moncontour, 1,359 hab.; Quessoy, 2,857 hab., 
Saint-Carreuc, 1,227 hab.; Trébry, 1,543 hab.; Tréda- 
niel, 1,063 hab. Cant. de Paimpol (9 com.; 20,315 hab.; 
11,522 hect.) : Brchat (ile de), 1,086 hab.; Kérity, 
2,312hab.;Paimpol, 2,211 hab.:Pioubazlanec, 3,383 hab.; 
Plouézec, 4,715hab.;Plounez, l,912hab.;Plourivo, 2,571 
hab.; Yvias, 1,341 hab. Cant. de Pléneuf (5 com. ; 
10,119 hab.; 12,718 hect.) : Erquy, 2,708 hab.; Plan- 
guenoual, 1,936 hab.; Pléneuf, 2,317 hab.; Plurien, 
4,516 hab.; Saint-Alban, 1,642 hab. Cant. de Plœue 
(6 com.; 12,193 hab.; 15.851 hect.) : L'Hermitage, 1,069 
hab.; Laufains, 1,753 hab.; Plaintel, 2,790 hab.; Plœuc, 
4,875 hab. Cant. de Plouha (5 com.; 8,537 hab.; 
6,618 hect.) : Pléhédel, 1,760 hab.; Plouha, 4,802 hab.; 
Pludual, 1,127 hab. Cant. de Quintin (8 com.; 11,773 
hab.; 11,803 hect.) : Le Fœil, 1,696 hab.; Plaine-Haute, 
1,518 hab.; Quintin, 3,319 hab.; Saint-Brandan, 2,540 
hab.; Le Vieux-Bourg, 1,366 hab. Cant. de Saint-Brieuc 



(N.) (6 com.; 21,002 hab.; 11,680 hect.) : Plérin, 
5,466 hab.; Ploufragan, 2,793 hab.; Pordic, 4,447 hab.; 
Saint-Brieuc, 6,805 hab. Cant. de Saint-Brieuc (S.) 
(8 com.; 27,094 hab.; 12,907 hect.) : Hillion, 2,666 hab.; 
Langueux, 2,855 hab.; Plédran, 3,390 hab,; Saint-Brieuc, 
12,435 hab.; Saint-Donan, 1,615 hab., Trégueux, 1,306 
hab.; Yffiniac, 2,084 hab. 
Etat des personnes. — D'après le lieu de naissance. 

— Sur les 614,837 hab. présents dans les Côtes-du-Nord 
lors du dernier recensement, on comptait 444,872 hab. 
nés dans la commune qu'ils habitent ; 147,333 hab. nés 
dans une autre commune que celle du département qu'ils 
habitent ; 22,071 hab. nés dans un autre département ou 
dans une colonie ; 561 hab. nés à l'étranger. Il ne s'y trouve 
qu'un nombre peu considérable de personnes de nationalité 
étrangère, 489 seulement dont 337 Anglais. 

D'après le sexe : 293,506 individus du sexe masculin 
et 321,331 individus du sexe féminin. On comptait au 
recensement de 1886, 383,618 célibataires des deux 
sexes ; 186,737 personnes mariées ; 44,436 veufs ou 
veuves ; 36 divorcés des deux sexes. 

D'après la profession: La population des Côtes-du-Nord 
se décompose par professions de la manière suivante : 
439,618 personnes sont classées parmi les agriculteurs ou 
travailleurs; 49,060 s'adonnent à l'industrie; 53,288 au 
commerce; 24,643 sont affectées au transport; 5,829 sont 
représentants de la force publique ; 6,463 appartiennent à 
l'administration ; 9,509 personnes s'adonnent aux pro- 
fessions dites libérales ; 17,228 vivent exclusivement de 
leurs revenus ; 9,199 sont classées sous la dénomination : 
sans profession ou profession inconnue. 

Etat économique du département. — Propriété. 

— L'enquête spéciale faite par les contributions directes 
en 1884, a relevé 197,587 propriétés imposables dans le 
dép. des Côtes-du-Nord, savoir : 175,216 appartenant à la 
petite propriété ; 20,962 appartenant à la moyenne ; et 
1,349 appaitenant à la grande. 

Les biens qui dominent dans la petite propriété sont 
ceux de 50 ares à 1 hect. (32,511); puis ceux de à 10 ares 
(32,419) et de 20 à 50 ares (32,098). Dans la pro- 
priété moyenne, les biens de 10 à 20 hect. sont les plus 
nombreux (7,570) ; puis viennent ceux de 7 à 8 hect. 
(2,564) ; la grande propriété comprend 606 domaines de 
50 à 75 hect. ; 269 de 75 à 100 hect. ; 329 de 100 à 
200 hect. ; 145 au-dessus de 200 hect. Au point de vue 
de la superficie, la petite propriété couvre 198,940 hect., 
la moyenne, 298,906 hect., la grande, 159,974 hect., soit 
en tout 657,820 hect. La catégorie qui occupe la plus grande 
superficie est la propriété moyenne de 10 à 20 hect. 
(105,425 hect.) ; puis, de 20 à 30 hect. (59,672 hect.) ; puis 
vient la grande propriété au-dessus de 200 hect. (54,071 
hect.). On voit que l'étendue de la grande propriété n'est 
guère que le quart de l'étendue de la propriété totale. 

Agriculture. — Le dép. des Côtes-du-Nord comprend deux 
régions différentes : la région littorale riche et bien culti- 
vée, et la région de l'intérieur, qui est beaucoup plus 
sauvage. Dans la première, les engrais sont abondants ; le 
varech et le goémon se récoltent à marée basse ; les sables 
calcaires de diverses communes maritimes ou fluviales, 
telles que Saint-Juvat et Trédrez, fournissent d'excellents 
amendements. Certains points de la côte jouissent d'une 
fertilité et d'une douceur de climat exceptionnelles : telle 
est, en particulier, la com. de Kérity, ou poussent sur la 
plage des mûriers et des figuiers gigantesques. 

Le tableau en tête de la page suivante montre la super- 
ficie occupée par les diverses cultures avec leurs rendements 
pour l'année 1888. 

On comptait dans le département au 31 déc. 1888 
commetête d'animaux: 96, 000, chevaux, 115 mulets, ^,500 
ânes, 331, 000 bœufs, taureaux, vaches et génisses, 82,500 
moutons, 150,000 porcs, 4,500 chèvres. Les produits de 
ces animaux s'élevaient à 2,000 quintaux de laine et 
1,900,000 liectol. de lait. Les ruches d'abeilles étaient au 



CÔTES-DU-NORD 



nombre de 65,000 ; leur production en miel s'élevait à 
550,000 kilogr. et leur production en cire à200,000kilogr. 



CULTURES 


SUPERFICIE 


RENDEMENT 


Froment 


hectares 
93.000 
27.000 
9.500 
20.000 
59.000 
80.000 

24.000 

6.000 
2.500 
4.000 

27.000 
2. 000 

61.000 


hectolitres 

1.427.500 

467.100 

146.400 

360.000 

1.180.000 

1.864.000 

quintaux 

1.680.000 

1.620.000 
15.000 
12.000 

1.323.000 
90.000 

2.135.000 


Seigle 


Méteil 


Orge 


Sarrasin 


A-Voine. 


Pommes de terre 

Betteraves four- 
ragères 


Chanvre 


Lin 


Trèfle 


Luzerne 


Prés naturels 





Industrie. — En 1887, il y avait dans le dép. des 
Côtes-du-Nord 278 établissements industriels faisant usage 
d'appareils à vapeur. Ces appareils, au nombre de 302 
(non compris les appareils de chemins de fer et ceux des 
bateaux), d'une force totale de 2,175 chevaux-vapeur, se 
divisent ainsi : 
42 machines fixes d'une force de. 860 chevaux- vapeur. 
51 — mi-fixes — 342 — 

206 — locomobiles — 808 — 

Cette force se répartissait de la manière suivante entre 
les principaux groupes industriels : 

Mines et carrières 80 chevaux-vapeur. 

Usines métalliques 351 — 

Agriculture 829 — 

Industries alimentaires 404 — 

Industries chimiques et tanneries . . 3 — 

Tissus et vêtements 76 — 

Papiers, objets mobiliers, instru- 
ments 1 92 — 

Bâtiments et travaux 240 — 

La quantité de combustibles minéraux consommés a été 
de 66,300 tonnes représentant une valeur de 4,657,500 
fr. en 1885. 

Il n'existe qu'une seule mine de fer, c'est celle du Pas 
et du Bas- Vallon (corn, de l'Hermitage), dont le minerai 
est utilisé par le haut fourneau du Pas. 

Autour de Saint-Brieuc s'exploitent des carrières d'un 
beau granit blea, blanc, gris et noir, qui a été employé 
pour la construction de tous les édifices de Saint-Brieuc, et 
qu'on expédie à Paris et dans d'autres grandes villes où il 
sert pour les trottoirs. Autour d'Erquy sont des grès roses 
très propres au pavage. On trouve encore des carrières de 
pierre detailleà Moncontour, Hinglé, Plouha et à Saint-Cast, 
village connu par ses pierres plates. Caurel, Mûr, Quitté et 
La Roche-Derrien ont des carrières d'ardoises. Le hameau 
de Vaublanc (com. de Plémet) extrait du kaolin et une 
quantité considérable de terres et sables réfractaires pour 
hauts fourneaux, cubilots et creusets. 

L'industrie métallurgique est représentée par les forges 
du Bourg, des Hôpitaux, de Langourian et de la Couture 
(com. d'Erquy), de Broons, de la Hardouinaie (com. de 
Merdrignac), des Salles (com. de Perret) et du Vaublanc; 
par le haut fourneau du Pas, qui fabrique des poteries très 
recherchées en Bretagne ; la fonderie de fonte de Saint- 
Brieuc ; les fabriques d'instruments agricoles de Dinan, 
Lannion, LanvoUon et Saint-Brieuc ; les clouteries de 
Broons, Dinan et Gouarec. 

Il y a des scieries mécaniques à Saint-Brieuc, Lannion, 
Tréguier, etc. ; des tanneries ou mégisseries à Dinan, Guin- 
gamp, Laniballe ; des papeteries à Saint-Brieuc, Châte- 
laudrcn ; des minoteries à Caulnes, Quévert, Dinan, Guin- 
gamp, Kerglas ; des chantiers de construction de navires à 



Paimpol, Saint-Quay, Perros-Guirec, Tréguier; des cor- 
deries pour la marine dans un grand nombre de ports. 

Mais les plus importantes industries de la région sonf la 
grande pecheetlafabricationdestoiles.il y a vingt-six ports 
sur les côtes du département, dont les principaux, ceux du 
Légué, de Paimpol, Binic et Dahouct, arment des navires 
d'assez fort tonnage. La plupart de ces vaisseaux s'en vont 
pêcher la morue sur les côtes d'Islande et de Terre-Neuve. 
Les ports du Légué et de Paimpol arment à eux seuls pour 
cette pêche environ quatre-vingt-dix navires. Les bateaux 
partent le dimanche le plus rapproché de la première 
grande marée du mois de mai. Ce dimanche, dans la seule 
rade de Portrieux, où se donnent rendez-vous chaque an- 
née les navires de la baie de Saint-Brieuc, quatre mille 
marins se trouvent réunis. 

La fabrication des toiles dites toiles de Bretagne (2,000 
métiers à bras), bien que moins florissante que jadis, est 
encore considérable dans l'arr. de Loudéac, où les villes 
de Loudéac et d'Uzel sont, avec Quintin dans l'arr. de Saint- 
Brieuc, les principaux centres de cette industrie. A Quintin, 
le tissage des toiles occupe encore plus de trois cents tis- 
serands, qui fabriquent du linge ouvré de grande valeur. 
Les toiles de ménage de Dinan sont justement réputées : 
c'est également dans cette ville que sont les manufactures 
de toiles à voiles et de toiles de Combourg pour les hôpi- 
taux et les prisons. 

L'industrie linière est assez développée dans le cant. de 
Lanvollon : le teillage manuel du lin s'est introduit dans 
nombre de villages ; la filasse, bien que préparée d'après des 
procédés un peu anciens, lutte pourtant de qualité avec les 
lins de la Flandre. 

Commerce et circulation. — Le commerce des Côtes-du- 
Nord est fondé : 1^ Sur V exportation des gibiers, du 
poisson, dont on expédie à Paris de grandes quantités ; 
des huîtres; de la cire, du miel, du cidre, etc. Le dépar- 
tement fournit des chevaux pour la remonte de la cavalerie, 
des bœufs, dont un certain nombre sont transportés en 
Angleterre. Enfin il envoie dans le Nord le lin teille et les 
toiles renommées dites de Bretagne. 2^ Sur Vimportation 
des vins et eaux-de-vie, des savons, des épices et denrées 
coloniales, des fers, des planches, des bois, de la houille, 
des articles de nouveautés, etc. 

Les 26 bureaux de poste ^ les 17 bureaux télégra- 
phiques et les 55 bureaux mixtes de postes et télé- 
graphes des Côtes-du-Nord ont produit, en 1887, 
663,882 fr. pour le mouvement postal. Les 55 bureaux 
télégraphiques mixtes ont versé au Trésor un produit 
net de 109,867 fr., pour les dépêches seules. Sur les 479 
kil. de routes nationales il a circulé quotidiennement 
164 coUiers; les dépenses d'entretien se sont élevés à 
228,100 fr. La longueur des chemins vicinaux était de 
7,220 kil., savoir : chemins de grande communication, 
2,136 kil.; chemin d'intérêt commun, 1,510 kil.; che- 
mins ordinaires, 3,574 kil. 

Le réseau ferré des Côtes-du-Nord se compose de six 
lignes de chemin de fer d'une longueur totale de 263 kil. 
Ce sont : le chemin de fer de Paris à Brest qui sort du 
dép. d'Ille-et- Vilaine et passe dans celui des Côtes-du- 
Nord à 3 kil. environ en deçà de la gare de Caulnes ; il passe 
à Broons, Plénée-Jugon, Lamballe, Yffmiac, Saint-Brieuc, 
Plouvara-Plerneuf, Châtelaudren, Guingamp, Belle-Isle- 
Bégard, Plouaret et Plounérin, et entre dans le Finistère. 
Son parcours est de 124 kil. ; celui de Saint-Brieuc à 
Pontivy qui dessert Saint-Julien, Plaintel, Quintin, Le 
Pas, Le Plœuc-rHermitage, Uzel, La Motte et Loudéac, 
puis entre dans le Morbihan après un parcours de 55 kil. ; 
le chemin de fer de Dol à Lamballe qui dessert Pleudihen, 
La Hisse, Dinan, Corseul, Plancoet, Landebia et Lamballe 
et a un parcours de 56 kil. environ; l'embranchement 
de Plouaret à Lannion avec une station intermédiaire, celle 
de Kérauzern, n'a que 17 kil. de long; l'embranche- 
ment de Miniac à La Gouesnière-Cancale qui ne passe dans 
les Côtes-du-Nord, que pendant 1 kil. ; la ligne de Dinan 




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GOTES-DU-NORD — COTHURNIA 



à Dinard, qui passe à Saînt-Samson et Plesthi-Plouer; son 
parcours est de 10 kil. dans le dép. des Côtes-du-Nord. 

Finances. — En 1887 le dép. des Côtes-du-Nord a fourni 
20,126,456 fr. au budget ordinaire et 2,580,290 fr. au 
budget sur ressources spéciales. Ces chiffres se décom- 
posent comme suit : impôts directs, 3,163,797 fr;; domaines 
et forêts, 1 03,273 fr.; enregistrement, 4,060,632 fr.; tim- 
bre, 658,497 fr.; contributions indirectes, 5,661,045 fr.; 
sucres, 5,766 fr.; monopoles et exploitations industrielles 
de l'Etat, 6,051,272 fr.; impôt de 3 «/o sur le revenu 
des valeurs mobilières, 18,649 fr.; recettes d'ordre, 
207,658 fr.; produits divers du budget, ressources spé- 
ciales, 195,867 fr. Les revenus départementaux ont 
été, en 1887, de 1,613,945 fr., se décomposant ainsi: 
produits des centimes départementaux, 1,344,682 fr.; 
subventions de l'Etat, des communes, des particuliers, 
269,163 fr.; revenus extraordinaires, produit des em- 
prunts, aliénation de propriétés, 100 fr.; il y a eu 28 centim. 
portant sur les quatre contributions, dont 12 ordinaires, 
16 extraordinaires ; la valeur du centime portant sur les 
contributions foncières, la contribution personnelle-mobilière 
et les bois de l'Etat était de 23,399 fr.; le produit du 
centime départemental était de 23,025 fr. Les 389 com- 
munes du département avaient, en 1888, un revenu annuel 
de 897,887 fr.; le nombre de centimes pour dépenses, 
tant ordinaires qu'extraordinaires, était de 10,836 ; le 
nombre moyen des centimes par communes est de 28. 
Il y avait 56 communes imposées de moins de 15 cent.; 
200 de 15 à 30 cent.; 116 de 31 à 50 cent.; 17 de 51 
à 100 cent. Le nombre des communes à octroi était de 
25, le produit des octrois montait à 524,280 fr. détaxes 
ordinaires et 80,36 fr. de taxes extraordinaires et surtaxes. 
Etat intellectuel du département. — Au point 
de vue de l'instruction, les Côtes-du-Nord sont un des 
départements les plus arriérés de France. En 1888, sur 
5,650 jeunes gens inscrits sur les listes du tirage et exa- 
minés, 1,319 étaient tout à fait illettrés, ce qui place ce 
département au 85® rang parmi les 90 départements 
français (y compris les départements algériens). Le dépar- 
tement comptait, durant l'année scolaire 1889-1890, 
22 écoles maternelles publiques ( 6 laïques, 16 congréga- 
nistes), qui recevaient 3,854 élèves (1,939 garçons et 
1,915 filles), plus 20 écoles libres (toutes congréganistes) 
qui recevaient 5,733 élèves (2,744 garçons et 2,989 filles). 
A la même époque il y avait 772 écoles primaires publi- 
ques (508 laïques et 264 congréganistes) qui recevaient 
78,327 élèves (43,335garçons et 34,992 fdles). L'école nor- 
male d'instituteurs du département comptait en 1889-1890, 
74 élèves-maîtres, et celle d'institutrices, 47 élèves-maî- 
tresses. En outre, il y avait trois cours d'adultes hommes 
aveec 85 auditeurs, mais il n'y avait pas de cours d'adultes 
femmes. En 1889, il y eut 3,425 candidats tant garçons 
que filles, au certificat d'études primaires élémentaires ; 
2,159 certificats furent obtenus; 13 candidats au certificat 
supérieur obtinrent 12 brevets. L'instruction élémentaire 
était facilitée par 1,224 bibliothèques populaires qui con- 
tenaient 18,157 livres de lecture et qui firent en 1889 
20,002 prêts ; 39 bibUothèques pédagogiques avec 13,304 
volumes ; 53 caisses d'épargne scolaires, avec 1 ,183 livrets, 
représentant une somme totale de 10,317 fr. ; 14 caisses 
des écoles fonctionnaient et avaient encaissé à la fin de 
l'exercice annuel, 55 fr. La société de secours mutuels des 
instituteurs et institutrices du département comprenait 
432 sociétaires ; elle avait un actif de 71,8^16 fr. Le total 
des ressources applicables aux traitements, indemnités et 
allocations constituant des dépenses obligatoires de l'ensei- 
gnement primaire monta, en 1888, à 1,327,694 fr. L'en- 
seignement secondaire se donnait, en 1888-89, dans 1 lycée, 
comptant 276 élèves, et 4 collèges communaux, comptant 
644 élèves. 

Etat moral du département. — La statistique judi- 
ciaire de 1887 accuse 35 condamnations en cours d'assises, 
dont 15 pour crimes contre les personnes. Les 5 tribunaux 



correctionnels examinèrent 1,210 affaires et 1,496 préve- 
nus, dont 58 furent acquittés et 493 condamnés seulement 
à des amendes. On a compté 16 récidivistes devant la cour 
d'assises et 533 en police correctionnelle ; il y eut 2,543 
contraventions de simple police. Le nombre des suicidés 
s'éleva à 50. Les bureaux de bienfaisance, au nombre de 97 
en 1887, secoururent 17,704 personnes; leurs recettes 
s'élevèrent à la somme de 128,533 fr., dont 68,048 fr. 
provenaient de leurs revenus propres, 23,464 fr. des sub- 
ventions de la commune et 5,000 fr. des subventions 
extraordinaires ; 1,247 fr. des droits de pauvres ; 12,422 fr. 
des quêtes, troncs, souscriptions, etc.; 6,640 fr. des dons 
et legs, 11,712 fr. des autres recettes. Les dépenses se 
sont élevées à la somme do 124,433 fr. On comptait 10 hos- 
pices et hôpitaux avec 1,643 lits, 542,464 fr. de recettes 
et 586,730 fr. de dépenses, et un personnel composé de 
249 servants. Il y a eu un nombre total de 5,853 jour- 
nées de présence pour 1,764 hommes; de 49,909 pour 
742 femmes et de 27,419 pour 427 enfants. Le service 
des enfants assistés a secouru 344 garçons et 336 filles, 
soit à l'hospice, soit à la campagne, et 383 garçons et 
320 filles à domicile. Les 7 caisses d'épargne des Côtes- 
du-Nord avaient délivré, au 1«^ janv. 1887, 24,831 livrets 
et,jaul«^'janv. 1888, 25,072 livrets, valant en moyenne 
435 fr. Les sociétés de secours mutuels étaient au nombre 
de 20, dont 18 approuvées et 2 autorisées avec 1,844 mem- 
bres participants. Elles avaient un avoir disponible de 
64,544 fr. pour les sociétés approuvées et 878 fr. pour 
les sociétés autorisées au 31 déc. 1887. Dans la même 
année, les libéralités ont atteint 109,544 fr. Ce chiffre se 
décompose comme suit : 25 donations aux établissements 
religieux, représentant une somme de 57,288 fr.; 10 do- 
nations aux établissements charitables et hospitaUers, 
montant à 48,476 fr. ; 4 donations aux communes et au 
département, montant à 3,780 fr. E. S. 

BiBL. : L'abbé Delaporte, Saint-Brieuc et le Dinannais, 
dans le Voyageur français^ 1790, t. XXXVI, in-12.— Bigot 
DE MoROGUES, Observations miner alogiques et géolo- 
giques sur les dép. du Morbihan^ du Finistère et des Côtes- 
du-Nord., 1810, in-8. — Poignant, Antiquités historiques 
et monuments à visiter de Montfort à Corseul par Dinan^ 
1820, in-8.— L.-F. Bigeon, Eaux minérales de Dinan, 1824, 
in-8. — - Habasque, Notions historiques , géographiques., 
statistiques et agronomiques sur le littoral du dép. des 
Côtes-du-Nord, 1832, 3 vol. in-8.— Abel Hugo, le Dép. des 
Côtes-du-Nord, dans la France pittoresque, 1835, t. I, gr. 
in-8. — Ogée, Dictionnaire historique et géographique de 
la province de Bretagne (nouv. édit. revue et augmentée 
par MM. Marteville et Varin), 1843, 2 vol. in-4.— Bourel- 
Uoncière, De VUtilisation des landes en Bretagne et par- 
ticulièrement dans les Côtes-du-Nord, 1844, in-8. — Sou- 
CHET, statistique des Côtes-du-Nord, 1844, 3 vol. in-8. — 
Agriculture du dép. des Côtes-du-Nord .^ extraite de 
V Agriculture française publiée par ordre du ministre, 1844, 
in-8. — A. GuiLBERT, Saint-Brieuc^ Dinan., etc., dans 
VHistoire des villes de France^ 1845, 1. 1, gr. in-8. — Benja- 
min Jolleret, les Côtes-du-Nord, histoire et géographie de 
toutes les villes et communes du département., 3 vol. in-8 ; 
nouv. édit., 1854, 2 vol. grand in-8. — J. Gautier de Mot- 
tay, Ed. Vivier et J. Rousselot, Géographie départe- 
mentale des Côtes-du-Nord, 1862, in-18. — Rousselot, 
Petite Géographie des Côtes-du-Nord (collection Levas- 
s«ur),1875, in-12. — Tablettes statistiques, administratives 
et commerciales des Côtes-du-Nord, in-16. — Ad. Joanne, 
Géographie des Côtes-du-Nord, 1886. — Mémoires de la 
Société archéologique et historique des Côtes-du-Nord, 
in-8. — Annuaire des Côtes-du-Nord. — Ogée, Cartade la 
Bretagne. — Cassini et Capitaine, Cartes de la Bretagne. 
— Feuilles 41, 42, 43, 58, 59, 60, 73, 74, 75 de la grande Carte 
de France dite de TEtat-Major, publiée par le Dépôt de la 

fuerre. — Eug. Lefébure db Fourcy, Carte géologique 
u dép. des Côtes-du-Nord, en 11 feuilles. — Frémin, Uu- 
FOUR, Duvotenay, Charle, Logerot, Cartes du dép. des 
Côtes-du-Nord. 

COTHURNE (V. Chaussure, t. X, p. 972). 

COTHURNIA (Zool.). Infasoiresde la famille des Vorti- 
cellides, division des Vaginicoles, dont les caractères ont 
été établis par Ehrenberg et par Claparède. Ce sont des ani- 
maux d'eau douce ou d'eau salée, que l'on rencontre fré- 
quemment; ils habitent une sorte de logette transparente, 
de nature chitineuse, au fond de laquelle ils sont fixés par 
un pédoncule contractile, formé par leur partie postérieure. 



COTHUHINIA - COTIGNOLA 



^ 40 




D'or à cinq cotices en 
bande de gueules. 



Les Cothurnia sont dépourvues d'opercule. Ex. : C. im- 
berbis Ehrg, Astaci St. R. Moniez. 

COTI-Chiayari. Corn, du dép. de la Corse, arr. d'Ajac- 
cio, caiit. do Santa-Maria-Sichè ; 4,897 hab. 

COTIBERT, peintre français du xvni« siècle, né à 
Rouen. Elève de Boucher, ses tableaux rappellent ceux de 
son maître ; comme lui, il chercha ses inspirations dans 
le genre pastoral, un pastoral tout de convention et volon- 
tiers libertin. On cite de lui r Heureuse Jeaîinette, la 
Fille à Simonnette et Mon Moineau est pour Colette, 
COTIGE (Blas.). Pièce héraldique honorable, qui n'est 
autre que la bande diminuée de longueur ou la barre aussi 
diminuée; aussi la nomme-t-on 
cotice en bande ou cotice en 
barre, selon qu'elle est posée 
dans le sens de ces pièces. Les 
cotices peuvent être en nombre 
et, dans ce cas, elles sont sou- 
vent placées deux par deux ou 
trois par trois; elles peuvent 
charger ou accompagner d'autres 
pièces héraldiques. Un écu plein 
de cotices , alternativement de 
métal et d'émail, est dit cotice. 
Lorsque l'écu est divisé en deux 
parties égales par une diagonale de gauche à droite, et que 
les demi-cotices qui se correspondent sont d'un émail diffé- 
rent, il devient contre-coticé. IL Gourdon de Genouillâc. 
COTIGNAG. Ch.-l. de cant. du dép. du Var, arr. de 
Brignoles, sur la Cassole, affluent gauche de TArgens, à 
324 m. d'altitude, dominé à pic par un banc de tuf haut 
de 80 m.; 2,529 hab. Tanneries, moulins à huile, etc. 
Dans le voisinage, église et pèlerinage de Notre-Dame de 
Grâce. 

COTIGNOLA (Giovanni-Battista), sculpteur italien du 
xvi*^ siècle. L'église Sant' Agostino, à Rome, renferme son 
groupe de la Donation des clefs. 

COTIGNOLA ou CODIGNUOLA (Francesco Zaganellï, 
dit), peintre italien des xv'^-xvi^ siècles, natif de Cotignola. 
Elève de Niccolè Rondinelli, il acheva les toiles que la mort 
avait empêché son maître de terminer à R avenue. l\ était 
inférieur à celui-ci en ce qui concerne le dessin et la com- 
position, mais remportait sur lui par la vigueur du coloris. 
A Ravenne, où il passa la plus grande partie de sa vie, 
il laissa des peintures dans les églises San Niccolo, San 
Sebastiano, Santa Caterina et Sant'ApolHnare. On cite parmi 
ses chefs-d'œuvre la Résurrection dans l'église de Classe, 
et le Baptême du Christ^ à Faenza. Cotignola mourut à 
Parme (oii on le trouve en 1518) on no sait pas exactement 
en quelle année. — Son frère Bernardino est peu connu. 
Une œuvre peinte en collaboration avec Francesco et datée 
de 4504, la Vierge et des saints^ se trouve dans l'égUse 
des Osservanti à Ravenne ; une autre toile de 4509, àlmola. 
A Pavie, il travailla seul au Carminé. 

COTIGNOLA (Girolamo da), peintre italien, né à Coti- 
gnola, dans les environs de Lugo, vers 1481, mort à 
Rome vers 4550, L'artiste qui, suivant un fréquent usage, 
a pris le nom de sa ville natale, s'appelait en réalité 
Girolamo Marchesi et n'appartenait en aucune façon à la 
famille des deux Zaganelli qui, eux aussi, furent peintres 
et qui ont également utilisé la signature Cotignola. Mar- 
chesi paraît être venu fort jeune à Bologne où Francesco 
Francia était alors très admiré. Il suivit son école non 
sans s'apercevoir que la manière de son maître restait un 
peu sèche et que l'heure avait sonné de faire un pas vers 
les méthodes nouvelles. Avant de commencer ses voyages 
à la recherche de la gloire qu'il a côtoyée quelquefois 
sans y aborder jamais, il travailla quelque temps à Bologne. 
D'après Yasari, qui le juge sans indulgence, il peig\iait 
des portraits, et il eut même l'occasion d'en faire un qui 
présenterait aujourd'hui un grand intérêt historique, s'il 
était possible de le retrouver. Gaston de Foix ayant été 
tué à la bataille de Ravenne en 4512, Marchesi repro- 



duisit, d'après le cadavre, les traits du vaillant capitaine. 
Cette oeuvre le fit connaître dans les Romagnes. l^eu 
après, il peignit le portrait de Maximilien Sforza. En même 
temps, il était occupé par les couvents et par les églises. 
A San Giuseppo de Bologne, qui était Fégiise des capu- 
cins, il exécuta le Mariage de la Vierge^ tableau impor- 
tant qui est aujourd'hui à la Pinacothèque de la ville. 
Yasari lui attribue aussi d'autres travaux, notamment les 
peintures de San Michèle in Bosco, qui ont disparu. Cette 
perte est fâcheuse, car Marchesi s'y était révélé à la fois 
comme peintre à l'huile et comme fresquiste. L'artiste 
travailla ensuite pour diverses villes de la Romagne. A 
Santa Colomba de Rimini, il peignit une Sainte Lucie et 
un Couronnement de la Vierge. Yasari parle étrange- 
gementde ces deux œuvres. Il déclare que la sainte Lucie 
était piuttosto lasciva che bella, ce qui veut dire sans 
doute que l'artiste, désireux de plaire et de se montrer 
plus moderne que son maître Francia, avait un peu forcé 
l'expression souriante ; quant aux apôtres qui entouraient 
la Vierge couronnée, le biographe est plus sévère encore : 
il trouve leurs têtes exagérées et difformes. Cette recherche 
du sourire que Yasari constate à propos de la Saifite Lucie 
correspond à un changement de méthode, car la première 
manière de Marchesi est sans souplesse, comme on le voit 
dans la Mise au tombeau du musée de Budapest. 

On ne sait à quelle époque Girolamo da Cotignola partit 
pour Rome. S'il est vrai qu'il ait peint le portrait du 
pape Paul III, ce voyage est postérieur à 4534. Raphaël 
était inort depuis quatorze ans, mais son nom voltigeait 
encore sur toutes les lèvres. C'est alors sans doute que 
Marchesi s'éprit d'un certain goût pour le style du 
maître, dont il aurait été, au dire de quelques écrivains, 
un fervent imitateur. Les œuvres qu'on voit à Bologne et 
ailleurs donnent lieu de croire que la conversion de Mar- 
chesi n'a pas été aussi complète qu'on l'assure. Quoi qu'il 
en soit, le peintre de Cotignola aurait eu peu de succès 
à Rome où sa manière paraissait démodée. Il alla travail- 
ler à Naples et il y fut mieux accueilli. Yasari parle de 
peintures qu'il avait faites pour les églises de Monte 
Oliveto et de Santo Aniello : elles sont encore citées avec 
éloge dans la Guida de' forestieri de 4804, mais elles 
ne subsistent plus ou du moins les voyageurs ont cessé 
de s'y intéresser. Cependant Marchesi vieillissait : il revint 
à Rome, et là il lui arriva, si Yasari n'abuse pas de notre 
crédulii^é, une très désagréable aventure. Le voyant seul et 
sans soutien, ses amis imaginèrent de le marier. Avec 
une innocence qui permet de croire à un affaibhssement de 
l'esprit, le bonhomme se laissa faire, et, la cérémonie ter- 
minée, il s'aperçut qu'il avait épousé une courtisane de bas 
étage. Il en éprouva un grand ennui, et le chagrin hâta sa 
mort. 

Malgré les révolutions et les guerres, l'Italie a conservé 
quelques peintures de Girolamo da Cotignola. Elles repré- 
sentent toutes des sujets religieux. Une des plus curieuses 
paraît être celle de l'église Sainte-Marie des Grâces à 
Pesaro où l'on voit, avec un Saint Jérôme et une Sainte 
Catherine d'Alexandrie, les portraits de deux personnages 
agenouillés : l'un est le jeune Constanzo Sforza, qui était 
seigneur de la ville ; l'autre est Ginevra Tiepolo, sa mère. 
Ce tableau est de 4543, et garde encore une certaine 
sécheresse. Les anciennes descriptions de Parme mention- 
nent, dans l'église de FAnnunziata, une Vierge sur son 
trône que Marchesi aurait peinte en ^1548. Lanzi a vu à 
Saint-Marin un Saint Jérôme daté de 4520. Le tableau 
de Forli, oii se voit la vierge sur un trône entourée de 
plusieurs saints est intéressant en ce que l'auteur l'a signé 
à la fois de son nom patronymique et de son surnom, 
Hier ony mus Marchesius CottignolK BIDXXVL La 
même date se lit au bas du tableau du musée de Berlin, 
VInstitution de V ordre des Bernardins. C'est dans cette 
peinture que le sénateur Morelli voit la preuve que Mar- 
chesi s'était enrôlé parmi les imitateurs de Raphaël. Enfin, 
dans ses Irésors d'art en Angleterre., Waagen nous 



parle d'un tableau qui a fait partie de la collection Solly, 
des Saints en adoration devant la Vierge (4528). A 
ces peintures il faut joindre un tableau, sans date, mais 
d'une authenticité certaine, que Marchesi avait peint pour 
l'oratoire de Saint-Bernardin à Bologne et qui a été trans- 
porté à la Pinacothèque de la ville. L'œuvre est carac- 
téristique. On y voit la Vierge assise sur un trône élevé 
de plusieurs marches : elle se penche sur son enfant et 
l'embrasse avec une tendresse passionnée. Derrière elle 
deux anges aux attitudes un peu contournées et ronflantes 
soulèvent la draperie qui abrite le trône ; au premier plan, 
un petit saint Jean-Baptiste, complètement nu et de style 
fort romain, est placé entre deux saints à la physionomie 
austère, saint François d'Assise et saint Bernardin de 
Sienne, Les types, le mouvement des figures, le caractère 
du dessin démontrent que Marchesi avait rompu avec 
les candeurs primitives pour se rallier à la cause du 
nouvel idéal. Aucune de^ces œuvres n'est véritablement 
puissante. Ticozzi regarde Girolamo da Cotignola comme 
un attardé qui se souvient trop de l'ancienne école ; il 
serait peut-être plus juste de dire qu'il l'a trop oubliée. 

Paul Mântz. 
BiBL. : Vasari, Vite de' pittori, — Lanzi, Storia pitto- 
nca délia Italia, ; Bassano, 1818. — Giovanni Morelli, 
Italian Masters in German Galleries ; Londres, 1883. 

COTIGNON (Pierre de), seigneur de LaCharnays, poète 
français du xvii® siècle, originaire du Nivernais. Nous ne 
connaissons aucun détail sur lui. On sait seulement qu'il 
vivait à Paris vers 4638 et qu'il était très répandu dans 
les salons littéraires du temps, et ami de Colletet. On a de 
lui : la Muse champestre (Paris, 4623, in-8) qui ren- 
ferme un certain nombre de pièces, entre autres la Tragé- 
die de Madonte, extraite de VAstrée^ et des épigrammes 
fort libres; Ouvrage poétique (Paris, 4626, in-42), re- 
cueil de sonnets, rondeaux, chansons, églogues, stances et 
épigrammes toujours très lestes ; les Vers satiriques et 
énigmatiques du nouveau Théophile (c'est le même 
ouvrage que le précédent, le titre seul a été changé) ; 
Vers (Paris, 4632, in-8); les Travaux de Jésus (Paris, 
4638, in-8), poème, etc. 

COTILLON (Y. Danse), 

COTIN (Charles), abbé et littérateur français, né à 
Paris en 1604, mort en janv. 4682. Conseiller et aumô- 
nier du roi, c'était un familier de l'hôtel de Rambouillet ; 
il devint membre de l'Académie française (mai 4655). La 
malveillance qu'il témoigna à Boileau lui attira les satires 
du poète ; il lui tenait tête, lorsque Molière, qu'il avait 
difîamé, lui porta un coup décisif en le mettant en scène 
sous le nom de Trissotin (d'abord Triccotin) dans les 
Femmes savantes. La querelle avec Vadius est le récit 
d'une querelle entre l'abbé Cotin et Ménage, à propos du 
sonnet à la princesse Uranie (M"^^ de Nemours) fait par 
Cotin et déprécié par Ménage. L'abbé Cotin eut de réels 
succès comme prédicateur ; ses écrits sont d'un style très 
affecté, ses vers fades, plats et prétentieux. Ses principaux 
ouvrages sont : la Jérusalem désolée (Paris, 4634, in-8) ; 
Théoclée (Paris, 4646, in-4) ; Recueil d'Enigmes (4646, 
in-42) ; Rondeaux (4650, in-4 2) ; Poésies chré- 
tiennes (4657, in-8) ; OEuvres galantes en prose et en 
vers (4663-65, in-42); la Ménagerie (La Haye, 4666, 
in-42); la Critique désintéressée sur les satires du temps 
(Paris, 4666, in-8), dirigée contre Roileau (V. ce nom). 

COTIN GA (Ornith.) (V. Cotingidés). 

COTINGIDÉS (Ornith.). Les Cotingidés constituent une 
famille très nombreuse de Passereaux frugivores qui appar- 
tiennent tous à la faune du Nouveau Monde et se trouvent 
depuis le Mexique méridional jusqu'à la République argen- 
tine. G. Cuvier les rangeait dans la catégorie des Passereaux 
dentirostes, entre les Gobe -Mouches et les Échenilleurs, 
mais aujourd'hui on les rapproche plutôt des Rrèves et des 
Manakins (V, ces mots). Ils rappellent généralement les 
Tyrans (V. ce mot) par leur bec légèrement déprimé à 
la base et denté à l'extrémité, et quelquefois même ils 



- 44 - COTIGNOLA -^ COTINUSA 

semblent avoir emprunté à ces oiseaux les teintes grises, 
blanches, noires et brunes de leur plumage ; mais le plus 
souvent ils portent une livrée aux couleurséclatantes. Par- 
fois aussi leur bec est orné de panaches de plumes ou 
d'appendices érectiles. Leur taille n'est pas moins variable 
que leur costume, et si certains d'entre eux sont plus petits 
que des Moineaux, d'autres dépassent en grosseur notre 
Grand Corbeau. Ce sontpes différences de plumage et de 
dimensions, jointes à des variations dans les proportions du 
bec ou dans la forme des ailes, qui ont permis aux natura- 
listes de répartir les cent et quelques espèces dont se com- 
pose actuellement la famille des Cotingidés en un certain 
nombre de genres et de tribus. On a formé, par exemple, 
un groupe à part pour les lityra et les Pachyrhamphus 
dont le bec est généralement robuste, le plumage de cou- 
leurs modestes et chez lescpiels les mâles ont la seconde 
rénnge singulièrement réduite. Un autre groupe a été créé 
pour les Lipaugus et les Lathria qui, avec des couleurs 
ternes, ressemblent un peu aux Manakins, principalement 
par la structure de leurs pattes. Un troisième groupe com- 
prend les Casiornis et les Attila dont nous avons déjà 
indiqué les caractères (V. Attila.) ; un autre renferme les 
Coqs de roche ou Rupicoles (V. ce 'mot), un autre encore 
se compose des Cotingas proprement dits, des Ampelions 
(V. ce mot) et quelques genres voisins; enfin, un dernier 
groupe est constitué par les Gymnodères (V. ce mot) queï'on 
prendrait au premier abord pour des Corvidés et pour les 
Céphaloptères (V. ce mot) dont la tête est surmontée 
d'un cimier. 

C'est parmi les Cotingas proprement dits que se rangent 
quelques-uns des oiseaux les plus remarquables pour la 
richesse de leur plumage. Ainsi le Cotinga bleu (Cotinga 
cœrulea V.) de la Guyane a la tête, le dessus du corps et 




Cotinga bleu. "^ 

les flancs d'un bleu d'outremer, la poitrine d'une teinte 
pourprée, les ailes et la queue noires ; le Cotinga pourpré 
{Xipholena pompadora L.) de Cayenne est revêtu d'un 
magnifique costume d'un violet pourpré, tirant au rouge 
et rehaussé par du blanc pur et du noir profond sur les 
ailes et la queue, etc. Les Cotingas vivent dans les forêts 
et se nourrissent de figues, de goyaves et d'autres fruits, 
ainsi que d'insectes, particulièrement de Termites. Ils sont 
d'un naturel taciturne et font entendre seulement quelques 
cris monotones. A la Guyane et au Brésil, on fait une 
chasse active à ces oiseaux au brillant plumage dont les 
dépouilles sont employées comme ornements dans le pays 
même ou expédiées sur les marchés de l'Europe. E. Oust. 

BiBL. : Daubenton, PL Enl. de Buffon, 1770, pi. 186, 188 
et 624. — Vieillot, Galerie des Oiseaux^ t. I, p. 183 et 
pi. 116. — D'Orbigny, Voy. dans l'Amérique méridionale, 
Oiseaux, p. 297. — Taczanowski, Ornith. du Pérou, 1884, 
t. II, p. 384. — Ph.-L. SoLATER, Cat. B. Brit. Mus., 1880, 
t. XIV, pp. 326 et 382. 

COTINUSA, Ile de l'Espagne ancienne qui, selon Pline, 
était à cent pas de Cadix, longue de 3 milles et large de 



COTINUSA — COTO 



— 12 — 



mille pas ; elle avait, ajoute-t-il, porté autrefois les noms 
de Erythia et Aphrodisia, et renfermé une ville de 
Gadium. Avienus et Denys le Périégète, ainsi que le com- 
mentateur Eustathe, la mentionnent aussi ; il semble bien 
que c'est l'île de San Fernando, à l'E. de Cadix. E. Cat. 
COTISATION. En langage administratif, on désigne sous 
le nom de cotisation la quote-part qui doit être supportée 
par les communes, les établissements de bienfaisance, les 
syndicats, etc., pour l'acquittement de certaines dépenses 
les intéressant collectivement. Les ressources qui pro- 
viennent de ces cotisations doivent toujours être aifectées 
à un objet déterminé, et il est absolument interdit d'opérer 
un virement quel qu'il soit; les dépenses ne doivent de 
même être engagées qu'au fur et à mesure de la réalisation 
des fonds, les trésoriers généraux, chargés de viser les 
mandats délivrés par les préfets au compte de chaque ser- 
vice, ayant le devoir de s'assurer que les ressources cor- 
respondantes sont bien existantes. Les recouvrements s'opè- 
rent en vertu d'arrêtés du préfet notifiés au trésorier 
général, et qui énoncent les lois, ordonnances ou décisions 
ministérielles établissant ces cotisations. Les arrêtés sont 
accompagnés d'états désignant la somme à verser par chaque 
commune, chaque établissement, ou par les particuliers; 
par les soins du trésorier général, ces états sont fournis 
par extraits aux receveurs d'arrondissement chargés d'en 
assurer la recette. Les non-valeurs en fin d'année sont ou 
définitivement admises, reportées à l'année suivante, ou 
mises en charge au comptable. C'est le préfet qui, après 
avis du conseil général, statue sur les admissions en non- 
valeur. Les cotisations municipales et particuHères s'ap- 
pliquent à un grand nombre de services : frais de registres 
de l'état civil et de confection des tables décennales, fabri- 
qués pour toutes les communes par les soins de la préfec- 
ture et sur un même modèle ; frais de confection des matrices 
des rôles généraux, des matrices, rôles et avertissements 
des prestations, des chiens, etc., des rôles auxihaires à la 
charge des propriétaires qui les font établir ; frais d'impres- 
sion, fournitures d'imprimés ayant trait aux relations de 
service entre la préfecture et les communes, etc. ; frais de 
timbres -quittances; pensions des malades, vieillards et 
incurables ; fourniture des imprimés des caisses scolaires ; 
dépenses des travaux d'intérêt commun, construction ou 
entretien des chemins de petite vicinalité, par exemple; 
traitements des gardes forestiers communaux, des con- 
cierges des maisons de dépôt ; traitements et frais concer- 
nant la police ; abonnements à diverses publications, Bul- 
letin des lois^ Journal officiel^ etc. ; service médical en 
faveur des indigents ; fonds destinés aux traitements des 
instituteurs ; indemnité des contrôleurs rapporteurs de la 
commission des bâtiments scolaires ; frais de conseils de 
prud'hommes; fonds communs provenant des amendes de 
police correctionnelle. En dehors de ces diverses cotisa- 
tions, on comprend encore sous ce nom certaines taxes 
locales recouvrées par les receveurs municipaux, chargés 
en même temps d'acquitter les dépenses auxquelles ces 
taxes sont destinées : travaux de curage, d'élagage, salaire 
des taupiers, etc. Ces taxes sont réparties par délibération 
du conseil municipal, approuvée par le préfet. 

On appelle également cotisations la somme payée par 
toute personne faisant partie d'un cercle, d'une société ou 
association quelconque. La loi du 16 sept. 1871 a soumis 
ces cotisations à une taxe de 20 % calculée sur le mon- 
tant des cotisations, sans égard à la quotité ou à la période 
à laquelle elle s'applique (trimestre, semestre ou année) ; il 
a été également décidé que les sommes payées pour droit 
d'entrée étaient soumises à cette taxe. La déclaration, indi- 
quant le nombre des membres ou abonnés ayant fait partie 
du cercle de l'année précédente, et le montant total des 
cotisations payées, doit être faite par les gérants, secrétaires 
ou trésoriers des cercles avant le 31 janv. de chaque 
année ; ces déclarations sont vérifiées par les contrôleurs. 
Sont exemptées de la taxe les sociétés qui poursuivent un 
but de bienfaisance ou qui sont exclusivement scienti- 



fiques, littéraires, agricoles ou musicales, à la condition 
que leurs réunions ne soient pas quotidiennes et qu'elles 
n'offrent pas les moyens de récréation des cercles propre- 
ment dits. La loi du 5 août 1874 a également dispensé de 
cette taxe les sociétés dont les réunions, non quotidiennes, 
ont pour objet exclusif des jeux d'adresse ou des exercices 
spéciaux, chasse, sport nautique, gymnastique, etc. Les 
cercles militaires sont aussi exemptés de la taxe. G. F. 
COTMAN (John-Sell), peintre et graveur anglais, né à 
Norwich le 11 juin 1782, mort à Londres le 28 juil. 1842. 
Il peignit à l'huile des portraits, des paysages et des ma- 
rines, et fut aussi un aquarelliste distingué. Il a gravé un 
nombre considérable d'eaux-fortes reproduisant des anti- 
quités architecturales. On lui doit ainsi : Architectural 
Ëtchings (Londres, 1811-12, in-fol.) ; Spécimens of 
Norman and Gothic Architecture in the county of 
Norfolk (Yarmouth, [1812-J1817, in-fol.) ; Engravings 
of the most remarkahle sepulchral brasses in Norfolk 
(Yarmouth, [1813-]1819, gr. in-4; 2«édit., augm., 1839, 
2 vol. in-fol.) ; Antiquities of Saint Mary' s Chapel near 
Cambridge (18^9, in-fol.); Architectural Antiquities 
of Normandy (Londres, 1820-22, 2 vol. in-fol. avec 
texte explicatif de D. Turner). La majeure partie de ses 
planches se rapportant à l'Angleterre furent réunies dans 
un ouvrage d'ensemble : Ëtchings of architectural and 
picturesque remains (1838, 2 vol. gr. in-fol., 240 pL). 
COTO (Ecorce). On a introduit sous ce nom, de Bolivie 
en Europe, depuis une vingtaine d'années, deux écorces 
douées de propriétés très intéressantes et dont l'origine 
botanique est jusqu'ici restée inconnue. On les rapporta 
d'abord aux Quinquinas, sous le nom de China Cota : 
Martens les attribue en effet à une espèce du genre Cin- 
chona ; Wettstein pense au contraire que la plante est 
une laurinée, ou une térébinthacée ; Cauvet opine pour 
une magnoliacée, d'autres pour une pipéracée ; en réahté 
nous n'avons aucun document positif permettant de rien 
affirmer à ce sujet. On tend toutefois aujourd'hui à la rap- 
porter à une Rubiacée, le Palicurea densiflora Martius, 
mais toujours avec doute, 

La première écorce envoyée en Europe provenait de la . 
province de Misiones, où elle était employée avec grand 
succès contre la diarrhée. La seconde écorce fut envoyée 
un peu plus tard des bords du fleuve Mapiri : elle jouissait' 
des mêmes propriétés, mais avec une activité beaucoup 
moindre, ce qui obhgeait à l'employer à doses beaucoup plus 
élevées : elle reçut le nom à'écoi'ce de Paracoto, la pre- 
mière conservant seule la désignation primitive de Coto, 
L'écorce de Coto se présente en fragments irréguliers, 
longs de 15 à 60 centim., larges de 5 à 6 centim., épais 
de 1 à 1/2 centim. Elle est d'un brun cannelle et un peu 
plus foncée en dedans ; la partie subéreuse a généralement 
été enlevée. L'odeur rappelle celles de la cannelle, de l'anis 
et du camphre tout à la fois ; la saveur est aromatique, 
camphrée et piquante. La cassure est grossière et montre 
une foule de petites fibres qui, lorsqu'on brise l'écorce, se 
répandent dans l'air et provoquent l'éternuement. Au 
microscope, on trouve dans cette écorce, sous un mince 
périderme, un hber abondant, à faisceaux triangulaires 
serrés, dont les fibres sont disposées par îlots au 
milieu d'un épais parenchyme. De jeunes cellules sclé- 
reuses se montrent par petits groupes dans le péri- 
cycle. L'écorce de Paracoto se présente en fragments de 
taille très variable dont les plus grands ne dépassent pas 
10 centim. de long et 3 à 4 centim. de large. Le péri- 
derme est grenu, parfois très épais ; la section est 
grossièrement granuleuse plutôt que fibreuse et souvent 
parsemée d'alvéoles très petites dues à l'arrachement des 
îlots scléreux. La face interne est plus pâle que chez le 
Coto, de même d'ailleurs que la cassure. Au microscope, 
on trouve des cellules scléreuses péricy cliques amassées en 
îlots nombreux, plus abondants dans le liber où ils 
forment de larges bandes tangentielles, que sous le péri- 
derme. L'odeur est celle du Coto, mais un peu plus faible; il 



— 13 — 



COTO — COTON 



en est de même de la saveur qui est cependant plus 
piquante et d'uae âpreté plus persistante. On a trouvé 
dans le Coto de la cotoïne, de la dicotoïne^ de Vaoide 
piperonylique^ de l'amidon, du tannin, du camphre, etc. ; 
dans le Paracoto, de la paracotoïne^ de Vhydrocotoïne^ 
de la leucotine^ de Vacide pipéronylique, une huile 
essentielle, etc. 

L'action de ces écorces et de leurs principes actifs 
porte principalement sur les organes digestifs. La poudre, 
à la dose de Os'^SO à Igr., produit une sensation de brû- 
lure à l'estomac et des nausées suivies de vomissements. La 
teinture jouit des mêmes propriétés : à l'extérieur, elle est 
irritante et légèrement révulsive. Au point de vue théra- 
peutique, on a employé la poudre aux doses précitées — la 
teinture à celle de 10 gr., la cotoïne à celle de 0,05 
répétée toutes les trois heures, et la paracotoïne à doses 
doubles de celles de la cotoïne — contre les catarrhes de 
l'intestin et d'une façon générale contre toutes les formes 
aiguës ou chroniques de la diarrhée. Gœrts a traité avec 
succès, en employant 0,20 de paracotoïne plusieurs fois 
répétés, cinq cas de choléra asiatique. Burkart a conseillé 
la cotoïne en injections hypodermiques contre la dysen- 
terie et le choléra, ou plutôt la paracotoïne, qui est moins 
rare et jouit des mêmes propriétés à doses doubles, comme 
nous l'avons dit. Quant aux autres alcaloïdes de ces 
écorces, Burkart les classe dans l'ordre suivant, au point 
de vue de l'activité : cotoïne, paracotoïne, oxyleucotine, 
leucotine et hydroleucotine. Les expériences d'Albertoni, 
Gieilt, Rohrer, Burkart, Balz, Dujardin-Beaumetz s'ac- 
cordent à faire de cette plante un antidiarrhéique très 
remarquable , malheureusement encore difficile à se pro- 
curer. D^R. Blondel. 

COTOCHE. Cap du xMexique (V. Càtoghe). 

COTOÏNE. LCmMiE.-Form.j gi^*;;; S'S] 

Principe cristalUsable trouvé par Jobst dans le coto^ 
arbre de la Bolivie, où il existe en même temps que la dico- 
toine, la paracotoïne, l'hydrocotoïne. Pour préparer la 
cotoïne, on épuise par déplacement au moyen de l'éther 
l'écorce pulvérisée, on réduit la liqueur au 10® et on ajoute 
6 p. d'éther de pétrole chaud : la couche supérieure, encore 
chaude, laisse déposer des cristaux qu'on purifie par cris- 
tallisation dans l'eau bouillante. La cotoïne cristallise en 
aiguilles quadratiques, jaunâtres, douées d'une saveur 
amère; elle est peu soluble dans l'eau froide et la benzine, 
facilement dans l'alcool, l'éther, le chloroforme, le sulfure 
de carbone, les alcalis ; elle fond à 124*^. L'acide azotique 
la dissout lentement à froid, rapidement à chaud, avec une 
couleur rouge de sang; le soluté sulfurique est jaune brun, 
tandis que l'acide clilorhydrique donne une solution d'un 
jaune pur. La solution aqueuse, qui est neutre, réduit la 
liqueur de FehHng, les sels d'or et d'argent ; elle ne pré- 
cipite pas par l'acétate de plomb, mais seulement par le 
sous-acétate. Ed. Bourgoin. 

IL Thérapeutique (V. Coto). 

BiBL. : Jobst, Bull. Soc.ch., t. XXVI, p. 412; t. XXVIII, 
p. 317. — Jobst et O. Hesse, ib., t. XXVIII, p. 229: 
t. XXIX, p. 79. 

COTOLENDl (Charles), littérateur français, né à Aix 
(Provence), mort vers 1710.11 n'est connu que par ses atta- 
ques contre Saint-Evremond (V. ce nom) : Dissertation 
sur les œuvres de Saint-Evremond (Paris, 1698, in-12) 
(auquel répondit l'Apologie de S.-E. par Boyer de Ri- 
vière) et Saint-Evremondiana (Paris, 1700, in-lâ). 
Citons encore des traductions des Nouvelles de Cervantes 
(Paris, 1678, ,2 vol.), de la Vie de Christophe Colomb 
(1681), du Voyage de Texeira (1681, 2 voL), une Vie de 
Saint François de Sales (1689, in-4), Arlequiniana 
(Paris, 1694, in-12). 

COTON. I. Botanique (V. Cotonnier). 

IL Industrie. — Il semble, d'après l'interprétation 
des plus anciens documents, que le coton fut employé pour 
la fabrication des fils et des tissus dès la plus haute anti- 



quité; il se trouve signalé. dans la Bible et par les auteurs 
anciens, Hérodote, Strabon, Pline, etc., et l'on a cru 
retrouver du coton dans certaines bandelettes entourant 
des momies égyptiennes. Les premiers vêtements en coton 
sont signalés en Europe, comme objets précieux, à l'époque 
des croisades, puis, les relations avec l'Orient devenant 
plus fréquentes, ces tissus arrivent à être importés en 
plus grandes quantités; il semble même que l'on aurait 
commencé à tisser des étofies de coton à Venise dès le 
commencement du xiii^ siècle, mais probablement avec des 
fils importés. C'est au xvi« siècle qu'apparaît d'une manière 
plus certaine l'emploi du coton en France, où l'on élaWit 
des fabriques de futaine, puis de basin à Rouen en 1534, 
à Lyon en 1580, puis à Troyes en 1582. L'industrie 
cotonnière prit naissance à peu près à la même époque dans 
les Pays-Bas et en Angleterre. Les procédés employés pour 
le filage étaient alors très rudimentaires et se réduisaient 
à un battage fait au moyen de baguettes ou d'un arçon sur 
une claie oti l'on répandait le coton que l'on épluchait e t 
nettoyait en même temps, puis au cardage qui se prati- 
quait à la main au moyen de deux plaques d'environ 
30 centim. de long sur 13 de large, armées d'aiguilles 
formant crochets ; l'ouvrier garnissait l'une de ces cardes 
de coton, puis, les tenant toutes deux dans ses mains, il 
brossait et peignait en quelque sorte les fibres avec l'autre 
carde jusqu'à ce qu'elles soient bien isolées et séparées 
les unes des autres. Le coton était alors enlevé au moyen 
d'un peigne sous forme de petits matelas ou loquettes que 
l'on filait primitivement au moyen du fuseau, puis plus 
tard en faisant usage du rouet, dont on fait remonter l'in- 
vention à l'année 1530 environ. Pour le filage du coton il 
se composait d'une broche recevant, au moyen d'un volant 
et d'une ficelle, un mouvement de rotation rapide; on 
attachait à la broche l'extrémité de la loqUette que l'on 
tirait obliquement de manière à l'allonger en même temps 
que la broche en tournant lui donnait la torsion ; lorsque 
la finesse voulue était atteinte, on renvidait la longueur de 
fil que l'on venait de former autour de la broche et on 
continuait de la même manière à agir sur une nouvelle 
loquette rattachée à l'extrémité de ce fil. On ne pouvait 
produire ainsi que des fils très gros, dont on formait les 
trames des futaines dont la chaîne se faisait en fil de lin. 
La production des fils, par ces moyens rudimentaires, était 
très faible et le prix du filage s'élevant de jour en jour, 
menaçait de rendre impossible la fabrication des futaines 
qui étaient de plus en plus demandées, lorsque Thomas 
Higgs, fabricant de peignes à tisser à Leigh, dans le Lan- 
cashire, eut l'idée, vers 1760, de chercher à construire 
un rouet muni de plusieurs broches, capable de fournir un 
travail plus abondant. Il fut aidé d'abord par un horloger 
nommé Kay qui perdit bientôt courage et abandonna Higgs 
qui continua seul ses recherches, et arriva, après bien des 
tâtonnements, à créer une machine munie de six broches à 
laquelle il donna le nom de sa fille Jenny. Quelques années 
plus tard, James Hargraves, mécanicien à Stanhill, apporta 
à la pince-métier quelques modifications qui produisirent 
des résultats tels que quelques personnes lui venant en 
aide, Hargraves put monter à Nottingham une petite fabrique 
où fonctionnaient ses nouvelles machines, dont les fils, 
comme ceux que l'on fabriquait à la main, ne convenaient 
qu'aux trames. Ce fut encore Higgs qui, se livrant à de 
nouvelles recherches, imagina le métier à filer continu, qui 
reçut en Angleterre le nom de throstle ou water-framey 
métier à eau puisqu'il était généralement mis en mouvement 
par des roues hydrauliques, et qui renfermait pour la pre- 
mière fois les cylindres étireurs produisant l'amincissement 
des rubans en faisant glisser les fibres les unes sur les 
autres. C'est grâce à ces cyhndres que l'on arrive à pro- 
duire des fils réguliers, fins et sohdes, capables de former 
les chaînes des tissus. Ces inventions avaient réellement 
créé la filature du coton, lorsque arriva à Leeds Richard 
Arkwright qui avait débuté par être barbier à Preston, et 
qui sut s'en emparer et s'attirer la confiance de capita- 



COTON 

listes, pour créer des établissements industriels qui acquirent 
bientôt un grand développement. Les succès firent oublier 
les agissements par lesquels Arkwright avait accaparé les 
inventions des autres et les différents procès qu'il avait 
perdus à ce sujet, à tel point qu'il fut créé chevalier, et 
mourut en 4792 comblé d'honneurs et laissant une fortune 
évaluée à environ 12 millions. Pendant ce temps Hargraves 
et Higgs, les véritables inventeurs des métiers, végétaient 
dans la misère et moururent inconnus. En 1775, Samuel 
Crompton, de Bolton~le-Mors, appliqua les étireurs par 
cylindres cannelés au métier de Higgs et créa le Mull-- 
Jenny qui, de perfectionnements en perfectionnements, 
devint vers 1840 le métier renvideur, généralement em- 
ployé pour le filage, aussi bien des chaînes que des trames 
de coton. Pour les fortes chanies on est revenu, dans une 
certaine mesure, depuis quelques années, à l'emploi des 
métiers à filer continus à bagues dont l'idée première est 
attribuée à l'ingénieur S. Bodmer, qui habitait Manchester 
vers 1824, mais qui, en raison des difficultés que présentait 
alors leur bonne construction, n'eurent pas de succès, et 
ne se répandirent que plus tard en Amérique, d'où ils 
nous sont revenus. En même temps que ces perfectionne-- 
menls se produisaient dans les métiers à filer proprement 
dits, les autres machines se modifiaient et se complétaient. 
Les cardes, par les inventions de Lewis Paul et autres, 
prirent leurs formes actuelles; le battage devint mécanique, 
et les bancs d'étirage et bancs à broches vinrent remplir 
leur rôle dans la série des opérations auxquelles on soumet 
le coton. Les peigneuses, enfin, créées vers 1850 par Josué 
Heilmann, de Mulhouse, puis un peu plus tard, sous une 
autre forme, par Hubner, permirent de tirer un meilleur 
parti du coton et d'atteindre de très grandes finesses en 
même temps qu'une régularité parfaite des fils. 

La première filature de coton fut construite en France 
en 1773 aux environs d'Amiens; le coton y était d'abord 
battu à la main, puis passé dans une machine à carder 
cylindrique, et enfin filé en gros d'abord, puis enfin sur des 
métiers contenant de 30 à 50 broches chacun ; toutes ces 
machines étant mues à la main. En 1784, un sieur Martin 
d'Amiens obtint à titre de premier importateur un privilège 
exclusif de douze années pour la construction et l'usage de 
machines à préparer, carder, étirer et filer le coton. Il 
établit une filature au hameau de l'Epine près d'Arpajon, 
puis peu après les filatures commencèrent à se répandre 
dans la Picardie, la Flandre, la Normandie et l'Alsace. 
Vers 1787, la consommation du coton s'élevait en France 
à 4 millions de kilogr. et en Angleterre à 12 milhons envi- 
ron. En 1801, un concours fut ouvert par le gouvernement 
français pour juger les meilleures machines à filer le coton. 
Le rapport dos commissaires décrit la composition de l'as- 
sortiment des machines qui obtint le prix, et qui se com- 
posait de : 1° une mécanique simple à carder en nappes; 
2^ une mécanique double à carder en rubans ; 3^ une ma- 
chine composée de sept laminoirs à deux paires de cylindres 
étirant les rubans fournis par la carde ; ¥ un Mull-Jenny 
de 72 broches pour filer en gros ; 5^ un Mull-Jenny de 
300 broches pour fder en fin, cette machine ayant fourni 
en douze heures 101^272 de fil n« 40, puis 7*^338 de fil 
n*^ 74. Les machines étaient disposées pour recevoir leur 
mouvement par un moteur hydrauHque ou par tout autre 
moteur. 

A partir de cette époque la filature du coton se développa 
régulièrement. Les machines se perfectionnèrent peu à peu, 
et leur nombre augmente en même temps que les produits 
s'améliorent, et que Ton arrive à produire des fils plus 
fins. Les opérations successives que subit actuellement le 
coton dans les filatures sont les suivantes : 1^ l'ouvrage 
et le battage qui ont pour but d'ouvrir les masses qui se 
sont formées par suite de la compression prolongée dans 
les balles, et de commencer à séparer les fibres les unes 
des autres, en en dégageant les matières étrangères qui 
peuvent leur être mêlées {V. Ouvreuses); 2^ le cardage 
par lequel les fibres sont bien séparées les unes des autres 



14 - 

et nettoyées, puis rassemblées en forme de rubans 
(V. Carde) ; 3^ l'étirage qui, faisant glisser les fibres les 
unes sur les autres, les redresse et les parallélise, en les 
échelonnant dans les rubans (V. Etirage); 4*^ le peignage, 
lorsque l'on traite de beaux cotons pour fils fins, a pour 
but de débarrasser les fibres des nœuds et boutons qui y 
sont adhérents et d'enlever les fibres courtes ou duvets qui 
nuiraient à la régularité et à la solidité de ces fils (V. Pei- 
gnage) ; 5^ de nouveaux étirages sont nécessaires pour 
régulariser les rubans peignés; l'amincissement de ces 
rubans, qui résulterait de leur allongement, est compensé 
ici, conmie dans les étirages avant peignage, par des dou- 
blages consistant à réunir plusieurs rubans en un seul; 
6^ l'amincissement des rubans est ensuite graduellement 
])roduit par plusieurs passages successifs dans des bancs à 
broches qui étirent ces rubans et leur donnent une légère 
torsion afin qu'ils conservent une solidité suffisante (V. Banc 
À broches) ; 7" les mèches amincies au degré voulu par les 
bancs à broches sont enfin filées par les métiers à filer, 
soit ren videurs soit continus, qui donnent un dernier amin- 
cissement immédiatement suivi d'une torsion par suite de 
laquelle les fibres se lient invariablement les unes aux 
autres (V. Filage) ; 8" enfin, pour certains usages, les fils 
simples, tels que viennent de les produire les métiers à 
filer, sont encore réunis deux à deux et retordus par des 
métiers analogues aux métiers à filer; 9^ suivant les cas, 
les fils peuvent recevoir certains apprêts tels que le vapo- 
risage, le gazage, etc. On voit par là que nous sommes loin 
de la simplicité des procédés primitifs. 

La proportion des différentes machines employées dans 
dos filatures varie suivant les genres et la finesse des fils 
(fue l'on y fabrique ; en moyenne, on peut l'étabhr de la 
manière suivante pour une filature de 10,000 broches 
filant des numéros moyens : 1 ouvreuse et 2 batteurs, 

15 cardes, 3 bancs d'étirage à 8 tètes, 1 banc à broches 
en gros de 72 broches, 2 bancs à broches intermédiaires 
de 120 broches chacun, 3 bancs à broches en fin de 
160 broches chacun, 8 bancs en surfin de 210 broches 
chacun, 12 métiers à filer ren videurs de 850 broches cha- 
cun. Les machines de préparation deviennent moins nom- 
breuses pour les fils plus fins, mais il faut y ajouter des 
peigneuses. Le prix de revient d'une filature, comprenant 
les métiers, transmissions, bâtiments et accessoires, peut 
être évalué en moyenne à 50 fr. par broche, mais varie 
dans de larges mesures suivant les localités, les conditions 
de la construction, les genres de fils à fabriquer, etc. ; les 
frais généraux par broche s'élèvent annuellement à environ 

16 fr., et la production en fils, qui peut atteindre 
50 kilogr. par broche et par an pour de gros fils (n^ 10) 
et ne pas dépasser 1 kilogr. pour les fils très fins, est en 
moyenne d'environ 10 kilogr. Une force motrice de un 
cheval-vapeur correspond en moyenne à 120 broches de 
filature. Le nombre des broches de filature de coton fonc- 
tionnant actuellement peut être évalué à 82 millions , 
répartis comme suit : 

Allemagne 5.000.000 

Autriche, Hongrie 2 . 077 . 000 

Belgique 800.000 

Espagne et Portugal . . , 1 . 900 . 000 

France 5.110.000 

Grande-Bretagne 42 . 780 . 000 

Italie 930.000 

Hollande 235.000 

Russie 4.900.000 

Suède et Norvège 310.000 

Suisse 1.880.000 

Etats-Unis 13.250.000 

Indes 2.148.000 

Mexique 260.000 

Brésil..., 225.000 

Japon 180.000 

Le tableau suivant donne la valeur de la consommation 
de coton dans les principaux pays industriels pour les 



années 48t7 et 4887, et rend compte du développement 
qu'a pris l'industrie pendant cette période de dix années : 

4877 4887 augmentation 

balles balles pour cent. 

Grande-Bretagne. 3.482.090 3.694.000 46 

France 500.000 675.000 35 

Reste de l'Europe. 4.950.000 2.965.000 52 

Etats-Unis 4.574.000 2.448.000 55 

Indes anglaises . , 234 . 000 740 . 000 207 

I^e tissage se faisait primitivement à la main pour le 
coton comme pour les autres textiles, mais la création de 
la fdature mécanique fit immédiatement sentir la nécessité 
d'augmenter la puissance des machines du tissage, et le 
premier métier à tisser le coton, mû par la vapeur, qui, 
dès le principe reçut le nom de power-loom, fut inventé 
par le Rév. E. Cartwriglit qui prit une première patente 
le 4 avr. 4785, puis une autre le 4*^^' août 4787 pour les 
perfectionnements qu'il apporta à son invention. Il établit 
un tissage à Doncaster, mais le succès ne couronna pas 
ses efforts; c'est à partir de 4803 que les établissements 
prennent naissance et se développent rapidement. En i 848, 
il y avait à Manchester et dans les localités voisines 
44 tissages mécaniques comptant ensemble 2,000 mé- 
tiers; en 4827, dans ces mêmes localités, le nombre des 
métiers s'élevait à 44,000, et actuellement il est, pour la 
Grande-Bretagne, de 750,000. — En France, l'industrie 
mécanique du tissage prit naissance à peu près à la même 
époque, et se développa principalement dans l'Est, en Nor- 
mandie et dans le Nord. Le nombre des métiers fonctionnant 
actuellement est de 74,434 d'après les statistiques de 4884. 
Ces métiers sont répartis dans les Vosges, le territoire de 
Belfort, la Haute-Saône et la Normandie qui fabriquent des 
tissus serrés, tels que calicots, cretonnes, percales, coutils, 
croisés, satins, piqués, basins, etc., vendus en blanc ou 
imprimés, et les rouenneries, tissées en couleurs ; à Amiens 
pour la fabrication des velours de coton ; Lannoy , Cours, etc. , 
pour couvertures ; Tarare, Saint-Quentin, Roanne, etc., 
qui produisent les tissus légers tels que les mousselines, 
iaconas, gazes, tarlatanes, etc. P. Goguel. 

Bonneterie de coton (V. Bonneterie, t. VIÏ, p. 338). 

III. Chirurgie (V. Charpie). 

IV. Chimie. — Coton-poudre (V. Fulmi-coton). 
COTON (Pierre) et non GOTTON, célèbre jésuite, né le 

7 mars 4564 à Nérondes, mort le 49 mars 4626. Issu d'une 
famille ancienne du Forez, il était fils de Guichard Coton, 
député aux Etats généraux de 4559 et secrétaire de Cathe- 
rine de Médicis. Il fit ses études à Paris, puis à Bourges. 
Voyageant en Italie, il sentit s'éveiller en lui la vocation 
religieuse à la suite d'un miracle dont il crut être témoin. 
Il assista aux conférences des congrégations déjeunes gens 
dirigées par les jésuites; en 4583, il se décida, malgré sa 
famille, à entrer dans la compagnie ; il fut admis au noviciat 
d'Arona, où saint Charles Borromée le distingua ; il étudia 
ensuite au collège de Milan et au Collège romain. A partir 
de 4590, il se consacra à la prédication, obtenant partout 
le plus grand succès, à Lyon, à Avignon, à Aix, à Gre- 
noble, à Nîmes, à Marseille, engageant des conférences de 
controverses avec les pasteurs calvinistes, entretenant une 
correspondance polémique avec le pasteur Charnier. En 
4603, l'ordre l'envoya à la cour pour plaider la cause du 
rappel des jésuites ; il se rendit célèbre par son éloquence 
et plut beaucoup à Henri IV par la vivacité de son intelli- 
gence; il accompagna le roi en Normandie, discuta contre 
Sully sur les matières religieuses, et obtint l'autorisation 
de rétablir à Paris la maison professe de Saint-Louis. Le 
roi lui offrit vainement l'archevêché d'Arles et se plut assez 
à sa conversation pour désirer que le P. Coton le suivît 
dans tous ses voyages. Il profita de sa faveur pour obtenir 
l'admission de la compagnie dans le Béarn et pour fonder 
en France plusieurs collèges de jésuites auxquels il con- 
sacra beaucoup de soins. En mars 4608, il fut nommé 
confesseur du roi, fonction qui fut dès lors réservée aux 



- 48 - GOTÔN - COTONNlEtl 

jésuites. Il s'occupa avec zèle de développer les missions 
étrangères de la compagnie, notamment celles de Constan- 
tinople et du Canada. Il prononça, en 4640, l'oraison 
funèbre de Henri IV. Il fut un des promoteurs des mariages 
espagnols, dont il eut l'idée dès 4608 : Henri IV n'y était 
pas foncièrement hostile, mais ne voulait pas payer cette 
union par l'abandon de ses alliés des Provinces- Unies; la 
reine, au contraire, avait ébouté avec faveur les conseils 
du nonce, du ministre de Toscane et du P. Coton. Celui-ci 
vit triompher, après la mort du roi, la politique (fui avail 
ses préférences et- qui devait avoir pour conséquence, 
d'après lui, un rapprochement de la France et des puis- 
sances cathoHques. Après l'assassinat du maréchal d'Ancre, 
il se retira de la cour et se rendit à Rome (4649), Député 
de la prov. de Lyon à la Congrégation des procureurs, 
recteur du collège de Bordeaux, provincial d'Aquitaine, 
puis de Paris (4624), il ne cessa de partager son temps 
entre les affaires de la compagnie et la prédication ; il se 
désintéressait un peu des affaires politiques, et n'avait que 
des relations assez froides avec le duc de Luynes et avec 
Richelieu. Il combattit le projet de l'assemblée ecclésias- 
tique de 4625 sur les réguliers. Cet homme, à coup sûr 
très intelligent, et l'un des serviteurs les plus éminents de 
la compagnie de Jésus, a passé pour flatteur et obséquieux ; 
il a exercé une influence considérable en faveur de son ordre. 
Il est l'auteur d'une Lettre déclaratoire de la doctrine 
des Pères jésuites conforme aux doctrines du concile 
de Constance (4640). Cet ouvrage eut pour réponse : 
V Anticoton ou réfutation de la Lettre déclaratoire du 
P. Coton ^ dam laquelle on prouve que les jésuites sont 
coupables et coauteurs du parricide commis en la per- 
sonne de Henri IV. Il répHqua au pamphlet par une 
Réponse apologétique à V Anticoton (4644). Il est aussi 
l'auteur de la Genève plagiaire (4648), le SacîHfice de 
la messe, l'Institution catholique (i6i0), L. Del. 

BiBL. : Le P. Dorléans, Vie du P. Coton; Paris, 1688. — 
RovERius (le P. Royer), De Vità Pétri Cotoni; Lyon, 1660. 

— GuiLLER, Roanne et tes Roannais, 1863. --- Le P. Prat, 
la Compagnie de Jésus au temps du P. Coton^ 1875-79, 5 yoL 

— Perrens, les Mariages espagnols. — B. Zeller, HenrilV 
et Marie de Médicis. — Perrens, l'Eglise et l'Etat en France 
sous le règne de Henri IV, -^ C. Read, Le Grimoire du 
R. P. Coton, Série de questions adressées au diable par le 
P. Coton {Bull, de la Soc. de l'hist. du protestantisme, 
1890, no 4). 

COTON EASTER (Cotoneaster M^ôlk,) (Bot.). Genre de 
plantes de la famille des Rosacées et du groupe desPirées. 
Ce sont des arbustes ou des arbrisseaux, voisins des Alisiers, 
mais qui en diffèrent surtout par les fruits, dont les noyaux 
osseux, au nombre de 3 à 5, font saillie au-dessus du 
disque et sont à nu dans leur tiers ou leur moitié supé- 
rieure. L'espèce type, C, vulgaris Lindl. {Mespilus coto- 
neaster L.) croît dans les Alpes, les Pyrénées, ainsi que dans 
les hauts sommets du Jura, de l'Auvergne ef des Vosges. 
On l'appelle vulgairement Néflier cotonnier. Ses fruits, glo- 
buleux, de la grosseur d'un pois, et d'un rouge écarlale 
à la maturité, ont une saveur à la fois aigrelette et douce. 
Il en est de même de ceux du C, pyracantha Spach {Mes- 
pilus pyracantha L.), arbrisseau épineux qui croît commu- 
nément dans l'Europe méridionale, notamment en Provence 
et en Italie où il iorme des haies. On l'appelle vulgairement 
Arbre de Moïse, Buisson ardent. Ces deux espèces sont fré- 
quemment cultivées dans les jardins comme ornementales. 

COTONNADE (Industr.).On donne d'une manière géné- 
rale le nom de cotonnades aux tissus de coton en couleur, 
employés principalement à l'habillement des habitants des 
campagnes et des populations ouvrières. Les effets de couleur 
sont produits soit par l'impression comme dans les indiennes, 
soit par le tissage lui-même dans les rouenneries et autres 
articles analogues. Les cotonnades se fabriquent princi- 
palement en Ecosse, dans certains districts de Suisse, 
d'Allemagne et d'Italie, en Finance à Rouen, Fiers, Condé- 
sur~Noireau, Vichy, Roanne et les Vosges. 

COTON NETTE. Synonyme de cotonnade (V. ci-dessus). 

COTONNIER. I. Botanique. — Les Cotonniers consti- 



COTONNIER — COTRE 



- 16 - 



tuent, dans leur ensemble, le genre Gossypium L., qui 
appartient à la famille des Malvacées et au groupe des Hibis- 
cées. Ce sont des plantes herbacées ou ligneuses, frutes- 
centes ou presque arborescentes, dont la tige porte de 
grandes feuilles alternes, pétiolées, lobées ou palmées, ac- 
compagnées de stipules latérales. Les fleurs, assez grandes, 
de couleur blanche, jaune ou pourprée, sont axillaires ou 
terminales et longuement pédonculées. Elles ressemblent 
beaucoup à celles des Ketmies (Y. Hibiscus), mais le cali- 
cule qui les enveloppe est formé seulement de trois larges 
bractées, plus ou moins déchiquetées sur les bords. L'an- 
drocée, uni par sa base avec les pétales, est monadelphe 
avec un grand nombre d'étamines à anthères réniformes, 
nniloculaires et extrorses. L'ovaire est supère et divisé 
en cinq loges, contenant chacune un placenta multiovulé. 
Cet ovaire devient, à la maturité, une capsule ovoïde, dé- 
signée vulgairement sous le nom de coque ou de gousse^ 
et renfermant de nombreuses graines noires, couvertes de 
longs poils filamenteux blancs ou roussâtres qui constituent 
\ecoto7i (V, ce mot). 

Les auteurs sont loin d'être d'accord sur le nombre 
d'espèces qu'il convient d'admettre dans le genre Gossy- 
pium, Tandis que M. Todaro {Relazione délia coltura 
dei cotoni in Italia, seguita da una monografia del 
génère Gossypium; Rome et Palerme, d 877-78, avec 
pi. in-fol.) en énumère 54, M. Parlatore (Le Specie dei 
cotoni ; Firenze, 1866, avec pi. in-fol.) n'en compte que 7, 
nombre qui est réduit à 4 par le D^' Masters (dans Oliver, 
Flora of tropica Africa, p. 210, et dans sir J. Hooker, 
Flora of british India, I, p. 346), et même à 2 par Ben- 
tham et Hooker {Ge7i. pL, I, p. 209). Les quatre espèces 
conservées par le D^' Masters et admises par M. H. Bâillon 
(Dict, encycL des sciences mëd. de Dechambre, 1^^ série, 
t. XXI, p. 129, et Hist. des Plantes,, lY,^, US, note 3) 
sont: G. herbaceum L., G. barbadense L., G. arbo- 
reum L. et G. anomalum Wawr. et Peyr. (Sert, ben- 
guel, p. 22). 

Le G. herbaceum paraît être l'espèce la plus ancienne- 
ment connue, du moins dans les cultures asiatiques. Il a 
passé pendant longtemps pour fournir la plupart des cotons 
du commerce. On le cultive, presque partout, dans l'Asie 
et l'Afrique tropicales, dans l'Inde, au Japon, aux Etats- 
Unis (V. Torrey et Asa Gray, Flora ofNorth America, 
I, p. 230 ; Darlington, Agricultural botany, p. 16) 
et dans plusieurs localités du midi de l'Europe, notamment 
en Italie, au pied du Vésuve. Dans les pays chauds, sa tige 
dure plusieurs années ; mais, hors des tropiques, elle devient 
annuelle par l'effet du froid des hivers. Sa fleur est ordi- 
nairement jaune, avec un fond rouge. Son coton, blanc ou 
jaunâtre, selon les variétés, est formé de deux sortes de 
poils, les uns longs et difficiles à détacher de la surface de 
la graine, les autres courts, interposés aux premiers. 

Le G. barbadense, auquel le D*" Masters réunit toutes 
les formes des Cotonniers américains, décrites souvent 
comme des espèces, se distingue du G. herbace%im en ce 
que son coton, de couleur blanche ou jaune nankin clair, 
est formé uniquement de longs poils qui se séparent avec 
une grande facihté de l'enveloppe noire des graines. C'est lui 
qui fournit les principales sortes commerciales de cotons 
d'Amérique. Il est également cultivé dans beaucoup d'en- 
droits de l'Afrique et de l'Asie tropicales. Les graines don- 
nent de 18 à 30 ^j^ d'huile par la pression, les tourteaux 
de coton constituent une excellente nourriture pour le bétail. 
Il en est de même du G. herbaceum. On en expédie en 
Europe de grandes quantités. L'huile, analogue à l'huile de 
palme, est utihsée surtout pour l'éclairage et la fabrication 
des savons. 

D'une taille plus élevée et d'une durée plus grande que les 
deux espèces précédentes, le G. arboreum est caractérisé 
par ses feuilles à 5 ou 7 lobes oblongs, lancéolés, séparés les 
uns des autres par des sinus obtus et souvent pourvus d'un 
lobule supplémentaire inséré dan-s chaque sinus. Ses fleurs 
sont ordinairement rosées avec un fond rouge. Ses graines 



sont couvertes de longs poils blancs, qu'accompagne à la base 
un duvet verdâtre. Sa patrie est l'Afrique intertropicale, 
notamment la Guinée supérieure, l'Abyssinie, le Sennaar 
et la haute Egypte. On le cultive parfois en grand dans les 
régions tropicales de l'Asie et de l'Amérique, mais ses pro- 
duits sont peu exportés en Europe. Quant au G. anoma- 
lum, c'est une espèce buissonnante, qui n'a encore été 
rencontrée qu'en Nubie. Son caractère principal réside 
dans ses bractées caliculaires qui sont entières et deux fois 
aussi longues que les sépales. Elle est beaucoup moins utile 
que les précédentes. Ed. Lef. 

H. Agriculture. — C'est en 1664 que les premiers 
essais de la culture du cotonnier furent entrepris sur la 
côte de la Floride, mais ce n'est qu'en 1784 que les pre- 
mières balles de coton furent importées des Etats-Unis en 
Angleterre. En Algérie, le cotonnier est cultivé avec succès, 
surtout dans le sud de la province d'Oran ; dans le midi de 
la France, toutes les tentatives faites dans ce sens ont 
donné des résultats négatifs. Le cotonnier végète lente- 
ment; il demande des terres moyennes, fraîches et riches; 
il semble affectionner la présence de la potasse. La terre 
doit être bien ameublie ; on sème du 15 mars au 15 avr., 
c.-à-d. dès qu'on n'a plus de gelées à craindre : les graines 
doivent être peu enterrées ; elles lèvent quinze jours plus 
tard; bientôt après, on donne un premier binage, puis 
un second au bout d'un mois. En juin, on fait l'éclair- 
cissage et on laisse les plants à 1 m. les uns des autres 
en tous sens. Cette opération est suivie d'un nouveau 
binage et souvent aussi d'un arrosage. Dans les pre- 
miers jours de juillet, on écime les cotonniers, ce qui 
favorise l'émission des rameaux. En septembre et octobre, 
on procède à la récolte des coques ; la cueillette se fait 
le matin et le soir. Aussitôt qu'une capsule est détachée, 
l'ouvrier la brise avec la main, il en extrait les fila- 
ments et la semence qu'il jette dans un panier à deux com- 
partiments ; quant à l'enveloppe, elle est laissée sur le 
champ. La production d'un hect. varie entre 600 et 
1,000 kilogr. de coton brut par hectare. Ses graines, après 
enlèvement du coton qui les recouvre, sont employées sur 
place à l'alimentation du bétail et surtout à l'extraction de 
l'huile dont leur embryon est très riche. Les Etats-Unis 
d'Amérique cultivent 4,725,000 hect. de cotonniers. 

A. Larbalétrier. 

COTONNINE (Industr,). Tissu dont la chaîne est en 
chanvre et la trame en coton. 

COTOPAXL Volcan des Andes de l'Equateur, au S.-E. 
de la ville de Quito ; haut. 5,943 m., il est le plus élevé 
des volcans actifs. Il a eu des éruptions en 1878 et 1880. 
Reiss l'a gravi le 28 nov, 1872 (V. Equateur [République] 
et Andes^ t. II, p. 1018). 

COTRE (Mar.). Ce terme (du mot anglais cutter, qui 
vient lui-même du verbe to eut, couper) désigne un petit 
navire dont les façons coupent la mer, comme le ferait un 
couteau. Le cotre est court et plonge beaucoup plus de 
l'étambot que de l'étrave, ce que l'on exprime en langage 
technique en disant qu'il a une grande différence de tirant 
d'eau. Sa voilure comporte une grand'voile et un flèche en 
cul, installés sur le mât unique ; enfin, deux focs, dont 
l'un s'amure au bout du beaupré, généralement horizontal. 
Quelques-uns portent, en outre, une voile carrée de fortune. 
La grand'voile, trapézoïdale comme la brigantine des bâti- 
ments ordinaires, s'envergue sur une corne et se borde sur 
un gui. Une telle voilure est très favorable à la marche, 
surtout au plus près, mais elle exige de la prudence quand 
la brise est inégale. Sa manœuvre, dans ce cas, est assez 
délicate, en raison de sa grande surface. Autrefois, les 
cotres portaient jusqu'à huit caronades; l'effectif de l'équi- 
page était de soixante et un hommes en temps de guerre et 
de cinquante-cinq en temps de paix. Aujourd'hui, ils n'ont 
que des espingoles et ne servent plus que de garde-pêche. 
Les embarcations de plaisance sont fréquemment matées 
delà sorte. Dans ce cas, les voiles sont très fines, en coton 
généralement, afin de présenter plus d'éclat et de légèreté. 



COÎROCENI. Monastère et petit village près de Buca- 
rest, résidence d'été du souverain sous Couza et pendant 
les premières années du règne de Charles F^. Tombeau de 
la princesse Marie, fille du roi ; asile de jeunes filles. 

COTRONE. Ville d'Italie, de la province de Catanzaro 
(Calabre), port de la mer Ionienne, sur l'emplacement de 
l'ancienne colonie achéenne de Crotone. Cette colonie, fondée 
en liO av. J.-C, devenue en peu de temps très florissante, 
se laissa vite corrompre à cause de l'extrême facilité de la 
vie. Pythagore y fonda son école. Crotone fut prise en 299 
par Agathocle, tyran de Syracuse, et en 277 par les Ro- 
mains. Beaucoup d'athlètes et en particulier le célèbre 
Milon naquirent à Crotone. La ville actuelle est un bon port 
qui fait un abondant commerce d'huile, de vin, de soie et 
de bois de réglisse. C'est un évêché; 7,744 hab. (4884). 

COTSWOLD Hills. Collines du sud-ouest de l'Angle- 
terre, qui séparent les bassins de la Tamise et de la Severn 
et bornent la vallée fertile de Gloucester ; elles ont 80 kil. 
de long ; leur plus haut point, le Cleeve Hill, a 346 m. 
d'alt. Ces collines sont couvertes de pâturages plantureux. 

COTTA (V. AuRELï [Gens]), 

COTTA (Giovanni), poète italien, né à Legagno près de 
Vérone en 4479, mort à Viterbe en 4540 ou 4544. Il fut 
soldat, fit diverses campagnes- sous le général vénitien Bar- 
thélémy d'Alviano, assista notamment à la bataille d'Agnadel 
où il perdit presque tous ses manuscrits. Ce qu'on retrouva 
de ses vers fut imprimé avec ceux de Sannazar à Venise 
(4527) et plus tard dans le recueil intitulé Carmina 
quinque poetarum (Venise, 4548, in-8). Tosinus rap- 
porte qu'il collabora, étant très versé dans les sciences mathé- 
matiques, à l'édition des œuvres de Ptolémée (Rome, 4508). 

BiBL. : Valerianus, De Infelicitate litteratorum. — To- 
sinus, Préface des Œuvres de Ptolémée; Rome, 1508. 

COTTA (Lazaro-Agostino), littérateur et érudit italien, 
né à San Giulio, sur le lac d'Orta, diocèse de Novare, en 
4645, mort à Milan en 4749. Il se consacra spécialement 
à élucider l'histoire de sa province natale et ne fit que 
de rares excursions dans les lettres proprement dites. 
Voici ses principaux ouvrages : La Plrlonea^ commedia 
fantastica (Bologne, 4678); DeFylacrio episcopo Nova- 
riensi dissertatio (dans la Galeria di Minerva ; Venise, 
4698, t. m, in-fol.); Museo novarese (Milan, 4704, 
in-fol.), travail pour lequel l'auteur avait recueilli une si 
grande quantité de pièces, pris une telle quantité de notes 
que le tout forme 44 vol. conservés à l'Ambroisienne de 
Milan ; divers commentaires d'une grande érudition; enfin 
un certain nombre de manuscrits demeurés inédits, R. G. 

BiBL. : G. DE Grégory, Istoria délia Vercellese lelle- 
ratura ; Turin, 1819-1824, 4 vol. in4. 

COTTA (Bernhard), géologue allemand, né à Klein- 
Zillbach le 24 oct. 4808, mort à Freiberg le 44 sept. 
4879. Fils d'un forestier distingué, Heinrich Cotta (4763- 
4844), il a publié un grand nombre d'ouvrages, parmi 
lesquels nous citerons : Geognosiische Wanderungen 
(Leipzig, 4836-38, 2 vol.); Ueher den inneren Bau der 
Gebirge (Freiberg, 4854); Die Lehre von den Erzla- 
ger stœtben (Freiberg, 4855; 2« éd., 4859-64); Die 
Géologie der Gegenwart (4878, 5^ éd.) ; Deutschlands 
Boden (Leipzig, 4858, 2® éd.). Ses vues sur l'évolution du 
globe terrestre indiquées dans les Briefe ilber Humboldt's 
Kosmos (4848) sont développées dans Ueber das Wicke- 
lungsgesetz der Erde (Leipzig, 4867). 

COTTA DE CoTTENDORF (Barous de). Famille de libraires 
allemands. La maison fut fondée en 4640 par Johann- 
Georg à Tubingue, mais ne prit son essor que sous la 
direction de Johann-Friedrich, né à Stuttgart le 27 avr. 
4764, mort le 29 déc. 4832. Neveu du théologien J.-F. 
Cotta (1704-4779), il prit, en 4787, la direction de la 
librairie, fonda avec Schiller les Horen^ se mit en rapports 
avec Gœthe et Herder ; en 4840, il transporta sa maison 
à Stuttgart ; la prospérité due surtout à ses périodiques, 
Allgemeine Zeitung, Politische Annalen^ Almanach 
filr Damen, Morgenblatt, Polytechnische Journal^ 
Ausland, Inland, etc., lui valut une haute situation. Sa 

GRANDE ENCYCLOPÉDIE. — XIII. 



4t — COIROCENI ~- COTTÈ 

correspondance avec Schiller a été publiée par Wollmer 
(Stuttgart, 4876). 

Georg, son fils, né le 49 juil. 4796, mort le 4®»^ févr. 
4863, étendit encore ses affaires, publiant Wochenblatt filr 
Hand und Haiiswirthschaft (4834), les classiqu,es alle- 
mands, le Kosmos de Humboldt, etc., achetant dès librairies 
à Leipzig, Munich, etc. La maison Cotta a rétrocédé une 
partie de ces établissements aux Weibert, Brockaus, Olden- 
bourg, Riedel ; elle en conserve à Stuttgart et Munich. 

COTTA BE (xoTxaSoç). Nom d'un jeu fort usité en Grèce, 
où il était particulièrement pratiqué dans les banquets. 
De nombreuses peintures de vases le représentent ; des 
descriptions minutieuses nous en sont données par diffé- 
rents écrivains. Il est cependant difficile d'imaginer exac- 
tement comment on y jouait. Il s'agissait, semble- t-il, pour 
le buveur accoudé sur un lit, de tenir sa coupe par une 
anse, avec un seul doigt, et de lancer le vin laissé au 
fond sur un plateau métallique placé en face de lui et sou- 
tenu par un support. Dans la façon dont le Hquide tombait 
sur ce plateau, dans le son qu'il y rendait, le buveur voyait 
tel ou tel présage. Le jeu du cottabe servait d'oracle d 'amour, 
comme, chez nous, Teffeuillemènt des marguerites. 

BiBL. : Hermann-Blumner, Griech. Privatalterthûmer, 
p. 250, note 2. ~ Baumeisïer, Denkmœler des klass. 
Altertiims, au mot Kottabos. 

COTTAGE. Mot d'origine anglaise, qui désignait autrefois 
en Angleterre les fermes-villas, habitations élégantes des 
fermiers les plus aisés , qui en tiraient leur nom de cotta- 
gers. Aujourd'hui, le sens de ce mot s'est un peu altéré. 
Il désigne, en Angleterre comme en France, les petites 
maisons de campagne situées de préférence aux environs 
des grandes villes et servant de villégiature au commerce 
ou à la bourgeoisie. Les cottages anglais sont bâtis en 
général sur un plan à peu près uniforme. Elevés d'un 
étage seulement, construits en pierre grise et couverts en 
tuile, ils sont de forme carrée. On y accède par un petit 
escalier aux côtés duquel se trouve la porte conduisant 
aux communs situés le plus souvent en contrebas du sol. 
Le seul ornement extérieur du cottage est la bow-window, 
taillée de la même hauteur que la maison, au milieu de 
laquelle se trouve une fenêtre à trois vantaux. Cette 
fenêtre éclaire la pièce principale de la maison, hall ou 
drawing-room ; le cottage est presque toujours entouré 
d'un jardin fermé par une grille. — En France, le mot 
cottage désigne indifféremment toutes les villas et les 
élégantes maisons de campagne qu'on rencontre en si 
grand nombre dans les environs des villes d'eaux ou sur 
les bords de la mer. L. Saint, 

COTTALDIA (V. Diademâ). 

COTTA N CE. Corn, du dép. de la Loire, arr. de Mont- 
brison, cant. de Feurs; 4,265 hab. 

COTTA RD (Pierre), architecte du roi; il travaillait à 
Paris de 4650 à 4685. Il a laissé une suite nombreuse de 
modèles dont la plupart ont été gravés dans le recueil 
inihulé l'Architecture à la mode, publié par Mariette. 
Ce sont des dessins nouveaux de lambris de menuiserie et 
de panneaux de glace, des portes cochères, des vases, des 
ornements (4685), et des portails de plusieurs églises de 
Paris (4660). On connaît aussi différentes pièces gravées 
représentant quelques-uns des hôtels de Paris et des châ- 
teaux construits par lui en 4649 et 4650. 
BiBL. : GuiLMARD, les Maîtres ornemanistes. 

COTTE (Cottus Art.). I. Ichtyologie. — Genre de 
Poissons osseux (Téléostéens) de l'ordre des Acanthopté- 
rygiens Cotto-Scanbriformes et de la famille des Cottidce 
(V. ce mot). Il offre pour caractères : une tête arrondie, 
épaisse, déprimée ; un corps subcylindrique, comprimé en 
arrière; une ligne latérale, les pectorales arrondies, des 
dents villiformes ; pas de dents palatines. La forme la plus 
commune de nos eaux douces est le Cottus Gobio ou 
Chabot de rivière. Elle habite de préférence les petits ruis- 
seaux et les eaux vives ; sa couleur est d'un brun plus ou 
moins jaunâtre orné de marbrures plus foncées, les na- 
geoires sont piquetées de brun. L'angle du préopercuie est 

2 



COTTE 



a 



formé d'une simple épine chez les formes des eaux douces ; 
elle est double chez les formes marines. Rchbr. 

IL Archéologie. — Robe de dessous, commune aux 
deux sexes, en usage au moyen âge. Au x® siècle, la 
cotte des hommes était une tunique à manches étroites, 
descendant jusqu'aux genoux, maintenue à la taille par 
une ceinture sur laquelle elle retombait ; des broderies 
ornaient souvent le bord inférieur, l'encolure et l'extré- 
mité des manches. A la fin du xi® siècle, les manches 
s'allongent, s'élargissent, et la ceinture disparait. Au 
xii^ siècle, la cotte devient très longue, tombant sur les 
pieds, laissant toutefois à découvert le bas des jambes ; on 
la fend devant et derrière pour permettre d'enfourcher le 
cheval. Au xiv^ siècle, le jaquet et le pourpoint se subs- 
tituèrent à la cotte. C'est vers 4240 qu'apparut la cottardie 
ou cotte hardie, surcot muni de longues ailes pendant 
derrière les bras ou bien de courts et amples mancherons. 
On appelait cotte à armer ou cotte d'armes la tunique 
flottante et sans manches, que les chevaliers du xni® au 
xv*^ siècle portaient par-dessus le haubert ; elle était cou- 
verte de broderies figurant les armoiries du chevalier. 
Joinville (§ 25) reprochait au roi Philippe le Hardi la 
richesse de ses cottes : « Il (saint Louis) disait que l'on 
devait vêtir et armer son corps de telle manière que les 
prudhommes de ce siècle ne dissent pas qu'on en fît trop, 
ni que les jeunes gens ne dissent qu'on en fît trop peu. Et 
cette chose, je la rappelai au père du roi qui est mainte- 
nant, à propos des cottes d'armes brodées qu'on fait au- 
jourd'hui; et je lui disais que jamais dans le voyage d'outre- 
mer oîi je fus, je ne vis cottes brodées, ni celles du roi, 
ni celles des autres. Et il me dit qu'il avait tels atours 
brodés à ses armes qui lui avaient coûté huit cents livres 
parisis. Et je lui dis qu'il les eût mieux employées s'il les 
eût données pour Famour de Dieu, et qu'il eût fait ses 
atours en bon taffetas garni de ses armoiries, ainsi que son 
père faisait. » Malgré les protestations du sire de Joinville, 
le luxe dans les habits alla toujours grandissant. La cotte 
du duc de Bourbon, fait prisonnier à la bataille de Poi- 
tiers, contenait six cents perles, sans compter les rubis et 
saphirs, si bien qu'un Italien, établi à Londres, consentit 
à prêter sur ce vêtement 4,200 écus d'or. 

La cotte des femmes, aux xii® et xni^ siècles, ne différait 
de celle des hommes que par sa longueur; elle recouvrait 
les pieds. Le surcot la recouvrait entièrement et ne laissait 
voir que le bas des manches. Cependant on pratiqua des 
ouvertures au surcot, qui permettaient de juger de la 
richesse de la cotte. Au xv® siècle, la cotte était munie de 
manches étroites, évasées au poignet ; elle était ouverte 
sur le devant jusqu'au milieu du corps. Au xvi^ siècle, ce 
ne fut plus qu'une sorte de jupon long ; sous François P^, 
la cotte était tendue sur la vertugale et décorée de bandes 
horizontales de broderies. Sous Charles IX, la cotte, ouverte 
devant, laissait voir la vertugale. 

Cotte de mailles. Tunique de mailles de fer, portée 
par les guerriers dans F antiquité et au moyen âge. 
Certains soldats du Haut-Empire portaient la cotte de 
mailles qui, au dire de Varron, était d'invention gauloise ; 
elle était faite de petits anneaux de fer, engagés les uns 
dans les autres. Les Francs portaient aussi une tunique 
de mailles de fer, qui, au xi® siècle, prit le nom de hau- 
bert (V. ce mot). M. P. 
BiBL. : Ichtyologie. — Gunther, Studi/ of Fishes. 
Archéologie. — Viollet-le-Duc, Dictionnaire rai- 
sonné du mobilier, t. III, p. 279. — Quiciierat, Histoire du 
costume en France, 

COTTE ou COSTE (Les de), famille d'architectes fran- 
çais des xvu^ et des xvui^ siècle. — Fremin de Cotte, 
le plus anciennement connu, était architecte de Louis XIII, 
fut employé par Richelieu dans les travaux du siège de La 
Rochelle (1627-1628) et a laissé un ouvrage intitulé 
Explication briève et facile des cinq ordres d'architec- 
ture démontrée par Fremin de Cotte, architecte ordi- 
naire du roi (Paris, 1644, in-8), ouvrage dédié à 
Mê^ Antoine de Mesme, dont Fremin de Cotte était l'ar- 



chitecte et pour lequel il a probablement travaillé à la 
reconstruction de son hôtel de Mesme, à Paris. — Charles 
de Cotte, fils du précédent, fut, lui aussi, architecte du roi 
et mourut à Paris eu oct. 1662. — Piobert de Cotte, 
fils du précédent, né à Paris en 1656, mort à Passy le 
14 juil. 1735. Elève de son père et de Jules-Hardouin 
Mansart, dont il devint le beau-frère en épousant Cathe- 
rine Bodin, sœur de M°^® Mansart, Robert de Cotte con- 
duisit, sous la direction de Mansart, les travaux d'achève- 
ment du dôme des Invalides et fit élever en 1683 et 4684 
les bâtiments et la tour de la machine de Marly. Admis, 
en 1687, â l'Académie royale d'architecture, il reçut, en 
1689, le titre d'architecte du roi et semble avoir séjourné, 
en 1700 et 1701, à Lyon où Mansart Favait envoyé diri- 
ger les travaux de restauration de l'hôtel de ville et où il 
construisit, par la suite, les bâtiments de la place Belle- 
cour (modifiés depuis), une salle de concert et un grenier 
d'abondance. En 1704, il était nommé vice-protecteur de 
l'Académie royale de peinture, de sculpture et, en 1708, il 
succédait à J.-H. Mansart comme premier architecte du roi. 
Il fut alors chargé, en cette quahté, de continuer la trans- 
formation du chœur de l'église Notre-Dame de Paris et 
l'achèvement de la chapelle du château de Versailles. 
Comme travaux publics, on doit à Robert de Cotte, tant à 
Paris qu'aux environs de cette ville, de 1725 à 1735, 
l'agrandissement et l'aménagement des bâtiments du Palais- 
Mazarin, rue de RicheHeu, pour Finstallation de la biblio- 
thèque royale et notamment la galerie dite des Globes, la 
façade du fond de la cour et une aile en retour à gauche ; 
le nouveau bâtiment de la Samaritaine à l'entrée du Pont- 
Neuf, qui fut démoli en 1712 et le château d'eau de la 
place du Palais-Royal, ainsi que les portails des églises 
Sain^Roch et des Pères de la Charité qui furent continués 
par son fils ; le cloître de l'abbaye de Saint-Denis et, après 
qu'il eût fait démolir la chapelle dite des Valois, la recons- 
truction du monument de Henri II dans Féghse abbatiale, 
enfin, à Versailles, le péristyle de Trianon. Les hôtels pri- 
vés que Robert de Cotte fit construire ou décorer pendant 
cette période sont aussi des plus nombreux et, parmi eux, 
il faut citer : l'hôtel d'Estrées, rue de Grenelle-Saint-Ger- 
main ; l'hôtel do Lude, dans la rue du Bac ; l'hôtel de 
Bourbon-Condé, rue de Bourbon, devenu l'hôtel du Maine ; 
l'hôtel de Meulan, près l'église des Capucines et enfin l'hô- 
tel de Toulouse, ancien hôtel de la Vrillière, aujourd'hui 
siège de la Banque de France et où on lui doit la fameuse 
galerie dorée restaurée, il y a peu d'années, par Ch. Ques- 
tol. On ne peut, tant ils sont considérables, que mention- 
ner les principaux travaux exécutés en France ou à l'étran- 
ger dont les projets furent demandés à Robert de Cotte : 
c'est ainsi que, dès 1688, il avait étudié l'agrandissement 
de l'église Saint-Charles, de Sedan; en 1705, il avait 
donné, en collaboration avec le sculpteur Coysevox, les 
dessins du tombeau du comte d'Harcourt pour l'église de 
Fabbaye de Royaumont; en 1707, il avait projeté la 
reconstruction du portail et des tours de la cathédrale 
d'Orléans, dont il fit seulement refaire la flèche centrale, 
et la même année, il avait agrandi et décoré le château de 
Thouars, œuvre de François Mansart; vers 1725, à Ver- 
dun et à Strasbourg, il avait fait élever les palais épisco- 
paux de ces deux villes et à Frascati^ une résidence d'été 
pour Févêque de Metz et aussi donné au duc d'Antin, gou- 
verneur de la Guyenne, un projet de décoration de la place 
Royale de Bordeaux qui fut exécuté par Gabriel. A l'étran- 
ger, Robert de Cotte eut à fournir des projets de palais et 
de résidences à plusieurs princes souverains, soit en Alle- 
magne, en Autriche, en Espagne, en Savoie et même en 
Turquie, et il ne contribua pas peu ainsi à cette influence 
de Fart français qui se remarqua et se fit sentir pendant 
tout le xvni*^ siècle. On possède un très beau portrait de 
Robert de Cotte, par Hyacinthe Rigaud, gravé par Pierre 
Brevet et mentionnant ses titres, parmi lesquels celui de 
chevalier de l'ordre de Saint-Michel, et un buste de cet 
architecte, dû au ciseau de Coysevox, est au musée de Ver- 



49 - 



COTTE — CÔTTIN 



sailles. En 1811, à îa mort d'un fils de Jules-Robert de 
Cotte, fils de RoJjert de Cotte (V. ci-dessous), la Biblio- 
thèque impériale fit acheter et conserver depuis, au dépar- 
tement des estampes, les volumineux portefeuilles et car- 
tons de dessins de l'architecte des rois Louis XIV et 
Louis XV, lesquels, d'après l'étude qu'en a faite M. Dutail- 
leur, doivent être des plus précieux à consulter. — Louis de 
Cotte, fils de Charles de Cotte et frère du précédent, était, 
en 1705, architecte et contrôleur des bâtiments de Fontai- 
nebleau; il reçut, en 1715, un logement aux abords du 
Louvre et fut admis, en 1725, à l'Académie royale d'ar- 
chitecture. Il mourut en 1742. — Jules-Robert de Cotte, 
fils de Robert de Cotte et neveu du précédent, né à Paris, 
en 1683, mort à Passy le 8 sept. 1767. Elève de son 
père et protégé par Jules-Hardouin Mansart, son oncle 
maternel, Jules-Robert de Cotte fut admis à l'Académie 
royale d'architecture en 1711 et hérita, par la suite, de 
toutes les charges de son père. Il avait même été fait, dès 
1719, intendant et ordonnateur des bâtiments du roi et fut 
de plus directeur des monnaies et médailles. Il se borna à 
continuer, sur les dessins de son père, une partie des travaux 
commencés par ce dernier, tels que l'éghsc Saint-Roch, dont 
il éleva le portail à partir de 1736 ; le portail de l'église des 
Pères delà Charité; le château d'eau de la place du Palais- 
Royal ; la décoration du château royal de Madrid, au bois 
de Boulogne ; il dirigea aussi, vers 1747, des travaux au 
château de Fontainebleau où il semble avoir succédé à son 
oncle Louis de Cotte. Charles Lucas. 

BiBL. : J. Fr. Blondel, Architecture française; Paris, 
1752, pi., 1. 1, in-fol. — Destailleur, Notice sur quelques 
artistes français ; Paris, 1863, in-8. ~ A. Jal, Dict. crit. de 
biographie et d'histoire; Paris, 1872, in-S ; 2» édit. — P. 
Planât, Encyclopédie de l'architecture; F âvis^ 1890, in-S, 
fig., vol. IV. — L. DussiEUx, les Artistes français à l'é- 
tranger ; Paris ^ 1876, in-8, 3« édit. 

COTTE (Le P. Louis), agronome et météorologiste, né à 
Laon le 20 oct. 1740, mort à Montmorency le 4 oct. 1815. 
Prêtre de l'Oratoire, curé de MontmcM'ency, chanoine de 
Laon, il se maria en 1794, et fut pendant quelque temps 
conservateur de la bibliothèque du Panthéon. Membre cor- 
respondant de l'Institut depuis 1769, il envoyait déjà depuis 
quatre ou cinq ans à l'Académie des sciences une nombreuse 
série de mémoires, les uns sur des questions d'histoire natu- 
relle et d'agronomie, les autres sur les rapports entre l'état 
de l'atmosphère et la production du sol ou même les mala- 
dies épidémiques. Il publia, en 1774, un volume in-4 inti- 
tulé Traité de météorologie, très probablement le pre- 
mier ouvrage où ce que l'on savait de cette science ait été 
clairement résumé et coordonné. En 1788, il donna une 
suite à ce travail, intitulée Mémoires sur la météoro- 
logie (2 vol. in-4). E. Durand-Gréville. 

COTTEAU (Gustave), géologue français, né à Auxerre 
en 1818. Ancien juge au tribunal de sa ville natale, il 
s'est occupé depuis 1845 de savantes recherches sur la 
géologie et la paléontologie, particulièrement sur les échi- 
nides fossiles. Il a été secrétaire général de l'Institut des 
provinces, président de la Société géologique de France, et 
il est depuis le 18 juil. 1887 correspondant de l'Académie 
des sciences de Paris, Outre une centaine de mémoires in- 
sérés dans le Bulletin de la Société des sciences de 
l'Yonne, le Bulletin de la Société géologique de Paris, 
la Revue de zoologie et les Comptes rendus de l'Aca- 
démie des sciences, il a publié plusieurs catalogues et 
monographies des échinides fossiles des dép. de l'Aube, de 
l'Yonne, de la Sarthe, de la région des Pyrénées, de la 
Normandie, de la Lorraine, de la Belgique, de l'Algérie, des 
îles de Cuba, de Saint-Rarthélemy, d' Anguilla. On lui doit 
aussi la continuation de la Paléontologie française d'Al- 
cide d'Orbigny (Paris, 1885-89, t. I, in-S). L. S. 

COTTENCHY. Com. du dép. de la Somme, arr. 
d'Amiens, canton de Boves ; 463 hab. 

COTTENDORF (Baron de) (V. Cotta [Jean-Frédéric]). 

COTTENHAM (Charles-Christopher Pepys, comte de) 
(V. Pepys). 



COTTE R EAU (les frères), surnommés Chouan, pre- 
miers chefs de l'insurrection à laquelle ils ont laissé le 
nom de chouannerie (V. ce inot). — L'aîné des frères Cotte- 
reau, Jean Chouan, est né à Saint-Berthevin près de La- 
val le 30 oct. 1757. C'était un sabotier qui entra avec ses 
trois frères dans les bandes de faux-sauniers. Accusé 
d'avoir tué un douanier, il échappa à la potence grâce à 
des protections locales, s'engagea comme soldat, déserta 
au bout d'un an et revint dans son pays. Après avoir 
passé deux ans en prison, il obtint la gérance d'une petite 
propriété de son pays et vécut tranquille jusqu'à la Révo- 
lution. Mais le 15 août 1792, il se mit à la tête des insur- 
gés de Saint-Ouen, près de Laval, qui voulaient s'opposer 
au départ des volontaires. Ces insurgés, soulevés par les 
nobles et les prêtres et soutenus par les Anglais, faisaient 
une guerre de coups de main dans laquelle l'assassinat et 
le pillage étaient pratiqués sur une vaste échelle. — Le plus 
jeune des frères Cottereau, René, survécut seul à l'insur- 
rection ; les autres y périrent. Jean Chouan, le plus souvent 
fugitif et caché dans les bois, fut tué aux environs de Laval 
dans un combat contre les troupes républicaines (29 juiL 
1794). 

COTTEREAUX (V. Cotereàux). 

COTTERILL, sculpteur anglais contemporain. Cet artiste 
a acquis une véritable célébrité pour ses animaux et sur- 
tout pour ses chevaux, pleins de vie et d'expression. Parmi 
ses œuvres les plus remarquables, on cite les suivantes : 
Statuette équestre en argent, exécutée pour lord Chandos 
(1837); statuette équestre de Sir Beville Granville à 
la bataille de Landsdownhill ; statue équestre du 
Prince Albert, en marbre, avec ornements d'argent 
(1844) ; une Dame à cheval, assistant à la mort du 
cerf; un vase d'argent destiné à servir de prix aux courses 
d'Ascot, et représentant Hercule faisant dévorer par ses 
chevaux le roi des Thraces Diomède (1850). Ad. T. 

COTTÉVRARD. Com. du dép. de la Seine-Inférieure, 
arr. de Dieppe, cant. de Bellencombre; ^73 hab. Clocher 
élégant du xvi® siècle. Vestiges antiques, tumulus du bois 
de la Motte et restes de retranchements. 

COTTIENNES (Alpes) (V. Alpes et Cottius). 

COTTIER. Com. du dép. du Doubs, arr. de BesançoUj 
cant. d'Audeux; 73 hab. 

COTTIN (Marie, dite Sophie Risteau [et non Ristaud], 
dame), femme de lettres française, née à Paris (et non à 
Tonneins) en 1770 (et non en 1773), morte à Ciiamplan^ 
près deLongjumeau (Seine-et-Oise),le 25 avr. 1807. Fille 
d'un directeur de la compagnie des Indes qui mourut peu 
après sa naissance, elle fut élevée à Tonnems, pays natal 
de sa mère, et y reçut une éducation littéraire fort solide. 
En 1790, elle épousa un banquier de Bordeaux beaucoup 
plus âgé qu'elle et qui mourut à Paris en 1793. Retirée 
dans une maison de campagne à Champlan, elle y passa le 
reste de sa vie et y écrivit cinq romans dont la vogue, très 
considérable, attestée par de nombreuses réimpressions et 
traductions contemporaines, a fait place à un oubli peut-être 
excessif: Claire d'Albe (1799,in-12, d'abord anonyme); 
Malvina (1801, 3 vol. in-12) ; Amélie Mansfleld(m^, 
3 vol. in-12) ; Mathildeou Mémoires tirés de l'histoire 
des Croisades (1805, 6 vol. in-12), dont le héros, Malek- 
Adhel, a inspiré jusqu'aux fournisseurs attitrés de l'imagerie 
populaire ; Elisabeth ou les Exilés de Sibérie (1806, 
2 vol. in-12), l'un des grands succès de l'auteur, jusqu'au 
jour où Xavier de Maistre tira de l'anecdote, dit-on, ar- 
rangée par M"^^ Cottin, un récit plus émouvant dans sa sim- 
plicité. Il existe plusieurs éditions des OEuvres complètes 
de M«^^ Cottin (1817, 5 vol. in-8; 1818, 12 voL in-18, 
1823, 9 vol. in-18, etc.), et un choix de ses Pensées^ 
maximes et réflexions morales, recueillies par A. Ber- 
nays (Londres, 1820, in-18). M"^^ Cottin excita et peut- 
être ressentit de violentes passions ; celle de /. de Vaines 
(V. ce nom) eut un dénouement tragique et Sainte-Beuve 
assure qu'elle-même se tua d'un coup de pistolet dans son 
jardin. Des lettres intimes, récemment pubhées par M. A. de 



COTTIN — COTTIS 



— 20 — 



Ganniers, trahissent tout au moins, sinon un amour mal- 
heureux, du moins un profond découragement et une tris- 
tesse incurable; mais l'éditeur' de ces lettres, qui a rectifié 
d'autres points de la biographie de leur auteur, ne fait 
aucune allusion à ce suicide. Maurice Tourneux. 

BiBL. : Sainte-Beuve, Causeries du lundis t. XL — A. de 
Ganniers, M»^» Cottin pendant la Terrewî^ dans le Corres- 
pondant, 10 et 25 août 1888. 

COTTIN ET (Clair-Edmond), publiciste et auteur dra- 
matique français, né à Paris le 18 févr. 4824. Collabora- 
teur au Courrier du dimanche {iS6'î^AS(jS) , fondateur de 
V Association, bulletin des sociétés coopératives, il écrivit 
encore assidûment dans la Nouvelle Revue, Il est le 
créateur des colonies scolaires de vacances au profit des 
enfants pauvres et débiles du IX*^ arrondissement de Paris, 
et il a pris une grande part au développement des institu- 
tions analogues (V. Colonies scolaires, t. XI, p. 1063). 
M. Cottinet est Fauteur de l'Avoué par amour, comédie 
en un acte et en vers représentée en 4850 à la Comédie- 
Française, du Brigadier Feuerstein, drame en quatre 
actes, en collaboration avec Emile Augier (Gymnase, 4858), 
du Roi d'Amâtibu, comédie en quatre actes, en collabo- 
ration avec Labiche (Palais-Royal, 4868), du Docteur 
Bourguibus, comédie en un acte en vers (Odéon, 4873), 
du Baron de Valjoli, comédie en quatre actes (Gymnase, 
4875), de Vercingétorix, drame en cinq actes (Paris, 
4880, in-8). Il a donné aussi plusieurs volumes de poésies : 
les Intermèdes (Paris, 4873, in-42) ; les Tragi-Comiques 
(4879, in-42); le Vin de la messe (4885, in-8), et 
inséré dans la Revue pédagogique un travail intéressant : 
Instruction pour la formation et le fonctionnement 
des colonies de vacances (4887). 

COTTI N G H A Wl (Lewis-Nockalls) , architecte anglais, né à 
Laxfield (comté de Suffolk) le 24 oct. 4787, mort à Lon- 
dres le 43 oct. 4847. Fils d'un fermier aisé, Cottingham, 
montrant du goût pour Farchitccture, fut envoyé chez un 
constructeur d'Ipswich où il acquit une bonne éducation 
pratique. Venu à Londres en 4844, il fut chargé, en 4822, 
de conduire les travaux de la Cook's Company et, en 4825, 
de restaurer la cathédrale de Rochester ; vers la même 
époque, il construisit aussi, dans le Derbyshire, pour M. John 
Harrison, une résidence qu'il étudia dans le style gothique 
anglais dit perpendiculaire (dernière évolution de ce style 
en Angleterre) : aussi ces deux derniers travaux et la pu- 
Mication simultanée de ses ouvrages sur l'abbaye de West- 
minster (V. plus bas) firent-ils à Cottingham une réputa- 
tion méritée d'adepte de l'architecture gothique et, en 
effet, il fut un de ceux dont le talent et les efforts ame- 
nèrent en Angleterre une renaissance de ce style qui ne 
s'est pas démentie depuis soixante-dix ans. Les travaux 
que Cottingham fit exécuter pendant vingt-cinq années 
furent considérables, et parmi eux il faut citer la restaura- 
tion de la chapelle de Magdalen Collège, à Oxford, et de 
certaines parties de l'abbaye de Saint-Alban ; la recons- 
truction presque totale de la cathédrale d'Armagh (Irlande), 
la restauration de la cathédrale d'Hereford^ travail qui 
l'occupa plusieurs années et dans lequel il fut secondé par 
son fils aîné, Johnson Cottingham, né en 4823 et mort 
dans un naufrage en 4854 ; enfin tout un quartier avoisi- 
nant le pont de Waterloo et formant la grande paroisse de 
Saint-John, à Lambeth. Cottingham s'était bâti à Waterloo 
Bridge Road un hôtel dans lequel une enfilade de pièces 
étaient consacrées à la belle collection d'ouvrages d'archi- 
tecture et de fragments de sculpture sur bois et sur pierre 
qu'il avait réunis concernant l'architecture ogivale et qu'il 
mettait hbéralement à la disposition des élèves et des 
amis de ce style. 

Cottingham, qui était membre de la Société des anti- 
quaires de Londres, a publié dans V Archœologia (t. XXIX) 
la description des terres cuites coloriées du pavage de la 
salle du chapitre de Westminster (lesquelles furent gra- 
vées, sur ces dessins, dans l'ouvrage de J.-B. Nichols, 
Fac-similés of Encaustic Tiles) et aussi le compte rendu 



de la découverte, dans l'église du Temple à Londres, des 
cercueils de plomb des chevaliers templiers. On lui doit de 
plus : Plans, Elévations, Sections, Détails and Vieivs 
ofthe ChapelofKing Henry VU et Westminster Abbey 
(Londres, 4822-4829, 2 in-fol.) ; Plans, Elévations, 
Sections and Détails of Westminster Hall (Londres, 
4822, in-fol.) ; the Smith and Founder's Directory 
(Londres, 4824, in-8, 3<^ édit.); Working Drawings for 
Gothic Ornaments (Londres, in-fol.); Grœcia7ia7id Ro- 
man Architecture (Londres, 24 pi. in-fol.). Ch. L. 

BiBL. : The Btiilder, no" des 23 oct. 1847 et 2 déc. 1856. 
— Leslie Stephen, Dict. of nat biogr.; Londres , 1887, 
t. XII, in-8. 

GDTTINGTON (Lord Francis), né vers 4578, mort en 
4652, diplomate anglais qui joua un grand rôle dans toutes 
les négociations anglo-espagnoles au commencement du 
xvii® siècle. Ambassadeur en Espagne, il signa le traité du 
5 nov. 4630 au nom de l'Angleterre. Il fut avec W^eston 
l'un des hommes en qui le roi mit sa confiance pour la 
direction des afiaires extérieures, et représenta toujours 
dans les conseils le parti hostile à la France et à la Hol- 
lande, favorable à l'Espagne. C'était un catholique (bien 
qu'il se soit converti plusieurs fois au protestantisme), mais 
un ami peu sûr, même pour ses coreligionnaires; on se 
plaignait de ses spanish tricks. Il fut appointé lord tré- 
sorier en oct. 4643, et signa la capitulation d'Oxford en 
juil. 4646. Lord Jermyn essaya de l'exclure du conseil 
de Charles II, après l'exécution de Charles P^, et l'envoya, 
en 4649, chercher des secours en Espagne, où il mourut. 
Ce personnage fut généralement détesté de tous ceux qui 
l'approchèrent, Laud, Hyde, Clarendon, etc. Nous avons 
son portrait par un peintre espagnol {National portrait 
gallery), Ch.-V. L. 

COTTIS (Vitic). On désigne, dans les Charentes, sous 
le nom de cottis, une maladie de la vigne dont les carac- 
tères principaux se manifestent par un rabougrissement des 
rameaux qui sont très ramifiés, et une jaunisse finale des 
feuilles qui sont en même temps plus découpées. On ne 
sait en réalité de quelle nature est cette affection, d'ailleurs 
imparfaitement définie dans ses causes. Cette maladie, 
signalée pour la première fois par Jules Guyot dans les 
vignobles de Saint- Jean-d'Angely, est connue ailleurs sous 
les noms de : pousse-en-ortille, vigne persillée, vigne à 
pousses d'ortie, friset, court-noué, bourré-sarrat, jauber- 
dat (traduction languedocienne du moi persillé). Le cottis 
est surtout fréquent dans les terres blanches à sous-sol 
peu profond : marnes blanches, terres crayeuses (fine 
Champagne), calcaires grossiers blancs, sols de travertin 
ou terres pauvres à sous- sol superficiel, marneux ou de 
tuf. Jules Guyot avait attribué une certaine importance à 
l'absence de fer dans ces milieux comme cause, au moins 
partielle, du cottis. Non seulement il existe dans les marnes 
blanches, aussi bien que dans les terres franches, une 
quantité suffisante de fer pour la nutrition de la vigne, 
mais certaines terres, colorées en rouge par le fer peroxyde, 
renferment moins de fer que les terres blanches. La pré- 
dominance ou l'absence de l'élément ferrugineux n'a donc 
aucune influence sur le développement du cottis. On observe 
d'ailleurs le cottis, quoique plus rarement, dans des terres 
rouges. Le cottis attaque, dans les Charentes ^rtout, les 
cépages rouges qu'il affaiblit graduellement. Les rameaux 
restent courts et les nœuds sont très rapprochés ; ils poussent 
un grand nombre de ramifications ; le cep, en tête de chou, 
prend un aspect buissonnant. Les sarments ne sont jamais 
tortueux; ils restent toujours droits; on observe assez 
souvent, sur les rameaux verts, des éraillures roussâtres 
ou d'un roux noirâtre, disposées en séries. On retrouve ces 
altérations sur les feuilles, quoique plus rarement; ces 
feuilles restent petites et, ce qui est assez caractéristique, 
elles sont à lobes et à dentelures plus profondes, frisotées. 
La chlorose se manifeste ensuite avec une intensité extrême ; 
les feuilles finissent par se décolorer entièrement (elles 
sont très délicates et souffrent beaucoup de la chaleur). 



21 — 



COTTIS — COTTON 




Lorsque, après le repos déterminé par les fortes chaleurs 
de l'été, arrive dans le Midi une deuxième période de végé- 
tation de la vigne (fin août et septembre), les ceps pa- 
raissent repousser, mais il est alors trop tard et l'effet pro- 
duit par le cottis peut être tel que les vignes atteintes ne 
se relèveront pas et iront en s'affaiblissent pour disparaître 
au bout d'une période plus ou moins longue. Il n'existe 
aucun procédé de traitement pour cette maladie mal dé- 
terminée. P. VlALA. 

COTTIUS, chef gaulois de l'époque d'Auguste, dont le 
nom s'est perpétué dans l'épithète de « Cottiennes » appli- 
quée à une partie des Alpes franco-italiennes. Le ter- 
ritoire dont il était roi, regnum Cottii, et où son père 
Donnus avait régné 
avant lui, compre- 
nait les hautes val- 
lées de la Durance 
et de la Doire Ri- 
paire ; sa capitale 
était Segusio, 
Suse, sur le ver- 
sant italien. La va- 
leur militaire de 
quelques passages 
alpestres dont il 
était le maître, 
comme le col du 
mons Matrona 
(mont Genèvre) , 
avait donné une 
importance réelle 
aux domaines peu 
peuplés de ce roi 
montagnard. Après 
la sou mission défini- 
tive de la Gaule, son 
territoire était le 
seul où des tribus 
gauloises fussent restées indépendantes ; mais cette indépen- 
dance était bien précaire. Cottius le comprit ; il rechercha 
l'alliance d'Octave et assura la liberté de son petit peuple par 
le service qu'il rendit aux Romains en faisant tracer à tra- 
vers ses Etats une grande route d'un versant à l'autre des 
Alpes. Octave lui laissa son royaume, mais le plaça sous le 
protectorat de Rome ; en effet, dans une inscription latine, 
très intéressante pour la géographie ancienne de ces cantons 
alpestres, Cottius se donne à lui-même le titre romain de 
prœfectus. Cette inscription se lit encore sur un arc de 
triomphe que Cottius fit élever à Suse en 9 av. J.-C, en 
l'honneur d'Auguste (V. la fig.). « A l'empereur César 
Auguste..., M. Julius Cottius, fils du roi Donnus, préfet 
des cités dont les noms suivent (il y a quatorze noms de 
peuples)... et les cités qui font partie de sa préfecture {qtiœ 
sub eo prœfecto fuerunt). » Il faut remarquer encore 
dans cette inscription le gentilieium Julius que le chef 
gaulois avait accolé à son nom national de Cottius. Il eut 
un fils qui porta le même nom que lui, M. Julius Cottius; 
ce fils, resté fidèle à l'alliance romaine, reçut de Claude le 
titre officiel de roi à la place de celui de prœfectus que 
son père avait porté ; il vit aussi ses territoires augmentés 
par le même empereur. Quand Cottius II fut mort, proba- 
blement sans descendant, Néron transforma le regnum 
Alpium en une province que l'on appela la province Cot- 
tienne ou les Alpes Cottiennes. G. L.-G. 

BiBL.: Corpus inscriptionum latinarum^ t. V, pp. 808-812. 
— Ern. Desjardins, Géographie de la Gaule romaine ; 
Paris, 1878, t. I, in-8. 

COTTON (Jean), écrivain musical du moyen âge, posté- 
rieur à Guy d'Arezzo, et auteur d'un ouvrage qui a pour 
titre Epistola Johannis ad Fulgeiitium, dédié à Fui- 
gence, évêque anglais, et contenant vingt-sept chapitres 
précédés d'un prologue sur la musique et la notation de son 
temps. Le chapitre xxi est un des plus intéressants de l'ou- 



Arc de Suse (partie supérieure). 



vrage; l'auteur y étudie les difficultés de la notation neu- 
matique et les diverses méthodes en usage à son époque, y 
compris celle d'Arezzo, pour dissiper les doutes laissés par 
la notation primitive. Il existe un beau manuscrit de l'ou- 
vrage de Cotton à la bibliothèque du Vatican (n" 1196 du 
fonds de la reine Christine de Suède), et d'autres manus- 
crits aux bibliothèques d'Anvers et de Leipzig. En outre, 
l'abbé Gerbert l'a inséré dans son ouvrage Scriptores Eccle- 
siastici de musica sacra (t. II, p. 230)^ et présume que Jean 
Cotton n'est autre que Jean Scolastique, moine de l'abbaye 
de Saint-Mathias de Trêves qui vivait vers l'an 1047. C. B. 
COTTON (Pierre) (V. Coton [Pierre]). 
COTTO N (Robert-Bruce) , antiquaire anglais, né à Denton 

le 22 janv. 1570, 
mortle6mail631. 
Il était fils de Tho- 
mas Cotton de Con- 
nington (Hunting- 
donshire ) ; après 
avoir étudié à West- 
minster et à Cam- 
bridge, il se rendit 
à Londres pour se 
livrer à l'étude des 
antiquités et des 
manuscrits. Jac- 
ques 1^^' le fit che- 
valier, puis baronet. 
Les manuscrits qu'il 
avait rassemblés for- 
mèrent la célèbre 
Bibliothèque Cot- 
ionienne ; ses héri- 
tiers en firent pré- 
sent au roi qui la 
réunit à la biblio- 
thèque de la Cou- 
ronne. Toutes deux 
furent en partie détruites par un incendie le 25 oct, 1731 : 
ce qu'il en reste est aujourd'hui conservé au Musée britan- 
nique. Dès 1590, Cotton fut élu membre de la Société 
des Antiquaires de Londres ; telle était son érudition que 
le gouvernement comme les particuliers le consultaient 
constamment sur toutes les questions qui se rattachaient 
aux institutions du passé. C'est ainsi qu'en 1600 il fut 
l'arbitre d'un litige entre l'Angleterre et l'Espagne; en 
1602, il accompagna Camden dans un voyage archéolo- 
gique à Carlisle; en 1608, il fut chargé de rédiger un 
mémoire sur l'histoire de la marine anglaise. Le roi 
Jacques lui confia la mission de défendre la reine Marie 
d'Ecosse contre les accusations dont elle était l'objet de 
la part de Buchanan ; plus tard il fut chargé de rédiger 
un mémoire sur les mesures à prendre contre les papistes 
et les jésuites. Il aida Speed à écrire son Histoire d' An- 
gleterre qui parut en 1611, et Camden à écrire son 
Histoire d'Elisabeth. Cotton entra à la Chambre des com- 
munes en 1623 ; il travailla à la rédaction de la constitu- 
tion anglaise et il rédigea des instructions pour le cérémo- 
nial du couronnement des rois. En 1626, il protesta par 
un écrit public contre l'altération des monnaies, et, en 
1628, il publia une revue de la situation politique de 
l'Angleterre qui le rendit l'ennemi de la cour et le jetèrent 
dans la poHtique militante. En 1629, ayant rédigé un 
mémoire intitulé Conseils à Sa Majesté pour la répres- 
sion des impertinences du Parlement^ on crut y voir 
un pamphlet ironique à l'égard de certaines mesures de 
pohce prises par le roi ; Cotton eut à se justifier et prouva, 
paraît-il, que son écrit était sérieux et sincère. Ses ennemis 
avaient dénaturé sa publication et Robert Dudley, duc de 
Northumberland, avait même fait circuler un manuscrit 
attribué à Cotton, avec ce titre : Comment un prince 
peut s'' ériger en tyran, Cotton se justifia, mais ces tra- 
casseries nuisirent à sa santé et le conduisirent au tombeau. 



COTTON — n 

Le catalogue de la Bibliothèque CoUonienne qui rend 
son nom justement célèbre, a été rédigé d'abord par 
Th. Smith sous ce titre : Catalogus librorum bibliothecœ 
Cottonianœ (Oxford, 4696, in-fol). Après l'incendie de 
4734, ce qui resta des collections a été inséré dans le 
Catalogue of the Manuscripts of King's libranj par 
Castley (Londres, 4734, in-42), et dans le Catalogue of the 
Manuscripts in the Cottonian libranj deposited in the 
British Muséum, par Planta (Londres, 4802). Outre un 
assez grand nombre de brochures politiques, on doit à 
Cotton une Histoire de Henri lîl qui eut plusieurs éditions. 
En 4657, James Howell réunit un grand nombre d'écrits 
de Cotton sous ce titre Cottoni Posthuma. E. Bâbelon. 

COTTON (John), théologien de la Nouvelle-Angleterre 
(Amérique du Nord), né à Derby (Angleterre) le 4 déc. 
4585, mort à Boston le 23 déc. 4652, le « grand Cot- 
ton » dont l'influence fut considérable sur l'organisation 
religieuse des colonies puritaines fondées à l'E. de l'Hud- 
son pendant la première moitié du xvii® siècle. Elève de 
Cambridge, il fut ministre, durant vingt années, dans le 
Lincolnshire. Cité, comme puritain, devant une cour ecclé- 
siastique de Laud, il se réfugia en Amérique pour échapper 
à la persécution. Il débarqua dans la baie de Massachusetts 
en 4633 et fut pasteur de l'église de Boston jusqu'à sa 
mort. Son idéal poHtique et religieux était l'autorité unie 
de l'Eglise et de l'Etat sur le modèle de la théocratie insti- 
tuée par Moïse. En 4636, la cour générale du Massachu- 
setts le chargea de préparer un code de lois pour le gou- 
vernement de la colonie. Mais un autre projet ayant été 
préféré au sien, il fit publier à Londres son Abstract of 
the Laws of New England, as they are now established 
(4644), que des historiens ont pris à tort pour le code des 
lois réellement appliquées dans la colonie. C'est là qu'on 
voit l'hérésie punie de mort. Cotton eut une polémique 
restée célèbre avec Roger Williams et fit imprimer à 
Londres, en réponse à une argumentation de ce dernier, 
son Bloody Tenet (dogme de sang) Washed and made 
white in the blood ofthe Lamb^ being discussed, etc. 
(4647). Il a laissé encore : Keys of the kingdom of Hea- 
ven, Milk for babes (sorte de catéchisme). Méat for 
strong men (exposition du gouvernement civil). Comme 
la plupart des ministres puritains de son temps, Cotton 
aimait à composer des vers dont la poésie n'était pas tou- 
jours absente. Il était venu en Amérique avec les pasteurs 
Hookeret Stone. Plus tard, Cotton Mather, écrivant la vie 
de John Cotton dans ses Magnalia^ dit de ce triumvirat : 
« Dieu les envoya dans ce désert pour donner aux pauvres 
gens qui y erraient ces trois grandes nécessités de la vie, 
Cotton (coton) pour se vêtir, Hooker (hameçon) pour 
pêcher, et'Stone (pierre) pour bâtir.» John Norton, succes- 
seur de J. Cotton dans l'église de Boston, a composé : The 
Life and Death of that deservedly famousman ofGod, 
Mr. John Cotton (Boston, 4657 ; Londres, 4658), bio- 
graphie intéressante, pleine de traits curieux, de citations 
et de réminiscences classiques, entremêlés de lourdes plai- 
santeries. A. MOIREAU. 

COTTON (Charles), poète et traducteur anglais, né en 
4630, mort en 4687. Son père, fort répandu parmi les 
beaux esprits du temps, lui fit donner une brillante instruc- 
tion complétée par des voyages sur le continent. Il dissipa 
promptement la plus grande partie de son patrimoine et 
fut toute sa vie tourmenté par des embarras d'argent qui 
ne l'empêchaient pas de se livrer à son goût pour la bonne 
chère. Ecrivain très facile, il composa une foule de vers 
de circonstances dont le recueil ne fut publié qu'après sa 
mort en 4694 ; son ode à l'hiver (Ode to Winter) et ses 
strophes sur la retraite {The Relirement)^ méritent d'être 
sauvés de l'oubH. Ami particulier d'Izaak Walton, l'illus- 
tre pêcheur à la ligne, il ajouta à son livre célèbre : The 
Complète Angler, une seconde partie sur la pêche à la 
mouche (Fly-flshing). Ses autres publications, très nom- 
breuses, se divisent en poèmes burlesques et en traduc- 
tions. Parmi les premiers, il faut citer : Scarronides on the 



First Book of Vh-'gil Travestie (4664), et Burlesque 
upon Burlesque, on the Scoffer Scoft, parodie en vers de 
quelques dialogues de Lucien (4675), qu'il fit paraître ano- 
nymement. Il traduisit du français, entre autres ouvrages, 
Horace de Corneille (4674); la Morale des Stoïciens de 
du Vair (4667), les Commentaires de Montluc (4674); 
les Mémoires du sieur de Pontis qu'il laissa inachevés, 
et surtout les Essais de Montaigne, son chef-d'œuvre, 
modèle de traduction et monument précieux de la langue 
anglaise au xvii^ siècle. On a encore de Cotton un pané- 
gyrique de Charles II (4660), et un remarquable ouvrage 
d'horticulture, the Planter's Manual (4675). On lui 
attribue un traité des jeux, the Complète Gamester 
(4674). B.-H, Gàusseron. 

BiBL. : Complète Angler^ éd. de 1760, 2^ partie.— Oldys, 
Mémoire. — La-ngeaiine, Dramatick Poets. — U azlitt^ Bl- 
bliographîcal collections. ~ Leslie Stepiien, Dict. of 
National Biography. 

COTTON (Sir John Hynde), politicien jacobite, député 
au Parlement pour le bourg de Cambridge de 4708 à 4734, 
et depuis 4744 pour le bourg de Marlborough; leader an 
parti tory sous Georges II, il occupa, à partir de 4744, 
quelques emplois officiels, malgré l'inimitié de la dynastie 
hanovrienne. Il mourut en d752. Cotton était très gros, 
très fort, et il buvait bien ; il avait de l'esprit, non sans 
méchanceté. Comme orateur, il n'était remarquable que par 
sa brièveté, ayant, quand il parlait, un fâcheux embarras 
de langue. Il passait pour un antiquaire parce qu'il comptait 
Gough et Zacharie Grey parmi ses correspondants. 

COTTON (Nathaniel), poète et médecin anglais, né à 
Londres en 4705, mort à Saint-Albans en 4788. On ne 
sait rien de sa vie sinon qu'il était fils d'un négociant du 
Levant, qu'il étudia la médecine à Leyde, eut pour 
maître Boerhaave et qu'en 4740 il s'installa comme mé- 
decin à Saint-Albans et y resta jusqu'à sa mort. C'est là 
qu'il fonda une maison de santé qu'il appelait pompeu- 
sement Collegium insa7iorum, où fut enfermé deux ans 
le poète WiUiam Cowper. Outre ses fous, il s'occupait de 
poésie. Son livre le plus connu : Visions in verse for the 
Entertainment and Instruction of younger minds 
(4754) eut les honneurs de sept éditions dont la dernière 
en 4767. Une œuvre posthume. Varions Pièces in prose 
and verse, parut en 4794. Il ne signa aucun de ses écrits, 
pas même une brochure sur la fièvre scarlatine (4749). Sa 
tombe ne porte ni date ni indication, et son fils, qui ras- 
sembla et publia ses œuvres, ne donne aucun détail sur 
sa vie. Hector France. 

COTTON (Sir Charles), amiral anglais, né en 4753, 
mort à Plymouth le 23 févr. 4842. Il étudia d'abord le 
droit, puis entra dans la marine en 4772, servit brillam- 
ment en Amérique, coopéra à la fameuse retraite de la flotte 
de la Manche sous les ordres de Cornwallis (46 juin 4795). 
Promu vice-amiral le 29 avr. 4802, il fut nommé en 4807 
conimandant en chef de la flotte du Tage. Il croisa du cap 
Finisterre au cap Saint-Vincent, parlementa tantôt à l'em- 
bouchure du^ Tage, tantôt à celle du Douro, promettant 
partout un débarquement prochain et par ses manœuvres 
causa l'insurrection d'une partie du Portugal contre les 
troupes françaises. Il seconda ensuite tous les mouvements 
des armées de terre envoyées dans la Péninsule par l'An- 
gleterre et en concerta le débarquement avec sir Arthur 
Wellesley sur un point habilement choisi entre Oporto et 
Lisbonne. A la convention de Cintra (22 août 4808), il 
négocia particulièrement avec l'amiral russe Siniavin, ce 
qui facilita l'accord entre les Anglais et Junot. Cotton suc- 
céda en 4808 à Colhngwood dans le commandement de 
l'escadre de la Méditerranée et en 4844 à lord Gambier 
dans le commandement de la flotte de la Manche. 

COTTON (Sir Stapleton), vicomte Combermere, feld- 
maréchal anglais, né dans le Denbighshire le 44 nov. 4773 , 
mort le 24 févr. 4865. Entré dans l'armée en 4799, il fit 
la campagne de France oîi il figura notamment à la bataille 
du Cateau (4794). Il servit encore au cap de Bonne-Espé- 
rance et dans l'Inde, se lia avec Wellesley au siège de 



Seringapatam et, de retour en Angleterre, représenta 
Newark au Parlement (1806). Envoyé à Vigo en 1808, il 
fit la campagne de Portugal où il commanda quelque temps 
toute la cavalerie des alliés. Il se signala à Talavera, mais 
la mort de son père le rappela en Angleterre. Il reprit son 
poste en 1819 et, chef brillant et maniant bien ses troupes, 
il rendit d'importants services à Almenda, à Torres Vedras, 
à Séville, à Salamanca surtout où il commanda une charge 
restée fameuse dans les annales militaires. Aussi fut-il 
comblé d'honneurs et élevé à la pairie avec le titre de baron 
Combermere (1814). En 1815, il reçut le commandement 
en chef de toute la cavalerie alliée en France. Nommé gou- 
verneur de Banader en 1817, il fut commandant en chef 
en Irlande de 1822 à 1825. Il venait d'être promu général 
(27 mai 1825), lorsqu'il fut désigné pour succéder à 
Edward Paget comme commandant en chef de l'Inde. Il fit 
une expédition heureuse contre Bhourtpore, reçut en récom- 
pense le titre de vicomte (1827) et de retour en Angleterre 
en 1830 y passa les dernières années de sa vie. Il s'occupa 
dès lors de politique, s'opposa à la Chambre des lords à 
l'émancipation des catholiques et à la réforme parlemen- 
taire. A la mort de Wellington il fut nommé constable de 
la Tour de Londres et feld-maréchal en 1855. 

BiBL. : Lady Combermere, the Combermere Corres- 
jpondence; Londres, 1866, 2 vol. in-8. — LesUe Stephen, 
National Biography, t. XII. 

COTTON (William), philanthrope anglais, né àLeyton 
le 12 sept. 1786, mort le l^»* déc. 1866, Grand industriel, 
il fut élu en 1821 directeur de la Banque d'Angleterre où 
il exerça les fonctions de gouverneur de 1843 à 1845. Il 
y inventa une machine pour la frappe des souverains qui lui 
valut une médaille d'honneur à l'Exposition universelle de 
1 851 . Mais il est encore plus connu par ses innombrables 
fondations charitables : donations, créations d'école et d'hô- 
pitaux, de bains publics, d'églises, etc. 

COTTRET (Pierre-Marie), évêque français, né à Argen- 
teuil (Seine-et-Oise) le 8 mai 1768, mort à Beau vais le 
13nov. 1841. Il venait de terminer ses études théolo- 
giques lorsque l'Eglise constitutionnelle fut établie ; ne vou- 
lant pas prêter le serment exigé, le jeune Cottret fut 
ordonné prêtre secrètement par Tévêque d'Oloron ; puis, 
grâce à une recommandation d'Alexandre de Beauharnais, 
alors président de l'Assemblée constituante, il put s'échap- 
per de Paris, déguisé, et gagner Gand où il resta, en qua- 
lité de chapelain de la cathédrale, jusqu'à la seconde 
invasion des armées républicaines, en 1794. Il alla ensuite 
dans plusieurs villes d'Allemagne, puis à Arolsen, rési- 
dence du prince de Waldeck, où il fut précepteur dans une 
famille d'émigrés. Après avoir quelque temps résidé à 
Francfort-sur-le-Main, il revint en France en 1800 et reprit 
l'exercice public de son ministère lors du concordat. Il fut 
en 1802 curé de Sannois, près de Montmorency, où il fit, 
chez la comtesse d'Houdetot, la connaissance de plusieurs 
hommes célèbres, parmi lesquels Chateaubriand; en 1806, 
il alla, comme curé, à Boissy-Saint-Léger. En 1807, il vint 
à Paris, comme rédacteur de la Gazette de France et 
soutint une longue et violente polémique avec le Journal 
des Débats (alors Journal de VEmpiré) pour défendre 
les Martyrs de Chateaubriand. En 1809, il fut nommé 
professeur adjoint à la faculté de théologie, puis chanoine 
honoraire et, en 1821, vice-promoteur général du diocèse; 
enfin, chanoine titulaire en 1812. Quelque temps après, 
il fut placé à la tête du petit séminaire. Ayant accom- 
pagné, en 1823, le cardinal de Clermont- Tonnerre à 
Rome, pour le conclave , il revint évêque in partibiis 
de Caryste, et se retira dans un village du diocèse de 
Versailles comme chanoine de Saint-Denis. C'est là que 
vint le chercher sa nomination à l'évêché de Beauvais, 
le 27 déc. 1837. C. St-A. 

COTTUN. Com. du dép, du Calvados, arr. et cant. de 
Bayeux ; 186 hab. L'église a conservé une nef romane 
surmontée d'une tour du xii® siècle reposant sur des ar- 
cades supportées par quatre piliers cylindriques ; le chœur 



— 23 -^ COTTON -^ COTYLÉDON 

est du xiv^ siècle et la façade moderne. De l'ancien châ- 
teau subsistent deux tours et les vestiges de l'enceinte. 

COTTY (Gaspard-Herman), général français, d'origine 
belge, né à Waillet en 1772, mort à Paris en 1839. Il fit 
ses études à l'Ecole militaire de Paris, devint lieutenant k 
Tarmée de Sambre-et-Meuse, et prit part à toutes les 
campagnes de 1794 à 1801. Colonel en 1811, maréchal 
de camp en 1823, directeur de l'artillerie au ministère de 
la guerre, Cotty fut mis à la retraite en 1835. Charles X 
l'avait créé baron et commandeur de la Légion d'honneur. 
C'était un écrivain militaire distingué ; son ouvrage prin- 
cipal est un Dictionnaire de l'artillerie (fm^^iS'i^^ 
in-4), complété par un supplément en 1 832, 

BiBL. : Guillaume, Notice sur le général Cottv : 
Bruxelles, 1873, in-8. *^ ^ ' 

C0TU6N0 (Domenico), médecin italien, né à Ruvo le 
29 janv. 1736, mort à Naples le 6 oct. 1822. A l'âge de 
vingt-cinq ans il fut nommé professeur d'anatomie à l'uni- 
versité de Naples, dont il devint le recteur par la suite. 
On lui doit la première bonne description du liquide qui 
remplit les conduits membraneux de l'oreille (humeur de 
Cotugno) et la découverte du liquide céphalo-rachidien 
entrevu par Halle, enfin un excellent traité sur la sciatique : 
De Aquœductibus aiiris humanœ internes (Naples, 
1760, in-8, pi.) ; De Ischiade nervosa (Naples, 1765, 
in-8, fig., et autr. édit.), etc. D^ L. Hn. 

COTUTEUR(V. Tutelle). 

COTYLE. I. Ornithologie (V. Cotile). 

II. Métrologie. — Mesure de capacité ancienne, usitée 
chez les Grecs et les Romains. Le cotyle paraît avoir été Puni té 
principale; c'est le type à l'ordre duquel on définit léchons 
(congius) et le chœnix, mesures égyptiennes. Employé pour 
mesurer les liquides ou les solides, le cotyle attique vaut 
la moitié du Çéaiov (sextarius), le quart du chœnix, le 
l/12duchous,le 1/192 du médimne; il représente 4 oxy- 
baphes, et 3/4 de litre; soit 9 onces d'huile (10 onces de 
vin). La valeur du cotyle varie selon la matière mesurée 
et le pays. Les médecins l'estimaient à 60 drachmes 
d'huile, soit 7 1/2 onces romaines. GaUien lui donne la 
valeur de 10, 12 onces, ailleurs même 16 1/3. On dis- 
tingue le cotyle attique, celui d'Alexandrie, d'Ephèse, 
d'Egine, d'Egypte, d'Italie; celui d'Alexandrie ne vaut 
que 8 onces d'huile et 9 de vin ; celui d'Egypte est une fois 
et demie aussi fort que l'attique ; celui d'Italie équivaut à 
l'hémine et vaut la moitié du sextarius, soit 6 cyathes. v 

COTYLEA (Zool.). Lang a divisé ses Polyclades, qui cor- 
respondent aux Turbellariés Dendrocœles Digonopores, en 
deux grandes tribus, les Cotylea et les Acotylea. Les carac- 
tères fondamentaux sur lesquels sont basées ces divisions 
sont les suivants. Cotylea : une ventouse ventrale située 
au centre ou presque au centre du corps, et placée tou- 
jours en arrière des ouvertures du corps. La bouche est 
au milieu ou en avant. Les canaux gastrovasculaires sent 
ramifiés ou anastomosés. L'appareil copulateur, sauf dans 
le genre Anonymus, est situé dans la moitié antérieure du 
corps. Pas de tentacules, ou, s'il y en a, ils sont margi- 
naux. Les Acotylea ont pour caractères : pas de ventouse, 
bouche au milieu ou en arrière du corps ; pharynx plissé ; 
canaux gastrovasculaires ramifiés. Appareil copulateur 
situé dans la moitié postérieure du corps. Pas de tentacules, 
ou, s'il y en a, situés sur la nuque. 

Les Cotylea comprennent les familles des Anonymidae 
(G. Anonymus)^ Pseudoceridse (G. Pseiidoceros Thysa- 
nozoon et Yungia), Euryleptidse (G. Prosthecerœus, Cy- 
cloporus, Eurylepta, Oligocladus, Stylostomum, Ace-- 
ros) et Prosthiostomidse (G. Prosthiostomum). L. Joubin. 
COTYLÉDON (Bot.). Chez les plantes Dicotylédones on 
donne le nom de cotylédons ou de feuilles cotylédonaires aux 
deux premières feuilles qui apparaissent au moment de la gé- 
nération. Epais et charnus, ils constituent la masse princi- 
pale de V embryon (V. ce mot) et renferment la provision 
de fécule qui doit servir à l'alimentation de la jeune plante 
lorsque le périsperme manque (ex. : le Haricot, la Noix) ; 



COTYLÉDON — COU ~ 24 — 

lorsqu'il y a un périsperme, les cotylédons peuvent se ré- 
duire à une feuille mince, membraneuse. Si, pendant 
la germination, les cotylédons restent enfouis dans la terre, 
comme dans celle du Pois, ils sont dit hypogés; s'ils 
s'élèvent au-dessus du sol, ils sont épigés (Haricots) ; s'ils 
restent accolés^ (Marronnier d'Inde, Capucine), le corps co- 
tylédonaire s'élève au-dessus du sol en conservant sa 
forme primitive. En général, les cotylédons sont peu divisés ; 
la vigne, entre autres, fait exception et possède des cotylé- 
dons découpés. Les deux sont généralement égaux; ils 
sont très inégaux chez le Trapa natans, la Cannelle ; ils 
manquent dans la Cuscute ; les Cyclamen ne possèdent 
qu'un cotylédon, encore cette première feuille appartient- 
elle plutôt à la gemmule (Germain de Saint-Pierre). Chez 
les Conifères et les Cycadacées, les cotylédons sont au 
nombre de deux ou plus nombreux et alors dispo- 
sés en verticille. Chez les Monocotylédones il n'y a qu'un 
cotylédon, c'est ordinairement la première feuille qui fait 
son apparition. Dans les Graminées, ce ne serait pas, 
d'après Germain de Saint-Pierre, la première feuille, mais 
l'organe embryonaire désigné sur le nom d'hypoblaste, qui 
constituerait le cotylédon (V. Embryon). D^ L. Hn. 

COTYLÉDONÉES (Bot.). Plantes dont l'embryon est 
pourvu d'un ou de plusieurs cotylédons (V. CotylédOxN et 
Embryon). 

COTYLET (Bot.). Nom vulgaire du Cotylédon umbilicus 
L. (Umbilicus pendulinus DC), plante de la famille des 
Crassulacées, qu'on appelle également, suivant les localités, 
Nombril de Vénus, Ecuelle, Cymbalion, Queue-de-rondelle, 
Herbe-aux-hanches. C'est une herbe vivace, à feuilles 
charnues réniformes-arrondies, à fleurs d'un vert jaunâtre 
et pendantes, formant une grappe terminale très longue, 
occupant presque toute la tige. — Le C. umbilicus est 
commun sur les rochers et les vieux murs dans l'ouest et 
le midi de la France, où ses feuilles pilées sont employées 
topiquement contre les brûlures. Ed. Lef. 

COTYLODERMA (Paléont.) (V. Holopus [Paléont.]). 
COTYS. Nom de plusieurs rois deThrace : 1" Le premier 
fut un allié des Athéniens vers 382 av. J.-C, ils lui con- 
férèrent leur droit de cité; puis ils se brouillèrent avec 
lui ; il les défit avecl'aidede son beau-fils Iphicrate ; en 358 
il fut assassiné; il était violent et cruel. Athénée (XII, 42) 
cite de lui des traits odieux. — S*' Cotys, roi des Odryses, 
fils de Seuthes, s'allia à Persée contre les Romains. — 
3** Cotys, roi des Odryses, corrompit le proconsul de Ma- 
cédoine, L. Calpurnius Piso (57 av. J.-C.) et fit tuer par 
celui-ci le roi des Bessi, Rhabocentus. Il soutint Pompée 
dans la guerre civile, lui envoyant cinq cents cavahers com- 
mandés par son fils Sadala. — 4<* Cotys, fils du précédent, 
mourut jeune laissant deux fils mineurs. — 5<* Cotys, fils de 
Rhœmetalces, petit-fils du précédent, reçut d'Auguste à la 
mort de son père une partie de la Thrace, le reste étant 
attribué à son oncle Rhescuporis. Celui-ci tenta de le dé- 
pouiller, s'empara de lui par trahison et le fit tuer. Tibère 
condamna le meurtrier et partagea la Thrace entre ses fils 
et ceux de Cotys. — 6^ Cotys, fils du précédent, fut trans- 
féré par Cahgula dans la Petite-Arménie (V. Thrace). 

COU. I. Anâtomie et Pathologie. — Région du corps 
dont les limites sont : en haut et en avant le bord infé- 
rieur de la mâchoire ; en arrière , une ligne allant do 
l'angle du maxillaire à l'apophyse épineuse de la troisième 
cervicale ; en bas et en avant, la fourchette sternale et les 
clavicules ; en arrière, une ligne allant de l'extrémité 
externe de la clavicule à l'apophyse épineuse de la ver- 
tèbre proéminente, La forme du cou est irrégulièrement 
cylindrique ; sa grosseur varie suivant l'embonpoint et le 
développement musculaire, la largeur des épaules et des 
mâchoires ; sa longueur varie peu, car elle est toujours en 
rapport avec celle de la colonne cervicale, mais elle paraît 
diminuée chez les personnes grasses et très musclées. Grâce 
à la flexibilité du cou, la tête peut exécuter des mouvements 
assez étendus dans tous les sens : rotation, flexion en avant, 
en arrière et sur les côtés. On divise le cou en cinq régions 



afin d'en faciliter l'étude. Deux d'entre elles se trouvent en 
avant, deux sur les côtés, une en arrière. En avant, sont 
les régions sus-hyoïdienne et sous-hyoïdienne ; sur les côtés, 
les régions sterno-mastoïdienne ou carotidienne et sus-clavi- 
culaire ; en arrière est la région cervicale postérieure ou 
nuque. Nous les étudierons successivement au point de vue 
anatomique et au point de vue des déductions patholo- 
giques et opératoires qui en résultent. 

La région sus-hyoïdienne ou sous-mentonnière de 
Gerdy forme le plancher de la bouche. Elle est comprise 
entre la mâchoire inférieure, l'os hyoïde, et les bords in- 
ternes des muscles sterno-mastoïdiens. Chez les personnes 
grasses, elle présente d'épais replis qui semblent doubler 
et tripler le menton. La peau est très mobile, ce qui permet 
de l'employer dans les autoplasties de la région inférieure 
de la face. Les divers plans de tissus situés sous la peau 
sont, de la superficie à la profondeur : du tissu cellulo- 
graisseux qui se continue avec celui des régions voisines ; 
les fibres du muscle peaucier ; la portion sus-hyoïdienne 
de l'aponévrose cervicale, de la face profonde de laquelle 
partent des feuillets qui forment de minces gaines pour 
les muscles digastrique, stylo-hyoïdien, et une loge plus 
résistante pour la glande sous-maxillaire. Cette loge, re- 
couverte du côté de la peau par l'aponévrose, est limitée 
en dedans par le ventre antérieur du digastrique, en bas 
par son ventre postérieur et par le stylo-hyoïdien, en avant 
et en haut par la face postérieure du maxillaire inférieur 
qui présente à ce niveau une dépression, et par le muscle 
ptérygoïdien interne près de ses insertions à l'angle de la 
mâchoire; enfin, en arrière et en haut, par les muscles 
mylo-hyoïdien vers la ligne médiane et hypoglosse plus en 
dehors. En haut, la glande n'est séparée de la muqueuse 
buccale que par du tissu conjonctif. Sous la glande, le 
digastrique et le stylo-hyoïdien, on trouve un plan muscu- 
laire fermé en dedans par le mylo-hyoïdien et en dehors 
par l'hypoglosse. Au-dessus de ce plan existent, sur la ligne 
médiane, les muscles génio - hyoïdiens et génio-glosses ; 
en dehors, les glandes sublinguales et la muqueuse qui 
recouvre le plancher de la bouche. On trouve encore dans 
cette région les artères faciale, linguale et leurs branches, 
la sous-mentale et la sublinguale ; les veines de même nom ; 
des nerfs, dont les uns, superficiels, sont des filets de la 
branche cervico-faciale du nerf facial et s'anastomosent avec 
les filets du plexus cervical superficiel, et les autres, pro- 
fondes, sont : le grand hypoglosse, le lingual et le laryngé 
supérieur ; des vaisseaux lymphatiques qui suivent le même 
trajet que les vaisseaux sanguins, et des ganglions dont les 
uns siègent sur la ligne médiane et les autres en dehors de 
la glande sous-maxillaire. 

Déductions pathologiques et opératoires. On trouve dans 
la région sus-hyoïdienne des phlegmons et des abcès dont 
la gravité et l'étendue varient suivant qu'ils sont sus ou 
sous aponévrotiques. Les premiers sont en général bénins, 
les seconds très graves, parce qu'ils peuvent s'étendre à 
toutes les régions du cou et de la face, malgré les barrières 
aponévrotiques qui souvent sont impuissantes à en arrêter 
les progrès. Ils ont pour point de départ une plaie ou ulcé- 
ration de la bouche ou de la gorge, qui a livré passage aux 
microbes dont est remphe la cavité buccale ; ceux-ci 
gagnent les ganglions lymphatiques ou la glande sous-maxil- 
laire et donnent lieu à des adénites diverses , à l'angine de 
Ludwig, etc. Il faut inciser de bonne heure ces phlegmons 
et les désinfecter énergiquement avec des injections paren- 
chymateuses de solutions antiseptiques, la cautérisation au 
fer rouge, auxquelles il faut adjoindre l'antisepsie interne. 
Les ganglions lymphatiques du cou, quel que soit leur siège, 
peuvent être atteints d'inflammation chronique. Cette adénite 
chronique a pour cause soit la tuberculose, soit la syphilis, 
soit le cancer. L'adénite syphilitique suppure très excep- 
tionnellement ; l'adénite tuberculeuse rarement dans sa 
forme bénigne ou scrof uleuse, souvent dans une forme grave 
qui laisse après elle des fistules intarissables, des écrouelles 
(V. ce mot et Adénite). L'adénite cancéreuse donne lieu à 



des engorgements volumineux qui finissent par ulcérer la 
peau. Lorsque Fadénite n'est ni syphilitique ni cancéreuse, 
qu'elle soit suppurée ou non, il faut la traiter par les injec- 
tions d'éther iodo formé, qui ne laissent pas de cicatrices, et 
rejeter les extirpations et les cautérisations, qui sont plus 
dangereuses et moins efficaces (V. Adénite). L'ablation 
n'est applicable qu'au lymphadénome du cou et aux adénites 
cancéreuses. On trouve encore d'autres tumeurs dans cette 
région : des calculs salivaires dans le canal de Warthon, 
des cancers du plancher de la bouche ; des kystes saillant 
du côté de cette cavité et auxquels on a donné le nom de 
grenouillette (V. ce mot). Les principales opérations qu'on 
pratique dans cette région sont : la ligature de rar^^r<? lin- 
guale, l'ablation de la langue cancéreuse par l'écraseur, et 
la section des génio-glosses, pour remédier au bégayement 
(V. ces mots). 

Région sous-hyoïdienne. Elle forme la partie anté- 
rieure et médiane du cou ; ses limites sont : en haut , l'os 
hyoïde, en bas la fourchette du sternum, et sur les côtés les 
bords internes des muscles sterno-mastoïdiens. Chez l'homme 
maigre, on y remarque la sailHe formée par le cartilage 
thyroïde, et appelée pomme d'Adam, La peau est fixe, 
souple, mobile et dépourvue de poils, doublée d'une couche 
de graisse d'épaisseur variable, du /<2scm5w;?5r/icia/i5; elle 
recouvre les muscles peauciers et la veine jugulaire anté- 
rieure lorsqu'elle existe, puis l'aponévrose cervicale, une 
première couche musculaire formée par les sterno-hyoï- 
diens sur la ligne médiane et les omoplato-hyoïdiens en 
dehors, enveloppés par les feuillets de l'aponévrose cervicale 
moyenne ; une seconde, formée en haut par le muscle thyro- 
hyoïdien et en bas par le muscle sterno-thyroïdien. Les 
muscles sterno-thyroïdiens sont séparés par m intervalle 
triangulaire dont le sommet est en bas ; les sterno-hyoïdiens 
par un intervalle semblable dont le sommet est en haut ; il 
en résulte un espace quadrangulaire dans lequel on voit la 
trachée, et dans lequel on peut pratiquer la trachéotomie 
sans blesser ces muscles. Derrière eux, on trouve de haut 
en bas : l'os hyoïde, la membrane thyro-hyoïdienne, le 
cartilage thyroïde, la membrane crico-thyroïdienne recou- 
verte en dehors par le muscle crico-thyroïdien, le cartilage 
cricoïde, le premier anneau de la trachée, le corps thyroïde, 
organes qui seront décrits aux mots Larynx, Trachée, 
Thyroïde. De chaque côté de la trachée se trouvent les 
artères carotides, et en arrière l'œsophage, entourés d'un 
tissu cellulaire lâche le long duquel passe le pus des abcès. 
On trouve dans cette région les artères thyroïdiennes et leurs 
branches, les plexus veineux thyroïdiens et la veine thyroï- 
dienne moyenne, les deux nerfs laryngés du pneumogas- 
trique et des lymphatiques qui se rendent aux ganglions 
siégeant le long de la carotide, sous le corps thyroïde et en 
avant de la trachée. Comme la plupart des auteurs, nous 
exposerons les déductions pathologiques et opératoires après 
avoir rappelé l'anatomie des régions carotidiennes et sus- 
claviculaire. 

Région carotidienne ou sterno -mastoïdienne. Elle 
a la forme et les dimensions du muscle lui-même, celle d'un 
quadrilatère allongé, situé sur les parties latérales du cou. 
La peau est comme celle de la région sous-hyoïdienne ; dans 
la couche sous-cutanée , la veine jugulaire externe croise 
obliquement le muscle, ainsi que des filets du plexus cer- 
vical superficiel. L'aponévrose cervicale superficielle forme 
une gaine au muscle ; celui-ci est traversé à sa face pro- 
fonde par le nerf spinal qui lui abandonne quelques filets et 
va rejoindre le trapèze ; plus bas, il reçoit des filets de 
l'anse anastomotique de l'hypoglosse. Ce muscle recouvre 
encore les muscles sous-hyoïdiens et leur aponévrose, le 
sterno-hyoïdien et le sterno-thyroïdien, qui recouvrent la 
partie intérieure de la carotide, laquelle est croisée obli- 
quement, un peu plus haut, par l'omo-hyoïdien. Lorsque ces 
muscles sont enlevés, on trouve : en dedans, la trachée 
embrassée par le corps thyroïde, le larynx, l'os hyoïde, le 
ventre postérieur du digastrique et le stylo-hyoïdien ; en 
dehors, le scalène antérieur et le petit complexus couverts 



— 25 — COU 

par les branches du plexus cervical et par des ganglions 
lymphatiques ; enfin, au milieu , sont les vaisseaux caroti- 
diens et les nerfs qui les accompagnent, appliqués sur les 
muscles prévertébraux parla gaine carotidienne, qui réunit 
la carotide, la jugulaire interne, le nerf pneumogastrique, le 
grand sympathique et l'anse anastomotique de l'hypoglosse. 
Ces deux derniers sont en dehors de la gaine. Outre la caro- 
tide et ses branches, on trouve encore dans la région 
sterno-mastoïdienne, la sous-clavière, la vertébrale, la thy- 
roïdienne inférieure ; les veines sont les dfeux jugulaires 
antérieure et externe ; la jugulaire interne, la sous-clavière 
et le tronc veineux brachio-céphalique. Nous avons indiqué 
les nerfs. Quant aux lymphatiques, ils forment une chaîne 
de nombreux ganglions, et c'est dans cette région que le 
canal thoracique se jette dans la veine sous-clavière gauche, 
tandis qu'à droite la glande veine lymphatique présente la 
même disposition. 

Région sus-daviculaire. Située à la base du cou, cette 
région a la forme d'un triangle qui a pour côté externe le 
bord antérieur du trapèze, pour côté interne le bord externe 
du ster no-mastoïdien, pour base le tiers moyen de la cla- 
vicule et pour sommet le point de réunion des deux muscles 
précités. Chez les sujets maigres, elle forme un creux 
appelé creux sn^-claviculaire!^On y trouve de la superficie 
à la profondeur : la peau, fine et glabre, le fascia super- 
flcialis, quelques branches du plexus cervical superficiel, 
et la veine jugulaire externe, qui va traverser l'aponévrose 
cervicale superficielle pour aller se jeter dans la veine sous- 
clavière, puis l'aponévrose cervicale moyenne ; entre les deux 
sont du tissu adipeux et des ganglions lymphatiques. Entre 
ses feuillets se trouve la veine sous-clavière et le muscle 
omoplato-hyoïdien qui divise le triangle sus-claviculaire 
en deux triangles secondaires. Au-dessous, on trouve le 
scalène antérieur, l'artère sous-clavière et le plexus brachial, 
les branches inférieures du plexus cervical, du tissu adipeux 
et des ganglions lymphatiques. Les nerfs reposent sur un 
plan musculaire formé de haut en bas par le splénius, l'an- 
gulaire de l'omoplate et le scalène postérieur. Le muscle 
important de la région est le scalène antérieur, considéré 
comme le satellite de l'artère sous-clavière. Il sépare l'artère 
de la veine ; il est longé par le nerf phrénique, et il suffit 
de suivre le relief qu'il forme sous le bord externe du sterno- 
mastoïdien pour arriver sur le tubercule de la première côte 
auquel il s'insère, et sur Tartère au-devant de laquelle il 
passe. 

Région cervicale postérieure ou région de la nuque. 
On lui donne comme limites : en haut, une ligne allant de 
l'angle de la mâchoire inférieure à l'apophyse épineuse de 
la troisième vertèbre cervicale, qui la sépare arbitrairement 
de la région atloïdo-axoïdienne , et en bas une ligne allant 
de l'extrémité externe de la clavicule à l'apophyse proémi- 
nente de la septième vertèbre cervicale, La peau est dure, 
épaisse, élastique ; garnie de bulbes pileux vers la partie 
supérieure de la région, elle se rapproche, par ses carac- 
tères, du cuir chevelu. Le derme, très résistant, se confond 
avec les couches sous-cutanées par des trabécules de tissu 
fibreux qui se continuent jusqu'à l'aponévrose sous-jacente 
et qui étranglent , dans l'inflammation, le tissu rougeâtre 
contenu avec les glandes de la peau dans les aréoles qu'ils 
forment. Ainsi s'expliquent les douleurs si vives qui accom- 
pagnent les furoncles et les anthrax de la nuque. La peau, 
en passant sur les régions voisines, perd petit à petit ces 
caractères. Elle recouvre l'aponévrose cervicale superficielle 
et quatre couches de muscles ; la première comprend la por- 
tion cervicale du trapèze ; la seconde, le splénius, le rhom- 
boïde et l'angulaire de l'omoplate ; la troisième, les muscles 
grand et petit complexus ; la quatrième, très compliquée par 
le nombre de faisceaux qui le forment, comprend le trans- 
versaire du cou, les interépineux de la partie cervicale du 
sacro-lombaire ou muscle cervical descendant d'Albinus. Ces 
muscles forment de chaque côté de la ligne médiane une 
masse charnue arrondie qui augmente la solidité des arti- 
culations de la partie cervicale du rachis. Les artères de cette 



cou — COUA 



— 26 



région sont l'artère occipitale et ses branches descendantes, 
l'artère vertébrale, la cervicale profonde et la cervicale trans- 
verse ouscapulaire postérieure. Les veines forment un riche 
plexus qui communique largement avec le système veineux 
intrarachidien. Il existe parfois une veine jugulaire posté- 
rieure qui chemine entre le transversaire épineux et le grand 
complexus et va se jeter dans le tronc brachio-céphalique. 
Les vaisseaux lymphatiques rejoignent les ganghons caro- 
tidiens et sus-claviculaires et les ganglions sous-occipitaux. 
Les nerfs proviennent des branches postérieures des paires 
cervicales. Le squelette du cou est formé par la partie cer- 
vicale du rachis et sera décrit à ce dernier mot. Tous les 
organes dont nous venons de parler sont enveloppés par des 
aponévroses dont la description n'est pas sans intérêt. On 
trouve d'abord le fascia superficialis ^ qui se dédouble 
pour envelopper le peaucier, puis l'aponévrose cervicale super- 
ficielle, qui sert d'enveloppe au cou. Elle s'insère en haut : 
à la ligne courbe supérieure de l'occipital, à l'apophyse 
mastoïde, à l'aponévrose parotidicnne et à la base de la 
mâchoire ; en bas, à la fourchette sternale, les clavicules et 
l'acromion. En dehors et en arrière elle se continue avec 
l'aponévrose superficielle de l'épaule et du dos. Elle forme 
deux loges, une antérieure et une postérieure, séparées par 
un feuillet qui, parti de la face profonde, va rejoindre les 
apophyses transverses des vertèbres cervicales, la clavicule 
au niveau de l'insertion du scalcne antérieur et les côtes 
supérieures. La loge postérieure renferme le trapèze; l'an- 
térieure, le sterno-mastoïdien, auquel elle forme une gaine, 
puis enveloppe la glande sous-maxillaire, et fixe par une de 
ses expansions à l'os hyoïde auquel elle s'insère, le tendon 
du digastrique ; elle fournit encore des loges aux muscles 
mylo-hyoïdien , génio-hyoïdien , hyoglosse et génio-glosse. 
L'aponévrose cervicale moyenne est formée par les gaines 
des muscles sterno-hyoïdiens et thyroïdiens sur la ligne 
médiane et par celles des muscles omoplato-hyoïdiens en 
dehors. Elle s'insère en haut à l'os hyoïde et au cartilage 
thyroïde, en bas à la face postérieure du sternum et des clavi- 
cules et au muscle sous-clavier. Elle maintient béants les 
troncs brachio-céphaliques et les veines sous-clavières, et faci- 
lite ainsi la circulation dans les mouvements du cou et de la 
poitrine. Enfin un troisième plan aponévrotique, aponévrose 
cervicale profonde, ou aponévrose pré vertébrale, est appliqué 
sur les muscles prévertébraux qu'il sépare de l'œsophage 
et des vaisseaux carotidiens. Il s'insère aux apophyses trans- 
verses des vertèbres cervicales. 

Développement du cou. Cette partie du corps provient 
des fentes et des arcs branchiaux ou pharyngiens qui appa- 
raissent vers la fin du premier mois do la vie fœtale. Le pre- 
mier arc forme les deux maxillaires, l'aile externe de l'apo- 
physe ptérygoïde, le marteau et l'enclume ; le second, l'étrier, 
les éminences papillaires de la paroi postérieure de la caisse 
du tympan, l'apophyse styloïde, le ligament stylo-hyoïdien 
et les petites cornes de l'os hyoïde ; le troisième, le corps et 
la grande corne de cet os ; le quatrième concourt au déve- 
loppement des parties molles du cou. Le larynx, la trachée 
et les organes glandulaires qui leur sont annexés se déve- 
loppent dans le tissu embryonnaire qui occupe l'espace 
situé entre l'extrémité interne des derniers arcs pharyn- 
giens. Dès la seconde moitié du second mois, les fentes bran- 
chiales disparaissent pour faire place à l'état définitif, sauf 
certains points qui peuvent ne pas se réunir et produisent 
des fistules congénitales à la partie antérieure du cou. 

Applications pathologiques et opératoires. Les plaies 
du cou peuvent être superficielles ou profondes, n'atteindre 
que la peau ou les organes qu'elles recouvrent. Dans le pre- 
mier cas, elles sont rarement graves ; dans le second, elles 
peuvent entraîner la mort, soit immédiatement par la perte 
de sang qu'elles occasionnent quand les grands vaisseaux 
sont ouverts, soit plus tard, lorsque l'inflammation s'empare 
des plaies. La gravité des plaies sera étudiée aux articles 
Carotide, Trachée, Larynx, OEsophage, JuouLAmE, etc. 
Les phlegmons et abcès du cou suivent dans leur dévelop- 
pement les barrières imposées par les aponévroses. S'ils 



sont superficiels, ils s'arrêtent vite, s'ils sont situés au- 
dessous de l'aponévrose cervicale superficielle, ils peuvent 
s'étendre et donner Keu aux phlegmons larges de Dupuy- 
tren, sans toutefois dépasser la clavicule, ni gagner la poi- 
trine ; s'ils sont situés dans l'aponévrose cervicale moyenne, 
ils peuvent au contraire envahir les médiastins. Mais ces 
barrières aponévrotiques ne sont pas infranchissables, et le 
phlegmon peut passer d'une couche à une autre, résultat 
défavorable quand il passe de la couche superficielle à la 
couche profonde, favorable au contraire quand il suit une 
marche inverse, parce qu'alors il a moins de tendance à fuser 
vers la poitrine. Ces phlegmons sont dangereux parce qu'ils 
indiquent toujours un état infectieux dont le point de départ 
est souvent la bouche ou le pharynx, parce qu'ils peuvent 
provoquer l'asphyxie par œdème de la glotte, ou provoquer 
une suppuration qui épuise le malade. Aussi faut-il ouvrir 
ces abcès le plus tôt possible et les désinfecter soigneusement. 
Les tumeurs du cou sont nombreuses. Nous avons déjà parlé 
des adénites ; il en est encore d'autres, les anévrysmes et les 
tumeurs du corps thyroïde, qui seront décrites dans d'autres 
parties de cet ouvrage ; d'autres appartiennent en propre au 
cou, ce sont les kystes séreux ou hydrocèles du cou, les 
hygromas des bourses séreuses thyro-hyoïdienne et pré- 
thyroïdienne. Il existe aussi des tumeurs gazeuses, déve- 
loppées auteur du larynx et de la trachée, et qu'on a décrites 
sous les noms de laryngocèle^ trachéocèle^ aérocèle, etc. 
Nous signalerons encore les pseudo-lipômes sus-claviculaires, 
fréquents chez les arthritiques et chez les sujets atteints de 
myxœdème. On observe aussi au cou de l'emphysème qui 
reconnaît diverses causes : les plaies du cou, les plaies du 
larynx ou de la trachée, les fractures de côtes compliquées 
de blessure du poumon ; la rupture des vésicules pulmo- 
naires dans des quintes de toux causées par la coqueluche, 
la tuberculose, etc. Nous avons dit plus haut que les arcs 
branchiaux, en se réunissant, pouvaient laisser des fistules 
congénitales ; suivant leur point de départ, ce sont des fis- 
tules trachéales ou pharyngiennes (V. Fentes branchiales). 
Tantôt ces fistules vont directement de la peau au pharynx 
et à la trachée, ce sont alors des fistules complètes ; tantôt 
leur trajet est oblitéré en partie, et alors elles sont ouvertes 
soit en dehors (fistules borgnes externes), soit en dedans 
(fistules borgnes internes). Le trajet est plus ou moins 
flexueux, tapissé d'une muqueuse plus ou moins par- 
faite et l'orifice laisse suinter une quantité variable de 
mucus. Elles ne constituent pas une affection dange- 
reuse mais gênante, qu'on peut traiter par la cautérisation 
ou par l'excision. Outre les fistules congénitales , il existe 
aussi des fistules consécutives à des blessures du cou et qui 
sont dites traumatiques. Elles succèdent surtout aux plaies 
du larynx et de la trachée. Les tumeurs du cou nécessitent 
diverses opérations rendues difficiles par les nombreux 
vaisseaux et nerfs qui s'y trouvent et qu'il est souvent 
impossible de ne pas blesser. Parmi les accidents graves, 
signalés dans le cours de ces opérations, il faut surtout 
citer l'ouverture de la carotide et même de la crosse 
de l'aorte, l'ouverture de la jugulaire interne, suivie de la 
pénétration de l'air dans cette veine, et de mort presque 
subite, etc. D'' L.-H. Petit. 

IL Marine. — Cou de cygne. Tige de fer recourbée 
que l'on installe à l'arrière du stoppeur, et qui sert à 
modérer les mouvements de la chaîne d'ancre, ou même 
à l'arrêter complètement. Cette tige tourne autour d'un 
pivot ; elle porte de plus un levier qui permet d'abaisser 
à volonté le cou de cygne, ou de le relever, selon que l'on 
veut stopper ou laisser filer la chaîne. 

COUA (Ornith.). Le genre Coua (Cuv.) dont on a fait le 
type d'une tribu (Couanœ) de la famille des Cueulidés 
(V. ce mot) appartient exclusivement à la faune de Mada- 
gascar, et fournit à cette faune quelques-uns de ses éléments 
les plus caractéristiques. Il renferme une douzaine d'espèces 
de Coucous aux ailes courtes et obtuses, à la queue longue 
et raide, aux tarses élevés et revêtus de grandes scutelles, 
aux yeux entourés d'un espace dénudé, au plumage lâche et 



— 27 — 



COUA — COUBERTfN 




Coua serriana Puch. 



d'aspect duveteux dans la région anale. Ces espèces, qui 
sont très localisées, et dont les unes habitent les forêts 
humides du versant occidental, les autres les plaines sablon- 
neuses de la région orientale, se distinguent par leurs 
dimensions et par les teintes de leur livrée. Ainsi le Coua 
Reynaudii Puch. a le dessus du corps d'un vert cuivré, à 

reflets bleus et do- 
rés, le sommet de 
la tète d'un roux 
ferrugineux, la 
poitrine et le ventre 
d'un gris d'acier; 
chez le Coua cris- 
tata Puch., la tète 
est ornée d'une 
huppe gr!se, le dos 
est couvert d'un 
manteau gris, les 
rémiges sont d'un 
bleu d'acier, et les 
pennes caudales 
d'un bleu violacé, 
avecdes taches 
blanches , tandis 
que la poitrine est 
d'un jaune citron, 
et l'abdomen d'un 
blanc pur; le toia 
cœrulea porte une ^ 
livrée d'un bleu' 
rabattu de noir; 
le Coua serriana 
Puch. est en dessus d'un vert olive foncé, en dessous 
d'un rouge sombre sur la poitrine et sur l'abdomen ; 
enfin le Coua gigas Bodd. dont la livrée offre une 
association de vert obscur et de roux, atteint plus de 
60 centim. de long et se distingue de toutes les autres 
espèces par ses fortes proportions. — Les Couas sont des 
oiseaux farouches et qui vivent isolés, sauf dans la saison 
des amours. Les uns sont essentiellement arboricoles et 
sautillent de branche en branche en poussant des cris 
aigus à la façon des Pies, les autres courent sur le sol, en 
laissant traîner à terre leur longue queue dont l'extrémité 
est toujours usée. Leur vol est lourd, pénible et incertain. 
Le régime des Couas est assez varié, quoique les insectes 
forment le fond de leur nourriture, et leurs habitudes dif- 
fèrent à plusieurs égards de celle des Coucous ordinaires 
(V. Coucou). M. Grandidier a constaté, en effet, qu'ils con- 
struisent des nids et qu'ils couvent leurs œufs, qui sont 
généralement de couleur blanche. E. Oustalet. 

BiBL. : Alph. MiLNE Edwards et Alf. Grandidier, Hist. 
physique^ naturelle et politique de Madagascar, 1879, 
t. XII, Oiseaux^ p. 138 et pi. 41 et suiv. 

CD U AC (Mus.) . Accident vocal qui consiste, selon la théo- 
rie la plus vraisemblable, dans le passage d'un registre de la 
voix à un autre, avec retour subit au registre primitif. Il se 
produit presque exclusivement dans l'émission des sons de 
poitrine, et spécialement sur les notes aiguës. On l'évite 
par l'exercice patient de la voix, par la graduation obser- 
vée dans les effets de puissance, et surtout par la régularité 
et l'égalité avec laquelle le chanteur doit pousser l'air. A. E. 

COUAGGA (V. Cheval, t. X, p. 1423). 

COUAILHAC (Jean-Joseph-Louis), publiciste et litté- 
rateur français, né à Lille le 28 nov. 1810, mort à Paris le 
12 déc. 188o. Après avoir achevé ses études au collège 
Henri IV à Paris et occupé à Lyon une chaire de grammaire, 
il quitta l'enseignement en 1833 et collabora au Temps ^ 
au Messager^ au Courrier français, au Charivari et 
enfin à la Patrie (1837). En 18o!2, il soutint la politique 
du prince-président dans le Nord^ à Lille, et dans la Nor- 
mandie, à Rouen, journaux fondés par M. Delamarre et 
qui, sauf une partie locale, reproduisaient les articles de 
fond de la feuille parisienne. Couailhac fournit à la Presse, 



de 1854 à 1856, une correspondance sur les affaires d'Es- 
pagne dont l'un de ses frères, domicilié à Madrid, lui 
envoyait les matériaux, et à V Indépendance belge une cor- 
respondance parisienne. Secrétaire-rédacteur du Sénat de 
l'Empire, il reprit ses fonctions en 1876 avec le titre de 
chef adjoint du compte rendu analytique. 

M. L. Couailhac a écrit un certain nombre de romans et 
de nouvelles : les Sept Contes noirs (Lyon et Paris, 1832, 
in-8) ; Avant l'orgie (1836, 2 vol. in-8) ; Pitié pour 
elle! (4837, 2 vol. in-8) ; Une Fleur au soleil (1838, 
2 vol, in-8) ; les Mères d'Actrices (1843, 3 vol. in-8); la 
Physiologie du Célibataire et de la Vieille Fille (1843, 
in-32) , du Jardin des plantes (1844, in-32), du Jour 
de l'An (4842, in-32), du Théâtre à Paris et en pro- 
vince (iS^'i, in-32); Im Bruyère Charivarique (4842, 
in- 12, ill.), et le Livre amusant (4842, in-I2) à l'usage 
de la jeunesse. Collaborateur de Laurencin, Marc Michel, 
B. Antier, Varin, Ed. Brisebarre, etc., il a signé une tren- 
taine de vaudevilles, entre autres Brutus ou le Dernier 
Soldat du guet (4843); la Cuisinière mariée (4845); 
l'Affaire Chaumontel (4848), etc. M. Tx. 

COUANGO (V. CoANGo). 

GOUANZA (V. Coanza). 

COUARASASE. Com. du dép. des Alpes-Maritimes, 
arr. de Nice, cant. de Contes; 628 hab. 

COUARDE (La). Com. du dép. de la Charente-Inférieure, 
arr. de La Rochelle, cant. d'Ars-en-Ré; 4,270 hab. 

COUARGUES. Com. du dép. du Cher, arr. et cant, de 
Sancerre; 464 hab. 

COU AT (Auguste), professeur français, né à Tou- 
louse en 1846. Elève de l'Ecole normale supérieure 
(promotion de 1866), il fut nommé en 1878 professeur de 
langue et de littérature grecques à la faculté des lettres 
de Bordeaux, et en 1887 recteur de'l'académie de Douai, 
transférée à Lille. Parmi ses ouvrages nous citerons : ses 
deux thèses de doctorat : De Horatio veterum latinorum 
poetarum judice (4874), Etude sur Catulle {i^l A) et 
Notes sur la versification des hymnes de Callimaque 
(dans Ann. de laFac. de Bo7''deaux àe iS8^); la Poésie 
Alexandrine sous les Ptolémées (Paris, 1882, in-8). 

COUBERT (Cuî-tis Behardi). Com. du dép. de Seine- 
et-Marne, arr. de Melun, cant. de Brie-Comte-Robert; 
645 hab. Au commencement du xviii^ siècle, la seigneurie 
de ce lieu fut érigée en comté au profit de Samuel Bernard, 
financier célèbre, qui y fit construire un beau château encore 
existant. Le chœur de Féglise, dédiée à sainte Geneviève, 
est un bel ouvrage du milieu du xiii^ siècle. 

BiBL. : L'abbé Lebeuf, Eist. du diocèse de Paris, t. Y, 
pp. 149-154 de l'édit. de 1888. 

COUBERTIN (L.-Charles de), peintre français, né à 
Paris le 23 avr. 4822. Elève de l'atelier Picot, cet artiste 
s'est adonné au genre historique ; il a produit un grand 
nombre de tableaux représentant des scènes de la vie ita- 
lienne, des compositions religieuses, des épisodes drama- 
tiques, qui sont d'une exécution soignée, mais de cette 
facture un peu sèche et uniforme qui caractérise la manière 
de l'école de 4840, à laquelle il est resté fidèle. Nous cite- 
rons parmi les œuvres de M. de Coubertin : la Découverte 
du groupe de Laocoon à Piome, en i506 (Salon de 4846); 
Episode de la peste de Milan (4854), au musée de Laval ; 
Messe pontificale le jour de Saint-Pierre, à Rome (4 857 ) ; 
Joueurs de boules au Colysée (iS^9) ; le Vendredi saint 
à Palerme (1864), acquis par l'Etat pour le musée du 
Luxembourg ; Séance de concile à Rome (4872) ; l'Armée 
française à Loigny en iSlO (4875), qui se trouve dans 
l'église de Loigny ; Louis XVII au Temple (4876) ; 
Une Sérénade à Vicence (4883); Hospitalité de nuit 
(4887); etc. Parmi les compositions religieuses de cet 
artiste, mentionnons : la Mort du P. Ravignan (4863) ; 
la Mort de saint Stanislas Kostka (4865) ; et la Mort 
miraculeuse de saint Jean de Dieu, qui se trouve dans 
la chapelle des enfants infirmes de la Seine (4876). M. de 
Coubertin est chevalier delà Légion d'honneur depuis 4865. 



COUBEYRAC — COUCHE 



— 1H 



COUBEYRAC. Com. du dép. de la Gironde, arr. de Li- 
bourne, cant. de Pujols ; 219 hab. 

COU BISON. Com. du dép. de FAveyron, arr. d'Espa- 
lion, cant. d'Estaing; 4,777 hab. 

COU B JOURS. Com. du dép. de la Dordogne, arr. de 
Périgueux, cant. de Hautetort ; 466 hab. 

COU BLANC (Confluentes). Com. du dép. de la Haute- 
Marne, arr. de Langres, cant. de Prauthoy; 401 hab. 
Non loin du village se trouve une grotte curieuse appelée 
Couverte-Fontaine. La seigneurie de Coublanc, érigée en 
marquisat dès le xv® siècle, releva longtemps de l'évèché de 
Langres; elle passa tout entière, vers la fin du xv® siècle, 
aux mains de la maison d'Anglure, qui la conserva jus- 
qu'aux premières années du xvni^ siècle. , A. T. 

COUBLANC. Com. du dép. de Saône~et-Loire, arr. 
de Charolles, cant. de Chauffailles; 2,039 hab. 

COUBLEVIE. Com. du dép. del'Isère, arr. de Gre- 
noble, cant. de Voiron, au pied de la chaîne du Raz ; 
4,612 hab. Aciérie, taillanderie; tréfilerie d'or et d'ar- 
gent; papeterie. Noviciat de dominicains. Ancien château 
de Beauregard, occupé depuis 4824 par une communauté 
de religieuses de l'ordre de Saint-Bruno (Chartreusines). 

COUBLUCQ. Com. du dép. des Basses-Pyrénées, arr. 
d'Orthez, cant d'Arzacq ; 253 hab. 

COU BON. Com. du dép. de la Haute-Loire, arr. et 
cant. du Puy, au confluent de la Loire et de la Laus- 
sonne; 2,674 hab. Eaux minérales. Sûr la place du vil- 
lage est dressé un cippe gallo-romain. Ruines du château 
féodal de Bouzols, de la tour à signaux de la Roche, du 
château de Poinsac. Nombreuses grottes creusées de main 
d'homme qui servent de granges et d'étables. 

COUBOURG (Tissu). Ce nom a été donné à un certain 
moment à des tissus laine et soie. 

COUBOUS ou KOUBOUS (V. Sumatra). 

COUBRON. Com. du dép. de Seine-et-Oise, arr. de 
Pontoise, cant. du Raincy ; 328 hab. 

COUCAL (Ornith.). Nom vulgaire des Coucous de grande 
taille pour lesquels Illiger a établi le genre Centropus 
(V. ce mot). 

COUCHAN (Abbaye de) (V. Saint-Michel-de-Cuxa). 

COUCHANT (Astron.). Lieu où le soleil paraît se cou- 
cher, suivant le langage ordinaire. Les astronomes emploient 
le mot occident, les marins disent Vouest, Comme pour 
une station donnée, ce Heu change de jour en jour en rai- 
son de la variation de la déclinaison du soleil, on prend 
pour point fixe du couchant l'endroit où le soleil se couche 
aux équinoxes : ce point partage en deux parties égales le 
demi-cercle de l'horizon qui est situé entre le midi et le 
N. (à droite quand on est tourné vers le S.). Le cou- 
chant d'hiver est situé entre le midi et le couchant vrai, 
et d'autant plus éloigné de ce dernier que la déclinaison du 
soleil et l'élévation du pôle au-dessus de l'horizon sont plus 
grandes. Le couchant d'été, situé entre le N. et le co2i,- 
chant vrai, en est d'autant plus éloigné que la déclinaison 
du soleil et la latitude du lieu sont plus grandes. Cette dis- 
tance s'appelle l'ampZtod!^ (V. ce mot). L. Barré. 

COUCHANT ET Levant (Ane. dr. fr.). Termes fré- 
quemment employés dans l'ancien droit coutumier, pour 
exprimer l'idée de résidence habituelle dans un lieu déter- 
miné. On ne s'en servait qu'en parlant des serfs et des 
roturiers, pour désigner la seigneurie dans laquelle ils 
résidaient effectivement ; on disait qu'ils étaient couchants 
et levants de tel seigneur. Ces termes n'exprimaient 
qu'un état de fait ; mais quand cet état se prolongeait pen- 
dant un an et un jour, il avait pour conséquence de mettre 
le serf dans la dépendance personnelle du seigneur dont il 
était couchant et levant, de rendre le roturier justiciable de 
la seigneurie où il couchait et levait. Lorsqu'elle amenait ces 
effets juridiques, la résidence prenait le caractère d'un domi- 
cile légal; aussi Loysel disait-il au xvi^ siècle : « Le domicile 
s'acquiert par an et jour et se prend au lieu où on couche 
et lève au jour Saint-Remi. » (V. Domicile.) Ch. M. 

COUCHE. I. Anatomie. — Couche de bAtonnbts 



(V. Rétine). — Couche optique (V. Cerveau). — Couche 
DE Malpighi (V. Peau). D»^ L. Hn. 

IL Horticulture. — On nomme couche des amas de 
matières fermentescibles et capables de produire par cette 
fermentation une élévation de température. Les couches 
jouent en horticulture un rôle important ; elles servent dans 
tous les cas où il est utile de placer les plantes dans un mi- 
lieu à température plus élevée que n'est celle de l'air am- 
biant. Elles jouent un rOle prépondérant dans la production 
des primeurs et dans la multiplication des plantes par les 
moyens des semis, du bouturage et de la greffe. — Les ma- 
tières employées pour la confection des couches peuvent être 
quelconques ; dans la pratique on les divise en substances 
d'origine purement végétale et en celles auxquelles sont 
mélangées des matières organiques, qui constituent les fu- 
miers et résultent, pour la plupart, des litières fournies aux 
animaux domestiques vivant en stabulation plus ou moins 
complète. — Les fumiers sont plus généralement em- 
ployés pour la confection des couches que ne le sont les 
substances purement végétales ; la raison en est qu'elles 
fermentent plus activement et donnent par suite un déga- 
gement de chaleur beaucoup plus grand. — Quelle que soit 
la matière employée il est certains principes généraux qu'il 
est utile de connaître et qui se rapportent à la production 
de la chaleur et à la marche qu'elle suit dans la masse de 
la couche : 1^ la production de la chaleur est due à une 
fermentation ; en effet, si l'on stérilise le fumier à l'aide de 
matières antiseptiques, l'on constate qu'il n'y a plus d'élé- 
vation de température dans la masse ; 2* la fermentation 
est surtout aérobie, c.-à-d. qu'elle a besoin du concours de 
l'air pour se produire; d'où la pratique, d'une part d'aérer 
le fumier avant que de le faire servir, d'autre part de dé- 
molir la couche et de la construire à nouveau quand elle 
cesse de chauffer, c.-à-d. de fermenter ; 3^ l'intensité de la 
chaleur dégagée est toujours fonction de la masse et elle est 
en raison directe de celle-ci, c.-à-d. que plus l'amas est 
grand plus la chaleur dégagée est forte d'où il faut con- 
clure qu'il convient de proportionner cette masse à "effet 
calorifique que l'on veut obtenir ; 4^ la chaleur ne suit par 
une marche uniforme, elle s'élève brusquement au début 
donnant ce que les jardiniers nomment le coup de feu, 
puis s'abaisse jusqu'à un point appelé la température 
normale de la couche ; laquelle a une durée plus ou moins 
grande suivant les substances employées, moins la chaleur 
est vive plus son dégagement a de durée ; 5° c'est avec 
les substances donnant une chaleur très élevée que le coup 
de feu se produit le plus rapidement. L'écart entre la tem- 
pérature du coup de feu et la chaleur normale est d'autant 
plus grand que les substances employées fermentent plus 
activement. 

Dans la pratique courante les substances le plus généra- 
lement employées pour l'édification des couches sont avant 
tout le fumier de cheval, puis celui de bergerie. Les feuilles 
d'arbres et l'écorce de chêne ayant servi au tannage des 
peaux donnent des couches à fermentation lente mais de 
durée très grande. — La construction des couches se fait 
suivant des principes qui sont toujours les mêmes. Le fu- 
mier à employer doit d'abord être soumis à l'aération et 
pour cela répandu préalablement sur le sol, puis agité à la 
fourche afin d'en rendre la masse homogène. On le dispose 
ensuite en un amas régulier dont les dimensions en largeur 
et en hauteurvarient suivant l'importance que l'on veut don- 
ner à la couche et Télévation de température que l'on veut 
obtenir. La chaleur dégagée étant fonction de la masse il y 
a intérêt à construire les couches sur des surfaces plus 
grandes. Les couches ne servent jamais seules ; pour rete- 
nir la chaleur produite on les recouvre de châssis ou de 
cloches (V. ces mots) ; il convient donc de proportionner la 
dimension au nombre de châssis ou de cloches que l'on 
veut employer. Si l'on suppose que l'on ait à construire une 
couche pour un seul châssis, on trace sur le sol, qui doit 
être parfaitement plan et jamais creusé en forme de fosse, 
l'emplacement occupé par ce châssis et l'on réserve encore 



— 29 --. 



COUCHE — COUCHER 



en plus, tout au tour, un espace de 0^30 environ de large. 
Toute cette surface sera recouverte de fumier que l'on mé- 
langera bien, que l'on foulera aux pieds, et l'on donnera à la 
masse une hauteur variable entre 0^30 et 0"*70 suivant 
la température plus ou moins élevée que l'on veut obtenir. 
•— Sitôt que la couche est construite et qu'on l'a foulée 
aux pieds, on l'arrose de laçon que toute la masse soit 
mouillée, ce qui est une condition indispensable pour que la 
fermentation s'établisse. On place alors le coffre du châssis 
et l'on met à l'intérieur la quantité de terre ou de terreau 
nécessaire à la culture des plantes que l'on y veut placer, 
puis autour sur l'espace de la couche resté libre on réunit 
du fumier et l'on forme le réchaud qui est une sorte de 
couche supplémentaire destinée à garnir complètement les 
parois du coffre et à préserver ainsi l'intérieur de toute 
déperdition de chaleur. Lorsque la couche commence à 
moins chauffer on démolit les réchauds, on y ajoute du fu- 
mier frais et on l'établit à nouveau. — Les maraîchers de 
Paris, qui construisent des couches sur de grandes surfaces, 
commencent à les établir généralement en décembre. Ils 
cultivent sur leur surface quelçjue salade et lorsque la ré- 
colte de celle-ci est faite en janvier ou février, ils démo- 
lissent complètement la couche, y ajoutent du fumier frais 
en proportion de moitié et la construisent à nouveau. Elle 
servira ainsi jusqu'au printemps pour la culture de plantes 
diverses. C'est ce que l'on nomme dans la pratique horti- 
cole des couches de retourne. Lorsque la couche a fini 
de chauffer, que le fumier qui la forme est complètement 
décomposé, il constitue du terreau qui servira, mélangé à 
la terre, à recouvrir les couches et à constituer le milieu 
dans lequel les plantes seront cultivées, J. Dybowskj. 

Couche a champignons (V. Agaric). 

III. Géologie (V. Sédiment et Stratification). 

COUCHE (Charles), inspecteur général des mines, né le 
U janv. 4815, mort le U juil. 1879. H fut un des 
membres les plus éminents du corps des mines ; depuis 
4848, il était professeur de construction et de chemins de 
fer à l'Ecole nationale des mines et il exerça pendant plus 
de vingt ans les fonctions d'ingénieur du contrôle de l'Etat 
près les chemins de fer de Paris à Lyon et de l'Est. Il fut 
nommé, en 1878, président du jury de la classe 64, che- 
mins de fer. Couche publia un grand nombre de mémoires 
relatifs à des questions de chemins de fer, mais tous ces 
travaux sont venus se fondre dans un grand ouvrage qui a 
paru de 4867 à 4874 sous le titre de Voie, matériel rou- 
lant et exploitation des chemins de fer, dont les trois 
volumes résument trente années de son existence. Ce traité 
est encore actuellement le recueil le plus complet et le 
plus instructif qui ait été publié sur cette matière et long- 
temps après que les types décrits par l'auteur auront fait 
place à d'autres plus récents, on ira encore chercher dans 
ce livre l'exposé lumineux des principes à observer et le 
modèle d'une discussion à la fois savante et pratique. 

COUCHÉ (Jacques), graveur français, né à Gournay en 
4750, mort à Paris en 4832. Elève de Levasseur, il a gravé 
de charmants sujets de genre d'après des maîtres français 
contemporains, et est surtout connu par la publication de 
la Galerie du Palais-Royal (Paris, 4786-4808, 3 vol. 
gr. in-fol., 352 pi. ; nouv. édit., 1858 et suiv., 340 pi. 
in-4). — Son fils, François-Louis^ né à Paris en 4782, 
mort à Paris le 5 oct. 4849, élève du peintre Louis Lafitte 
et de son père, a gravé un nombre énorme de planches 
historiques : batailles de l'Empire, portraits de généraux 
et autres, costumes, etc., et 60 pi. de Monuments de 
Paris (4848, in-8). G. P-i. 

COUCHER. I. Astronomie. — Le coucher est le 
moment où un astre disparait en descendant au-dessous de 
l'horizon. Le coucher héliaque d'une étoile a lieu quand 
elle est sur l'horizon, le soleil étant au-dessous et en un 
point de l'écliptique assez bas pour que l'étoile soit visible 
dans la clarté crépusculaire. Le coucher cosmique a lieu 
quand l'étoile se couche en même temps que le soleil, et 
le coucher acronique lorsque l'étoile se couche au moment 



du lever du soleil. Le coucher héliaque, le coucher cosmique 
et le coucher acronique s'appellent aussi couchers poé- 
tiques. L. B. 

II. Histoire. — Grand et petit coucher du roi. — 
Sous Louis XIV, le coucher du roi se divisait en deux 
actes, le premier appelé grand coucher, h second petit 
coucher. Nous ne pouvons mieux faire pour donner une 
idée des minuties de l'étiquette sous Louis XIV que de trans- 
crire le cérémonial du grand coucher tel qu'il se trouve 
dans VEtat de la Finance de 4687 : « Le Roy sort de son 
cabinet et trouve à la porte le maître de la garderobe qui 
l'attend et entre les mains duquel il met son chapeau, ses 
gans et sa canne, son épée et son baudrier ou ceinturon : et 
les valets de garderobe prennent ensuite toutes ces bardes 
pour les porter à la toillette. L'huissier de chambre fait faire 
place devant Sa Majesté qui va faire sa prière à la ruelle de 
son lit, prenant de l'eau bénite, et s'agenouillant comme le 
matin sur deux coussins qui sont préparés à terre devant un 
fauteuil ; l'aumônier de jour tient le bougeoir pendant les 
prières du roy, et dit à la fin l'oraison Quœsumus, omni- 
potens DeuSj utfamalus tuus LudoviciisRexnoster, etc. 
Si le lendemain il doit y avoir quelque ordre extraordinaire 
pour la messe. Sa Majesté le dit à l'aumônier, pour le faire 
entendre aux chapelains, aux clercs de chapelle et au 
sommier de la chapelle et oratoire du roy. Quand je dis à 
l'aumônier, c'est toujours à dire au plus qualifié des au- 
môniers : au grand aumônier, s'il y^ est, ou au premier 
aumônier, ou bien à un autre aumônier. Le roy se met de 
l'eau bénite au front et se lève ensuite de ses prières. 
Alors le premier valet de chambre, après avoir pris le bou- 
geoir que tenait l'aumônier, reçoit des mains de Sa Majesté 
la petite bourse où sont les reliques et reçoit sa montre. 
Il marche devant le Roy, et donne à tenir ce bougeoir à 
celuy des seigneurs que luy marque Sa Majesté, c'est un 
honneur de tenir le bougeoir au coucher du roy, c'est 
pourquoy Sa Majesté le fait donner aux princes et seigneurs 
étrangers, quand il s'en rencontre quelqu'un. (Vous remar- 
querés en passant qu'il n'y a que le roy seul qui ait un bou- 
geoir à deux bobèches^ et par conséquent à deux bougies ; les 
bougeoirs pour la reine, quand il y en a une, pour mon- 
seigneur et autres, n'ont qu'une bobèche et qu'une bougie.) 
Dans ce moment l'huissier de chambre fait encore faire 
place devant le roy, qui vient vers le fauteuil qui luy a 
été préparé, et Sa Majesté debout se déboutone, dégage son 
cordon bleu : puis le maître de la garderobe luy tire la 
veste, et par conséquent le cordon bleu, qui y est attaché 
et le juste-au-corps qui est encore par dessus. Ensuite il 
reçoit aussi la cravate des mains du roy, remettant toutes 
ces bardes entre les mains des officiers de la garderobe. Sa 
Majesté s'assied en son fauteuil et le premier valet de 
chambre et le premier valet de garderobe lui défont ses 
jarretières à boucles de diamans l'un à droite, l'autre à 
gauche. Les valets de chambre ôtent du côté droit le sou- 
lier, la chausse, le haut de chausse et le canesson du roy : 
pendant que les valets de garderobe qui sont du côté 
gauche luy déchaussent pareillement le pié, la jambe et 
la cuisse gauche. Les deux pages de la chambre qui sont 
de jour ou de service donnent les mules ou pantoufles à 
Sa Majesté. Un valet de garderobe envelope le haut-de- 
chausse du roy dans une toilette de taftas rouge, et le va 
porter sur le fauteuil de la ruelle du lit, avec l'épée de 
Sa Majesté. Les deux valets de chambre qui ont été derrière 
le fauteuil tiennent la robe de chambre à la hauteur des 
épaules du roy, qui dévêt sa chemise pour prendre sa 
chemise de nuit, qu'un valet de garderobe chauffe, s'il en 
est besoin. C'est toujours le plus grand prince ou officier 
qui donne la chemise au roy; comme nous avons dit 
cy-devant au lever de Sa Majesté le premier valet de chambre 
aide au roy à passer la manche droite de cette chemise : 
comme de l'autre côté, le premier valet de garderobe aide 
pareillement à passer la manche gauche. Et s'il y falloit 
nouer des rubans, ces deux officiers les nouent, chacun de 
son côté. Le roy aïant pris sa chemise de nuit, le premier 



COUCHER — COUCOU — 30 

valet de chambre qui a tiré les reliques de la petite bourse, 
les présente au grand chambellan ou au premier gentil- 
homme de la chambre qui les donne à Sa Majesté et le roy 
les met sur luy, passant le cordon qui les tient attachées, en 
manière de baudrier. Et quand Sa Majesté met une camizole 
de nuit, le grand-maître delà garderobe prend cette camizole 
des mains d'un valet de garderobe et la vêt au roy ; qui 
prend ensuite sa robe de chambre, soutenue par deux va- 
lets de chambre, qui sont toujours derrière le fauteuil 
de Sa Majesté, puis l'un de ces valets de chambre range 
ce fauteuil à l'endroit de la chambre où il a acoutumé 
d'être. Le roy debout fait une révérence pour congédier 
la compagnie et pour donner le bonsoir aux courtisans. Le 
premier valet de chambre reprend le bougeoir au seigneur 
qui le tenait. Les huissiers de chambre crient tout haut : 
allons. Messieurs, passés. Les grands et principaux officiers 
se retirent et généralement tous les seigneurs et autres 
persones: et c'est là où finit ce qu'on apêle le grand 
coucher du roy. Mais avant que de se retirer, ceux qui 
doivent prendre l'ordre de Sa Majesté le prennent ainsi : le 
capitaine des gardes du corps prend l'ordre ou le mot du 
guet, le colonel du régiment des gardes françoises, le 
colonel général des Suisses, ou le colonel du régiment des 
gardes Suisses. » Le roi ayant souhaité le bonsoir, il 
ne restait plus dans sa chambre, avec les officiers de la 
chambre et de la garderobe, le premier médecin et les chi- 
rurgiens, que les princes du sang, quelques personnes pri- 
vilégiées. On procédait alors à la toilette du roi : c'était là 
ce qu'on appelait le petit coucher. Il n'y eut plus de grand 
coucher dans les douze dernières années du règne de 
Louis XIV. Sous son successeur, l'ancien cérémonial fut 
remis en vigueur et ne fut simplifié que sous Louis XVI. 
C'était une faveur très recherchée des courtisans que celle 
d'assister au coucher du roi. Saint-Simon {Mémoires^ II, 
406) parlant de l'ambassadeur d'Angleterre , Portland, 
qui séjourna à la cour en 4698, dit : « Le roi lui donna 
un soir le bougeoir à son coucher, qui est une marque de 
faveur qui ne se fait qu'aux gens les plus considérables et 
que le roi veut distinguer. Rarement les ambassadeurs se 
familiarisent à faire leur cour à ces heures et, s'il y en 
vient, il n'arrive presque jamais qu'ils reçoivent cet agré- 
ment. » M. Prou. 

m. Beaux-Arts. — Coucher c'est poser les couleurs 
avec le pinceau, en hachures obliques, sans les fondre. Ce 
travail préparatoire, employé par certains artistes, est 
une ébauche qui peut être vigoureuse, tout en restant 
transparente. Ad. T. 

COUCHERY (Jean-Baptiste-Claude-François), publiciste 
et homme politique français, né à Besançon le 4 avr. 4768, 
mort à Paris le 26 oct. 4844. Professeur à Besançon, 
procureur de cette ville en 4792, il fut destitué à cause 
de ses opinions modérées. Nommé procureur général 
syndic du Doubs après le 9 thermidor, il fut élu par ce dé- 
partement député du conseil des Cinq-Cents le 22 vendé- 
miaire an IV. Il s'y montra tellement réactionnaire, qu'il 
fut inscrit sur la liste des députés proscrits le 48 fructidor 
an V (V. Cinq-Cents) . Condamné à la déportation, il passa 
en Allemagne. Il revint en l'an VIII et fut bientôt s'établir 
à Londres auprès de Pichegru. 11 y collabora au journal 
de Peltier, F Ambigu ou Variétés littéraires et poli- 
tiques et réunit plus tard ses articles en un volume, le 
Moniteur secret ou Tableaux de la cour de Napoléon^ 
de son caractère et de celui de ses agents (Londres, 
4843, 2 vol. in-8), qui fut réimprimé à Paris en 4844 et 
4845, Louis XVIII récompensa ce fidèle partisan par l'oc- 
troi de lettres de noblesse et la Légion d'honneur. 

COUCHES (Suites de) (V. Accouchement, Délivrance, 
Lochies, Puerpéral). 

COUCHES-LEs-Mims {Colcœ, Colciœ, Colticce, Col- 
chœ). Ch'.-l. de cant. du dép. de Saône-et-Loire, arr. d'Au- 
tun ; 2,823 hab. Mines de fer exploitées par MM. Schnei- 
der et C^®, du Creuset. Carrières de pierre à bâtir et de 
pierre à chaux. Moulins, tuileries, huileries, distillerie. 



Traces d'une voie antique derrière la ferme du bois Jean- 
Gras. Une abbaye, fondée à Couches au viii® siècle, fut 
détruite en 973 et transformée ensuite (4047) en un prieuré 
dépendant de l'abbaye de Flavigny, et ce dernier finale- 
ment (1624) uni au collège d'Autun. Restes d'un beau 
château, démantelé par les grandes compagnies, assiégé en 
44J7 par Guillaume de Marcigny, et détruit en 4590 par 
le baron de Vitteaux ; la chapelle contient une statue de 
saint Ruf en marbre blanc, un très beau retable et quelques 
pierres tumulaires. Sous ses murs, Guyonvelle, à la tête 
des ligueurs, battit, en 4589, le comte de Cruzille qui 
avait refusé de se joindre à Ta vannes. Le fief appartenait 
anciennement aux rois de France et aux ducs de Bour- 
gogne ; il passa ensuite aux Montagu de Sombernon 
(xv® siècle), puis, après la mort de Claude de Montagu 
(4470), à Henri de Rabutin, à Claude de Blaisy et à la 
maison de Rochechouart (4508). La seigneurie fut divisée 
en 4544 : le lot de la Creuse échut aux d'Aumont, Bru- 
lard, de Loriol de Chandieu et La Magdeleine de Ragny ; 
le lot de la Montagne vint aux de Pot, de Fuligny-Damas, 
de Sandaucourt et de Siry. Les habitants de Couches furent 
affranchis en 4496; des lettres patentes de 4774 organi- 
sèrent la municipalité. Eglise, collégiale depuis 4469. 
Hôpital fondé au commencement du xviii^ siècle. Lex, 

COUCHETTE (AmeubL) (V. Lit). 

COUCHEY {Copiacum^ Coothiacmn), Coin, du dép. 
de la Côte-d'Or, arr. de Dijon, cant. de Gevrey, au pied 
de la côte d'Or; 537 hab. Eaux minérales purgatives. En 
801 , Betto, évêque de Langres, donna l'église de Couchey 
à Saint-Etienne de Dijon. Au xi® siècle, il se tint en ce 
lieu un mallum pour décider un procès entre les cha- 
noines de Saint-Etienne et quelques particuliers. En 4253, 
les habitants obtinrent de leur seigneur, Hugues le Pitois, 
une charte de privilèges leur permettant d'élire un maire et 
deux prud'hommes. C'est là que fut conclue, le 7 sept. 
4539, une trêve entre les ligueurs et le comte de Ta- 
vannes. Eglise du xv® siècle, sous le vocable de saint Ger- 
main. Croix monumentale de la Renaissance classée parmi 
les monuments historiques. M. P. 

BiBL. : CouRTÉPÉE, Description du duché de Bourgogne^ 
éd. 1847, t. II, p. 178. 

COUCHICHING (Lac).Lac du Canada, prov. d'Ontario ; 
il prolonge au N. le lac Simcoe (V. ce nom) auquel le 
réunit le chenal Narrows ; ses eaux vont au lac Huron . 

GOUCHIS. Les fermes des cintres sont reliées trans- 
versalement par des moises qui en maintiennent l'écarte- 
ment; elles supportent des pièces spéciales, posées égale- 
ment dans le sens transversal, qu'on désigne sous le nom 
de couchis^ et sur lesquelles on pose, suivant la forme de 
la voûte, des planches jointives, minces et flexibles. Les 
couchis ne sont pas posés en contact les uns avec les 
autres, à moins qu'on ne supprime le platelage (V. Pont 
pour les détails et les calculs). 

COUCOU. I. Ornithologie. — Les Coucous (Cuculus L.) 
qui forment le principal genre de la famille des Cuculidés 
(V. ce mot) étaient placés jadis dans l'ordre des Grimpeurs, 
avec les Pics, les Barbus, les Perroquets. Ce sont des oiseaux 
dont la taille varie depuis celle d'une Pie jusqu'à celle d'un 
Moineau, et qui ont le bec court, légèrement arqué, élargi 
à la base et terminé en pointe aiguë, les narines arrondies, 
percées si près du front qu'elles sont en partie cachées sous 
les plumes, les ailes un peu obtuses, la queue longue, 
arrondie ou étagée, les tarses courts et emplumés dans leur 
partie supérieure, les doigts disposés comme chez les autres 
Grimpeurs, en deux groupes opposés. Leur plumage offre 
généralement des couleurs modestes, du gris, du noir, ou 
du brun varié plus ou moins de rose et de blanc sur les 
parties supérieures du corps, sur la tête et sur la poitrine, 
et du blanc recoupé par des bandes transversales, foncées 
sur la région abdominale ; toutefois, chez certaines espèces 
dont on a formé les genres ou plutôt les sous-genres 
Chrysococcyx (V. ce mot) et Chalcococcyx, la livrée 
revêt des couleurs éclatantes, le dessus du corps étant 



d*un vert doré, d'un vert émeraude ou d'un violet magni- 
fique, tandis que le ventre est d'un jaune vif ou d'un blanc 
pur. Les teintes les plus pures et les plus brillantes se 
rencontrent du reste toujours chez les adultes, les jeunes 
ayant souvent des couleurs brouillées et des raies transver- 
sales, même sur le dos. Les forêts et les petits bouquets 
de bois sont le séjour de prédilection de ces oiseaux qui 
rappellent un peu "les Rapaces par leur vol aussi bien que 
par leur plumage. Leur nourriture se compose d'insectes 
de différentes espèces, principalement de larves et de che- 
nilles velues, de fruits, de graines ou même d'œufs d'autres 
oiseaux. Tous ont la singulière habitude de déposer leurs 
œufs dans le nid de divers Passereaux, et de s'affranchir 
ainsi des soins de l'incubation et de l'éducation des petits, 
et la plupart d'entre eux, après avoir passé le printemps et 
l'été dans les pays froids ou tempérés, entreprennent à 
l'automne de lointains voyages et vont hiverner dans les 
pays chauds. C'est ainsi que le Coucou gris ou Coucou 




Coucou chanteur. 



chanteur (Caculus canorus L.), type du genre Cuculus^ 
après avoir passé la belle saison dans le nord de l'Europe 
et de l'Asie, visite en hiver l'Afrique et les îles indiennes. 
Cette espèce, qui est commune dans notre pays pendant une 
partie de l'année, mesure, à Fàge adulte, 30 centim. de 
long, et porte un costume d'un gris cendré, passant au gris 
foncé sur les ailes, au noir sur la queue, dont les pennes 
sont marquées de blanc à l'extrémité, et au blanc rayé de 
brun noirâtre sur l'abdomen. Ses yeux et ses pattes sont 
alors d'un jaune clair, tandis que dans le jeune âge l'iris 
est gris, en même temps que la livrée offre des teintes 
brunes et roussâtres, et de nombreuses bandes transver- 
sales. 

Il résulte des observations de M. F. Prévost que les Cou- 
cous gris sont polygames, et qu'une femelle s'accouple' suc- 
cessivement à plusieurs mâles qui séjournent dans un même 
canton alors que leur compagne d'un jour erre d'un endroit 
à l'autre à la recherche d'un endroit convenable pour dépo- 
ser ses œufs, dont la couleur varie d'un bleuâtre au gris 
vineux, rayé ou tacheté de brun noirâtre. Elle choisit géné- 
ralement le nid d'une espèce d'Insectivores, d'une Fauvette, 
d'un Rouge-Gorge, d'un Traquet, et y gHsse, généralement, 
en l'absence des parents, un ou parfois deux œufs qui, chose 
curieuse, sont acceptés sans difficulté par les possesseurs 
du nid. L'œuf étranger est conservé avec le même soin que 
les autres, et quand le jeune Coucou est né, ses parents 
d'adoption lui fournissent incessamment les insectes et les 
vers que réclame son appétit féroce. L'intrus grandit rapi- 
dement et lorsque sa vraie mère ne s'est point par avance 
chargée de ce soin en enlevant quelques œufs, il sait fort 
bien se faire place dans le nid en expulsant les autres petits 
Passereaux. Ces faits étranges, qui avaient déjà été signalés 



— U -« COUCOU 

par Aristote, ont été souvent dénaturés par la suite, et c'est 
seulement dans ces derniers temps que des observations mi- 
nutieuses ont permis de débaiTasser l'histoire du Coucou des 
détails merveilleux dont elle avait été enrichie par l'imagi- 
nation féconde de quelques auteurs. Dès les premiers jours 
de septembre, les Coucous jeunes et vieux émigrent pour ne 
revenir qu'au mois d'avril suivant. Aussitôt après leur retour, 
les mâles révèlent leur présence par leur chant bien connu, 
auquel les femelles répondent par un cri aigre, semblable à 
un ricanement. Pendant tout l'été ces oiseaux font une 
chasse active aux insectes, et, en débarrassant les arbres 
des chenilles velues qui sont dédaignées par d'autres oiseaux, 
ils compensent peut-être assez largement le mal qu'ils 
font en détruisant indirectement les couvées de quelques 
Passereaux insectivores. Les autres représentants du genre 
C'uculus^ tels que le Cuculus capensis Miill. de l'Afrique 
australe, le C. poliocephalus Lath. de l'Inde et de la Co- 
chinchine, le C. canoriniis des îles de la Sonde, ne se dis- 
tinguent du Cuculus canorus que par des différences 
dans les proportions du corps et les nuances du plumage, 
mais ont exactement le même régime et les mêmes habi- 
tudes. Nous en dirons autant des petites espèces à plumage 
brillant qui constituent les genres ou sous-genres Caco- 
mantis et Chrysococcyx^ et des espèces de taille plus 
forte, à pattes plus hautes et à tête légèrement huppée 
qui forment le genre Coccystes Glog. ou Oxylophus Sw. 
L'espèce la plus connue de ce dernier groupe est le Cou- 
cou Geai (Cocc?/s^^5 ou Oxylophus glandariush.) qui est 
un peu plus gros que le Coucou ordinaire, et qui a les 
parties supérieures du corps d'un gris plus ou moins glacé de 
verdâtre et maculé de blanc, la gorge et la poitrine rousse et 
le ventre blanc. Cet oiseau, qui est particuhèrement com- 
mun en Egypte, en Nubie, en Arabie, en Palestine, en 
Algérie et en Tunisie, mais qui niche aussi dans le nord 
de l'Espagne, et qui se montre de temps en temps en 
Grèce, en Italie, dans le sud de la France et en Allemagne, 
dépose ses œufs dans les nids des Pies et des Corneilles. 
Au contraire, les Coucous américains qu'on désigne 
vulgairement sous le nom de Coulicous, et dont Vieillot a 
fait son genre Coccyzus et Lesson son genre Piaya, ne 
déposent qu'exceptionnnellement leurs œufs dans les nids 
d'autres oiseaux. D'ordinaire, ils les couvent eux-mêmes 
et généralement au fur et à mesure qu'ils sont pondus, de 
telle sorte que les petits n'éclosent pas tous en même temps. 
C'est du moins ce qu'Audubon a constaté en observant le 
Coulicou américain (Coccyzus aynericanus L.), espèce qui 
est commune aux Etats-Unis pendant la belle saison. Chez 
cet oiseau, de formes plus sveltes que notre Coucou, le bec 
est grêle, la queue allongée et formée de pennes étagées, 
et le plumage offre des teintes douces et harmonieuses, du 
gris glacé de vert, du roux et du blanc jaunâtre. Des cou- 
leurs analogues se retrouvent chez le Coccyzus cinereus 
V. de Paraguay et chez le C, minor Gm. de la Guyane, 
tandis que les Piaya cayana L. et P. Mehleri de Cayenne 
et du Mexique ont une livrée d'un roux très vif, tirant au 
rouge et variée de gris rosé, de gris fer et de noir. Nous ne 
nous étendrons pas ici sur les caractères distinctifs et les 
mœurs des représentants d'autres groupes de la famille 
des Cuculidés (V. ce mot), les principaux genres étant 
l'objet d'articles spéciaux (V. Ani, Coua, Coucal, Cen- 

TROPUS, EUDYNAMIS, INDICATEUR, MalCOHA, SaUROTHÈRE, 
SCYTHROPS). E. OUSTALEÏ. 

IL Botanique (V. Primevère et Narcisse). — Fleur de 
Coucou (Y. Lychnis). — Pain de Coucou (V. Oxalïs). 

III. Archéologie. — Ancie^me voiture. Sorte de petite 
diligence à deux roues et à six ou huit places, qui des- 
servait les environs de Paris sous le premier Empire et 
sous la Restauration. Cette voiture publique avait remplacé 
le tapecu, voiture étroite et incommode par sa mauvaise 
suspension. La station principale des coucous était le long 
du jardin des Tuileries, Ces voitures menaient pour douze 
sous les clients à Saint-Cloud et à Versailles. 

Horloge (V. Horloge). 



coucou - COUCY - 

BiBL. : Ornithologie. ~ Daubenton, PL Enl. de Buf- 
fon, 1770, pi. 211, 811 et 816. ~ P. Roux, Ornithol pro- 
venç.^ pi. 65 à 68. — J. Gould, B. Europ., pi. 240. — Wil- 
soN, Amer. Ornith.^ pi. 28, fig. 1. — Degland et Geri^e, 
Ornilh. europ.^ 1867, t. I, p. 161. — O. des Murs, la Vérité 
sur le Coucou; Paris, 1879. 

COUCOUPIC (Ornith.). Nom donné par Lesson à un 
genre de la famille des Barbus (V. ce mot) ou Capitonidés, 
qui avait été nommé antérieurement Trachyphonus par 
Ranzam(£toi. Ornit.^ 4823, p. 19) et qui a pour type 
le T. cafer V., de l'Afrique australe. E. Oustalet. 

COUCOURDETTE (V. Cucurbita). 

COUCOURON. Ch.-l. de cant. du dép. de l'Ârdèche, 
arr. de Largentière ; 1,271 hab. 

COUCY. Com. du dép. des Ardennes, arr. et cant. de 
Rethel ; 403 hab. 

COUCY-LA-ViLLE. Com. du dép. de l'Aisne, arr. de Laon, 
cant. de Coucy-le-Cliâteau ; 273 hab. L'origine de ce vil- 
lage, situé dans une plaine non loin de la colline occupée 
par Coucy-le-Château, est très ancienne et même de beau- 
coup antérieure à celle de Coucy-le-Château. Après avoir 
fait partie du domaine royal, il appartint ensuite aux ar- 
chevêques de Reims et tomba enfin en la possession des 
seigneurs de Coucy-le-Château qui le gardèrent et lui ac- 
cordèrent au xiv^ siècle un certain nombre de franchises, 
en môme temps qu'à vingt-deux autres villages. L'église de 
Cou cy-la- Ville est particulièrement curieuse. Elle est en 
partie du xii^ siècle et possède une belle tour centrale 
romane, sur la façade un gracieux clocher du xv^ avec 
flèche dentelée, et à l'intérieur des peintures murales du 
XV® siècle et des fonts baptismaux très intéressants du 
xii^ siècle. Coucy eut quelque temps un temple protestant 
démoli au moment de la révocation de l'édit de Nantes. 

BiBL. : ToussAiNTs-DuPLESSis, Histoire de la ville et 
seigneurie de Coucy^ 1728, in-4. — Melleville, Histoire 
de la ville et des sires de Coucy-le-Château^ in-8. — ■ Bul- 
letin de la Société académique de Laon, passim. — Abbé 
Vernier, Histoire du canton de Coucy-le-Château^ dans 
les Mémoires de la Soc. acad. de Saint-Quentin^ t. XII.— 
Bidletin de la Soc. archèol. de Soissons., passim.^ etc. 

00 UCY-le-ChAteâu. Ch.-l. de cant. du dép. de l'Aisne, 
arr. de Laon; 719 hab., sur une colline escarpée au 
sommet de laquelle se dresse le célèbre château, l'un des 
plus remarquables monuments de l'architecture militaire du 




Ruines du château de Coucy (d'après une photographie). 

moyen âge qui existent aujourd'hui. L'histoire du bourg 
est intimement liée à celle du château. Il n'en est point 
question avant les premières années du x^ siècle. Son terri- 
toire appartenait alors aux archevêques de Reims, comme 
dépendant de Coucy-la- Ville qui faisait partie de leur do- 
maine. Le château une fois construit vers l'année 920, sa 
position exceptionnelle le fit convoiter par les plus puis- 
sants seigneurs de la région. Herbert de Vermandois, 
Thibaut, comte de Troyes, et d'autres encore s'en empa- 
rèrent successivement, jusqu'à ce que l'archevêque de Reims, 
Odalric, en régularisa la possession au fils de Thibaut 
qui le reçut en fief, moyennant un cens de 60 sous (994). 
Les descendants de ce dernier, Robert et Albéric, furent ses 
successeurs. Par suite de circonstances qu'il est malaisé 
de préciser, le domaine fut alors acquis, probablement 
au moyen d'une usurpation violente, par Enguerrand I^^, 
surnommé de Boves, parce qu'il possédait la seigneurie 



de Boves, la plus importante du comté d'Amiens qui lui 
appartenait également (1078-1115). Son mariage avecAde 
de Coucy lui apporta les sireries de Marie, La Fère, 
Vervins, etc. Il se maria en quatrièmes noces avec Sibylle 
de Château-Porcien, femme séparée du comtede Namur. 
Ce mariage devint la cause d'une guerre acharnée que lui 
fit le mari outragé avec d'autres barons de l'Empire. Il y 
eut des cruautés inouïes commises de part et d'autre. A la 
suite d'un accord, Enguerrand garda Sibylle. Il eut, entre 
autres enfants, le fameux Thomas dit de Marie, dont on 
connaît la tragique destinée. Ils assistèrent l'un et l'autre 
à la première croisade. Du vivant de son père, Thomas se 
fit une position indépendante. Sa seconde femme, Ermen- 
garde de Montaigu, lui apporta en dot le château de ce 
nom, dont il fit une forteresse très incommode pour tous 
les seigneurs des alentours. A la suite de ses excès, la 
noblesse picarde vint l'y assiéger, avec l'aide de son père 
lui-même (1105). C'est alors que le prince héritier, le futur 
Louis le Gros, vint à son secours et força les alliés à lever 
le siège. Une lutte sanglante s'engagea à cette époque entre 
Thomas et Enguerrand, laquelle dura jusqu'en 1113. A ce 
moment, une diversion se produisit, et Thomas prit parti 
dans des vues intéressées pour les communes d'Amiens et 
de Laon. Il pilla cette dernière et se tourna ensuite du 
côté de son père, adversaire de la seconde. Le vidame 
d'Amiens soutint la lutte contre lui, le blessa dans un 
combat et réussit à en délivrer la commune. Louis le 
Gros s'empara sur ses entrefaites des deux châteaux de Crécy- 
sur-Serre et du Nouvion où Thomas avait donné asile aux 
Laonnois révoltés et fugitifs. A la mort de son père (1115), 
Thomas, devenu maître d'immenses domaines, se montra, 
comme devant, cruel et sans foi. Il entra en guerre avec 
le roi qui lui enleva en 1117 la tour de Coucy et le rédui- 
sit à une soumission complète . Un assassinat commis sur 
Henri de Chaumont, des actes continuels de pillage firent 
encore recommencer la guerre. Il mourut en 1130, tué dans 
une surprise de la main même du comte Raoul de Ver- 
mandois, frère de la victime. Après lui, ses domaines 
furent partagés entre Robert P*" qui eut Boves, et Enguer- 
rand, l'aîné, qui eut Coucy. Ce dernier continua la guerre 
contre le roi qui, vainqueur de Thomas, avait assiégé La 
Fère durant plusieurs mois. La résistance de cette place 
força le roi à traiter. Enguerrand alla à la croisade de 
1146 et mourut en Terre sainte (1150). Raoul I®^, son 
fils, épousa successivement Agnès de Hainaut et Adélaïde 
de Dreux, dont il eut Enguerrand, son successeur dans la 
seigneurie de Coucy, Thomas, seigneur de Vervins, 
Robert, seigneur de Pinon, et Raoul, évêque deNoyon. Il 
mourut également en Terre sainte (1192), après avoir 
accordé des chartes communales aux villes de Marie 
(1174) et de Vervins (1183). 

La domination d'Enguerrand marque l'apogée de la mai- 
son de Coucy. Après une minorité pendant laquelle la ville 
de Coucy obtint de la veuve de Raoul une charte de com- 
mune, Enguerrand disposant de forces et de richesses con- 
sidérables, chercha à imposer son autorité à toute la ré- 
gion. Il ravagea les terres de FEgHse de Reims (1200) 
et figura à Bouvines avec éclat. L'une des alliances qu'il 
contracta successivement le rendit le beau-frère de l'em- 
pereur Othon IV. Accusé, non sans vraisemblance, d'as- 
pirer à la couronne de France, il prit une part des plus 
actives aux luttes politiques et aux révoltes féodales, qui 
se produisirent pendant la régence de Blanche de Castille. 
Une de ses filles épousa le roi Alexandre II d'Ecosse. 
C'est sous sa direction que furent bâtis en quelques 
années (vers 1225) les tours et le donjon de Coucy, les châ- 
teaux de Marie, de Saint-Gobain et de Folembray . Il mourut, 
à la suite d'un accident, en 1242. Raoul H, son successeur, 
périt en 1250 à la bataille de Mansourah. Le frère de ce 
dernier, qui fut alors appelé à lui succéder, est surtout 
connu par les mesures sévères dont il fut l'objet de la part 
de Louis IX, à la suite de plusieurs exécutions arbitraires, 
parmi lesquelles celle de trois jeunes clercs. Il mourut 



33 -- 



COUCY 



en ISU . Enguerrand V ne lui survécut que quelques mois, 
laissant la seigneurie à son fils Guillaume (1311-4333) 
qui ne signala son gouvernement par rien de remar- 
quable. Enguerrand VI (1333-1344) assista, sans pouvoir 
Fempècher, à la dévastation de ses domaines par les An- 
glais en 1339, et fut tué à Crécy (1346), laissant le pou- 
voir à un fils encore enfant qui fut Enguerrand VII, le der- 
nier et aussi le plus illustre des membres de la maison de 
Coucy. Emmené par les Anglais en qualité d'otage à la cour 
d'Edouard III, il acquit une grande influence auprès de ce 
dernier, dont il épousa la fille. Revenu ensuite à Coucy en 
1368, il s'occupa de ramener la prospérité dans ses do- 
maines dévastés et accorda une charte de franchise à Coucy 
en même temps qu'aux vingt et un villages qui en dépen- 
daient. Il resta neutre durant la guerre qui éclata peu 
après entre la France et l'Angleterre. C'est alors qu'il se 
décida à partir pour l'Italie, dans le but d'y servir le pape, 
contre les Visconti de Milan. Il guerroya ainsi pendant 
quelque temps et imagina ensuite de revendiquer la cou- 
ronne d'Autriche, sur laquelle il prétendait avoir des droits 
par sa mère Catherine d'Autriche. Il ramassa dans toute 
la France et même en Angleterre tous les routiers dis- 
ponibles et s'apprêta à engager la lutte contre son oncle. 
Après avoir ravagé cruellement l'Alsace, il se fit battre 
piteusement en Suisse (1375). A son retour, la cour de 
France le chargea de plusieurs missions délicates. Rallié 
après la mort d'Edouard lU, il prit part à la campagne de 
Flandre et à l'invasion tentée en Ecosse. A diverses reprises, 
le gouvernement de Charles VI l'employa dans des négo- 
ciations diplomatiques importantes. En 1390, il assista les 
Génois dans leur expédition contre Tunis, au cours de laquelle 
il se signala par de nombreux exploits. Toujours très mêlé à 
la politique aussi bien extérieure qu'intérieure, il fut l'un des 
chefs de l'armée envoyée contre Bajazet et les Turcs au 
secours de la Hongrie.^ Fait prisonnier à NicopoMs, il fut 
l'un des huit prisonniers épargnés et délivrés moyennant 
rançon (1397). Il mourut à Brousse, en Asie, peu après 
la dure captivité qu'il venait de subir. Avec lui s'étei- 
gnit la puissante maison qu'il venait d'illustrer par ses 
multiples et lointaines expéditions, et qui avait été pendant 
deux cents ans, sans contredit, la plus puissante de toutes 
les familles du nord de la France. La terre fut vendue par 
sa fille Marie au duc Louis d'Orléans en 1400. Celui-ci la fît 
ériger en pairie en 1404. Le domaine passa ensuite à son 
fils Charles ; il fut saisi en 1411, vendu au duc de Bour- 
gogne en 1440, racheté encore en 1550. Louis II d'Or- 
léans, roi de France sous le nom de Louis XII, réunit 
Coucy à la couronne et le concéda en apanage à sa fille 
Claude, femme du duc d'Angoulème. Ce dernier, devenu 
le roi François P^, le donna à titre d'apanage à son second 
fils, Charles de Valois. Le domaine fut ensuite attribué comme 
douaire à Catherine deMédicis en 1562. Il passa en 1576 
à Diane de France et rentra enfin dans la maison d'Or- 
léans-Bourbon qui le garda, en quahté d'apanage, jusqu'à 
la Révolution. A l'époque de leur splendeur, les sires de 
Coucy, entourés de nombreux officiers, tinrent dans leur 
château une cour des plus brillantes. Parmi les dignitaires 
les plus importants de cette cour, il faut signaler en pre- 
mière ligne le garde du château ou châtelain qui résidait 
dans les bâtiments dépendant de la première porte, dite 
porte Maître Odon. On trouvera dans l'ouvrage de Melle- 
ville la généalogie de ces officiers ainsi que celles des pos- 
sesseurs des divers fiefs dépendant de Coucy. Il importe 
de ne pas les confondre avec les véritables seigneurs. On 
sait que l'histoire de Coucy a fourni de nombreux éléments 
à la légende, à la poésie, au roman, etc. 

On a vu que le château fut élevé de 1225 à 1230 par 
Enguerrand III. Il se composait, dans son plan primitif, 
d'une enceinte flanquée de quatre magnifiques tours cylin- 
driques, de 35 m. de haut, et au centre d'un donjon cir- 
culaire, large de 31 m., haut de 55, divisé en trois salles 
superposées, avec des galeries et des voûtes à nervures. 
Les murs de ce colossal édifice ont à la base plus de 7 m. 

GRANDE ENCYCLOPÉDIE. — XIII. 



d'épaisseur. La surface totale occupée par le château est 
de 10,000 m. environ. Entré la ville et le château était 
une basse-cour fortifiée, dont la surface est triple au moins 
de celle occupée par le château. Cette baille renfermait des 
écuries, des salles assez étendues et une chapelle romane 
dont les substructions subsistent encore actuellement. Un 
formidable système de défense protégeait les abords du 
château proprement dit. Un seul pont y donnait accès. La 
porte principale s'ouvrait sur un long passage voûté con- 
tenant des salles de gardes et des postes nombreux. Du 
couloir d'entrée on débouchait dans la cour, où se trou- 
vaient: à droite les bâtiments de service, surmontés de deux 
étages, au fond les appartements d'habitation à trois 
étages, desservis par un grand escalier, et à gauche d'im- 
menses magasins voûtés avec caves au-dessous. Ces ma- 
gasins supportaient la grande salle dite des Neuf Preux. 
Près de là, la chapelle qui se trouvait au premier étage de 
plain pied avec la grande salle. Les quatre tours possédaient 
deux étages de caves et trois étages de salles, plus un 
étage de combles. Le donjon qui, depuis le fond du fossé 
dallé jusqu'au couronnement, compte 63 m. de hauteur, 
possédait une enceinte extérieure ou chemise destinée à le 
protéger du côté de la basse-cour. Il s'y trouvait au rez- 
de-chaussée un puits très profond, aujourd'hui en partie 
comblé. Vers 1400, les salle des Preux et des P reuses 
et les bâtiments d'habitation furent reconstruits, ainsi que 
les étages supérieurs de la porte, par Louis d'Orléans, en 
un style beaucoup plus riche et plus ornementé. Ce fut seu- 
lement pendant les troubles de la Fronde que cette magni- 
fique résidence fut entièrement ravagée. Son gouverneur, 
Hébert, ayant refusé de rendre la place, le siège fut mis, 
le 10 mai 1652, devant la ville qui fut rapidement prise. 
Quelque temps après, la garnison du château capitula. Le 
cardinal Mazarin fit immédiatement démanteler le château, 
au moyen de la mine. Depuis lors, les habitants du pays 
s'en servirent comme d'une carrière de pierres. Il fait 
partie aujourd'hui du domaine de l'Etat, qui y a fait depuis 
1856 des travaux de consohdation et de déblayement 
importants. Le donjon a été réparé et muni de deux cercles 
de fer. Des fouilles entreprises ont amené d'intéressants 
résultats. Elles ont permis de former un musée curieux 
placé dans l'une des tours. La vue qui se développe du 
sommet du donjon est magnifique : elle embrasse la cam- 
pagne depuis les hauteurs de la ville de Laon jusqu'à la 
forêt de l'Aiguë; elle s'étend jusqu'à Noyon et à Chauny. 
L'histoire de la ville de Coucy, nous l'avons dit, ne se 
sépare guère de celle de ses seigneurs. En 1197, les habi- 
tants obtinrent de la veuve de Raoul P^ des franchises com- 
munales, analogues à celles de Laon. Au xiv® siècle, En- 
guerrand VII obtint du roi la concession de deux foires 
franches, en faveur de la ville qui venait d'être plusieurs 
fois incendiée et ruinée. En 1411, l'armée royale vint en 
faire le siège pour exécuter la saisie prononcée contre le 
duc d'Orléans. La place résista longtemps. Livrée au duc 
de Bourgogne en 1414, elle fut reprise en 1419 par les 
partisans du duc d'Orléans, puis en 1423 par les 
Anglais, etc. — La ville de Coucy fut de bonne heure en- 
tourée de murailles. L'enceinte qui subsiste encore ac- 
tuellement a été construite au commencement du xni® 
siècle par Enguerrand ÏIl, sire de Coucy. Elle est per- 
cée de trois portes dont l'une, dite porte de Laon, la 
plus remarquable, est restée intacte. Elle présente entre 
ses deux tours une salle intéressante. L'église, rebâtie au 
xvi^ siècle, a conservé un portail roman du xii^ et de beaux 
fonts baptismaux. Coucy, en raison de sa situation, n'a 
jamais pris de développement important. Enguerrand II y 
construisit un prieuré placé sous le vocable de saint Rémi. 
L'Hôtel-Dieu fut fondé en 1673. Parmi les personnages 
célèbres nés à Coucy, on peut citer César de Vendôme, fils 
de Henri IV et de Gabrielle d'Estrées. A. Lefranc. 

BiBL. : JovET, Histoire des anciens seigneurs de Coucy ; 
Laon, 1682, in-12. — Duchesne, Généalogie de la maison 
de Coucy ^ dans VHistoire des n-i.zisons de Guines, d'Ar- 
dres, de Gand et de Coucy ^ 163' t. VIII, in-fol. — P. An- 



COUCÏ 



- 34 



SELME, Hist. généal. et chronol. — D. ïoussaints-du- 
Plessis, Histoire de la ville et des seigneurs de Coucy ; 
Paris, 1728, in-4. — Melleville, Histoire de la ville et des 
sires de Coucy -le-Château ; Laon, 1848, in-8. — Du môme, 
le Château de Coucy. 1854, in-8, 2" éd. — Carie Ledhuy, 
les Sires de Coucy, 1853, in-12. — De L'Epinois, Histoire 
de la ville et des sires de Coucy ; Paris, 1858, in-8. — 
J. Uhlauss, Notice sur les sires de Coucy^ 1862, in-12. — 
J. Moreau, Notice sur les sires de Coucy; Chaimy, 1871, 
in-8, 2^ éd. — Abbé VerxNIer, Histoire du canton de 
Coucy -le-Château^ dans les Mémoires delà Soc. acad. de 
Saint-Quentin., t. XII et passim, ainsi ciue dans les Bid- 
letins de la Soc. acad. de Laon et de la Société archéolo- 
gique de Soissons. —De Caujviont, Abécédaire d'archéo- 
logie., architecture militaire. — Viollet-le-Duc, Descrip- 
tion du château de Coucy; Paris, in-8. — De plus, de 
nombreuses gravures, entre autres celles de du Cerceau. 
COUCY-les-Eppes. Com. du dép. de l'Aisne, arr. de 
Laon, cant. de Sissonne; 479 hab. 

COUCY (Le châtelain de), célèbre trouvère sur la vie du- 
quel on a peu de renseignements authentiques. On peut 
l'identifier soit avec Renaud, châtelain de Coucy (c-à-d. 
gardien, et non seigneur du château de Coucy), de 4204 à 
1218, soit avec Gui, son prédécesseur, qui remplit les mêmes 
fonctions de 4186 à 4203 ; il est plus probable que c'est de 
Gui qu'il est question. Nous savons que ce dernier prit 
part aux deux croisades de 4490 et 1498 ; Villehardouin 
nous apprend qu'il mourut dans une traversée et que son 
corps fut jeté à la mer. Les manuscrits attribuent au châ- 
telain de Coucy vingt-six chansons, dont quinze ou seize 
seulement sont authentiques. Elles rentrent dans la classe 
des chansons courtoises imitées servilement des trou- 
badours méridionaux, auxquels les idées, les sentiments et 
même les métaphores, les tours de style et les procédés de 
versification, sont directement empruntés. Les imitations 
proprement littérales des troubadours par les trouvères 
sont, comme on le sait, très rares : on en trouve cependant 
quelques-unes dans le châtelain de Coucy : ainsi, dans les 
vers suivants : 

Sans vos amer n'a ma vie mestier 
Se ja ne vueil tôt le mont enuier 

Ou aler mort vivant ; 
Ja Daraedius ne m'i laist vivre tant 
Qu'au siècle enui et perde amor veraie, 

il imite manifestement cette strophe de Bernard de Venta- 
dour : 

Ben es mortz qui d'amor non sen 
Al cor qualque doussa sabor ; 
E que val viure ses amor 
Mas per far enueg a la gen. 
Ja Damedieus no m'azir tan 
Que ja pueis viva jorn ni mes, 
Pus que d'enueg serai repres 
E d'amor non aurai talan. 

Cependant le châtelain de Coucy a, plus que bien 
d'autres poètes lyriques, une pointe d'originalité ; il y a 
chez lui plus de simplicité, de sentiment', de tendresse, 
que chez la plupart d'entre eux ; quelques-uns de ses cou- 
plets ont un véritable accent de sincérité et un charme mé- 
lancolique. Tels les deux suivants que nous empruntons à 
la plus belle de ses chansons, celle qu'il adresse à sa dame 
au moment où il la quitte pour aller en Palestine : 

Biaus sire Dius, k'iert il del consirrer, 
Del grant solas et de la compaignie 
Et des déduis ke me soloit mostrer 
Chele ki m'ert dame, compagne, amie ? 
Et quant recort sa simple cortoisie 
Et les dous mos ke suet a moi parler, 
Cornent me puet li cuers el cors durer ? 
Quant ne s'en part, chertés, moût est mauvais ! 
.. Je m'en vois, dame ; à Diu le Creator, 
Cornant vo cors, en kel liu ke je soie. 
Ne sal se ja verrai mais mon retor : 
Aventure est ke jamais vos revoie. 
Par Diu vos pri, kel part ke li cors traie, 
Ke vos convens tenés, vegne ou demor, 
Et je pri Diu k'ensi me doinst honor 
Com je vos ai esté amis veraisî 

Les poésies du châtelain de Coucy ont été publiées 
récemment par M. Fath (Heidelberg, 4883). 

Au nom du châtelain de Coucy se rattache une légende 
célèbre sur laquelle nous devons d'autant plus insister 
qu'on n'est arrivé que depuis peu à en démêler les élé- 



ments. Le fond de cette légende peut être résumé en quel- 
ques mots : un mari ayant découvert que sa femme le 
trompe, fait manger à la coupable le cœur de son amant. 
Cette tragique aventure est pour la première fois mise sur 
le compte du châtelain de Coucy dans un roman en vers 
d'un certain Jakemon Sakesep (l'exactitude de ce nom, 
conservé dans un acrostiche, a été contestée) qui écrivait 
en Vermandois vers le commencement du xiv*^ siècle ; mais 
l'histoire en elle-même est beaucoup plus ancienne, et 
paraît celtique d'origine : « L'amour coupable et la ven^ 
geance féroce qui en sont le sujet présentent bien les ca- 
ractères habituels de cette poésie à la fois mélancolique, 
amoureuse et barbare qui a trouvé sa plus belle expression 
dans la merveilleuse histoire de Tristan. » (G. Paris.) 
Du moins les deux plus anciennes versions de cette légende 
qui nous soient connues étaient des lais de Bretagne (lai 
de Gîiironet lai d'Ignaure), Le lai d'Ignaure représente 
une forme passablement différente de la légende et nous 
n'en parlerons pas. Quant au lai de Guiron, il ne nous est 
pas parvenu, mais des œuvres postérieures nous en ont fait 
connaître le contenu. Guiron ou l'amant « devait être un 
poète, un harpeur, en même temps qu'un chasseur et un 
guerrier ». Il est remarquable du moins que, dans les 
rédactions postérieures, c'est presque toujours à un poète 
que l'aventure est attribuée ; on la racontait en Provence 
du troubadour Guilhem de Cabestaing (qui a peut-être sup- 
planté lui-même un plus ancien Guilhem Guardastagno) ; 
en Allemagne, elle était rapportée à un minnesinger 
connu, Reinmann de Brennenberg. 

C'est aussi un poète que Jakemon Sakesep voulut prendre 
pour héros de son récit ; s'il a choisi le châtelain de 
Coucy, c'est sans doute d'abord parce que celui-ci était 
connu dans son pays, et ensuite parce qu'il possédait ses 
chansons, dont il a inséré un certain nombre dans son 
récit, qu'elles servent ainsi à illustrer, bien qu'elles n'aient 
souvent avec lui qu'un rapport fort lointain. Une de ces 
chansons lui apprenait que le châtelain avait pris part à 
une expédition en Terre sainte (ou peut-être l'événement 
était-il déjà rattaché à une croisade dans le récit qu'il sui- 
vait) ; il suppose donc que le châtelain est obligé de quit- 
ter son amante pour aller guerroyer en Palestine à la suite 
de Richard Cœur de Lion ; le poète y est blessé et se 
rembarque pour la France ; se sentant mourir , il charge 
son écuyer d'embaumer son cœur et de le porter à sa dame 
avec une lettre qu'il a eu encore la force d'écrire. Mais 
le funèbre message est intercepté par le mari qui lit la 
lettre, et s'empare du cœur qu'il fait manger à l'épouse cou- 
pable. Celle-ci, dans le roman, s'appelle la dame de Faiel ; 
il est probable que Jakemon aura pris ce nom au hasard, 
parmi ceux des châteaux du Vermandois, contrée où il pla- 
çait la scène de son récit ; Faiel (aujourd'hui Fayet) est 
en effet un village situé à peu de distance de Saint-Quen- 
tin. Ce roman eut un très grand succès dont on peut suivre 
les traces jusqu'au xv^ siècle. L'auteur d'une chronique 
rédigée à cette époque le résume et l'intercale dans sa com- 
pilation. En 4640, T'auchet publia un fragment de cette 
chronique qui devait, un siècle plus tard, donner lieu à 
tout un développement littéraire. C'est dans Fauchet, en 
effet, queM^i^ deLussan, en 4733, prit l'idée et les person- 
nages d'un récit assez touchant qu'elle consacra à « Mon- 
sieur de Fajel, Madame de Fajel et Raoul de Coucy », 
C'est à ce récit que le duc de La Vallière emprunta le thème 
de sa célèbre romance qui, à son tour, inspira à de Belloy 
la tragédie connue qui obtint un si retentissant succès. 
Quant au nom de Gabrielle de Vergi que le titre de cette pièce 
a popularisé, il ne se trouve pas dans les textes anciens ; il 
est emprunté à M^i'^ de Lussan qui elle-même fit confusion 
entre deux œuvres qui n'ont rien de commun, le roman du 
Châtelain de Coucy, et celui de la Châtelaine de Vergi, et 
gratifia arbitrairement son héroïne du prénom de Gabrielle, 
qui ne se rencontre pas au moyen âge. Alfred Jeânroy. 

BiBL. : G. Paris, Roman du Châtelain de Coucy, dans 
Histoire littéraire de laFrancef t. XXVIII, pp. 352-390. 



35 --. 



COUCY - COUDÉ 



CÔUCY (Robert I®^ de), maître d'œuvres français du 
commencement du xiii® siècle. Probablement originaire de 
Coucy, cet architecte succéda à Hugues Libergier dans la 
direction des travaux de la cathédrale de Reims, à moins 
qu'il n'en ait donné lui-même les plans primitifs; dans 
tous les cas, à sa mort, survenue vers 1^60, il avait con- 
duit la construction de toute la partie orientale de l'édi- 
fice, chœur, chapelles rayonnantes et transepts jusqu'à la 
hauteur des corniches. On attribue aussi à Robert de Coucy 
père FégHse du couvent de Maubuisson élevée vers 1211. 

Robert II Coucy, maître d'œuvres français, fils du 
précédent, né à Reims et mort en cette ville en 1311. Ce 
second Robert de Coucy, qui succéda à son père comme 
maître d'œuvres de la cathédrale de Reims, remplaça, en 
1263, Hugues Libergier, dans la direction des travaux de 
l'église Saint-Nicaise et, depuis cette époque jusqu'en 
1297, fit élever le chœur, les chapelles et une partie des 
transepts de cet édifice détruit pendant la Révolution. La 
pierre tombale (aujourd'hui disparue) de cet architecte fut 
longtemps conservée dans le cloître de l'abbaye de Saint- 
Denis, à Reims, et portait son efiigie avec ces mots : « Ci 
gist Robert de Coucy, maistre de l'œuvre de Notre-Dame 
et de Saint-Nicaise, qui trépassa l'an 1311. » Au laby- 
rinthe, qui existait autrefois dans la nef de la cathédrale 
de Reims, figuraient les eflîgies des architectes de cet édi- 
fice depuis sa fondation jusqu'en 1382 et, parmi eux, dit 
la tradition, les denx Robert de Coucy père et fils. 

Charles Lucas. 

COUCY (Mathieu de), chroniqueur français (V.Escouchy 
[Mathieu d']). 

COUDDES. Com. du dép. de Loir-et-Cher, arr. de 
Blois, cant. de Saint-Aignan ; 638 hab. 

COUDE. L Anatomie et Physiologie. — a. La région 
du coude, considérée souvent par le vulgaire comme la partie 
postérieure de l'articulation du même nom, embrasse, pour 
l'anatomiste, la portion du- membre supérieur comprise 
entre le bras et l'avant-bras et s'étend à 2 centim. au- 
dessus et au-dessous du pli du coude. Aplatie d'avant en 
arrière, elle peut être étudiée simplement sous deux faces, 
l'une antérieure, l'autre postérieure : la première présente 
trois saillies musculaires, en forme de fer de lance (Gerdy) ; 
la deuxième, trois saillies osseuses, dues à des dispositions 
anatomiques que nous décrirons en pénétrant dans la 
région. La succession des plans se fait dans l'ordre sui- 
vant : 1<* la peau, offrant dans la flexion de Favant-bras 
sur le bras un pli (pli du coude), non en rapport avec 
l'interligne articulaire, puisqu'il est situé de 2 à 4 centim. 
au-dessus ; 3^ le tissu cellulaire sous-cutané, avec ses 
veines si importantes disposées généralement en forme d'M 
(basilique et céphalique médianes, radiale, cubitale), et 
ses nerfs (terminaisons des brachiaux cutanés, interne et 
externe) ; 3« un plan aponévrotique, résistant, se prolon- 
geant en arrière, en forme de manchon, présentant cer- 
tains trous de passage , pour des veines communicantes 
et des nerfs, et renforcé en dedans par l'expansion aponé- 
vrotique du biceps ; 4° une couche musculaire et vas- 
culo-nerveuse à la fois, comprenant le biceps et le brachial 
antérieur (partie médiane du fer de lance de Gerdy), et 
les masses épicondylienne et épitrochléenne (parties laté- 
rales). L'artère humérale longe le bord interne du biceps, 
reposant sur le brachial antérieur et ayant directement en 
avant la basilique médiane (rapport important), à son côté 
interne le nerf médian. Cette couche renferme encore les 
artères radiale et cubitale venues de l'humérale au-dessous 
du pli du coude, et des branches des récurrentes cubitales 
et radiales ; 5^ les articulations huméro-radio-cubitale et 
cubito-radiale , avec les saillies formées en arrière par 
l'olécràne au milieu, Tépicondyle en dehors, Tépitrochlée 
en dedans et deux rainures intermédiaires, dont l'une, l'in- 
terne, loge le nerf cubital ; 6° un second plan musculaire, 
comprenant le triceps brachial ; 7° l'aponévrose, qui est la 
continuation en arrière de celle du troisième plan ; 8^ le 
tissu cellulaire sous-cutané ; 9° enfin la peau. 



b. L'articulation humcro-radio-cubitale est un ginglyme 
angulaire, susceptible de mouvements de flexion et d'exten- 
sion. Jamais de mouvements latéraux, à cause de la résis- 
tance et de la tension des ligaments latéraux. Il est à 
remarquer que dans la flexion, par suite de l'inégalité de 
longueur du condyle et de la trochlée, Favant-bras ne 
s'applique pas sur le bras, mais se place en dedans. L'ar- 
ticulation radio-cubitale permet les mouvements de pro- 
nation et de supination de Favant-bras. 

n. Pathologie. — L'entorse du coude est fort rare : elle est 
caractérisée, comme toutes les entorses, par un gonflement 
de la région, de la douleur, etc. Toutes les luxations peu- 
vent être observées au coude : en avant, en arrière, en 
dehors, en dedans. Elles viennent, en ordre de fréquence, 
immédiatement après celles de l'épaule. Elles sont com- 
plètes ou incomplètes. Le diagnostic du genre de luxation 
est le plus souvent délicat à établir ; mais il n'en est pas 
de même de la luxation en elle-même que l'on reconnaîtra 
aisément au changement de forme de la région et à l'impos- 
sibilité des mouvements volontaires. En dehors des procédés 
mécaniques (traction, bascule, pression), dont nous ne sau- 
rions décrire les détails, on donnera la préférence à la mé- 
thode rationnelle, qui consiste à faire parcourir aux os le che- 
min inverse de celui qu'ils ont pris pour se déplacer. Les 
complications à craindre sont : l'irréductibilité, la rupture 
des vaisseaux ou des nerfs, Fankylose, les fractures des 
extrémités osseuses. La luxation isolée de l'extrémité supé- 
rieure du radius entraîne souvent Firréductibihté. Les 
fractures de l'extrémité inférieure de l'humérus compren- 
nent celles du condyle externe seul, ou du condyle 
interne, ou des deux condyles. L'épitrochlée peut aussi se 
fracturer. Enfin Fépiphyse inférieure tout entière peut se 
disjoindre. Les fractures de l'extrémité supérieure des os 
de Favant-bras comprennent celles de Folécrâne, les plus 
communes, de l'apophyse coronoïde et de la cupule radiale. 
Enfin les fractures comminutives sont très graves par 
suite de leur communication très fréquente avec Farticle. 
Les plaies du coude varient évidemment de gravité, sui- 
vant qu'elles communiquent ou non avec l'articulation, et 
sont susceptibles du traitement ordinaire des plaies ana- 
logues (immobilisation de la région, antisepsie, etc.). La 
périarthrite, le phlegmon diffus, Fhygroma du coude 
n'offrent rien de particulier. La tumeur blanche est rela- 
tivement fréquente, mais les dispositions de la région 
rendent ses caractères peu différents de ceux des autres 
arthrites tuberculeuses. Les tumeurs du coude sont rares. 

IIL Médecine opératoire. — Ici encore on peut répéter 
ce que nous avons dit plus haut, c'est que les opérations 
pratiquées au coude n'empruntent rien de spécial à la 
région. La ligature de l'humérale, de la brachiale, de la 
radiale, se pratique assez aisément. La section des nerfs 
médian, radial ou cubital, est une opération plus rare. Il 
n'en est pas de même de la saignée, pour laquelle on doit 
choisir la céphalique, la basilique étant située immédia- 
tement en avant de l'artère radiale. La désarticulation du 
coude se fait suivant de nombreux procédés : à lambeau 
unique antérieur (Brasdor, Sédillot, Dupuytren) ou latéral 
externe (A. Guérin) ; à deux lambeaux latéraux ; les 
méthodes ovalaire (Baudens), elliptique (Soupart), circu- 
laire (Cornuau), sous-périostée, etc. La méthode circulaire 
et la méthode à lambeaux latéraux sont à peu près uni- 
quement employées. La r^6•<?^^^07^ du coude peut être totale 
ou partielle et comprend des procédés non moins variés, 
dus à Ollier, Langenbeck, Maunder, Hueter, etc. Celui de 
Maunder est considéré par beaucoup de chirurgiens comme 
le meilleur. Cadilhac. 

COUDÉ (Louis-Marie), amiral français, né à Auray le 
17 déc. 1752, mort à Ponlivy le 10 févr. 1822. A quatorze 
ans, il débuta dans la flotte de la compagnie des Indes, 
passa en 1778 dans la marine militaire avec le grade de 
lieutenant de frégate sous les ordres de M. de Kersaint. 
Il commanda d'abord le brick le Saumon^ puis, en 1795, 
il commandait le Ça~Ira dans Foscadrc de Famiral Martin. 



COUDÉ — COUDERC — 36 

Au combat de Gênes, il résista à trois vaisseaux, dont 
l'un était commandé par Nelson. Le lendemain, à l'at- 
taque, après un combat acharné de sept heures, il suc- 
comba contre un ennemi supérieur en nombre. En 1796, 
il reçut le grade de chef de division. Au combat de Santo 
Domingo, les Anglais le firent prisonnier (1806) et ne le 
rendirent qu'en 1814. A cette époque, il reçut le grade de 
contre-amiral et dut prendre sa retraite peu de temps après. 

COUDÉE (MétroL). La coudée égyptienne était en bois 
ou en pierre et taillée en pan coupé; son profil formait 
l'hiéroglyphe qui se lit 'ma et exprime le mot vérité parce 
que, dans la philosophie égyptienne, le vrai est tout ce qui 
est conforme à la 7'ègle, tout ce qui n'est pas auti'ement 
qu'il doit être : d'où l'identité du vrai et du bien. D'après 
les spécimens conservés dans les musées de Turin, de 
Florence, de Londres et de Paris, la coudée royale mesu- 
rait de 0'^^523,D à 0"\^28,5, valeur moyenne adoptée 
0™o25. Chaque coudée est divisée en sept palmes ou 
vingt-huit doigts et chacune de ces vingt-huit divisions 
consacrée à une divinité. La petite coudée n'avait que six 
palmes ou vingt-quatre doigts ; c'est celle qu'on employait 
pour la construction des monuments. — La longueur de l'os 
inférieur du bras était employée comme mesure chez les 
Grecs sous le nom de t^t^joç, chez les Romains sous le nom 
àe cubitus. Elle valait un pied et demi ou 0^^^4436. 

COUDEHÂRD- Com. du dép. de l'Orne, arr. d'Argentan, 
cant. de Trun; 183 hab. 

COUDEKERQUE. Com. du dép. du Nord, arr. et cant. 
(E.) de Dunkerque; 658 hab. 

COUDEKERQUE-BRANCHE.Com. du dép. du Nord, arr. 
et cant. de Dunkerque, sur les canaux des Moëres, de 
Furnes, de Bergues et de Bourbourg ; 2,904 hab. Ancienne 
dépendance, depuis le xi*^ siècle , de l'abbaye de Saint- 
Winnoc. 

COUDER (Louis-Charles-Auguste), peintre français, 
membre de l'Institut, né à Londres le 1*^^ avr. 1789, 
mort à Paris le 21 juil. 1873. Elève de Regnault et de 
David. Le premier tableau de Couder, peint en 1814, avait 
pour titre : Amour ^ tu peixlis Troie, En 1817, il envoya 
au Salon deux tableaux qui lui conquirent du premier coup 
presque la renommée : la Mort de Masaccio et le Lévite 
d'Ephraïm, dont le succès fut très grand, et partagea 
le grand prix de 20,000 fr. avec le Saint Etienne 
d'Abel de Pujol. Ce tableau fut acquis par l'Etat pour le 
musée du Luxembourg. Auguste Couder se vit bientôt sur- 
chargé de commandes. Il exécuta au musée du Louvre, 
pour la coupole de la salle d'Apollon, les trois sujets sui- 
vants : le Combat d'Hercule et dAntée, Achille et le 
Simoïs et Vénus recevant des mains de Vulcain les 
armes destinées à Enée. Au Salon de 1819, il exposa un 
Soldat de Marathon, un de ses bons ouvrages qui a péri 
dans le sac du Palais-Royal, en 1848, avec deux autres 
de ses toiles; puis Roméo et Juliette (1821), la Mort 
de saint Louis (1822), pour l'église Saint-Louis de 
Lorient, etc. 

Sa jeune femme mourut à cette époque. Couder en 
conçut un profond désespoir et en éprouva un abattement 
dont se ressentit son talent. S'étant remarié deux ans après, 
il se remit au travail avec une nouvelle ardeur et envoya 
au Salon de 1 827 six morceaux importants : la Mort de 
Virgile, Apelle et Phryné, la Duchesse d' A7igoiilême 
posant à la Chartreuse d'Aunay (20 sept. 1823) la 
première pierre du monument des victimes de Quibe- 
Ton ; Tanneguy du Châtel sauvant Charles VU (aujour- 
d'hui au musée de Rennes), enfin Saint Ambroise refu- 
sant Ventrée du Temple à l'empereur Théodose, excel- 
lente peinture qui se trouve à l'égHse Saint-Gervais, à 
Paris. 11 exposa aux Salons suivants : la Mort de Vert- 
Vert^ Léonard de Vinci peignant la belle Ferron- 
nière en présence de François P^ (1829); le Ser- 
ment de Louis-Philippe à la Chambre des députés et 
une Adoration des mages, qui est au musée d'Avignon 
(1831) ; mais ces tableaux furent assez froidement accueillis 



et Auguste Couder prit le parti d'aller à Munich pour y 
étudier les procédés de la fresque. Il resta un an dans cette 
ville. A son retour en France, il fut nommé chevalier de la 
Légion d'honneur et professeur de dessin à l'Ecole poly- 
technique. Sa première peinture à fresque fut une Lapida- 
tion de saint Etienne pour l'église Notre-Dame-de- 
Lorette. Il peignit également quelques tableaux de genre 
qu'il exposa au Salon de 1833 et qui représentaient diverses 
scènes tirées du roman de Victor Hugo, Notre-Dame de 
Paris, ainsi que le portrait du Général Rampon au 
siège de Saint-Jean-d'Acre, destiné au château de Ver- 
sailles. 

C'est à Versailles que se trouvent les œuvres les plus 
considérables de Couder : la Bataille de Lawfeldt (1836), 
le Siège d'York-Town par Washington, la Prise de 
Lerida par le duc d'Orléans (1838) ; l'Ouverture des 
Etats généraux à Versailles (1840). Ces travaux consa- 
crèrent la réputation de l'artiste qui futélu àl'Académie des 
beaux-arts. Il continua pour Versailles ses grandes compo- 
sitions historiques : la Fédération du 14 juillet 1190 
(1844), le Serment du Jeu de paume (1848). En même 
temps qu'il était occupé à ces ouvrages, Couder peignait 
pour l'église Saint-Germain-i'Auxerrois la fresque de la 
chapelle du Tombeau, si mal éclairée qu'il est impossible 
de la juger, et pour l'église de la Madeleine la Pécheresse 
aux pieds du Christ, En outre, il était chargé par le 
gouvernement de la restauration des [fresques du Rosso et 
du Primatice au palais de Fontainebleau. 

En 1856, Auguste Couder devint veuf une seconde fois, 
et, de nouveau, un insurmontable découragement le saisit. 
Il abandonna presque complètement ses pinceaux, et lors- 
qu'en 1865, il se remaria avec une jeune fille, le goût de 
son art donna à son esprit une direction nouvelle. Il se 
mit à écrire sur l'esthétique des pages intéressantes. Plu- 
sieurs de ses études, lues dans les séances de l'Académie 
des beaux-arts ou insérées dans des revues, ont été 
publiées en un volume intitulé Considérations sur le but 
7noral des^ beaux-arts (1867). Couder avait une intelli- 
gence cultivée ; c'était un causeur spirituel et séduisant. 
Sa peinture, bien marquée au caractère de son temps, est 
sans grande originalité, maigrelette, froide et sèche ; mais 
elle a les quaUtés de l'école de David, de la précision et 
même parfois une certaine saveur de coloris. Le premier 
tableau de Couder avait été Amour, tu perdis Troie ; le 
dernier, auquel il travaillait encore, quand la mort le saisit, 
fut r Amour maître du monde; il avait quatre-vingt- 
quatre ans ! Toute la vie intime de cet artiste semble par 
là se refléter et se résumer. Victor Champier. 

BiBL, : Ernest Breton, Notice sur la vie et les ouvrages 
d'Aug. Couder; Meulan, 1876, in-18. — Notice sur M. Cou- 
der, lue par M. Hébert à l'Académie des beaux-arts dans 
la séance du 3 juin 1876. 

COUDER (Jean-Remy-Alexandre), peintre français, né 
à^Paris en 1808. Sorti de l'atelier de Gros, il s'adonna 
d'abord à la peinture d'histoire et débuta, au Salon de 
1836, par un Episode de la Saint-Barthélémy qui lui 
valut une troisième médaille. Il composa ensuite Eudes, 
comte de Paris, délivrant cette ville assiégée par les 
Normands (S. de 1839). Mais il ne tarda pas à aban- 
donner ces sortes de compositions et il se mit aux petits 
tableaux de genre, aux scènes pittoresques et amusantes, 
tels que le Premier Chagrin, Un Cabinet de curiosités. 
Correspondance épistolaire. Intérieur de cuisine, etc., 
qui lui valurent quelques succès. Ses meilleures toiles sont 
des natures mortes, des fleurs, des fruits, et dans ce genre 
Alexandre Couder a parfois montré un réel talent. V. Ch. 

COUDERC (Guillaume-Benoît), homme pohlique fran- 
çais, né à Lyon le 7 juil. 1741, mort à Lyon le 12 mai 
1809. Négociant, il fut élu député du tiers aux Etats gé- 
néraux de 1789 et fit partie de la majorité de l'Assemblée 
nationale constituante. — Son fils Jean, né à Lyon le 9 mai 
1770, mort à Cannes le 6 avr. 1852, fut élu député de 
Lyon le 28 janv. 1822 et fit partie de Popposition libé- 
rale. 11 se représenta sans succès en 1823, mais fut élu, 



— 37 — 



COUDERC — COUDRECIEFIX 



toujours par Lyon, le 25 févr.1^24, et les M avr. 1828, 
23 juin 1830, 5 juil. 1831, après avoir échoué en 1827. 
Il vota en 1830 Tadresse des 221 et rentra dans la vie 
privée en 1834. 

COUD ERG (Joseph-Antoine-Charles), chanteur scénique 
français, né à Toulouse le 10 mars 'J810, mort à Paris le 
16 avr. d875. Sorti du Conservatoire, il débuta à TOpéra- 
Comique le 7 juil. 1834, dans le Petit Chaperon rouge. 
Sa jolie voix, son physique distingué, et surtout ses rares 
aptitudes scéniques, qui en firent plus tard un comédien 
de premier ordre, le firent accueillir avec faveur. Il tint 
les principaux rôles de ténor dans le Chalet^ le Domino 
noir, les Diamants de la Couronne, Marguerite, la 
Jeunesse de Charles-Quint, etc. Pourtant, malgré ses suc- 
cès, Couderc quitta l'Opéra-Coniique en 1842, alla donner 
des représentations en province, puis fut engagé au théâtre 
de la Monnaie, de Bruxelles, et ensuite à Londres. De re- 
tour à Paris en 1850, il rentra à FOpéra-Comique en 
créant, d'une façon magistrale, le rôle de Shakspeare du 
Songe d'une nuit d'été. Mais sa voix s'était affaiblie et 
de ténor se transforma en un baryton qui manquait un peu 
de timbre et de couleur. Il devint alors excellent comédien 
et conserva toute la faveur du public dans les nombreuses 
pièces où il se montra. Artiste essentiellement original et 
personnel, Couderc fut aussi un excellent professeur. 
Il fut nommé, vers 1865, professeur d'une des classes 
d'opéra-comique au Conservatoire. 

COUDES-MoNTPEYROux. Corn, du dép. du Puy-de-Dôme, 
arr. et cant. d'Issoire ; 1,308 hab. La seigneurie de Coudes 
appartint d'abord aux comtes d'Auvergne, puis à la maison 
de La Tour, d'où elle passa, par héritage, à Catherine de 
Médicis et suivit le sort des domaines de cette princesse. 
Vestiges gallo-romains. Aux environs, donjon de Montpey- 
roux (xHi*^ siècle). L. F. 

COUDEVILLE. Com. du dép. de la Manche, arr. de 
Coutances, cant. de Bréhal ; 754 hab. 

COUDONS. Com. du dép. de l'Aude, arr. de Limoux, 
cant. de Quillan; 298 hab. 

COUDRAY (Le). Com. du dép. de l'Eure, arr. des An- 

delys, cant. d'Etrépagny, près de la forêt de Lyons; 208 

hab. Filature de coton. Eglise avec crypte très ancienne. 

COUDRAY (Le). Com. du dép. d'Eure-et-Loir, arr. et 

cant. (S.) de Chartres; 615 hab. 

COUDRAY. Com. du dép. du Loiret, arr. de Pithiviers, 
cant. de Malesherbes; 313 hab. 

COUDRAY. Com, du dép. de la Mayenne, arr. de Châ- 
teau-Gontier, cant. de Bierné ; 547 hab. 

COUDRAY-au-Perche. Com. du dép. d'Eure-et-Loir, 
arr. de Nogent-le-Rotrou, cant. d'Authon; 654 hab. 

COUDRAY-Belle-Gueule (Le) ou La Neuville. Com. 
du dép. de l'Oise, arr. de Beauvais, cant, de Noailles ; 
172 hab. 

COUDRAY-Macouard (Le). Com. du dép. de Maine-et- 
Loire, arr. de Saumur, cant. de Montreuil-Bellay ; 731 
hab . Vignobles produisant un vin blanc renommé. Église 
romane qui s'élève sur une crypte plus ancienne ; elle a 
conservé des tapisseries curieuses. Ancienne chapelle d'une 
commanderie de l'hôpital de Saint-Jean de Jérusalem. 

COUDRAY-MoNTCEAux ou sur-Seine (Le). Com. du dép. 
de Seine-et-Oise, arr. et cant. de Corbeil ; 537 hab. 

COUDRAY-Rabut. Com. du dép. du Calvados, arr. et 
cant. de Pont-l'Evêque ; 230 hab. 

COUDRAY-Saint-Germer (Le) (Coudray-en-Thelle) . 
Ch.-l. de cant. du dép. de l'Oise, arr. de Beauvais ; 420 
hab. Stat. du chem. de fer du Nord, Ce lieu était encore 
inhabité au xii® siècle et faisait partie de la forêt de Thelle 
et de la paroise d'Espeaubourg. Il fut alors donné à l'abbaye 
de Saint-Germer, puis constitué en communauté vers 1212 
et compris dans le comté de Chaumont-en-Vexin. Les reli- 
gieux, menacés à chaque instant dans leur abbaye par les 
guerres du xiv® siècle, bâtirent une forteresse au Coudray 
pour s'y retirer, eux et leurs trésors ; mais ils y étaient à 
peine installés qu'ils y furent attaqués et pris en 1400 par 



les Bourguignons, qui leur firent payer une grosse rançon, 
s'installèrent au château du Coudray et, après y avoir 
séjourné six mois, l'évacuèrent en le détruisant ainsi que 
l'éghse et le village lui-même. Le château fut imparfaite- 
ment rétabli ; il en reste encore quelques vestiges. L'église 
montre aussi quelques parties des xv« et xvi® siècles! On 
y conserve une châsse émaillée du xni® siècle. Le hameau 
du Tronquet avait une seigneurie particulière et un manoir 
avec chapelle. C. St~A. 

COUDRAY (François), sculpteur français, né à Villa- 
cerf (Aube) vers 1678, mort à Dresde le 29 avr. 1727. 
Il était élève de Coysevox, suivant H. Barbet de Jouy, et de 
Girardon, suivant Dussieux ; il fut reçu membre de l'Aca- 
démie royale de peinture et de sculpture le 30 avr. 1712 ; 
peu après, il fut appelé à Dresde par Auguste II, roi de Po- 
logne et électeur de Saxe, et devint professeur de l'acadé- 
mie de Dresde ; il exécuta dans cette ville plusieurs 
ouvrages, entre autres le groupe Zéphyr et Flore, gravé 
par Lindermann. Le musée du Louvre possède de cet ar- 
tiste un Saint Sébastien, statuette en marbre, lui ayant 
servi de morceau de réception à l'Académie royale. — Son 
fils, Pié?rr^ Coudray, né à Paris en 1713, mort à Dresde 
en 1770, fut aussi sculpteur; il travailla à Rome, en 
Angleterre, puis à Varsovie. Nommé professeur à l'aca- 
démie de Dresde, il fit, pour le Grand Jardin, des statues 
qui ont été gravées dans le recueil des Antiques du baron 
Le Plat. M. D. S. 

BiBL. : DussïEUX, les Artistes français à Vétranqer ; 
3» éd., 1876, p. 226. 

COUDRE (Machine à) (V. Machine a coudre). 

COUDRE (La). Com. du dép. des Deux-Sèvres, arr. de 
Bressuire, cant. d'Argenton-Château ; 318 hab. 

COU DREAU (Henri), voyageur français, né à Sonnac 
(Charente-Inférieure) le 6 mai 1859. Nommé professeur 
d'histoire au lycée de Cayenne, il se sentit attiré vers les 
études géographiques et ethnographiques. Il fit en 1881 un 
premier voyage chez lesGalibi de Rocoucoi dans l'Iracoubo ; 
en juillet et août 1882, il visita la région du Kourou. 
L'année suivante, chargé d'une mission par le gouverneur, 
M. Chessé, il explora la plus grande partie du territoire 
contesté, le Counani, le Mapâ, l'Araguary et la route de 
l'Araguary à l'Amazone; en juin 1884, il partit deManaos 
pour traverser toute la Guyane centrale du rio Negro à 
Cayenne; il reconnut le rio Branco, le rio Uaupes, etc., 
explora toute la contrée comprise entre 64 et 6i^ de 
long, le long de la sierra de Lua. Il fit les deux tiers du 
trajet qu'il s'était fixé et avait dépassé les sources du 
rio Trombetas lorsque la désertion des Indiens qui l'ac- 
compagnaient le força de revenir. Il était isolé depuis 
quatre mois et avait marché trente jours à travers la forêt 
vierge. Il rapporta de ce voyage deux cartes tout à fait 
nouvelles : le pays compris entre l'Oyapock, le Yari, 
l'Amazone et l'Atlantique ; et la Guyane méridionale entre 
le rio Branco et le Pérou. Il s'était adonné spécialement 
aussi à l'étude des mœurs indigènes et avait fait de nom- 
breuses photographies. Ce voyage lui avait permis de faire 
preuve de ses quahtés d'énergie et de persévérance et le 
plaçait au rang des découvreurs de la Guyane centrale. En 
1887-1888, M. Coudreau, accompagné du fidèle compagnon 
du docteur Crevaux, le noir Apatou, a levé le cours du 
Maroni et exploré le versant N. des monts Tumuc-Humac, 
le pays compris entre les rivières Itany et Maroni, et les 
sources du Maroni. Le 12 août 1888, il entreprit un nou- 
veau voyage ; par l'Oyapock et le Camope, il a atteint les 
Tumuc-Humac, rectifié le cours de l'Oyapock tracé par 
Crevaux, et dressé une carte du pays entre les sources 
de l'Oyapock et du Maroni, A la fin de 1889, il a entrepris 
un nouveau voyage. Il a publié: Etudes sur les Guyanes 
et r Amazonie (Paris, 1886-87, 2 vol. in-8) et plusieurs 
mémoires. L. Del. 

COUDRECEAU. Com. du dép. d'Eure-et-Loir, arr. de 
Nogent-le-Rotrou, cant. de Thiron-Gardais ; 655 hab. 
COUDRECIEUX. Com. du dép. de la Sarthe, arr. de 



COUDRECIEUX -- COUFA 



-38 



Saint-Calais, cant. de Bouloire, au S.-O, de la forêt de 
Vibraye; 1,450 hab. Stat. de la ligne départem. de Saint- 
Calais à Mamers. Il existe à Coudrecieux une verrerie impor- 
tante établie dans l'ancien château de la Pierre. 

COU DR ES. Corn, du dép. de l'Eure, arr. d'Evreux, cant. 
de Saint- André; 457 hab. 

COUDRES (Ludwig des), peintre allemand contempo- 
rain, né à Cassel en 1820. Elève des académies de Mu- 
nich et do Dusseldorf, cet artiste traite spécialement le 
genre historique; ses chefs-d'œuvre, une Françoise de 
Rimini, exposée à Dusseldorf en 1850, et une Sainte 
Madeleine^ sont remarquables par une touche puissante 
et un dessin plein de vigueur. Ad. T. 

COUDRETTE (l'abbé Christophe), écrivain janséniste, 
né à Paris en 1704, mort le 4 août 4774. Fils d'un gar- 
gotier de la rue des Postes, il fit ses études au collège 
Louis-le-Grand et au collège du Plessis et s'affilia aux 
jansénistes. Prêtre en 4 725, il fut interdit par l'archevêque 
de Paris, Vintimille, en 1732, et enfermé à Vincennes en 
1735. Mis en liberté, il fut de nouveau accusé par Vinti- 
mille de menées jansénistes : « C'est lui qui a été de porte 
en porte faire signer aux curés la requête qu'ils ont pré- 
sentée au Parlement contre la bulle de canonisation du 
bienheureux Vincent de Paul. » Après une perquisition et 
une saisie de ses papiers, il fut emprisonné à la Bastille le 
25 mars 4738. Mis en liberté provisoire à la mort de sa 
mère (avr. 1739) et en liberté définitive le 6 août de la 
même année, il fut exilé dans le diocèse de Lisieux. Il y 
continua sa propagande et causa des mouvements dans les 
congrégations des bénédictins du Bec et de Fécamp. Il 
s'attira une nouvelle affaire en 1747; des ordres furent 
donnés pour le mettre à la Bastille, mais il put échapper 
à toutes les recherches. Coudrette fut très lié avec le 
diacre Paris et avec l'abbé Boursier dont il fut légataire. 
Il a écrit : Dissertation sur les Bulles contre Baïus 
(Utrecht, 1737, 4 vol. in-12) ; Dissertation théologique 
sur les loteries (1742, in-12) ; Histoire générale de la 
naissance et des progrès de la compagnie de Jésus 
(Paris, 1760, et Rouen, 1761, 4 vol. in-12); Idée géné- 
rale des vices principaux de VInstitut des Jésuites 
tirée de leurs constitutions (1761, in-12); Mémoire 
sur le formulaire (1756, 2 vol. in-12); Mémoires pour 
servir à V histoire générale des Jésuites (Paris, 1761, 
2 vol. in-12), etc. R.S. 

COUDRIER (V. Noisetier). 

COUD ROY. Coin, du dép. du Loiret, arr. de Montargis, 
cant. de Lorris ; 393 hab, 

COU DU N (Condunum). Com. du dép. de l'Oise, arr. 
de Compiègne, cant. de Ressons-sur-Matz, sur l'Aronde ; 
625 hab. Stat. du cliem, de fer du Nord. La seigneurie 
de Coudun appartenait, dès le xii® siècle, à une famille qui 
en portait le nom ; elle vint, à la fin du xiii®, dans celle 
des Saint-Simon, puis à la famille de Raineval et à celle 
de Sorel ou Soreau, d'où sortit la fameuse maîtresse de 
Charles VII ; enfin cette seigneurie fut comprise dans le 
duché d'Humières. La forteresse de Coudun joua un rôle 
assez considérable au xv^ siècle. Le village possédait autre- 
fois deux églises ; la seule conservée est romane, sauf 
quelques parties modernes. V*® de Caix de Saint- Aymour. 
COU DURES. Com. du dép, des Landes, arr. et cant. 
de Saint-Sever; 871 hab. 

COU ËDIC DE Kergouâler (Charles-Louis, chevalier du), 
célèbre marin français, né au manoir de Kerguélénen, 
près de Pouldrégat (Finistère), le 17 juil. 1740, mort à 
Brest le 7 janv. 1780. Entré au service à seize ans, il se 
signala dans plusieurs combats et montra une énergie à 
toute épreuve dans des naufrages et des épidémies. Il ob- 
tint, en qualité de lieutenant de vaisseau, le commande- 
ment de la frégate la Surveillante^ de 36 canons, et s'im- 
mortalisa par le combat qu'il soutint le 6 oct. 1779 contre 
la frégate anglaise Québec commandée par le vaillant 
G, Farmer; celle-ci, incendiée, sauta. DuCouedic, récom- 



pensé par le grade de capitaine de vaisseau, succomba à ses 
blessures. C. Del. 

BiBL, : De Fréminville, Antiquités du Finistère. •— 
Barchou de Penhoën, Revue des Deux Mondes^ mai 
1834. — Vatïier d'Ambroyse, Littoral de la, France, t. II 

(portrait). 

COUEILLES. Com. du dép. de la Haute-Garonne, arr. 
de Saint-Gaudens, cant. de l'Isle-en-Dodon ; 411 hab. 
COUENNE (V. Charcuterie, t. X, p. 609). 
COUERBE, chimiste français, né à Vertheuil, près de 
Pauillac, en 1807, mort à Vertheuil le 9 oct. 1867, A l'âge 
de vingt-deux ans, il était à Paris préparateur du cours 
de toxicologie de Lesueur, et publiait son premier mémoire 
intitulé Réflexions sur le principe volatil du sang 
humain. Il entra ensuite dans le laboratoire de Pelletier, 
l'illustre auteur de la découverte de la quinine. Là, tra- 
vaillant sur l'opium avec son maître, il prépara à l'état 
de pureté la méconine^ principe immédiat de l'opium, 
entrevu en 1826 par Dublanc jeune. Il découvre ensuite 
la sabadilline dans les semences de cévadille, et publie le 
résultat de ses recherches sur l'analyse de plusieurs prin- 
cipes organiques. Doué d'un tempérament vif et d'une na- 
ture nerveuse, il s'engage dans des controverses qui lui 
attirent l'inimitié de ses contemporains : il critique les opi- 
nions erronées de Baruel et de Robiquet, sur l'odeur du 
sang traité par l'acide sulfurique; il se sépare de Pelletier 
au sujet de la paramorphine, dont il attribue entièrement la 
découverte à Thiboumery, préparateur de Pelletier, et 
auquel il impose le nom de thébaïne ; il contredit Orfila 
sur la prétendue présence normale de l'arsenic dans les 
os; enfin, il engage une vive polémique avec Fremy sur la 
constitution chimique du cerveau. Couërbe a cruellement 
payé le prix de son inexpérience des choses de la vie. 
C'était cependant un vrai savant, auquel on ne pou- 
vait guère reprocher que des vivacités de langage, moins 
préjudiciables aux autres qu'à leur auteur. Avant de dis- 
paraître du milieu scientifique où il avait si brillamment 
débuté, il publia encore une monographie du sulfure de 
carbone, puis se retira, déjà malade, dans sa propriété de 
la Gravière, près du village de Lugagnac. Là, il s'occupa 
avec succès de la physiologie de la vigne, de l'oïdium, de 
la composition des ossements humains, etc. Voici la Mste 
de ses principaux mémoires pubhés dans le Journal de 
pharmacie et de chimie : Nouveau Principe retiré de 
Valbumine (t. XV, p. 497) ; \Pnncipe volatil du sang 
(p. 592); Histoire de la méconine (t. XVIII, pp. 154, 
h^^) ; Rech, chimiques sur les matières organiques 
(t. XIX, p. 513) ; Staphysain (p. o22) ; Vératrin (p. 529) ; 
Sabadilline (p. 534); Essences (p. 542); Du Cerveau 
considéré chimiquement et physiologiquement (t. XX, 
p. 480) j Dérivés nitrés (t. XXII, p. 83). Ed. Bourgoin. 

COUÉRON. Com. du dép. de la Loire-Inférieure, arr. 
de Saint-Nazaire, cant. de Saint-Etienne de Montluc, sur 
la rive droite de la Loire; 4,942 hab. Stat. du ch. de 
fer d'Orléans, Kgne de Nantes à Saint-Nazaire. Verrerie à 
bouteilles; fonderie. Le port, quoique d'un difficile accès à 
cause des sables, est utilisé pour le radoub des navires. 
L'ancien château des ducs de Bretagne où mourut des 
suites d'une chute de cheval le duc François II, après la 
bataille de Saint-Aubin-du-Cormier, n'existe plus ; sur 
son emplacement a été élevé un calvaire. Château de Beau- 
lieu. Dans l'église, stalles sculptées de la Renaissance pro- 
venant de l'abbaye de Buzay. 

COUESMES. Com. du dép. d'Indre-et-Loire, arr. de 
Tours, cant. de Château-la-Vallière ; 612 hab. 

COUESMES. Com. du dép. de la Mayenne, arr. de 
Mayenne, cant. d'Ambrières; 1,204 hab. 

COUESNON (Le). Fleuve côtier de France qui a long- 
temps formé la limite de la Normandie et de la Bretagne 
(V. Ille-et -Vilaine et Mayenne [Dép.]). 

COUETTE ï. Architecture (V. Crapâudine), 

IL Marine (V. Ber). 

COUFA (V. Koufa). 



-- 39 - 



COUFFE — COUIN 



COUFFE. Engin de pêche maritime, consistant en un 
panier rond et sans anse, suspendu à une longue corde 
terminée par une bouée. Tout autour de ce panier sont 
attachés des hameçons amorcés au moment oti Ton veut 
pécher. La couffe, remplie de pierres ou de sable, est 
descendue au fond de Feau où on la laisse séjourner un 
certain temps ; la bouée sert ensuite à la relever. Cet 
ustensile est employé par les pêcheurs du midi de la 
France. 

COUFFE. Com. du dép. de la Loire-Inférieure, arr. 
d'Ancenis, cant. de Ligné, sur le Havre ; 2,077 hab. Le 
petit port formé par la rivière sert à l'embarquement des 
charbons de Mouzeil et des bois du pays. 

COUFFIN. Sorte de balle fort employée sur le littoral 
méditerranéen ; c'est un panier en jonc tressé, en sparterie 
ou en feuilles de palmier et qui sert à emballer les fruits 
secs. — Les Grecs donnaient le nom de couffin (cophinus) 
à une corbeille d'osier dont ils se servaient, dit Aristo- 
phane, en guise de cage d'oiseaux. — Columelle rapporte 
que les Romains employaient le cophinus dans leurs 
travaux agricoles. Remphe de terre, cette corbeille for- 
mait une sorte de couche portative. 

COUFFOULENS. Com. du dép. de l'Aude, arr. et cant. 
de Carcassonne ; 504 hab. 

COUFFOULEUX. Com. du dép. du Tarn, arr. de Gail- 
lac, cant. de Rabastens; 4,257 hab. 

COUFFY. Com. du dép. de la Corrèze, arr. d'Ussel, 
cant. d'Eygurande; 494 hab. 

COUFFY. Com. du dép. du Loir-et-Cher, arr. deBlois, 
cant. de Saint-Aignan ; 824 hab. 

COUFIQUE (Ecrit, et numism.) (V. Koufique). 

COUFLENS. Com. du dép. de FAriège, arr. de Saint- 
Girons, cant. d'Oust, au confluent du Salât et du ruisseau 
d'Augoust; 900 hab. Autrefois importante, cette localité 
est aujourd'hui à peu près ruinée ; l'hiver, elle est aban- 
donnée des habitants qui vont louer leurs services à Mar- 
seille, à Bordeaux , ou parcourent le midi de la France 
comme colporteurs. Le territoire de la commune touche à 
l'Espagne, et renferme un bureau de douane assez impor- 
tant à Salau, auprès des sources du Salât, à Feutrée d'un 
col fréquenté chaque année par plus de 30,000 voyageurs. 
Ce serait par Salau et la vallée qu'il commande que devrait 
passer, suivant certains ingénieurs, la voie ferrée entre 
la France et l'Espagne. Nombreuses carrières de marbre. 
— Couflens faisait partie jadis du Couserans et du diocèse 
de Saint-Lizier. A Salau, église du xi° siècle, dépendance 
d'un couvent de femmes fondé, dit-on, par une princesse 
espagnole. Les chevaliers de Malte y ont aussi possédé une 
petite maison et une église dédiée à Notre-Dame. 

C0U6NY (Edme), helléniste et érudit français, né à 
Nevers le 42 oct. 4848, mort à Paris le 3 juil. 4889. 
Elève des collèges royaux de Nevers et de Bourges, il 
débuta dans l'enseignement par des postes modestes et 
conquit les grades universitaires par un labeur opiniâtre. 
Agrégé des lettres, il fut reçu docteur en 4857, avec les 
thèses : De Prodico Ceio, Socratis magistro et ante- 
cessore et Guillaume du Vair, étude d'histoire littéraire 
avec des documents nouveaux. Professeur de rhétorique 
dans les lycées de Nevers, Coutances, Bourges, Dijon, Ver- 
sailles, puis à Henri IV et à Saint-Louis, il fut nommé en 4878 
inspecteur de l'académie de Paris. Chargé d'une mission 
particulièrement difficile à cette date, celle de surveiller 
l'application de l'article 7 auprès des institutions congré- 
ganistes, il apporta à sa tâche une fermeté vigilante, unie à 
un tact exquis. Il avait réuni d'abondants matériaux pour 
une histoire des idées politiques en France à la fin du xvi® 
siècle, et en publia un certain nombre de fragments fort 
intéressants : Un Procès en matière de droits régaliens 
(4864) ; De la Philosophie chez les jurisconsultes du 
XVI® siècle (4865) ; le Parti républicain sous Henri III 
(4867) ; De la Comédie politique dans les collèges 
(\S6S) ; Pibrac (4869); les Audiences d'apparat au 



parlement de Paris (4869) ; le Capitaine Fr. de la 
Noue (4872) ; Fr. Hotoman (4874) ; Béroalde de Ver- 
ville (4880), On lui doit encore, en fait d'études littéraires 
et Instonqms : la Jeunesse de Virgile {iS6^ ; Jeanine 
d'Arc, épopée latine du xyi^ siècle (iSlï) ; Montesquieu 
et Madame de Lambert (4877) ; le Roman de Irubert, 
fabliau du xiii^ siècle (4883) ; Celtes et Germains 
depuis la conquête de César (4887). — Helléniste des 
plus distingués, auteur de plusieurs éditions de classiques, 
il fut chargé par la Société de l'Histoire de France de la 
publication, avec traductions et commentaires, des Extraits 
des auteurs grecs concernant la géographie et l'his-^ 
toire des Gaules, Les cinq premiers volumes de ce grand 
ouvrage, destiné à compléter l'œuvre de Dom Bouquet, 
ont paru du vivant de l'auteur (4878-4886) ; le sixième et 
dernier, laissé en manuscrit, sera publié en 4894 par les 
soins de M. Lebègue, sous les auspices de M. Croiset. 
M. Cougny édita encore : Premiers Exercices oratoires 
(4883), d'après un manuscrit grec inédit, découvert dans 
la bibliothèque de Bourges, et il acheva V Anthologie 
grecque de Dûbner, dans la grande collection Firmin-* 
Didot, par la publication, d'après les documents épigraphi- 
ques, d'un troisième volume, qui ne vit le jour qu'après sa 
mort (4890). G. Pawlowski. 

COUGOURDE(V. Lâgenâria). 

C0U60URDETTE (V. Cucurbita). 

COUGUAR (V. Chat, t. X, p. 874). 

COUHÉ-Vérac. Ch.-l. de cant. du dép. de la Vienne, 
arr. de Civray, sur la Dive du Midi; 4,864 hab. Stat. (à 
6 kil. du bourg) du ch. de fer d'Orléans, ligne de Paris à 
Bordeaux. Fabrique d'étoffes; chapellerie. Commerce im- 
portant de porcs, de moutons de la race dite de Valence, 
de poulains et de mulets. De vastes halles ont été cons- 
truites pour abriter les marchés. Sur la rive droite de la 
Dive, ruines de l'abbaye cistercienne de Valence dont il 
subsiste notamment une salle voûtée du xii® siècle. La 
seigneurie de Couhé fut érigée en marquisat en faveur 
d'Olivier de Saint-Georges, seigneur de Nérac, par lettres 
patentes de févr. 4652. 

COUI ou COUIS (V. Crescentia). 

COUI-COUI (V. Cobaye). 

COU ILLARD (Archéol.). Sorte de catapulte, où le pro- 
jectile était chassé par la brusque détente d'un bras de 
levier fortement bandé. Cette machine, usitée au moyen 
âge, était analogue à Vo7iagre de l'antiquité. 

CO U 1 L LA R D (Antoine) , poète français, né près de Lorris 
(Gâtinais), mort vers 4575. Il appartenait à Fordre des 
jésuites. Parmi ses nombreux ouvrages, devenus extrême- 
ment rares, nous citerons : Poésies (Rouen, 4556, in-8) ; 
les Contredits aux fausses et abusives prophéties de 
Nostradamus (Paris, 4560, pet. in-8); les Antiquités 
et singularités du monde (Lyon, 4578, in-46) ; Epître 
présentée au très invincible roi de Pologne (Paris, 
4573). La Croix du Maine et du Verdier lui attribuent : 
les Fleurs odoriférantes cueillies es délectables jardins 
de vertus (Paris, 4569, in-8); Quatre Livres' sur les 
procédures civiles et criminelles selon le commun style 
de France et ordonnances royaux pour l'instruction 
des greffiers (Paris, 4560, in-46). Ce dernier est peut- 
être l'œuvre d'un de ses parents, maître des requêtes, à 
la même époque. 

COUILLET. Bourg de Belgique, prov. de Hainaut, arr. 
de Charleroi, sur la Sambre; 8,000 hab. Centre très 
important d'industries métallurgiques. Hauts fourneaux, 
laminoirs, ateliers de construction de matériel de chemin 
de fer. 

COUILLY. Com. du dép. de Seine-et-Marne, arr. de 
Meaux, cant. de Crécy ; 543 hab. 

COUIN ou COVIN (Art milit.). Char de guerre armé de 
faux, monté par des combattants appelés covinaires. Les 
peuples des Gaules et de la Grande-Bretagne faisaient usage 
de ces chars. 



COUIN — COULANGES 



— 40 — 



COUIN. Coni. du dép. du Pas-de-Calais, arr. d'Arras, 
cant, de Pas; 257 hab. 

COUIZA. Ch~l. de cant. du dép. de l'Aude, arr. de 
Limoux, au contluent de la Sais et de l'Aude ; 886 hab. 
Stat. de la ligne de Carcassonne à Quillan, Le lieu de 
Couiza est fort ancien, si c'est lui qui figure sous le nom 
de Colusiamm dans un acte de 834. En 4231, il fait 
partie de la seigneurie constituée en faveur du seigneur 
de Limoux, Pierre de Voisins. Au xvi^ siècle, la terre 
de Couiza et celle d'Arqués, toute voisine, sont aux mains 
du célèbre Guillaume, comte de Joyeuse, qui est chassé 
avec sa femme et sa famille par les religionnaires d'Alet 
(4577). Cet ardent ligueur y mourut en 4592. La baronnie 
d'Arqués et de Couiza resta l'une des principales du dio- 
cèse d'Alet, jusqu'à l'année 4732, date de la mort du der- 
nier seigneur. On voit encore à Couiza le château habité 
par Guillaume de Joyeuse, avec quatre tours. — Filatures 
de laine, fours à plâtre. — Pont du xvi^^ siècle, faisant 
communiquer Couiza et Montazels. 

COULADtRE. Com. du dép. de la Haute-Garonne, arr. 
de Muret, cant. de Cazères ; 328 hab. 

COULAGE. I. Economie domestique (V. Blanchissage). 
IL Céramique. — On appelle coulage l'opération qui 
consiste à introduire, dans un moule creux en plâtre, une 
pâte céramique très liquide, appelée barbotine, qui dépose, 
par absorption, sur les parois du moule, une mince couche 
de terre d'épaisseur uniforme. Une fois sèche, elle donnera 
une pièce aussi mince que possible et capable cependant de 
se soutenir. La solution pour le coulage se compose de 
pâte neuve et de rognures de terre déjà travaillée, par par- 
ties égales : on les mélange, on les dissout dans l'eau en les 
agitant, on les laisse reposer : on agite de nouveau, on 
passe au tamis de laiton pour enlever les parties grenues, 
on agite encore jusqu'à parfaite homogénéité. On remplit 
ensuite de cette solution le moule percé dans le fond d'un 
trou fermé par bouchon ; au bout de quelques instants, 
le niveau a baissé par suite de l'absorption de l'eau par le 
plâtre du moule ; on remplit de nouveau le moule jusqu'à 
ce qu'on ait obtenu sur les parois l'épaisseur voulue; on 
débouche le trou du fond, la barbotine s'écoule et il ne 
reste plus que la terre qui s'eat déposée aux parois. On 
laisse sécher quelque temps et quand on juge la pièce 

capable de se soutenir 
elle-même, on démoule. 
(Pour le coulage des piè- 
ces céramiques de grande 
dimension, Y. Céramique 
industrielle.) C'est de 
cette façon que se font les 
tubes, les cornues, les 
plaques réfractaires pour 
émailleurs, enfin toutes 
les pièces tellement min- 
ces qu'il serait impossible 
de les tourner. La porce- 
laine coquille d' œuf est 
faite par ce procédé, de 
même que les œufs by- 
zantins de l'Asie Mineure. 
— On appelle aussi cou- 
lage des vernis céramiques les défauts d'unité de la couverte 
qui résultent de l'irrégularité de la chauffe ou de la mau- 
vaise préparation de l'émail qui, pendant la cuisson, se fon- 
dant inégalement, disparaît de certains endroits de la pièce, 
laissant ainsi la terre à nu, ou forme des épaisseurs ré- 
sultant de l'inégalité de la fusibilité. Les Chinois ont su 
mettre à profit l'étude qu'ils ont faite du coulage des ver- 
nis et des émaux, dans leurs flambés ; ils provoquent 
scientifiquement des accidents dans leurs fours et produi- 
sent ainsi des pièces de l'effet le plus étonnant. Les céra- 
mistes européens depuis quelques années ont étudié aussi 
le coulage artificiel et peuvent, dans plusieurs cas, rivaliser 
avec les ouvriers chinois. C'est par le coulage artificiel que 




Œuf de faïence siliceuse de 
l'Asie Mineure. 



se produit, dans les flambés, le jaspé^ qui n'est qu'un 
soufflé manqué ; les flambés imitant le marbre, sont aussi 
le résultat de coulages prémédités. F. de Mély. 

C0ULA6NE (La) (V. Colagne). 

COU LAI NES. Com, du dép. de la Sarthe, arr. et pre- 
mier cant. du Mans; 661 hab. EgHse curieuse du xi® siècle, 
avec de belles statues des xm^ et xiv^ siècles. 

C0ULAN6ER0N. Com. du dép. de l'Yonne, arr. 
d'Auxerre, cant. de Coulanges-la- Vineuse ; 406 hab. 

COULANGES. Com. du dép. de l'Allier, arr. de Mou- 
hns, cant. de Dampierre; 788 hab. 

COULANGES. Com. du dép. de Loir-et-Cher, arr. de 
Blois, cant. d'Herbault; 328 hab. 

CO U LAN G ES-LA-YiNEusE {Coleingiœfioloniœ vinosœ). 
Ch.-l. de cant. du dép. de l'Yonne, arr. d'Auxerre ; 
1,296 hab. Avant 1789, du diocèse d'Auxerre, de la prov. 
de Bourgogne et du bailliage d'Auxerre. La seigneurie 
appartenait, au xiii^ siècle, au comte de Joigny. En 1215, 
Guillaume, comte de Joigny, la céda à son fils Guillaume 
qu'il émancipait. Par acte du 21 déc. 1221, Pierre de 
Joigny reconnut que son château de Coulanges était jurable 
et rendable au comte d'Auxerre. En 1279, le comte de 
Joigny accorda aux habitants de Coulanges une charte 
d'affranchissement. La taille devait être répartie par quatre 
ou six bourgeois, assistés d'un des officiers du seigneur. 
Ces privilèges furent confirmés par Jean de Sainte-Croix en 
1365 et par le roi en 1373. L'an 1379, Philippe de Sainte- 
Croix, seigneur de Coulanges, y fonda un hôpital. Assiégée 
par l'armée du duc de Bourgogne en 1434, la ville de 
Coulanges se rendit au gouverneur d'Auxerre le 23 juin 
J435. Pillée par les huguenots en 1564, elle tomba plus 
tard entre les mains des ligueurs qui la perdirent le 10 avr. 
1590, mais la reprirent dès le 2 juin suivant. Les roya- 
listes s'en emparèrent en 1593 ; quelques seigneuj's ten- 
tèrent encore de s'y fortifier ; ils durent faire leur soumis- 
sion au maréchal de Biron en 1594. Quelques années 
après, Jeanne de Chastellux rendit foi et hommage à 
Henri IV pour la terre de Coulanges. En 1676, cette ville 
fut presque entièrement détruite par l'incendie, ce qui 
montra la nécessité de lui donner l'eau qui lui manquait ; 
Couplet, de l'Académie des sciences, découvrit trois fon- 
taines qui furent aménagées en 1705. L'église, sous le 
vocable de saint Christophe, fut reconstruite de 1737 à 
1742 sur les plans de Servandoni. A droite de l'église, 
clocher de la fin du xiii^ siècle, avec flèche octogonale en 
pierre. M. Prou. 

COULANGES-lès-Nevers. Com. du dép. de la Nièvre, 
arr. et cant. de Nevers; 988 hab. Eglise de Saint-Théo- 
dore, édifice roman défiguré ; à l'intérieur, découverte 
d'une mosaïque carohngienne, en 1859. M. P. 

COULANGES-suR-YoNNE (Coloniœ, Colengiœ super 
Ycaimam). Ch.-l. de cant. du dép. de l'Yonne, arr. 
d'Auxerre, sur l'Yonne; 913 hab. Stat. du chem. de fer 
de Laroche à Clamecy. Avant 1789, de la prov. de Bour- 
gogne, siège d'une prévôté ressortissant au bailliage 
d'Auxerre. En 864, l'abbaye de Saint-Germain d'Auxerre 
y possédait des biens. Au commencement du xiu^ siècle, 
Pierre de Courson, vicomte d'Auxerre, acheta des moines 
de la Charité tout ce qu'ils avaient à Coulanges. L'évêque 
d'Auxerre, Hugues de Noyers, voulut reprendre l'acquisi- 
tion pour son compte, prétendant qu'il devait avoir la pré- 
férence dans l'achat des biens ecclésiastiques ; le vicomte 
ne consentit à lui céder que les dîmes, les oblations et une 
maison. En juil. 1210, Pierre, comte d'Auxerre, reconnut 
tenir de l'évêque d'Auxerre la terre de Coulanges. En 
1311, Louis, comte de Nevers, ayant refusé l'hommage à 
l'évêque, celui-ci fit saisir cette terre. Au xvii^ siècle, la 
seigneurie de Coulanges appartenait à la famille Le Bour- 
going. L'église, sous le vocable de Notre-Dame, est une 
construction du xvii^ siècle ; le pont, sur l'Yonne, est de 
la même époque. , M. Prou. 

COULANGES ou COLANGES (Philippe-Emmanuel de), 
né à Paris le 24 août 1633, mort à Paris le 31 janv. 



i716. Fils de Philippe, trésorier de France à Paris, et 
d'une demoiselle d'Ormesson. Plus connu encore comme 
cousin de M"^^ de Sévigné que comme auteur de chansons. 
Nommé conseiller au parlement de Metz en 1657, il accom- 
pagna à Francfort, la même année, le maréchal de Gra- 
mont, ainsi que ses amis Nointel et Gargan; il profita de 
cette occasion pour visiter l'Allemagne méridionale; de 
Francfort, il se rendit à Munich ; continuant ensuite son 
voyage, il parcourut l'Italie, s' arrêtant à Venise, à Lorette, 
à Rome, à Florence, à Turin, reçu partout avec magnifi- 
cence et voyageant en grand seigneur. Il fut nommé 
maître des requêtes en 1672; mais sa vie fut entièrement 
consacrée aux plaisirs mondains. Il ne vivait pas en très 
bonne intelligence avec sa femme (née Dugué-Bagnols) 
(1641-1723), cousine germaine du ministre Louvois, fa- 
vorite de M.^^ de Maintenon, et l'une des femmes les plus 
séduisantes de la cour de Louis XIV, par sa grâce, son 
esprit et son désintéressement. Son mari était lié surtout 
avec M"^^^ de Louvois, de La Trousse (sa tante), de Sévi- 
gné; il affectait d'être amoureux de M°^^ de Grignan. Ses 
chansons avaient un grand succès dans cette petite société 
lettrée, un peu sceptique, oii il plaisait beaucoup. En 1689 
et en 1691, il accompagna à Rome le duc de Chaulnes. 
Ses chansons ont été publiées à Paris (1692, puis 1698, 
2 vol. in-12). % de Monmerqué a édité en 1820 ses Mé- 
moires , contenant la relation de son voyage d'Allemagne 
et d'Italie (1657-58), du voyage à Rome (1689) et plusieurs 
lettres. Cinquante charmantes lettres de M™^ de Coulanges 
ont été publiées dans le Supplément aux lettres de 
iW*^^ de Sévigné (Paris, 1751), réimprimées avec celles 
de Ninon de Lenclos en 1823, et reproduites dans l'édition 
des Grands Ecrivains. 

BiBL. : Walckenaer, Mémoires sur Madame de Sévi- 
gné. — Jal, Dict, hisL et crit. 

C0ULAN8. Com. du dép. du Doubs, arr. de Besançon, 
cant. d'Amancey; 56 hab. 

COULANS. Com. du dép. de la Sarthe, arr. du Mans, 
cant. de Loué; 1,519 hab. Papeterie. Château. 

COULANT. I. Technologie. — Anneau de fer qui main- 
tient rapprochées les branches d'une tenaille de torge, de 
façon que le morceau de fer à travailler reste saisi par les 
mordaches de la tenaille. 

II. Botanique. — Le coulant ou stolon est une tige fili- 
forme, rampante, à longs entre-nœuds, dont chacun peut 
donner naissance à un nouvel individu. Ex. : Fraisier, 
Potentilla reptans^ Ranunculus repens (V. Tige). 

III. Marine. — Nœud coulant (V. Nœud). 
COULAURES. Com. du dép. delà Dordogne, arr. de 

Périgueux, cant. de Savignac-les-Eglises, sur la JLoue ; 
1,337 hab. Au confluent de la Loue et de l'Isle, à un demi- 
kil. en aval du bourg, site pittoresque formé d'une série 
de mamelons hérissés de rochers et entourés de fossés 
sinueux. — Châteaux de Conti (xv® siècle), de la Reille, 
de Lacousse, de Chardeuil, de Glane. 

COULÉ (Peinture-gravure). On appelle coulé, en pein- 
ture, l'ensemble des premières teintes d'une ébauche que 
l'artiste doit renforcer de nouvelles teintes plus empâtées. 
Les graveurs emploient le mot coulé adjectivement et appel- 
lent taille coulée celle qui suit facilement la direction d'un 
contour. 

COU LE DOUX. Com. du dép. de la Haute-Garonne, arr. 
de Saint-Gaudens, cant. d'Aspet ; 592 hab. 

COULÉE. I. Métallurgie. — Ouverture pratiquée au 
niveau du fond du creuset pour l'écoulement du métal 
fondu. On donne encore ce nom à l'ensemble des opéra- 
tions par lesquelles le métal est conduit dans les moules 
(V. Fonderie et Haut Fourneau). L. K. 

II. Géologie. — Coulée de laves (V. Volcan). 

III. Ecriture (V. Ecriture). 

COU L ET (Anne-Philiberte), femme graveur, née à Paris 
en 1736, morte au commencement du xix® siècle. Elève 
d'Aliamet et de Lempereur, elle a gravé des paysages, des 



l — COULANGES — COULEUR 

marines et quelques scènes de genre d'après Berghem, Van 
Goyen, Loutherbourg et Vernet. 

COUL ETAGE. Droit d'un denier ou obole sur toutes 
marchandises vendues ou achetées. Il en est question dans 
la coutume de Lille, art. 66. Ragueau dit à son sujet qu'il 
semble être « le droit de tonlieu, maille et vendition ». 
En effet couletage n'est qu'une forme particulière de 
courtage (V. Dictionnaire de Godefroy), Le droit de 
couletage était donc un droit qui se payait au courtier. 

COULEUR. I. Physique. —La cause de la couleur 
des corps a fait l'objet de nombreuses discussions entre les 
philosophes grecs; les pythagoriciens considéraient la cou- 
leur comme propriété appartenant au corps. Epicure la re- 
gardait comme une propriété de la lumière. Il faut franchir 
un certain nombre de siècles pour trouver des expériences 
sérieuses faites à l'appui de ces doctrines. Rayle paraît 
être le premier qui fit des expériences à ce sujet et il 
regardait, comme Epicure, la lumière comme la cause de 
ces phénomènes. Descartes aussi pensait de même, mais il 
croyait que les corps colorés en recevant la lumière modi- 
fiaient son intensité. C'est Newrton le premier qui a montré, 
à l'aide d'un grand nombre d'expériences, que les corps qui 
nous paraissent colorés jouissent de la propriété d'absor- 
ber les rayons lumineux qui ne sont pas de sa couleur et 
de diffuser les autres. Ainsi un objet qui nous paraît rouge 
nous produit cette impression parce que, éclairé par de la 
lumière blanche, il en absorbe les rayons bleus, verts, 
jaunes, et ne réfléchit, s'il est poli, ou ne diffuse, s'il ne l'est 
pas, que les rayons rouges. Les corps qui nous paraissent 
blancs ainsi que ceux qui nous paraissent noirs ne font pas cette 
sorte de sélection entre les rayons lumineux qu'ils reçoivent; 
les premiers diffusent toutes les couleurs; les seconds 
les absorbent toutes. Il résulte de ce qui précède que la 
couleur d'un corps doit dépendre de la nature de la lumière 
qu'il reçoit ; c'est ce que l'expérience vérifie tous les jours. 
Si par exemple on observe une teinte jaune sur un papier 
blanc, à la lumière du jour, la teinte paraît jaune parce que, 
parmi les rayons qu'elle reçoit, lumière blanche, il existe 
du jaune qu'elle diffuse en retenant les autres couleurs ; 
d'autre part, le papier paraît blanc parce qu'il diffuse 
toutes les couleurs dans la même proportion. Si l'on éclaire 
le même papier à l'aide d'une lumière riche en rayons 
jaunes comme celle d'une lampe, la teinte jaune paraîtra 
encore belle, mais la partie blanche du papier ne diffusera 
plus de lumière blanche, elle n'en reçoit plus, elle diffu- 
sera de la lumière jaune, et par suite ne fera plus con- 
traste avec la partie peinte ; c'est pour cela que les verts 
semblent bleus à la lumière du gaz ; c'est parce que le 
jaune qu'ils contiennent ne fait plus contraste avec les 
parties blanches. Cependant les verts purs qui ne sont pas 
un mélange de jaune et de bleu ne subissent pas cet effet 
avec les lumières artificielles (on désigne souvent ces verts 
sous le nom de vert lumière). Si au lieu d'employer comme 
source de lumière une lampe, qui tout en donnant en abon- 
dance de la lumière jaune donne aussi des rayons des autres 
couleurs, on emploie une lumière rigoureusement mono- 
chromatique (la flamme jaune d'une lampe à alcool salé 
remplit à peu près cette condition), on constate que tous 
les corps qui ne sont pas jaunes paraissent noirs ; le bleu, le 
rouge, l'orangé, le violet, etc. 

On a fait un certain nombre d'expériences pour étudier 
l'influence de la chaleur sur la coloration des corps ; beau- 
coup de résultats publiés ont été mal interprétés ; il faut, 
en effet, pour conclure que l'écartement des molécules 
causé par la dilatation produit le changement de couleur 
que l'on observe quand on chauffe certains corps, être cer- 
tain que le corps n'éprouve pas une transformation allo- 
tropique (oxydes jaune et rouge de mercure) ou même une 
décomposition (sels de cobalt). La couleur des corps, pour 
être définie d'une façon précise, doit être étudiée au spec- 
trophotomètre (V. ce mot). On reçoit dans la fente de cet 
instrument les rayons colorés venant du corps ; on constate 
de quelles radiations simples ils se composent et l'on 



COULEUR 



— 42 



mesure les rapports d'intensité de chacune de ces radia- 
tions à l'intensité que chacune d'elles possède dans la lumière 
blanche prise comme type. La couleur des substances 
transparentes présente des phénomènes de deux ordres. 
Les substances transparentes comme le bichromate de 
potasse, le sulfate de cuivre, etc., présentent par réflexion et 
par transparence sensiblement la même couleur ; au con- 
traire, les corps plus ou moins doués de ce qu'on appelle 
l'éclat métallique, présentent des couleurs complémentaires. 
Ainsi les solutions alcooliques de fuschine paraissent vertes 
par réflexion et rouges par transmission ; l'or réduit en 
feuille très mince est jaune par réflexion, vert par trans- 
mission. Ces corps présentent en outre par transparence le 
phénomène curieux et encore peu expliqué de la dispersion 
(V. ce mot) anormale. Si l'on remplit un prisme creux 
d'une solution alcoolique de fuschine, on observe, comme on 
doit s'y attendre, un spectre où le vert (couleur réfléchie) 
manque ; mais on observe aussi le fait inattendu que voici : 
le spectre, au lieu de présenter les couleurs dans l'ordre 
habituel, violet, indigo, bleu, vert, jaune, orangé, rouge, 
est composé, en partant d'une extrémité : violet, noir (cor- 
respondant au vert qui manque^, rouge, orangé, jaune. 
Helmholtz a donné une théorie de ces phénomènes ; mais 
les résultats expérimentaux sont encore trop peu nombreux 
pour que l'on puisse affirmer que cette théorie doit être 
admise. A. Joannis. 

II. Chimie. — Sous la désignation générale de cou- 
leurs, nous distinguerons les matières colorantes et les 
couleurs proprement dites. On entend par colorants des 
substances d'origine et de composition organiques, qui 
existent toutes formées, soit dans les végétaux comme la 
chlorophylle, soit chez certains animaux comme la coche- 
nille ; ou encore des substances obtenues par la transfor- 
mation de certains composés retirés des goudrons de 
houille, comme les couleurs d'aniline. Au point de vue 
industriel, les colorants peuvent être divisés en trois classes : 
\^ les substances que l'on extrait directement des végé- 
taux, ou qui résultent d'une modification éprouvée par 
certains corps dépourvus de propriétés colorantes que ces 
végétaux contenaient primitivement; 2<* les substances 
retirées directement du corps ou des organes de certains 
animaux; 3^ les substances extraites des goudrons de 
houille. 

Colorants végétaux. — Certains de ces colorants exis- 
tent dans les tiges et les branches des végétaux, comme le 
campêche, le fernamboue, le santal; d'autres dans les 
fleurs, les fruits, les graines, comme le safran, le sureau, 
la grame d'Avignon ; d'autres dans les feuilles, comme la 
chlorophylle, dans les racines comme la garance, le curcu- 
ma; d'autres enfin, mais plus rarement, sont répandus dans 
toutes les parties des végétaux comme dans la gaude. 
Quelquefois certaines de ces matières colorantes n'existent 
pas toutes formées dans les végétaux et ne se produisent 
que par une fermentation ou une transformation de sub- 
stances primitivement incolores, comme c'est le cas dans 
Forseille, l'indigo, la garance. Les tiges et les branches 
des plantes vivaces et particulièrement des arbres, sont 
recouvertes d'une écorce ordinairement brune, qui peut 
elle aussi contenir des principes colorants comme le quer- 
citron, le tannin, etc. Le bois contenu dans cette écorce 
est généralement blanc jaunâtre pour les arbres ordinaires, 
brun, jaune, rouge, noir ou bleu dans les bois de teinture 
qui n'acquièrent toutes leurs propriétés tinctoriales qu'à 
un certain âge, où les parties colorantes transmises par 
les feuilles et les racines semblent ne plus s'accumuler. 
Dans les fleurs, les parties principales contenant des ma- 
tières colorantes sont, en première hgne, les corolles qui 
sont toujours colorées et de toutes nuances, comme dans 
k coquelicot, le souci, la rose trémière, etc. ; en seconde 
ligne, les stigmates qui, quoique étant le plus souvent 
incolores, sont dans quelques végétaux colorés en bleu et 
en jaune, comme dans le Safran. 

Colorants retirés des animaux. — Le règne animal 



offre peu de matières colorantes pouvant être utilisées dans 
l'industrie. La principale, la cochenille, existe toute formée 
dans le corps desséché de la cochenille femelle qui mi au 
Mexique sur certaines espèces de cactus. Cette substance 
colorante doit ses propriétés à un acide rouge spécial 
(l'acide carminique) soluble dans l'eau. Le kermès ou 
cochenille du Nord est l'ensemble du corps et des œufs 
desséchés de quelques espèces de kermès ou de coccus 
(insectes vivant en Orient et dans le sud de l'Europe sur 
le chêne kermès). Cette substance colorante, peu employée 
actuellement, doit, comme la précédente, ses propriétés 
tinctoriales à un acide qui se trouve dans le corps de l'in- 
secte sous forme de petits grains tenus en suspension au 
miheu d'un liquide incolore. La gomme laque ou laque en 
bâtons est une résine colorée provenant de la piqûre de 
certains animaux {coccus lacca) vivant sur plusieurs 
plantes du Bengale. Cette résine sert à préparer des colo- 
rants rouges, beaux et solides, connus sous les noms de lac- 
laque etàelac-dye. 

Propriétés générales des colorants végétaux et 
animaux. Un grand nombre de ces substances ont une 
saveur à la fois âpre et sucrée ; souvent elles sont inodores, 
quelques-unes cristallisent facilement et peuvent se subli- 
mer comme l'alizarine, Findigotine (ces dernières seules 
ont pu être reproduites synthétiquement). Certaines sont 
résineuses, d'autres entièrement volatiles à une tempéra- 
ture élevée, comme l'alizarine; beaucoup s'altèrent sous 
l'influence de l'air, de la lumière; d'autres, au contraire, 
comme la chlorophylle, exigent la lumière pour se former 
dans les végétaux. La teinte des matières colorantes peut 
se modifier et même se détruire complètement sous l'in- 
fluence de certains agents chimiques. Ainsi les alcahs 
étendus bleuissent le tournesol rouge, brunissent le cur- 
cuma, verdissent le sirop de violettes, les acides dilués 
ramènent ces substances à leur teinte primitive , qui 
souvent est même avivée. Les acides et les alcalis concen- 
trés, agissant sur ces colorants secs, les décolorent en les 
décomposant souvent ; quelques-uns résistent aux acides 
concentrés. Le chlore décolore tous les colorants végétaux, 
l'acide sulfureux les décolore en partie, mais dans certains 
cas, on peut faire revenir la couleur primitive ou une teinte 
voisine ; ainsi des violettes traitées par Facide sulfureux 
gazeux seront entièrement décolorées ; mises en présence 
de vapeurs ammoniacales, elles deviendront d'un beau 
vert. Certains sels tels que le sulfate d'alumine, le pro- 
tochlorure d'étain, etc., ont la propriété de former, avec 
différents colorants , des composés insolubles appelés 
laques. Un grand nombre de substances colorantes sont 
solubles dans l'eau; d'autres ne se dissolvent que dans 
l'alcool, Féther, les hydrocarbures; quelquefois la présence 
d'un acide facilite la dissolution comme pour l'alizarine, la 
purpurine, Findigotine ; d'autres fois l'adjonction d'eau à 
une solution alcoolique ou acide détermine la précipitation 
de la matière colorante, comme c'est le cas dans une solu- 
tion sulfurique d'alizarine. D'autres colorants se dissol- 
vent plus facilement dans les alcahs, carthamine, santaline ; 
d'autres, enfin, comme les dérivés de la garance, se dissol- 
vent dans les alcalis et dans les acides. Certains corps, 
comme le charbon animal, ont la propriété d'absorber les 
matières colorantes sans les altérer. D'autres agents chi- 
miques, comme l'hydrogène naissant, Facide suif hydrique, 
décolorent momentanément différents colorants ; une simple 
oxydatiou à l'air suffit pour leur rendre leur teinte primi- 
tive, comme c'est le cas dans la transformation de l'indigo 
blanc en indigo bleu. L'industrie utilise la plupart de ces 
propriétés et de ces réactions, soit pour la préparation de 
certains colorants, soit pour leur destruction. Le blanchi- 
ment de la toile, de la paille, de la pâte à papier, des tis- 
sus de soie, de laine ; l'enlèvement des taches d'encre, de 
fruits, etc., en sont autant d'applications. 

Colorants extraits des goudrons de houille. — Cette 
classe comprend les colorants artificiels d'une existence 
relativement toute récente, mais dont. la beauté et la puis- 



- 43 ~ 



COULEUR 



sance de coloration ont suffi pour les faire rechercher en 
teinture. Ces colorants dérivent tous de carbures d'hydro- 
gène, obtenus dans la distillation fractionnée des goudrons 
de houille, et dont les principaux, employés dans la fal)ri- 
cation des couleurs d'aniline, sont les suivants : la benzine, 
le toluène, le xylène, le cumène, le phénol, la naph- 
taline, Fanthracène. On extrait de ces hydrocarbures 
la totalité des colorants artificiels connus à ce jour et qui 
peuvent être classés, suivant leur composition, en dix-sept 
groupes:!^ les colorants nitrosés, comprenant, le vert 
solide ou dinitrosorésorcine et le vert naphtol B ; 2° les 
colorants nitréSy qui- comprennent l'acide piîrique, le 
jaune Victoria, le jaune salicylique , l'orangé palatin, la 
phénicienne, le jaune de Martius, le jaune de naphtol S, 
la citronine, l'aurantia, le grenat Casthelaz ; 3° les colo- 
rants oxyazoïques, donnant le jaune soleil ou curcumineS; 
4° les colorants azoïques^ jaune d'aniline, jaune solide, 
jaune acide, brun Bismarck, crocéines, ponceaux, chry- 
soïdine, orangés, écartâtes, Bordeaux, rocelline, rouges 
de Biebrich, Congo, azoflavine, benzopurp urine, chrysa- 
mine ; 5° les colorants hydrazoïques comprenant la tar- 
tragine ; 6** les colorants du diphénylméthane compre- 
nant l'auramine ; 1^ les colorants du triphénylméthane^ 
comprenant les verts malachite, lumière méthyl, à l'iode, 
helvétia, les bleus diphénylamine, Victoria, d'anihne ; les 
violets méthyl, benzyl, Hoffmann, phényliques cristallisés, 
la fuchsine diamant et la fuchsine acide, les corallines, le 
phénolphtaléine, la chrysoline, la fluorescéine et ses déri- 
vés, éosine, etc., la rhodamine, galléine, céruléine; 
8^ les colorants retirés de Vanthracène qui comprennent 
l'alizarine, le bleu d'alizarine, le brun d'anthracène, le 
noir d'ahzarine ; 9^ les indophénols '^ 40** les oxazines 
comprenant le violet soMde, le bleu Meldola, la muscarine, 
le bleu du Nil; ii^ les colorants siilfonés (dans la cons- 
titution desquels il entre du soufre), qui comprennent le 
bleu de méthylène, le violet deLauth;12^ les eurhodinés 
donnant le violet neutre et le rouge neutre ; 43^ les safra- 
ninés^ comprenant le bleu de Bâle et les safranines di- 
verses ; i¥ les indulinés et nigrosinés^ qui compren- 
nent la violaniline, l'induline, lanigrosine; 45° Vindigo 
artificiel; 46<* les colorants deVacridine et de la qui- 
noléine donnant la flavaniline, la phosphine; 47° les 
autres colorants non classés dans les seize premiers 
groupes, c,-à-d. le bleu de résorcine, la canarine, la 
murexide, (Classification extraite du Tableau des colorants 
artificiels de Gustave Schultz et Paul Julius ; BerHn, 4 888.) 
Propriétés générales des colorants artificiels. Tous 
ces colorants sont solides, quelques-uns sont cristallisés 
comme la fuchsine, le vert brillant, etc. ; les autres sont 
généralement amorphes. Ils sont à peu près tous solubles 
dans l'eau, sauf cependant quelques-uns comme le bleu à 
l'alcool, les induhnes et les nigrosines qui ne devien- 
nent solubles qu'après sulfonation", et ne peuvent être 
employés en teinture qu'après dissolution préalable du 
colorant dans l'alcool. Les autres peuvent être employés 
directement soit en bains neutres, soit en bains acides, 
après décreusage ou dégorgeage des tissus de soie ou de 
laine. Ces substances ont une intensité colorante considé- 
rable ; ainsi 4 gr. d'acide picriquepeut colorer 40 kilogr. de 
soie, 2 gr. de bleu d'aniline colorent 40 kilogr. de laine, 
quelques-uns comme la fluorescéine, les éosines, etc., 
communiquent à leur solution une fluorescence et un di- 
chroïsme remarquables. Contrairement aux colorants végé- 
taux qui sont tous inoffensifs, certains dérivés de la houille 
absorbés à petite dose, comme l'acide picriqiie, peuvent 
être toxiques, d'autres peuvent être explosifs et doivent 
être livrés en pâte, comme Visopurpurate de potasse ou 
fond rouge de Castelhaz. Tous ces colorants sont décom- 
jposables par la chaleur, certains, comme le jaune de Mar- 
tius, détonnent à 450°; ils brûlent sans laisser de résidus, 
sauf toutefois les sels doubles de baryte ou de zinc , qui 
laissent un résidu de baryte ou d'oxyde de zinc. Dans 
certains cas, les acides ou les alcalis facilitent la dissolu- 



tion de ces colorants ; en excès, leur teinte décroît et peut 
même disparaître complètement. L'acide sulfurique en 
décompose quelques-uns comme les éosines^ mais le plus 
souvent les dissout sans les altérer, en leur communiquant 
une teinte spéciale qui revient à la teinte primitive par 
dilution dans l'eau. Actuellement les colorants dérivés de 
la houille sont surtout employés en teinture. Leur prépa- 
ration est la base d'une industrie florissante qui ne peut 
que grandir encore, comme conséquence des découvertes 
et des recherches des éminents savants qui ont tant con- 
tribué au développement de cette richesse industrielle. 

Des couleurs proprement dites. — Sous le nom de cou- 
leurs, on désigne particulièrement des composés minéraux, 
parfois des laques végétales qui s'appliquent à la surface 
des corps, sans former avec eux des combinaisons, et qui 
peuvent disparaître par une action mécanique, un grattage 
par exemple. Les couleurs matérielles se distinguent des 
luQiières colorées du spectre en ce que par le mélange des 
couleurs dites simples, le bleu, le jaune et le rouge, on 
n'obtient jamais le blanc, comme par la réunion des lu- 
mières, mais bien du noir. 

Classification des couleurs matérielles de ChevreuL 
Les dénominations plus ou moins fantaisistes, gris souris, 
vert d'eau, olive, fraise écrasée, etc., de certaines couleurs 
ont amené Chevreul à établir une classification basée 
sur des données scientifiques. Chevreul définit d'abord 
les différentes circonstances qui peuvent modifier les cou- 
leurs matérielles. Ily a quatre modifications principales, par 
addition : 4^^ de blanc qui éclaircit la couleur ; 2° de noir 
qui l'assombrit; 3° d'un autre colorant qui change sa nature, 
en lui laissant son éclat, et fournit les nuances ; 4° d'une 
autre couleur, qui change les caractères spécifiques de la 
couleur primitive en la ternissant. Les modifications par 
addition de blanc ou de noir donnent les tons d'une cou- 
leur, et la succession de ces tons, sans écart brusque, 
forme une gamme. L'œil apprécie un nombre variable de 
tons dans une couleur, ordinairement de trente à trente- 
cinq, mais, par l'éducation, les teinturiers peuvent en diffé- 
rencier jusqu'à cinquante. C'est en partant de cette défini- 
tion que Chevreul a étaWi sa classification ; le spectre, 
moins la teinte indigo, qui peut être considérée comme un 
mélange de bleu et de rouge, est disposé en couronne de la 
façon suivante : un cercle est divisé en trois arcs de 420°; 
on mène les rayons, chaque partie représente une des trois 
couleurs simples : bleu, jaune, rouge ; chacun de ces sec- 
teurs étant divisé en deux, nous aurons trois nouvelles 
couleurs, car le bleu et le jaune nous donnent par fusion 
le vert ; le jaune et le rouge nous donnent Forangé ; le 
rouge et le bleu, le violet. Chevreul partage de nouveau 
les secteurs en deux et obtient ainsi, entre le vert et le bleu, 
le vert-bleu ; entre le vert et le jaune, le jaune-vert. Ces 
arcs de 30° sont encore divisés en six parties, qui sont 
simplement dénommées par les chiffres 4,2, 3, 4, 5, 6. 
Chacun des rayons de ce cercle en vingt parties, qui don- 
nent vingt tons de la couleur en y ajoutant du blanc en 
certaines proportions définies : ce sont les couleurs dites 
franches. On obtient ainsi 72 rayons à 20 tons, ce qui 
nous fait 4,440 couleurs. 

Si maintenant au lieu de blanc on ajoute du noir, on 
a des couleurs dites rabattues, Chevreul dans son cercle 
chromatique s'est contenté de dix tons obtenus en ajoutant 
à la couleur de ^/^o à ^/^q de noir. Ceci étabH, on voit que 
rien n'est plus facile alors que de classer une couleur 
donnée ; on la dénomme ainsi : nom de la couleur^ nu- 
méro du ton^ numéro du rabat de noir. Exemple : rouge 
n° 3, 40° ton, ^/lo de rabat. En réaUté, le cercle chro- 
matique de Chevreul n'existe pas. Comme il est impossible 
de faire des gammes sur laine floche d'après le cercle, pour 
satisfaire aux besoins de l'industrie de la teinture et de 
l'impression, Chevreul fit exécuter un atlas par un artiste 
de talent, M. Dijon. Le cercle chromatique permet de dé- 
terminer la composition d'une couleur donnée et la com- 
plémentaire d'une nuance quelconque ; cette couleur corn- 



COULEUR - 

plémentaire occupe le secteur opposé. Les couleurs dérivées, 
ou gamme chromatique^ obtenues en étendant de blanc, 
en proportion croissante, une couleur matérielle primaire, 
n'ont pas la même complémentaire, et, par suite, ne suivent 
pas la loi des lumières colorées, ces dernières donnant des 
gammes vraies. 

Du contraste des couleurs. Le contraste des couleurs 
a été particulièrement étudié par Chevreul. C'est l'étude 
des phénomènes que l'on constate journellement en pein- 
ture et en teinture, lorsqu'on regarde divers tons ou des 
tons à degrés différents sur une table, et très rapprochés 
les uns des autres. Le savant du Muséum distingue trois 
contrastes différents : i'^ le contraste simultané; â^ le con- 
traste successif ; '6^ le contraste mixte. Le contraste simul- 
tané est celui qu'on observe lorsqu'on regarde une gamme 
en teintes plates ; chaque teinte paraît à l'œil plus foncée 
sur le bord qui touche à la teinte claire suivante, et plus 
claire sur le bord qui touche à la teinte plus foncée ; le 
commencement des travaux de Chevreul sur le contraste 
simultané date de 4825. Dans le contraste successif, on 
observe les effets suivants : si on fixe une image noire sur 
un fond blanc, puis que l'on porte ensuite ses regards sur 
un tableau noir, on voit en blanc sur ce dernier l'image 
noire première ; ou si on fixe attentivement une image colo- 
rée, puis une toile blanche, on voit sur cette dernière l'image 
primitive, mais avec sa couleur complémentaire. Quand on 
regarde pendant un certain temps un objet coloré, et qu'en- 
suite on remplace cet objet par un autre également coloré, 
la complémentaire de la première couleur vient s'ajouter et 
modifier la couleur du second objet : ce sont les phénomènes 
du contraste mixte (V. Contraste, t. XII, p. 802). 

Des couleurs en général. — Les couleurs employées dans 
la peinture en bâtiments, dans la peinture artistique, dans 
la coloration des émaux, etc., appartiennent au règne miné- 
ral ; quelquefois, mais rarement, au règne végétal. Nous 
voulons parler en dernier des laques, dont on fait usage 
dans l'impression des tissus. Les couleurs minérales ne 
présentent rien de saillant et de particulier ; plusieurs corps 
simples sont colorés par eux-mêmes, comme : le soufre, 
le charbon ; d'autres le sont par leurs oxydes : oxydes de 
mercure, de plomb, de chrome, de fer ; ou par leurs sul- 
fures; exemple: sulfures de plomb, de cadmium, de mer- 
cure, d'arsenic ; enfin, citons certains sels insolubles ou 
peu solubles, de cuivre, de cobalt, de chrome, de plomb. 
Les laques végétales sont assez altérables à la lumière, 
tandis que les couleurs minérales résistent assez bien. Cer- 
taines de ces dernières, à base de plomb, de cuivre, de bis- 
muth, d'argent, etc., sont très sensibles et noircissent aux 
émanations du gaz d'éclairage, celui-ci contenant toujours 
des traces d'hydrogène sulfuré. Les agents chimiques 
détruisent complètement les laques végétales. 

Un grand nombre de couleurs minérales sont vénéneuses ; 
aussi a-t-on dû en réglementer l'emploi ; nous citerons les 
prescriptions du comité consultatif d'hygiène publique de 
France, dont les ordonnances préfectorales en date du 
8 juin 4881, 3 juil. 4883 et 24 mai 4885, 45 févr. 4888 
assurent l'exécution dans le dép. de la Seine. 

On distingue dans les couleurs minérales : i^ les pro- 
duits naturels ; 2^ les couleurs minérales artificielles, 
obtenues, soit par voie sèche, soit par voie humide. Les 
produits naturels, avant d'être livrés au commerce, doivent 
subir plusieurs opérations afin de les purifier : ce sont le 
cassage et le triage à la main, sur lesquels nous n'avons 
pas besoin d'explications ; le débourbage qui a pour but 
de laisser tremper le produit dans l'eau pendant plusieurs 
jours, puis de le mettre en suspension dans ce liquide par 
un brassage vigoureux,et le séparer ensuite par décantation ; 
le broyage se fait au moyen de meules ordinaires ou de 
molettes. Ce dernier procédé est le plus parfait, mais il est 
très coûteux ; la lévigation a pour but de séparer, en la 
mettant en suspension dans l'eau, la poudre ténue des 
fragments grossiers de la masse broyée. On décante et on 
laisse reposer. Enfin le tamisage se fait à sec ou en pré- 



sence de l'eau, avec des tamis ordinaires, de simples blu- 
toirs à farine. La préparation des couleurs artificielles se 
fait par voie sèche et par voie humide ; les couleurs obte- 
nues par voie sèche ont à subir les opérations du broyage 
et du tamisage. Les couleurs préparées par voie humide 
sont des précipités chimiques ; elles doivent être lavées à 
fond, afin d'éviter les cristallisations de sels étrangers ou 
les ettlorescences à l'air. C'est ainsi qu'on obtient le chro- 
mate de plomb, le bleu de Prusse, le sulfure de cadmium ; 
quelquefois on prépare des couleurs composées, des verts, 
par exemple, en précipitant un mélange de sels par un 
autre mélange déterminé. Ainsi une solution formée de 
ferrocyanure de potassium et de chromate de potasse, 
donne, avec une liqueur contenant de l'acétate de per- 
oxyde de fer et de l'acétate neutre de plomb, un précipité 
vert bien homogène, connu sous le nom de vert Milior, 
Enfin on prépare aussi certaines couleurs par voie mixte, 
c.-à-d. en faisant agir la chaleur sur des mélanges salins 
et reprenant le produit obtenu par l'eau bouillante, qui 
décompose le sel double et donne un précipité ; tel est le 
cas pour le vert Guignet. 

Les couleurs artificielles sont broyées à la meule, mais 
ordinairement devant servir à la peinture artistique, on 
fait usage de molettes de verre, de porcelaine ou de marbre, 
agissant sur une glace ou sur un plan de marbre ; on pro- 
mène la molette sur ce plan, en ayant soin de ramasser de 
temps en temps la couleur à l'aide d'un couteau d'acier, 
d'ivoire ou de corne. Industriellement, on se sert de cer- 
taines machines qui remplissent l'office de molettes : citons 
entre autres les machines de Bewley et de Rawlinson. Les 
couleurs communes sont broyées entre des cylindres de 
fonte ou de granit, dont les axes sont parallèles et dans le 
même plan horizontal ; la couleur délayée dans l'huile ou 
dans l'eau est passée plusieurs fois entre ces cylindres. 
Les solutions aqueuses colorées des végétaux ou des colo- 
rants d'aniline, traitées par des bases ou des solutions 
salines, se décolorent entièrement en donnant des précipités 
connus sous le nom de laques. Les bases employées autre- 
fois dans la fabrication des laques étaient en petit nombre ; 
l'alumine et le sel d'étain étaient celles que l'on employait 
le plus ordinairement. Dans ces dernières années, la prépa- 
ration des laques a pris une grande extension et on fait 
usage aujourd'hui de toute matière insoluble ou peu soluble 
dans l'eau, permettant de recueillir les couleurs solubles à 
l'état insoluble ou peu soluble. 

Il y a plusieurs modes de préparation des laques. Les 
laques formées par les oxydes métalliques insolubles s'ob- 
tiennent en prenant la base à l'état de hberté, toujours 
hydratée^ et en agitant avec les dissolutions colorantes; 
généralement on précipite la base en présence de la disso- 
lution colorante en se basant sur les phénomènes de double 
décomposition. Un autre mode d'obtention des laques con- 
siste à employer un sel basique de l'oxyde métalhque qui 
doit former la laque. Ce mode de formation explique certains 
phénomènes qui se passent en impression sur tissus. Pour 
préparer les laques dans l'industrie, on précipite dans de 
grands bacs la solution colorante par le sel métallique, 
suivant les lois que nous avons énoncées. On laisse reposer 
et on décante ; on a soin de ne pas laver le dépôt, car les 
laques sont des corps peu stables qui se décomposent avec 
la plus grande facilité. 

Couleurs vitrifiables. — On appelle couleurs vitri- 
flables, des couleurs minérales qui, mélangées à certains 
fondants, se liquéfient à une température élevée et peuvent 
servir à la décoration des vitraux, des porcelaines, etc. On 
distingue suivant leur résistance aux températures élevées : 
4^ les couleurs dites de grand feu ; 2<* les couleurs de mi- 
grand feu ou de moufles durs ; 3" les couleurs ordinaires 
ou de moufles. Pour l'application des couleurs vitrifiables, 
V. Céramique et Porcelaine. Ch. Girard. 

m. Industrie. — On trouvera toutes les indications 
relatives à la fabrication et à l'usage de chaque couleur au 
nom de cette couleur, V. Blanc, Bleu, Bbun, etc. 



IV. Administration. — A la suite de graves accidents 
résultant de Fempldi de substances vénéneuses dans la 
coloration des liqueurs, sucreries, bonbons, dragées, pas- 
tillages, conserves, papiers, jouets, il était de toute néces- 
sité de désigner nettement les couleurs et colorants nui- 
sibles ne pouvant être employés à cet usage. L'ordonnance 
de police du 15 juin 4862, Tinstruction ministérielle du 
25 mai 4881 et l'ordonnance du 3 juil. 4883 indiquent 
les couleurs suivantes comme nuisibles et en punissent 
sévèrement l'emploi. 

Couleurs minérales. — Composés de cuivre. Cendres 
bleues, bleu de montagne. Composés de plomb. Massicot, 
minium, cuivre orange, oxychlorures de plomb, jaune de 
Cassel, jaune de Turner, jaune de Paris, carbonate de 
plomb, blanc de plomb, céruse, blanc d'argent, antimuriate 
de plomb, jaune de Naples, sulfate de plomb, chromâtes 
de plomb, jaune de plomb, jaune de Cologne. Composés 
de baryte. Chromate de baryte, outremer jaune. Composés 
de mercure. Sulfure de mercure, vermillon. Composés 
de l'arsenic. Arsénite de cuivre, vert de Scheele, vert de 
Schweinfurt. 

Couleurs organiques. — Gomme- gutte, aconit^ 
napel^ fuchsine^ et dérivés immédiats, tels que bleu de 
Lyon, sulfo de fuchsine, violet d'aniline, bleu d'ani- 
line, etc. Eosine, fluorescéine, phloxine, rose bengale, 
cyanosine, etc. Matières colorantes renfermant au 
nombre de leurs éléments la vapeur nitreuse, telles 
que jaune de naphtol, jaune Victoria, acide picrique, 
binitronaphtol, nitroalizarine, etc. Matières colorantes 
préparées à Vaide des composés diazoïques, telles que 
tropéolines, rouge de xylidine, ponceau, rouge Congo, 
rouge de Bordeaux, rouge de Biebrich, bleu azoïque, jaune 
solide, etc. Il est interdit d'employer, pour envelopper les 
substances alimentaires, des papiers coloriés au moyen de 
ces couleurs. Cette interdiction s'applique également aux 
jouets ; néanmoins, pour les articles en fer estampé et en 
fer-blanc, ainsi que pour les ballons en caoutchouc, 
le chromate de plomb, la céruse et le vermillon sont au- 
torisés à condition que ces couleurs soient fixées au moyen 
d'un vernis gras. — Une dernière ordonnance préfectorale 
datant du 34 déc. 4890 confirme ces décisions, tout en 
tolérant l'emploi de certains colorants de la houille primi- 
tivement interdits, à condition qu'ils soient exclusivement 
destinés à la coloration de substances n'étant pas colorées 
naturellement. Ch. Girard. 

Couleurs inoffensives (V. Confiserie). 

V. Beaux- Arts. — Pour bien comprendre le sens exact 
que le mot couleur peut avoir dans les arts du dessin, il 
importe de se rappeler la théorie physique (V. ci-dessus) 
énonçant que la couleur n'existe pas en elle-même puisqu'elle 
est incessamment modifiée par l'influence des couleurs voi- 
sines. Elle n'a donc en soi ni vertu ni beauté ; sa qualité lui 
vient de son entourage, ce qu'on appelle ses complémentaires. 
On peut ainsi, par desc ontrastes et des rapprochements 
favorables, augmenter ou atténuer à l'infini son intensité. 
Un peintre produit de la couleur avec du blanc, du noir 
ou du gris, qui, selon l'acception physique, sont la néga- 
tion ou plutôt l'absence de la couleur. Bien colorer, c'est, 
par conséquent, ou bien sentir d'instinct la nécessité de 
ces rapprochements, ou bien savoir rapprocher habilement 
la valeur des tons. Mais qu'est-ce qu'un ton ? Qu'est-ce 
qu'une valeur ? En art, on se sert du terme de ton., comme 
de celui de nuance, dans tous les cas où l'on veut dire que 
l'intensité colorée est rabattue, c.-à-d. diminuée. Les 
expressions ton juste^ ton faux sous-entendent le con- 
traste de plusieurs tons, un ton isolé ne pouvant être ni 
juste ni faux. Par le mot valeur, on entend la quantité de 
clair ou de sombre qui se trouve contenue dans un ton. 
Exprimée par le dessin et par la gravure, cette distinction 
est facile à saisir : tel noir aura, par rapport au papier 
qui représente l'unité de clair, plus de valeur que tel gris. 
Ex{)rimée par la couleur, c'est une abstraction non moins 
positive, mais moins aisée à définir. Grâce à une série 



4S — COULEUR 

d'observations que la chimie a rendu familières, on dégage 
d'une couleur donnée cet élément de clair ou d'obscur qui 
se combine avec son principe colorant, et, scientifiquement, 
on arrive à considérer un ton sous le double aspect de la 
couleur et de la valeur, de sorte qu'il y a dans un violet, 
par exemple, non seulement à estimer la quantité de rouge 
et de bleu qui peut en multiplier les nuances à l'infini, 
mais à tenir compte aussi de la quantité de clarté ou de 
force qui le rapproche soit de l'unité claire, soit de l'unité 
sombre. C'est dans l'accord de ces tons et de ces valeurs 
que se sont distingués les peintres qui ont été de grands 
coloristes. Si l'on ôtait d'un Yéronèse, d'un Titien, d'uii 
Rubens, ce juste rapport des valeurs dans leur coloris, on 
n'aurait plus qu'un coloriage discordant, sans force, sans 
délicatesse, sans rareté. A mesure que le principe colorant 
diminue dans un ton, l'élément valeur y prédomine. S'il 
arrive, comme dans les demi-teintes où toute couleur pâlit, 
comme dans les tableaux de clair-obscur outré où toute 
nuance s'évanouit, comme dans Rembrandt par exemple, 
s'il arrive, disons-nous, que l'élément coloris disparaisse 
absolument, il reste sur la palette un principe neutre, 
subtil et cependant réel, la valeur pour ainsi dire abs- 
traite des choses disparues, et c'est avec ce principe négatif, 
incolore, d'une délicatesse infinie, que se font quelquefois 
les plus rares tableaux. 

De cette théorie des valeurs, si magistralement expli- 
quée par le peintre Fromentin, il suit qu'un peintre n'est 
pas un coloriste, comme le veut le préjugé populaire, 
parce qu'il monte dans ses tableaux, à leur plus haut dia- 
pason, la gamme des couleurs, mais parce qu'il apporte 
plus de science, de raffinement et d'observation dans le 
rapprochement des tons. Que si l'on demande d'où pro- 
vient cette impuissance de la couleur à rien exprimer par 
elle-même, on peut répondre qu'elle résulte de ce que ses 
apparences sont instables et toujours dépendantes de la 
lumière qui les frappe et du milieu où elles sont vues. Si 
grande est cette instabilité qu'une couleur, quelle qu'elle 
soit, est complètement transfigurée en virant instantané- 
ment à sa complémentaire, sans laisser trace de sa colora- 
tion primitive, quitte à la reprendre, elle ou telle autre, 
lorsgue se modifiera, dans telle ou telle nuance, l'influence 
lumineuse qui lui fait opérer son premier virement. C'est 
cette instabilité qui permet de dire que la couleur n'est que 
relative. Pour s'emparer de cet élément fuyant, l'art isole 
la couleur et s'en fait une image à l'aide dès intensités de 
clarté, relativement stables et toujours vérifiables dans 
leurs proportions. 

Ces principes, que nous venons de nous efforcer d'expo- 
ser aussi intelligiblement qu'il nous a été possible (la 
langue est rebelle à exprimer des lois aussi subtiles), l'art 
contemporain, aidé de la science, les connaît et les définit 
parfaitement. Mais il n'en a pas toujours été ainsi. Dans 
l'histoire de la peinture, on peut citer des écoles entières 
qui ne s'en doutèrent pas, s'en passèrent et ne s'en trou- 
vèrent pas mieux. Il y en eut d'autres qui les appliquèrent 
d'instinct. Il serait assez difficile, par exemple, de dire si 
les Vénitiens, si les Florentins ou les Hollandais eurent une 
doctrine sur les valeurs, comment ils les nommaient ou 
même s'ils avaient un nom pour exprimer ce que les cou- 
leurs doivent avoir de doux, de suave, de subtil dans leurs 
rapports. Toujours est-il que la vie de leurs œuvres et la 
beauté de leur art tiennent précisément à l'emploi savant 
d'un tel principe. Mais il est une différence essentielle 
qu'il convient de signaler et qui sépare les coloristes an- 
ciens des grandes époques de nos coloristes modernes, nous 
entendons ceux qui s'intitulent volontiers aujourd'hui des 
tachistes. C'est qu'autrefois, depuis Léonard de Vinci 
jusqu'à Delacroix, on eut le respect et presque la religion 
du clair-obscur. Qu'est-ce que le clair-obscur ? « C'est l'art 
de rendre l'atmosphère visible, a dit Fromentin, et de 
peindre un objet enveloppé d'air. Son but est de créer 
tous les accidents pittoresques de l'ombre, de la demi- 
teinte et de la lumière, du relief et des distances, et de 



COULEUR - 46 -~- 

donner, par conséquent, plus de variété, d'unité d'effet, de 
caprice et de vérité relative, soit aux formes, soit aux cou- 
leurs. Le contraire est une acception plus ingénue et plus 
abstraite, en vertu de laquelle on montre les objets tels 
qu'ils sont, vus de près, l'air étant supprimé, et par con- 
séquent sans autre perspective que la perspective linéaire, 
celle qui résulte de la diminution des ol3Jets et de leur 
rapport avec l'horizon... Tout envelopper, tout immerger 
dans un bain d'ombre, y plonger la lumière elle-même, 
sauf à l'en extraire après pour la faire paraître plus loin- 
taine, plus rayonnante, faire tourner les ondes obscures 
autour des centres éclairés, les nuancer, les creuser, les 
épaissir, rendre néanmoins l'obscurité transparente, la 
demi-obscurité facile à percer, donner, enfin, même aux 
couleurs les plus fortes, une sorte de perméabilité qui les 
empêche d'être le noir, — telle est la condition première, 
telles sont aussi les difficultés de cet art très spécial. » 
Par rapport à la couleur, comme l'indiquent ces lignes, le 
clair-obscur est un artifice qui produit beaucoup de trans- 
positions dans les tons, beaucoup de transformations pure- 
ment imaginaires dans l'aspect des choses, tout en étant la 
plus judicieuse application de la loi des valeurs. Mais, 
aujourd'hui, c'est tout le contraire que cherchent les 
peintres de la nouvelle école. L'abus des rondeurs inutiles 
a jeté dans l'excès des surfaces plates, des corps sans épais- 
seur. On supprime le modelé, on abolit le clair-obscur, on 
arrive presque à l'enluminure de l'art archaïque sous pré- 
texte d'innovation. 

Est-il besoin de parler ici de l'espèce de dualisme que 
certains esthéticiens ont cherché à établir entre la couleur 
et le dessin ou de la suprématie qu'il convient de donner 
à celui-ci sur celle-là? Pour la critique moderne, vouloir 
établir on ne sait quelle spécieuse hiérarchie entre ces deux 
éléments essentiels de l'art est un jeu de métaphysique un 
peu puéril. Le dessin et la couleur ne sont pas des prin- 
cipes rivaux et contradictoires. Ainsi que l'a dit excellem- 
ment Lamennais : « Comme les sons, les couleurs sont par 
elles-mêmes indéterminées ; elles ne représentent comme 
eux que des formes vagues, flottantes, insaisissables. Dans 
le langage parlé, les consonnes déterminent le son, elles 
en marquent pour ainsi dire les contours en le limitant, 
et ainsi limité il exprime l'idée nette et précise qu'il doit 
manifester ou rendre visible à l'esprit. Dans le langage 
des couleurs, le dessin aussi détermine l'image, il en marque 
les contours la Mmitant... Il est à la couleur ce que la 
consonne est à la voyelle. » On peut ajouter que la couleur, 
portant davantage aux sens, exerçant son influence sur 
nos organes optiques, agit par cela même sur notre sensi- 
bilité nerveuse d'une manière physique. Il y a des couleurs 
agréables et des couleurs désagréables, comme l'a remar- 
qué Gœthe dans son Traité des couleurs, de même que 
dans l'art musical il y a des sons sympathiques et d'autres 
qui déchirent l'oreille. Bien plus, elles peuvent prendre 
une signification morale : le jaune et le rouge éveilleraient 
des idées de dignité et de puissance, le bleu de douceur et 
de joie, le violet de mélancolie ou de suprême allégresse, 
s'il est associé au rouge et au jaune, etc. Jouer avec les 
substances colorées comme un musicien joue avec les sons, 
faire parler la couleur comme on fait chanter un orgue ou 
un violon, arracher avec sa palette des impressions de tris- 
tesse ou de gaieté, faire jaillir des larmes ou susciter le 
sourire, voilà quel a été le secret des virtuoses de la cou- 
leur, des peintres de génie. Victor Champier. 

VI. Astronomie. — Couleur des étoiles. — Les étoiles 
nous montrent, quand on les examine avec de bonnes lunettes, 
toutes les couleurs de F arc-en-ciel . Suivant la remarque 
de P. Sccchi, la détermination de cette couleur est extrê- 
mement déHcate : les yeux des observateurs sont difi'érents 
et beaucoup sont plus ou moins affectés de daltonisme ; la 
nature de l'instrument influe sur la coloration ; l'état de 
l'atmosphère est à considérer. D'après cet éminent astro- 
nome, Procyon et Altaïr sont blanches ; Sirius, Véga, Castor, 
Régulus sont bleues ; la Chèvre , Pollux a Baleine sont 



jaunes; Aldébaran, Arcturus, Bételgeuse, sont orangées; 
Antarès et a Hercule sont rousses; les étoiles vraiment 
rouges sont toutes petites. Le ton de la couleur varie à 
différentes époques, parmi les étoiles jaunes et orangées 
(Bételgeuse par exemple). Antarès, Aldébaran, Arcturus... 
sont variables de grandeur et de couleur. Voici une autre 
appréciation des couleurs, que nous trouvons dans le Ciel 
de Guillemin. Certaines sont blanches : Véga, Sirius, Régu- 
lus, Deneb, l'Epi de la Vierge, Algol, p Lyre, s Cocher, e'tc. 
D'autres sont rouges : Arcturus, Aldébaran, Antarès, 
Bételgeuse, Pollux, a et p, Croix, o Baleine, rj Navire, etc. 
Procyon, la Chèvre, la Polaire, Altair, sont jaunes. La 
lumière de Castor est d'un vert pâle, et celle de y Lyre 
offre une couleur bleue prononcée. Le P. Secchi comparait 
la couleur des étoiles à celle que fournit l'étincelle élec- 
trique avec différentes substances, et il a remarqué que la 
couleur blanche légèrement azurée est celle de la très 
grande majorité des étoiles. C'est dans les couples et dans 
les groupes d'étoiles que la coloration de la lumière se 
•montre avec tout son éclat et toute sa richesse. La plus 
grande variété distingue les couleurs des composantes de 
ces systèmes, déjà si remarquables à tant d'autres points 
de vue. D'après W. Struve, qui a spécialement étudié les 
étoiles doubles, l'observation de ces astres nous apprend 
qu'en outre de celles qui sont blanches, on en rencontre 
de toutes les couleurs du prisme. Généralement, lorsque 
l'étoile principale n'est pas blanche, elle s'approche du 
côté rouge du spectre, tandis que le satellite oûre la teinte 
bleuâtre du côté opposé. Sur 596 étoiles doubles brillantes, 
375 ont leurs composantes de même couleur et de même 
intensité, 404 ont la même couleur avec des intensités diffé- 
rentes, et enfin 420 ont des couleurs totalement différentes. 
Sur 476 couples dont les composantes avaient la même 
couleur, 295 étaient blanches, 448 jaunes ou rougeâtres, 
et 63 bleuâtres. Antérieurement, J. Herschel avait obtenu 
des résultats différents : pour lui, les couleurs de l'étoile 
principale sont surtout le jaune, puis le rouge et le blanc; 
les couleurs des satellites sont en premier lieu le bleu, 
puis le blanc et le rouge. De telles divergences dans les 
appréciations montrent que ce sujet appelle de nouvelles 
études. ^ L. Barré. 

VIL Physiologie. — Sens des couleurs. — Nous 
possédons tous le sens des couleurs, c.-à-d. l'aptitude à 
reconnaître aux objets de toute sorte des qualités particu- 
lières d'ordre visuel. Mais ce sens se présente à des degrés 
de développement très variables. Sans parler des personnes 
atteintes d'achromatopsie ou de dyschromatopsie (dalto- 
nisme) et pour qui le champ des couleurs est pour ainsi 
dire nul ou très restreint, il est certain que ceux-là même 
qui perçoivent normalement les couleurs du spectre pré- 
sentent une grande variabilité dans leur aptitude à distin- 
guer les nuances. Au fond, cela tient peut-être en grande 
partie à un défaut d'habitude d'analyse de leur part : les 
raisons en sont plutôt psychologiques que physiologiques. 
Quoi qu'il en soit, il existe un sens des couleurs qui, chez 
certains individus, grâce à un exercice fréquent, atteint une 
finesse remarquable, et qui, chez la majorité, demeure 
sensiblement inférieur, quand même la vue serait parfaite et 
douée d'une acuité remarquable. Nous ne nous attarderons 
pas ici à l'examen du degré de perfection que peut atteindre 
le sens des couleurs : le lecteur pourra sur ce point se 
reporter aux travaux de Chevreul, entre autres, et il en sera 
parlé au mot Vision. Mais il convient de dire ici quelques 
mots des théories qui ont cours sur l'origine de ce sens. 
Les expériences de Lubbock, Forel et Paul Bert ont montré 
que certains animaux inférieurs par eux étudiés (abeilles, 
fourmis, daphnies) distinguent non seulement les couleurs 
que nous percevons, mais encore des rayons (ultra-violets) 
qui n'affectent point notre sens visuel. Il est donc très vrai- 
semblable que tous les animaux reconnaissent les couleurs 
du spectre en tant que présentant des qualités diff*érentes, 
en tant qu'affectant d'une façon dissemblable leur sens 
visuel. Ce fait rend donc fort problématique la théorie ex- 



-- 47 



COULEUR 



posée par Gladstone, Geîger et Magniis, d'après laquelle le 
sens des couleurs n'aurait été acquis par l'homme qu'au 
cours de la période historique. Ces auteurs sont arrivés à 
cette conclusion à la suite d'une étude linguistique des 
œuvres d'Homère et de différents ouvrages anciens, anté- 
rieurs ou postérieurs. Ils ont cependant négligé un fait que 
M. Dor, de Lyon, a mis en lumière, et qui tranche la ques- 
tion : c'est le fait que plusieurs siècles avant Homère déjà, 
les anciens percevaient et mêlaient exactement dans leur 
décoration architecturale une série très étendue de couleurs, 
comme en témoignent les monuments et objets parvenus 
jusqu'à nous. Cette théorie, malgré son intérêt, ne peut 
donc subsister. Et d'ailleurs, les arguments dont elle était 
appuyée prêtaient de tous côtés à la critique : il serait 
facile, en effet, en étudiant les expressions employées par 
nos littérateurs contemporains par exemple, où se rencon- 
trent des mots désignant des couleurs, d'arriver aussi à 
conclure, en raison des différences des sens oii sont pris les 
mêmes mots, que le sens de la couleur ne peut exister chez 
eux ou n'existe qu'à un degré rudimentaire. D*' H. de V. 

VIII . Linguistique. — Plusieurs des mots qui dési- 
gnent les couleurs dans les langues indo-européennes 
présentent, au point de vue étymologique et significatif, 
un phénomène remarquable : alors que les nuances expri- 
mées par ces mots sont diverses, l'idée primitive dont 
elles dérivent est une, et consiste généralement dans celle 
de briller. Il en est ainsi en grec de apyd;, blanc, de la 
même racine arg^ briller, qui se trouve dans àpy-upoç, 
argent, et le latin aj^gentum; YXauxdç, vert, glauque, 
auprès de yXaijcjaa), briller; Xsuxdç, blanc, auprès de 
Xsiiaaw, briller (et voir); ÇavÔdç, blond, auprès de la 
racine sanscrite f<?aw(i, briller ; Tcuppdç, roux, auprès de 
T:up<îdç, torche, flambeau, et de ^rup, feu; sens primitif, 
brillant. On a de même en latin : can-us et cand-idus, 
blanc, même racine que dans cand-eo^ briller, comp. 
sanscr. çcand, même sens; ftavus^ jaune, même racine 
que dans flamma, flamme, primitivement la chose qui 
brille et brûle; fulvus, fauve, même racine que dans 
fulgeOy briller; fur vus, brun, variante du précédent; 
pullus, brun, même élément radical que dans le grec 
Tcuppdç ; pûrus, éclatant, brillant, blanc, pur, même 
étymologie que le précédent ; russuSj roux, même racine 
que le sanscrit ruks^ briller* 

Parmi le grand nombre d'autres exemples que l'on 
pourrait ajouter à cette liste, citons encore notre adjectif 
blond, qui contient une racine germanique identique à 
l'origine à celle du latin splendeo, briller, resplendir. 
La distinction des nuances, ou des différents aspects de la 
couleur (dont le nom générique lui-même signifie ce qui 
brille) est une acquisition relativement peu ancienne du 
langage, et on a soutenu que c'était également une acqui- 
sition récente du sens optique. A l'origine, tout ce qui 
frappait ce sens était confondu sous la dénomination unique 
de « brillant»; ce n'est que peu à peu qu'à chaque variété 
de la couleur s'est adapté spécialement l'un des noms 
multiples qui la désignait d'abord d'une manière uniforme 
et indistincte. Cette théorie n'a été admise ni par les phy- 
siciens ni par les physiologistes (V. ci -dessus). Elle n'a 
d'intérêt qu'au point de vue linguistique. La lente transi- 
tion d'après laquelle ces changements significatifs se sont 
effectués explique l'indétermination fréquente du sens des 
mots dont il s'agit dans Homère et chez les plus anciens 
auteurs. Le procédé d'évolution du langage que nous sai- 
sissons ici sur le vif et qui consiste à passer de la dési- 
gnation du général à celles des particularités dont il em- 
brasse l'ensemble, en employant à cet effet les synonymes 
affectés d'abord à lui seul, se retrouve partout et forme la 
grande loi du développement significatif dans les langues 
mères. P. R, 

IX. Mathématiques. — Problême des quatre cou- 
leurs. — On connaît sous ce nom une proposition qui a dû être 
vérifiée depuis longtemps dans la pratique, mais qui semble 
avoir été énoncée pour la première fois par le géographe 



anglais William Guthrîe. On peut la formuler comme suit : 
« Qfuel que soit le mode de division d'une carte ou d'un 
globe, représentant la terre ou une portion de la terre, en 
circonscriptions quelconques (états, provinces, districts, 
départements, etc.), il suflit de quatre couleurs pour colo- 
rier cette carte, avec cette seule condition que deux circons- 
criptions ayant une limite commune soient recouvertes de 
couleurs différentes. » M. Cayley a précisé la question, en 
1878, à la Société mathématique de Londres, et en a indiqué 
les difficultés ; M. Kempe en a donné en 4880 une démons- 
tration publiée dans the American Journal of Mathe- 
matics, de Baltimore, Depuis. M. Tait a repris la question, 
et a fait ressortir un cas d'exception qui avait échappé à 
M. Kempe ; il en a indiqué en même temps une transfor- 
mation intéressante, dans le détail de laquelle nous ne pou- 
vons malheureusement entrer ici. En somme, la solution 
scientifique et complète du problème des quatre couleurs est 
encore à trouver ; et suivant l'expression très juste d'un 
auteur (Kirkmann) la proposition présente cet irritant 
intérêt qu'elle se joue aussi bien du doute que de la 
preuve. 

On voit que cette question, se rattachant à la théorie des 
régions, a attiré l'attention de géomètres illustres, en dépit 
de son apparente et trompeuse simplicité. Il y a un fait 
remarquable à signaler : c'est que le problème des quatre 
couleurs ne se pose pas dans les mêmes conditions pour 
une surface quelconque. Sur un tore, par exemple, surface 
engendrée par un cercle tournant autour d'un axe extérieur 
situé dans son plan, on reconnaît qu'il pourrait être néces- 
saire d'employer six couleurs, et non plus quatre seu- 
lement, pour distinguer les unes des autres les diverses 
circonscriptions. Si par exemple les habitants de la planète 
Saturne ont des modèles géographiques coloriés, repré- 
sentant leur anneau, ils n'en peuvent délimiter nettement 
les circonscriptions que par l'emploi de six couleurs diffé- 
rentes au maximum. A. Lâisânt. 

X. Art héraldique. — Les couleurs héraldiques sont 
au nombre de six, dont cinq se nomment émaux : c'est le 
bleu (azur), le rouge (gueules), le noir (sable), le vert 
(sinople) et le pourpre. La sixième, c'est la carnation, c.-à-d. 
la couleur du corps humain. On dit au « naturel » quand 
il s'agit d'un animal (V. Armoirie et Blason). 

XL Liturgie. — L'Eglise d'Occident emploie généra- 
lement cinq couleurs différentes pour distinguer les mys- 
tères et les fêtes qu'elle célèbre : le blanc, le rouge, le 
vert, le noir et le violet. Le blanc, emblème de la pureté 
et de la joie, sert pour les fêtes de Jésus-Christ, de la 
Sainte-Vierge et en général de tous les saints et saintes 
qui n'ont point souffert le martyre. Le rouge rappelle les 
langues de feu et le sang des martyrs : Passion, fêtes des 
martyrs, Pentecôte. Le violet, couleur de la tristesse et 
signe de la mortification : Avent, temps de la Septuagé- 
gisme et du Carême, Quâtre-Temps, Vigiles, Rogations. Le 
vert, figure des biens à venir : dimanches ordinaires après 
la Pentecôte. Le noir : Vendredi Saint et Office des morts. 
— Le eendré n'est employé qu'en France et dans les dio- 
cèses du rit parisien. Le jaune n'est point une couleur 
liturgique. Néanmoins, on s'en sert dans quelques lieux 
pour la fête de saint Joseph et la messe de l'aurore, à 
Noël : il n'est toléré que par assimilation au drap d'or. 
En certains diocèses, on a commencé à introduire le bleu, 
couleur du ciel, dans les fêtes de la Sainte- Vierge, de la 
Toussaint et des Saints-Anges. Il appartient à l'autorité 
diocésaine de décider sur ces matières. — Les Eglises 
d'Orient, même celles qui sont unies au siège de Rome, 
se servent de toutes sortes de couleurs et, suivant le goût 
oriental, préfèrent les plus vives et se livrent aux combi- 
naisons les plus voyantes. E.-H. Vollet. 

BiBL. : Physiologie. — Gladstone, Colour-Sense 
{Nineteenth Century, cet. 1877). — Dor, De l'Evolution his- 
torique du sens des couleurs (1878). — Magnus, Zur Ges- 
chichtlichen Entwicklung des Farbensinnes (1877), traduit 
par J. Soury. — - Grant Allen, Colour-Sense. Ce dernier 
ouvrage développe l'hypothèse de la production du Sens 



COULEUR — COULIS 



48 — 



des couleurs chez les animaux par voie de sélection. Enfin, 
V. dans lajRëytie philosophique de janv. et févr. 1880,.une 
bonne étude sur la question du sens des couleurs, résu- 
mée par M. Espinas. 

MATHÉMATiauES. — Ed. LvcAS^ Revue Scientifique, 7juiL 
1883 : le Problème géographique des quatre couleurs. 

COULEUVRE. L Erpétologie. — Sous le nom de Cou- 
leuvres, Coluber, les anciens auteurs comprenaient une 
foule de Serpents des plus hétérogènes; aujourd'hui ce 
nom est abandonné, et le mot Couleuvre est devenu syno- 
nyme de la famille des serpents Coliihrif ormes ^ on dit 
les Couleuvres lorsqu'on parle de ce groupe de Serpents. 
Les Couleuvres se reconnaissent à leur corps svelte, à leur 
tête nettement distincte du tronc et revêtue de plaques régu- 
lièrement disposées ; la queue ordinairement longue porte 
deux rangées de plaques ou urostèges. Ce sont des ani- 
maux la plupart inoffensifs, habitant les endroits les plus 
variés; certains sont exclusivement aquatiques; d'autres 
ne se rencontrent que dans les lieux les plus arides ; très 
peu sont nocturnes. Les Couleuvres sont réparties en un 
grand nombre de genres, dont les principaux seront étu- 
diés à leur place. Rochbr. 
IL Archéologie (V. Coulevrine). 

BiBL. : Sauvage dans Brehm, Reptiles^ éd. franc. — 
DuMÉRiL et BiBRON, Erpét. génér. 

COULEUVRE. Com. du dép. de l'Ailier, arr. de Mou- 
lins, cant. de Lurcy-Lévy; 2,133 hab. Manufacture de 
porcelaine et importante usine agricole. 

COULEUVREE (Bot.). Un des noms vulgaires de la 
Clématite des haies. — La C. blanche est le Bryonia 
dioica L. ; la C, noire, le Tamus communis L. 
. COULEVON. Com. du dép. de la Haute-Saône, arr. et 
cant. de Vesoul; 481 hab. 

COULEVRINE (ArchéoL). Arme à feu portative qui 
apparaît dans les premières années du xv® siècle. Elle doit 
son nom à sa forme allongée et à ce fait qu'on donnait à 
son extrémité l'apparence d'une gueule de serpent. On 
l'appelait aussi 
gueiileuvre ou cou- 
leuvre. L'une des 
plus anciennes qu'on 
connaisse est conser- 
vée au musée d'ar- 
tillerie, à Paris ; 
c'est un canon de fer 
forgé de 87 centim. 
de long ; son calibre 
est de 212 millim. Ce 
canon était lié à un 
fût de bois par des 
brides de fer. Deux 
hommes étaient 

d'ordinaire employés à son maniement ; Tun la portait, 
l'autre mettait le feu avec une mèche. La charge se faisait 
par la gueule à l'aide d'une broche ou estampe de fer 
qui servait à presser la poudre dont un entonnoir facilitait 
l'introduction; chaque coulevrine était aussi accompagnée 
d'une mesure en fer-blanc qui servait à « scavoir la jauge 
de la pouldre ». A la fin du xv*^ siècle, des corps entiers 
étaient armés de coulevrines. Commines (livre V, chap. m) 
faisant le dénombrement des Suisses à la bataille de Morat, 
dit : « Les dits alliés, comme il me fut dit par ceux qui y 
estoient, pouvoient bien être trente et un mille hommes de 
pied, bien choisis et bien armés ; c'est à savoir onze mille 
piques, dix mille hallebardes, dix mille couleuvrines. » 
On lit dans la chronique de Jean de Troyes, à l'année 
1465 : « Ce même jour, arriva à Paris deux cents ar- 
chiers... au nombre desquels il y avoit plusieurs crinequi- 
niers, voulgiers et couleuvriniers à main, » La coule- 
vrine à main resta en usage jusque sous Louis XII. Mais 
dès le milieu du xv° siècle on fit de grosses coulevrines qui 
étaient des pièces d'artillerie montées sur affût ou sur 
roues. En 1461, un compte du trésorier du duc de Bre- 
tagne mentionne « une grosse coulevrine de cuivre pesant 
115 livres ». C'est alors qu'apparaissent les coulevrines 




Grande coulevrine (xvip siècle). 
pointage ; c, bras de limonière ; d, 
bras; /, lieux sur-bandes; gf, lieux 



en bronze fondues d'une seule pièce. En 1540, on fît en 
France des coulevrines qui lançaient des projectiles de 
15 livres ; celles d'Italie étaient plus puissantes. En 1556, 
Annibal Borgognone fondit pour le duc de Modène, Her- 
cule II, une coulevrine appelée Regina^ qui portait un projec- 
tile de 35 kilogr. 575. Au xvi® siècle, on distinguait diverses 
espèces de coulevrines : la légitime ou ordinaire ; la bâtarde, 
ou serpentine ; la coulevrine à chevalet et celle à roue. Du Bel- 
lay parle dans ses mémoires de doubles grandes coule-^ 
vrines : « En avoit l'Anglois douze de ce calibre portant le 
boulet de canon et nommées du nom des douze apôtres. » 
En 1690, Furetière définit ainsi la coulevrine : « Pièce 
d'artillerie fort longue ; son calibre est de quatre pouces 
dix lignes de diamètre ; son boulet est de seize livres et 
demie. » A cette époque, on l'appelait aussi demi-canon 
de France. Au commencement de xvin® siècle, ces sortes de 
canons furent abandonnés. Cependant en Turquie on s'en 
servait encore il y a quelques années pour la défense des 
forteresses. M. Prou. 

BiBL. : La Curne de Sainte-Palaye, Dictionnaire his- 
torique^ t. IV, p. ZH. — Brviset^ Histoire générale de l'ar- 
tillerie^ 1. 1, p. 122. — Penguilly l'Haridon, Cataloguedes 
collections composant le musée d'artillerie^ 1862, p. 535. 
— Gay, CAossaire archéologique., p. 458. — Lorédan Lar- 
CHEY, les Maîtres bombardiers., canonniers et couleuvri- 
niers de la cité de Metz., dans Mémoires de la Société d'his- 
toire et d'archéol. de la Moselle^ 1860, p. 107. 

COU LG EN S. Com. du dép. de la Charente, arr. d'An- 
goulême, cant. de La Rochefoucauld ; 628 hab. 

COU LIMER. Com. du dép. de l'Orne, arr. deMortagne, 
cant. de Pervenchères ; 735 hab. 

COU LIN (Frank), théologien et prédicateur suisse, né à 
Genève le 17 nov. 1828. Issu d'une ancienne famille autoch- 
tone, fils d'Etienne Coulin, ancien chapelain de l'hôpital 
et l'un des orateurs religieux les plus goûtés de la Suisse 
romande, petit-neveu du célèbre jurisconsulte François 
Bellot, il fut consacré en 1851 . Après un séjour d'une année 

en Ecosse (1852- 
53), il fut nommé 
pasteur à Genthod 
(1853) et membre 
du consistoire 
(1859-1871); il 
représenta l'Église 
protestante de Ge- 
nève au synode de 
Paris (1872) et aux 
conférences de l'Al- 
liance évangélique à 
New-York (1873). 
Ses principales pu- 
blications, toutes de 
l'ordre homéîitique, ont pour titre : Formulaire dHns- 
truction chrétienne à V usage des catéchumènes (1856) ; 
le Fils de V Homme (1866) ; la Vocation du chrétien 
(1870) ; Homélies (deux séries, 1872-1874), pour la plu- 
part traduits en anglais, en allemand, en hollandais, en 
suédois, en russe. Ernest Strcbulin. 

COULIS (Art culin.). Jus ou suc de viande obtenu par 
une extrême cuisson, et représentant sous un petit volume 
une grande quantité de matériaux nutritifs. Son principal 
emploi est de donner aux potages et aux entremets de 
légumes une saveur plus succulente. On en distingue plu- 
sieurs sortes qui se préparent à peu près tous de la même 
manière et qui ne diffèrent entre eux que par les éléments 
qu'on y fait entrer : ce sont des coulis de viande proprement 
dits, de perdrix, de crevettes, d'écrevisses, de homards, de 
poissons. On les prépare en faisant cuire dans leur jus les 
viandes ou les poissons assaisonnés, en ayant soin de 
dégraisser souvent. La cuisson terminée, on les pile et on 
les passe dans une passoire fine. La purée ainsi obtenue est 
lice par une nouvelle cuisson après y avoir ajouté un peu 
de bouillon concentré. Le coulis de viande se fait avec la 
chair bien rouge et de bonne qualité des animaux adultes, 
tels que le bœuf, le porc, le mouton, le chevreuil, etc., à 



a, bouton de culasse ; 5, coin de 
axe des bras ; e, cheville-support des 
sous-bandes. 



laquelle on peut joindre celle d'un gibier quelconque. Le 
coulis de gibier à plumes se nomme salmis. Quand on 
emploie les crevettes, les écrevisses ou les homards, il faut 
d'abord leur enlever les pattes, les queues et la nageoire du 
milieu, ainsi que le boyau noir qui y est attaché quand il 
s'agit d'écre visses. Après la cuisson, on les pile avec un peu 
de beurre, et la pâte qui en résulte est mise à bouillir dans 
une casserole, puis passée au tamis ou à la passoire. On 
prépare de même les coulis de poisson en joignant à la 
première cuisson des carottes et des oignons coupés par 
tranches, et en employant indifféremment des poissons de 
mer ou d'eau douce bien frais, des cuisses de grenouilles, 
des moules avec leur eau, etc., etc. — On fait enfin des 
coulis avec des consommés très succulents, assaisonnés de 
légumes et d'herbes que l'on conserve par le procédé Appert. 
— Si l'on veut servir le coulis avec un potage, on le fait 
bouillir dans un peu de bouillon gras, des croûtons en purée 
ou de la semoule : il devient ainsi ce que l'on nomme une 
bisque» — Les Japonais et les Chinois préparent un coulis 
appelé soi ou soui, que les Hollandais exportent d'Asie et 
dont ils font grand cas. C'est un extrait de jambon et de 
perdrix relevé de sel et d'épices. Renfermé dans des bou- 
teilles hermétiquement fermées, il peut se conserver très 
longtemps. — Les coulis ont la propriété d'exciter l'ap- 
pétit, de faciliter la digestion des autres aliments et de 
nourrir en fortifiant. 

COU LISSE. L Technologie.— Généralement rainure dans 
laquelle on fait glisser une pièce mobile, châssis, fenêtre, etc. 
Les fumistes appellent coulisse la petite porte pratiquée dans 
la grande porte d'un poêle ; les serruriers nomment ainsi 
le bouton placé sur la cloison d'une serrure et qui sert à 
en ouvrir le demi-tour. En typographie, c'est la planche 
de bois mince ou plaque de métal mobile dans les rainures 
de la galée et dont on se sert pour faire couler sur le 
marbre une page trop lourde pour qu'on puisse l'enlever 
avec les doigts ; on la nomme aussi coulisse de galée. L. K. 

IL Musique. — Instruments à coulisse (V. Trombone, 
Trompette). 

IIL Chemin de fer (V. Locomotive). 

IV. Art héraldique. — On appelle coulisse la herse 
placée à la porte d'un château ou d'une tour. 

V. Théâtre (V. ThéAtre). 

VI. Finance. — On peut définir la coulisse : une bourse 
en dehors de la bourse officielle, où des intermédiaires 
sans mandat légal font des négociations de valeurs cotées 
seulement en banque, et, malgré le privilège reconnu aux 
agents de change par l'art. 76 du C. de com., opèrent 
également sur les rentes et valeurs officiellement cotées. 
L'origine de la coulisse remonte à peu près à l'organisation 
de la compagnie privilégiée des agents de change et de 
banque; on trouve en 4709 et i7!20 des déclarations et 
ordonnances relatives à des courtiers marrons ; la liberté 
du courtage, proclamée en 4791, les fait momentanément 
disparaître, et c'est à la Restauration seulement qu'on voit 
revenir les coulissiers. Ceux-ci étaient plutôt d'abord des 
spéculateurs traitant directement avec les agents pour éviter 
les courtages à payer; ils avaient l'habitude d'attendre les 
agents dans le couloir qui, à la salle provisoire construite 
sur le terrain du couvent des Filles-Saint-Thomas, les con- 
duisait de leur cabinet à la corbeille. Comme ces spécula- 
teurs s'accoudaient sur une balustrade à coulisse qui fai- 
sait barrière, le nom de coulissiers leur fut donné, et leur 
réunion fut appelée la coulisse. Tout d'abord, on ne s'oc- 
cupa là que de rentes françaises ; plus tard, on y fit la 
négociation d'actions de chemins de fer, surtout lors de la 
création des premières compagnies. Depuis longtemps les 
coulissiers servaient d'intermédiaires; un cercle s'était 
formé, où l'admission était précédée de quinze jours d'affi- 
chage, le vote ayant Heu au scrutin secret; un conseil 
d'administration veillait scrupuleusement au maintien des 
règlements. Une ordonnance du préfet de police, du 4^^'déc. 
4850, vint dissoudre ce cercle, et les affaires de coulisse 
recommencèrent à se traiter sans organisation sérieuse. 

GRANDE ENCYCLOPÉDIE. — XÏII. 



) — COULIS — COULOBRES 

Quelques années plus tard, et grâce à l'organisation en 
syndicats, les deux coulisses des rentes et des valeurs 
avaient repris leur importance ; c'est alors que le procès 
intenté par les agents de change vint, et pour plusieurs 
années, empêcher toute affaire de ce genre. Sur la plainte 
des agents de change, vingt-six personnes furent condam- 
nées par la police correctionnelle à une amende de 40,500 fr. 
pour chacune, et ce malgré leur honorabilité entièrement 
reconnue, et sans nier les services qu'ils rendaient par leurs 
opérations journalières. Pour les remplacer, les agents de 
change apportèrent diverses réformes à leur organisation, 
mais par la force même des choses, et comme conséquence 
de l'accroissement formidable des opérations de bourse, la 
coulisse s'est rétablie et fonctionne toujours, divisée en 
coulisse des rentes, coulisse des valeurs et couUsse des 
petites valeurs. Les deux premières sont complètement 
organisées, tandis que la couHsse des petites valeurs, dite 
également coulisse du comptant, a un caractère moins net- 
tement défini. La coulisse des rentes s'occupe exclusive- 
ment de négociations à terme sur les rentes françaises, 
sans livraisons de titres qui doivent être levés par l'inter- 
médiaire des agents de change. La coulisse des valeurs, 
plus importante, s'occupe surtout des affaires en fonds 
étrangers, qui peuvent donner lieu à des arbitrages. Les 
maisons qui la composent se divisent en maisons à la feuille, 
c.-à-d. compensant entre elles, et en maisons hors feuilles^ 
pour lesquelles la compensation n'est pas admise. Certaines 
de ces maisons ont un capital de plusieurs miUions, et 
c'est par leur intermédiaire que se négocient toutes les 
grosses affaires sur les valeurs internationales. Les agents 
de change eux-mêmes, oubliant l'article du code qui con- 
sacre leur monopole, s'adressent sans hésiter à ces mai- 
sons pour toutes les opérations sur valeurs en banque. 
La réponse des primes se fait le même jour en couhsse et 
auparguet, mais la liquidation, qui a toujours lieu à la fin 
du mois (on ne fait pas d'affaires au 45), ne comprend que 
quatre jours, les 4^^ et 2, et les 4 et 5 de chaque mois, 
le troisième jour étant considéré comme jour de repos. En 
dehors des primes en usage au parquet, on fait aussi en 
coulisse des petites primes^ qui se traitent d'un jour à 
l'autre, et dont la réponse a lieu journellement à deux 
heures. G. François. 

COULISSEAU (Techn.). Les serruriers nomment cou- 
lisseau le mouvement de tirage monté sur platine, qui sert 
à faire mouvoir une sonnette. On distingue : le coulisseau 
à policier, qui glisse dans deux anneaux fixés sur la pla- 
tine ; le coulisseau à pompe, dont la tige est ronde ou 
carrée; \çi coulisseau a bascule^ qui se manœuvre au moyen 
d'un anneau et qui est ordinairement monté en marbre ; 
le coulisseau de crémone, sorte de petite boîte fixée par 
deux vis sur l'un des montants du milieu d'une croisée et 
dans laquelle glisse la tige d'une crémone. L. K. 

COULISSIER (V. Coulisse [Finance]). 

COULLEMELLE. Com. du dép. de la Somme, arr. de 
Montdidier, cant. d'Ailly-sur-Noye ; 376 hab. 

COULLEMONT. Com. du dép. du Pas-de-Calais, arr. 
de Saint-Pol-sur-Ternoise , cant. d'Avesnes-Ie-Comte ; 
494 hab. 

COU LIONS. Com. du dép. du Loiret, arr. et cant. de 
Gien, sur la Théone, affl. de la Loire; 2,847 hab. 

COULMER. Com. du dép. de l'Orne, arr. d'Argentan, 
cant. de Gacé; 465 hab. 

COULMIER-le-Sec. Com. du dép. de la Côte-d'Or, 
arr. et cant. de Châtillon-sur-Seine ; 543 hab. 

COULMIERS. Com. du dép. du Loiret, arr. d'Orléans, 
cant. de Meung-sur-Loire ; 394 hab. Le 9 nov. 4870, 
le 4^'' corps d'armée bavarois, commandé par von derTann, 
y fut battu par l'armée de la Loire commandée par d'Au- 
relles de Paladines. Le résultat fut la reprise d'Orléans 
par les Français. On trouvera des détails sur cette bataille 
au mot Loire (Armée et Campagne de la) . 

COULOBRES. Com. du dép, de l'Hérault, arr. de 
Béziers, cant. de Servian ; 155 hab. 



COULOGNE — COULON 



- 80 - 



COULOGNE. Corn, du dép. du Pas-de-Calais, arr. de 
Boulogne-sur-Mer, cant. de Calais; 1,267 hab. 

COULOIR. I. Architecture (V. Corridor). 

IL Egyptologïe (V. Crypte). 

ni. Technologie. — On donne le nom de couloir à une 
machine servant à la fabrication du béton. C'est une 
caisse rectangulaire en bois, de 2^^50 de haut sur 1 m, 
de section, munie à l'intérieur de trois à cinq plans alter- 
nativement inclinés en sens inverse ; on y jette par le haut 
pêle-mêle les cailloux et le mortier, qui se mélangent sur 
les plans inclinés pour former le béton évacué par une 
ouverture située à la partie inférieure. Aujourd'hui, cet 
appareil est souvent remplacé par le couloir cylindrique en 
tôle, de Schlosser, de 2"^o0 à 3 m. de hauteur et O'^ôO 
de diamètre. A l'intérieur, des croisillons en fer, placés 
dans des sens différents, remplissent le même rôle que les 
plans inclinés dans le couloir rectangulaire. L. K. 

COULOISY. Com. du dép. de TOise, arr, de Compiègne, 
cant. d'Attichy; 447 hab. 

COULOMB (Unité électrique). On appelle coulomb la 
quantité d'électricité qui passe par seconde dans un cou- 
rant lorsque l'intensité est égale à un ampère (V. ce mot). 

COULOMB (Charles-Augustin), physicien français, né à 
Angoulème le 11 juin 1736, mort à Paris le 23 citl806. 
Issu d'une famille de magistrats, il fut d'abord ingénieur et 
envoyé à ce titre à la Martinique pour y construire le fort 
Bourbon. Sa santé se ressentit de l'influence du climat et 
il rentra en France après quelques années. On l'envoya à 
Hochefort où il écinvit sa théorie des machines simples qui 
lui valut un prix double offert par l'Académie des sciences 
pour le meilleur mémoire écrit sur ce sujet. Il alla ensuite 
à l'île à\ih et à Cherbourg exécuter certains travaux 
du génie. Il fut reçu à l'unanimité à l'Académie des sciences. 
La Révolution de 1789 letrouva intendant des eaux et fon- 
taines de France, conservateur des plans et reliefs, cheva- 
lier de Saint-Louis et lieutenant-colonel du génie. Coulomb 
donna sa démission de toutes ces places et se consacra alors 
à l'éducation do ses enfants. Durant tout ce temps, il avait 
présenté à l'Académie des sciences une série de notes sur 
des sujets très divers. C'est, en 1776, un mémoire sur la 
stabilité des voûtes, puis des expériences sur l'élasticité des 
métaux qui le conduisirent non seulement à déterminer les 
lois do la torsion des fils métalliques, mais à imaginer un 
appareil d'une sensibilité extrême pour la mesure des 
petites forces, la balance de torsion. Aujourd'hui encore un 
grand nombre d'appareils destinés surtout à la mesure de 
l'électricité sont tondes sur l'emploi de la torsion. C'est 
avec cet appareil ingénieux qu'il découvrit les lois des 
attractions et des répulsions électriques, qu'il montra que 
les corps électrisés s'attirent en raison inverse du carré de 
leurs distances, comme les corps célestes. Il étudia aussi 
avec cet appareil la distribution de Lélectricité et du 
magnétisme dans les corps. Ces expériences ont la plus 
grande importance ; c'étaient les premières mesures précises 
que l'on obtenait relativement à ces phénomènes. Ce sont 
les nombres de cet illustre savant qui ont permis à 
Poisson de transformer en théorie mathématique ce qui 
n'était auparavant qu'un ensemble de faits observés au 
hasard, sans lien apparent. Coulomb fut nommé membre 
de l'Institut lors de la création de cette compagnie, puis 
inspecteur général de l'instruction pubHque. « tous ceux 
qui ont connu Coulomb, écrit Biot, savent combien la gra- 
vité de son caractère était tempérée par la douceur de son 
âme et ceux qui ont eu le bonheur d'approcher de lui à 
leur entrée dans la carrière des sciences ont gardé de sa 
bienveillance le plus tendre souvenir. » A. Joânnis. 

Balance de Coulomb (V. Balance, t. V, p. 57). 

COULOMBIERS. Com. du dép. de la Sartho, arr. de 
Mamers, cant. de Bcaumont-sur-Sarthe ; 805 hab. 

COULOMBIERS. Com. du dép. de la Vienne, arr. de 
Poitiers, cant. de Lusignan; 786 hab. 

GOULOiVlBS. Com. du dép. du Calvados, arr. de Caen, 
cant. de CreuUy; 215 hab. 



COULOMBS. Com. du dép. d'Eure-et-Loir, arr. de 
Dreux, cant. de Nogent-le-Roi ; 691 hab. 

COULOMBS. Com. du dép. de Seine-et-Marne, arr. de 
Meaux, cant. de Lizy-sur-Ourcq ; 501 hab. 

COULOMMES. Com. du dép. de la Marne, arr. de 
Reims, cant. de Ville-en-Tardenois ; 185 hab. 

COULOMMES. Com. du dép. de Seine-et-Marne, arr. 
de Meaux, cant. de Crécy; 345 hab. 

COULOMMES-et-Marqueny. Com. du dép. des Ar- 
dennes, arr. de Vouziers, cant. d'Attigny; 297 hab. 

COULOMMIERS. Com. du dép. de Loir-et-Cher, arr. 
de Vendôme, cant. de Selommes; 439 hab. 

COULOMMIERS {Colmnbariœ), Ch.-l. d'arr. du dép. 
de Seine-et-Marne, sur le Grand Morin ; 6,218 hab. Stat. 
du chem. de fer de l'Est. On ignore l'origine de cette 
ville qui, en 1231, était assez importante pour obtenir de 
Thibaut IV, comte de Champagne, une charte d'affranchis- 
sement. Il y est dit que la ville sera administrée par treize 
prud'hommes dont l'un aura le titre de mayeur. Son his- 
toire n'offre pas cependant d'événements considérables. 
Coulommiers était jadis fortifiée et eut, par suite, à subir 
plusieurs sièges, du xiv® au xvi® siècle. Sa prospérité 
actuelle est due à la richesse de la région où elle est située 
et surtout au commerce des fromages qui portent son nom. 
Sur une des places de la ville on remarque la statue de 
Beaurepaire (V. ce nom), l'héroïque défenseur de Verdun, 
né à Coulommiers en 1740. L'église date en partie du 
xiii® siècle, mais elle n'offre pas grand intérêt. Il ne reste 
plus guère que les fossés du château que la duchesse de 
Longueville avait fait construire à Coulommiers au com- 
mencement du xvii® siècle. - 

BiBL. : Rouget, Notice historique sur la ville de Cou-- 
lommiers, 1829, in-8. — Michelin, Essais historiques sur 
le dép. de Seine-et-Marne., 1829-1843, 7 vol. in-8. — Dauver- 
GNK. Etudes hist. et archéol. sur la ville de Coulommiers., 
1868, in-8, et les ouvrages généraux sur la Champagne et la 
Brie. 

COULOMP. Torrent des Basses- Alpes, sous-affluent du 
Var par la Voire, r. g., prend sa source au S. du Grand 
Gouyer, coule dans la direction du N.~E. au S.-O., passe 
près d'Argenton et se jette dans la Voire en aval d'Annot. 

COULON. Rivière des Basses-Alpes et Vaucluse (V. Câ- 
lavon) . 

COULON. Com. du dép. des Deux-Sèvres, arr. et cant. 
(f) de Niort; 1,749 hab. A 11 kil. 0. de Niort, sur la 
Sèvre Niortaise. Stat. du ch, de fer de la Possonnière à 
Niort. La voie romaine de Saintes à Coulon traversait la 
Sèvre au gué de Malvault. On a trouvé à Ccudon beaucoup 
d'antiquités gauloises et romaines. 

COULON. Nom d'une famille de danseurs qui pendant 
de longues années firent partie du personnel chorégraphique 
de l'Opéra. Dès 1778, une demoiselle Coulon entrait à ce 
théâtre en quahté de coryphée de la danse, s'y faisait 
remarquer, et devenait « danseuse seule en double et en 
remplacement », jusqu'en 1802, époque de sa retraite. 
Elle dansait surtout le genre comique. — En 1787, le frère 
de cette artiste entrait à son tour dans la danse de l'Opéra; 
de 1808 jusqu'à 1830 il dirigea une des classes de danse 
de ce théâtre, et s'y fit une grande réputation. — Son fils, né 
à Paris le 21 juil. 1796, débuta d'une façon très brillante 
à rOpéra le 19 avr. 1816, par le rôle de Paul dans le bal- 
let de Paul et Virginie. Immédiatement classé parmi les 
sujets, il devint «premier » le l^^^'avr. 1823, fut rapide- 
ment l'un des favoris du pubHc. Chaque année, au moment 
de son congé, il était appelé k Londres, où ses succès 
n'étaient pas moins vifs qu'à Paris. Coulon fils était un 
danseur de demi-caractère, dont on vantait la grâce et la 
légèreté en même temps que la vivacité et l'énergie. Il no 
semble pas s'être jamais fait remarquer dans la pantomime. 
Son nom disparaît des listes du personnel de l'Opéra, ainsi 
que celui de son père, aux environs de 1830. Il avait 
épousé une fille de Huet, l'acteur de l'Opéra-Comique. — 
Enfin, deux soeurs de cet artiste ont appartenu à ce théâtre, 
où elles se trouvaient dès 1810, et où l'une était encore 



u - 



COtîLON — COULUllE 



vers i 830, mais ni Tune lii l'autre ne sortit jamais de l'obs- 
curité du corps de ballet. 

COULON m Thévenot (Jean-Félicité), inventeur de la 
tachygraphie, né près de Toulouse en 4754, mort dans les 
environs de Dresde en 4813. Il publia sur son système 
d'écriture abréviative : Discours à t Académie des sciences 
sur un moyen mécanique de perfectionner l'art 
d'écrire (1776, in-4); l'Art d'écrire réduit en parallé- 
logrammes rectangles et non rectangles (4778, in~8); 
la Tachygraphie ou l'art d'écrire aussi vite qu'on parle 
(Paris, 4778) ; Tableau tac hy graphique ou moyen d'ap- 
prendre de soi-même à écrire aussi vite que la parole 
(4^° édit., 4779; 2« édit., 4783). Coulon de Thévenot 
reçut le brevet et le titre officiel de tachygraphe du roi, 
mais ne paraît pas avoir su ni même voulu profiter des 
occasions qui s'offraient naturellement à lui, en 4789, 
d'appliquer son système d'écriture abréviative à la re- 
production des débats de l'Assemblée constituante. Il 
fut successivement secrétaire d'état-major de la garde 
nationale de Paris (4785-1794), secrétaire militaire du 
général La Fayette à l'armée du Nord (4792). Entré dans 
î'intendance des armées de l'Empire, il se trouva mêlé aux 
désastres de la retraite de Russie. Blessé et fait prisonnier 
après la bataille de Leipzig, il fut interné à Dresde, puis, 
forcé d'en sortir à la suite de la capitulation de cette 
ville, il tomba dans un parti de Cosaques qui le dépouillè- 
rent de ses vêtements et mourut de froid et d'épuisement. 

C. Lagache. 

COU LONGES. Com. du dép. du Calvados, arr. et cant. 
de Vire; 826 hab. 

COULONCES. Com. du dép. de l'Orne, arr. d'Argentan, 
cant. de Trun; 226 liab. 

GOULONCHE (La). Com. du dép. de l'Orne, arr. de 
Domfront, cant, de Messe; 4,475 liab. 

COU LONGÉ. Com. du dép. de la Sartlie, arr. de La 
Flèche, cant. de Mayet; 835 liab. Eglise du xii^ siècle avec 
sculptures romanes. 

COU LONGES. Com. du dép. de la Charente, arr. d'An- 
goulême, cant. de Saint-Amand-de-Boixe ; 236 hab. 

COU LONGES. Com, du dép. de la Charente-Inférieure, 
arr. de Saintes, cant. de Pons; 384 hab. 

COU LONGES. Com. du dép. de la Charente-Inférieure, 
arr. de Samt-Jean-d'Angely, cant. de Saint -Savinien; 
206 hab. 

COULONGES. Com. du dép. de l'Eure, arr. d'Evreux, 
cant. de Damville; 284 hab. 

COULONGES. Com. du dép.^ de la Vienne, arr. de 
Montmorillon, cant. de La Trimouille, sur des colhnes do- 
minant la Benaize ; 833 hab. Eglise du xv^ siècle. Sur la 
place, orme magnifique que la tradition fait remonter au 
temps de Sully. 

COULON 6 ES-en-Târdenois. Com. du dép. de l'Aisne, 
arr. de Château -Thierry, cant. de Fère-en-Tardenois; 
556 hab. • 

COU LONG ES -LES -Sablons. Com. du dép. de l'Orne, 
arr. de Mortagne, cant. de Remalard; 844 han. 

COULON G ÈS-sur-l'Autize. Ch.-l. de cant. du dép. 
des Deux-Sèvres, arr. de Niort; 2,330 hab. Appelé 
autrefois Coulonges-les-Royaux, Coulonges-sur-FAutizo 
est bâti sur un plateau de 83 m. d'alt., à 4 kil. de la rive 
dr. de l'Autize, affl. dr. de la Sèvre Niortaise. Stat. de la 
ligne de ch. de fer de la Possonnière à Niort. Commerce de 
bois de merrain, de vins et d'étoffes de laine dites bor- 
langes. Louis XI en fit raser la forteresse en 4471. Châ- 
teau de la Renaissance bâti en 4544 par Louis d'Estissac 
et servant de gendarmerie et de maison d'école. 

COULON G ÊS-sur-Sarthe. Com. du dép. de FOrne, arr. 
d'Alençon, cant. du Mesle; 429 hab. 

COULONGES-Thouarsâis. Com. du dép. des Deux- 
Sèvres, arr. de Bressuire, cant. de Saint- Varent; 720 hab. 

COULONIA (V. Astéries [Paléont.]). 

GOULONVILLERS. Com. du dép. de la Somme, arr. 
d'Abbeville, cant. d'Ailly-le-Haut-Clocher ; 358 hab. 



COULOUGLIS. Mot turc employé dans Fancienne ré- 
gence d'Alger pour désigner les enfants issus des mariages 
contractés par les soldats turcs avec des femmes indigènes. 
Malgré le sang turc qui coulait dans leurs veines, les Cou- 
louglis n'étaient point admis à faire partie de la milice 
algérienne, et, par suite, à concourir à la direction des 
affaires. A diverses reprises ils essayèrent de réagir contre 
cet ostracisme, mais en dépit de leurs efforts ils furent tou- 
jours exclus du divan et quand ils voulurent s'imposer par 
la force, ils furent durement châtiés par les pachas qui les 
traitèrent avec la plus grande cruauté. Depuis la conquête 
française, les Couloughs se sont confondus peu à peu avec 
le reste de la population musulmane et c'est à peine si 
aujourd'hui on les distingue de leurs coreligionnaires de 
race indigène avec lesquels ils sont parfois cependant restés 
en état de sourde hostilité. On ne les trouve jamais que 
dans les villes où ils recherchent volontiers les fonctions 
subalternes de chaouchs ou garçons de bureaux; ils 
s'adonnent encore à l'industrie ou au commerce, jamais à 
l'agriculture. Alger et Tlemcen surtout sont les deux villes 
oh l'on trouve le plus grand nombre de Couloughs. 

COULOUMÉ-MoNDEBAT. Com. du dép. du Gers, arr. de 
Mirande, cant. de Plaisance; 765 hab. 

COULOUNIEIX. Com. du dép. de la Dordogne, arr. et 
cant. de Périgueux; 4,333 hab. 

COULOURS. Com. du dép. de l'Yonne, arr. de Joigny, 
cant. de Cerisiers; 489 hab. 

COU LOUTRE. Com. du dép. de la Nièvre, arr. de Cosne^ 
cant. deDonzy; 837 hab. 

COULOUVRAY-Bois-Benattre. Com. du dép. de la 
Manche, arr. de Mortain, cant. de Saint-Pois; 4,337 hab. 

GOULPE (Théol.) (V. Péché). 

COULURE. I. Viticulture. — Sous le nom de coulure, 
ou de Stérihté, Vignes folles, Coulards, AvaHdouïres, Dé- 
flouraïres, Bastardume,Millerandage,Millerand,on réunit les 
résultats de plusieurs causes dont Feffet final est Favorte- 
ment des fruits, qui a lieu au moment de la floraison ou 
peu après. Les grains peuvent nouer en effet, mais ne pas 
grossir ensuite; on a donné plus spécialement à ce dernier 
cas le nom de Milleran ou Millerand. — La coulure peut 
être inhérente au 
cépage ; elle est 
due à une consti- 
tution anormale 
des fleurs ; c'est 
ce que l'on dési- 
gne sous les noms 
de Chloranthie, Vi- 

fnes avalidouïres, 
ignés coulardes, 
Vignes déflouraïres. Dans les fleurs normales de vigne 
(fig. 4), les cinq pétales de la corolle restent toujours soudés 
à leur sommet; lorsque la floraison a lieu, ils se détachent 
seulement par leur base d'insertion sur le réceptacle et 
forment ainsi capuchon. On admet, d'une façon générale, 
que la fécondation se produit avant que la corolle ne soit 





Fig. 1. — Fleur 
normale. 



Fig. 2. — Fleur 
mâle. 





^ -Fleur ou- 
"verte en étoile. 



Fig. L — - Fleur dont les 
pistils sont dévelop- 
pés en feuilles car- 
pellaires. 



tombée. Au moment où les pétales se détachent, le capu- 
chon serait rabaissé vers le pistil et appliquerait sur lui les 
étamines ; la déhiscence des anthères se produirait alors et 
le pollen se déposerait sur les stigmates. Si la corolle s'ouvre 



COULURE — COUMARINE 



52 



en étoile (fig. 3), les pétales se séparant par leur sommet et 
non par leur insertion, il n'y a pas fécondation, car la fleur 
est mal organisée. La coulure est constante lorsque les 
ovaires avortent ou sont rudimentaires quoique les étamines 
soient normalement constituées; c'est le cas des pieds 
mâles (fig. 2) , si fréquent pour les vignes sauvages. La 
coulure est accidentelle si les étamines sont rudimentaires 
(fleurs femelles) ou beaucoup plus courtes que l'ovaire ; 
elle peut cependant avoir lieu par le transport des grains 
de pollen des autres fleurs sur les ovaires normalement 
constitués. ïl est des cas où les ovaires sont mal organisés, 
sans que rien ne trahisse ce défaut au dehors. Les ovaires 
présentent des cas de Chloranthie (fig. 4) comme les éta- 
mines. La sélection des boutures peut seule transformer 
les cépages qui sont atteints de coulure constitutionnelle. 
Les cas de transformation des organes reproducteurs mâles 
ou femelles en feuilles staminales ou carpellaires se pro- 
duisent pour les Vignes folles ; l'excès de vigueur en est 
la cause. On y remédie par l'augmentation du nombre de 
coursons ou par leur élongation à la taille, par le pince- 
ment, l'arcure... Inversement, la coulure peut tenir à une 
faiblesse excessive de la plante. Les fleurs ne se déve- 
loppent pas ou sèchent dès leur sortie du bourgeon. Le 
Millerand dépendrait le plus souvent de la faiblesse des 
ceps; il peut aussi être provoqué par des intempéries. On 
l'observe sur des vignes épuisées par des excès de fruc- 
tification, par l'action des parasites, par la pauvreté du 
sol, le manque de soins de culture, sur les greffes mal 
soudées, etc. Les raisins millerandés sont lâches et entre- 
mêlés d'un grand nombre de grains à divers états de 
développement; certains ne sont pas plus gros que la tête 
d'une épingle et restent verts; d'autres atteignent la 
moitié de la grosseur normale, mais n'ont qu'une maturité 
imparfaite; enfin quelques-uns arrivent à maturité. 

La coulure est souvent le résultat de mauvaises condi- 
tions atmosphériques au moment de la floraison. La chaleur 
n'est pas suffisante pour l'acte de la fécondation, soit qu'il 
y ait un abaissement général de température ou qu'il se 
produise des vents froids ou des pluies froides. Les vents 
secs amènent la coulure en desséchant le stigmate. Les 
brouillards ou les pluies sont une des causes les plus com- 
munes de coulure; les pluies ou la rosée entrament les 
grains de pollen en dehors du stigmate; ceux-ci, germant 
partout où ils sont transportés, périssent bientôt. Los 
soufrages, donnés au moment de la floraison, sont un des 
meilleurs moyens pour combattre la coulure. On y porte 
aussi remède par le pincement, le rognage, l'iucision 
annulaire. Ce dernier procédé consiste à séparer immédia- 
tement au-dessous du dernier raisin, ou sur les porteurs, 
une lanière d'écorcc de quelques millimètres de largeur et 
qui va, en profondeur, jusqu'au bois. On intercepte ainsi 
la communication des vaisseaux grillagés du Hber qui font 
cheminer les matériaux élaborés , que l'on force par suite 
à se concentrer dans les fruits en plus grande quantité. 
Ce système a rendu de très grands services dans les 
palus de la Gironde, pour les Malbecs ou Cots, qui coulent 
très fréquemment. P. Vf a la. 

IL Céramique (V. Coulage). 

COULVAIN. Com. du dép. du Calvados, arr. de Vire, 
cant. d'x4ulnay-sur-0don ; 360 hab. 

COULVIER-Grâvier (René-Amand) , météorologiste 
français, né à Reims le 28 févr. 4802, mort à Paris le 
il févr. 1868. Fils d'un riche commissionnaire de rou- 
lage, il fit ses études au lycée de sa ville natale et exerça 
fructueusement pendant une vingtaine d'années la profes- 
sion paternelle, tout en s'appliquant à l'observation du 
ciel. Vers 1833, il crut avoir aperçu une relation entre 
la direction des étoiles filantes et les variations atmosphé- 
riques. Venu à Paris en 1841, il obtint, six ans plus tard, 
du gouvernement l'autorisation d'établir sur une plate- 
forme du palais du Luxembourg un petit observatoire mé- 
téorologique d'où il ne cessa dès lors de poursuivre ses 
recherches sur les météores lumineux ; une subvention lui 



fut presque annuellement allouée' à cet effet, malgré la vive 
opposition de Le Verrier. Outre une quarantaine de mé- 
moires sur les étoiles filantes insérés dans les Annales de 
chimie (1844-67) et dans les Comptes rendus de V Aca- 
démie des sciences (1849-61) et une série de Lettres 
dans le journal V Europe (1868), il a écrit : Recherches 
sur les étoiles filantes^ en collab. avec Saigey (Paris, 
1847, in~8) ; Catalogue des globes filants observés de 
i84i à iS59 (Paris, 1853 et 1859, 2 vol. in-4); Re- 
cherches sur les météores et les lois qui les régissent 
(Paris, 1859, in-8) ; Météorologie^ les Etoiles filantes 
(Paris, 1864, in-8). L. S. 

BiBL. : Les Mondes, 1868, t. XVI, p. 342. — L. Figuier, 
l'Année scientif. et indiistr.; Paris, 1868, p. 491. 

COULX. Com, du dép. de Lot-et-Garonne, arr. deMar- 
mande, cant, de Caltelmoron ; 632 hab. 
COUMARINE. L Chimie. — Formules • 
Equiv... C^sRW 
Atom.... C^HW^. 

La coumarine est l'anhydride de l'acide orthocoumarique, 
Cisjjsoe; 

Ci8H«00 — H^O^ — CisR^O^. 

Elle existe dans beaucoup de végétaux, tantôt libre, 
tantôt combinée : la fève de Tonksi{Coumarouna odorata), 
l'aspérule odorante (A. odorata) ^ les feuilles de faham 
(Angrœcum f7'agr ans), le mèlilot {Melilotus officinalis), 
la flouve [Anihoxanthmn odoratum L.), etc. Pour la 
préparer, on épuise par de l'alcool à 90° les fèves de 
Tonka, et on purifie par des cristaUisations répétées les 
cristaux qui se déposent par concentration de la Hqueur 
alcoolique. Perkin l'a obtenue synlhétiquement en faisant 
réagir 1 anhydride acétique sur l'aldéhyde salicylique sodé, 
d'où résulte de l'aldéhyde acétosahcylique, C^m^(C''R'^0^)0^', 
qui se transforme en coumarine par perte d'une molécule 
d'eau : 

Ci4}i4 (CTI-^O^) 0-2 — H^O'- = CiSR^O^. 

On l'obtient encore en déshydratant indirectement l'acide 
o-coumarique, par exemple en chauffant l'acide acétyl-o- 
coumarique au-dessus de son point de fusion : 

Cm^ {CM^O^) 04 =:= C'^H^O'* -4- C^Hm\ 

Ce dernier moyen est employé dans l'industrie pour pré- 
parer la coumarine utilisée en parfumerie, l'acide acétylé 
étant produit au moyen de l'aldéhyde salicylique (Ticmann 
et Herzfeld). La coumarine cristallise en prismes ortho- 
rhombiques, incolores, doués d'une odeur aromatique fort 
agréable. Elle fond à 67^ et passe à 290^-291^ en un liquide 
incolore ; elle est peu soluble dans l'eau froide, davantage 
dans l'eau bouillante, qui l'abandonne par le refroidisse- 
ment en aiguilles très fines, d'une blancheur éclatante. Les 
alcalis étendus la dissolvent, et les acides la précipitent 
sans altération ; les alcalis concentrés l'hydratent à chaud 
et la transforment en acide o-coumarique. En présence de 
l'hydrogène naissant, elle fixe de l'eau et de l'hydrogène 
pour le convertir en acide mcUloti(]ue, C^^iï'^0'\ L'acide 
nitrique fumant la transforme en nitrocoumarine , C^^H^ 
(AzO"^) 0'^ ; elle fournit avec le chlore et le brome des pro- 
duits de substitution. — La paracoumarine de Jobst et 
Hesse est un isomère qui répond à l'acide p-oxybenzoïque ; 
on la rencontre dans l'écorce de eoto (V. Cotoîne). On a 
préparé synlhétiquement, d'après la méthode de Perkin, des 
homologues de la coumarine : il suffit en effet de faire réa- 
gir sur l'aldéhyde salicylique sodé, non l'anhydride acé- 
tique, mais un autre anhydride : par exemple, on obtiendra 
la coumarine propionique au moyen de l'anhydride pro- 
pioniquc, etc. Ed. Bourgoin. 

IL Physiologie. — A haute dose la coumarine est 
toxique. D'après les expériences de Kôhler, ce serait surtout 
un poison cardiaque, amenant, après l'introduction de doses 
successives dans l'organisme, la paralysie définitive des 
centres d'arrêt intra-cardiaques ; elle paralyserait aussi les 
centres vaso-moteurs et respiratoires. A petite dose elle est 
inoffensive; c'est elle qui communique à la fève de Tonka 



COUMARINE — COUNANI 



son odeur agréable ; c'est à elle qu*est dû Farome agréable 
que Faspérule odorante, au moment de sa floraison, com- 
munique aux liqueurs alcooliques ; les Allemands font infu- 
ser les feuilles dans du vin blanc pendant une heure en- 
viron, avec addition de sucre ; on obtient ainsi le Maitrank 
on Maiwein si célèbre dans toute l'Allemagne. D"^ L. Hn. 
BiBL. : Chimie. — Bjesecke^ Dérivés chlorés. Soc. Ch.^ 
t.XIV,312. — Delalakde, An. ch. et phys., t. VI, 345 (3).— 
Herzfeldt et Tiemann, Dettes. Ch. Gesells..^ 1877, 63, 249, 
283. — Perkin, Synthèse^ Journ. of the Ch Soc, t. VI, nouv. 
série. — Swarts, Hydrogénation^ Soc. Ch.., t. IV, 332. — 
Zwenger, Coumarine du mélilot^ Soc. Ch., t. 1, 145. 

COUMARIQUES (Acides) (Cliim.). 

,, , { Equiv... C^SH^O^ 
formules I ^^^^ ^ ^ çohsqs. 

Les acides coumariques sont des acides oxycinnamiques, 
ou acides-phénols. 

1** Acide orthoeoumarique» Il a été préparé par Dela- 
lande en faisant bouillir la coumarine avec une lessive con- 
centrée de potasse ; il se fait du coumarate de potassium, 
qu'on précipite par l'acide clilorhydrique, Tiemann et Herz- 
feldt Font obtenu synthétiquement en combinant l'anhy- 
dride acétique avec l'aldéhyde salicylique, ce qui donne un 
acide acétylorthocoumarique, qu'on saponifie par les alca- 
lis. L'acide o-coumarique cristaUise en prismes brillants, 
fondant à 207^*, et pouvant être distillés sans décomposi- 
tion. Il est soluble dans l'eau chaude et surtout dans 
l'alcool, ainsi que dans les alcalis, auxquels il communique 
une belle fluorescence verte. L'amalgame de sodium le 
transforme en acide o-hydrocoumarique ou mélilotique : 

Ci8HW_t-H2rr:ClW00G. 

La potasse fondante le dédouble en acides acétique et 
sahcylique : 

Ci8H80'5 + 2KH0^ = Ci^^H^KO^ H- C^IFKO^ 4- H^. 

Les coumarates ont pour formule C^^IFMO^. Le sel de 
plomb est blanc, pulvérulent, insoluble dans l'eau. Le sel 
d'argent est jaunâtre, également insoluble dans l'eau. Le 
sel d'ammonium^ qui est fort soluble, ne précipite pas 
par les sels de baryum. 

2^ Acide par acoumarique. Il a été découvert par Hla- 
siwetz en faisant bouillir avec de l'acide sulfurique une 
solution concentrée d'aloès; l'éther l'enlève au produit de 
la réaction, après séparation d'une matière résineuse. On 
le purifie par des cristallisations répétées dans l'alcool 
faible et dans l'eau bouillante. Il cristallise en petites 
aiguilles brillantes, peu solubles dans l'eau froide, très 
solubles dans l'alcool et dans l'éther. Il fond à 206°. Ses 
propriétés chimiques sont analogues à celles de son iso- 
mère ; l'hydrogène naissant le change en acide hydro-p- 
couinarique, tandis que la potasse fondante le dédouble en 
acides acétique et p-oxybenzoïque ; en sa qualité de phé- 
nol-acide, il colore en brun le perchlorure de fer, et l'acide 
azotique le convertit en acide picrique. Ed. Bourgoin. 

BiBL : Bleitreu, Préparation, An. der Ch. und Ph.., 
t. LIX, 177. — Delalande, An. ch. et phys., t. Vï, 345. — 
Herzfeldt et Tiemann, Dents. Ch. Gesells., 1877, 63, 283. 

— Hlasiwetz, Acide p-coumarique, Soc. Ch., 1. IV, 283. 

— Malin, id., t. IX, 503. — Perkin, Homologues de l'acide 
coumarique., Journ. Ch. Soc. of London, t. VI, 472. — 
Zwenger, Hydrocoumarine, Soc. Ch., t. XIV, 451. 

CO[}fûkï{QUn^(Coumarouna Aubl.) (Bot.). Genre de 
plantes de la famille des Légumineuses-Papilionacées et du 
groupe des Dalbergiées. L'espèce type, C. odorat a Aubl. 
(Disteryx odorata Willd.), est un grand arbre, dont les 
rameaux tortueux, étalés, sont garnis de grandes feuilles 
alternes, composées de trois ou quatre paires de folioles 
alternes. Les fleurs, d'un violet pourpre, sont réunies en 
grappes composées. Le fruit, qui a la forme et la structure 
d'une grosse amande, est un drupe ovoïde et plus ou moins 
comprimé , de couleur jaunâtre , dont le noyau très épais 
renferme une graine ovale oblongue, noirâtre, plus ou moins 
ridée quand elle est sèche, et bien connue sous le nom de 
fève Tonka. — Le C, odorata croît à la Guyane et abonde 
surtout dans les forêts de Sinnamari. Son bois, d'un jaune 
rosé et d'une dureté extrême, est employé aux mêmes usages 



que le Gaïac; d'où son nom vulgaire de Gaïac de la 
Guyane, On l'appelle également Bois de Coumarou. Ses 
graines possèdent une odeur aromatique très agréable, due 
à la présence de la Coumarine (V. ce mot), qu'on trouve 
très souvent à l'état cristallin à là surface de l'embryon et 




Coumarouna odorata Aubl. (rameau florifère 
et fructifère). 

dans l'intervalle des cotylédons. Les Galibis en font des 
colliers. En France, on s'en sert pour parfumer le tabac à 
priser. — Les fèves Tonka dites anglaises sont fournies 
par le Coumarouna oppositifolia H. Bn. (Taralea oppo-- 
sitifolia Aubl.), qui croît également dans les grandes 
forêts de la Guyane. Ed. Lef. 

GOUMASSI. Capitale du royaume des Achanti (V. ce 
mot) par 6«30Mat. N.et4« SOHong. 0, à 200 kil. N. de 
Cape Coast Castle, sur un rocher granitique entouré de 
marécages; 1 00,000 hab. environ. La ville a 6 kil. de cir- 
conférence; à J kil. au N.-E., le faubourg sacré de Ban- 
tama avec le palais royal iVAssasou', ce palais, bâti par des 
architectes hollandais, a deux étages ; il est meublé à l'eu- 
ropéenne, mais orné des dépouilles des ennemis ou des con- 
damnés tués par ordre du roi. Les rues de la ville sont 
larges et plantées d'arbres. Au centre est une vaste place 
carrée qui sert de Bourse, de champ de manœuvres, de lieu 
d'exécution; chac[ue semaine on y tient un marché. La 
ville de Coumassi a été brûlée en 1874 par Wolseley, mais 
s'est relevée rapidement. 

BiBL. : Reade, Coomassi; Londres^ 1876. 

COU M ES (Jules), ingénieur français, né le 14 août 1807, 
mort à Paris le 5 déc. 1882. Il appartenait au corps des 
ponts et chaussées, où il a rempH les fonctions d'inspecteur 
général depuis 1865 jusqu'à son admission à la retraite 
par limite d'âge, en 1872. Pendant sa carrière active, il a 
été remarqué par les mesures prises dans le Bas-Rhin pour 
la création de petits chemins de fer en se servant de la loi de 
1836 sur les chemins vicinaux. Après sa retraite, il a été 
administrateur du Crédit foncier. On a de Coumes une no- 
tice sur des ponts flottants établis sur le Rhin, dans les 
Annales des ponts et chaussées de 1858, des notes auto- 
graphiées sur les conférences concernant la pisciculture 
qu'il a faites à FEcole de son corps, et les Chemins de fer 
vicinaux dans le dép, du Bas-Rhin (Strasbourg, 1865, 
gr. in-8). M.-C. L. 

COUMPTA. Ville de l'Inde, dans la présidence de Bom- 
bay, 72^30^ long. E. et 14^40' lat. N., à20 kil. do Hona- 
var, près d'une belle baie qui lui sert de port ; 1 1 ,000 hab . 
Elle exporte beaucoup de coton. 

COUNANL Village de l'Amérique du Sud, sur la rive 
gauche du Counani, à 23 kil. delà mer, dans le territoire 
contesté entre le Brésil et la France. Il comptait en 1886 
une trentaine de maisons et environ 300 hab., Français et 
Brésiliens, en grande partie anciens esclaves évadés, déser- 
teurs et criminels. Ce village a commencé, dit-on, vers 



COUNANÏ ^ COUP 



^ 54 



4860. En 1778, le gouverneur français de la Guyane avait 
établi un poste près de l'einbouchure du Coanani. Il tut 
évacué en 4794. (V. sur le Territoire contesté entre la 
France et le Brésil le mot Brésil, t. Vil, § Limites^ 
pp. 1077, 4078.) — On a donné dernièrement en France 
le nom de lerritoire de Counani à la contrée comprise 
entre l'Oyapok, les monts Tumucumaque, le Carsevenne ou 
Calcœne et l'Atlantique. Outre le village de Counani, on y 
vovait en 1886 ceux de Cachipour (40 hab.), Courii^i 
(470 hab.), Rocaoua (70 hab.) et Ouassa (70 hab.). La 
ridicule tentative de la fondation d'une république indé- 
pendante à Counani, en 1887 a attiré l'attention publique, 
en France et au Brésil, sur ce territoire, dont les richesses 
ont été fort exagérées. On a persuadé à un habitant de 
Vanves, près de Paris, M. Jules Gros, qu'il avait été nommé 
président de la « république de la Guyane indépendante ». 
M. Gros forma, en conséquence, un conseil de gouverne- 
ment siégeant à Paris, créa l'ordre de V Etoile de Counani 
et commença à distribuer des emplois et des décorations à 
des personnes qui n'avaient jamais visité ces parages. Mais 
la France et le Brésil s'opposèrent à la continuation de 
cette comédie, et VOfficiel français publia le 11 sept. 1887 
une note déclarant que « la soi-disant répubHque couna- 
nienne » constituerait une violation des droits de la Répu- 
blique française et du Brésil. D'un autre côté, M. Gros 
ayant voulu destituer un des ministres qu'il avait nommés, 
celui-ci déclara le soi-disant président déchu de ses fonc- 
tions, et forma un autre conseil de gouvernement siégeant, 
comme le premier, à Paris. Depuis lors on n'a plus en- 
tendu parler de cette petite affaire, qui a égayé pendant 
quelques mois les journalistes français et brésiliens. R.-B. 

COU N CIL Bluffs. Ville des Etats-Unis, Etat de lowa, 
près de la rive gaucho du Missouri, en face de la ville de 
Omaha. Centre très important de chemins de fer et notam- 
ment des lignes qui rehent Chicago à l'Union Pacific et 
de là à San Francisco. Un grand pont de fer traverse le 
Missouri à un mille à l'O. de la ville; 21,557 hab. en 
1885. ^ Aug. M. 

GO UNIS (Salomon-Guillaume) , peintre suisse, né à 
Genève en 1785. Après avoir fait ses premières études 
artistiques dans sa ville natale, il vint à Paris et se plaça 
sous la direction de Girodet. Il se consacra à la peinture 
sur émail, et obtint bientôt une grande réputation dans 
ce genre ; les portraits de différents membres de la famille 
Bonaparte, qu'il exécuta en ^810, mirent le comble à sa 
renommée. La princesse Elisa Baciocchi se l'attacha comme 
peintre ordinaire, et il vint, à sa suite, s'étabHr à Flo- 
rence. Parmi ses œuvres principales, on peut citer : 
Galathée^ d'après Girodet, son chef-d'œuvre; les por- 
traits de Madame de Staël, d'après Gérard (1819): de 
Louis XVIII, d'après P. Guérin; du Duc et de la Du- 
chesse de Berry^ du Comte de Forbin, Ad. T. 

COUNOZOULS. Com. du dép, de l'Aude, arr.de Limoux, 
cant. d'Axat ; 455 hab. 

COUP. I. Armée. — De tout temps, les coups ont 
fait partie des châtiments infligés aux soldats. Il n'a fallu 
rien moins que la Révolution de 1789 pour débarrasser 
définitivement l'armée française de ce genre de pénalité qui 
existe encore dans plusieurs armées européennes. Nous 
avions hérité cette coutume des Romains chez qui, on 
le sait, le centurion était porteur d'un cep de vigne destiné 
aux corrections manuelles qu'il infligeait lui-même à ses 
légionnaires. Sous les Valois et jusqu'au temps de Louis XIV, 
les coups de bâton se donnaient à l'aide du manche de la 
hallebarde. Louis XIII en exempta les cavaliers, mais rem- 
plaça pour eux les coups de bâton par des coups de plat 
de sabre réputés moins infamants. Pendant le xviri® siècle, 
si imbu d'idées libérales et si éclairé, ce genre de châti- 
ment était tombé en désuétude, quand le comte de Saint- 
Germain, m'nistre de la guerre, eut la fâcheuse idée de 
remettre en vigueur les coups de plat de sabre. Cette mesure 
d'un autre âge précipita sa chute et pèse encore aujourd'hui 
sur sa mémoire. 



II. Droit. -- Coups et blessures (V. Blessure, t. VI, 
pp. 1 110 et suiv.). 

III. Technologie. — Coup de feu. — - On nomme 
coup de feu dans une chaudière à vapeur l'accident qui 
se produit lorsqu'une partie des tôles du foyer se trouvent 
soumises à l'action directe de la flamme, sans être baignées 
sur leur face opposée par l'eau qui doit les maintenir à 
une température relativement basse ; le métal s'échauffe 
alors jusqu'à rougir : il subit une dilatation considérable 
en même temps que sa résistance diminue : sous l'influence 
de la pression qui s'exerce extérieureuient, la tôle s'infléchit 
vers l'intérieur du foyer. Après qu'on a mis bas le feu 
(s'il ne s'est pas produit de conséquences plus graves), on 
trouve la paroi gondolée et colorée dans toute l'étendue 
du coup de feu par une couche d'oxyde. 

^ Tout coup de feu a pour conséquence forcée une dété- 
rioration de la chaudière dont la forme est altérée, le mé- 
tal fatigué et plus ou moins altéré chimiquement. Mais 
lorsque le manque d'eau a duré un certain temps, si l'ac- 
tivité du foyer était en même temps assez grande, le coup 
de feu peut aboutir à la rupture de la paroi métallique, en 
d'autres termes à l'explosion de la chaudière (V. Explo- 
sion). Dans la construction des chaudières on prévoit tou- 
jours le niveau de l'eau à une certaine hauteur au-dessus 
des parties les plus élevées du foyer ; toutes les parois 
latérales de la boîte à feu sont également entourées de 
lames d'eau. Le manque d'eau ne peut se produire que par 
la suppression, pendant un temps assez prolongé, de l'ali- 
mentation, circonstance imputable à la négligence du con- 
ducteur de l'appareil ; ou par une dénivellation qui à un 
moment donné transporte vers l'extrémité opposée de la 
chaudière une partie de la masse d'eau. On doit attribuer 
à la première cause les coups de feu , trop souvent suivis 
d'explosions, des machines agricoles, fréquemment livrées à 
des agents sans aucune compétence. La dénivellation est 
surtout à craindre dans les locomotives où les variations 
du profil, et même la seule accélération du train, déter- 
minent souvent une variation très prononcée et durable de 
la hauteur d'eau de l'avant à l'arrière. De même, dans 
les chaudières marines, l'action du vent, en mettant le 
navire à la bande sur un bord ou sur l'autre, peut dé- 
couvrir inopinément le ciel du foyer. Un soin vigilant est 
nécessaire dans la conduite de ces appareils. La principale 
garantie contre les coups de feu consiste dans l'observation 
attentive des appareils indicateurs du niveau de l'eau, 
tubes et robinets-jauges. Dans les chaudières à terre, on a 
fait souvent usage d'un flotteur, dont l'abaissement au- 
dessous d'une certaine limite fait jouer un sifflet d'alarme. 
Pour les locomotives on emploie très efficacement le plomb 
fusible, bouchon d'un faible diamètre, encastré dans une 
douille vissée à la partie la plus haute du ciel du foyer : 
en cas d'échauffement de la paroi, le bouchon fond avant 
que la tôle ait atteint une température dangereuse : l'eau 
à laquelle il donne passage éteint le feu et s'oppose aux 
suites de l'accident, mais le train se trouve du même coup 
en détresse. 

La production d'un coup de feu ne suppose pas absolu- 
ment que le niveau d'eau ait découvert les tôles du foyer. Il 
peut arriver que par l'accumulation d'une grande épaisseur 
des sédiments calcaires qui se déposent dans les chau- 
dières en activité, la conductibilité des parois dimi- 
nue beaucoup : alors, malgré la présence de l'eau, les tôles 
peuvent atteindre une haute température; cet accident 
s'aggrave si, par la dilatation même qu'éprouve la tôle, 
une partie du tartre vient à se soulever d'abord, pui à se 
détacher, amenant l'irruption de l'eau sur la tôle rougie... 
Un grand nombre d'avaries et d'explosions de chaudières 
paraissent devoir être attribuées à cette cause. On a cru 
pouvoir expliquer un certain nombre d'accidents dans les- 
quels ni le manque d'eau, ni les incrustations ne paraissent 
être en cause, par la formation, en certains endroits, de 
poches de vapeur, capables de jouer, au point de vue de la 
conductibihté, un rôle analogue à celui des dépôts calcaires. 



€ette question est encore assez obscure. Toutefois, on doit 
toujours s'attacher, dans la construction des chaudières, 
à assurer le dégagement facile de la vapeur formée dans 
toute la région du loyer. Partout où ce dégagement est plus 
ou moins entravé, la pression et la température subissent 
un accroissement local, en même temps que la conducti- 
bilité de la masse fluide diminue ; cet ensemble de circons- 
tances favorise réchauffement partiel et par suite la fatigue 
des tôles du foyer et des plaques tubulaires. E. DEsnourrs, 
Coup de piston (V. Piston). 

IV. Hydraulique. — Coup de bélier.— Le choc produit 
par un arrêt brusque de l'écoulement de l'eau dans une con- 
duite et qu'on appelle coup de bélier^ peut avoir pour consé- 
quence la rupture de la conduite ; il convient donc de l'éviter. 
On y arrive le plus souvent au moyen de dispositions qui 
obligent à ne fermer les orifices que d'une façon lente ou 
graduelle. A ce point de vue, par exemple, les robinets à 
vis doivent être préférés aux robinets à boisseau. Le coup 
de bélier peut aussi être la conséquence de l'accumulation, 
dans les conduites, d'une certaine quantité d'air qui 
s'échappe brusquement. Il est utile alors, pour en éviter 
les inconvénients, de munir les conduites de soupapes de 
sûreté qui livrent passage à l'eau dès que sa pression dé- 
passe la pression normale d'une quantité déterminée. 
Lorsqu'il s'agit de conduites de petit diamètre, on laisse 
simplement, au-dessus de chaque orifice d'écoulement, un 
bout de tuyau vertical, communiquant avec la conduite, 
fermé à sa partie supérieure et constituant urt petit ré- 
servoir d'air dont le ressort suffit pour amortir le coup 
de bélier, à la condition, toutefois, qu'il soit effectivement 
rempli d'air, ce dont il est difficile de s'assurer. Aussi, 
cette disposition, bien qu'elle doive toujours être recom- 
mandée et adoptée lorsque c'est possible, doit-elle être, 
en général, complétée par d'autres présentant plus de ga- 
ranties. 

V. Médecine. — Coup de chaleur. — Le coup de cha- 
leur est une maladie générale qu'il ne faut pas confondre 
mQQ.hcoup de soleil (érythème solaire, brûlure au premier 
degré). Observé dans presque tous les pays chauds, sur- 
tout dans l'Inde (heat-apoplexy), et dans les climats 
tempérés sous l'influence d'étés excessifs, les travailleurs 
des champs et les soldats en marche sont à peu près les 
seuls qui en soient frappés dans la zone tempérée. En 
4834, un grand nombre d'hommes du i3® de ligne, et 
pendant l'expédition de 1836, du maréchal Bugeaud, deux 
cents hommes furent frappés en quelques heures ; onze se 
suicidèrent. On croyait autrefois que l'action directe des 
rayons solaires était nécessaire à la production de cette 
maladie; on sait aujourd'hui que ces accidents se montrent 
quelquefois pendant la nuit, dans des logements étroits, 
mal aérés; à bord des navires qui traversent la mer 
Rouge en août et en septembre, ils se produisent sous 
là double tente du pont ; dans le sud de l'Algérie et de la 
Tunisie on y est moins exposé par la déambulation au 
dehors qu'en restant immobile sous la tente, où régnent 
des températures de 45 à 55^. — Etiologie. La cha- 
leur, les fatigues excessives, l'humidité extrême de l'air, 
l'encombrement, l'alcoolisme, l'arrivée récente dans les 
pays chauds, sont les facteurs habituels du coup de 
chaleur ; les trois premiers sont les plus fréquents ; l'air 
chaud et humide suffît même aux colonies, pour le pro- 
duire, car l'air étant saturé de vapeur d'eau, la transpi- 
ration se fait mal et le corps n'est plus assez rafraîchi. 
La cause « chaleur » ne suffît quelquefois pas à elle 
seule ; à bord des navires , en effet , les mécaniciens 
supportent des températures, devant les feux, de 50 à 
60^, supérieures de 20 à 30*^ à celle du pont. Pourtant, 
on ne constate pas plus de coups de chaleur chez eux que 
dans les autres professions maritimes; c'est que l'élément 
« fatigue excessive » ne mmi pas ici se surajouter à l'élé- 
ment chaleur. Les vétérinaires ont observé, sous le nom 
d'anhématosie^ sur les grands animaux domestiques sur- 
menés par une course rapide, des phénomènes semblables 



> — COUP 

au coup de chaleur, amenant également la mort (V, ci-deS" 
sous, § VI). 

Formes. On distingue trois formes de coups de chaleur : 
la variété cérébro-spinale (altération des centres ner- 
veux) ; la variété cardialgique ou syncopale (coagula- 
tion du suc musculaire, rigidité consécutive du cœur et du 
diaphragme; \'à variété mixte (trouble apporté par la cha- 
leur aux conditions de l'hématose; asphyxie). Dans le 
coup de chaleur, la mort peut arriver en quelques heures 
ou en quelques jours. On peut le confondre, dans les pays 
à malaria, avec un accès pernicieux comateux ou déhrant. 
Les médecins de l'Inde attribuent le heat-apoplexy à une 
sidération des forces nerveuses. D'après les expériences de 
Cl. Bernard et de Vallin, la lésion principale, celle d'où 
dérivent peut-être les autres, serait l'arrêt, la rigidité 
subite du ventricule gauche et du diaphragme. La pro- 
phylaxie consiste à ne pas s'exposer au dehors après neuf 
ou dix heures du matin dans les pays à température 
moyenne élevée, à rester enfermé jusqu'à trois ou quatre 
heures du soir. Les troupes en marche devront avoir le 
casque en sureau ou aloès (en France, le couvre-nuque), 
marcher sur deux colonnes de chaque côté de la route, 
laissant libre le milieu pour permettre à l'air d'arriver 
largement jusqu'à eux. Au moment des pauses, le soldat 
ne devra pas s'étendre sur la terre surchauffée. En un 
mot, la marche en colonne est dangereuse eu égard à 
la pénurie d'air, à la viciation et à la saturation de vapeur 
d'eau de celui qu'on y respire. La cravate sera relâchée 
pendant la marche, le col de chemise desserré, les premiers 
boutons de la capote déboutonnés ; le bidon du soldat devra 
être suffisamment rempli pour que toutes les heures il 
puisse boire et réparer ses pertes en eau. Au cantonnerîient, 
on évitera d'entasser les hommes dans des locaux insuffisam- 
ment ventilés. Le traitement consiste à transporter l'as- 
phyxié dans un local frais, sur un talus un peu élevé et 
gazonné si c'est possible ; là, il sera déshabillé et saigné 
avec succès s'il y a des symptômes de congestion. Les 
bains de pied chauds, et, à défaut, les sinapismes, l'urti- 
cation, des affusions d'eau froide sur tout le corps, l'in- 
gestion de boissons fraîches acidulées, etc., assureront le 
plus souvent la guérison. D'' A. Coustan. 

Coup de fouet. — Nom donné à la rupture sous-cutanée 
de fibres musculaires ou tendineuses du mollet, accompa- 
gnée d'une douleur brusque comparée à celle qu'occasion- 
nerait un coup de fouet. C'est toujours un effort qui pro- 
duit ce traumatisme, le saut, la danse, etc., quelquefois le 
simple croisement des jambes. On ne sait au juste si c'est 
le tendon du plantaire grêle ou des fibres des jumeaux ou 
du soléaire qui subissent cette rupture. Parfois la douleur 
persiste assez longtemps avec œdème et ecchymose et im- 
potence plus ou m'oins prolongée du membre ; celui-ci peut 
pendant plusieurs mois rester privé de sa souplesse nor- 
male ; finalement la réparation se fait. Cet accident n'offre 
généralement aucun danger, à moins qu'il n'existe des 
varices du membre inférieur ; il peut se produire alors des 
ruptures veineuses et des phlébites qui dans plusieurs cas 
ont déterminé la mort. Le seul traitement à opposer au 
coup de fbuet, c'est de maintenir le membre au repos dans 
une position favorable au relâchement des fibres muscu- 
laires du mollet ; quelquefois on apphque un bandage roulé 
ou même inamovible. Le massage est nuisible, surtout 
lorsqu'il existe des varices. D"^ L. Hn. 

Coup de soleil (V. Brûlure). 

VI. Art vétérinaire. —Coup de chaleur.— Conges- 
tion sanguine, brusque et rapide du poumon , qui se mani- 
feste parfois chez le cheval soumis à une vive allure pendant 
les chaleurs de l'été. Les premiers symptômes du coup de 
chaleur sont une difficulté extrême de la respiration ; les 
naseaux sont dilatés, l'œil congestionné, la bouche sèche, 
pâteuse et brûlante ; l'animal ne peut plus avancer : il tombe 
dans les brancards et parfois apparaît une hémorragie abon- 
dante par les naseaux, conséquence de la congestion pul- 
monaire et de la déchirure des vaisseaux interstitiels. 



COUP ~ COUPE — 06 

artères ou veines de Porgane de la respiration. Par les 
grandes chaleurs, il faut éviter de conduire le cheval à 
une allure trop rapide ; si on s'aperçoit qu'il est fatigué, 
que la respiration devient^ oppressée, il faut ralentir l'al- 
lure, mettre le cheval au pas, ou mieux l'arrêter et le 
dételer, le conduire dans un endroit frais et l'y laisser repo- 
ser quelques instants. Si le coup de chaleur entraîne la 
chute de l'animal, on détèlera immédiatement ce dernier; 
on lui lavera la bouche, les naseaux et les yeux au moyen 
d'eau froide vinaigrée ; on lui appliquera de la moutarde 
sur les membres et sous la poitrine, on le saignera, on lui 
administrera des lavements rafraîchissants et laxatifs. Si 
le coup de chaleur s'accompagne d'hémorragie, on fera au 
cheval de copieuses ablutions d'eau froide sur la tête ; on 
lui frictionnera les membres au moyen d'essence ou d'un 
liniment ammoniacal. Si, malgré les soins, l'hémorragie 
persiste, il peut arriver que le cheval ne puisse se relever 
et succombe à l'endroit de sa chute. 

Coup DE HACHE. — Chcz Ics chevaux à encolure maigre et 
décharnée présentant une ligne de démarcation profonde 
avec les épaules, il arrive souvent que le bord supérieur 
du cou présente une concavité à son point d'attache avec 
le garrot ; cette concavité a reçu le nom de coup de hache. 

Coup DE LANGE. — Le coup de lance, dit de Carsault, est 
un creux plus ou moins profond qui se remarque à la jonction 
du col à l'épaule, tantôt plus haut, tantôt plus bas. Le 
coup de lance consiste en une atrophie de l'une des branches 
du muscle angulaire de l'omoplate, comme l'ont démontré 
MM. Goubaux et Barrier d'Alfort. Il ne nuit en rien d'ailleurs 
aux qualités comme à la beauté du cheval. L. Garinier. 

VIL Escrime (V. Escrime). 

VIII. Météorologie. — Coup de vent. — Le coup de 
vent, c.-à-d. l'augmentation rapide de la vitesse du vent 
pour un observateur donné, n'est pas un phénomène pure- 
ment local, comme on le croyait autrefois. Il fait toujours 
partie d'un mouvement tourbillonnaire, tornade, tempête, 
qui se déplace rapidement de l'O. à l'E. Sur terre, plus 
l'endroit où l'observateur est situé se trouve voisin de la tra- 
jectoire suivie par le centre de la tornade, bourrasque, etc., 
plus le vent augmente et diminue de vitesse. Sur mer, il 
peut arriver que l'observateur se déplace en sens inverse 
de la bourrasque, ce qui augmente encore la force appa~ 
rente du vent, mais diminue la durée apparente des phéno- 
mènes. Par exemple, un transatlantique qui va d'Espagne 
en Amérique traverse ordinairement trois bourrasques 
qui viennent de l'O, ; au contraire, quand il revient, il 
est rattrapé, puis dépassé par deux bourrasques, dans le 
rayon desquelles il reste plus longtemps, puisqu'il marche 
dans le même sens qu'elles. Les coups de vent qu'il subit 
sembleront donc être plus ou moins longs, selon les cir- 
constances. E. Durand-Gréville. 

IX. Beaux-Arts. — Touche de la brosse ou du pinceau 
chargé de couleur, et posée sur la toile ou le panneau. On 
peint à grands coups^ par petits coups, ou au premier 
coup^ selon que l'on exécute largement une peinture, qu'on 
la travaille d'une façon minutieuse, ou qu'on la termine 
en une seule fois, ensemble et détail, dans la couleur 
fraîche. Les esquisses, les études d'après nature, sont 
généralement peintes au premier coup, mais il est rare 
qu'une œuvre sérieuse, étudiée avec soin, puisse être 
exécutée ainsi. Quelques artistes cependant comptent parmi 
leurs meilleurs ouvrages les toiles qu'ils ont peintes au 
premier coup ; ce mode d'exécution, s'il n'est pas favorable 
à l'étude approfondie, conserve généralement une vigueur 
de touche et une fraîcheur de coloris séduisantes. On appelle 
Coup de jour un rayon lumineux vif et éclatant, une 
touche ensoleillée, qui accuse et met en relief d'une façon 
particulière la partie principale d'une figure ou d'une com- 
position. ^ Ad. T. 

X. Politique. — Coup d'État. — Mesure violente par 
laquelle un personnage ou un corps politique s'empare du 
pouvoir; l'objet du coup d'Etat est tantôt l'étabhssement 
d'une dictature fondée sur la force, tantôt la rupture de 



l'équilibre entre les pouvoirs publics établi par la consti- 
tution ou les lois organiques de l'Etat. Les coups d'Etat 
sont surtout fréquents dans les démocraties; nous citerons 
pour l'antiquité celui qui établit à Athènes le gouvernement 
oligarchique des Quatre-Cents (414) ; celui par lequel 
Cléomène renversa à Sparte la constitution aristocratique 
(225) ; dans les temps modernes la Suède, l'Espagne ont 
vu au xviii® siècle plusieurs coups d'Etat ; ils sont fréquents 
dans les répubhques de l'Amérique latine ; en France, ceux 
du 18 brumaire et du 2 décembre ont précédé l'établisse- 
ment du premier et du second Empire ; celui que Charles X 
tenta provoqua sa chute. On trouvera le récit de ces évé- 
nements aux articles consacrés à l'histoire politique des Etats 
qui en furent victimes (V. aussi Brumaire et Décembre). 

COU PAGE. I. Œnologie. — Opération qui consiste à mé- 
langer diverses natures de vins communs de qualité pour 
obtenir un type à peu près constant demandé par le con- 
sommateur (V. Vin). p. Viala. 

IL Céramique. — Le coupage est l'opération qui con- 
siste à diviser en morceaux, pour les mélanger ensuite, 
une masse de pâte de terre céramique. Elle a pour but d'ob- 
tenir une homogénéité complète de toutes les molécules 
de la terre qui, sans cela, pourraient, après les premiers 
broyages, battages, pourrissages et malaxages, se trouver 
déposés en couches distinctes suivant leurs poids spécifiques. 
Aussi importe-t-il dans le coupage que les morceaux d'une 
même couche ne soient pas remis les uns à côté des autres, 
mais, au Contraire, qu'ils soient méthodiquement dispersés 
dans la masse. Le coupage ne se fait d'ailleurs que pour la 
fabrication soignée ; il a lieu avant le pourrissage, dont il 
fait, pour ainsi dire, partie intégrante, puisqu'il a pour but 
de mettre en rapports immédiats tous les éléments de la 
terre et de leur permettre de s'incorporer plus intimement, 
par un contact prolongé, sous l'action des gaz fermentes- 
cibles. ' F. de Mély. 

coupe. I. Arts décoratifs. — On appelle coupe 
un vase à boire dont on s'est servi depuis l'antiquité 
la plus reculée, jusqu'au moyen âge et à l'époque mo- 
derne. On fabriquait les coupes en métaux précieux enri- 
chis d'émaux et de pierreries, et en matières moins 
coûteuses pour l'usage commun. On a conservé un assez 
grand nombre de coupes antiques provenant des diverses 
contrées de l'Asie, de la Grèce et de l'Italie. Toutes ces 
pièces offrent la forme d'assiettes creuses à bords relevés 
et sans pied. Ce genre de coupes est désigné sous le nom 
de patères. Quelques-unes ont été découvertes en Egypte ; 
elles sont en or et en argent et décorées de figures de pois- 
sons et de fleurs de lotus d'un beau travail. Des ruines de 
Khorsabad et surtout de Nimrod est sortie une longue 
sériede coupes en airain sur lesquelles sont ciselés des zones 
d'animaux et des combats de guerriers. Dans les bas- 
reliefs provenant de ces palais, les rois sont représentés 
buvant dans des patères remplies par des eunuques. La 
Phénicie en a fabriqué qui portent tout à la fois le carac- 
tère de l'art égyptien et de l'art asiatique. Plusieurs de ces 
vases ont été retrouvés dans File de Chypre et dans l'Ita- 
lie, où les avaient transportés les vaisseaux de Tyr et de 
Sidon. L'influence orientale se reconnaît également dans 
plusieurs coupes plates provenant de l'Etrurie ou des 
anciennes provinces de la Gaule cisalpine. Des fouilles ré- 
centes à Troie, à Mycènes et en Grèce, ont ramené au 
jour des coupes d'or reposant sur un piédouche bas et mu- 
nies de deux anses, qui affirment également une origine 
asiatique. Ces vases se rapprochaient des canthares (V. ce 
mot) antiques qui sont si abondamment représentés dans 
les collections céramiques. On appelait carcheslum la 
coupe de Bacchus, plus large que profonde, ornée de deux 
grandes anses. Nos musées possèdent de remarquables 
spécimens de cette branche de l'orfèvrerie chez les anciens 
Romains. Les trésors des temples de Bernay, de Rennes, 
d'Hildesheim etdePompéi, parvenus jusqu'à nous, renfer- 
maient des coupes d'un excellent travail, ornées de sujets 
mythologiques exécutés au repoussé. Certains de ces vases 



— 57 — 



COUPE 



étaient taillés dans des pierres dures, comme les camées 
antiques. Le cabinet des antiques de la Bibliothèque natio- 
nale possède une grande coupe à piédouche et à anses 
prise dans une, masse d'onyx, qui provient du trésor de 




Fig. 1. -— Coupe du trésor dllildeslieim {Gazette 
des Beaux- Arts). 

l'abbaye de Saint-Denis, et dont la valeur est inestimable. 
La collection des princes de la maison Farnèse a enrichi 
le musée de Naples d'une seconde coupe en forme d'as- 
siette revêtue sur ses deux surfaces de sujets gravés en 
relief. Les Goths et les Barbares qui envahirent l'empire 
romain y apportèrent une fabrication spéciale. Le trésor 
découvert à Petrossa, sur les bords du Danube, renfermait 
plusieurs coupes importantes dont les alvéoles d'or sont 
remplies par des lamelles découpées de verre rouge imi- 
tant les grenats. Les formes des coupes étaient très diverses 
au moyen âge. De celles qui étaient les plus usitées, les 
unes sans pied rappelaient les patères de l'antiquité et ser- 
vaient à l'essai des vins ; les autres étaient supportées par 
une tige à renflement que la main pouvait saisir plus faci- 
lement et reposaient sur une base arrondie. Cette dernière 
forme constituait la véritable coupe et le plus souvent elle 
était surmontée d'un couvercle terminé par un bouton 
appelé fruitelet. Il y avait aussi le hanap ou verre à boire 
proprement dit, et le gobelet qui devint ensuite le verre 
dont nous faisons actuellement usage. Ces pièces d'orfè- 
vrerie étaient alors très nombreuses et elles constituaient 
une des séries les plus importantes de la vaisselle précieuse 
qui, dans les jours d'apparat, était étalée sur les rayons 
des bufiéts et des dressoirs. L'inventaire du roi Charles V, 
ceux des ducs d'Anjou et du duc de Berry et de tous les 
princes du xiv^ siècle, décrivent longuement les coupes et 
les hanaps possédés par ces princes, dont la majeure 
partie étaient couvertes de pierreries ou décorées d'émaux 
translucides. . Quelques-unes des coupes possédées par 
Charles V remontaient au temps de Dagobert, de Charle- 
magne et de saint Louis, d'après les traditions conservées 
dans la maison royale. Ces joyaux sont tous disparus à la 
suite des guerres et des révolutions ; il n'en reste que de 
très rares échantillons, en tête desquels on peut citer la 
magnifique coupe en or émaillé représentant la légende de 
sainte Agnès, ouvrage français du xiv® siècle, que M. le 
baron Pichon a été assez heureux pour acquérir d'un cou- 
vent d'Espagne, auquel il avait été légué après avoir été 
transporté en Angleterre. Par suite de leur richesse, ces 
coupes ne pouvaient convenir à toutes les classes, et la 
bourgeoisie se contentait de pièces en cuivre et en étain 
d'une fabrication plus simple. Le gobelet, qui se trouve 
assez souvent confondu dans les inventaires avec la coupe, 
était cependant d'une forme bien différente. Il était dis- 
posé comme un vase cylindrique dont la base reposait sur 
trois griffes ou trois personnages portant des écus armo- 
riés. Le corps du vase était divisé en plusieurs sections par 
des bandes à crêtes découpées, et le couvercle se terminait 
par un fruitelet ou par une figure d'animal. Certains do 
ces gobelets, principalement usités en Allemagne, sont 
revêtus d'un riche travail de niellure. D'autres vases à 



boire étaient formés de cornes d'animaux ornées de mon- 
tures d'orfèvrerie et s'appuyaient sur des griffes. Parfois 
même ces sortes de coupes étaient entièrement en argent 
doré et n'offraient que la forme générale de cornes d'élan 
ou de bœuf sauvage. Il y avait aussi des hanaps-gobelets 
pour boire entre les repas et dans lesquels on appor- 
tait des boissons toutes préparées et couvertes. Ces ha- 
naps fabriqués en bois d'érable portaient le nom de 
masères. C'étaient en réalité deux coupes réunies, dont 
la supérieure formant couvercle se retournait pour rece- 
voir le liquide placé dans la partie inférieure. Une anse 
de vermeil permettait de soutenir ce dernier vase. L'Alle- 
magne fut également le lieu d'origine des gobelets hono- 
rifiques qui servaient de coupe commune dans les banquets. 
Ces grandes pièces d'orfèvrerie en forme de calice allongé, 
sont surmontées d'un couvercle armorié. On leur donne 
sur les bords du Rhin le nom de pokaL Les corporations 
et les musées des Pays-Bas, de l'Angleterre, de la Suisse 
et de l'Allemagne ont conservé de nombreux échantillons 
de ces vases d'apparat, sur lesquels sont inscrites les 
armoiries de leurs possesseurs. Les plus remarquables par 
leur travail remontent au xv® siècle. 

La forme des coupes se simplifia à l'époque de la Re- 
naissance. Elles devinrent plus légères et plus portatives 
et la décoration y prit une place exclusive aux dépens de 
la matière. Il nous en est parvenu un assez grand nombre 
qui se distinguent par leur composition élégante et par la 
délicatesse de leur exécution. L'argenterie des Médicis au 
palais Pitti renferme quelques-unes de ces pièces dont on 
fait honneur à l'orfèvre Benvenuto Cellini. C'est à cet 
artiste qu'on a souvent attribué la belle coupe d'argent 
doré et ciselé faisant partie du musée du Louvre, dont le 
fond est orné d'un bas-relief représentant Minerve et les 
Arts, bien que ce soit un ouvrage allemand. Au xvi*' siècle, 
on tailla des jaspes, des cristaux de roche, des onyx et 
d'autres matières précieuses, en forme de coupe dont les 
montures d'argent doré étaient enrichies de pierreries et 
de camées gravés. Il est évident que ces bijoux n'ont 
jamais été que des raretés destinées à figurer dans les 
cabinets ou sur les tables des souverains, sans pouvoir être 
d'un usage journalier. Quelques-uns de ces vases servaient 
de drageoirs dont la disposition était presque identique. 
Les verreries de Venise produisaient en abondance des 
coupes que leur extrême fragilité condamnait à n'être 
également que des pièces décoratives. On en connaît qui 
portent les armes des papes, des principaux seigneurs de 
l'Italie; d'autres sont entourées de déUcieuses frises d'en- 
fants peintes en couleuur et empruntées aux meilleures 




Fig. 2. — Coupe de jaspe {xyi» siècle, régne de François I»"^, 
musée du Louvre). 

estampes des graveurs de l'Italie du Nord. La France 
fabriquait une vaisselle d'émail peint sur cuivre qui était 
bien plus résistante et qui présentait les mêmes qualités 
esthétiques. Les coupes sorties des ateliers de Léonard 
Limousin, de Pierre Reymond, de Pierre Courteys et des 
autres émailleurs limousins, sont décorées défrises, d'ara- 
besques et de sujets d'une charmante exécution, dont les 
motifs sont tirés des compositions de Ducerceau, de De- 



COUPE 



_ 58 »^ 



laune et de Virgile Solis. îl existe de belles coupes en 
faïence peinte de l'Italie ; quelques-unes portent le nom 
de coupes d'accouchées parce qu'elles étaient destinées aux 
repas des femmes en couche. On en rencontre également 
parmi les pièces de cette manufacture anonyme du Poitou 
dont le secret s'est dérobé à nous jusqu'à ce jour, et qui, 
après a\oir été placée par nos érudits au château d'Oiron, 
est aujourd'hui attribuée avec plus de fondement à la ville 
de Saint-Por chaire. Les progrès de la cristallerie ame- 
nèrent, au XVII® siècle, l'abandon delà coupe ancienne, pour 
y substituer l'usage du gobelet en verre plus portatif et sur- 
tout moins coûteux. Depuis lors cette dernière transfor- 
mation s'est généralisée. La seule trace qui soit conservée 
de la coupe ancienne se retrouve dans les verres qui 
servent à boire le vin de Champagne. — On donne habituel- 
lement le nom de eoîtpes aux prix qui sont décernés aux 
vainqueurs dans les courses de chevaux. Ces prix consis- 
taient primitivement en une coupe d'honneur et le nom en 
a été conservé, bien que ces prix soient le plus souvent 
des pièces d'orfèvrerie représentant des statuettes, des 
groupes et des vases (V. Calice, Vase). A. de Champeaux. 

II. Métrologie. -— Mesure de capacité : à Genève, 
vaut 771^^658 ; en Auvergne est la 77^ partie d'un selier. 

IIL Liturgie (V. Calice et Eucharistie). 

ÎV. Astronomie. — Petite constellation australe située 
entre le Corbeau, l'Hydre, le Sextant, le Lion et la Vierge. 
Le Catalogue britannique lui donne trente et une étoiles dont 
les plus brillantes sont de quatrième grandeur. Les coor- 
données de la plus belle, 8 Coupe, de grandeur 3,9, sont 
pour 189'î d'après la Connaissance des Temps : M:= 
dPM3"^53«47;P~ J04Mr20'''2. L. B. 

¥. Géométrie. — Section plane faite dans un corps 
(V, Lever de bâtiment). 

VI. Exploitation des forêts. — Action d'exploiter 
tout ou partie du matériel boisé existant sur une surface 
déterminée de forêt. En langage forestier, le mot coupe se 
prend dans différents sens et est susceptible de plusieurs 
significations auxquelles correspondent, dans la pratique, 
divers modes spéciaux d'administration ou de traitement. 
Au sens figuré, on distingue dans le service, suivant la 
nature ou la qualité du propriétaire, les coupes domaniales, 
communales ou d'établissements publics ; suivant la situa- 
tion sur le tableau d'exploitation de la forêt, les coupes 
ordinaires et les coupes extraordinaires ; au sens propre, 
les coupes de taillis et de futaies. — Les coupes domaniales, 
communales ou d'établissements publics, dans les bois 
soumis au régime forestier, sont assujetties au même trai- 
tement. Les coupes ordinaires sont déterminées par l'amé- 
nagement ; chaque année, les conservateurs adressent au 
directeur général les états des coupes à asseoir conformé- 
ment aux aménagements ou selon les usages actuellement 
observés dans les forêts qui ne sont pas encore aménagées ; 
ces états sont approuvés par le directeur général après 
déhbération du conseil d'adminisi ration. Les coupes extra- 
ordinaires sont décidées par délibération du conseil d'admi- 
nistration ; le projet en est soumis par le directeur général 
des forêts au ministre compétent ; elles sont autorisées par 
ordonnances insérées au Bulletin des lois. Il ne peut être 
fait, dans les bois soumis au régime forestier, aucune coupe 
extraordinaire quelconque ni aucune coupe de quarts en 
réserve ou de massifs réservés par l'aménagement pour 
croître en futaie, sans une ordonnance spéciale, à peine de 
nullité des ventes, sauf recours des adjudicataires, s'il y a 
lieu, contre les fonctionnaires ou agents qui auraient 
ordonné ou autorisé ces coupes (C. for., 46). Sont consi- 
dérées comme coupes extraordinaires et ne peuvent, en 
conséquence, être effectuées qu'en vertu d'ordonnances 
spéciales celles qui intervertiraient l'ordre établi par l'amé- 
nagement ou par l'usage observé dans les forêts dont 
l'aménagement n'aurait encore pu être réglé ; toutes les 
coupes par anticipation et celles des bois ou portions de 
bois mis en réserve pour croître en futaie et dont le terme 
d'exploitation n'aurait pas été fixé par l'ordonnance d'amé- 



nagement. Les conservateurs adressent chaque année 
au directeur général, pour chaque coupe extraordi- 
naire à autoriser par ordonnance, un procès-verbal qui 
énonce les motifs de la coupe proposée : l'état, l'âge, la 
consistance et la nature des bois qui la composeront ; le 
nombre d'arbres de réserve qu'elle comportera et les 
travaux à exécuter dans l'intérêt du sol forestier. Pour 
les coupes extraordinaires communales ou d'établisse- 
ments publics, le projet d'ordonnance qui les autorise 
peut être communiqué au ministre de l'intérieur au cas où 
l'administration forestière aurait donné un avis contraire 
à celui du préfet du département qui doit toujours être 
consulté. Lorsque les coupes ordinaires ou extraordinaires 
ont été autorisées, les conservateurs désignent ou font dési- 
gner par les agents forestiers les arbres d'assiette et font 
procéder aux arpentages. Les coupes sont délimitées par 
des piedS'Corniers et parvis (V. ces mots). Il est dressé 
un plan et un procès-verbal d'arpentage des coupes mesu- 
rées. Un cahier des charges établit les règles générales 
de l'adjudication. Les ventes des coupes, tant ordinaires 
qu'extraordinaires, sont faites sous forme d'adjudication 
publique à la diligence des agents forestiers. 

En ce qui concerne les différents modes ou procédés 
d'exploitation, on distingue les coupes de taillis destinées 
à se reproduire surtout par le rejet des souches et des 
racines et dans lesquelles le peuplement est exploité de 
proche en proche ; les coupes de futaies destinées à pro- 
duire plus particulièrement des bois de fortes dimensions et 
à se régénérer par la semence. Les différentes opérations 
nécessaires pour amener la futaie à son exploitabilité se 
distinguent en coupes par éclaircies qui ont pour but l'en- 
lèvement dans les jeunes peuplements forestiers des bois 
tendres, des morts-bois ou des divers peuplements de 
nature à gêner le développement de l'essence principale 
dont on se propose l'éducation ; en raison de ce mode spé- 
cial d'exploitation, le directeur général peut ordonner que 
les bois soient exploites et façonnés pour le compte de 
l'Etat ; ils sont ensuite vendus par lots dans la forme 
ordinaire des adjudications aux enchères (V. Eclaircies) ; 
coupes d'ensemencement, qui laissent sur pied le nombre 
d'arbres nécessaires pour garnir de graines tout le terrain 
de la partie en exploitation ; coupes définitives, qui con- 
sistent à faire disparaître toutes les réserves lorsque l'en- 
semencement est complet et les jeunes plants assez forts 
pour se passer de tout abri (V. Forêts). Dans certains cas, 
on pratique encore des coupes jardinatoires qui ont pour 
but l'enlèvement, dans un massif boisé, des arbres les plus 
vieux, des bois dépérissants, viciés ou secs, et d'autres en 
bon état de croissance qui sont réclamés par le commerce 
ou la consommation locale (V. Jardinage). Martinet. 

VII. Technologie. — Art de tailler les étoffes, les 
cuirs, etc., pour en faire des vêtements d'homme et de 
femme, d'enfant, ou autres choses. Depuis quelques années, 
la scie à ruban inventée pour le découpage des bois est 
appliquée au découpage des étoffes après avoir subi une 
légère modification. La bande d'acier, au lieu d'être dente- 
lée sur toute sa longueur, est une simple lame affûtée 
comme un couteau. Elle doit être animée d'une grande 
vitesse. Cette application est des plus utiles pour les grands 
étabhssements de confection, d'habillement ou d'équipe- 
ment qui, avec cette machine, réalisent une économie de 
temps pour couper des objets semblables ; chaque lot avant 
découpage est recouvert d'un patron mobile dont la lame 
métallique suit les contours. L. KxNAB. 

VIII. Pédagogie. — Coupe et assemblage. — De même 
et plus encore que les travaux manuels dans les écoles de 
garçons, les travaux à F aiguille ontleurphcem'àrqnéeàa.rïs 
les écoles de filles, non seulement primaires, mais de tous les 
degrés. De tout temps, plus ou moins, il a été prescrit ou 
recommandé aux institutrices d'apprendre à leurs élèves à 
coudre, à tricoter; au moins devaient-elles le savoir elles- 
mêmes : à l'examen des brevets de capacité il y avait une 
épreuve de couture. Mais on n'exigeait qu'un mininmm ; 



59 



COUPE 



et de ce que la maîtresse pouvait faire un ourlet ou une 
boutonnière, ce n'était pas une raison suffisante pour qu'une 
petite lille qui ne l'eût pas appris dans sa famille apprît à 
l'école même ce qui est strictement nécessaire à la tenue 
du linge dans un ménage. C'est à quoi l'on a essayé de 
pourvoir, dans la réorganisation de l'enseignement primaire 
et le remaniement des programmes. L'école, certes, n'est 
pas l'atelier, et la culture proprement dite, si modeste 
soit-elle, y doit primer de beaucoup tout ce qui tient de 
l'apprentissage, en dépit de ceux qui trouvent toujours 
qu'on fait trop pour la culture du peuple. Mais n'y a-t-il 
pas dans le travail des mains pour tout le monde, dans les 
travaux de lingerie pour une future ménagère, quelque 
chose de vraiment éducatif, et d'un haut intérêt moral et 
social ? C'est pourquoi, non content de mettre la couture 
plus en honneur et de lui faire une place sérieuse, on en 
a fait une aussi à ce qui en est le naturel complément, 
l'art de couper et d'assembler les pièces des vêtements 
usuels que doit savoir faire une ménagère. La ville de 
Paris a donné l'exemple (mai 4879) en créant des cours 
théoriques destinés à préparer les institutrices à un certi- 
ficat d'aptitude spécial, désormais exigé de celles qui 
seraient chargées de l'enseignement nouveau dans les 
écoles. En une quinzaine de leçons on les met à même, si 
elles sont intelligentes et habiles, de subir l'examen et 
d'enseigner à leur tour l'essentiel. Le manque de temps 
à Paris même, ailleurs le manque de temps et de ressources 
(car les étoffes coûtent, et il en faudrait beaucoup pour 
exercer réellement les élèves) font que cet enseignement, 
même où il est le mieux donné, reste nécessairement un 
peu théorique. C'est le reproche que lui font ceux qui 
n'en sont pas partisans. Il faut prendre garde aussi d'en- 
seigner le superflu à qui ne sait pas le nécessaire, la coupe 
des vêtements de luxe à qui ne sait pas coudre, les élé- 
gances de la mode à des filles pauvres. Des fautes de ce 
genre ont été signalées çà et là dans les collèges de jeunes 
filles : elles sont à éviter partout. Mais les tâtonnements, 
nécessaires dans toute innovation, ne doivent pas faire 
oublier ce que celle-ci a d'excellent et quel progrès elle 
constitue dans notre éducation publique. H. M. 

ÏX. Industrie. — Coupe-mariage (V. Casse-mariage). 

X. Beaux- Arts. — On appelle coupe la façon de creuser 
avec le burin le cuivre ou le bois; la propreté et la 
vigueur d'un ton dans une gravure dépendent de la netteté 
et de la franchise de la coupe. Les estampes les meilleures 
à consulter à ce sujet seraient celles de Bolswert, de Paul 
Pontius et en général des graveurs de l'école de Rubens. 

XL Architecture.— Dessin d'architecture complétant, 
avec le plan et V élévation (V. ces mots), l'ensemble du 
projet ou du relevé d'un édifice et permettant d'en appré- 
cier les dispositions intérieures ainsi que le système de 
construction. Dans une coupe, l'édifice représenté est sup- 
posé coupé et offre à la vue une section géométrale, soit 
perpendiculaire, soit parallèle à la face et le plus souvent 
prise suivant les axes longitudinaux ou transversaux, d'oii 
la coupe est dite coupe longitudinale ou coupe transver- 
sale. Une convention le plus habituellement suivie est d'in- 
diquer, dans une coupe, toutes les sections de terrains, 
murs, planchers ou combles, par une teinte rose pâle, si le 
dessin est lavé, ou par des. hachures inclinées à 45^, si le 
dessin est rendu au trait. Ch. L. 

XII. Construction. — Coupe des bois. — La coupe des 
bois est l'ensemble des opérations nécessaires à l'exécution 
dun ouvrage de charpente depuis l'arrivée, au chantier de 
l'entrepreneur, des pièces de bois convenablement débitées, 
jusqu'à leur montage provisoire sur ce chantier avant leur 
transport et leur mise au levage en place définitive (V. Char- 
pente et Charpenterie). La coupe des bois est donc la 
partie de la stéréotomie ou science du trait applicable aux 
bois de charpente et comprend d'abord le tracé sur le 
papier, à petite échelle, puis le tracé, grandeur d'exécu- 
tion^ sur des aires préparées à cet effet, des ételons (cor- 
ruption probable du mot étalon) ou épures (V. ce mot) 



d'après lesquelles les charpentiers tailleront et façonneront 
exactement les bois suivant les dimensions et les formes 
droites ou courbes demandées et en en préparant la jonction 
ou la pénétration à l'aide d'assemblages. Les assemblages 
constituent, en effet, les divers moyens dont on fait usage 
pour relier entre elles les pièces de bois, soit bout à bout, 
à leurs extrémités, soit latéralement et dans tous les sens, 
par exemple en menuiserie oli ils servent à juxtaposer les 
planches de même épaisseur pour en former une surface 
continue. Les assemblages sont dits droits, obliques, à 
onglet, à tenons et à mortaises, à rainures et à languettes, 
à queue d'aronde, à crémaillère ou à traits de Jupiter, etc., 
toutes façons d'assemblages qui donnent lieu à des tracés 
spéciaux du domaine technique de la charpenterie. — On 
appelle coupe plate la jonction sans assemblage de plu- 
sieurs pièces de bois fixées par des clous ou reliées par des 
ferrures, et cou'][)e fausse le joint oblique résultant d'un 
assemblage de pièces de charpente fait suivant un angle 
autre que l'angle droit (90'') ou le demi-angle droit (45°). — 
En menuiserie, la coupe fausse est plutôt dite coupe biaise, 
et ce mot s'applique à toute section faite suivant un plan 
oblique à l'axe de la pièce de bois, tandis qu'on désigne 
sous le nom de coupe d'onglet les diverses dispositions 
des joints de moulures rapportées. — En menuiserie, comme 
en maçonnerie et en serrurerie, on appelle coupe-larme 
un petit canal disposé sous une pièce d'appui ou à la partie 
inférieure d'une croisée pour empêcher l'eau de couler le 
long de la construction et la rejeter au dehors. Ch. Lucas. 

XIII. Marine. — En voilerie, le terme coupe a plu- 
sieurs acceptions ; il désigne notamment l'art de tailler les 
voiles, c.-à-d. de déterminer leurs dimensions, d'après celle 
des mâts et des vergues destinés à les porter. Coupe veut 
dire aussi l'action de tailler les voiles. On distingue, dans 
ce cas, trois sortes de coupes : 1<^ la coupe à V échelle^ oti 
chaque laize est déterminée séparément ; elle est très supé- 
rieure à la coupe à la main, parce que les dimensions de 
chaque laize y sont obtenues indépendamment de toutes les 
autres, de sorte qu'une erreur, si Ton en commet, ne se 
répète pas et reste sans influence sur la coupe des autres 
laizes ; ^^ la coupe à la main, dans laquelle la première 
laize coupée sert de mesure pour la suivante, celle-ci pour la 
troisième, et ainsi de suite; les erreurs s'accumulent donc 
et il n'est pas rare de commettre ainsi des fautes gros- 
sières ; 3° la coupe au piquet consiste à recouvrir de 
toile un plan de la surface à voiles, tracée en vraie gran- 
deur. Cette méthode ne peut guère s'appMquer qu'aux voiles 
de petites dimensions, à celles des canots, par exemple. 
Elle donne de bons résultats. La coupe s'exécute toujours 
avec un couteau ; la direction que suit le couteau en sépa- 
rant la laize de la pièce se nomme coupe. Si donc le cou- 
teau est dirigé suivant un fil de trame, la coupe est dite 
au droit fil. Pour les autres cas, elle est dite coupe 
oblique,, parce que sa direction est oblique aux fils de 
chaîne et de trame. — LsLCou^ese dit aussi de l'effet d'une 
voile établie. On dit qu'une voile a une bonne coupe pour 
exprimer qu'elle établit bien. — Enfin, on nomme salle 
de coupe le local où s'effectue la coupe des voiles. 

XïV. Entomologie. — Coupe-bourgeon (V. Adoxus, 
Otiorrynchus et Rhynchites) . 

XV. Métrique. — Ce mot est quelquefois employé 
comme synonyme de césure ; mais généralement il désigne 
les repos du sens dans le vers ou dans la période poé- 
tique. L'alexandrin classique en français est pauvre de 
coupes ; la période finit d'ordinaire avec le vers, ainsi que 
les membres de phrase eux-mêmes. C'est chez La Fontaine 
que l'on trouve le plus fréquemment des coupes à effet, des 
enjambements pittoresques, des suspensions ingénieuses. 
Le fabuliste est un maître dans l'art de combiner le rythme 
et le mouvement de la phrase dans une merveilleuse har- 
monie. Les coupes heureuses se rencontrent chez lui à 
chaque pas. Citons-en quelques-unes au hasard : 

Il appelle la mort. — Elle vient sans tarder, 
Lui demande ce qu'il faut faire. 



COUPE 



— 60 - 



C'est, dit-il, afin de m'aider 
A recharger ce bois; — tu ne tarderas guère. 

(I, 16.) 
... Se sent pris comme aux lacs, car l'huître tout d'un coup 

Se referme 

(VIII, 9.) 
Les derniers traits de l'ombre empochent qu'il ne voie 

Le filet : il y tombe 

(VIII, 22.) 

Après lui, André Chénier excelle à reproduire en fran- 
çais le mouvement do la période latine. Ex. : 

C'est ainsi qu'achevait l'aveugle en soupirant 

Et près des bois marchait, faible, — et sur une pierre 

S'asseyait. — Trois pasteurs, enfants de cette terre, 

Le suivaient, accourus aux abois turbulents 

Des molosses 

Cependant en français les coupes de ce genre sont rela- 
tivement rares et sont employées pour produire certains 
effets oratoires ou d'harmonie imitative. Dans les langues 
synthétiques comme le grec et le latin, la disposition des 
mots et des membres de phrase a une tout autre impor- 
tance; l'enjambement, exceptionnel chez nous, est une 
condition de la poésie latine. Le sens et l'oreille étaient 
également consultés pour cet art délicat de distribuer la 
période dans la phi'ase poétique, qui comptait générale- 
ment entre deux, trois, quatre et jusqu'à huit vers. 

La diversité de ces coupes produit une étonnante variété, 
et Virgile a possédé cet art au plus haut degré. Tantôt le 
dernier membre de la période ne comprend qu'un hémi- 
stiche, ou une portion plus longue du vers, tantôt un vers 
entier, tantôt il commence dans l'avant-dernier vers, au 
sixième pied, ou dans le cinquième, ou après le quatrième, 
ou après la césure penthémimère, ou dans le second pied, 
ou après le premier dactyle. Souvent aussi une période, 
une comparaison, un discours se terminent dans le vers 
généralement au milieu du troisième pied ou au milieu du 
quatrième. Horace dans les satires et les épîtres aime à 
commencer la phrase vers la fin du vers et rompt ainsi la 
monotonie solennelle de l'hexamètre épique. Les poètes 
qui visent à l'elïet ont soin de placer un trait, une sentence, 
une expression saillante à la fm de la période ainsi ter- 
minée au milieu du vers. Il serait trop long d'en citer des 
exemples ; ils abondent pour ainsi dire à chaque page, parti- 
culièrement chez Lucain, et ce poète a une prédilection pour 
la coupe qui tombe au milieu du quatrième pied (V. L. Qui- 
cherat. Traité de versification latine^ p. 172). A. ^Y. 

XVI. Jeu. — La coupe est la séparation d'un jeu de cartes 
en deux parts après qu'on les a mêlées et avant de distribuer 
à chaque joueur les cartes qu'il doit avoir. On coupe les 
cartes avant de commencer la plupart des jeux de cartes. 
Dans certains cas, à l'écarté, par exemple, la coupe se 
pratique pour tirer la main, c.-à-d. pour désigner le joueur 
qui donnera le premier ; on coupe le jeu et on découvre 
la dernière carte de la coupe ; l'adversaire en fait autant 
avec ce qui reste de cartes. Celui qui ne découvre point la 
carte de sa coupe est censé avoir coupé la plus basse carte 
de toutes; celui qui, en coupant, découvre deux cartes, 
est censé avoir coupé la plus basse des deux ; celui qui a 
coupé la carte supérieure a la main. 11 mêle le jeu, fait 
couper son adversaire et distribue les cartes. Faire sauter 
la coupe, c'est rétabhr l'ordre des cartes tel qu'il était 
avant la coupe. L. K. 

XVII. Agriculture. — Goupe-foin. — Les coupe-foin 
sont des outils tranchants servant à entamer les meules de 
foin par tranches verticales pour les livrer peu à peu aux ani- 
maux, sans avoir besoin de décoiffer les meules et de les 
rentrer en une seule fois. Ces sortes de couteaux sont très 
utiles, car le foin se tasse toujours dans les meules ; il en 
résulte une masse résistante qui se coupe mieux qu'elle ne 
se désagrège. Le coupe-foin allemand est une sorte de 
bêche dont le tranchant forme un angle rentrant. Le coupe- 
foin anglais est constitué par une lame de couteau, large, 
dont le tranchant est taillé à petites dents, comme celui 
d'une faucille; le manche de ce couteau, disposé transver- 
salement, n'est pas perpendiculaire à la lame, mais forme 



avec elle un angle un peu ouvert du côté du tranchant, ce 
qui facilite la pression. Cet instrument exige un peu plus 




Fig. 3. — Coupe-foin anglais. 

de force que le coupe-foin allemand, mais il débite plus 
d'ouvrage dans un temps donné (fig. 3), 
Coupe-gazon (V. Tondeuse). 

COUPE-PAILLE (V. HaCHE-PATLLe). 

Coupe-racines. — Les racines et tubercules servant à 
l'alimentation du bétail ne peuvent lui être donnés tels qu'on 
les retire du sol; il faut préalablement les réduire en 
fragments plus ou moins gros après les avoir lavés pour 
enlever la terre adhérente. On y parvient au moyen de 
coupe-racines, dont il existe un grand nombre de sys- 
tèmes. Autrefois, lorsque les racines n'entraient que 
pour une faible part dans la ration des animaux, on les 
divisait au moyen de lames de diverses formes, fixées 
comme le fer d'une bêche à l'extrémité d'un manche ; on 
les employait à couper en morceaux irréguliers les bette- 
raves ou les pommes de terre que l'on avait jetées au fond 
d'un cuvier. Plus tard, Mathieu de Dombasle, en même 
temps qu'il introduisait dans la pratique la culture sur une 
vaste échelle des racines, importa d'Angleterre le coupe- 
racines à trémie dont le débit était plus considérable. Cet 
instrument, qui est encore employé aujourd'hui dans quelques 
petites fermes, se compose d'une planche inclinée se mou- 
vant dans des glissières au-dessous d'une trémie dans laquelle 
les racines sont jetées. La planche porte une lame à double 
tranchant placée sur une lumière oblique ; elle est munie 
d'une poignée à l'aide de laquelle l'ouvrier l'anime d'un 
mouvement alternatif. Lorsque la quantité de racines à 
diviser devient plus forte, on fait usage des coupe-racines 
mécaniques qui ont l'avantage de débiter des morceaux très 
minces et très réguliers qui peuvent être facilement mélan- 
gés avec du foin ou de la paille hachée, ce qui augmente 
beaucoup leur digestibilité tout en évitant le gaspillage. Un 
des plus simples (fig. 4) se compose d'un disque vertical 




Fig. 4. — Coupe-racines à disque plat. 

en fonte mobile sur un arbre horizontal, au moyen d'une 
manivelle ; ce disque est percé suivant la direction de ses 
rayons, ou un peu obliquement, de quatre, six ou huit 
ouvertures étroites contre lesquelles s'appliquent autant de 
lames tranchantes maintenues par des boulons. En arrière 
est une trémie dont le fond est incliné vers le disque, qui 



en constitue la paroi verticale ; cette trémie reçoit les racines 
qui descendent par leur propre poids et viennent s'appli- 
quer contre le plateau dont les couteaux, en tournant, 
tranchent la chair des racines sur une épaisseur égale à la 
saillie des lames sur la face interne du disque. La vitesse 
de rotation du disque est de cent cinquante à deux cents 




Yig. 5. — Coupe-racines à disque conique. 

tours par minute. La trémie peut être pleine ou à claire- 
voie (fig. 5). Dans les sucreries et distilleries où il faut 
obtenir des tranches de betteraves en forme de rubans ou 
cossettesy on fait usage de coupe-racines à grand travail, 
dont le disque tournant est 
muni de lames disposées com- 
me rindigue la fig. 6; on 
obtient ainsi des rubans ou 
languettes qui passent par les 
lumières de ces couteaux. 
M. Albaret construit un coupe-racines spécial très ingé- 
nieux, représenté fig. 7. Il est à plateau vertical et la trémie 
est particulière. Elle a la forme d'une coquille d'escargot et 
s'enroule, pour lui servir de palier, autour de l'arbre du 



— 61 - COUPE — COUPÉ 

cédente. La partie de l'arbre horizontal qui porte le 
plateau et les lames et qui est située dans la trémie est 
munie de dents fixées en spirale qui, dans le mouvement 
de rotation de l'arbre, aident à pousser les betteraves 
contre le plateau pour qu'elles n'échappent, en aucun en- 
droit, à l'action des couteaux. La vitesse de rotation es t de 
trois cent cinquante tours par minute. Avec cet instrument, 
la coupe est très bonne, s'effectue rapidement et avec peu 
d'efforts. D'autres coupe-racines, au lieu d'être munis de 
disques plats, sont pourvus de disques coniques (fig. 5) ; 
ceux-ci affectent la forme d'un cône qui s'emboîte dans la 
partie inférieure de la trémie et en ferme le fond : les cou- 
teaux y sont fixés suivant les génératrices du cône. On dit 
qu'un coupe-racines est à simple effet quand tous les cou- 
teaux sont semblables et disposés dans le même sens pour 
couper des tranches ; dans les coupe-racines à double effet, 
la moitié des couteaux sont pleins et disposés dans un sens, 
l'autre moitié est formée de couteaux dentés et disposés 
dans l'autre sens, de sorte qu'en tournant à droite ou à 
gauche, on forme des tranches ou des rubans. Le travail 
des coupe-racines varie avec leurs dimensions. Avec les 
instruments à bras faisant en moyenne trente tours par 
minute, on peut débiter 500 à d,000 kilogr. de lanières 
par heure ; si on fait des tranches, on peut en avoir le 
double. Les grands coupe-racines des distilleries et sucre- 
ries exigent un cheval-vapeur pour un travail de 3,000 ki- 
logr. de betteraves à l'heure. A. Larbalétrier. 

BiBL. : Arts décoratifs. — Viollet-le-Duc, Diction- 
naire du mobilier. — V. Gay, Glossaire du mobilier. — 
H. Havard, Dictionnaire de V ameublement. 

COUPÉ. L Carrosserie. — Voiture bourgeoise à quatre 
roues, à deux ou à quatre places, et qui se fait sur un grand 





Fig. 7. — Coupe-racines à grand travail. 

plateau, de sorte que les racines, toujours pressées, sont 
hachées tout autour du plateau. Le débit, proportionnel 
à la vitesse, en est très considérable, car le coupage 
s'opère à la fois par des effets mécaniques et de force cen- 
trifuge. Une enveloppe de tôle, disposée en avant du 
disque en fonte qui porte les lames, force les cossettes 
à tomber immédiatement au pied de l'instrument. Cette 
enveloppe est montée à charnière pour qu'on puisse l'en- 
lever facilement et nettoyer les lames. Ces dernières sont 
composées de plusieurs dents biseautées. Les dents de 
chaque lame doivent correspondre aux creux de la pré- 




Coupé. 

nombre de modèles ayant chacun ses avantages particu- 
liers. Le petit coupé ou coupé à deux places est l'une des 
voitures les plus employées ; si on compare cette voiture 
à la berhne, on voit que la caisse se trouve coupée à fleur 
de la porte, de façon à ne laisser que les deux places de 
l'arrière. Il y a une différence importante entre les hgnes 
de ces deux voitures : la caisse de la berfine n'a qu'un 
cintre régulier en forme de bateau ; le coupé a, au con- 
traire, un angle rentrant sous le siège. Le montage indi- 
qué sur le dessin est à quatre ressorts pincette, montage 
très employé ; quand on doit mettre un frein, on préfère 
le montage à cinq ressorts et à crosse. Le petit coupé se 
monte quelquefois à huit ressorts. Pour rapprocher des 
grandes roues le centre de gravité, on peut couper le bas 
des portes en arc de cercle ; les charnières sont dans la 
partie droite. La partie cintrée, en s'ouvrant, passe par- 
dessus la roue; cette disposition permet d'élargir à volonté 
la partie supérieure de la porte. La glace ne peut alors 
descendre dans la porte ; elle se loge dans l'épaisseur du 
panneau de custode (de côté) et une disposition de pédale 
à ressort empêche l'ouverture de la porte pendant que ce 
glissement s'opère. Le grand coupé ou coupé tr ois-quarts 
a quatre places intérieures ; le devant a trois glaces. Le 
siège est pareil à celui du petit coupé. Le devant du trois- 
quarts, au lieu d'être à trois glaces, se fait aussi avec 
une seule glace bombée ; on a alors le coupé circulaire 



COUPE ~- COUPELLATION 



--- 62 »^ 



qui a de même quatre places à l'intérieur. Le brougham 
est le nom anglais du coupé. 

IL Chemin de fer. — Les coupés font partie des places 
de luxe que les Compagnies sont autorisées par leur cahier 
des charges à placer dans les trains de voyageurs, sans 
que le nombre de ces places puisse dépasser le cinquième 
du nombre total. Comme disposition générale, les coupés ne 
sont autre chose que des demi-compartiments de première 
classe ; ils ne contiennent que quatre places au lieu de huit 
et sont munis de tablettes, de glaces et de divers objets de 
confortable qu'on ne trouve pas dans les compartiments ordi- 
naires. Quelques-uns d'entre eux sont munis des installa- 
lions nécessaires pour se transformer en lits pendant la 
nuit et portent le nom de coupés-lits^ de fauteuils-lits 
et de lits-toilette. Il n'existe pas de tarif uniforme pour les 
places de coupé ni pour les places de luxe en général ; le 
prix est ordinairement celui de la première classe, augmenté 
d'un supplément, variable suivant les Compagnies. Les cou- 
pés ordinaires sont, le plus souvent, taxés un dixième en sus 
du prix des places de première classe ; il en est ainsi sur les 
réseaux de l'Ouest, d'Orléans et de l'Etat. Sur le Nord et 
sur le Midi, le supplément est réglé d'après les parcours, 
comme il suit : 

Nord Midi 

Jusqu'à 150 IdL.. fr. 2,20 5 » 

De 150 à 225 kil 3,30 7,50 

Au delà de 225 kil. . . 4,40 40 » 

La Compagnie P.-L.-M., qui n'a pas de coupés ordi- 
naires, fait payer pour des coupés-lits un supplément, 
variable suivant la vitesse des trains et la distance parcou- 
rue; ce supplément est de 2 fr. dans les trains omnibus 
Jusqu'à 300 kil. ; il atteint 39 fr. dans les trains de luxe 
pour les parcours de 1,400 kil. et au delà. G. IL 

ni. Art héraldique. -— Partition de Fécu divisé en deux 
parties égales par une ligne horizontale. L'écu peut être 
coupé, et cette partition subdivisée elle-même en parti, 
taillé, tranché, etc. 

IV. Escrime (V. Escrime), 

COUPÉ (Jean-Marie-Louis), littérateur français, né à 
Péronne (Somme) le 48 oct. 4732, mort à Paris le 40 mai 
4848. Après son ordination, il fut précepteur d'un prince 
de la maison de Lorraine, professeur de rhétorique de 
l'Université, en remplacement de l'abbé Batteux, et garde 
des titres et généalogies delà Bibliothèque royale jusqu'au 
40 août 4792. Privé de ses places par la Révolution, l'abbé 
Coupé fut recueilli par la princesse de Vaudemont. Il a 
donné un dictionnaire des mœurs (4773, in-8) ; des 
traductions longtemps estimées du Jhédtre de Sénèque le 
Tragique (4796, 2 voL in-8), de V Eloge de l'âme, de 
Daniel Heinsius (4796, in-8), de la Batrachomyomachie, 
de divers poèmes grecs (4796), et pubhé trois recueils de 
morceaux choisis, tant originaux que traduits, dont la 
vogue a été considérable : Variétés littéraires (4786- 
4788, 8 vol. in-8); Spicilège de littérature ancienne 
et moderne (4804, 2 vol. in-8), et surtout les Soirées 
littéraires (4795-4800, 20 vol. in-8). M. Tx. 

COUPÉ (Jacques-Michel), ecclésiastique et homme poli- 
tique français, hé à Péronne en 4737, mort à Paris le 44 
mai 4809. Il était curé à Sermaise (Oise) et président du 
district de Noyon, quand les électeurs de ce département 
l'envoyèrent siéger à l'Assemblée législative, puis à la 
Convention nationale. Dans le procès de Louis XVI, il 
opina contre l'appel au peuple, pour la mort, contre le 
sursis. Le 19 ocL 4793, il fut envoyé en mission à l'armée 
des Ardennes. Le 47 brumaire an II, il renonça à sa pension 
de curé; mais, quoi qu'il siégeât à la Montagne, il fut, le 
22 frimaire suivant, exclu du club des Jacobins, dont il avait 
été président, parce qu'il ne paraissait pas favorable au 
mariage des prêtres. Il fit partie du conseil des Cinq-Cents 
jusqu'en 4797, puis il rentra dans la vie privée. E.-A. A. 

COUPÉ DE Sâinï-Donat (Alexandre-Auguste-Magloire, 
chevalier), littérateur français, né à Péronne le 5 sept. 



4775, mort après 4 836. Sous-lieutenant d'artillerie en 4 792, 
il fut dénoncé comme contre-révolutionnaire et emprisonné. 
Délivré par le 9 thermidor, il rentra dans l'armée, fit l'ex- 
pédition d'Egypte et la campagne de Russie. Il était alors 
chef de bataillon. Il fut blessé à la bataille de Hanau et fait 
prisonnier parles Bavarois. En 1844, il se rallia aux Bour- 
bons, mais il n'obtint que la croix de Saint-Louis (4819). 
Membre de l'Athénée, de la Société académique de Paris, 
de l'Académie des Arcades, il a publié : Allons planter 
des choux (Paris, 4844, in-8), satire; Fables, poésies di- 
verses et quelques chansons (Paris, 4848, in-42 ; 3® éd. 
sous le titre à'Eecatomijthium, 1825, in-42) ; Mémoires 
pour servir à l'histoire de Charles-Jean, roi de Suède 
et de 'Norvège (Paris, 1820, 2 vol. in-42); l'Ingrat ou 
r Intendant enrichi (4824, in-8), comédie en cinq actes 
en vers. Un des propriétaires du Mercure, Coupé a donné 
beaucoup d'articles à ce recueil et à différents autres jour- 
naux. 

COU PEAU (Blas,). Pointe de rocher ou de montagne. 
On représente une montagne en assenjblant plusieurs pièces 
triangulaires un peu arrondies, placées les unes sur les 
autres, 2, 4 ou 3,2, 4, ce qui permet de blasonner par 
exemple : d'argent, à la montagne de trois coupeaux de 
sinople. 

COUPÉE (Marine). Entaille pratiquée dans la muraille 
du navire et par laquelle le pont communique avec l'esca- 
lier extérieur.— On appelle poulie coupée une forte galoche 
à estrope en fer. Une partie de cette estrope est à char- 
nière, afin que l'on puisse la fermer après y avoir intro- 
duit un cordage. 

COUPELLATION. D'une façon générale, on donne ce 
nom aux opérations qui ont pour but'de séparer l'or et l'ar- 
gent des métaux qui les accompagnent (plomb, cuivre, etc.) 
(V. Argent et Plomb). On désigne plus particulièrement sous 
le nom de coupellation l'opération qui a pour objet la déter- 
mination, le dosage par voie sèche de l'or et de l'argent alhés 
à d'autres métaux. L'appareil employé est le fourneau à 
moufle ou à coupelle qui consiste en un four-réverbère en 
terre formé de trois parties maintenues par des cercles en 
fer. Dans la partie centrale est encastré un demi-cylindre 
creux en argile réfractaire, soutenu par des rainures prati- 
quées dans le massif du four, dont la partie postérieure est 
fermée, et la partie antérieure ouverte. Ce demi-cylindre C 
forme le moufle dans lequel sont percées deux fentes laté- 
rales. Devant la bouche du moufle est un large rebord en 
terre K sur lequel est placée une porte en terre mobile. 
C'est sur ce rebord que les coupelles sont placées, avant 
l'essai, pour les chauffer graduellement ; après l'essai, pour 
les refroidir lentement. E est un registre servant à régler 
le tirage; H, la porte déchargement; I, la porte du foyer. 
La partie EE constitue le cendrier. Les accessoires se 
composent d'un ringard droit et d'un ringard courbe, tous 
deux en fer ; d'une pince à mâchoires, d'une pince élastique 
à branches demi-circulaires, d'une pince forte en fer; 
d'une cuillère et d'une main en tôle. Pour ne pas faire 
tomber de charbon sur la tablette A, il est préférable de 
disposer les portes de chargement B et du cendrier C du 
côté opposé à l'ouverture du moufle. Les grands four- 
neaux comme celui de la Monnaie de Paris comportent deux 
moufles placés côte à côte sur le même plan horizontal. 
La grille est formée de barreaux de fer mobiles. Le coke 
est généralement employé comme combustible ; il est pré- 
férable de lui substituer le charbon des cornues qui pos- 
sède le double davantage de donner une température plus 
élevée et beaucoup moins de cendres. Certains fours à cou- 
pelle, comme le four Perrot, sont chauffés au gaz. Les cou- 
pelles sont souvent formées de marne additionnée de cendres 
de bois lavées et d'os calcinés finement pulvérisés. Elles 
sont moulées dans un tronc de cône en laiton, appelé nonne ^ 
donnant la forme extérieure de la coupelle; la cavité inté- 
rieure est produite par un pilon de forme spéciale ou 
moine. Ces coupelles coûtent moins cher, mais elles sont 
inférieures à celles formées d'os calcinés purs, elles condui- 



63 - 



CÔUPELLATION 



THre 
du lingot 


Quantité 
(le cuivre 


ifiOO 





950 


50 


900 


100 


800 


200 


700 


300 


600 


400 


500 à 


500 à 



sent moins bien la chaleur, et, par suite, sont plus sujettes 
à se gercer. Une bonne coupelle doit être lisse, s'effriter 
sans se fendre, supporter la pression des pinces, absorber 
son poids d'oxyde de plomb et ne pas se gercer au feu. 
La coupellation doit toujours être précédée d'un essai 
approximatif. Un essayeur quelque peu exercé se rend 
facilement compte du titre d'un lingot d'après la résistance 
à la lime, la couleur que prend la surface limée à froid et 
sous l'influence de la chaleur. Cette appréciation est indis- 
pensable pour juger de la quantité de plomb à ajouter à 
î'aUiage ; elle doit être d'autant plus forte que le titre est 
plus bas. Le tableau ci-dessous, établi par Darcet, indique 
ces proportions. 

Plomb Proportiott du plomb 

nécessaire par rapport au cuivre 

3/iO » 

3 60 à i 

7 70 ai 

40 50 à 1 

12 40 à 1 

14 35 à 1 

500 à 1,000 16-17 32-16 kl 

Le titre approximatif une fois établi, on pèse 1 gr. d'al- 
liage, s'il contient plus de 800 d'argent, et 0s''500 si sa 
teneur en métal fin est plus faible, pour éviter l'addition 
d'une trop grande quantité de plomb. Cette prise d'essai, 
entourée de papier ou d'une lame de plomb dont le poids 
doit être retranché du plomb total, est introduite dans la 
coupelle contenant ce métal en fusion, dès qu'il se dé- 
couvre, c.-à-d. dès que sa surface devient brillante. La 
porte est laissée entr'ouverte pour permettre : 1° la circu- 
lation de l'air ; 2° l'observation de la coupelle. Celle-ci se 
couvre immédiatement de points brillants qui courent à la 
surface du bain. Ces points augmentent peu à peu jusqu'à 
le couvrir complètement ; on rapproche alors la coupelle 
de l'entrée jusqu'à la fin. Les phénomènes suivants qui se 
produisent successivement permettent de suivre la marche 
de l'opération. Les points brillants diminuent, puis dispa- 
raissent; le bouton devient terne et se couvre de bandes 
ayant les couleurs de i'arc-en-ciel (iris) . Il redevient terne 
et se voile ; il faut à ce moment repousser la coupelle et 
fermer la porte pour permettre aux dernières traces de 
lithargede se liquéfier. L'éclair se produit presque aussitôt, 
par suite de la disparition du plomb, qui, laissant à nu le 
culot d'argent, le fait apparaître brillant. 

C'est le moment délicat de l'opération. L'oxygène dissous 
par l'argent, se dégageant par suite de la solidification de 
ce dernier, entraîne des parcelles d'argent lorsque ce déga- 
gement est trop brusque. Ce phénomène est connu sous le 
nom de rochage. On peut l'éviter ou tout au moins 
l'atténuer en augmentant la chaleur au moment de l'éclair, 
de façon que la solidification du métal ne soit pas instan- 
tanée. On reconnaît que l'essai est bien passé lorsque le 
bouton obtenu est blanc clair, bien arrondi sans être 
sphérique, cristallisé en dessous et se détachant facilement 
de la coupelle après refroidissement. Pendant la liquation, 
le réglage de la température a une grande importance. La 
façon dont se comportent les fumées de la coupelle donne 
des indications suffisantes. Voici ce que dit Vauquelin à 
ce sujet : « On reconnaît que la chaleur est trop forte 
lorsqu'on ne voit pas serpenter la fumée dans l'intérieur 
du moufle ou que cette fumée s'élève trop rapidement à 
la voûte ; l'essai n'a point été assez chaud quand la fumée 
paraît pesante, obscure, que son mouvement est lent et que 
sa marche se dirige presque parallèlement au fond du 
moufle. » On peut augmenter la chaleur en fermant la 
porte ou en reculant les coupelles ; on peut la diminuer en 
ouvrant la porte, en avançant les coupelles ou en met- 
tant des coupelles froides à l'entrée du four. Quel que soit 
le soin apporté à cette opération, il y a toujours une petite 
quantité d'argent perdue, par volatilisation ou par entraîne- 
ment dans la coupelle, quantité d'autant plus grande que 
le titre est plus bas. Cette perte oblige à corriger le résul- 



tat obtenu* Cette correction peut se faire de deux manières : 
1** en faisant parallèlement Fessai d'un alliage au même 
titre ou à un titre voisin de l'alliage essayé ; 2° en se ser- 
vant de tables de correction. Ce dernier système est le plus 
suivi. 



TABLEAU I)E COMPENSATION ADOPTÉ 


À LA MONNAIE 


Titre exact 


Titre trouvé 


Quantités à a 


1,000 


998,97 


1,03 


975 


973,24 


1,76 


950 


947,50 


2,50 


900 


896 


4 


850 


845,85 


4,15 


800 


795,70 


4,30 


750 


745,68 


4,52 


700 


695,25 


4,75 


650 


645,29 


4,71 


600 


595,32 


4,68 


550 


545,32 


4,68 


500 


495,32 


4,61 


450 


445,69 


4,31 


400 


396,05 


3,95 


350 


346,73 


3,27 


300 


297,40 


2,60 


250 


247,44 


2,56 


200 


197,47 


2,53 


150 


148,30 


1,70 


100 


99,12 


0,88 


50 


49,56 


0,44 



Coupellation de Vor, Pour séparer complètement le 
cuivre on est obhgé d'ajouter de l'argent dans la proportion 
de 3 de ce dernier métal pour 1 d'or, d'où vient le nom 
d'inquartation donné à cet essai. On passe à la coupelle 
le mélange d'alliage aurifère et d'argent en présence de 
plomb, qui enlève presque tout le cuivre. Comme dans la 
coupellation de l'argent, un essai approximatif est fait 
préalablement pour déterminer les quantités d'argent et de 
plomb à employer. 

PLOMB À EMPLOYER POUR UN ALLIAGE DE TITRE DÉTERMINÉ 



Titres 
de i'or 

1,000 
900 
800 
700 
600 
500 
400 
300 
200 
100 



Cuivre 
allié à For 

» 

100 
200 
300 
400 
500 
600 
700 
800 
900 



Plomb 
nécessaire 

i/2 gr. 
10 p. OU 5i 
16 — 

22 ~- 
24 — 
26 — 
34 - 
34 - 
34 — 
34 - 



5 
11 
12 
13 
17 
17 
M 
17 



Rapport entre 
le cuivre et le plomb 

'. 100,000 à 1 
80,000 à 1 
79,333 à 1 
60,000 à 1 
52,600 à 1 
56,666 à 1 
48,571 à 1 
42,500 à 1 
37,777 à \ 



On pèse Os^oOO d'alliage. Supposons qu'il soit au 



0,900_X 3 

2 



: 1,350 



titre de 0,900, il faudra employer : 

d'argent et 5 gr. de plomb. Le plomb est mis dans la cou- 
pelle ; lorsqu'il est découvert, on introduit la prise d'essai 
qu'on laisse au four jusqu'à la disparition de Fi ris. L'essai 
est retiré sans précaution puisqu'il ne roche pas. On enlève 
le bouton, on le serre avec une pince, on le frotte avec une 
brosse et on l'aplatit sur un tas d'acier. On le lamine, 
puis on le recuit. Le disque est plissé en cornet et introduit 
dans un matras d'essayeur avec 50 centigr. d'acide nitrique 
à 22'' B. On chauffe jusqu'à ce que les vapeurs jaunes aient 
cessé de se dégager. On décante cette liqueur, qu'on appelle 
départ^ en ayant soin que le cornet devenu noir ne glisse 
pas. On introduit alors dans le matras bien égoutté 
20 centigr. d'acide nitrique à 32*» B. qui enlève tout 
l'argent qui peut rester, après une ébuHition de 10 minutes; 
on décante de nouveau et on verse la même quantité d'acide 
nitrique que l'on remplace enfin par de l'eau. Le matras est 
retourné avec lenteur dans un petit creuset en terre plein 



COUPËLLATION - COUPERIN - 64 — 

d'eau dans lequelle tombe la spirale d'or, puis relevé d'un 
coup sec pour éviter de briser la feuille métallique. L'eau 
contenue dans le creuset est décantée ; ce creuset est 
tenu devant le moufle jusqu'à ce qu'il soit sec, puis porté 




Fig. 1. — A, four; B, grille à barreaux mobile; C, moufle; 
D, coupelle; E, registre pour le tirage; F, tablette en 
fer sur laquelle on place le casier contenant les cou- 
pelles; G, talonnet; Jf, porte de charge du combustible. 

ensuite à l'intérieur où il est chauffé au rouge. Ces opé- 
rations constituent la reprise et l'on appelle cornet de re- 
tour l'or purifié et recuit. Ce cornet de retour est pesé 
très exactement. Il n'est pas chimiquement pur, il contient 




Fig. 2. — Moufle. 



Fig. 3. — Casier 



une petite quantité d'argent dont le poids sert à compenser 
les pertes produites par volatilisation et entraînement dans 
la coupelle. 

Alliages d'or, d'argent et de cuivre. Ces alliages peu- 
vent être divisés en deux catégories : i° l'or tenant argent 
et l'argent tenant or ou do7^é. Les premiers sont d'abord 
traités pour le dosage de l'or seul d'après les principes et 
procédés exposés précédemment ; un second essai passé à la 
coupelle avec du plomb seul donne le poids d'argent et 
d'or. En retranchant le premier résultat obtenu du second, 
on obtient le poids de l'argent. Ce dosage est peu exact; il 
sera toujours préférable d'effectuer l'essai par voie humide. 
Dans les lingots d'argent tenant or, quand les proportions 
d'or et d'argent sont à peu près comme 1 à 5, l'essai 
est passé à la coupelle avec le plomb nécessaire. Le bouton 
est pesé, traité par l'acide nitrique pour dissoudre l'argent, 
et l'or recuit est pesé à son tour. La différence entre le poids 



de l'or et du bouton total donne le poids de l'argent. Quand 
la proportion d'argent pour 1 d'or est supérieure à 3, 
For obtenu est en poudre, état qui rend sa manipulation 
bien plus difficile, mais avec un peu d'habileté et d'habitude 
le dosage est aussi exact. On trouve aujourd'hui dans le 
commerce des alliages de platine et or, platine et argent, 
platine, or et argent, dont le dosage se fait aussi par cou- 
pellation. Les différences introduites pour la séparation de 




Fig. 4. — Fourneau à moufle. 

ces métaux sont : 4*^ l'addition d'une proportion différente 
d'argent, S** l'emploi de l'acide sulfurique comme dissolvant. 
Les détails de ces procédés se trouvent tout au long dans 
les ouvrages indiqués dans la bibliographie. Ch. Girard. 

BiBL. : Vauquelin, Manuel de Vessayeiir, coll. Roret. — 
RivoT, Docbnasie. — Riche, l'Art de Vessayeur. — Bal- 
hïisG^ Manuel de Vart del'essayeur^ trad. par M. L. Gautier. 

COUPELLE d'obturateur (Artill.) (V. Obturateur). 

COU pelle-Neuve. Com. du dép. du Pas-de-Calais, 
arr. de Montreuil-sur-Mer, cant. de Fruges; 212 hab. 

COU PELLE- Vieille. Com. du dép. du Pas-de-Calais, 
arr. de Montreuil-sur-Mer, cant. de Fruges ; 738 hab. 

COUPER (Thomas) (V. Cooper). 

COUPERIN (Les). Famille de musiciens français, origi- 
naire de Chaumes en Brie, et dont les membres se rendi- 
rent célèbres par leur talent pendant plus d'un siècle. 
Louis Couperin, né en 1630, François, son cadet, et 
Charles, le plus jeune des trois frères, né en 1638, étaient 
fils d'un aubergiste de Chaumes ; le hasard les fit con- 
naître à Champion de Chambonniêres (V. ce nom) qui 
les emmena à Paris et se fit leur professeur ; tous trois 
furent successivement organistes de l'église Saint-Gervais, 
et les deux aînés furent attachés au service de la cour ; le 
second, François, se montre excellent musicien dans un 
recueil manuscrit de pièces d'orgue, qui est à la Bibliothèque 
nationale. — Louise Couperin, fille de François, née vers 
1676, morte en 1728, servit pendant trente ans dans la 
musique du roi, comme cantatrice ; elle était en même temps 
habile claveciniste. — Sa sœur, Marie-Anne ^ Couperin, 
née en 1677, se fit religieuse et devint organiste de son 
couvent.— Leur frère, Nicolas Couperin, troisième enfant 
de François Couperin, né en 1680, mort en 1748, fut 
musicien du comte de Toulouse et tint à son tour l'orgue 
de Saint-Gervais. — François II Couperin, dit le Grand 
Couperin, fils de Charles, né à Paris le 10 nov. 1668, 
mort en 1733, portait dès 1690 le titre d'organiste de 



- m - 



COUPERIN — COUPLE 



Samt-(^ervais ; en 1705, il s'intitule « chevalier de l'ordre 
de Latran, organiste de la chapelle du roi et professeur 
de Mgr le duc de Bourgogne ». Il avait obtenu l'orgue de 
la chapelle royale en 1693, à la suite d'un concours dont 
Louis XIV lui-même s'était constitué le juge, et avait ainsi 
succédé à son maître, l'organiste Jacques Thomelin ; il fut 
aussi claveciniste de la chambre du roi, et céda cet emploi 
en 1730 à sa fille Antoinette-Marguerite Couperin. On 
peut dire de François Couperin qu'il est une des gloires de 
la musique française. Ses œuvres publiées sont : Pièces de 
clavecin dédiées a Madame Victoire de France (in-fol., 
s. d.) ; VArt de toucher le clavecin (1716, 2^ éd. 1717); 
Concerts royaux (4722) ; Premier^ second, troisième, 
quatrième Livres de pièces de clavecin (1713 à 1730) ; 
Concert instrumental sous le titre d'apothéose, corn- 
'posé à la mémoire immortelle de V incomparable M. de 
Lully (1725) ; Quatre Versets d'mi motet composé et 
chanté par ordre du roy (1703) ; Sept Versets du 
motet composé de l'ordre du roy (4704) ; les Nations, 
sonades et suites desimphonies en trio (1726). Des édi- 
tions nouvelles des pièces de clavecin de Couperin ont été 
publiées par « un artiste antiquaire » en 1741, par 
Farrenc dans son Trésor des pianistes, par Brahms 
en Allemagne. Plusieurs de ces pièces, restées clas- 
siques, ont été fréqueminent réimprimées dans des mé- 
thodes, recueils et répertoires divers de musique de piano ; 
on y trouve, avec un coloris plein de charme naïf et de 
déhcatesse, un talent profond d'invention et de composition. 
— Armand-Louis Couperin, fils de Nicolas et petit-fils 
de François I®' Couperin, naquit à Paris le 25 févr. 1725 
et y mourut lé 2 ou 3 févr. 1789 ; organiste de plusieurs 
églises, il fut souvent choisi pour la réception de nouvelles 
orgues, à cause de ses connaissances en facture ; il épousa 
Elisabeth-Antoinette Blanchet, fille d'un facteur de clave- 
cins, elle-même organiste et pianiste d'un grand talent, née 
en 1728, morte en 1815. — Leur fille, Antoinette-An- 
gélique, m^ en 1754, fut bonne cantatrice et virtuose sur 
l'orgue et la harpe. — Pierre-Louis Couperin, né le 
14 mars 1755, mort le 10 oct. 1789, fut organiste de 
la chapelle du roi à Versailles, et de plusieurs églises de 
Paris. — Enfin François-Gervais Couperin, son frère, 
troisième enfant d'Armand-Louis et dernier représentant de 
cette lignée d'artistes, fut organiste de la chapelle du roi 
et de diverses églises, expert dans la construction des 
orgues et compositeur fécond ; mais en héritant du nom 
illustre des Couperin, qu'il fit vivre jusqu'au commence- 
ment du XIX® siècle, il n'en sut pas maintenir l'ancien 
éclat. M. Brenet. 

BiBL. : J AL, Dictionnaire critique de biographie et d'his- 
toire. — Lhuillier, Notes sur quelques musiciens dans la 
Bne ; Meaux, 1870, in-8. — Weckerltn, Cafa^og'Me de la 
réserve du Conservatoire; Paris, 1886, in-8. 

COUPEROSE. I. Chimie et Thérapeutique (V. Cuivre). 

IL Pathologie (V. Acné, 1. 1, p. 420, col. 1). 

COUPESARTE. Com. du dép. du Calvados, arr. de 
Lisieux, cant. de Mézidon; 118 hab. 

COUPETZ. Com. du dép. de la Marne, arr. de Châlons- 
sur-Marne, cant. d'Ecury-sur-Coole ; d08 hab. 

COUPEUR (Techn.) (V. Confection). 

COUPEUR d'eau (Ornith.). Nom vulgaire du genre 
Rhynchops qu'on appelle aussi Bec-en-Ciseaux (V. ce mot). 

COUPEUSE (Techn.). Dans la filature des lins fins on 
coupe souvent la filasse en trois parties qui correspondent 
l'une aux pieds des tiges, l'autre aux têtes et la troisième 
à la partie moyenne appelée cœur. Les fibres provenant de 
cette dernière partie sont plus régulières et plus homogènes, 
et permettent d'obtenir des fils plus réguliers et plus beaux. 
Les deux autres parties, provenant des pieds et des tètes, 
sont tantôt traitées séparément, tantôt mélangées pour pro- 
duire des fils un peu inférieurs aux autres comme régu- 
larité et comme finesse. La section des poignées de filasse 
se fait au moyen de machines dites coupeuses, et composées 
de deux paires de rouleaux qui tiennent fortement le lin, 
grande encyclopédie. — XIII. 



pendant qu'un plateau armé de dents non tranchantes et 
animé d'un mouvement de rotation rapide brise les fibres 
entre ces rouleaux qui les maintiennent tendues. Le coupage 
est la première des opérations industrielles de la filature. 

COUPÉVILLE. Com. du dép. de la Marne, arr. de 
Châlons-sur-Marne, cant. de Marson ; 274 hab. 

COUPHOLITHE. Ce mot semble avoir été appliqué au 
talc et à des silicates tendres, analogues. Le nom de cou- 
pholithe est resté parmi ceux des pierres usitées par les 
orfèvres. Il est aussi appliqué en minéralogie à une variété 
de prehnite (siHcate d'alumine et de chaux ferrugineux et 
hydraté), qui se présente tantôt en lames minces blanches, 
analogues au sulfate de chaux ; tantôt en masses fibreuses 
un peu verdâtres. Il semble d'ailleurs que ce soit là un vieux 
nom, conservé par les modernes à l'une des substances 
auxquelles il s'appliquait autrefois. 

COUPIAC. Com. du dép. de l'Aveyron, arr. de Saint- 
Affrique, cant. de Saint-Sernin ; ^,532 hab. 

COU PIN de la Couperie (Marie-Philippe), peintre fran- 
çais, né à Versailles en 1773, mort à Versailles en 1851. 
Elève de Girodet, cet artiste fut attaché à la manufacture 
de Sèvres et nommé successivement professeur de dessin 
au collège militaire de La Flèche (1815) et à l'école mili- 
taire de Saint-Cyr, fonctions qu'il conserva jusqu'en d844. 
Parmi les moins insipides de ses productions sur porce- 
laine, au pastel et à l'huile, on peut citer : Mademoiselle 
d'Arjuson implorant la bonté divine pour le rétablis-^ 
sèment de sa mère (S, 1814; à la cathédrale d'Eu); 
Conjuration entre le roi d'Espagne Marsile et le 
traître Ganelon contre V armée de Charlemagne, pastel 
(S. 1833). On a encore de lui: le Baptême de Clovis et 
Saint Charlemagne, grisailles (à la chapelle des Pages, 
à Versailles) , et six grands Camées peints sur porcelaine, 
pour la décoration d'une colonne dédiée à la Paix, dans 
l'ancien palais des Tuileries. Ad. T. 

BiBL.: A.-F. BoissELiER, Notice sur M.-P. Coupin; 
Versailles, 1852, in-8. 

COUPLE. I. Géométrie et mécanique.— On appelle, 
en général, couple de droites l'ensemble de deux droites pa- 
rallèles, orientées en sens inverse et de longueurs égales. La 
distance des deux droites en question est ce que l'on appelle 
le bras de levier du couple. Le moment d'un couple est le 
produit de la longueur de l'une de ses droites par son bras 
de levier, il est égal à la somme des moments de ses droites 
par rapport à un point quelconque de leur plan. L'axe d'un 
couple est une droite dont la longueur est numériquement 
égale au moment du couple, qui est perpendiculaire à ce 
plan et qui est orientée de telle sorte qu'une personne, 
ayant ses pieds à l'origine de cette droite et sa tète à son 
extrémité, voie les segments du couple orientés de gauche à 
droite (on peut faire la convention contraire), quand elle 
place ses pieds au milieu des bras du levier. La projection de 
l'axe d'un couple sur un axe orienté est égale à la somme 
des moments des segments du couple par rapport à cet axe 
(V. Moment). 

Couple de rotations (V. Rotation). 

Couple de forces. — Lorsque les segments d'un couple 
représentent des forces, le couple est un couple de forces. 
Un couple de forces appliqué à un corps solide n'a pas de 
résultante, son effet n'est changé ni quand on le transporte 
parallèlement à lui-même, ni quand on le déplace dans son 
plan ; en général, deux couples de forces de même axe sont 
absolument équivalents ; l'effet d'un couple sur un corps 
solide pris au repos est de le faire tourner autour de son 
centre de gravité ; les lois de ce mouvement ont été déter- 
minées en partie par Euler, Poinsot, et complètement par 
Jacobi, dans son mémoire sur la rotation des corps solides, 
Mathematische Werke, Les couples se composent comme 
les droites qui leur servent d'axes ; ainsi plusieurs couples 
peuvent être remplacés par un seul dont l'axe est la résul- 
tante des axes de ces couples. 

Couple de courbes. — Trois connexes (V. ce mot) ont 
en commun tous les éléments qui appartiennent à deux 

5 



COUPLE - m 

courbes, lesquelles sont telles qu'à un point de l'une cor- 
respond une tangente de l'autre et vice versa ; ces deux 
courbes sont ce que Clebsch appelle un couple de courbes. 

IL Physique. — Couple voltaïque. — Le couple yoI- 
taïque proprement dit consiste dans la réunion d'une ron- 
delle de zinc soudée à une rondelle de cuivre ; c'est ce couple 
imaginé et expérimenté par Volta qui a donné naissance aux 
innombrables piles électriques que nous avons maintenant 
à notre disposition. îl réunissait un certain nombre de dis- 
ques de ce genre en les séparant par des lames de drap 
imbibées d'eau acidulée, le zinc de tous ces doubles disques 
étant toujours tourné du même côté, tous vers le haut par 
exemple, et il obtenait une pile de couples produisant des 
courants suffisamment intenses pour donner de légères com- 
motions. Sans reproduire ici la théorie émise par Volta dans 
sa célèbre dispute avec Galvani (V. Galvanisme) , nous dirons 
qu'il considérait l'attaque de l'eau acidulée par le zinc comme 
la source du courant électrique obtenu ; le cuivre agissait 
seulement comme conducteur, recueillait et transportait 
rélectï*icité amenée par le zinc ; bien que cette théorie ne 
soit pas absolument exacte, elle permet de se rendre suffi- 
samment compte de la production de l'électricité dans les 
couples hydro-électriques. Le couple de Volta se composait 
donc essentiellement de deux métaux et d'un liquide 
susceptible d'être attaqué par l'un des deux ; cette dispo- 
sition se retrouve presque partout. Mais la pile ainsi cons- 
tituée ne restait pas constante ; elle s'affaiblissait rapide- 
ment ; le poids des rondelles supérieures pressait les ronds 
de drap, en faisait écouler le liquide, ce qui avait un double 
inconvénient ; la réserve d'eau acidulée n'était plus suffi- 
sante pour obtenir une action suffisamment prolongée, et, 
en outre, l'eau acidulée qui coulait le long de la pile 
mettait ses divers couples en communication dérivée : une 
partie de l'électricité des deux pôles se recombinait par ce 
chemin et le courant qui traversait les rhéophor es attachées 
aux pôles s'en trouvait d'autant diminué. La première 
modification apportée au couple de Volta consista à placer 
le liquide acidulé dans des vases isolés dans lesquels on 
plongeait en partie les deux métaux, cuivre et zinc, qui 
constituaient les pôles de ce couple. On a appelé par exten- 
sion couples voltaïques tous les couples hydro-électriques, 
c.-à-d. tous les systèmes formés de deux corps plongeant 
dans un ou plusieurs liquides et jouissant de la propriété 
du couple de Volta; mais comme le nom, impropre d'ail- 
leurs, de pile est beaucoup plus usité que celui de couple, 
c'est à ce mot que nous renverrons le lecteur pour la des- 
cription des systèmes les plus employés. 

Couples secondaires. — Quand on fait passer un cou- 
rant électrique dans un sel métallique dissous en prenant 
comme électrodes des lames du métal qui entre dans la 
constitution du sel, on trouve que si on réunit ensuite ces 
lames par l'intermédiaire d'un galvanomètre, après avoir 
supprimé la pile, il se produit un courant de sens contraire 
au premier. Si auparavant le système n'a pas été parcouru 
par un courant, il ne fait pas dévier le galvanomètre. De 
même si on décompose l'eau dans un voltamètre et que, en 
levant la pile, on mette en communication avec un galvano- 
mètre les deux bornes du voltamètre, on trouve qu'il se 
produit un courant; il en est de même si l'on remplace 
l'eau par une solution d'un sel alcalin. Volta a expliqué ce 
phénomène en disant que, pendant le passage du courant, il 
y avait dans le cas d'un sel métallique transport de la base 
au pôle négatif de l'acide, au pôle positif et qu'en mettant 
ensuite les électrodes en communication avec un galvano- 
mètre le courant que l'on observait provenait de ce que les 
deux électrodes n'étaient pas entourées de couches liquides 
identiques, l'une étant plus acide que l'autre ; cette diffé- 
rence produisait un couple électromoteur. Cette expMca- 
tion a été vérifiée par Marianini. Dans le cas de la décom- 
position de l'eau, le courant est produit parce que l'une 
des électrodes est chargée d'hydrogène, tandis que l'autre 
est chargée d'oxygène. On appelle courant secondaire 
les courants qui sont ainsi produits par les électrodes pola- 



risées ; c'est l'épithète que l'on donne aux électrodes qui 
se trouvent ainsi modifiées par le passage du premier cou- 
rant. On appelle couple secondaire un élément se compo-^ 
sant d'un liquide et de deux électrodes polarisées. La pre- 
mière des piles secondaires a été imaginée par Ritter, qui 
en a d'aiUeurs donné une théorie fausse. La pile de Ritter 
se composait d'une série de lames de cuivre séparées de 
morceaux de drap imprégnés de sulfate de potasse. En fai- 
sant passer un courant électrique à travers le système, 
chaque couche de sulfate de potasse étant décomposée, 
l'acide sulkirique allait d'un côté, la potasse de l'autre. 
Ensuite, quand on supprimait le courant, tous ces disques, 
dont Tune des faces était recouverte de potasse et dont 
l'autre était recouverte d'acide sulfurique, donnaient un 
courant secondaire produit par le recombinaison de la 
potasse et de l'acide sulfurique. Mais cette pile n'était pas 
susceptible de rendre de grands services et les piles secon- 
daires ont été peu employées jusqu'au moment où Planté 
a trouvé des éléments véritablement pratiques. Les accu- 
mulateurs électriques, si répandus maintenant, ne sont 
autres que des couples secondaires, et la plupart ne sont 
mèine que des couples Planté assez peu modifiés. Planté 
avait remarqué en 1859 que, lorsqu'on décompose de l'eau 
en prenant pour électrodes des lames de plomb, il ne se 
dégage pas d'oxygène au pôle positif, mais il se forme du 
bioxyde de plomb. En interrompant ensuite le courant, 
l'électrode de plomb donne avec celle qui s'est ainsi recou- 
verte de bioxyde, un courant énergique, mais de durée 
assez faible, et le bioxyde disparaît en laissant du plomb 
métallique spongieux. En répétant plusieurs fois l'expé- 
rience, on constate que le couple s'améliore à chaque fois. 
Il a besoin d'être formé. Pour accélérer cette formation, 
on a l'habitude de faire l'expérience un certain nombre de 
fois en changeant toujours le sens du courant. Les deux 
électrodes se transforment ainsi, deviennent spongieuses, 
et par suite présentent une surface d'action plus considé- 
rable. Une fois le couple formé, on le cliarge toujours dans 
le même sens. Planté donne à ses couples secondaires U 
disposition suivante : il prend deux lames de plomb sépa- 
rées par des bandes de caoutchouc et les enroule l'une sur 
l'autre, de façon qu'elles n'occupent qu'un petit volume 
tout en présentant une grande surface. L'ensemble est 
ensuite plongé dans un vase contenant de l'eau acidulée et 
les deux lames do plomb communiquent par une extrémité 
avec des bornes où Ton attache des rhéophores . 

La propriété fondamentale des couples secondaires est de 
donner un courant d'intensité plus considérable que celle 
de la pile qui Fa chargé, mais d'une durée moindre. On 
assemble en général les couples secondaires sur un support 
à commutateur qui permet, par une simple rotation, de 
relier en tension ou en surface les divers couples. Pour 
charger la pile on les réunit en surface et pour la déchar- 
ger on les réunit en tension. Avec une batterie de 20 couples 
charges pendant plusieurs heures en surface, à l'aide de 
quelques éléments Bunsen, on obtient en les réunissant en 
tension un courant qui équivaut au commencement à celui 
de 60 éléments Bunsen. En réunissant 800 couples secon- 
daires, Planté a obtenu des courants comme en pourraient 
produire 1,200 éléments Bunsen. Avec des piles de cette 
puissance, on peut charger des condensateurs et produire 
des effets très remarquables tels que ceux de la gravure 
sur verre (V. Courant électrique, Effet mécanique). 

Couples thermo-électriques. — On désigne sous ce nom 
les éléments composés de deux métaux soudés qui per- 
mettent d'obtenir les courants électriques par l'inégal 
échauffement des soudures. L'intensité de ces courants 
dépend de l'élévation de température de la soudure sur 
celle du reste du circuit et de la nature des deux métaux 
soudés ; si la soudure a lieu, comme cela a presque tou- 
jours lieu par l'intermédiaire d'un autre corps (soudure des 
plombiers parexemple), on constate que ce corps n'a aucune 
influence. On appelle pouvoir thermo-électrique relatif de 
deux métaux donnés l'intensité du courant qu'ils donnent 



67 - 



COUPLE 



fer 


fer 


fer 


fer 


zinc 


cuivre 


cuivre 


argent 


argent 


étain 


cuivre 


argent 


platine 


cuivre 


platine 


étain 


cuivre 


or 


31,24 


27,96 


26,20 


36,07 


1,0 


8,55 


3,50 


2,00 


0,50 



dans un circuit de résistance constante quand on élève leur 
soudure à 4°, toutes les autres parties du circuit étant à 0°. 
Pour déterminer ces pouvoirs on dispose dans un même 
circuit un grand nombre de divers métaux soudés deux 
à deux et un galvanomètre, on maintient à 0^ toutes les 
soudures, sauf une que l'on porte à une température donnée, 
20^ par exemple; on mesure à Taide du galvanomètre 

Couples I 
Intensités : 

Remarquons que le pouvoir thermo-électrique relatif du 
couple fer-platine (36,07) est sensiblement égal à la somme 
des pouvoirs des couples fer-cuivre et cuivre-platine 
(27, 96 -H 8,55= 36,51) ou à la somme des pouvoirs des 
couples fer-argent, argent-cuivre, cuivre-platine (26,20, 
H- 2,00 -h 8,55=: 36,75). On pourrait multiplier ces 
exemples ; on en conclut que le pouvoir thermo-électrique 
relatif à deux métaux est égal à la différence de deux 
coefficients, chaque métal possédant un coefficient propre. 
Si nous désignons ce coefficient par la lettre initiale de 
chaque métal, les nombres du tableau précédent donneront 
F-E=:: 31,24; F-C = 27,96; F-A=: 26,20, etc., et si 
l'on connaît l'un de ces coefficients, les autres seront déter- 
minés. On peut prendre arbitrairement un de ces nombres 
égal à 1 et au lieu d'avoir un tableau contenant tous les 
groupes possibles des métaux deux à deux avec leur pouvoir 
relatif il suffira U'avoir un tableau contenant le coefficient 
propre à chaque métal et en retranchant les coefficients corres- 
pondants de deux métaux on aura leur pouvoir thermo-élec- 
trique relatif. On peut aussi, avec Becquerel, remarquer que 
les métaux ayant sensiblement le même pouvoir thermo- 
électrique sont ceux qui ont aussi à peu près le même pouvoir 
émissif; si l'on admet alors qu'il y a proportionnaUté entre 
ces deux pouvoirs, on peut déterminer le pouvoir absolu de l'un 
des éléments. Quel que soit le procédé employé, les nombres 
relatifs obtenus dépendent de la résistance du circuit et de 



l'intensité du courant produit ; on refroidit alors cette 
soudure à 0** et l'on en chauffe une autre à 20* et l'on 
mesure la nouvelle intensité du courant. Les nombres 
aussi obtenus sont proportionnels aux pouvoirs thermo- 
électriques des métaux essayés deux à deux. Les nombres 
ci-dessous donnent ces pouvoirs relatifs pour un certain 
nombre de couples. 



Couples 
Nombre de couples ; 



platine 
palladium 

1370 



fer 
cuivre 
1053 



antimoine 
bismuth 

188 



Applications. On voit que le plus fort de ces couples 
vaut à peu près Daniel 0,04. Aussi ces piles sont peu 
intenses, mais comme elles fournissent un courant très 
constant, on les emploie assez souvent dans les recherches 
d'électricité qui exigent la constance du courant. On les 
emploie aussi et avec le plus grand succès pour mesurer 
la différence de température de deux corps : dans l'étude 
de la chaleur rayonnante, c'est une petite pile composée de 
25 barreaux d'antimoine et de 25 barreaux de bismuth 
dont les soudures de rang pair sont toutes d'un même côté, 
pendant que les soudures de rang impair sont de l'autre 
qui permet de mesurer la chaleur émise par rayonnement. 
On a fait des piles thermo-électriques d'un assez grand 
nombre d'éléments pour produire les effets de quelques 
éléments Daniel. Le type de ces piles est la pile Clamond. 
L'un des modèles est formé de lames de fer et de galène 
soudées et disposées suivant les rayons d'un cercle; les 
soudures de rang pair se trouvent à l'extérieur, les autres 
sont du côté du centre où elles forment une sorte de che- 
minée oii brûle un bec de gaz. Le refroidissement des sou- 
dures extérieures est produit par l'air. On a appliqué des 
piles de ce genre à des travaux de galvanoplastie. Elles 
rendent en travail électrique environ 4 *>/© du travail 
calorifique qu'elles absorbent. Elles ne sont économiques 
que si elles peuvent servir en même temps comme poêles. 
M. Clamond a construit une pile de ce genre, chauffée au 
coke, composée de 6,000 éléments ; elle avait une force 
électromotrice de 109 volts. A. Joannis. 

III. Marine. — Nom donné à chacune des côtes du 
navire. Ces côtes sont formées de pièces accouplées, d'où leur 



la température à laquelle a été portée la soudure échauffée ; 
mais on remarque que ces nombres sont proportionnels à 
l'élévation de température de la soudure chauffée (quand 
elle ne dépasse pas 50*^ environ) et à la conductibilité du 
circuit. On ramène alors les nombres observés à ce qu'ils 
seraient pour 1^ et une conductibilité 1 en les divisant par 
l'élévation de température et les multipliant par la résis- 
tance du circuit. 

Pour former une pile thermo-électrique on réunit un 
certain nombre de couples thermo-électriques en soudant 
les uns aux autres les barreaux de diverses natures ; on 
forme ainsi une chaîne alternativement composée de bar- 
reaux de métal M et de barreaux de métal M^. Pour que 
ces couples ajoutent leurs actions, on chauffe à une même 
température toutes les soudures de rang pair tandis qu'on 
laisse à la température ordinaire ou que l'on refroidit avec 
de la glace les soudures de rang impair. La force élec- 
tromotrice de la pile ainsi obtenue est proportionnelle au 
nombre des couples et à la différence des températures 
des soudures de rangs pair et impair tant que celle-ci ne 
dépasse pas 50° environ. Au-dessus elle croît moins vite 
que la température et souvent elle diminue à partir d'un 
certain degré ; elle peut même s'annuler et changer de 
signe. Nous donnons dans le tableau suivant le nombre 
de diverses coupes thermo-électriques qui équivalent, 
comme force électromotrice, à un Daniel. 



ail. antimoine 

et zinc 

maillechort 

97,2 



ail. antimoine 

et cadmium 

maillechort 

44,1 



tellure 



sulfure 
de cuivre .„ , 

maillechort niaillechort 

29,4 24,2 



nom. L'ensemble des couples constitue la membrure. Un 
couple est droit quand ses deux branches sont dans un même 
plan perpendiculaire au plan longitudinal et au plan hori- 
zontal. A l'avant et l'arrière, on emploie des couples dits 
dévoyés, perpendiculaires au plan horizontal, mais obliques 
au longitudinal et normaux à la courbe horizontale du na- 
vire, au point où ils sont placés. Il suit de là que les 
branches des couples de l'avant convergent vers l'avant et 
que celles des couples de l'arrière convergent vers l'arrière. 
Le dernier couple de l'arrière se nomme' Vestain qui fait 
partie de l'arcasse. Le dernier couple de l'avant est le 
coltis. Lorsque les deux plans de pièces de bois qui cons- 
tituent un couple sont juxtaposées, le couple est jointif; 
quand, au contraire, on maintient entre elles un certain 
écartement à l'aide de dés, il est dit à maille. Autrefois, 
il y avait des couples de levée et des couples de remplis- 
sage. Les premiers étaient en nombre suffisant pour bien 
déterminer les formes du navire ; les autres servaient à 
remplir les intervalles qui séparaient les couples de levée. 
On en plaçait ordinairement trois dans chaque intervalle. 
Les couples de remplissage que l'on ne dressait sur la 
quille qu'après les autres n'avaient d'autre but que de 
réduire la maille à une largeur inférieure à 0"^16, cahbre 
du projectile de 30, le plus employé au temps de la marine 
à voiles. Us ne sont plus guère usités que sur les cuirassés 
à murailles pleines. Les couples de levée montaient de la 
quille au plat-bord. Leur disposition, dans les anciens 
vaisseaux, était telle que chacun d'eux formait, par sa face 
avant, la face arrière d'un sabord de la première batterie ; 
1 par sa face arrière, la face avant d'un sabord de la- 



COUPLE — COUPOLE — 6S 

deuxième. Les couples de remplissage, au contraire, étaient 
en général interrompus par les sabords. Celui du milieu, 
que l'on voit en C'R', est le seul qui monte de la quille au 
plat-bord : il forme les faces avant des sabords des pre- 
mière et troisième batteries et la face arrière du sabord de 




CL, couples de levée; C'R', couples de remplissage; 
M, mailles ; S, sabords. 

la deuxième. Les mailles qui restent entre les couples ont 
pour but d'alléger la membrure et d'en assurer la conser- 
vation en permettant à l'air d'y circuler librement. Ces 
mailles s'étendaient autrefois de la quille au plat-bord ; 
mais, plus tard, en vue de la consolidation des fonds, on 
remplit ces derniers jusqu'à l'extrémité des varangues. On 
n'emploie plus aujourd'hui que des couples de levée que 
l'on met en place, soit d'une seule pièce, soit par quartier. 
Ceci fait, on passe à deux opérations de la plus haute im- 
portance : le balancement et le perpignage. Le balance- 
ment a pour but de placer les axes de tous les couples 
dans le plan longitudinal ; le perpignage de diriger le plan 
du couple perpendiculairement au-dessus de la quille et au 
plan diamétral. C'est après avoir balancé et perpigné les 
couples de levée que l'on songeait aux couples de remplis- 
sage. On relevait leurs gabarits sur les lisses elles-mêmes. 
Les couples levés et les lisses en place, le bâtiment est dit 
monté en bois tors. Les couples dévoyés se composent 
de deux parties, réunies à l'aide d'un massif spécial qui 
remplit l'angle de dévoiement quand on le place entre les 
branches dii couple, et que Ton place quelquefois à l'exté- 




rieur do ces branches. La distribution de ces couples n'est 
soumise à aucune règle fixe ; on les place généralement 
do façon que leur pied soit fixé à l'endroit des couples 
droits qu'ils remplacent. Les couples dévoyés exigent des 
pièces de bois de moindre équarrissage que les couples 



droits, ainsi qu'on peut le vérifier par la figure ci-dessus, 
représentant la section par un plan horizontal d'un couple 
droit et d'un couple dévoyé, situés dans la même position 
sur l'arrière d'un navire. On voit qu'il faut une pièce de 
bois infiniment plus forte pour le couple droit ; de plus, le 
chevillage, portant au-dessus des angles, n'aura aucune 
solidité. En général, toute pièce placée aux extrémités de 
la membrure est dite dévoyée parce que ses faces planes 
sont obhques au plan longitudinal. 

Les couples des embarcations se construisent d'une ma- 
nière particuKère. Un modèle d'embarcation étant donné, 
on construit des couples de très fort équarrissage, mais 
exactement semblables, comme force extérieure, à ceux 
du canot en question. Aux endroits indiqués par le tracé, 
on assujettit ces couples sur la quille; puis on applique 
sur leur can le bordé extérieur de l'embarcation et on le 
maintient provisoit-ement au moyen de clous. On place 
alors les couples définitifs, faits à l'aide de pièces de bois 
chauffés à l'étuve. Leur base s'appuie sur la face supé- 
rieure de la quille et leurs branches sur les bordages du 
revêtement extérieur. Il ne reste plus qu'à les clouer défi- 
nitivement à la quille et au bordé. 

Canot à couple. Dans un canot à couple, chaque banc 
porte deux nageurs ; les dames ou toletières sont disposées 
symétriquement au plan longitudinal. 

Amarrage à couple. Ce genre d'amarrage, employé 
par les petits bâtiments, consiste à relier le navire à un 
ponton par des grelins, de manière que tous deux soient 
placés côte à côte ; le ponton est amarré lui-même à quatre 
amarres. Ce système est usité exclusivement à tout autre 
au port de Rochefort. 

Remorqueur à couple. Un navire en remorque un autre 
à couple lorsque le remorqueur et le remorqué sont placés 
bord à bord. On laisse tomber par le travers de grosses 
défenses, et souvent des espars, afin de maintenir entre 
les deux un écartement constant. Les deux navires sont 
d'ailleurs maintenus l'un à l'autre à l'aide de grelins ou 
de fortes aussières. 

IV. Art héraldique. — Couple de chiens. —Figure 
artificielle représentant le petit bâton muni de deux liens, 
dont on se sert pour coupler les chiens de chasse ; les liens 
ne s'expriment en blasonnant que lorsqu'ils sont d'un autre 
émail. 

BiBL. : Marine. — Planté, Comptes rendus de VAcad. 
des se, E, p. 640. 

COUPLET (V. Chanson). 

CD U PO LE. L Architecture. — Voûte en forme de coupe 
renversée, d'où son nom italien cupola, passé en français 
au xvi« siècle. Il ne faut pas confondre la coupole, qui 
désigne surtout une voûte intérieure, avec le dôme (V. ce 
mot), qui ne devrait s'employer que pour désigner Fenve- 
loppe extérieure de cette voûte : ainsi, dans le cas où il 
n'y aurait pas de construction intermédiaire entre la cou- 
pole et le dôme lui servant d'enveloppe, la coupole serait, 
à proprement parler, l'intrados de la voûte dont l'extrados 
formerait le dôme, et cette confusion dans l'emploi des 
deux termes est d'autant plus fâcheuse que les coupoles ne 
sont pas toutes accentuées à l'extérieur par un dôme et 
que les dômes ne recouvrent pas toujours une coupole. — 
L'origine de la coupole est des plus anciennes, surtout sous 
la forme ovoïde, forme sous laquelle elle semble, à l'origine 
de toutes les civihsations, avoir servi aussi bien à couvrir 
les premières habitations que les premiers tombeaux. Les 
huttes qui abritent les peuplades restées encore de nos 
jours presque à l'état sauvage dans toutes les parties du 
monde, de la Laponie aux îles océaniennes, ainsi que les 
anciennes cabanes des Gaulois et des Marcomans, dont les 
bas-reliefs romains nous ont conservé des représentations 
très nettes, nous offrent également des coupoles parfois 
semblables de forme à celles que l'on remarque dans les 
tumulus préhistoriques de la Gaule, dans les nourhages 
de la Sardaigne, au trésor d'Atrée à Mycènes, dans les 
îles de l'Archipel, à la pyramide de Qournah, en Nubie, etc.; 



69 



COUPOLE 



mais, fait intéressant à noter, ces coupoles primitives sont 
construites en encorbellement, ce qui en rendait l'établis- 
sement plus facile ; en revanche, dans plusieurs d'entre 
elles, la taille et le ragréemcnt de la surface intérieure 
laissent bien peu à désirer. — A l'état d'élément architec- 
tural, la coupole semble avoir pris naissance en Orient, 
dans la Perse ou la Mésopotamie, ces pays riches en limon, 
et un bas-relief assyrien, trouvé par M. Layard à Koyoun- 
djick, sur l'emplacement des ruines de Ninive, ne laisse 
aucun doute sur la haute antiquité des coupoles asiatiques. 
A une époque plus rapprochée de nous, on vit des coupoles 
s'élever en Grèce, témoin celle monolithe couvrant le petit 
monument chorégique de Lysicrates à Athènes (fig. 4) et 




Fig. 1.- 



- Coupe monolithe du monument de Lysicrates, 
à Athènes. 



aussi, mais à une époque peut-être antérieure, en Etrurie, 
témoin, entre autres, la demi-coupole, taillée dans le cal- 
caire, d'un tombeau souterrain de Vulci où des détails de 
charpenterie indiquent bien l'imitation d'une armature en 
bois recevant, à l'intérieur de ses nervures, des caissons 
de remplissage. Mais le plus grand effort de l'emploi de la 
coupole dans l'Occident, oh cet élément d'architecture 
semble s'être surtout développé en même temps que le 
système de balnéation des Orientaux, dans les salles des 
Thermes, est la coupole de la grande salle ronde des 
Thermes d'Agrippa, à Rome (aujourd'hui le Panthéon), 
salle de 44 m. de diamètre, sans points d'appui intermé- 
diaires et dont la construction de la coupole, effectuée à 
l'aide d'arcs superposés en briques, dénote une grande 
science. 

C'est surtout dans le monde oriental, byzantin ou musul- 
man, que la coupole couvrit, avec des formes diverses, 
aplatie, hémisphérique, ovoïde ou bulbeuse, un grand 
nombre d'édifices, depuis le transfert du siège de l'empire 
de Rome à Byzance devenue Constantinople, pendant toute 
la durée du moyen âge et encore de nos jours. On vit alors 
la coupole, qui n'avait été l'objet que de timides essais de 
la part des premiers chrétiens, soit dans les catacombes de 
Rome, soit dans les kalibis de Syrie, se dégager peu à 
peu du plan circulaire qui lui servait d'abord de base, se 
servir de pendentifs (V. ce mot) pour recouvrir des sur- 
faces carrées, s'adapter ainsi à merveille à accentuer la 
croisée du transept et de la nef des églises chrétiennes, et 
offrir, sous Justinien, dans la partie centrale de Sainte- 
Sophie de Constantinople, œuvre des architectes ioniens 
Anthémius de Thralles et les Isidore de Millet, la plus 
grande coupole de ce genre. Tout l'empire byzantin, dans 
ses provinces d'Europe, d'Asie et d'Afrique, éleva des cou- 
poles sur pendentifs et l'influence de ce système de cons- 
truction se fit sentir à l'Occident, dans toute l'Italie, et 
pénétra jusque dans le centre et l'ouest de la France, en 
Périgord, dans l'Angoumois et dans l'Anjou, en même 
temps qu'à l'est de l'Europe, les Russes s'en inspiraient 
pour la construction de leurs églises. De même, tout l'est 
et le sud de l'empire, l'Asie antérieure, l'Afrique septen- 
trionale et une partie de l'Esçagne, converties à la religion 
de Mahomet, éprouvant, soit l'influence byzantine, soit 



une influence purement orientale, voyaient la coupole se 
multipHer et comme caractériser les édifices musulmans, 
d'Ispahan, de Bagdad et de La Mecque au Caire, àKairouan 
et à Cordoue. 

Si du xii^ au xvi*^ siècle, l'Italie a vu s'élever quelques 
rares coupoles liées à des édifices d'architecture ogivale, 
c'est surtout avec la Renaissance que la coupole reprit 
faveur en ce pays, et, de là, avec l'expansion de l'architec- 
ture itahenne, dans tout le monde moderne, de la Russie 
aux Etats-Unis de l'Amérique du Nord. La première grande 
coupole, de forme ovoïde et pyramidale, fut la coupole de 
Sainte-Marie-des-Fleurs, à Florence, œuvre deBrunelleschi, 
et fut suivie de celle de Saint-Pierre de Rome, conçue par 
le Bramante, continuée par ses successeurs, dont Michel- 
Ange, qui en fit faire un modèle en bois, et enfin achevée 
par Jacques de la Porte et Dominique Fontana. En France, 
il faut citer, entre autres, les deux plus anciennes coupoles 
de Paris, celle de la chapelle du couvent des Augustins, 
aujourd'hui enclavée dans l'Ecole nationale des beaux-arts, 
et celle de l'église des Carmes, rue de Vaugirard ; puis 
celles des églises ou chapelles du Val-de-Grâce, de l'Assomp- 
tion, de la Sorbonne, du collège Mazarin (Institut de France), 
de la Visitation de Sainte-Marie, rue Saint-Antoine (au- 
jourd'hui convertie en temple protestant), enfin, dans les 
édifices consacrés au culte, celle de l'église des Invalides et 
celle de l'église Sainte-Geneviève (aujourd'hui le Panthéon). 
Ces deux dernières coupoles sont intéressantes à examiner, 
car elles constituent plutôt un ensemble de trois coupoles 
superposées : une première coupole, inférieure, hémisphé- 
rique, tronquée à son sommet et décorée de caissons et de 
pemtures, avec, au centre, un grand vide laissant voir les 
peintures qui décorent la surface intérieure d'une seconde 
coupole ovoïde fermée, laquelle est elle-même enveloppée et 
surmontée d'une troisième coupole ovoïde, formant dôme à 




Fig. 2. — Coupe de la partie supérieure du dôme des 
Invalides, à Paris. 

l'extérieur et couronnée d'un lanternon (fig. 2). La plupart 
de ces coupoles, élevées depuis la Renaissance, sont en pierre 
ou en maçonnerie : il en est de même de celle de Saint-Paul 
de Londres ; mais celle de l'église Saint-Isaac, à Saint-Péters- 
bourg, est toute de construction métallique, et, dès la Renais- 
sance, Philibert de Lorme avait projeté, pour l'abbaye de 



COUPOLE — 70 

Montmartre, un vaste réfectoire circulaire qui devait être 
couvert d'une voûte hémisphérique en bois suivant un sys- 
tème qui porte son nom et que réalisèrent, en 1782, Legrand 
et Molinos, dans l'ancienne coupole en bois de la Halle aux 
blés, laquelle, incendiée en 1802, fut remplacée en 1811 
par la coupole en fer encore existante due à Bélanger 
(V. ce nom). D'autres coupoles de métal furent exécutées 
de nos jours et il suffira de citer les deux coupoles inté- 
rieure et extérieure de l'église Saint-Augustin, à Paris, 
les coupoles mobiles des observatoires de Paris, de Vienne, 
de Saint-Pétersbourg et de Nice (cette dernière construite 
par M. Ch. Garder, architecte, et Eiffel, ingénieur), enfin 
celles élevées au Champ-de-Mars, pour l'Exposition univer- 
selle de 1889, sur les dessins de MM. Bouvard etFormigé 

(V. AKCmïECïURE BYZANTINE, ARABE, Ctc). Ch. LuCAS. 

IL Fortification. — On donne le nom de coupole ou 
tourelle en fortification à une sorte de blockhaus cuirassé 
de tonne cylindrique surmonté d'une épaisse calotte en 
métal et servant d'abri à un ou deux canons. Ce système 
est mobile autour de son axe et entraîne dans son mouve- 
ment les pièces d'artillerie qui embrassent de cette façon 
un champ de tir de 360^,. tandis que sous casemate elles 
ne peuvent être déplacées que de 60 à 70° au maximum. 
La mobilité des coupoles permet, en outre, de dérober aux 
coups leurs embrasures en les tournant du côté opposé à 
celui de l'ennemi pendant les intervalles du tir. Ces em- 
brasures constituant néanmoins la partie la plus vulné- 
rable de la cuirasse, l'affût est construit de telle sorte que, 
dans le pointage en hauteur, les pièces tournent autour du 
centre de l'orifice; on obtient ainsi V embrasure mini-- 
mum. Le cylindre métallique de la coupole est entouré 
d'un massif circulaire en maçonnerie ou mieux en béton 
de ciment renforcé par un parapet en sable ou en terre 
sablonneuse ; la coupole n'émerge au-dessus de cette sorte 



de cuve que de la quantité nécessaire pour démasquer le 
tir. Un anneau fixe en métal, qu'on nomme avant-cui- 
rasse, garnit le bord de l'excavation. Le métal de la 
cuirasse doit être ductile et dur de manière à résister au 
choc des projectiles sans se laisser ni traverser ni briser. 
Ces deux quaUtés sont pour ainsi dire exclusives l'une de 
l'autre; aussi a-t-on beaucoup varié dans le choix de ce 
métal et a-t-on donné tour à tour la préférence à l'acier 
martelé, à la fonte coulée en coquille suivant le procédé 
Griison, et au fer laminé. Certains constructeurs ont cru 
trouver la meilleure solution en fabriquant un métal mixte 
ou compound formé de deux couches superposées, la pre- 
mière résistant à la pénétration par sa dureté, la seconde 
empêchant par sa malléabilité les fissures de s'étendre et 
servant en quelque sorte de matelas. Mais on n'a pas 
encore réussi à souder assez intimement les deux couches 
l'une à l'autre. La grande épaisseur à donner aux plaques 
de cuirassement constitue pour la métallurgie une autre 
difficulté qu'il a paru possible d'éviter en superposant plu- 
sieurs plaques minces boulonnées ensemble. L'expérience a 
toutefois démontré qu'à épaisseur égale une plaque unique 
résiste mieux qu'un ensemble de plusieurs plaques minces. 
On est d'ailleurs parvenu récemment à fondre des plaques 
de fer ou d'acier de 0"*50 d'épaisseur qui sont suffisamment 
homogènes. 

Bien que l'invention des coupoles ne remonte pas à plus 
d'une vingtaine d'années, les progrès incessants de l'artil- 
lerie leur ont déjà fait subir de nombreuses transforma- 
tions. Un des premiers types est celui des coupoles belges 
qui ont servi à l'armement des forts Saint-Philippe et" la 
Perle, à Anvers. Ces coupoles sont de grands cylindres en 
tôlerie à deux étages, dont la plate-forme inférieure repose, 
à la façon des plaques tournantes des chemins de fer, sur 
une couronne de galets. L'étage supérieur est armé de 




Fig, 3. — Expériences de Bucarest. Coupole Schumann, en fonte durcie, pour canon de 0™15. 



deux canons Krupp de 0^275 placés parallèlement l'un à 
côté de l'autre. Une muraille cuirassée protège la partie 
du cylindre qui est exposée aux projectiles. Cette muraille 
est formée d'une plaque métallique fixée par des boulons 
sur un matelas en fer et bois. Le ciel est garni d'un cui- 
rassement de même nature mais moins épais. A sa partie 
inférieure la coupole porte sur son pourtour une grande 
crémaillère s'engrenant avec un pignon sur lequel on peut 
faire agir, par l'intermédiaire d'une série d'organes de 
transmission, soit une machine à vapeur, soit un cabestan 
à bras d'hommes. — En 1886, le gouvernement roumain a 
soumis à des expériences comparatives deux types de cou- 



poles présentés, l'un par la maison Grtison de Magdebourg 
(système Schumann), l'autre par la Compagnie française 
des forges de Saint-Chamond (système Mougin). La cou- 
pole Schumann se réduit à une calotte sphérique en fonte 
durcie de 6 m. de diamètre ; elle est armée de deux canons 
Krupp de 15 centim. Chaque pièce prend appui, à l'avant, 
sur l'embrasure, et à l'arrière, sur deux directrices circu- 
laires ayant pour centre le miheu de cette embrasure et 
rehaut la cuirasse au pivot central autour duquel peut 
tourner et osciller le système. Ces oscillations sont limitées 
par une couronne de galets qui roulent sur une circulaire 
fixée à l'avant-cuirasse. La pièce est, en outre, équilibrée 



par un contrepoids qui facilite le pointage en hauteur. Ce 
dernier s'exécute en déplaçant la culasse le long des direc- 
trices auxquelles elle est reliée par une vis creuse et un 
écrou, La rotation du système s'obtient en agissant directe- 



- 71 - COUPOLE 

ment sur les galets. — La coupole Mougin pour deux canons 
de 455 millim., système de Bange, est en fer laminé et de 
forme cylindrique ; sa toiture est horizontale ; son diamètre 
est de 3""90. La partie verticale de la cuirasse a 45 centim. 




Fig. 4, •— Coupole Mougin, en fer laminé. 



d'épaisseur ; sur la toiture cette dimension est réduite à 
48 centim. La coupole repose sur un pivot hydraulique par 
l'intermédiaire d'entretoises en tôle; elle porte, en outre, 
à la partie inférieure une couronne de galets qui servent à 



guider le mouvement de rotation autour du pivot. Chaque 
pièce est supportée par unaflfùt à frein hydraulique mobile 
entre deux glissières circulaires autour d'une cheville 
ouvrière dont la position est réglée de façon que dans le 




Fig. 5. — Affût cuirassé à éclipse pour canon de 0°»12, 



pointage en hauteur le canon tourne sensiblement autour 
du centre de l'embrasure. De même que dans le type précé- 
dent, les pièces sont équihbrées par des contrepoids ; leur 
déplacement dans le sens vertical est, en outre, facilité 
par un petit piston hydraulique. La rotation de la tourelle 



s'obtient au moyen d'un pignon engrenant dans une cré- 
maillère fixée à la maçonnerie de fondation. 

Les expériences de Bucarest ont montré que le tir sous 
coupole tournante n'avait pas toute la précision dési- 
rable. La cause en est au procédé de mise du feu qui con-^ 



COUPOLE — COUPON 



72 



siste à établir un contact électrique au moment où les 
pièces entraînées dans le mouvement circulaire de l'appa - 
reil passent dans le plan de tir. Or, il suffit que ce contact 
soit très légèrement en avance ou en retard pour que le tir 
en direction soit notablement déréglé. En outre, la rotation 
des coupoles n'est pas assez rapide pour permettre d'en 
soustraire les embrasures aux coups d'une façon certaine. 
Ces considérations ont conduit à l'invention des coupoles 
à éclipse qui se dérobent aux vues, dès que les pièces ont 
fait feu, en s'abaissant au-dessous de Tavant-cuirasse. 
Tels sont les nouveaux affûts cuirassés du major Schu- 
mann, la tourelle Nordenfelt, la coupole oscillante Mougin, 
la tourelle à éclipse du colonel Souriau. Les affûts Scliu- 
mann ne comportent qu'une seule pièce. Ils sont fondés 
sur l'emploi d'un levier à contrepoids dont le petit bras 
supporte l'ensemble de la cuirasse, du canon et de son affût, 
et dont les déplacements verticaux font monter ou des- 
cendre tout le système. La cuirasse, composée d'une calotte 
et d'une ceinture cylindrique, s'appuie sur le levier par 
l'intermédiaire d'un étrier et d'une tige verticale surmon- 
tée d'un plateau. L'étrier repose librement sur ce plateau 
par sa traverse inférieure qui forme un large pivot autour 
duquel s'opère la rotation delà coupole. Dans l'affût cuirassé 




FiL^ 6. - 



■ Tourelle Nordenfelt à éclipse pour canon à tir 
rapide de 0'«"^057. 



pour canon de 12 centim., la pièce est maintenue entre les 
montants de l'étrier par deux coulisseaux glissant dans des 
rainures circulaires pratiquées dans ces montants et con- 
centriques avec l'embrasure ; elle est, en outre, équilibrée 
par un contrepoids dont Faction s'exerce, par l'intermé- 
diaire d'une poulie de renvoi, sur l'extrémité d'une tige 
courbe portant une graduation pour le pointage en hau- 
teur. La manœuvre de la coupole se fait entièrement à 
bras d'hommes ; six hommes suffisent pour en assurer le 
service et donner au tir une vitesse de un coup par minute. 
L'éclipsé est produite en deux secondes. — Dans le système 
Nordenfelt, la coupole est équilibrée par un contrepoids 
auquel elle est reliée par trois chaînes passant sur des 
poulies de renvoi. Une crémaillère fixée au contrepoids 
engrène avec un pignon qui prend appui sur la plate-forme 
de la coupole et qui détermine par sa rotation le mouve- 



f ment d'éclipsé. — La coupole oscillante Mougin est consti- 
tuée par une calotte sphérique mobile autour d'un diamètre 
horizontal perpendiculaire au plan de tir ; suivant que la 
cuirasse bascule dans un sens ou dans l'autre, les embra- 
sures s'élèvent au-dessus de l'avant-cuirasse ou s'abais- 
sent au-dessous d'elle. — La tourelle du colonel Souriau est 
tenue en équilibre sur une cuve pleine d'eau par un flot- 
teur en tôle. Les affûts à frein hydraulique sont également 
munis de flotteurs qui leur servent de contrepoids. — Dans 
le système à éclipse on peut encore ranger le dispositif 
Armstrong dans lequel le canon seul émerge au moment 
du tir au-dessus de l'avant-cuirasse et s'abaisse, dès qu'il a 
fait feu, par l'effet même du recul, au-dessous d'une toiture 
métallique percée d'une ouverture suffisante pour livrer pas- 
sage à la bouche à feu. — Les Allemands ont adopté pour 
les mortiers rayés un cuirassement spécial qui consiste en 
une calotte sphérique en fonte durcie percée en son centre 
d'un orifice circulaire. Le mortier a la forme d'une sphère 
qui bouche à peu près complètement cette ouverture ; il est 
supporté par deux flasques reposant sur une forte pièce de 
bois mobile autour de son axe vertical. Les bords de 
l'orifice sont garnis de coussinets destinés à amortir le choc 
produit par le recul. 

Jusqu'à ces dernières années les coupoles avaient été 
exclusivement réservées, en raison de leur poids considé- 
rable, aux ouvrages de fortification permanente. On cherche 
aujourd'hui à en étendre l'emploi aux fortifications passa- 
gères en diminuant ce poids au point de les rendre facile- 
ment transportables. Dans cet ordre d'idées, il y a lieu de 
citer la coupole Schumann pour canon à tir rapide qui peut 
être montée sur roues. C'est un cylindre en tôle cuirassé 
à sa partie supérieure et surmonte d'une calotte qui sert 
d'affût à la pièce et repose sur une couronne de galets. 
Ces engins sont destinés à être enterrés dans le parapet de 
l'ouvrage de manière à ne laisser émerger que la calotte 
au-dessus de la plongée. Leur poids est de 2,050 kilogr. 
pour le canon de 53 millim. et de 900 kilogr. seulement 
pour celui de 37 millim. 

BiBL. : Architecture. — Dict. de l'Académie des Beaux- 
Arts; Paris, 1884 et 1890, t. IV et t. V, pi. et fig., in-8. — 
Alph. GossET, les Coupoles d'Orient et d'Occident; Paris 
1890, pi. et fig. , in-4. 

COUPON (Dr. comm.). En pratique, et pour faciliter le 
payement de l'intérêt et du dividende (V. ce mot), les so- 
ciétés adoptent la disposition suivante : indépendamment 
du corps du titre, qui constate le versement d'un certain 
capital et qui est pour l'actionnaire la preuve de sa pro- 
priété, les actions contiennent un certain nombre de petites 
cases indiquant la date à laquelle s'effectuera le payement 
du dividende ou de l'intérêt : ce sont les coupons qui pren- 
nent, suivant le cas, le nom de coupons de dividende ou 
celui de coupons d'intérêt. A l'échéance, c.-à-d. à l'époque 
fixée dans la petite case dont nous venons de parler, le 
propriétaire détache le coupon et se présente aux bureaux 
de la société qui, sur le vu de cette pièce, lui paye l'intérêt 
ou le dividende en gardant, bien entendu, le coupon comme 
preuve du payement qu'elle a fait ; remarquons en effet 
que, pour tous les titres, aussi bien pour les titres nomi- 
natifs que pour ceux au porteur, les coupons sont payables 
à celui qui les présente, et sans que celui-ci soit obligé de 
représenter l'action d'où ils ont été détachés. En général, 
cependant, les titres nominatifs ne portent pas de coupons 
à détacher, mais on ménage un certain nombre de cases 
en blanc, sur lesquelles la société appose son timbre cons- 
tatant le payement. Il en est autrement des rentes sur l'Etat 
qui, quoique nominatives, sont munies de coupons comme 
les titres au porteur. Nous renvoyons au mot Dividende pour 
tous les détails, en ce qui concerne les divers cas où le pro- 
priétaire d'une action a droit à la fois au coupon d'intérêt 
et au coupon de dividende, et les cas où il n'a droit qu'à 
un de ces deux coupons seulement. 

Les coupons détachés étant toujours payables au por- 
teur, ainsi que nous venons de le dire, et sans aucune jus- 
tification de propriété, il peut arriver qu'ils soient pré- 



sentes aux bureaux de la société par un autre que le 
véritable propriétaire : c'est ce qui arrive notamment lors 
que celui-ci a perdu, ces coupons, ou lorsqu'ils lui ont été 
volés : ce fait de perte ou de vol n'empêche pas la société 
d'être libérée si elle paye, puisqu'elle ne connaît que le por- 
teur. La loi du 15 juin 1872 sur les titres perdus ou volés 
est venue au secours du propriétaire. Sitôt qu'il s'aperçoit 
du vol ou de la perte des coupons détachés, il doit faire 
opposition entre les mains de l'établissement débiteur, et 
entre les mains du syndic des agents de change de Paris ; 
dans cet acte d'opposition il indique la nature, les numéros 
des titres, l'époque du payement du dernier coupon et 
toutes les circonstances de la dépossession. Cette opposi- 
tion est publiée dans le Bulletin spécial des oppositions. Au 
bout de trois ans depuis cette opposiiion, l'opposant peut 
réclamer à la société débitrice le payement de ses coupons, 
sans avoir à fournir aucune garantie, ni aucune autorisa- 
tion de justice (art. 8). Il peut même toucher le montant 
de ses coupons après un an depuis l'opposition, mais il doit 
alors obtenir l'autorisation du président du tribunal civil 
de son domicile, et fournir une caution qui assurera le 
remboursement de la somme par lui touchée au porteur 
éventuel des coupons. Si les coupons n'ont pas encore été 
détachés, et que le titre soit perdu ou volé, le propriétaire 
doit se conformer aux règles tracées par la loi précitée pour 
le cas de perte ou de vol du titre (V. ce mot). 

COUPPÉ deKervennou (Gabriel-Hyacinthe), homme po- 
litique français, né à Lannion le 15 mars 1757, mort au 
château de Tonquédec le 25 févr. 1832. Sénéchal de 
Lannion, il fut député aux Etats généraux par le tiers état 
de cette sénéchaussée, quoiqu'il fût noble. Il siégea parmi 
les constitutionnels. En 1792, il était président du tribunal 
de Lannion. Il représenta le dép. des Côtes-du-Nord 
à la Convention nationale. Dans le procès de Louis XVI, 
il opina contre l'appel au peuple, pour la détention et le 
bannissement jusqu'à la paix, pour le sursis. Signataire 
de la protestation des 74, il fut arrêté à Mantes et incar- 
céré à Paris jusqu'au 9 thermidor. Il rentra à la Con- 
vention par suite du décret du 18 frimaire an III, et y 
vota avec la droite. Elu par cinq départements au conseil 
des Cinq-Cents, il en sortit en prairial an VII et fut nommé 
président du tribunal criminel des Côtes-du-Nord, puis 
conseiller à la cour de Rennes. Député au Corps législatif 
en 1803, 1806, 1813, chevalier de l'Empire le 5 déc. 
1811, membre de la Chambre des députés sous la première 
Restauration, il rentra dans la vie privée au retour de 
Napoléon en 1815. F.-A. A. 

BiBL.: René Kerviler, Cent Ans de représentation bre- 
tonne; Paris, s. d., in-8. 

COUPPÉ DE l'Oise (V. Coupé). 

COUPPEY (Joseph-Laurent), historien et antiquaire 
français, né à Nègre ville (Manche] en 1786, mort en 
1852. De 4816 jusqu'à sa mort, il remplit les fonctions 
de juge au tribunal de Cherbourg. On lui doit de nom- 
breuses dissertations historiques, philosophiques et archéo- 
logiques sur le dép. de la Manche ; nous citerons les 
écrits suivants : Récit des guerres entre les catholiques 
et les protestants^ en ce qui concerne le territoire des 
anciens diocèses de Coutatices et d'Avranches (Cher- 
bourg, 1833, in-8) ; Du Jury en Normandie^ dans le 
moyen âge^ appliqué tant aux affaires civiles qu'aux 
affaires criminelles (Cherbourg, 1837, in-8). 

COUPPEY (Félix), pianiste français (V. Le Couppey). 

COUP RAY. Com. du dép. de la Haute-Marne, arr. de 
Chaumont, cant, d'Arc-en-Barrois; 328 hab. 

COUPRU. Com. du dép. de l'Aisne, arr. de Château- 
Thierry, cant. de Charly; 184 hab. 

COUPTRAIN. Ch.-l. de cant. du dép. de la Mayenne, 
arr. de Mayenne, sur la Mayenne (gauche); 395 hab. 
Stat. de la ligne d'Alençon à Domfront (Ouest). Nombreux 
moulins. 

COUPURE. L Mathématiques. — On dit que l'on pra- 
tique une coupure dans un plan ou dans une surface de 



— 73 — COUPON — COUPURE 

Riemann, quand on trace une ligne, que le point qui repré- 
sente la variable ne doit pas franchir, ou quand il ne 
doit la franchir qu'en passant d'un feuillet de la surface 
de Riemann à un autre feuillet. 

II. Finance. — C'est sous ce nom qu'on désigne les titres 
qui représentent des multiples déterminés d'une unité don- 
née, à la différence des certificats qui peuvent comprendre 
un nombre quelconque de titres. C'est ainsi qu'on peut dire 
qu'une quantité de rentes a été livrée par coupures de 
1,000 fr., qu'un nombre d'obligations (pour certains em- 
prunts étrangers) a été fourni en coupures de cinq, de 
dix titres ; la cote de la Bourse indique également ces dif- 
férences, les coupures de 500, de 1,000 fr. de quelques 
rentes étrangères, les grosses coupures de certains titres 
étant cotés à un prix différent de celui des petites cou- 
pures ou des unités. G. François. 

ni. Télégraphie. — Point de coupure.— Point désigné 
sur le parcours ou à proximité d'une Hgne télégraphique ou 
téléphonique pour y opérer rapidement, au moyen d'une 
installation préalable, la coupure d'un fil, soit en vue 
d'établir des communications spéciales, soit pour effectuer 
des expériences ou locaMser un dérangement. Lorsque le 
point de coupure est placé dans un bureau télégraphique, 
la coupure s'efl'ectue généralement au moyen de commuta- 
teurs installés sur le parcours du fil et qui permettent 
d'amener l'extrémité de chacune des sections du conduc- 
teur sur des appareils de transmission ou de mesure, ou 
simplement de l'isoler ou de la mettre à la terre. Lorsque 
le point de coupure est placé en dehors du bureau télégra- 
phique, il est souvent installé dans une guérite, une boîte 
ou un regard dans lesquels les deux extrémités des deux 
sections consécutives du même fil aboutissent à deux bornes 
en laiton qui, dans l'état normal des communications, sont 
réunies entre elles par une tige métallique mobile ou un 
fil volant. En retirant cette tige ou le fil qui en tient 
lieu, on opère la coupure et il ne reste plus qu'à mettre 
chaque section de ligne en communication avec les postes 
d'expériences disposés à proximité de la guérite, de la boîte 
ou du regard. D'autres fois l'appareil de coupure se trouve 
sur un des poteaux de la ligne et consiste simplement en 
un isolateur arrêt double sur chacune des branches duquel 
est arrêtée la section de fil qui y correspond. Ces deux 
sections du fil de ligne sont ensuite réunies par un fil 
mobile ou au moyen d'un serre-fils en cuivre, sans sou- 
dure, de manière qu'il suffise de détacher le fil mobile ou 
de retirer du serre-fils l'une des extrémités du fil de ligne, 
pour effectuer la coupure. Les deux sections ainsi isolées 
l'une de l'autre sont mises en communication, au moyen de 
fils volants, soit avec un bureau télégraphique, soit avec des 
appareils portatifs pour transmission ou pour mesures, afin 
de permettre d'essayer chaque section ou de l'utiliser dans le 
but en vue duquel îa coupure a été faite. Les points de cou- 
pure ne sont pas seulement placés dans les grands centres de 
réseaux télégraphiques ou téléphoniques et à la bifurcation 
des lignes importantes ; mais il en existe généralement de 
distance en distance sur le parcours des lignes afin de faci- 
liter la recherche des dérangements ou de permettre des 
combinaisons de fils en vue des besoins imprévus du trafic. 
En France, il y a trois catégories de points de coupure. 
Les points de coupure principaux sont placés dans les centres 
régionaux et un certain nombre de centres départemen- 
taux ou même de simples postes de dépôt choisis en rai- 
son de leur situation sur les points de bifurcation les plus 
importants du réseau, tels que Creil, dans le Nord, Mou- 
lins, dans le centre. Le Mans dans l'Ouest, La Rochelle 
dans le Sud-Ouest, etc. Les points de coupure de seconde 
catégorie se trouvent dans les centres départementaux et 
dans un certain nombre d'autres bureaux d'importance se- 
condaire. Enfin, les points de coupure de troisième catégo- 
rie sont disposés à toutes les bifurcations de lignes secon- 
daires et dans les bureaux de moindre importance dans 
lesquels il peut y avoir intérêt à sectionner une ligne dans 
le but de la vérifier. Lorsque les appareils de coupure sont 



COUPURE — COUR 



u ^ 



montés dans les bureaux mêmes, les opérations à faire en 
vue de constater l'état du fil sont confiées aux employés ; 
si les appareils sont placés dans les guérites ou boîtes- 
regards installées à une certaine distance des bureaux, les 
coupures sont faites par les surveillants ou autres sous- 
agents attachés au bureau le plus voisin. Quant aux cou- 
pures en pleine ligne, elles ne sont faites que dans des cas 
exceptionnels et par les soins des agents du service tech- 
nique. E. ESCHBAECHER. 

ÏV. Fortification. — Retranchement en ligne droite de 
faible longueur. La coupure doit être appuyée à des masses 
couvrantes capables de garantir les défenseurs des coups 
d'écharpe. Employée pour barrer une rue, elle prend le 
nom de barricade (V. ce mot). 

COUPVRAY. Com. du dép. de Seine-et-Marne, arr. de 
Meaux, cant. de Lagny ; 513 hab. 

COU R. I. ARCHITECTURE.— Espace découvert, entouré 
de bâtiments ou de murs et dépendant d'un édifice ou d'une 
propriété bâtie. Dans les palais et les grandes résidences, il 
y a souvent plusieurs cours, cour principale ou cour d'hon- 
neur, cour de service ou des dépendances, cour des 
écuries, cour des cuisines, etc. ; mais la principale cour 
porte assez souvent le nom même du palais, ainsi la cour 
du Louvre, la cour des Invalides, etc. Dans les établisse- 
ments consacrés à l'enseignement, les cours portent aussi 
différents noms suivant l'âge des élèves auxquels • elles 
servent de lieu de récréation, ainsi cour des grands, cour 
des moyens, cour des petits, cour des minimes. Les minis- 
tères, les édifices d'utilité publique, les casernes, les hôpi- 
taux, les prisons offrent aussi, suivant la disposition de 
leurs différents services, un certain nombre de cours qui 
tirent leurs noms de la destination même des bâtiments 
qui les entourent et que l'on appelle cour de l'administra- 
tion, cour de l'intendance, cour des bureaux, cour de 
l'infirmerie, cours ou préaux des malades ou des prison- 
niers. Les cours tirent souvent aussi leurs noms d'une 
œuvre d'art, d'un arbre ou d'une particularité de leur 
décoration, telles : la cour des Lions, à l'Alhambra de 
Grenade, la cour du Mûrier à l'Ecole des beaux-arts de 
Paris, la cour de Marbre au palais de Versailles. En 
général, les cours dans lesquelles doivent circuler des 
voitures et qui reçoivent les eaux de pluie, sont pavées 
ou cimentées avec des pentes suffisantes pour l'écoulement 
de ces eaux à l'aide de ruisseaux ou de gargouilles et, dans 
les propriétés bâties, les cours doivent, suivant une juris- 
prudence spéciale, avoir des dimensions et une surface en 
rapport avec la hauteur des bâtiments qui les entourent 
et la destination des pièces qui prennent jour et air sur 
elles. Dans les grandes villes, on dispose souvent, à l'inté- 
rieur d'étabhssements financiers ou industriels, des cours 
couvertes servant de grand hall, d'atelier ou de salle 
d'exposition et de vente; mais, dans ce cas, il y a lieu 
d'établir un système de châssis ouvrants ou de châssis 
superposés avec isolement ou de trémies assurant la venti- 
lation, non seulement de la cour elle-même, mais encore 
des pièces qui s'ouvrent sur cette cour. Ch. Lucas. 

IL ÉCONOMIE RURALE. — Cour et basse-cour 
(V. Bâtiments ruraux, t. V, p. 794). 

m. ADMINISTRATION. — Cour des aides (V. Aides). 

Cour prévôtale des douanes (V. Douanes). 

IV. HISTOIRE. — Cour du roi (en latin, ciiria ré- 
gis). Institution. — Curia régis est un terme de la 
langue politique du xi® et du xii® siècle, dont il est dif- 
ficile d'enfermer la définition dans les contours d'une 
phrase unique. Il s'entend : 1° Des assemblées de grands 
du royaume réunies autour du roi. Sous les premiers 
Capétiens de France, il ne se passait pas d'année sans 
que les grands laïques et les princes ecclésiastiques ne 
fussent convoqués en assemblée (en curia; le mot ap- 
paraît dès 1008) pour donner leur « conseil » et leur 
assentiment aux mesures prises par la couronne. Ces 
curiœ solennelles n'avaient point de composition fixe, 
point de siège consacré, point de périodicité régulière. 



Elles se réunissaient là où était le roi, et généralement aux 
grandes fêtes ; quant à leur compétence, elle n'avait pas 
plus de frontières théoriques que la com])étence même du 
roi. Mais l'autorité des rois n'était point limitée ; elle était 
seulement corroborée par la leur. Il est clair cependant 
que ces consultations de l'aristocratie, si platoniques qu'on 
les suppose, représentent la première forme des Etats 
généraux dans notre pays. Les Etats généraux de Philippe 
le Bel sont sortis par un processus naturel des assemblées 
de notables irrégulièrement tenues par les Capétiens directs 
sous le nom de curia régis. Il n'en est pas de même 
en Angleterre où les curiœ de Guillaume le Conquérant, 
symétriques à celles du roi Robert et de Philippe P^, ont 
été peu à peu abolies dans le courant du xii^ siècle. C'est 
bien- à tort que plusieurs historiens anglais ont essayé de 
faire remonter aux curiœ générales des rois normands et 
angevins les institutions parlementaires de l'âge suivant. 
La Grande Charte organisa, en Angleterre, au commence- 
ment du xiii^ siècle, un autre système de collaboration du roi 
avec ses optimates* — 2° De la domesticité royale. Curia 
regis^ en ce sens, est synonyme de ministerium regale. 
C'était le conseil étroit des rois, composé des grands offi- 
ciers de la couronne, et de créatures du prince appelées, 
tant en France qu'en Angleterre, consiliarii, familiares^ 
cîmales, palatini. Le conseil d'Etat en France, le privy 
council en Angleterre, sont sortis de là au xiv® siècle. — 
3*^ Les plus importantes fonctions des assemblées mêlées 
de grands et de palatins étaient sans comparaison leurs 
fonctions judiciaires. De là, un troisième sens de l'expres- 
sion curia régis qui s'entend tout spécialement de l'entou- 
rage des rois capétiens de France et normanno- angevins 
d'Angleterre en tant que constitué en cour de justice. Au 
xiii^ siècle, on appela parlements les sessions de la curia 
judiciaire des rois de France. Le Parlement de Paris (Y. ce 
mot) en est sorti comme les trois cours de la loi commune, 
Échiquier, Banc du roi et Plaids communs, sont sortis en 
Angleterre des curiœ judiciaires de Henri P^" et de Henri II. 
— Les curiœ du xi® siècle sont donc le tronc commun auquel 
se rattachent, comme autant de branches, en Angleterre, 
le privy council et la trinité des cours de la loi com- 
mune, sinon le parlement politique ; en France, les parle- 
ments judiciaires, la cour des pairs, le conseil d'Etat et les 
Etats généraux. Ce tut une institution embryonnaire, com- 
plexe et informe, comme les germes qui recèlent des vir- 
tualités très diverses sous une homogénéité apparente. Elle 
plonge ses racines dans les plus anciennes traditions des 
peuplades germaniques qui s'assemblaient autour de leurs 
chefs pour juger, pour conseiller et pour servir, Ch,-Y. L. 

Histoire générale (V. Maison du roi). 

Cour des bourgeois (V. Assises de Jérusalem, t. IV, 
p. 260). 

Cour des barons ou Haute-Cour. (V. Assises de 
Jérusalem, t. IV, p. 260). 

Cour des Miracles. — On désignait jadis sous ce nom 
les quartiers de Paris exclusivement habités par les innom- 
brables mendiants qui y rentraient, le soir venu, faire dis- 
paraître comme par miracle les infirmités ou les plaies qu'ils 
avaient exposées pendant la journée à la charité des passants. 
La plus fréquentée parmi les cours des miracles formait un 
vaste enclos circonscrit par les rues actuelles d'Aboukir, 
des Petits-Carreaux, Saint-Sauveur et Saint-Denis. Dans ses 
Antiquités de Paris (4724, 3 vol. in- fol.). Sauvai l'a minu- 
tieusement décrite (t. I, pp. 510 et suiv.). Victor Hugo y a 
placé l'une des scènes les plus dramatiques de Notre-Dame 
de Paris, On ne retrouverait plus aujourd'hui l'aspect si 
pittoresque et si hideux à la fois de la cour des miracles 
d'autrefois dans le quartier dont nous venons d'indiquer les 
limites, mais il faut convenir que ses rues noires, étroites, 
mal habitées, en ont gardé trop de traces et l'on doit sou- 
haiter que des percements de voies nouvelles fassent dispa- 
raître cet îlot qui fait tache dans le centre de Paris. Une 
cour, située dans la rue de Damiette, porte administrative- 
ment le nom de cour des Miracles. F. B. 



-^ 75 — 



COUR 



Cour plénière. — Assemblée nombreîise tenue par 
un souverain ou un seigneur, entouré de ses vassaux. 
On peut considérer comme des cours plénières ces assem- 
blées dites curice coronatce que les premiers rois capé- 
tiens convoquaient aux grandes fêtes de l'année, Noël, la 
Pentecôte, et où ils se taisaient imposer la couronne par 
l'un des archevêques présents. Les historiens contempo- 
rains cependant n'emploient jamais l'expression cour plé- 
nière pour désigner ces réunions, mais solemnis curia, 
curia generalis^ curia ingens. C'était encore l'usage 
pour les rois de France, au xiv^ siècle, de paraître cou- 
ronnés dans les cours plénières. Dans ces assemblées on 
îie s'occupait pas seulement de rendre la justice, de traiter 
les affaires politiques et de régler les affaires administra- 
tives ; elles donnaient lieu à des tournois, à des festins, à 
des réjouissances de toutes sortes. Joinville nous a laissé 
(§ 93) la description d'une cour tenue par saint Louis à 
Saumur, en Anjou, ou plutôt du repas que le roi offrit à 
ses vassaux : « Or revenons à nostre matière et disons 
ainsi que après ces choses tint li roys une grant cour à 
Saumur en Anjo, et là fu-je, et vous tesmoing que ce fu 
la miex arée (ordonnée) que je veisse onques. Car à la 
table le roy mangoit emprès li,li cuens (comte) de Poitiers 
que il a voit fait chevalier nouvel à une Saint- Jehan, et 
après le conte de Poitiers mangoit li cuens Jehans de 
Dreues que il avoit fait chevalier nouvel aussi ; après le 
conte de Dreues, mangoit li cuens de la Marche ; après le 
conte de la Marche, li bons cuens Pierres de Bretaigne. 
Et devant la table le roy, endroit le conte de Dreues, man- 
goit messire li roys de Navarre, en cote et en mantel de 
samit, bien parez de courroi, de fermait et de chapel d'or, 
et je tranchoie devant li... Li roys tint celé feste es haies 
de Saumur et disoit l'on que li grans roys Henris d'An- 
gleterre les avoit faites pour ses grans festes tenir... » 
Ainsi il semble que dès le xiu® siècle le festin était devenu 
le point principal des cours plénières. On lit, au xiv® siècle, 
dans la chronique de Bertrand Duguesclin : « Et toute sa 
vaisselle face amener droit là — pour ce que cour plé- 
nière, ce dit, tenir voudra. » Les seigneurs laïcs et ecclé- 
siastiques avaient eu, eux aussi, leurs cours plénières dès 
le XI® siècle ; mais originairement c'étaient des assemblées 
judiciaires. Dans ce sens doit-on entendre les cours plé- 
nières que les rois anglais des xi® et xii® siècles autorisent 
les abbés à tenir en toute liberté. Dans le cartulaire de 
Vendôme est mentionné un jugement rendu en cour plé- 
nière. Hugues de Flavigny rapporte que l'an 4097, dans 
une cour plénière tenue à la fête de saint Pierre, un certain 
Aymon, chevalier, restitua à l'église de Flavigny les terres 
qu'il lui avait enlevées. Plus tard on appela plei7îe cour 
la cour du seigneur qui avait plusieurs hommes de fiefs ; 
la coutume de Beauquesne, art. 5, porte : « Le seigneur 
de fief qui a un homme de fief que l'on dit communément 
de court, ou plusieurs hommes de fief, que l'on dit pleine 
court, il a justice de vicomte ; et s'il n'a qu'un homme de 
fief, il peut emprunter homme pour faire ses jugements. » 

Sous Louis XVI, un édit, enregistré au lit de justice du 
42 nov. 4774, institua un tribunal suprême appelé cour 
plénière pour juger les magistrats du Parlement réfrac- 
taires aux volontés du roi. Le Parlement protesta et adressa 
au roi des remontrances datées du 30 déc. 4774, où il 
insistait sur ce point que ce tribunal extraordinaire, com- 
posé d'officiers royaux, n'avait rien de commun avec les 
anciennes cours plénières des rois de France, qui compre- 
naient tous les vassaux et sujets. L'édit ne fut pas exécuté, 
mais un édit de mai 4788 porta rétabhssement de la cour 
plénière, transportant du Parlement à cette cour le droit 
de remontrances et d'enregistrement. Cette cour devait être 
composée du chancelier ou du garde des sceaux, de la 
grand' chambre du Parlement, où siégeraient les princes 
du sang, les pairs, les deux conseillers d'honneur nés, les 
six conseillers d'honneur du grand aumônier, et d'un cer- 
tain nombre d'autres officiers de la maison du roi, de six 
conseillers d'Etat, quatre maîtres des requêtes, un prési- 



dent ou conseiller de chacun dés parlements de province , 
deux conseillers de la chambre des comptes et deux de la 
cour des aides. Le capitaine des gardes du roi aurait voix 
délibérative quand il accompagnerait le roi. Les membres 
étaient nommés à vie et irrévocables. Le roi était prési- 
dent, et, en son absence, le chancelier. Le Parlement 
adressa au roi, le 8 mai 4788, une nouvelle protestation, 
et un arrêt du conseil, en date du 8 août 4788, suspendit 
l'exécution de l'édit jusqu'à la convocation des Etals géné- 
raux. M. Prou. 

V. JURISPRUDENCE. — Basse cour ou Cour des 
bourgeois (V. Assises m Jérusalem, t. IV, p. 260 etsuiv.). 

Cour d'appeL — On trouvera au mot Appel l'historique 
des origines de notre organisation actuelle. Elle date de la 
constitution de l'an VIII. — Sous le Consulat, les tribunaux 
de département furent remplacés par les tribunaux d'arron- 
dissement et au-dessus de ces derniers, la loi du 27 ventôse 
an VIII a établi un certain nombre de tribunaux d'appel qui 
n'ont pas tardé à prendre sous l'Empire le nom de cours 
d'appel. Ces cours d'appel sont aujourd'hui régies par la loi 
du 27 ventôse an VIII (art. 21 et suiv.), par le décret du 
30 mars 4808 (art. 4 etsuiv.); par la loi du 20 avr. 4840 ; 
par le décret du 6 juil. de la même année et enfin par la 
loi du 30 août 4883. Il y a eu successivement : en l'an VIIÏ, 
vingt-neuf cours d'appel; à la suite des conquêtes de l'Em- 
pire, trente-sept; à partir de 4845, vingt-sept; après la 
réunion de la Savoie à la France, vingt-huit. La guerre de 
4870 nous ayant enlevé l'Alsace et une partie de la Lor- 
raine, les cours de Colmar et de Metz n'existent plus et le 
nombre des cours d'appel est tombé à vingt-six, mais on 
n'y comprend pas les cours d'appel des colonies. Les res- 
sorts des cours d'appel embrassent toujours plusieurs 
départements, sauf le ressort de la cour de Bastia qui se 
limite à l'île de Corse. La cour de Paris est celle qui pos- 
sède le ressort le plus étendu ; il ne comprend pas moins 
de sept départements. La loi du 20 avr. 48d0 (art. 4) avait 
déterminé le nombre des conseillers de chaque cour. Mais 
des lois postérieures ont plusieurs fois modifié ces disposi- 
tions. En dernier lieu la loi du 30 août 4883 a sensible- 
ment diminué le nombre des conseillers des cours d'appel. 
Ce nombre varie aujourd'hui de huit à vingt-quatre. En 
outre, la même loi a supprimé la division des cours en 
classes; celles-ci sont aujourd'hui toutes placées sur la 
même hgne, sauf exception pour la cour de Paris qui occupe 
une place à part et compte un nombre particulièrement 
élevé de magistrats. D'après la loi du 30 août 4883, la 
cour de Paris comprend neuf chambres, un premier prési- 
dent, neuf présidents de chambre, soixante-deux conseil- 
lers, un procureur général, sept avocats généraux, onze 
substituts du procureur général, un greffier en chef, douze 
commis greffiers. Les autres cours d'appel ont une à quatre 
chambres d'après l'importance de leur ressort. En prin- 
cipe, chaque cour d'appel possède trois chambres, une 
chambre civile, une chambre des appels correctionnels et 
une chambre des mises en accusation. Les cours qui ont 
quatre chambres possèdent deux chambres civiles ; ce sont 
celles d'Aix, Bordeaux, Douai, Lyon, Montpellier, Rennes, 
Rouen et Nancy. Alger a cinq chambres. Ne possèdent 
qu'une seule chambre : Angers, Bastia, Bourges, Cham- 
béry, Limoges et Pau ; cette chambre est à la fois civile 
et correctionnelle ; il y a aussi une chambre des mises en 
accusation, mais dont les conseillers sont pris dans la pré- 
cédente. Dans les cours où il existe une chambre spéciale 
des appels correctionnels, cette chambre a la plénitude de 
juridiction en matière civile ; elle peut donc juger les affaires 
civiles, mais dans l'usage on ne lui envoie ces affaires 
qu'autant que la chambre civile est encombrée. Sauf excep- 
tion à Paris, les conseillers de la chambre des mises en 
accusation font en outre le service âes autres chambres ; 
ces magistrats peuvent, suivant l'intérêt du service, être 
tous attachés à la même chambre ou répartis entre plu- 
sieurs (décret du 42 juin 4880). Chaque chambre de la 
cour d'appel est en principe et, sauf exception, présidée 



COUR 



- 76 



par un président de chambre ; les autres juges portent le 
nom de conseillers. Il y avait autrefois dans les cours d'ap- 
pel des conseillers auditeurs, comme il existe encore au- 
jourd'hui des juges suppléants dans les tribunaux d'arron- 
dissement, mais ils ont été supprimés par la loi du 10 déc. 
1830. A la tête des conseillers et des présidents de chambre 
est placé le premier président. Tous ces magistrats sont ina- 
movibles, à la différence de ceux du ministère pubHc. Le 
parquet d'appel comprend un procureur général, un ou 
plusieurs avocats généraux ou substituts du procureur 
général selon l'importance des cours. Pour pouvoir être 
président dans une cour d'appel, il faut avoir au moins 
trente ans d'âge, et, pour être nommé conseiller, vingt-sept 
ans. Le premier président préside les assemblées générales, 
les audiences solennelles et la première chambre civile (dé- 
cret du 6 juil. 1840, art, 7), Ce décret ajoute qu'il préside 
aussi les autres chambres quand il le juge convenable et 
qu'il est tenu de les présider au moins une fois chaque 
année, mais cette dernière disposition est tombée en désué- 
tude et peut-être même n'a-t-elle jamais été appliquée. 
Les rapports du premier président avec les présidents de 
chambre sont assez analogues à ceux de président du tri- 
bunal d'arrondissement avec les vice-présidents. Cependant 
les attributions du premier président sont moins variées 
que celles de président du tribunal d'arrondissement : ainsi 
il ne connaît pas des référés, qui, en appel, sont portés 
devant la chambre civile de la cour; mais il a, pour la dis- 
cipline intérieure, les mêmes pouvoirs que le président du 
tribunal d'arrondissement. D'un autre côté, il jouit d'un 
droit de la plus haute gravité : il peut convoquer d'office 
l'assemblée des chambres pour délibérer sur les objets d'un 
intérêt commun à toutes les chambres ou sur des affaires 
d'ordre public dans le cercle des attributions de la cour 
(décret du 6 juil. 1810, art. 62). Le premier président 
statue : i^ sur les requêtes en abréviation de délai avant la 
distribution des causes (décret du 30 mars 1808, art. 18); 
2<* sur les difficultés concernant la distribution des causes, 
sur la litispendance ou la connexité des causes (même 
décret, art. 25); 3^ sur les réclamations faites par un 
enfant à fin de modification ou de révocation de l'ordonnance 
du président du tribunal civil prescrivant son emprisonne- 
ment (art. 382 C. civ.); A^ sur les demandes en indi- 
cation de jour où il sera statué sur un jugement de ratifi- 
cation d'acte de l'état civil, quand il n'y a pas d'autre partie 
en cause que le demandeur. 

Les cours d'appel jugent en dernier ressort en matière 
civile les appels des jugements des tribunaux d'arrondisse- 
ment, des jugements des tribunaux de commerce, des sen- 
tences arbitrales, des ordonnances de référé. Ce sont elles 
qui annoncent les réhabilitations en cas de faillite ; elles 
rendent des arrêts de règlement de juges en cas de conflit 
entre tribunaux de leurs ressorts respectifs (C. de proc, 
art. 363); enfin elles connaissent des prises à partie diri- 
gées contre les juges de paix, contre les tribunaux de com- 
merce ou de première instance ou contre quelqu'un de leurs 
membres, ou encore contre un conseiller (C. de proc, 
art. 509). En matière criminelle, la loi du 20 avr. 1810 
(art. 11), donne à toute cour d'appel, chambres réunies, le 
pouvoir d'entendre les dénonciations de crimes ou de délits 
"qui lui seraient faites par un de ses membres, de mander 
le procureur général pour lui enjoindre de poursuivre. En 
outre, la cour d'appel a le droit de demander compte au 
procureur général des poursuites commencées en vertu de 
cette injonction ; mais ce magistrat ne doit jamais d'expli- 
cation à la cour pour les instructions qu'il a ouvertes pour 
sa propre initiative. Ce pouvoir très grave a été donné à 
la cour, soit pour vaincre l'inertie du ministère public, soit 
pour lui donner plus de force dans certains cas, notam- 
ment en matière politique. Il n'a d'ailleurs été exercé que 
très rarement, une fois en 1826, une autre fois en 1861, 
et de plus ce pouvoir n'est pas aussi énergique qu'on pour- 
rait le croire au premier abord, car la cour d'appel n'a à 
sa disposition aucune sanction contre le procureur général. 



En matière criminelle, la police judiciaire est exercée sous 
l'autorité suprême de la cour d'appel à laquelle aboutissent 
toutes les opérations de l'instruction pour y recevoir une 
solution définitive devant la chambre des mises en accusa- 
tion. Cette chambre exerce des pouvoirs très distincts, mais 
qui se rapportent tous à l'instruction : elle statue sur la 
mise en accusation ou l'élargissement des inculpés renvoyés 
devant elle sous prévention de crime. Si elle reconnaît 
l'existence d'un crime, elle renvoie devant la cour d'assises 
(C. d'instr. crim., art. 221, 231, 232). Reconnaît-elle 
que le fait constitue seulement un délit ou une contraven- 
tion ? elle renvoie devant le tribunal correctionnel ou devant 
le tribunal de simple police compétent, et de plus elle or- 
donne la mise en hberté du prévenu s'il s'agit d'un délit 
ou d'une contravention qui n'entraîne pas perte delà liberté. 
Lorsque, enfin, la chambre des mises en accusation reconnaît 
que le fait n'est pas punissable ou qu'il n'existe pas de 
charges suffisantes, elle rend un arrêt de non-lieu et or- 
donne la mise en hberté immédiate de l'inculpé (C. d'instr. 
crim., art. 239). La chambre des mises en accusation 
statue aussi comme juridiction d'appel sur les oppositions 
portées devant elle, soit par le prévenu, soit par le procu- 
reur de la République, contre les ordonnances du juge 
d'instruction. Elle a le droit d'évoquer les affaires que le 
ministère public néglige de poursuivre ou dont la poursuite 
et l'instruction sont déjà commencées (C. d'instr. crim., 
art. 235). La chambre des appels correctionnels juge, 
comme son nom même l'indique, les appels dirigés contre 
les jugements des tribunaux correctionnels (C. d'instr., 
art. 201 ; loi du 20 avr. 1810, art. 40). C'est à la chambr-e 
civile que sont portés les appels dirigés contre les juge- 
ments des tribunaux civils ou des tribunaux de commerce. 
S'il existe deux ou plusieurs chambres civiles, un règle- 
ment intérieur détermine les procès qui doivent être portés 
devant chacune d'elles. Certaines affaires particulièrement 
graves sont jugées en audience solennelle laquelle se forme 
par la réunion de deux chambres ou, dans les cours qui 
se composent d'une seule chambre, par la présence de neuf 
conseillers au moins. Enfin les cours d'appel tiennent des 
assemblées générales composées de la réunion de toutes les 
chambres. Il y aurait incompétence absolue et nullité de 
l'arrêt si l'on portait à l'audience ordinaire une affaire qui 
doit être jugée en audience solennelle et de même réciproque- 
ment si l'on jugeait en audience solennelle une affaire qui 
devait être jugée à l'audience ordinaire. Si les membres 
d'une chambre ne peuvent pas, en dehors des cas de né- 
cessité, s'adjoindre un autre membre à peine de nullité 
(décret du 6 juil. 1810, art. 9), à plus forte raison une 
chambre n'a-t-elle pas le droit de s'adjoindre une autre 
chambre tout entière et c'est cependant ce qu'on ferait en 
jugeant en audience solennelle une affaire qui, d'après la 
loi, devrait être portée à une seule chambre civile. Autre- 
fois les arrêts des cours d'appel ne pouvaient être rendus 
que par sept juges au moins s'il s'agissait d'une chambre 
civile ; par cinq juges au moins s'il s'agissait de la chambre 
correctionnelle ou de la chambre des mises en accusation. 
Mais la loi du 30 aotit 1883 a décidé qu'à l'avenir cinq 
conseillers suffiraient aussi, même à la chambre civile. En 
outre, cette même loi, à l'effet de rendre les partages aussi 
rares que possible, a décidé qu'à l'avenir les conseillers 
des cours d'appel, comme les juges des tribunaux d'arrondis- 
sement, devraient nécessairement siéger en nombre impair. 
En cas d'empêchement d'un conseiller et pour complé- 
ter le minimum indispensable, on peut prendre un con- 
seiller quelconque d'une autre chambre sans qu'on soit 
obhgé de suivre l'ordre du tableau (décret du 30 mars 
1808, art. 4, et décret du 6 juil. 1810, art. 9), Le code de 
procédure (art. 468) exige qu'on suivra cet ordre du tableau 
pour le cas de partage, mais il n'existe aucune disposition 
semblable pour le cas où il s'agit de compléter une chambre 
de la cour. A défaut de conseillers disponibles on appelle- 
rait un avocat et même à défaut d'avocat un avoué, mais 
alors en suivant l'ordre du tableau. Le roulement établi 



77 — 



COUR 



dans les tribunaux d'arrondissement existe aussi dans les 
cours d'appel. Le roulement se fait de la manière suivante : 
dans la quinzaine (jui précède les vacances, une commission 
composée du premier président, des présidents de chambre 
et du plus ancien des conseillers de chaque chambre, d'après 
l'ordre du tableau, fixe le roulement des conseillers dans 
les chambres de la cour. Le procureur général est appelé 
à la commission pour être entendu en ses observations. 
A la même époque les présidents se partagent entre eux le 
service civil et le service criminel des chambres pour l'année 
suivante. Aucun président ou conseiller ne peut être forcé 
de rester plus d'un an dans chacune des chambres crimi- 
nelles et plus de deux ans dans chacune des chambres 
civiles. Déplus, la répartition des conseillers doit être com- 
binée de manière que les chambres criminelles soient tou- 
jours composées, au moins pour moitié, des conseillers qui 
ont déjà fait le service de la chambre. Le tableau de la 
répartition des conseillers, arrêté par la commission, est en- 
suite soumis à l'approbation de la cour réunie en assemblée 
générale. Si la commission et l'assemblée générale ne peuvent 
s'entendre, le garde des sceaux prononce (arrêté du président 
de la République du 12 juil. 1871 qui remet en vigueur le 
système de l'ordonnance du 11 oct. 1820). Une chambre des 
vacations est chargée, pendant les vacances, de juger les 
affaires civiles sommaires et celles qui requièrent célérité 
(décret du 30 mars 1808, art. 44). Aux termes du décret 
du 30 mars 1808 (art. 32), les cours d'appel doivent juger 
en audience solennelle trois sortes d'affaires : les questions 
d'état, les prises à partie, les renvois après cassation. Les 
expressions questions d'état sont très larges et comprennent 
tous les procès qui peuvent s'élever sur la situation d'une 
personne dans la famille ou dans la cité au point de vue de la 
jouissance des droits civils ou de tel droit civil : ainsi les 
difficultés relatives à la nationalité, à la légitimité, à la vali- 
dité d'un mariage doivent être jugées en audience solen- 
nelle. Il faut aussi considérer comme questions d'état les 
demandes en interdiction pour causes de démence ou en 
mainlevée d'une interdiction, les demandes en dation d'un 
conseil judiciaire, les demandes en nuUité d'adoption. Mais 
il ne faut pas confondre avec ces dernières l'arrêt même 
gui prononce et admet l'adoption. Sans doute cet arrêt 
intéresse l'état de l'adoptant et celui de l'adopté ; mais la 
loi (G. civ., art. 355 et 357) a prescrit que les formes 
de l'adoption fussent en appel les mêmes que devant le tri- 
bunal d'arrondissement; or celui-ci ne tient pas d'audiences 
solennelles. Cependant la question de savoir si une adop- 
tion, homologuée par la cour en audience solennelle, serait 
entachée de nullité, serait controversée. Sous l'empire du 
code civil et avant l'abolition du divorce, ces procès en 
divorce, quoique relatifs à l'état des personnes, étaient 
jugés à la cour en audience ordinaire (C. civ., art. 262). 
Quant à la demande en séparation de corps, la cour de 
cassation a d'abord jugé que ce procès ne soulève pas une 
question d'état puisque chacun des époux conserve l'état 
résultant du mariage ; elle en a conclu que la demande en 
séparation de corps doit être jugée en audience ordinaire. 
Mais ensuite la cour de cassation a changé de jurispru- 
dence, a considéré la demande en séparation de corps comme 
une question d'état, par la raison qu'elle modifie l'incapa- 
cité de la femme et en a conclu qu'elle doit être jugée en 
audience solennelle par la cour d'appel. Pour mettre un 
terme à ces incertitudes, une ordonnance royale du 16 mai 
1835 a décidé que désormais les appels relatifs aux demandes 
en séparation de corps seraient jugées en audience ordi- 
naire. Lorsque le divorce a été récemment établi, la con- 
troverse a reparu sur le point de savoir si les demandes en 
divorce doivent être jugées en audience solennelle ou en 
audience ordinaire. Les uns se prononçaient pour l'audience 
solennelle par la raison qu'il s'agit d'une question d'état, 
les autres se fondaient plus exactement sur ce que, d'après 
l'art. 262 du code civil, les appels en matière de divorce 
doivent être jugés comme affaires urgentes pour décider 
qu'en appel il n'y a pas lieu à une audience solennelle. Un 



décret du 1^^ mai 1885 a mis fin à la controverse en déci- 
dant que l'audience ordinaire suffisait et cette décision a 
été reproduite par la loi du 18 avr. i886 sur la procédure 
du divorce. D'après le décret du 30 mars 1808, art. 22, 
les questions qui doivent être jugées à bref délai échappent 
aussi à l'audience solennelle. Quelles sont les affaires de 
cette nature ? Pure question de fait abandonnée à l'appré- 
ciation des juges. Nous citerons à titre d'exemple la demande 
en révocation d'une émancipation pour empêcher un mineur 
de se ruiner. Le décret du 30 mars 1808 veut aussi qu'on 
juge en audience ordinaire les questions d'état qui se trou- 
vent incidemment liées à des questions d'intérêt pécuniaire. 
Ainsi une question de filiation peut se présenter à propos 
d'une pétition d'hérédité, une question de validité de ma- 
riage à l'occasion des reprises qu'une femme veut exercer 
en quaUté de femme mariée. Mais au contraire, lorsque la 
question d'état et l'affaire d'intérêt pécuniaire liées l'une à 
l'autre se présentent de telle sorte que la première fait en 
réalité l'objet principal du procès, alors la cour doit statuer 
en audience solennelle et elle statue de cette manière, non 
seulement sur la question d'état, mais encore sur les inté- 
rêts pécuniaires. Quant au point de savoir si la question 
d'état est principale ou accessoire au procès, elle paraît 
être plutôt de fait que de droit, bien que cependant la cour 
de cassation se reconnaisse le pouvoir de la trancher. Quoi 
qu'il en soit, sauf les exceptions qu'on vient de parcourir, 
toutes les questions d'état doivent être jugées en audience 
solennelle. En second lieu, c'est aussi en audience solen- 
nelle que sont portées, dans les cas déterminés par la loi, 
les prises à partie de la compétence des cours d'appel et 
dirigées contre des magistrats auxquels on reproche d'avoir 
manqué à leurs devoirs dans l'exercice de leurs fonctions 
(décret du 30 mars 1808, art. 22 ; C. de procéd., art. 509). 
En troisième et dernier lieu, les cours d'appel jugent encore 
en audience solennelle les renvois après cassation. On sup- 
pose que la chambre civile de la cour de cassation a cassé 
un arrêt d'une cour d'appel et a renvoyé l'affaire devant 
une seconde cour ; celle-ci statue en audience solennelle. 
Mais il peut arriver que l'arrêt de cette seconde cour soit 
cassé comme celui de la seconde, par la cour de cassation, 
toutes chambres réunies, et alors la troisième cour d'appel 
à laquelle l'affaire revient ne statue cependant qu'en au- 
dience ordinaire. Cette différence se justifie facilement : la 
seconde cour d'appel a sa pleine et entière liberté d'appré- 
ciation tandis que la troisième est liée par l'arrêt de la cour 
de cassation sur le point de droit (loi du 1^^ avr. 1837). 
Enfin, indépendamment des audiences ordinaires et des 
audiences solennelles, les cours d'appel tiennent des as- 
semblées générales en chambre du conseil. Ces assemblées 
générales ne peuvent avoir lieu que sur la convocation du 
premier président. Cette convocation est quelquefois forcée : 
quand le procureur général ou une chambre la demande, 
le premier président est obligé d'obtempérer dans les trois 
jours. Les cours d'appel se réunissent en assemblée géné- 
rale pour l'examen des projets de loi sur lesquels elles 
sont consultées par le gouvernement, pour la rédaction des 
discours et adresses présentés au nom de la cour, pour le 
règlement des questions d'organisation intérieure, pour sta- 
tuer en matière disciplinaire. Il y aurait incompétence 
absolue si la cour voulait juger en assemblée générale et 
même en rendant l'audience publique des affaires qui doivent 
être portées à l'audience ordinaire ou à l'audience solen- 
nelle. Pour que l'assemblée générale soit valablement tenue, 
il faut que chaque chambre soit en nombre et compte par con- 
séquent au moins cinq conseillers. Aux termes de la loi du 
20 avr. 1810 (art. 8), toutes les chambres de chaque cour 
doivent se réunir en assemblée générale, dans la chambre 
du conseil, le premier mercredi qui suit la rentrée. Dans 
cette assemblée, le procureur général ou un avocat général 
en son nom prononce un discours sur la manière dont la jus- 
tice a été rendue pendant l'année précédente dans l'étendue 
du ressort ; il fait les, réquisitions qu'il croit convenables ; 
la cour est tenue de délibérer sur ces réquisitions ; le pro- 



COUR 



-^ Î8 



cureur général envoie au ministre de la justice copie de 
son discours et des arrêts qui ont été rendus sur ces réqui- 
sitions. L'usage de ces- assemblées remonte à nos anciens 
parlements ; ces réunions avaient alors lieu tous les six 
mois, et, comme elles se tenaient un mercredi, le nom de 
mercuriale fut donné aux discours ordinairement en répri- 
mande que prononçait le procureur général. La chancel- 
lerie attache encore aujourd'hui une grande importance à 
l'observation de cette tradition. Les cours ayant un droit 
do surveillance sur les tribunaux do leur ressort, le pro- 
cureur général a le droit d'attirer l'attention de la cour et 
par cela même aussi celle du ministre sur tel ou tel tribu- 
nal. 11 ne faut pas confondre avec cette assemblée géné- 
rale annuelle qui a lieu en chambre du conseil à huis clos, 
une cérémonie judiciaire connue sous le nom, d'ailleurs 
assez inexact, d'audience solennelle de rentrée de la cour ; 
cette cérémonie a également lieu chaque année et pour 
ouvrir la reprise des travaux judiciaires (décret du 6 juil. 
1810, art. 33). Dans cette audience solennelle de rentrée, 
le procureur général ou un des avocats généraux prononce 
un discours de circonstance et le président reçoit ensuite 
le serment qui est renouvelé par les avocats présents à la 
barre (décret du 6 juil. 1810, art. 34 et 35). E. G. 

Cour d'assises. — La cour d'assises est la juridic- 
tion ordinaire compétente pour connaître des faits qualifiés 
crimes par la loi pénale. Exceptionnellement, elle connaît 
aussi de certains délits, notamment de certains délits de 
presse. A la différence des autres juridictions criminelles, 
la cour d'assises n'est pas un tribunal permanent et se com- 
pose de deux éléments distincts : des magistrats de profes- 
sion et de simples citoyens, que l'on nomme jurés. II existe une 
cour d'assises par département (G. d'instr. crim., art. 251). 
Elle se réunit, soit au lieu où siège la cour d'appel, dans 
les départements où il y en a une, soit au chef-lieu du dé- 
partement, dans les autres, sauf quelques exceptions. Dans 
chaque département, les assises se tiennent tous les trois 
mois (G. d'instr. crim., art. 259). C'est le premier président 
de la cour d'appel qui fixe le jour de l'ouverture de la ses- 
sion (1. 20 avr, 1810, art. 20). Elles durent jusqu'à ce 
qu'il ait été statué sur toutes les affaires criminelles en état. 
Dans la pratique, elle ne dure jamais plus de quinze jours ; 
en cas de besoin, on préfère ouvrir une session supplé- 
mentaire dans le trimestre. Dans le dép. de^la Seine, vu le 
grand nombre des affaires, il y a six sessions par trimestre, 
de quinze jours en quinze jours. La cour d'assises se com- 
pose de deux éléments : des magistrats et des jurés. Les 
magistrats, qui forment la cour d'assises proprement dite, 
en prenant ce mot dans un sens étroit, sont au nombre de 
trois : un président et deux assesseurs. Le président de la 
cour est un conseiller de la cour d'appel du ressort, dé- 
signé pour remphr cette fonction, pendant tout le trimestre, 
par un arrêté du ministre de la justice, ou subsidiairement 
par le premier président de la cour d'appel. Les deux 
assesseurs sont, suivant que la cour d'assises siège au chef- 
lieu de la cour d'appel ou dans un autre département, 
deux conseillers à la cour ou deux juges du tribunal où 
se tiennent les assises. Outre ces trois magistrats, qui 
constituent la cour, il y a, auprès de toute cour d'assises, 
un représentant du ministère public, chargé de soutenir 
l'accusation ; c'est le procureur général, ses avocats géné- 
raux et ses substituts. Dans les départements qui ne sont 
pas le siège d'une cour d'appel, c'est le procureur de la 
République près le tribunal où se tiennent les assises, ou 
ses substituts. Mais, dans ces départements, le procureur 
général pourrait aller soutenir l'accusation lui-même ou 
déléguer un de ses substituts. 

Quant au jury, il se compose de douze citoyens, tirés au 
sort, avant chaque affaire, sur une liste, composée de trente 
à trente-six noms, qui est formée, avant le commencement 
de la session, suivant certaines règles étabhes par le code 
d'instruction criminelle et les lois du 21 nov. 1872 et 
31 juil. 1875 (V. Jury). Le même jury ne siège que pour 
une seule affaire. Avant chaque affaire, il est procédé à un 



nouveau tirage au sort. En cas de besoin, un ou deux jurés 
supplémentaires peuvent être adjoints au jury : ils ne pren- 
nent part au verdict que si, au moment de le rendre, le 
nombre des jurés est descendu au-dessous de douze. 

La procédure devant la cour d'assises est dominée par 
les règles générales ci-après. Le débat est public. La pro- 
cédure est entièrement orale. La preuve ne résulte que de 
l'intime conviction. Les débats sont continus. Ces règles 
sont intimement unies les unes aux autres par le lien de la 
logique. Il est évident que la publicité des débats n'existe 
entièrement que si le débat est oral. La lecture de déposi- 
tions recueillies par Finstruction ne saurait remplacer la 
comparution personnelle des témoins , leur confrontation 
entre eux et avec l'accusé. Du moment que le débat est 
entièrement oral, comme d'ailleurs les jurés n'ont à tran- 
cher que des questions de fait, non de droit , il est certain 
que leur conviction se formera d'après l'impression pro- 
duite sur leur esprit par l'ensemble des témoignages pro- 
duits. Ils ne seront liés par aucune preuve légale. Ils 
jugeront, dans leur conscience, d'après leur intime convic- 
tion. C'est, du reste, la loi qui le leur ordonne : « La loi 
ne demande pas compte aux jurés des moyens par lesquels 
ils se sont convaincus ; elle ne leur prescrit point de règles 
desquelles ils doivent faire particuHèrement dépendre la 
plénitude de la suffisance d'une preuve : elle leur prescrit 
de s'interroger eux-mêmes dans le silence et le recueille- 
ment et de chercher, dans la sincérité de leur conscience, 
quelle impression ont faite sur leur raison les preuves rap- 
portées contre l'accusé et les moyens de la défense (C. d'instr. 
crim., art. 342). » Le débat, étant oral, doit nécessairement 
être continu. Le débat ne doit pas être interrompu, mais 
il peut être suspendu. Il serait interrompu, si la cour, 
ayant commencé le jugement d'une affaire, procédait à 
d'autres actes étrangers aux débats : par exemple, com- 
mençait une nouvelle affaire. L'attention des jurés serait 
détournée, les débots rendus plus longs et confus. Mais le 
débat peut être suspendu, par exemple pour les repas des 
jurés. Dans ce cas, ils peuvent quitter la salle d'audience 
et communiquer librement avec le dehors. La jurispru- 
dence a toujours refusé d'admettre des enquêtes touchant 
les conversations tenues par les jurés hors du prétoire de 
la cour d'assises. Elle s'en rapporte, sur ce point, à leur 
loyauté et à leur conscience. Lorsque le tirage au sort du 
jury de l'affaire est^ terminé, les débats commencent immé- 
diatement. Le président de la cour est chargé par la loi de 
les diriger. II a même, pour tout ce qui peut favoriser la 
manifestation de la vérité, un pouvoir discrétionnaire 
(C. d'instr. crim., art. 267, 268, 269). Il a la pohce de l'au- 
dience. Les débats (V, Procédure criminelle), quand l'ac- 
cusé est présent, consistent essentiellement dans l'interro- 
gatoire de l'accusé, l'audition des témoins, la lecture des 
pièces dont le jury ne peut prendre connaissance autrement, 
le réquisitoire du ministère public, la plaidoirie de la dé- 
fense. C'est elle qui doit toujours avoir la parole en dernier 
lieu. Après quoi, le président de la cour remet aux jurés 
la feuille contenant les questions auxquelles ils doivent ré- 
pondre. Les jurés se retirent alors dans une salle spéciale, 
non publique, pour délibérer. 

Les attributions du jury , en matière criminelle, sont 
tout à fait distinctes de celles de la cour d'assises. Le jury 
n'a pour mission que de prononcer sur l'existence des 
faits. Mais il ne les qualifie pas. Le président de la cour, 
dans les questions qu'il remet au jury, doit avoir soin de 
ne point employer les termes techniques de la loi pénale, 
mais bien les définitions légales de ces mots. Le jury n'a 
donc point, en règle générale, à trancher des questions de 
qualification des faits, c.-à-d. des questions de droit. Il ne 
répond pas : « Un tel a commis un meurtre, un assassi- 
nat. » Il répond : « Un tel est coupable d'avoir donné vo- 
lontairement la mort... » Les décisions sont prises à la 
majorité absolue : le partage est favorable, en général, à 
l'accusé, sauf en ce qui concerne les circonstances atté- 
nuantes, qui ne peuvent être accordées que par sept voix* 



— 79 

Lorsqu'il a été répondu, par scrutins distincts et successifs, 
à toutes les questions posées, les jurés rentrent en séance 
publique et le président du jury donne lecture à haute 
Yoix des réponses du jury. Peut-être faudrait-il indiquer 
qu'il ne doit employer que la formule unique à la majorité 
sans mention plus précise de la répartitioD des suffrages. 
N'y a-t-il pas là, en effet, une occasion d'irrégularités de 
formes et par suite quelquefois matière à cassation? La 
cour, s'appuyant, d'une part, sur les réponses du jury, 
d'autre part, sur la loi pénale, rend alors son arrêt. Elle 
prononce la peine portée par la loi : si le verdict du jury 
est négatif, c'est le président seul qui rend l'ordonnance 
d'acquittement. La cour, en cas d'acquittement comme au 
cas de condamnation, statue sur les dommages-intérêts 
réclamés par la partie civile (C. d'instr. crim., art. 366). 
Il n'existe pas de juridiction d'appel au-dessus de la cour 
d'assises. Ses décisions sont en premier et en dernier res-^ 
sort. Mais elles peuvent faire l'objet, soit d'un pourvoi 
en cassation, soit d'un pourvoi en revision. Le pourvoi en 
cassation doit être formé dans un délai de trois jours 
francs. E. Gardeil. 

Cour de cassation (V. Cassation), 

Haute Cour de justice. — La plupart des gouver- 
nements qui se sont succédé en France et dans les pays 
étrangers depuis l'établissement du régime constitutionnel 
ont admis la nécessité de renvoyer les grands crimes poli- 
tiques à une juridiction spéciale ; généralement constituée 
pour juger les actes des chefs ou des principaux manda- 
taires du pouvoir exécutif, on lui a souvent confié égale- 
ment le jugement des attentats et complots contre la sûreté 
du souverain ou de l'Etat. On trouvera au mot Consti- 
tution toutes les indications au sujet de ce tribunal poli- 
tique, tel qu'il a été organisé par les diverses constitutions 
de la France et des pays étrangers. Pour la France, nous 
rappellerons que la haute cour de justice fut instituée par 
la loi du 10 mai 1791 (V. Constitution, t. XII, p. 641). 
Elle siégea à Orléans dès le mois de nov. 1791 , pour juger 
entre autres le ministre Delessert. Supprimée par décret du 
25 sept. 1792, elle fut rétablie par la constitution du 
5 fructidor an III (V. t. XII, p, 647) et maintenue par 
celles du 22 frimaire an VIU (V. t. XII, p, 649) et du 
28 floréal an XII (V. t, XII, p. 651) ; supprimée à la 
chute de l'Empire, elle ne fut pas rétablie pendant les 
Cent-Jours. L'acte additionnel, comme la Charte, confia ces 
attributions à la Chambre des pairs qui prenait alors le 
titre de Cour des pairs (V. ci-dessous). La constitution du 
4 nov. 1848 rétablit une haute cour de justice (V. t. XII, 
p, 656). Elle fut convoquée deux fois ; du 7 mars au 
2 avr. 1849, sous la présidence de Bérenger (de la Drôme), 
elle jugea à Bourges les auteurs de l'attentat du 15 mai 
1848 (V. Barbes, Blanqui et Mai [Journée du 15]); 
le 10 oct. 1849, elle se réunit à Versailles sous la prési- 
dence de Bérenger (de la Drôme) pour juger les accusés du 
mouvement républicain du 13 juin 1849; onze furent 
acquittés, trois condamnés à la déportation. Une tentative 
fut faite le 2 déc. 1851 pour convoquer la Haute Cour, 
conformément à l'art 68 de la constitution et procéder au 
jugement du président (V. Décembre [Coup d'Etat du 
Deux]). La constitution du 14 janv. 1852 maintint la 
haute cour avec une organisation analogue à celle de 1848 ; 
le sénatus -consulte du 10 juil. 1852 fut complété par 
celui du 4 juin 1858; on établit une chambre de mises en 
accusation distincte de celle de jugement, et attribua la 
nomination annuelle des juges (pris dans la cour de cas- 
sation) et du président à l'empereur. La haute cour fut 
compétente. 

La haute cour de justice du second Empire fut convo- 
quée deux fois. Elle fut réunie une première fois à Tours 
(21-25 mars 1870) pour juger le prince Pierre Bonaparte, 
cousin de l'empereur, accusé du meurtre du journaliste 
Victor Noir (V. ce nom), A la suite des déclarations du 
prince Pierre, qui affirma, contrairement à la déposition 
de M. de Fonvielle, qu'il n'avait tiré qu'en état de légi- 



COUR 

time défense, après avoir été frappé par Victor Noir, le 
haut jury rendit, le 25 mars, un verdict négatif sur les 
deux questions de meurtre et de tentative de meurtre qui 
lui étaient posées, et le président Glandaz prononça 
l'acquittement du prince. L'émotion que provoqua, dans 
l'opinion publique, ce scandaleux acquittement, commen- 
çait à peine à se calmer, lorsque, quelques mois plus tard, 
le 18 juil. 1870, le gouvernement réunit de nouveau la 
haute cour, à Blois, pour juger une affaire de complot 
contre la vie de l'empereur, dans laquelle furent retenus 
soixante-douze accusés ; parmi ces accusés figuraient, à 
côté d'agents provocateurs, des républicains comme Flou-» 
rens, Mégy, Félix Pyat, Tony Moilin, Dupont, etc. La 
haute cour fut présidée par M. Zangiacomi, conseiller à 
la cour de cassation ; les fonctions de ministère public 
furent attribuées à M. Grandperret. Le verdict fut rendu 
le 8 août : trente-quatre accusés furent déclarés cou- 
pables. Les uns, comme Flourens, furent condamnés à la 
déportation dans une enceinte fortifiée; d'autres, comme 
Mégy, furent envoyés aux travaux forcés ; quelques-uns 
furent condamnés seulement à la détention. D'ailleurs, 
moins d'un mois après, la révolution du 4 sept, rendait à 
la Hberté toutes ces victimes d'une intrigue policière. 

Lorsque, en 1871, au lendemain de la guerre franco- 
allemande, éclata l'insurrection de la Commune, il n'y avait 
plus en France de juridiction spéciale pour juger les atten- 
tats contre la sûreté de l'Etat. On sait que M. Thiers, chef 
du pouvoir exécutif, déféra les insurgés aux conseils de 
guerre, La constitution de 1875, qui a organisé définiti- 
vement le régime républicain en France, a attribué au 
Sénat une juridiction politique spéciale (V. Constitution, 
t. XII, p. 661 et 662, et Sénat). 

Pour les pays étrangers, V, Constitution, t. XII, 
notamment pour la Suède, p. 676 et 679 ; la Norvège, 
p. 688 ; pour les Pays-Bas, p. 692, etc. 

Cour de la Chaîne. — Juridiction maritime, instituée 
au xii^ siècle, dans les principaux ports du royaume chré- 
tien de Jérusalem. Cette juridiction spéciale fut créée pour 
répondre aux besoins du commerce maritime qui, sous les 
successeurs de Godefroy de Bouillon, mit les Orientaux en 
rapport avec les nations européennes de la Méditerranée 
et qui avait pour entrepôts les ports de la Syrie, Tyr, 
Joppé, Tripoli, Saint-Jean-d'Acre. Peut-être date-t-elle du 
règne d'Amauri P'^ (1162-1173), qui promulgua sept 
assises sur le droit maritime. — Dans chaque port, la cour 
de la Chaîne était composée de jurés pris parmi les notables 
commerçants. Elle connaissait des procès entre arma- 
teurs, capitaines ou matelots de toute nationalité, des 
diflicultés relatives à l'opération des contrats maritimes, des 
déhts et crimes de mer, etc. On trouve dans les Assises 
de Jérusalem (cour des Bourgeois) quelques dispositions 
qui se rapportent au droit maritime et qui étaient sans 
doute empruntées à la jurisprudence de la cour de la 
Chaîne ; on y voit notamment que les affaires entraînant 
l'application d'une peine, autre que l'amende ou l'empri- 
sonnement, n'étaient pas de sa compétence, mais devaient 
être renvoyées à la cour des Bourgeois, car le duel judi- 
ciaire, mode de preuve usité dans les procès qui pouvaient 
donner lieu à une peine plus grave, n'était pas admis « en 
cort de la mer ». — Après la prise de Saint-Jean-d'Acre 
par les musulmans (1291), quand les débris de l'Etat chré- 
tien furent transférés dans l'île de Chypre, la cour de la 
Chaîne fut étabhe à Nicosie, où elle fonctionna jusqu'à la 
conquête de l'île par les Vénitiens (1489). Ch. Mortet, 
Cour de la Fonde. — Juridiction mixte, instituée au 
xii^ siècle, dans les principales villes du royaume chrétien 
de Jérusalem, pour statuer sur les causes civiles des indi- 
gènes et sur les procès commerciaux qui s'élevaient entre 
eux et les Européens. Elle tirait son nom de la Fonde (en 
arabe, foîidouq), sorte de bazar où les marchands se réu- 
nissaient pour traiter de leurs affaires et où ils déposaient 
leurs marchandises. — Après la prise de Jérusalem, Gode- 
froy de Bouillon avait accordé aux Syriens la faveur de 



COUR 



- 80 — 



vivre sous leurs lois nationales et de conserver leurs anciens 
magistrats appelés reis. Mais, sous ses successeurs, les 
progrès de la conquête et les relations commerciales qui 
s'établirent entre les Syriens et les Européens amenèrent 
la suppression des cours indigènes et la création des cours 
de la Fonde, qui étaient composées de six jurés, dont qua- 
tre Syriens et deux Francs, et présidées par un bailli pris 
parmi les chevaliers ou les barons. On y appliquait la 
Jurisprudence de la cour des Bourgeois et non les cou- 
tumes syriennes. La compétence de ces cours s'étendait, 
ratione materiœ^ aux affaires commerciales, quelle que 
fût la nationalité des parties, rationœ personœ, aux 
affaires civiles des indigènes, quand la valeur du litige 
n'atteignait pas un marc d'argent. Pour les causes civiles 
d'une plus grande importance et pour les causes crimi- 
nelles, les Syriens relevaient de la cour des Bourgeois. — 
Les cours de la Fonde subsistèrent jusqu'à la destruction 
du royaume de Jérusalem (4294). Ch. Mortet. 

Cour des comptes. -— I. Historique.— Sous l'ancienne 
monarchie, il existait des chambres des comptes dans les 
diverses parties de la France; elles avaient pour principale 
mission de connaître en dernier ressort ce qu'on appelait 
alors la manutention des finances. Mais leurs attributions 
étaient beaucoup plus étendues que celles de la cour des 
comptes actuelle ; les chambres, au nombre de treize, étaient 
des tribunaux de comptabilité, exerçant sur les comptables 
une active surveillance, remplaçant, jusqu'à un certain 
point, une trésorerie alors mal organisée, et ayant sur les 
comptables les pouvoirs d'une juridiction criminelle, char- 
gée de poursuivre les délits de concussion. La chambre des 
comptes de Paris avait des attributions spéciales qui con- 
cernaient : 4^ l'ordre public, et sous ce rapport, elle enre- 
gistrait les édits, ordonnances et déclarations qui formaient 
le droit général du royaume, les traités de paix, les con- 
trats de mariage des rois; 2° l'administration des finances; 
ce second objet comprenait l'enregistrement des déclarations 
et lettres patentes concernant la forme des comptes; les 
jugements des comptes des recettes générales des domaines 
et de celle des finances ; 3° la conservation des domaines du 
roi et des droits régaliens ; et sous ce troisième rapport, 
elle vérifiait et enregistrait toutes les ordonnances regar- 
dant la conservation et la manutention du domaine, et les 
édits qui permettaient des engagements de ce domaine. 

La loi des 7-44 sept. 4790, art. 42, posa en principe la 
suppression des chambres des comptes, suppression réali- 
sée par la loi des 47-29 sept. 4794 ; aux termes du titre 2, 
l'Assemblée constituante se réservait le droit de voir et 
apurer définitivement par elle-même les comptes de la 
nation. Ce mode de procéder, en opposition absolue avec le 
principe de la séparation des pouvoirs que l'Assemblée 
venait de proclamer, fut maintenu jusqu'à la constitution 
de 4793 qui, par ses art. 405 et 406, prescrivit la no- 
mination de vérificateurs choisis par le pouvoir exécutif, 
surveillés par des commissaires pris dans le sein du Corps 
législatif. La constitution de Tan III, art. 325 et sui- 
vants, créa cinq commissaires de la trésorerie et cinq 
commissaires de comptabilité, élus par le conseil des An- 
ciens, sur une liste triple, présentée par le conseil des 
Cinq-Cents, le règlement définitif des comptes étant d'ail- 
leurs toujours réservé au pouvoir législatif. La constitu- 
tion de l'an VIII, art. 89, institua une commission de 
comptabilité nationale chargée de régler et vérifier les 
comptes des recettes et des dépenses de la Répubhque. Cette 
commission était composée de sept membres choisis par le 
Sénat. Ces diverses commissions indépendantes, il est vrai, 
du Trésor, mais privées de caractère et trop peu nombreuses, 
ne présentant d'ailleurs aucune des garanties d'une magis- 
trature inamovible, ne purent remplir complètement leur 
mission. Pour donner une plus grande autorité à cet exa- 
men de la fortune publique, et pour se conformer d'ailleurs 
au caractère de la nouvelle administration française cen- 
tralisée dans toutes ses parties, l'empereur Napoléon I^^, sur 
la proposition du ministre du Trésor, Mollien, conçut en 



4807 la pensée de confier le jugement des comptes à une 
magistrature d'un ordre élevé, et de créer une juridiction 
ayant qualité pour apurer les comptes, dégager les comp- 
tables, afiîrmer, après examen, l'exactitude des comptes de 
finances, et les soumettre ainsi au règlement d'une cour 
suprême. La loi du 46 sept. 4807 et le décret du 28 du 
même mois, instituèrent et organisèrent la cour des comptes 
en lui confiant la double mission de contrôler et de juger 
tous les faits de recettes et de dépenses intéressant les 
deniers pubHcs. L'empereur Napoléon P^ en instituant cette 
haute juridiction, voulut, en premier lieu, assurer immé- 
diatement le prompt apurement d'une grande quantité de 
comptes arriérés ; en second lieu, s'appuyer sur un grand 
corps de magistrature chargé de ramener les comptables, et 
dans une certaine limite, comme nous le verrons, les ordon- 
nateurs des dépenses, à une régularité qui garantît, pour 
l'avenir, la bonne gestion des finances. Pour ne laisser 
aucun doute sur l'éminente position qu'il entendait donner 
à la cour des comptes, il déclara, dans la loi d'institution 
(art. 7), qu'elle prendrait rang immédiatement après la 
cour de cassation, et jouirait des mêmes prérogatives. 

IL Composition et organisation. — La cour des comptes 
se compose d'un premier président, de trois présidents, de 
dix-huit conseillers maîtres, et la loi du 46 sept. 4807 
ajoutait, de conseillers référendaires en nombre qui sera 
déterminé par le gouvernement. En vertu des décrets des 
42 déc. 4860 et 47 juil. 4880, le nombre est aujourd'hui 
de quatre-vingt-six, vingt-six de première classe et soixante 
de seconde classe. Le premier président a la haute direction 
de tous les travaux de la cour ainsi que la poHce et la sur- 
veillance générale. Il préside de droit les assemblées géné- 
rales et les réunions de la cour en chambré du conseil. Il 
fait entre les conseillers référendaires la distribution des 
comptes à vérifier. Il donne aux magistrats de la cour les 
avertissements nécessaires, et provoque au besoin l'appli- 
cation des mesures disciphnaires prévues par le décret du 
49 mars 4852. Il adresse tous les trois mois au garde des 
sceaux l'état de situation des travaux de la cour, pour être 
porté à la connaissance du chef de l'Etat. Les présidents 
des chambres déterminent l'ordre dans lequel les rapports 
des conseillers référendaires sont entendus, font la distri- 
bution de ces rapports aux conseillers maîtres ; ils dirigent 
les discussions et délibérations de la chambre, recueillent 
les opinions, prononcent les arrêts et en signent les minutes 
(décret du 23 sept. 4807, art. 30 à 33). Les conseillers 
maîtres siègent comme juges dans la chambre à laquelle ils 
sont attachés (même décret, art. 28). 

Il est formé trois chambres composées d'un président 
et de six maîtres des comptes; le premier président peut 
présider chaque chambre toutes les fois qu'il le juge con- 
venable. Chaque année deux membres de chaque chambre 
sont répartis entre les deux autres chambres, ou placés 
dans une seule, selon que les besoins du service l'exigent. 
Les décisions sont prises dans chaque chambre à la majo- 
rité des voix ; en cas de partage, la voix du président est 
prépondérante. Chaque chambre ne peut juger qu'à cinq 
membres au moins. Les conseillers référendaires ne sont 
spécialement attachés à aucune chambre; ils sont chargés 
de faire des rapports sur les comptes qui leur sont distri- 
bués ; ils n'ont pas voix délibérative. La réunion des trois 
chambres de la cour forme ce qu'on appelle la chambre du 
conseil. Les principales attributions de cette chambre con- 
sistent dans la discussion des rapports à fin de déclarations 
générales de conformité et du rapport public. Elle connaît 
aussi des observations renvoyées par les trois chambres de 
la cour sur les diverses natures de comptabilité, afin d'éclair- 
cir les points douteux et d'arriver, autant que possible, à 
une jurisprudence uniforme. Il y a près de la cour vingt- 
cinq auditeurs divisés en deux classes, quinze de première 
classe et dix de seconde : ils sont placés sous la direction 
du premier président qui les adjoint aux conseillers réfé- 
rendaires pour prendre part aux travaux d'instruction et 
de vérification dont ces derniers sont chargés. Après quatre 



84 



COUR 



années d*examen, les auditeurs désignés par décret du pré- 
sident de la République peuvent être autorisés à faire direc- 
tement des rapports aux chambres de la cour, et à signer 
les arrêts rendus sur leurs rapports (décret du 25 déc. 
4869). Par assimilation avec la magistrature ordinaire, les 
présidents, conseillers maîtres et conseillers référendaires, 
jouissent de l'inamovibilité. Par voie de conséquence, un 
décret du 49 mars 4852 a déclaré applicable aux membres 
de la cour des comptes le décret du 4^' mars précédent, 
sur la mise à la retraite des magistrats ; dès lors, les pré- 
sidents et maîtres des comptes sont retraités à soixante- 
quinze ans, comme les membres de la cour de cassation ; 
les conseillers rélérendaires à l'âge de soixante-dix ans, 
âge de la retraite des conseillers à la cour d'appel. Le décret 
du 49 mars 4852, par ses art. 3 et 4, donne pouvoir à la 
cour des comptes, réunie en chambre du conseil, de pro- 
noncer d'office, sur la réquisition du procureur général, la 
censure, la suspension ou la déchéance contre ceux de ses 
membres qui auraient manqué à leurs devoirs profession- 
nels et compromis leur dignité. Toutefois, la suspension et 
la déchéance ne sont exécutoires qu'en vertu d'un décret 
du président de la République rendu sur le rapport du 
ministre des finances. 

Les prescriptions de la loi du 9 juin 4853 sur les pen- 
sions civiles sont applicables aux magistrats de la cour des 
comptes. La résidence à Paris est obligatoire pour les 
membres de la cour. Ils sont nommés par décret du chet 
de l'Etat sur la proposition du ministre des finances. Les 
présidents et les conseillers maîtres ne peuvent être nom- 
més avant trente ans accomplis, les conseillers référen- 
daires avant vin^t-cinq ans. Nul ne peut être nommé con- 
seiller référendaire de première classe s'il n'a passé deux 
ans au moins dans la deuxième classe ; ce passage à la classe 
supérieure s'effectue moitié au choix, moitié à l'ancien- 
neté. Les vacances parmi les conseillers référendaires de 
deuxième classe sont réservées pour moitié aux auditeurs 
de première classe. Les auditeurs sont nommés par la voie 
du concours ; la liste des candidats est arrêtée par le mi- 
nistre des finances. Pour être admis à concourir, il faut 
être licencié en droit, âgé de vingt et un ans au moins, 
et n'avoir pas plus de vingt-huit ans (décrets des 23 oct. 
4856, U et 25 déc. 4859, 42 déc. 4860, 49 mars 4864 
et 25 déc. 4869). 

Il existe près de tous les tribunaux une magistrature spé- 
ciale connue sous le nom de ministère public, et qui a pour 
mission de surveiller l'action des tribunaux près desquels 
elle est placée, de pourvoir à l'appRcation des lois et d'en 
requérir d'office, en certains cas, l'exécution. Pour la cour 
des comptes, la loi d'organisation du 46 sept. 4807 por- 
tait qu'il y aurait un procureur général près cette cour, et 
le décret du 28 sept, suivant, art. 36 à 44, a déterminé les 
attributions de ce fonctionnaire. Le procureur général 
n'avait alors près de lui qu'un parquet composé d'em- 
ployés; les décrets des 47 juil. 4880 et 40 mai 4888 lui 
ont adjoint un avocat général. Comme dans les tribunaux 
ordinaires, le ministère public ne prenant pas part aux 
décisions des chambres, on n'a pas vu d'inconvénients à 
ce qu'il fût révocable ; le procureur général est donc amo- 
vible. Quant à l'avocat général, choisi, en vertu d'un 
décret, parmi les conseillers référendaires de première 
classe, il a le même caractère que les autres magistrats 
de la cour des comptes, c.-à-d. l'inamovibilité; seulement, 
en tant qu'avocat général, il peut être révoqué de ses fonc- 
tions spéciales. Le procureur général ne peut exercer son 
ministère que par voie de réquisition ; ces réquisitions ou 
conclusions sont toujours par écrit. Le procureur général 
peut cependant, dans certains cas, assister aux séances des 
chambres et y prendre la parole (décret du 47 juil. 4880, 
art. 3). Les rapports entre les chambres et le parquet ont 
été réglementés par un arrêté du premier président du 
23 févr. 4884; aux termes de cet arrêté, lorsque le pro- 
cureur général le juge à propos, il peut demander par écrit 
au président de la Chambre compétente à venir développer 

GRANDE ENCYCLOPÉDIE. — XIÏI. 



oralement ses conclusions : lorsqu^il les a développées, la 
cour passe à la délibération en dehors de sa présence. 

Le procureur général fait dresser un état général de tous 
les justiciables de la cour. Il s'assure s'ils sont ou non exacts 
à présenter leurs comptes dans les délais fixés par les lois et 
règlements, et requiert contre ceux qui sont en retard l'ap- 
plication des peines, soit des amendes fixées par la loi. Il 
appartient au procureur général de suivre près de l'admi- 
nistration les formalités nécessaires pour saisir la cour. Il 
s'assure si les chambres tiennent ^réguhèrement leurs 
séances, et si les conseillers référendaires et les auditeurs 
font exactement leurs services, et en cas de négligence, il 
adresse au premier président les réquisitions nécessaires 
(décret du 23 sept. 4807, art. 37 et 38). Il transmet aux 
ministres compétents les expéditions des arrêts de la cour, 
et suit devant elle l'instruction et le jugement des demandes 
en revision, pour cause d'erreurs, omissions, doubles et 
faux emplois reconnus à la charge du trésor public, des 
départements ; et lorsque les comptables sont justiciables 
de la cour, à la charge des communes, des hospices et des 
établissements publics et de bienfaisance. Toutes les de- 
mandes en mainlevée, réduction ou translations d'hypo- 
thèques sont communiquées au procureur général avant 
d'y être statué (décret précité, art. 39 et 44). Toutes les 
fois qu'une prévention de faux ou de concussion est élevée 
contre un comptable, le procureur général est appelé à la 
chambre et entendu en ses conclusions avant d'y être 
statué. Ces crimes de faux ou de concussion ne sont plus 
de la compétence de la cour; aux termes de l'art. 46 de la 
loi du 46 sept. 4807, elle doit en référer au ministre de la 
justice qui en fera poursuivre les auteurs devant les tribu- 
naux compétents. Mais comme il s'agit d'une mesure d'ordre 
public, d'une lettre adressée, s'il y a lieu, au ministre com- 
pétent, et non d'un arrêt à rendre, le procureur général 
appelé à la chambre donne lecture de ses conclusions. 
Le procureur général peut prendre communication de 
tous les comptes dans l'examen desquels il croit son minis- 
tère nécessaire ; il peut requérir cette communication, et 
chaque chambre peut l'ordonner d'office. Il adresse au 
ministre des finances des rapports trimestriels sur la situa- 
tion des jugements de la cour des comptes (décret du 6 juin 
4850; 42 août 4854, art. 6). 

Le procureur général est tenu de correspondre avec les 
ministres sur tous les renseignements qu'ils peuvent avoir 
à demander pour l'exécution des arrêts, les saisies, oppo- 
sitions et inscriptions hypothécaires. Lorsque la chambre 
du conseil statue par voie de déclaration générale, de con- 
formité, délibère sur le rapport public, sur les questions 
générales de jurisprudence et sur les affaires d'ordre inté- 
rieur, le ministère public prend part au vote comme aux 
débats. Le procureur général est encore appelé, s'il le juge 
opportun, à signaler au ministre des finances le défaut de 
surveillance dont les comptables supérieurs se seraient ren- 
dus coupables vis-à-vis des receveurs municipaux et hospi- 
taliers justiciables de la cour des comptes. 

Il y a près de la cour des comptes un greffe, à la tête 
duquel se trouve un greffier en chef; il assiste aux assem- 
blées générales et y tient la plume ; des commis greffiers 
tiennent la plume aux audiences des chambres. Le greffier 
en chef est chargé de tenir les différents registres, et no- 
tamment celui dé délibérations de la cour en chambre du 
conseil. Il est chargé de veiller à la conservation de la 
minute des arrêts, d'en faire faire des expéditions, de garder 
les pièces qui lui sont confiées, et de concourir à la sup- 
pression de ces mêmes pièces aux époques et dans les formes 
déterminées par les règlements. En cas d'empêchement, 
le premier président désigne un commis greffier. 

III. Compétence. — La compétence de la cour des comptes 
s'étend sur la France, l'Algérie et les colonies ; les comp- 
tabilités soumises au jugement de la cour peuvent être divi- 
sées en quatre catégories : 4*^ comptabilités intéressant 
directement le trésor public ou rattachées pour ordre au 
budget de l'Etat ; 2° comptabilités du Trésor ne donnant 

6 



COUll — 8^ 

pas lieu à un maniement de fonds par les comptables qui 
rendent compte; 3* comptabilités des communes et des 
établissements publics et de bienfaisance ; 4*^ comptabilités 
en matières. 

4^ Comptabilités intéressant directement le trésor 
public ou rattachées pour ordre au budget de l'Etat, 
En principe, le jugement des comptes des agents comptables 
du Trésor avait été attribué à la cour par la loi du 16 sept. 
4807; mais, pendant plus de dix ans, on ne soumettait 
à ce jugement que des comptes collectifs présentés par les 
directeurs généraux des régies financières; comptables 
d'ordre qui n'avaient pas de responsabilité réelle. Mais peu 
à peu, par suite des prescriptions de diverses lois, ordon- 
nances et règlements, la cour put se faire produire les 
comptes individuels de comptables responsables. Elle juge 
donc aujourd'hui les comptes suivants : les trésoriers- 
payeurs généraux et le receveur central de la Seine qui 
sont chargés de la perception des contributions directes, 
et les trésoriers-payeurs du payement de toutes les dépenses' 
de l'Etat, à l'exception des frais de perception des autres 
régies financières (ordonnance du 48 nov. 4847). Les 
trésoriers-payeurs généraux rendent compte : 4** de leurs 
propres opérations et de celles effectuées par les receveurs 
particuliers et les percepteurs comptables subordonnés sous 
leurs ordres ; 2«> des opérations faites pour le compte du 
département dans lequel ils exercent leurs fonctions ; 3° des 
opérations dont ils sont chargés pour divers services 
spéciaux, et des opérations de trésoreries; et à ce der- 
nier titre, ils centralisent les recettes, excèdent les besoins 
des autres régies financières. Le receveur central de la 
Seine rend compte des opérations de recettes faites par les 
comptables subordonnés, les receveurs d'arrondissement de 
la ville de Paris, et les percepteurs du département de la 
Seine. Les receveurs principaux des douanes, des contribu- 
tions indirectes, des postes et télégraphes ; les comptes de ces 
trois ordres de comptables présentent, non seulement leurs 
propres opérations, mais aussi celles des autres comptables 
de leurs circonscriptions qui leur sont subordonnés (ordon- 
nances des 48 sept. 4847, 8 nov. 4820, 48 févr. 4827; 
décret du 27 nov. 4864). Les receveurs de l'enregistre- 
ment, des domaines et du timbre, et les conservateurs dos 
hypothèques (ordonnance du 48 nov. 4847). Le caissier- 
payeur central du trésor public (ordonnances des 48 nov. 
4847 et 5 avr. 4848). Le payeur central de la dette 
publique (décret du 27 mars 4875). Ce décret attribue à 
un comptable distinct qui prend la qualification de payeur 
central de la dette publique le payement des arrérages de 
rente, des pensions et de certaines valeurs du trésor 
public, confié précédemment au caissier payeur central. Les 
payeurs d'armée (ordonnance du 48 nov. 4847). Les tré- 
soriers-payeurs en Algérie (ordonnances des 21 août 4839 
et 46 déc. 1843). Les receveurs principaux des contribu- 
tions directes, des douanes, des postes et les receveurs de 
l'enregistrement en Algérie (ibid.). Les trésoriers des colo- 
nies (loi du 27 juin i84i ; décrets des 26 sept. 4855 et 
20 nov. 4882). Les receveurs des postes dans les stations 
étrangères (ordonnance du 8 déc. 4820), Le caissier agent 
comptable de la Monnaie (ordonnance du 20 nov. 4879). 
L'agent comptable de la Légion d'honneur (loi des finances 
du 29 juil. 4884 et décret du i^^ déc. suivant). Le tréso- 
rier général des invalides de la marine (décret du 44 févr. 
4809 et du 47 nov. 4885). L'agent comptable de l'Ecole 
centrale des arts et manufactures (loi du 43 mai 4863). 
Le caissier de l'Imprimerie nationale (ordonnance du 23 juil. 
4823 ; loi du 9 juil. 4836). Le caissier général des che- 
mins de fer de l'Etat (décret du 25 mars 4878). L'agent 
comptable de la caisse nationale d'épargne (loi du 9 avr. 
4881 ; décret du 34 août suivant). Le caissier de la caisse 
des dépôts et consignations et de la caisse d'amortissement 
(ordonnance du 42 Jmai 4825). La cour reçoit en outre 
chaque année les revues de la solde des troupes de terre et 
do mer, documents qui servent à constater la régularité 
des opérations effectuées dans chaque régiment pour le 



paiement de l'effectif ; ces revues forment un complément 
indispensable des opérations comprises dans les comptes des 
trésoriers payeurs généraux au titre des ministères de la 
guerre et de la marine. L'agent comptable des chancelle- 
ries diplomatiques et consulaires (décrets des 46 janv. 4877 
et 44 août 4880). Les comptes de la Monnaie, de la Légion 
d'honneur, des invalides de la mai'ine, de l'Imprimerie 
nationale, des chemins de fer de l'Etat, de la caisse 
d'épargne postale, sont rattachés pour ordre au budget de 
l'Etat. 

2*^ Comptabilités ne donnant pas lieu à un manie-' 
ment de fonds par les comptables qui résident compte* 
Ces comptabilités ont pour but de présenter une régulière 
constatation de modifications effectuées dans certaines na- 
tures d'opérations qui peuvent engager soit la responsabilité 
du Trésor, soit celle des comptables chargés des services. 
L'agent comptable du grand livre de la dette publique et de 
celui des pensions (accroissement ou réduction) (ordonnance 
du 8 déc. 4844). L'agent comptable du transfert et muta- 
tion à Paris. Dans les départements, les trésoriers-payeurs 
généraux sont chargés de ce service (ordonnance de 4 2 nov. 
4826). L'agent comptable des reconversions et renouvelle- 
ment de rentes au porteur (décret du 44 déc. 4876). Le 
premier de ces agents a pour mission de faire connaître les 
modifications survenues chaque année sur le grand livre de 
la dette publique ; soit que de nouveaux emprunts aient 
accru la dette, soit qu'elle ait été réduite par l'amortisse- 
ment et d'autres causes ; et les accroissements et réductions 
survenus dans les pensions servies par l'Etat. Les deux 
autres agents constatent les changements opérés chaque 
année dans la propriété des titres de rentes nominatives, 
ou dans les inscriptions au porteur; ils rendent des comptes ; 
la cour ne prononce la Mbération de ces comptables qu'après 
avoir reconnu : 4*^ que les inscriptions n'excèdent pas les 
autorisations législatives en vertu desquelles elles ont été 
inscrites ; 2^ que lesdites inscriptions ont eu lieu sur 
pièces régulières. L'agent comptable des traites de la marine, 
chargé de suivre la régularisation des payements effectués 
sur traites pour certaines dépenses de la marine par des 
agents résidant hors de France et autorisés à émettre ces 
traites sur le Trésor. Cet agent comptable n'a pas de manie- 
ment de fonds ; les traites revêtues du vu bon à payer du 
ministre de la marine, sont soldées par le caissier payeur 
central du Trésor (ordonnance du 4 3 mai 4838). 

L'agent comptable des virements de compte dont la mis- 
sion consiste à produire à la cour un résumé général des 
modifications apportées*pendant le cours d'un exercice dans 
les écritures officielles de la comptabilité publique, tant en 
recette qu'en dépense, par suite de changements d'imputa- 
tion, de compensations, de mouvements de comptes cou- 
rants; d'unemanière générale, d'opérations qui ne donnent 
lieu à aucune entrée ni à aucune sortie matérielle de fonds. 
Cet agent doit justifier par pièces que les modifications dans 
les écritures ont été régulièrement opérées (ordonnance du 
9 juil. 4826). 

3<> Comptabilités des communes^ des établissements 
publics et de bienfaisance. En ce qui concerne les établisse- 
ments publics, les comptes des économes des lycées natio- 
naux, de l'Ecole normale supérieure, de l'école forestière de 
Nancy, de l'école normale spéciale de Cluny, des lycées de 
filles, et des écoles normales primaires, sont jugées par la 
cour quel que soit le chiffre des revenus (ordonnance du 
20 mars 4829, règlement du 46 oct. 4867, règlement du 
3 juin 4858, loi. du 23 juil. d882). Il en est de même des 
comptes des receveurs des étabHssements généraux de bien- 
faisance et d'utilité publique, savoir : l'hospice national des 
Quinze-Vingts, les Jeunes Aveugles, les Sourds-Muets de 
Paris, la maison nationale de Charenton, les asiles natio- 
tionaux de Vincennes et du Vésinet, les Sourdes-Muettes de 
Bordeaux, les Sourds-Muets de Chambéry, l'hospice du 
Mont-Genèvre (ordonnances des 44 mai 4834, 43 févr. 
4844 ; décret du 20 mars 4855). Quant aux autres 
comptes compris dans ce paragraphe, soit les communes et 



- 83 



COUR 



les établissements de bienfaisance, la loi organique de 
4807 n'avait attribué à la cour que le jugement des comptes 
des communes dont les budgets étaient arrêtés par l'empe- 
reur; L'ordonnance du 23 avr. 4823 étendit sa juridiction 
à toutes celles dont les revenus s'élevaient à 40,000 fr. 
L'ordonnance du 22 janv. 4834 y ajouta les comptes des 
hospices et établissements de bienfaisance. Aujourd'hui 
pour ces diverses personnes morales, la cour est compé- 
tente pour juger, lorsque les revenus ordinaires se sont éle- 
vés pendant trois exercices consécutifs à plus de 30,000 fr. , 
êavoir : les comptes des receveurs de communes, établisse- 
sements de bienfaisance, hôpitaux, hospices, asiles d'alié- 
nés, dépôts de mendicité (loi du 48 juil. 4832, ordonnance 
du 48 déc. 4839, règlement du 30 juin 4865, décret du 

27 janv. 4866, loi du 5 avr. 4884). Les trésoriers des 
associations syndicales créés dans un but d'utilité générale, 
et régulièrement autorisées par le gouvernement, sont assu- 
jettis aux règles de la comptabilité communale (loi du 24 juin 
4865). Les caissiers des monts-de-piété (loi du 24 juin 
4854). La cour, en ce qui concerne ces comptabilités, est 
chargée d'une autre mission ; elle statue sur les appels for- 
més contre les arrêtés rendus par les conseils de préfecture 
sur les comptabilités que ceux-ci ont àjuger, soit les comptes 
des communes, des établissements de bienfaisance, hospices, 
hôpitaux et associations syndicales dans les termes de la loi 
du 24 juin 4865, dont les revenus ordinaires ne s'élèvent 
pas à 30,000 fr. Les conseils de préfecture, en effet, ne 
jugent pas en dernier ressort (ordonnances des 28 janv. 4845, 
21 mai 4847, 34 oct. 4824, lois des 48 juiL 4837, art. 66, 
5 avr. 4884, art. 457, 24 juin 1865, art. 46). Les pour- 
vois devant la cour des comptes ne sont pas suspensifs, 
aux termes d'un avis du conseil d'Etat du 9 févr. 4808. 
Toutefois, la cour saisie du pourvoi peut, si elle le juge 
convenable, accorder un sursis (art. 4575 de l'instruction 
générale du 20 juin 4859). Les formes à observer pour la 
procédure à suivre, introduction de ces pourvois devant la 
cour, et leur jugement ont été fixés par une ordonnance du 

28 déc. 4830. Aux colonies, tous les comptes de communes, 
établissements de bienfaisance, quel que soit le chiffre des 
revenus, et certains comptes des contributions indirectes 
attribués au service local, c.-à-d. à chaque colonie, sont 
jugés par les conseils privés ; ce sont des conseils qui sont 
en grande partie des attributions analogues à celles des 
conseils de préfecture. La cour statue seulement sur les 
appels formés contre les règlements prononcés par ces con- 
seils privés à l'égard des comptes des comptables soumis à 
leur juridiction. 

4" Comptabilités en matières* Ces comptabilités se divi- 
sent en deux parties : 4*^ Celles qui sont rattachées aux 
comptabilités en deniers, ainsi: le compte de l'agent comp- 
table de l'Imprimerie nationale, comprenant les caractères 
d'impression et les livres en magasin ; les comptes rela- 
tifs aux papiers timbrés, aux timbres mobiles, et rattachés 
aux comptabilités des receveurs des contributions indirectes ; 
la comptabilité des timbres-poste rattachée aux comptes ren- 
dus par les receveurs principaux des postes et télégraphes. 
Les matières et deniers appartenant aux lycées, aux écoles 
normales compris dans les comptes des économes. I^es 
comptes des préposés à la vente des poudres et à la vente 
des tabacs. La cour statue sur ces divers comptes en géné- 
ral dans le même arrêt que sur chaque comptabilité de 
deniers correspondants (ordonnance du 8 nov. 4 820) . Le cais- 
sier agent comptable du Journal officiel (décret du 30 déc. 
4880). 2° Les matières de consommation et de transfor- 
mation appartenant à l'Etat. En ce qui concerne les minis- 
tères de la guerre, de la marine, de l'intérieur (service des 
prisons), de l'agriculture, du" commerce et des finances 
(service des postes et télégraphes), il y a dans chaque maga- 
sin, chantier, usine, arsenal et autres établissements appar- 
tenant à l'Etat, un agent responsable des matières qui y 
sont déposées. Cet agent est comptable de la quantité des 
dites matières suivant l'unité applicable à chacune d'elles. 
Dans les trois prmiiers mois de chaque année, ces agents 



font parvenir au ministère compétent le compte de leur 
gestion de la précédente année. Puis, les ministres trans- 
mettent à la cour les comptes individuels des comptables 
de leurs départements, appuyés des pièces justificatives dont 
la production est prescrite par les règlements. La loi du 
6 juin 4843 a attribué le contrôle de ces comptabilités en 
matières à la cour des comptes ; mais celle-ci ne juge pas 
ces comptabihtés par des arrêts, elle procède par voie de dé- 
claration, c.-à-d. que la cour n'a pas de juridiction directe 
sur les comptables des matières. C'est pour ce motif que 
la loi précitée de 4843 ne dit pas : la « cour juge », mais 
seulement que les comptes sont soumis à son contrôle. La 
cour, dans ses déclarations, signale seulement par des men- 
tions les irrégularités constatées; elle adresse à chaque 
ministre de qui relèvent les établissements les résultats de 
son examen. Chaque ministre ordonne les redressements à 
opérer s'il y a Heu, puis informe la cour de la suite don- 
née à ses observations. Les comptables auxquels s'appli-* 
quent la loi précitée du 6 juin 4843 et l'ordonnance portant 
règlement du 46 août 4844, sont les suivants : mmistère 
de la guerre: services des vivres, hôpitaux, habillements, 
campements, harnachements, équipages militaires, remonte, 
fourrages, artillerie, génie, école de maréchalerie. Les 
comptes sont dressés par unités simples (décrets portant 
règlem. du 49 nov. 4874 et du 9 sept. 4888).— Ministère 
de la marine : services de l'habillement des équipages de la 
flotte, habillements des troupes, casernement, hôpitaux, 
vivres, justice maritime, approvisionnements généraux de la 
flotte; travaux hydrauliques et bâtiments civiles, chiourmes, 
chauffage et éclairage. Les comptes matières de la marine 
sont présentés en valeurs et par unités collectives (dé- 
cret portant règlement du 43 déc. 4845; instructions des 
4«'' oct. 4854 et 30 nov. 4857; décret du 23 nov. 
4887). — Ministère de l'agriculture: écoles vétérinaires, 
écoles d'agriculture, vacheries et bergeries, établisse- 
ments thermaux, haras et dépôts d'étalons. — Ministère du 
commerce : écoles d'arts et métiers, école d'horlogerie 
de Cluzes (règlements des 4^^^ févr. 4850 et 29 avr. 
4854). — Ministère de l'intérieur : maisons de force et de 
correction, colonies agricoles de jeunes détenus, services 
des transports cellulaires, maisons centrales (règlement du 
26 déc. 4853). — Ministère des finances : matériel des postes 
et des lignes télégraphiques. Pour ces trois derniers minis- 
tères, la comptabilité est tenue par unités simples et par 
quantité (comptes généraux rendus par les ministres com- 
pétents, et comprenant le matériel de transformation et de 
consommation appartenant à l'Etat). Enfin, outre ces di- 
verses attributions, la cour juge les comptabilités qui lui 
sont régulièrement attribuées par des lois ou des décrets ; 
de plus, elle juge également ce qu'on appelle les comptabi- 
lités occultes et irrégulières ; aux termes des lois, ordon- 
nances et décrets sur les matières, toute personne autre 
(jue le comptable, qui, sans autorisation légale, se serait 
ingérée dans le maniement des deniers publics, est, par ce 
seul fait, constituée comptable, sans préjudice des pour- 
suites prévues par l'art. 258 du code pénal comme s'étant 
immiscée sans titre dans des fonctions publiques. Les ges- 
tiens occultes sont soumises aux mêmes juridictions et 
entraînent la même responsabilité que les gestions patentes 
et réguHèrement décrites. La cour juge les comptes ren- 
dus quel que soit le chiffre des opérations à la condition 
que les comptabilités elles-mêmes dans lesquelles on aura 
découvert ce maniement irrégulier de deniers publics soient 
soumises à sa juridiction. Si ces sortes de comptabilités 
étaient signalées dans les comptes soumis au jugement des 
conseils de préfecture, ceux-ci seraient chargés de les 
juger sauf appel à la cour des comptes (instruction générale 
du 20 juin4859, art. 848; décretdu 34 mai4862, art. 25; 
loi du 5 avr. 4884, art. 66), 

5<* Formes de la vérification et du jugement des 
comptes» La loi du 46 sept. 4807 reprenant les règles obser- 
vées pour la vérification des comptes, a considérablement sim- 
plifié le mode de procéder antérieur à 4789. Devant les 



COUR — \ 

anciennes chambres des comptes, les comptables étaient 
assujettis, pour la présentation de leurs comptes, à l'en- 
tremise d'officiers ministériels dénommés procureurs aux 
comptes- Les chambres des comptes se composaient d'au- 
diteurs, de correcteurs et de maîtres. Un compte à vérifier 
était d'abord envoyé à un auditeur dont la mission con- 
sistait à vérifier ce qu'on appelait la législation de compte, 
c.-à-d. si chaque article de recette et de dépense était 
suffisamment justifié d'après les lois sur la matière. Alors 
il était fait rapport à la chambre des maîtres qui ren- 
daient un premier arrêt d'admission ou de rejet. Dans le 
deuxième cas, il fallait recommencer à produire des pièces 
ou en compléter la production pour revenir ensuite à une 
nouvelle vérification des auditeurs. Dans le premier cas, 
le compte passait à la correction, c.-à-d. à l'examen des 
correcteurs qui vérifiaient le matériel du compte, l'exacti- 
tude des calculs. Sur leurs rapports, également faits à 
la chambre des maîtres, il sortait un ou plusieurs arrêts, 
où le comptable enfin obtenait sa décharge. On a pensé 
tout d'abord qu'il y avait double emploi dans la filière des 
auditeurs et des correcteurs, dont une seule classe aurait 
pu juger simultanément la légalité et le matériel des 
comptes. Les lois relatives aux commissions de comptabi- 
lité et la loi du 16 sept. 4807 ont donc supprimé : P l'en- 
tremise des procureurs qui entraînait des frais reconnus 
inutiles : 2^ les divers ordres d'examen des comptes. Au- 
jourd'hui, lorsque les justiciables ont fait parvenir leurs 
comptes au greffe de la cour, dans les formes et dans les 
délais prescrits par les lois et règlements, le premier pré- 
sident fait la distribution de ces comptes entre les con- 
seillers référendaires en indiquant la chambre à laquelle le 
rapport doit être fait; et chaque conseiller référendaire exa- 
mine le compte à lui distribué, et fait un rapport pour provo- 
quer un arrêt sur l'ensemble dudit compte. Le conseiller ré- 
férendaire ne peut être chargé deux fois de suite de la 
vérification des comptes d'un même comptable, et le conseiller 
maître ne peut, non plus, être nommé deux fois de suite 
rapporteur dans les mêmes conditions. Les conseillers ré- 
férendaires sont tenus de vérifier eux-mêmes tous les 
comptes qui leur sont distribués ; ils rédigent sur chaque 
compte un rapport raisonné contenant leurs observations 
sur la recette et la dépense dans l'ordre des articles, puis 
ils établissent la ligne de compte, c.-à-d. la situation du 
comptable soit à sa sortie de fonctions, soit au 31 déc, et 
dans ce dernier cas présentent l'excédent de recettes qui 
sera repris au compte suivant. Les observations sont de 
deux natures, soit les charges, payements de recettes ou 
rejets de dépenses, et les souffrances, observations prove- 
nant de critiques portant sur les pièces mêmes, et dont 
chaque article a paru susceptible relativement aux comp- 
tables ; soit la composition des recettes avec les lois qui 
les ont autorisées, et des dépenses avec les crédits sur 
lesquels elles sont imputées, et qui donnent lieu à des 
remises à la chambre du conseil, chargée de statuer défini- 
tivement sur les déclarations générales de conformité et 
sur le rapport au chef de l'Etat (loi du 16 sept. 1807, 
art. 20 ; décret du 28 sept, suivant, art. 24). Les magis- 
trats peuvent entendre les comptables ou leurs fondés de 
pouvoir pour l'instruction des comptes ; la correspondance 
est préparée et remise par eux au président de la chambre 
qui doit entendre le rapport. Lorsque la vérification d'un 
compte exige le concours de plusieurs référendaires, le 
premier président désigne un conseiller référendaire de 
première classe, qui est chargé de diriger le travail, de 
recueillir les observations, de faire le rapport d'ensemble 
à la chambre. Les référendaires qui ont pris part à la véri- 
fication assistent aux séances de la chambre pendant le 
rapport. Le compte, le rapport, les pièces à l'appui sont 
mis sur le bureau, pour y avoir recours au besoin. Le 
président fait la distribution du rapport à un maître qui 
est tenu de vérifier si le référendaire a fait lui-même le 
travail, et si les difficultés élevées dans le rapport sont 
fondées. Le maître présente ensuite son opinion motivée à 



la chambre, qui statue à la majorité des voix, le conseiller 
référendaire préalablement entendu, mais seulement à titre 
consultatif. La minute des arrêts rédigée par les conseillers 
référendaires rapporteurs est signée de lui et du président 
de la chambre ; elle est remise avec les pièces à l'appui au 
greffier en chef qui la présente à la signature du premier 
président, et en délivre les expéditions. Les arrêts de la 
cour des comptes sont provisoires ou définitifs ; dans le 
sens ordinaire, on appelle jugement provisoire celui par 
lequel un tribunal décide actuellement et par provision, 
certaines questions détachées de la cause principale et qui 
présentent un caractère d'origine. Tel n'est pas le sens 
de ce mot provisoire employé pour les décisions émanant 
de la cour des comptes. Un arrêt provisoire, bien qu'ayant 
cette dénomination, est rendu sur l'ensemble de la comp- 
tabilité soumise au jugement de la cour ; il est provi- 
soire en ce sens seulement qu'il est le premier rendu sur 
cette comptabiUté. En effet, la cour juge sur pièces, et les 
comptables ne sont admis à discuter ni en personne ni par 
ministère d'avocat les articles de leurs comptes; dès lors, 
il n'y a pas débat contradictoire ; il en résulte que le pre- 
mier arrêt rendu sur un compte est toujours provisoire. Il 
est accordé deux mois au comptable pour répondre, par 
écrit, aux charges et injonctions qu'il contient et pro- 
duire les justifications nécessaires. Si cet arrêt n'a pu être 
exécuté ou contredit dans les deux mois, la cour peut, à 
l'expiration de ce délai, rendre un arrêt définitif qui met 
à la charge du comptable par des forcements de recette et 
des rejets de dépense les sommes ou une partie des sommes 
qui ont fait l'objet des charges ou injonctions contenues 
dans le premier arrêt. — Dans le cas où, au contraire, les 
comptables ont produit des justifications ou expHcations en 
réponse au premier arrêt, la cour les apprécie, et si elle 
ne fait aucune observation nouvelle, elle prononce défini- 
tivement sur le compte (loi du 28 pluviôse an III, art. 14; 
arrêté des conseils du 29 frimaire an IX ; circulaire minis- 
térielle du 29 mai 1831 ; art. 1560 de l'instruction géné- 
rale du 20 juin 1859). 

La cour établit par ses arrêts définitifs si les comptables 
sont quittes ou en avance ou en débet; dans les deux 
premiers cas, elle prononce bien décharge définitive, et si 
les comptables ont cessé leurs fonctions, elle ordonne 
mainlevée et radiation des oppositions et inscriptions hy- 
pothécaires mises sur leurs biens à raison de la gestion 
dont le compte est jugé. Si la cour constate que les comp- 
tables sont en avance, elle se borne à le mentionner, et 
renvoie ses justiciables à se pourvoir devant qui de droit 
pour obtenir le remboursement de la somme avancée. 
Dans le troisième cas, la cour condamne les comptables à 
solder leur débet dans les délais prescrits (loi du 16 sept. 
1807, art. 13). Une expédition de chaque arrêt rendu 
sur les comptes du Trésor est adressée par le procureur 
général au ministre des finances chargé d'en suivre 
l'exécution. Pour les communes et les établissements de 
bienfaisance, les arrêts sont communiqués par le ministre 
des finances aux préfets dans un délai de quinze jours, à 
partir de la réception au ministère de l'expédition de 
l'arrêt, qui a été envoyée par le procureur général près la 
cour des comptes, conformément à l'art. 39 du décret du 
28 sept. 1807. Les préfets, dans un délai de huit jours, 
notifient par lettres recommandées, avec demande d'avis 
de réception, aux maires et aux administrateurs des éta- 
blissements assimilés, les arrêts de la cour communiqués 
par le ministre des finances. Les préfets constatent, par un 
procès-verbal arrêté à la fin de chaque trimestre, l'envoi 
aux maires et aux administrateurs des arrêts communiqués 
par le ministre des finances, et les numéros des bulletins 
de dépôt délivrés par la poste. Ils adressent à la cour des 
comptes, par l'entremise du ministre des finances, le 
procès-verbal, en y annexant les bulletins de dépôt et les 
avis de réception (décret du 12 juil. 1887, art. 1 et 2). 
En ce qui concerne les lycées et les écoles normales, les 
arrêts sont adressés au ministre de l'instrution publique et 



— 85 — 



COUR 



notifiés aux comptables par Fentremise des recteurs 
(règlement du 16 oct. 1867 ; décret du 29 juil. 1887). 

La mission de la cour des comptes est circonscrite dans 
une matière spéciale et déterminée, le jugement des 
comptes ; sa juridiction est exceptionnelle. Il en résulte 
que si dans l'examen d'un compte, la cour trouve des 
faux ou des concussions, elle ne peut en connaître ; elle 
doit en rendre compte au ministre des finances, et en 
référer au ministre de la justice qui fera poursuivre les 
auteurs devant les tribunaux compétents (loi du 16 sept. 
1807, art. 16; décret du 28 sept, suivant, art. 41). Dans 
l'esprit de son institution, la cour des comptes ne pourrait 
pas détruire, par un refus d'allocation, l'effet des ordon- 
nances de payement ou des mandats délivrés par les ordon- 
nateurs. Elle n'est juge que des faits des comptables et 
non de ceux des administrateurs investis de la puissance 
executive, dont la responsabilité, concentrée dans celle des 
ministres, ne relève que du chef de FEtat et des Chambres 
législatives. Elle ne peut donc, dans aucun cas, s'attribuer 
juridiction sur les ordonnateurs, ni refuser aux comptables 
de l'Etat l'allocation des payements faits par eux sur ordon- 
nances revêtues des formalités prescrites et accompagnées 
des acquits des parties prenantes, ainsi que des pièces 
constatant que leur effet est d'acquitter une dette réguliè- 
rement justifiée. Ces pièces sont déterminées, par nature de 
service, dans des nomenclatures arrêtées de concert entre 
le ministre des finances et les ministres ordonnateurs (loi du 
16 sept., 1807, art. 18; ordonnance du 15 sept. 1822, 
art. 10 ; décret du 31 mai 1862, art.88). La cour n'a sur 
les ordonnateurs qu'un droit de contrôle qui s'exerce sur 
les comptes d'administration rendus chaque année par les 
ministres, chacun pour son département. 

IV. Voies de recours. — La cour des comptes est une 
cour souveraine dont les arrêts sont rendus en dernier 
ressort ; cependant ces arrêts sont soumis à deux voies de 
recours extraordinaires : 1" la revision; 2^ la cassation. 

Revisio7i, On appelle re vision l'examen fait à nouveau 
de tout ou partie des articles d'un compte, par le même 
tribunal qui l'avait définitivement jugé. En raison du ca- 
ractère définitif de la première décision rendue, cette revi- 
sion ne peut avoir lieu que dans les cas spéciaux déter- 
minés par la loi. Aux termes de l'art. 14 de la loi du 
16 sept. 1807, la cour, nonobstant l'arrêt qui aurait jucçé 
définitivement un compte, peut procéder à la revision, soit 
sur la demande du comptable, appuyée de pièces justifi- 
catives recouvrées depuis l'arrêt, soit d'office, soit à la 
réquisition du procureur général, pour erreur, omission, 
faux ou double emploi reconnus pour la vérification 
d'autres comptes. La re vision est un acte exceptionnel qui 
remet en question la chose définitivement jugée ; elle ne 
peut être admise que dans les cas suivants : si la demande 
est formée par les comptables, il suffit pour rendre cette 
demande en revision recevable, qu'elle soit appuyée de 
pièces justificatives recouvrées depuis Farrêt de la cour, le 
comptable devant prouver que ces pièces ont une existence 
antérieure à l'arrêt définitif. Si l'affaire est évoquée d'office 
par la cour ou sur la réquisition du procureur général, il 
faut que les erreurs soient reconnues pour la vérification 
d'autres comptes. — Il s'agit d'ailleurs dans l'espèce, sui- 
vant la jurisprudence constante de la cour des comptes, 
d'erreurs matérielles, d'omissions de recette ou de dépense 
sur un compte jugé, de falsification soit de date, soit 
d'écritures pouvant entraîner des doubles emplois. Cette 
action, analogue à celle autorisée par les art. 488 et 541 
du code de procéd. civ., ne se prescrit qu'après trente années 
révolues. La requête en revision doit être notifiée à la 
partie adverse, FEtat, le département, la commune ou 
l'établissement public ; la cour rend un premier arrêt dé- 
clarant s'il y a lieu à revision ; cet arrêt est notifié aux 
parties, et dans le cas de l'admission, il leur est accordé 
deux mois pour produire leurs moyens de défense. Un 
second arrêt statue ensuite sur le fond (art. 1572 de 
l'instruction générale du 20 juin 1859). 



Cassation, Les arrêts de lia cour des comptes contre les 
comptables sont exécutoires, ils ne peuvent être attaqués 
que pour violation des formes ou de la loi devant le conseil 
d'Etat. En effet, si la cour emprunte les formes judiciaires 
sous le rapport de son organisation et de sa procédure, 
ses décisions, sous le rapport du jugement des comptes, 
sont considérées comme faisant partie du contentieux ad- 
ministratif ; elles aboutissent donc au conseil d'Etat qui 
possède la plénitude de ce contentieux. Dans le cas où un 
comptable se croit fondé à attaquer un arrêt, il se pourvoit 
dans les trois mois, pour tout délai, à partir de la notifi- 
cation de Farrêt, au conseil d'Etat, conformément au 
règlement sur le contentieux. Le ministre des finances, et 
tout autre ministre pour ce qui concerne son département, 
peut, dans le même délai, faire son rapport au président 
de la République et proposer le renvoi au conseil d'Etat de 
sa demande en cassation des arrêts qu'il croira devoir être 
cassés pour violation des formes ou de la loi (loi du 
16 sept. 1807, art. 17). Le pourvoi devant le conseil d'Etat 
n'a pas d'effet suspensif (décret du 22 juil. 1806, art. 6). 
Le conseil d'Etat statue, en ce cas, non pas comme cour 
d'appel, la cour des comptes ayant une juridiction souve- 
raine, mais comme cour de cassation ; il ne pourrait donc 
ni retenir ni juger le fond de l'affaire, laquelle, sauf le cas 
de cassation pour incompétence, est renvoyée à la cour 
des comptes et portée pour le jugement du fond devant 
une des Chambres qui n'en a pas connu. Dans le cas oti 
un ou plusieurs membres de la chambre qui a rendu le 
premier arrêt sont passés à la chambre nouvellement saisie 
de Faffaire, ils s'abstiennent d'en connaître, et ils sont, si 
besoin est, remplacés par d'autres conseillers maîtres en 
suivant l'ordre de leur nomination (ordonnance du 16 sept. 
1819, art. 1 et 2). 

V. Déclaration générale de conformité. — Outre sa 
mission comme corps judiciaire, la cour agissant alors 
comme corps politique doit éclairer le pouvoir exécutif 
et le pouvoir législatif sur la gestion de la fortune pu- 
blique ; elle ne procède pas en ce cas par des arrêts, mais 
par des déclarations générales de conformité. Ce sont des 
déclarations constatant la conformité qui doit exister entre 
les arrêts rendus par la cour sur les comptes individuels 
des comptables du Trésor et les comptes rendus par les mi- 
nistres. En effet, les ministres, entant qu'ordonnateurs des 
dépenses, rendent des comptes généraux ; l'un de ces 
comptes, le compte général de l'administration des finances 
est un compte annuel qui comprend toutes les opérations 
effectuées d'un 1^^ janv. au 31 déc. d'une année sur tout 
le territoire, et qui présente le relevé des opérations re- 
tracées dans les écritures de la comptabilité publique ; 
les autres sont des comptes d'exercice rendus par tous les 
ministres et comprenant en recette et en dépense toutes 
les opérations effectuées d'un l''^ janv. à la clôture de 
Fexercice, aujourd'hui au 30 avr. de Fannée suivante, sur 
un même budget ; le ministre des finances y joint le compte 
des recettes pour ce même laps de temps (loi du 25 mars 
1817, art. 148 à 153; ordonnances des 14 sept. 1822, 
art. 22 ; 10 déc. 1823, titre 2, et 9 juil. 1826). La cour 
est appelée à démontrer que les nombreuses opérations 
relatives au budget de FEtat et exécutées pendant toute la 
durée de Fexercice sur tous les points du territoire ont 
été régulièrement effectuées ; que les lois et règlements qui 
régissent les finances ont été observés avec exactitude par 
les ordonnateurs comme par les comptables. PAir arriver 
à constater la conformité entre les arrêts de la cour et les 
comptes des ministres, la cour reçoit du ministère des 
finances des résumés généraux reproduisant les faits com- 
pris dans les comptes individuels des comptables avec les 
divisions adoptées pour les comptes ministériels. Chaque 
chambre de la cour rend, selon sa compétence, une 
déclaration partielle sur les résultats de la comparaison 
établie entre les opérations portées dans les comptes indi- 
viduels des comptables et les comptes généraux dont il 
vient d'être question. On produit un résumé par nature de 



COUR 



^ 86 - 



comptabilité et par exercice pour les comptabilités ratta- 
chées pour ordre au budget de l'Etat. On joint à ces divers 
résumés les comptes du caissier-payeur central du Trésor, 
du payeur de la dette publique et le résumé général des 
virements des comptes. 

A l'aide de ces divers documents, la cour rend donc deux 
déclarations générales ; par la première, elle déclare que 
le compte général de l'administration des finances pour 
Tannée qui se rapporte au compte rendu, est d'accord 
pour les opérations de toute nature effectuées pour les 
comptables d'un 1®^ janv. au 31 déc. de l'année, avec les 
arrêts rendus sur les comptes individuels des comptables 
du Trésor pour cette même année. Cette première déclaration 
constate, en outre, l'accord existant entre les résultats 
des mêmes arrêts et les résultats corrélatifs du bilan de 
l'administration des finances, tel qu'il est compris au 
compte général. Par la deuxième déclaration, la cour 
constate que les recettes et les dépenses comprises dans 
les comptes des ministres pour un exercice entier sont 
conformes aux résultats des arrêts rendus sur les opéra- 
tions correspondantes portées dans les comptes des comp- 
tables des finances, et appuyées des pièces justificatives 
qui leur servent de preuves (ordonnance du 9 juil.d826). 
Cette deuxième déclaration qui statue sur la situation défi- 
nitive de l'exercice expiré, comprend les faits accomplis 
pendant, la période entière d'exécution d'un budget. Aussi 
elle est adressée au ministre des finances pour être im- 
primée et communiquée au Sénat et à la Chambre des dé- 
putés avant qu'il ne soit statué sur le projet de règlement 
législatif du budget de l'exercice auquel s'applique cette 
déclaration (arrêté du 29 nov. 4848, art. 7). Cette 
deuxième déclaration ne se borne pas à une simple consta- 
tation de conformité, mais elle formule des réserves, si- 
gnale les irrégularités pouvant engager la responsabilité 
des ministres, et présente toutes autres observations qui 
peuvent être utiles au contrôle d'un budget. Elle doit être 
adressée au ministre des finances avant le 4^^ mai de 
l'année qui suit la clôture de l'exercice expiré (décret du 
25 janv. 1889, art. 7). Ces déclarations générales de 
conformité sont arrêtées en chambre de conseil, le pro- 
cureur général entendu en ses conclusions ; elles sont 
ensuite prononcées en audience solennelle et publique par 
le premier président. La cour prononce également, en 
audience solennelle, dans les mêmes formes, des déclara- 
tions générales sur la conformité des résultats des comptes 
individuels des comptables en matières, avec les résultats 
des comptes généraux publiés par les ministres compé- 
tents en ce qui concerne les matières de consommation et 
de transformation (ordonnance du 26 août 4844, art. 44). 
La cour doit également mentionner dans sa déclaration sur 
les comptes matières du ministre de la marine la situation 
annuelle des approvisionnements de la flotte (loi du 8 mars 
4850, art. 4). 

VI. Rapport annuel. — Le rapport annuel au président 
delà République a pour objet de taire connaître le résultat 
général des travaux de la cour, et les voies de réforme et 
d'amélioration dont les différentes parties de la comptabi- 
lité lui ont paru susceptibles. Ce rapport est préparé par 
un comité spécial formé chaque année par le premier pré- 
sident et composé des présidents, du procureur général et 
de trois conseillers maîtres désignés par les chambres, 
pour procéder à un premier examen du projet de rapport. 
Les élémete consistent dans les observations présentées par 
les conseillers référendaires, résultant de la comparaison de 
la nature des recettes avec les lois et de la nature des dé- 
penses avec les crédits. La rédaction est ensuite discutée, 
délibérée et arrêtée en chambre de conseil, en présence 
du procureur général, pour être portée, après ce dernier 
examen, à la connaissance du président de la République 
(loi du 46 sept. 4807, art. 20 et 22; décret organique du 
46 sept, suivant, art. 24 et 29 ; décret du 34 mai 1862, 
art. 446 et 447). Ce rapport est imprimé et distribué aux 
chambres législatives en même temps que les éclaircisse- 



ments fournis par les divers ministères (loi du 22 avr. 
4832, art. 45). H. Colmet-Daâge. 

Cour des pairs. — Ancien régime. — • On appelait 
ainsi, sous la monarchie capétienne, la cour de justice qui 
jugeait les procès concernant les pairs de France et dans 
laquelle devait siéger un certain nombre de ces pairs. Ce 
n'était pas, à proprement parler, une juridiction particu- 
lière, mais plutôt une assise exceptionnelle du Parlement 
de Paris, dans laquelle la composition ordinaire de cette 
cour était modifiée à raison de la qualité de l'une ou de 
l'autre des parties comparantes. 

A la fin du xiii^ siècle, on donnait le nom de pairs de 
France (pares Franciœ) à douze grands feudataires du 
royaume, parmi lesquels six seigneurs laïques : les ducs 
de Normandie, d'Aquitaine, de Bourgogne, les comtes de 
Flandre, de Toulouse et de Champagne, et six seigneurs 
ecclésiastiques : l'archevêque de Reims, les évêques de 
Laon, Noyon, Châlons, Beauvais et Langres. C'est l'adjonc- 
tion de ces douze pairs aux membres ordinaires du Parle- 
ment qui constituait la cour des pairs [ciiria parium) 
telle qu'elle apparaît dans les documents judiciaires de cette 
époque. — La question de savoir à quelle époque remon- 
tait l'organisation de cette cour est fort complexe et encore 
mal éclaircie, faute de textes précis. On a longtemps enseigné, 
sur la foi du chroniqueur Mathieu Paris, que cette insti- 
tution datait de Philippe-Auguste et qu'elle avait été créée 
de toutes pièces par ce roi à l'occasion du procès de Jean 
sans Terre (4202). Cette doctrine est aujourd'hui aban- 
donnée, avec d'autant plus de raison que l'on né connaît 
pas la composition de la cour qui jugea Jean sans Terre. 
Les travaux les plus récents sur l'origine des institutions 
judiciaires de la monarchie capétienne donnent lieu de croire 
que la cour des pairs s'est formée dans le courant du 
xiii® siècle par une lente évolution dont voici les phases 
essentielles. 

Pendant le xi® et le xii® siècle, on voit siéger auprès des 
rois capétiens un conseil unique, appelé curia régis, dont 
la composition n'a rien de régulier, où le roi convoque à 
son gré les principaux de ses fidèles et qu'il consulte aussi 
bien sur les questions politiques ou ecclésiastiques que sur 
les affaires judiciaires. Quelques historiens ont cru à l'exis- 
tence simultanée de deux cours distinctes, l'une purement 
féodale, exclusivement composée des vassaux du domaine 
royal qui étaient liés au roi par l'hommage et le contrat 
du fief; l'autre, plus large, comprenant les seigneurs du 
royaume qui n'étaient liés que par le serment de fidélité et 
que le roi convoquait en vertu de sa souveraineté. Mais 
cette distinction, qui peut être fondée en théorie, ne se 
vérifie pas en fait : dans les séances de la curia dont le 
procès- verbal a été conservé, on voit siéger indistinctement, 
à côté des prélats et des hauts barons du royaume, les 
petits vassaux du domaine, les officiers du palais et même 
les représentants de quelques villes de bourgeoisie ; en un 
mot, tous ceux qui étaient tenus envers le roi du service 
de cour, sans distinguer s'ils le devaient comme vassaux 
ou comme fidèles. C'est devant cette cour unique, composée 
d'éléments divers, que comparaissaient tous les justiciables 
du roi, aussi bien les grands vassaux de la couronne et les 
hauts dignitaires de l'Eglise que les petits vassaux et les 
hommes hbres du domaine royal (V. l'arrêt de 4453 entre 
le duc de Bourgogne et l'évêque de Langres). — A la 
vérité, les textes du xi® et du xii® siècle mentionnent sou- 
vent, en parlant de la cour du roi comme en parlant des 
autres cours féodales, le jugement par les pairs {judicium 
parium). Mais alors le mot pair avait un sens large, con- 
forme à son étymologie : le jugement des pairs était, sui- 
vant le principe qui a .dominé toute l'histoire des institutions 
judiciaires depuis l'invasion germanique jusqu'au xiii^ siècle, 
le jugement des parties en cause par leurs égaux, c.-à-d. 
par ceux qui occupaient le même rang dans la société ; 
par conséquent la qualité des personnes à qui on appliquait 
ce titre de pair variait dans chaque procès, suivant la 
condition sociale des parties en cause. C'est ainsi que les 



vassaux cités devant la cour du roi n'étaient jugés par 
leurs pairs que s'il y avait dans cette cour un certain 
nombre de vassaux de même rang qu'eux; les seigneurs 
liés envers lui par la seule fidélité et non par l'hommage, 
les clercs, les hommes libres ne reconnaissaient comme 
leurs pairs que des juges pris parmi les fidèles, les clercs, 
les hommes libres. Or la cour du roi était, comme on l'a vu, 
composée d'éléments si variés qu'il était rare que la partie 
mise en cause n'y trouvât quelques-uns de ses pairs, et si 
ceux qui y siégeaient n'atteignaient pas le nombre fixé par 
la coutume de sa région (généralement cinq, quelquefois 
davantage), elle pouvait exiger qu'on en convoquât quelques- 
uns de plus. Mais il faut bien remarquer que les autres mem- 
bres de la cour ne cessaient pas d'en faire partie ; ils con- 
servaient le droit de juger avec les pairs de la partie citée, 
et même si les pairs convoqués ne se présentaient pas au 
jour fixé, la cour passait outre et jugeait valablement. En 
prenant donc le mot jt?air dans le sens large et étymologique 
du mot qu'il avait au xi® et au xn® siècle, on peut dire que, 
sous les premiers Capétiens, ce n'étaient pas seulement les 
causes de quelques privilégiés, mais toutes les affaires sou- 
mises à la cour du roi, qui étaient décidées par le jugement 
des pairs : en ce sens, la caria régis, comme les autres 
cours féodales du royaume, était toujours une cour des 
pairs. 

Mais vers la fin du xn® siècle ce mot prit une significa- 
tion plus étroite. On sait que la tendance constante des 
rois capétiens fut de restreindre dans leur curia la part 
de l'élément féodal, en y faisant entrer un nombre déplus 
en plus considérable d'officiers de leur palais et de conseil- 
lers intimes, pris parmi les clercs, les légistes, les nobles 
de petite naissance ou les bourgeois. Cette tendance est 
surtout visible à partir du règne de Louis VII, dont la 
cour se divise déjà en deux groupes, d'une part les opti- 
mates, de l'autre les consiliarii ou jiidices. Il en résulta 
que peu à peu, au lieu d'appartenir aux pairs des parties 
comparantes, la décision des procès passa aux mains d'ua 
corps de juges proprement dits, plus compétents et plus 
dociles à la volonté royaleque les représentants de la féoda- 
lité laïque ou ecclésiastique. Les petits vassaux du domaine, 
trop faibles pour résister, s'inclinèrent devant ce nouvel 
état de choses ; seuls les grands vassaux de la couronne 
protestèrent avec succès, et gardèrent le droit d'être tou- 
jours convoqués quand il s'agirait de juger l'un d'eux. Dès 
lors le titre de pair de la cour de France (pares Franciœ), 
qui convenait jusque-là à tous les membres de la cour du 
roi, fut réservé aux principaux d'entre eux {principes, 
majores pares) et devint un titre privilégié. Dès M7'I, 
on le donne à l'archevêque de Reims, comme une qualifi- 
cation honorifique ; mais c'est surtout au commencement 
du xm® siècle, notamment dans des arrêts de 1216, 1224, 
1230, que les pairs (pares regni nostri, pares Franciœ) 
sont nettement distingués des autres membres de la cour 
du roi. Dès lors l'existence d'une pairie, au sens étroit du 
mot, fut officiellement affirmée et comme l'antique juge- 
ment par les pairs n'était plus réellement pratiqué, à la 
cour du roi, que lorsque les pairs de France étaient con- 
voqués pour juger l'un d'entre eux, il fut naturel de 
réserver le nom de cour des pairs aux assises de la cour 
du roi dans lesquels les pairs de France étaient adjoints 
aux conseillers ordinaires. Les pairs voulaient même aller 
plus loin : en 1224, à l'occasion d'un procès entre la com- 
tesse de Flandre et Jean de Nesle, ils osèrent prétendre que 
le chancelier, le bouteiller, le chambrier et le connétable 
n'avaient pas le droit de siéger avec eux et que la cour 
assemblée pour le jugement d'un pair ne devait être com- 
posée que de pairs ; mais les officiers du palais réclamè- 
rent, en s'appuyant sur les us et coutumes de France, et la 
cour du roi leur donna gain de cause. — En résumé, on 
peut dire que c'est du jour où, dans la cour du roi, le juge- 
ment par les pairs (lato sensu) devint le privilège de 
quelques grands feudataires, que date la création de la 
cour des pairs {stricto sensu). Il est à remarquer qu'une 



— COUR 

transformation analogue s'opéra vers la même époque dans 
les cours seigneuriales de quelques grands fiefs : le terme 
de pair, qui s'appliquait d'abord à tous les vassaux dont 
cette cour était composée, fut réservé aux principaux d'entre 
eux, aux majores pares, suivant l'expression de la 
charte accordée par Philippe-Auguste, en 1195, aux bour- 
geois de Saint-Quentin. C'est ainsi que le comte de Flandre 
eut douze pairs, le comte de Hainaut en eut huit, le comte 
de Champagne sept, le comte de Vermandois six. 

Le nombre des pairs de France, qui d'abord n'était pas 
limité ni toujours porté par les mêmes personnages, fut 
fixé à douze, dès la seconde moitié du xm« siècle, et défi- 
nitivement attribué aux six feudataires laïques et aux six 
dignitaires ecclésiastiques qui ont été énumérés plus haut. 
La royauté eut profit à constituer ainsi la pairie judiciaire 
en cercle fermé : sans éliminer tout, à fait de sa cour l'élé- 
ment féodal (ce qui eût diminué son prestige et son auto- 
rité sur les seigneurs), elle restreignait dans des limites 
fort rassurantes pour son pouvoir le nombre des vassaux 
assez puissants pour revendic[uer le titre et le privilège de 
pair de France. — Pourquoi ce nombre de douze fut-il 
choisi et pourquoi cette dignité fut-elle conférée à ces feu- 
dataires plutôt qu'à d'autres? Questions obscures, aux- 
quelles on ne peut répondre gue par des hypothèses. La 
tradition poétique qui atlribuait douze pairs à Charlemagne, 
en souvenir du Christ et des douze apôtres, et dont la trace 
la plus ancienneseretrouve,au XI® siècle, dans la Chanson 
de Roland, ne fut probablement pas sans influence sur le 
chiffre choisi. Les pairies laïques furent attribuées aux 
chefs des six principaux fiefs du royaume ; quant aux pai- 
ries ecclésiastiques, tout ce qu'on peut dire c'est qu'elles 
appartinrent à des prélats dont les diocèses faisaient alors 
partie du domaine royal. — Pendant les siècles qui suivi- 
rent, le nombre des pairs de France ne resta pas limité à 
douze. Dès le règne de Philippe le Bel, la royauté s'at- 
tribua le droit de créer de nouveaux pairs, choisis parmi 
les princes de la famille royale : ce fut d'abord, en 1297, 
pour remplacer trois pairies vacantes par ex,tinction, puis, 
dès 1327, le nombre de douze fut dépassé. A partir de 
1424, la dignité fut conférée à des princes étrangers à la 
famille royale; à partir de 1551, à de simples gen- 
tilshommes. Ces nouveaux pairs furent investis des mêmes 
privilèges que les anciens, et malgré les protestations du 
parlement, firent comme eux partie de la cour des pairs 
(affaire du duc d'Alençon, 1458 ; lit de justice du 12 
févr. 1551). Loin de donner des gages à la féodalité en 
augmentant ainsi le nombre des pairs, la royauté accrois- 
sait son propre pouvoir ; car la pairie étant désormais une 
émanation de la puissance royale, appendix coronœ, sui- 
vant l'expression de Philippe le Bel. Aussi les créations de 
pairies allèrent-elles se multipliant jusqu'à la fin de l'an- 
cien régime, soit pour remplacer celles qui s'éteignaient 
faute d'héritiers en ligne directe, soit pour conférer à un 
comte ou à duc la plus haute dignité dont la faveur royale 
pût honorer la noblesse sous l'ancienne monarchie : en 1789, 
il y avait quarante-cinq pairies, dont sept ecclésiastiques 
et trente-huit laïques. — Ce n'est pas ici le lieu d'expo- 
ser l'histoire générale de la pairie, ni les droits, privi- 
lèges et honneurs divers qui appartinrent aux pairs de 
France (V. Pair de France, Pairie) ; dans les développe- 
ments qui suivent, on ne s'occupera des pairs de France 
qu'au point de vue de leur prérogative judiciaire, en tant 
que membres de la cour des pairs. 

Dans le principe, la cour des pairs devait être réunie 
toutes les fois qu'un pair de France était en cause, qu'il 
fût demandeur ou défendeur, et quel que fût l'objet du 
procès, en matière civile aussi bien qu'en matière crimi- 
nelle. Mais la royauté chercha de bonne heure à res- 
treindre cette large compétence. Dès 1259, par un arrêt 
du parlement renouvelé en 1295, elle s'arrogea, malgré la 
résistance des pairs, le droit de distinguer, suivant l'objet 
du procès, s'il y avait ou non cas de pairie ; et il fut 
bientôt de jurisprudence qu'un pair ne pouvait demander 



COUR - 

k être jugé par la cour des pairs qu'en matière criminelle 
{quia tangit honorem personœ) et dans les procès civils 
où il s'agissait des droits de sa pairie {quia agitur de 
baronia et parria). Plus tard, la formule fut un peu élargie 
et à la fin ae l'ancien régime, on jugeait en cour des pairs 
toutes les causes « concernant l'état des pairs, leur dignité, 
ou les droits de leur pairie ». Quant aux procès qui 
n'étaient pas compris dans cette catégorie, les pairs res- 
taient, en vertu du priy'ûègeàe committimiis, jusikiàhles 
du parlement de Paris. Mais la cour qui les jugeait alors 
n'était qu'une assise ordinaire du parlement : en fait, des 
pairs pouvaient y assister puisqu'ils avaient tous entrée et 
voix délibérative aux séances du parlement; mais, endroit, 
leur présence ou leur convocation n'était point nécessaire, 
comme dans les cas de pairie, pour la validité de la sen- 
tence. 

La procédure suivie devant la cour des pairs n'était 
réglée que par une tradition assez vague et mal établie ; 
elle donna lieu sur bien des points à de vives discussions 
jusque dans les derniers temps de la monarchie. Le parle- 
ment de Paris, héritier direct de l'ancienne cour du roi, 
était le seul de tous les parlements de France qui pût être 
constitué en cour des pairs : le parlement de Toulouse 
s'étant permis, au xvni^ siècle, de décréter d'accusation un 
pair de France, le duc de Fitz-James, un arrêt du parle- 
ment de Paris du 30 déc. 4763 annula ce décret. — C'est 
au roi seul qu'il appartenait de convoquer la cour des 
pairs. Fallait-il pour chaque affaire une commission 
expresse du roi ? C'est ce que soutenaient les pairs, con- 
trairement à l'avis du parlement ; la question, qui se posa 
encore au xviii® siècle dans l'affaire du duc de La Force 
(4721) ne fut jamais expressément résolue. En fait, le roi 
convoquait la cour des pairs par lettres patentes et appe- 
lait par lettres individuelles chacun des membres qui 
devaient y siéger. L'ordre de comparution devait être notifié 
au défendeur ou à l'accusé par deux de ses pairs ; mais 
cette règle féodale, exactement suivie à l'origine, tomba 
peu à peu en désuétude ; on admit que les deux pairs pou- 
vaient être remplacés par deux chevaliers, puis par de 
simples sergents du roi. — Jusqu'au xvn® siècle, la cour 
des pairs était présidée par le roi en personne. Les pairs 
lui avaient contesté vivement ce droit, soutenant qu'il ne 
devait ni présider ni même assister aux séances de la cour. 
Cette prétention élevée en 4374, en d386 et en 4458, à 
l'occasion des procès du duc de Bretagne, du roi de Na- 
varre et duc d'Alençon, fut formellement condamnée par le 
parlement à cette dernière date. Louis Xlïl fut le dernier 
roi qui présida en personne la cour des pairs (affaire du 
duc de La Vallette, 4639) ; dans les procès qui suivirent, 
la présidence fut exercée par le chancelier. — La cour des 
pairs était formée, comme on l'a vu, par l'adjonction des 
pairs de France aux membres ordinaires du parlement ; 
mais, ce qui était essentiel, pour qu'elle fût valablement 
constituée, c'était moins la présence des pairs que leur 
convocation régulière. Il n'était pas nécessaire que tous les 
pairs fussent présents : conformément au droit féodal, il 
suffisait que la cour fût suffisammeut garnie, et elle 
était réputée l'être, quand tous les pairs avaient été convo- 
qués et que plusieurs avaient répondu à l'appel (procès du 
roi de Navarre, 4386) ; on admit même que la présence 
d'un seul suffisait (procès du duc de Bourgogne, 4290), et 
en pratique le parlement jugea plus d'une fois sans la pré- 
sence d'aucun pair. Toutefois, à la fin de l'ancien régime, 
quand le nombre des pairs eut beaucoup augmenté, il fut 
de règle que la présence de douze d'entre eux était néces- 
saire pour juger un pair, du moins quand il s'agissait de 
son état. — On sait que par suite de la réalité des grands 
fiefs, des femmes pouvaient être investies de la dignité de 
pair de France. Elles furent d'abord admises à siéger dans 
la cour des pairs : ce fut le cas de Mahaut, comtesse 
d'Artois, dans le procès de Robert de Flandre (4309), de 
Marguerite, comtesse d'Artois, dans le procès de Jean de 
Montfort, duc de Bretagne (4379). Mais peu à peu l'usage 



s'établit de les écarter de ces fonctions judiciaires ; d'ail- 
leurs, il n'y eut plus de pairies féminines postérieurement 
au XVII® siècle. — La sentence de la cour des pairs était 
rendue par tous les membres de la cour, pairs ou non. 
Quant au roi, suivant les traditions du droit féodal, il 
présidait, mais ne jugeait pas ; toutefois, le jugement devait 
être approuvé par lui pour pouvoir être exécuté. Confor- 
mément au droit canonique, les pairs ecclésiastiques s'abs- 
tenaient de prendre part aux condamnations capitales (pro- 
cès du duc d'Alençon, 44o8). Le jugement de la cour 
était publié sous forme de lettres patentes par le roi dans 
son domaine ; par les pairs dans leurs domaines respectifs. 

Les causes les plus célèbres qui furent débattues de- 
vant la cour des pairs sont des procès criminels, plus ou 
moins mélangés d'accusations politiques. On peut citer les 
procès de Robert de Flandre (4309), de Robert d'Artois 
(4332), de Jean de Montfort, duc de Bretagne (4379), de 
Charles le Mauvais, roi de Navarre (4386), du duc d'A- 
lençon (4458), du connétable de Bourbon (4527), du duc 
de Biron (4602), du duc de La Valette (4639), du duc de 
Richelieu (4746) et du duc de La Force (1724). D'autre 
part, on doit constater que le privilège de juridiction des 
pairs de France ne fut pas toujours respecté par l'ancienne 
monarchie. Malgré la tradition, malgré le rang élevé des 
nobles qui ressortissaient à la cour des pairs, peut-être à 
cause de leur élévation même, les rois de France mécon- 
nurent en plusieurs circonstances une prérogative qui li- 
mitait leur omnipotence. Quand ils redoutaient l'influence 
d'un grand personnage récemment disgracié, au lieu de 
saisir la cour des pairs, ils renvoyaient l'accusé devant 
une commission spéciale, sous la prévention de crime de 
lèse-majesté. Pour donner une apparence de légalité à cette 
mesure arbitraire on déclarait déchu ipso facto de la di- 
gnité de pair, et par conséquent de son privilège de juri- 
diction, le prévenu que Ton voulait soustraire à ses juges 
traditionnels. C'est ainsi que le comte d'Armagnac en 
4457, le duc de Nemours en 4477, l'amiral de Chabot en 
4544, le prince de Condé en 4560, le duc de Montmo- 
rency en 4632, le duc d'Aiguillon en 4770, furent, malgré 
leur qualité de pairs, déférés à des commissions royales et 
jugés par elles au gré du roi. 

Temps modernes. — Sous le régime des chartes de 4844 
et de 4830 la juridiction politique spéciale (V. Constitu- 
tion et ci-dessus Haute Cour) fut attribuée pour la pre- 
mière fois à une des branches du Parlement, à la Chambre 
des pairs, qui, lorsqu'elle siégeait comme cour de justice, 
prenait le titre de cour des pairs, La charte de 4844, 
après avoir aboli la haute cour impériale, portait, dans 
son art. 33 : « La Chambre des pairs connaît des crimes 
de haute trahison et des attentats à la sûreté de l'Etat qui 
seront définis parla loi. » L'acte additionnel du 22avr. 1845 
reproduisait en d'autres termes la même attribution, et 
ajoutait : « Tous les crimes et délits qui étaient attribués 
à la haute cour impériale et dont le jugement n'est pas 
réservé par le présent acte à la Chambre des pairs seront 
portés devant les tribunaux ordinaires. » L'art. 28 de la 
charte de 1830 ne fit que reproduire l'art. 33 de la pre- 
mière charte. La Chambre des pairs ne pouvait se constituer 
en cour de justice qu'en vertu d'une ordonnance royale. 
Elle arbitrait les peines ; mais elle ne pouvait en appliquer 
d'autres que celles édictées parle code pénal. La procédure 
suivie devant la cour des pairs ne fut jamais réglée par 
aucune loi ; mais comme cette cour jugea souvent, dans les 
trente-quatre années qui séparent 4844 de 4848, elle eut 
fréquemment l'occasion de déterminer elle-même, dans ses 
arrêts, la façon dont il devait être procédé devant elle, et 
c'est aux règles consacrées par cette jurisprudence que la 
législation actuelle a emprunté la plupart des principes sur 
lesquels elle a établi l'organisation et le fonctionnement de 
la haute cour républicaine. De même la compétence de la 
cour des pairs ne fut jamais déterminée législativement, en 
dehors des articles de la charte qui lui attribuaient d'une 
manière générale la connaissance des crimes de haute 



89 



COUR 



trahison et des attentats contre la sûreté de TEtat. 
L'art. 47 de la charte de 1830 lui donnait spécialement le 
droit déjuger les ministres à raison de leur responsabilité 
ministérielle. L'art, i^^ de la loi du 9 sept. 1835 réputait 
attentat à la sûreté de l'Etat toute provocation par les 
moyens de la presse aux attentats et complots dirigés 
contre le roi et la famille royale ou ayant pour objet de 
détruire ou changer le gouvernement ou l'ordre do succes- 
sibilité au trône et rendait cette provocation justiciable de 
la cour des pairs. Mais la définition juridique et générale 
de l'attentat contre la sûreté de l'Etat ne fut jamais donnée 
par la loi. 

De 1814 à 1848, la cour des pairs eut à juger de nom- 
breux procès. Il nous faut mentionner les principaux : 
celui du maréchal Ney (V. ce nom) qui l'occupa du 4 au 
6 déc. 1815. En 1820, celui du capitaine Nantit (V. ce 
nom). En 1826, la cour des pairs fut réunie pour juger 
l'affaire dite des marchés de Bayonne : il s'agissait de con- 
cussions dont s'étaient rendus coupables deux financiers, 
Ouvrard et Tourton, qui avaient obtenu la fourniture de 
l'armée envoyée en Espagne pour rétablir Ferdinand VIL 
Deux pairs de France étaient compromis dans cette affaire ; 
c'est ce qui fait qu'elle avait été déférée tout d'abord à la 
cour des pairs. Mais la cour ayant, après son instruction, 
mis hors de cause les deux pairs inculpés, Ouvrard et 
Tourton furent renvoyés en police correctionnelle. 

C'est surtout sous le gouvernement de Juillet que la 
Chambre des pairs fut constituée fréquemment en cour de 
justice. Au lendemain même de la révolution de 1830, 
elle eut à juger le procès des anciens ministres de CharlesX. 
Dès le 28 sept., la Chambre avait décidé la mise en accu- 
sation, sous l'inculpation de haute trahison, des ministres 
qui avaient signé les fameuses ordonnances de juillet, pro- 
nonçant la dissolution de la Chambre, restreignant la 
liberté électorale et supprimant la liberté de la presse. 
Ces ordonnances, de l'aveu même des ministres qui les 
avaient préparées, étaient « en dehors de l'ordre légal, 
dont toutes les ressources avaient été inutilement épuisées »; 
quatre seulement des membres de l'ancien ministère furent 
arrêtés: Polignac, Peyronnet, Chantelauze et Guernon- 
Ranville. Ils furent détenus à Vincennes. Le procès se 
plaida le 15 déc. devant la cour des pairs. L'accusation fut 
soutenue par le procureur général Persil, qui avait été 
désigné pour remplir les fonctions de ministère public, et 
par Bérenger (de la Drôme), qui, en sa qualité de rap- 
porteur à la Chambre de la proposition de mise en accu- 
sation, avait été adjoint au procureur général. Les quatre 
accusés furent défendus par leurs avocats, Martignac, 
Ilennequin, Sauzet et Crémieux. Le même soir, à dix heures, 
la cour des pairs rendit un arrêt qui condamnait les quatre 
accusés à la détention perpétuelle. 

Le gouvernement de Juillet déféra également à la cour 
des pairs le jugement du mouvement républicain d'avr, 
1834. Ce mouvement avait éclaté à Lyon, le 9 avr., à la 
suite d'un procès intenté à la Société des mutuellistes. 
Après une lutte sanglante qui dura quatre jours, les insurgés 
furent dispersés au delà du Rhône et de la Saône. D'autres 
tentatives d'émeute eurent lieu, en même temps, dans un 
grand nombre de villes, notamment à Saint-Etienne, à Mar- 
seille, à Lunévilie. C'est à l'occasion de ces tentatives, que le 
gouvernement fit arrêter, à Paris, cent cinquante membres 
de la Société des droits de Vhomme, qui était le centre dli 
mouvement. Cette arrestation fit éclater l'insurrection dans 
les quartiers Saint-Martin et du Temple : les insurgés ne 
furent réduits qu'après de sanglants combats, dont la rue 
Transnonain fut le théâtre principal. La cour des pairs fut 
convoquée le 5 mai 1835 pour juger ces divers attentats. 
Les débats, présidés par le duc Pasquier, président de la 
Chambre des pairs, durèrent jusqu'au 23 janv. de l'année 
suivante et se terminèrent par la condamnation de cent six 
des accusés à diverses peines dont la plus forte était la dé- 
portation. 
La conspiration de Louis-Napoléon à Strasbourg, en 



oct. 1836, ne fut pas déférée à la cour des pairs. Le gou- 
vernement, ne voulant pas mettre le prince en jugement^ 
décida de le transporter hors de France et le fit embarquer 
pour les Etats-Unis ; quant à ses complices non militaires, 
il les déféra au jury du Bas-Rhin, qui ne manqua pas de 
les acquitter, en apprenant qu'on devait faire évader le 
prince. Lorsque, quatre années plus tard, le 6 août 1840, 
Louis-Napoléon fit une nouvelle tentative à Boulogne , où 
il avait débarqué à la tête d'une petite troupe, le gouver- 
nement, cette fois, le traduisit devant la cour des pairs, 
sous l'inculpation d'attentat ayant pour but de détruire ou 
de changer le gouvernement, et de complot. La cour des 
pairs se réunit à Paris, le 18 août, sous la présidence du 
duc Pasquier. Après une première audience publique, dans 
laquelle le procureur général Franck-Carré donna lec- 
ture de son réquisitoire, on procéda à l'instruction de l'af- 
faire. Cette instruction terminée, la cour se réunit de nour 
veau pour examiner la question de compétence, qui fut très 
discutée par quelques pairs à raison de l'insuffisance de la. 
définition que le code pénal donne de l'attentat. L'art. 28 
de la charte du 6 août 1830 avait, disaient-ils, promis une 
définition plus précise: il était regrettable qu'elle n'eût 
jamais été donnée. Pourquoi l'affaire de Boulogne était-elle 
déférée à la cour des pairs, juridiction spéciale, alors que 
celle de Strasbourg, beaucoup plus grave, avait été déférée 
au jury, juridiction ordinaire ? Tant qu'une loi d'attributions 
n'aurait pas été faite pour la cour des pairs, la juridiction 
ordinaire était seule compétente, selon eux. Ces scrupules 
ne furent pas partagés par la majorité des pairs, et à la 
suite d'un arrêt de compétence, la cour se réunit de nou- 
veau pour les débats publics. Le prince était défendu par 
Berryer ; mais il tint à parler lui-même. Il termina ainsi 
sa déclaration : « Représentant d'une cause politique, 
je ne puis accepter, comme juge de mes volontés et de 
mes actes, une juridiction politique. Vos formes n'abusent 
personne. Dans la lutte qui s'ouvre, il n'y a qu'un 
vainqueur et qu'un vaincu : si vous êtes les hommes 
du vainqueur, je n'ai pas de justice à attendre devons 
et je ne veux pas de votre générosité. » La déclaration 
de culpabilité fut rendue par 160 voix sur 161 votants. 
L'application de la peine qui était alors laissée à l'appré- 
ciation souveraine et arbitraire de la cour donna lieu à 
une vive discussion, à la suite de laquelle 137 voix sur 
160 votants se prononcèrent pour l'emprisonnement per- 
pétuel dans une forteresse sur le territoire continental du 
' royaume. On avait tenu à faire une distinction entre la 
pinson perpétuelle et l'emprisonnement perpétuel : on 
voulait, en employant cette dernière formule, éviter de 
donnera la peine un caractère infamant, au moment où le 
gouvernement préparait le retour en France des cendres 
de l'empereur Napoléon. C'était vraiment, dans de telles 
conditions, ainsi qu'on l'a fait remarquer, une peine poli- 
tique prononcée pour crime politique par un tribunal po- 
litique. Le procès des insurgés du 12 mai 1839 a été 
exposé au mot Barbes (t. V, p. 368). 

La cour des pairs jugea également, sous le gouverne- 
ment de Juillet, toute une série d'attentats commis sur la 
personne du roi ou de princes de la famille royale. On lui 
déféra d'abord Fieschi, qui avait fait éclater, le 28 juil. 
1835, au moment où Louis-Philippe passait une revue sur 
les boulevards, une machine infernale, établie dans une 
maison du boulevard du Temple ; la cour le condamna à la 
peine des parricides. Elle prononça la même condamnation 
à la suite des divers autres attentats commis sur la personne 
du roi par Alibaud (25 juin 1836), par Meunier (août 
1836), par Darmès (15 oct. 1840), par Lecomte (16 avr. 
1846) et par Henry (juin 1846). On lui déféra également 
Quénisset, qui, le 13 sept. 1841, jour de la rentrée à 
Paris du 17® régiment de ligne revenant d'Afrique sous 
la conduite de son colonel, le duc d'Aumale, avait tiré sur 
le prince, rue Saint-Antoine, un coup de pistolet qui tua 
le cheval d'un de ses officiers. La cour des pairs eut enfin 
à juger, en 1847, deux affaires dans lesquelles étaient 



GOUR »- 90 ~« 

inculpés des pairs de France. La première est une affaire 
de corruption : le général Despans-Cutières, ancien mi- 
nistre de la guerre, et le ministre des travaux publics, 
Teste, furent accusés d'avoir fait obtenir, à prix d'argent, 
une concession aux mines de sel de Gouhenans. Traduits, 
à raison de leur qualité de pairs de France, devant la cour 
des pairs, le 17 juil. 4847, ils furent condamnés, le pre- 
mier, à la dégradation civique et à une amende, le second, 
à l'emprisonnement et aussi à une amende. Quelques mois 
plus tard, la cour des pairs fut convoquée pour juger l'afïaire 
de l'assassinat de la duchesse de Praslin. Le duc, son mari, 
qui, depuis un certain temps, vivait en mauvaise intelli- 
gence avec elle et entretenait une liaison adultère, fut 
arrêté et traduit, comme accusé de cet assassinat, devant 
la Chambre des pairs dont il était membre. Au moment 
où la cour allait le condamner, il s'empoisonna. Ce fut la 
dernière affaire dont eut à s'occuper la cour des pairs. 

Cour des poisons (V. Chambre ardente). 

Cour féodale (V. Fief et justice seigneuriale). 

Cour laye. — C'est le nom que portait autrefois la 
justice séculière par opposition à la justice ecclésiastique, 
qu'on appelait cour cVéglise ou cour de chrétienté. Les 
cours laïques eurent à subir de nombreux conflits de com- 
pétence avec les officiaHtés, principalement à l'occasion du 
privilège du for reconnu au moyen âge aux ecclésiastiques 
(V. Clerc et Officialité) . La lutte prit surtout un carac- 
tère d'acuité au xiii" siècle au moment où les ofTiciaUtés 
arrivèrent à l'apogée de leur influence. Les péripéties en 
ont été racontées par M. Paul Fournier, dans son livre 
sur les officiaHtés. Rappelons seulement les deux coalitions 
des barons, en 4235 et an 4246, dans lesquelles se 
signala Pierre Mauclerc. La cour laye avait quelquefois 
compétence sur les clercs, notamment dans les cas de 
crime. Elle pouvait alors s'en emparer, à charge de les 
rendre promptement à Févêque ; elle était aussi chargée 
de leur exécution lorsqu'ils avaient été reconnus coupables 
et dégradés par la cour d'église. On lui abandonnait éga- 
lement, du moins en général, les clercs mari-és et les clercs 
marchands. En revanche, diverses catégories de laïques 
étaient soustraites à sa compétence. La principale fut celle 
des croisés qui avaient à certains égards des privilèges plus 
étendus que ceux des clercs. Beaucoup de laïques cher- 
chaient à se soustraire à la juridiction séculière, soit à 
titre d'agents de l'Eglise, comme les fabricants de parche- 
min et de sceaux et les enlumineurs, soit en se faisant 
faussement passer pour clercs. Les orpheHns et les femmes- 
veuves, surtout pour leur douaire, recouraient fréquem- 
ment aux tribunaux ecclésiastiques. Quelquefois on leur 
laissait le choix entre les deux juridictions. Enfin des causes 
sans nombre échappaient à la cour laye ratione materiœ. 
Il y eut surtout des incertitudes sur les matières criminelles. 
Les coutumiers les plus intéressants sur la question sont 
les Coutumes de Beauvoisis de Philippe de Beaumanoir ; 
la 1res Ancienne Coutume de Bretagne^ et la coutume 
d'Anjou cotée M dans l'édition de M. Beautemps-Beaupré. 
Cette dernière surtout est curieuse par l'habileté avec 
laquelle elle restreint la compétence des cours d'église 
(n*>« 74, 75 et 77). 

Cour majour. — C'était la cour suprême de justice du 
Béarn. Elle fut instituée, ou peut-être régularisée en 4220 
par Guillaume Raymond. La cort mayor se composait 
alors des évêques de Lescar et d'Qloron et de douze barons 
héréditaires. C'était vraisemblablement une imitation de 
la cour des douzes hommes riches (ricosombres) qu'on 
rencontre dans les fors de Navarre dès 4074. La cour 
se retrouve en 4554 dans les nouveaux fors publiés par 
Henri II, mais sa composition a bien changé. Au lieu des 
douzes barons héréditaires, elle se compose de quatre juges 
nommés par le sénéchal et qui se transportent sur les dif- 
férents points du pays pour y tenir leurs assises, La cour 
majour jugeait les cavers (chevahers), et les domengers 
(possesseurs de terres nobles) accusés de meurtre ou de 
violences graves. Elle avait compétence pour toutes les 



questions de propriété (de funtz de terre) et d'état {de 
gentillessa et de cap d'omi). Elle était présidée ordi- 
nairement par le seigneur majeur. Sa jurisprudence con- 
tribua pour une large part à former les fors et coutumes 
publiés en 4306. 

VI. DROIT CANONIQUE. — Courde Rome (V. Curie). 

VII. LITTÉRATURE. - Cour d'amour (V. Amour 
[Cour d']). 

BiBL. : Cour du roi. — D'excellents travaux ont été 
récemnient publiés sur la Curia régis par M. A. Luchaire, 
HisL des institutions monarchiques de la, France sous les 
premiers Capétiens; Paris, 188â, 1. 1«*", in-8, livre II, ch. ii, et 
livre IIÏ, ch. i, ii, m; et par R. GNEiST^Enqlische Verfas- 
sungsgeschichte; Berlin, 1882, in-8, ch. xvi. — Cf. Revue 
historique^ 1890, t. XLII, pp. 76 et suiv. 

Cour d'appel. — Fréminville, Traité de l'organisation 
et de la compétence des cours d'appel, 1848, 2 vol. in-8. 

— Rousseau et Laisne y, Dictionnaire de procédure^ v» Âp- 
pel. — BoiTARD, Colmet-Daage et Glasson, Leçons de 
procédure civile, 14« éd., t. I, p. 23.— Dalloz, Jurispini- 
dence générale., v° Organisation judiciaire. 

Cour d'assises. -—Dalloz, jRéper^oire, instruction cri^ 
minelle^ n»» 1234 et suiv.— Cubain, Traité de la procédure 
devant la cour d'assises. — De Fréminville, De la Procé- 
dure devant le jury. — Nouguier, la Cour d'assises, 5 vol. 

— Garraud, Précis de droit criminel., 662, 2« éd. — Boi- 
tard, Leçons de droit criminel., 13^ édit., p. 719. 

Haute Cour de justice. — Faustin Hélie, Traité d'ins- 
truction criminelle; Paris, 1877, t. VI. — Adolphe-Emile 
Lair, Des Hautes Cours politiques en Frayice et à V étranger 
et de la mise en accusation du président de la République 
et des ministres ; Paris, 1889. — Cauchy, les Précédents de 
la cour des pairs; Paris, IS^9.— Procès-verbaux de la cour 
des pairs, de 1810 à 18^1 ; Paris, 54 vol. — Morellet, JRap- 
port fait au nom de la commission d'étude et d'élaboration 
d'une loi réglant la procédure à, suivre quand les Chambres 
ont à, exercer leurs attributions judiciaires (Distribution, 
Sénat, 1889, n» 36); Réquisitoire écrit de M. le procureur 
général Quesnay de Beaurepaire et note annexe (Distribu- 
tion, Haute Cour, cotes 119 et 120j. — Albert Bataille, 
Causes crim.inelles et mondaines de 1889 ; Procès du géné- 
ral Boulanger ; Paris, 1890. 

Cour de la Chaîne. — Assises de Jérusalem., éd. 
Beugnot, 1843, dans la collection des Histoires des Croi- 
sades, t. Il, introd., p. 22. — Pardessus, Collection de lois 
maritimes antérieures au xviiio siècle, 1887, t. I, p. 275. — 
Travers Twiss, the Black Book of the Admiralty, 1876, 
dans la coll. des Scriptores rerum britannicarum, t. IV, 
introd., p. 96 et suiv. 

, Cour de la Fonde. — Assises de Jérusalem, édit. 
Beugnot, 1843, dans la collection des Histoires des Croi- 
sades., t. II, introd., p. 23. 

Cour des pairs. — Boulainvilliers, Histoire de la 
pairie et du Parlement de Paris, 1753. — Goesman, les 
Quatre Ages de la pairie de France^ 1775. — Guyot, Des 
Droits et privilèges annexés à chaque dignité^ t. Il, 2° par- 
tie (1784), p. 56, 159. — Bernardi, Mémoire sur l'origine de 
la pairie [Acad. des Inscriptions, t. X, p. 579). — D. Brial, 
introd. au t. XVII des Historiens de France. — Beugnot, 
préface des Olim, t. 1 (1840), p. 48. — Pardessus, Essai 
sur l'organisation judiciaire... jusqu'à Louis XII, 1851, 
pp. 22 et suiv. — Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, 
29 série, t. IV, p. 281, et t. V, p. 1. — Boutaric, la France 
sous Philippe le Bel, 1861, p. 206. — Luchaire, HisL des 
institutions monarchiques sous les premiers Capétiens., 
1883, t. I, pp. 384 et suiv. — Flach, le Régime seigneurial, 
1885, pp. 228 et suiv. — Langlois, les Origines du Parle- 
ment de Paris (Revue historique., t. XLII, 1890). 

Cour laye. — Paul Fournier, les OfficiaHtés au moyen 
âge ; Paris, 1880, principalement aux pages 64 à 127. 

Cour majour. — Laferrière, Rapport sur les Fors du 
Béarn, dans Recueil de l'Acad. de Législ. de Tow^oiese, 1865, 
t. V, pp. 323 et suiv. — P. de Marca^ Histoire de Béarn; Pa- 
ris, 1640, in-fol. — Fors de Béarn, éd. Mazure, 1840. ■— 
E. DE Laurière, Glossaire du droit français., art. Cort 
mayoî'. 

COUR. Com. du dép. du Doubs, arr. et cant. de Baume- 
les-Dames; 446 hab. 

COUR-Cheverny. Com. du dép. de Loir-et-Cher, arr. de 
Blois, cant. de Contres, sur le ruisseau de Cour-Cheverny, 
affl. de gauche du Beuvron ; 2,379 hab. jStat. du chem. 
de fer de Blois à Villefranche. Le chef-heu de la com- 
mune, Cour, n'a que de médiocres annales; toute son 
illustration lui vient du hameau de Cheverny et de son 
château (V. Cheverny). 

"^COUR-DiEu (La). Ancienne abbaye d'hommes de l'ordre 
de Cîteaux, au diocèse d'Orléans, fondée en 4148 par 
Jean II, évèque d'Orléans, 



«. 94 - 



COUR — COURANT 



GOUR-ET-Buis. Com. du dép. de l'Isère, arr. de Vienne, 
cant. de Beaurepaire ; 609 hab. 

COUR-l'Evêque. Com. du dép. de la Haute-Marne, 
arr. de Chaumont, cant, d'Arc-en-Barrois; 282 hab. 

COUR-Marigny (La). Com. du dép. du Loiret; arr. de 
Montargis; cant. de Lorris; 494 hab. 

COUR-Notre-Dâme. Ancienne abbaye de Tordre de 
Citeaux, au diocèse de Sens, aujourd'hui sur le territoire 
de la com.de Michery (Yonn^). La charte par laquelle 
Gautier, archevêque de Sens, confirma l'établissement 
d'un monastère de femmes de l'ordre de Cîteaux dans la 
paroisse de Villuis, sous le nom de Cour-Notre-Dame, est 
datée du 29 août 4225. En 4285, il y avait trente reli- 
gieuses et autant de gens de service, mais leur pauvreté 
les obhgeait à la mendicité. Complètement ruinée par les 
guerres, n'ayant plus de ressources suffisantes, Tabbaye 
devint, au xv® siècle, un simple prieuré, transporté à des 
hommes, puis en 4484 uni à l'abbaye de Cîteaux comme 
un memi3re propre. Ceux des bâtiments qui subsistent ont 
été transformés en ferme. Une partie de la chapelle, du 
xni® siècle, est encore debout ; dans le mur de façade est 
encadrée une remarquable porte datée de 4532 ; on en 
trouvera l'image dans V Annuaire historique du dépar- 
temeîitde l'Yonne^ 4883, pi. L M. Prou. 

COUR-Saint-Maurice. Com. du dép, du Doubs, arr. 
de Montbéliard, cant. de Maîche; 235 hab. 

COUR-suR-LoiRE. Com. du dép, de Loir-et-Cher, arr. 
de Blois, cant. de Mer ; 408 hab. 

COUR (Janus-Andreas-Bartholin La), peintre danois, 
né à Ringkjœbing le 7 sept. 4837. Elève de l'académie 
des beaux-arts de Copenhague, il en devint membre en 
4872. C'est un des paysagistes les plus distingués de l'école 
de Skovgaard. On cite pa'rmi ses tableaux: Pré à Vaube; 
Soir près du lac Nemi, B-s, 

COUR (Paul La) (V. Lacour). 

COURADILLES (Pic des) (V. Pyrénées). 

COURADOUX (Mar.) (V. Entrepont). 

COU RAGE. Le courage (avSpsia, fortitudo) était compté 
par les anciens au nombre des quatre vertus cardinales. 
Socrate le définissait la science de ce qu'il faut- faire dans 
le danger [Eth, Nie, IIl, 44, iU6H ; Eth, Eud., 111, 4, 
4229^47). Aristote voyait en lui le miHeu entre la lâcheté 
et la témérité {Eth. Nie, II, 7, 4407^33 et passim). Cicé- 
ron [De Offlciis, I, 49) approuve l'opinion des stoïciens qui 
le définissaient la force au service de l'équité. Si, avant de 
parler de la valeur morale du courage, nous voulons nous 
rendre un compte exact de sa nature psychologique, nous 
verrons que le courage véritable suppose : 4° la présence 
d'un danger et sa connaissance par l'esprit, car ce qui n'est 
pas connu est pour l'esprit comme s'il n'était pas ; 2^ la 
résistance au trouble apporté naturellement à l'âme par la 
présence du danger ; 3^ enfin l'exécution des actes que la 
raison commande en dehors même de toute considération du 
danger. Ainsi le vrai courage suppose avant tout la parfaite 
possession de soi et la réflexion. C'est pour cela qu'x4ristote 
(Eth. Nie., m, 44, 4446^^23, 4447^9) se refuse à nommer 
courage l'insouciance du péril qui vient des dispositions phy- 
siques. C'est surtout dans les cas où l'appropriation des actes 
à la raison exige que la pensée se détourne de la représen- 
tation du danger tout en songeant sans cesse à la chose 
dangereuse, que se manifeste le vrai courage, et il se mani- 
feste d'autant plus que les actes qu'on accomplit néces- 
sitent moins d'efforts et d'absorption musculaire. Le cou- 
rage civil qui consiste à remplir les fonctions de sa charge, 
quels que soient les périls qui y sont attachés, est ainsi 
souvent supérieur au courage militaire proprement dit. Le 
magistrat, sur son siège, rendant un arrêt qui brisera cer- 
tainement sa fortune, est plus courageux que le soldat qui, 
grisé par la poudre, s'élance dans la mêlée, A son tour, le 
soldat qui, l'arme au pied, attend sans bouger les boulets 
et les obus qui font rage autour de lui, est plus courageux 
encore que ce magistrat. Si le courage est indispensable 



pour laisser à l'homme la libre disposition de soi en face 
du danger, de manière qu'il puisse faire les actes que lui 
dicte la raison, il est clair que le courage est une vertu. 
En un sens, il est mêlé à toutes les vertus. L'obéissance à 
la raison est d'ordinaire pénible et l'homme redoute la 
peine; il faut donc, en toute circonstance, un certain cou- 
rage pour obéir à la raison. Mais la vertu, qu'est-elle autre 
chose que l'obéissance aux ordres que nous dicte la raison ? 
Il faut du courage, et beaucoup, pour triompher d'un défaut 
ou d'une mauvaise habitude. Il en faut d'autant plus que 
le plus souvent alors on agit en secret, et que l'applau- 
dissement extérieur ne vient pas en aide. Il semble en effet 
que la vue des autres hommes fortifie notre courage, et c'est 
un terme profond que le mot encourager. Cependant le 
vrai courage a-t-il besoin qu'on le tire, pour ainsi dire, du 
dehors ; ne doit-il pas, au contraire, sortir de l'âme ver- 
tueuse comme une fleur sort de sa tige, et n'est-il pas d'au- 
tant plus grand qu'il est ainsi moins extérieur et plus'per- 
sonnel ? Le courage est non seulement une vertu, mais 
une des conditions de la vertu ; c'est pour cela que les 
anciens en faisaient une des quatre vertus qui donnent 
naissance à toutes les autres. G. Fonsegrive. 

COU RAJ OD (Louis), archéologue et critique d'art français 
né à Paris en 48oi, actuellement conservateur adjoint du 
département des monuments du moyen âge et de la Renais- 
sance au musée du Louvre. Après avoir été élève de l'Ecole 
des chartes oh il soutint une thèse sur les Villes neuves 
au moyen âge, il entra au département des estampes de 
la Bibliothèque nationale, d'où il passa au musée du Lo.uvre. 
On lui doit de nombreux travaux sur l'histoire de l'art et 
particulièrement l'histoire de la sculpture française, ita- 
lienne et flamande, au moyen âge et pendant la Renaissance. 
Nous citerons : le Livre-Journal de Lazare Duvaux, 
précédé d'une étude sur le goût des objets d'art au xvin^ siècle 
(4873, 2 vol. in-8); Histoire de l'enseignement des arts 
du dessin au xviii® siècle (4874, in-8; 2® éd. en 4886); 
les Estampes attribuées à Bramante (en collaboration 
avec M. de GeymuUer, 4874, in-8); Etudes sur les col- 
tections du moyen âge, de la Renaissance et des temps 
modernes au musée du Louvre (4878, in-8) ; Alexandre 
Lenoir, son journal et le musée des monuments fran- 
çais (4878-1*887, 3 vol. in-8); le Baron Charles Davil- 
lier et la collection léguée par lui au musée du Louvre 
(4884, in-4); Donation du baron Charles Davillier, 
catalogue, en collaboration avec M. Molinier (4885, in-4); 
la Part de Fart italien dans quelques monuments 
de sculpture de la première Renaissance française 
(4875, in-4)'; Documents sur r histoire des arts et des 
artistes à Crémone aux xv^ et xvi® siècles {iS86, in-8). 
M.Courajod est un des collaborateurs les plus actifs de la 
Gazette des Beaux-Arts et des Mémoires et du Bulletin 
de la Société des antiquaires de France, il a aussi 
collaboré à la Gazette archéologique', enfin il professe 
un cours d'histoire de la sculpture française à l'Ecole du 
Louvre. 

COU RANGES. Com. du dép. de Seine-et-Oise, arr. 
d'Etampes, cant. de Milly; 355 hab. Château. 

COURANT. I. Physique.— Courant électrique.— On 
entend par courant électrique le passage de l'électricité à tra- 
vers un corps ; ce passage se manifeste à nous par les divers 
effets qu'il produit : nous allons les passer en revue. La quan- 
tité d'électricité qui circule ainsi est susceptible de mesure et 
nous indiquerons les procédés que l'on emploie pour cela ; 
enfin il y a une relation entre les divers effets et la quantité 
d'électricité qui les produit ; aussi l'on pourrait choisir 
théoriquement l'un quelconque de ces phénomènes pour 
servir de mesure à l'intensité du courant. — Lois de Ohm. 
Les courants électriques résultent de ce que les divers 
points d'un conducteur sont, pour une cause ou pour une 
autre, à des potentiels différents. Lorsque le courant a pris 
un régime stable, les lois de Ohm lui sont applicables et le 
potentiel varie aux divers points du conducteur, comme 
la température, aux divers points d'un mur, dont les faces 



COURANT 



92 — 



sont maintenues à des températures constantes. La théorie 
de Ohm est tout à fait analogue à celle de Fourier (V. Con- 
ductibilité calorifique) . Si A et B désignent les valeurs 
du potentiel aux extrémités d'un conducteur de longueur!, 
de section s, de conductibilité c, la quantité I d'électricité 
qui passe pendanl l'unité de temps est donnée par la for- 
mule de Ohm. 



Formule de Ohm : I 



A — B 



(i) I 



A—B 



A^~B' A^^ — B^'' 



es 



c's' 



r 



Or, s'il n'existe pas dans ce circuit de variation brusque 
de potentiel, et si l'on applique ce calcul à toutes les portions 
du circuit, il en résulte que B = A^, B^ = A^'', etc., et le 
numérateur de la fraction se réduit à A — B*^, les termes 
intermédiaires se détruisant ; on a alors : 
A — B^ 

jLd es 

Si au contraire il existe des variations brusques de 
potentiel alors on aura A' =: B + E, E étant une de ces 
variations brusques et la formule deviendra : 

.2) T_A-B*^ + SE . SE 



I: 



OU I: 



^^ es 



T.— 

^•^ es ^^^ es 

Si on a étendu au circuit total la sommation des numéra- 
teurs et des dénominateurs des fractions B, car alors on 
sera revenu au point de départ et B^ ne sera autre chose 
que A. S E représente la somme algébrique des variations 
de potentiel, c.-à-d. qu'on ajoute les variations correspon- 
dant à des accroissements de potentiel et que l'on retranche 
les variations correspondant à des diminutions. Appliquons 
cela au courant fournit par une pile. Soit E la difiTérence 
de tension que l'on observe à ces pôles ; si l'on désigne 

par R la résistance ( — ) de la pile, par r, r\ /''... les 

résistances de diverses parties du circuit sans en oubUer 
une seule, on a pour la quantité d'électricité I qui passe 
par unité de temps : 

i^ ? . 

R-i-r4-/4-... 
Si l'on réunit en tension m éléments identiques, c.-à-d. en 
faisant communiquer le pôle de chacune d'elle avec le pôle 
de signe contraire de l'autre, l'intensité du courant sera : 

^ mE 

mR-l-rH-/+...* 
Si on les réunit en surface, c.-à-d. tous les pôles de 
même nom ensemble, on aura : 

1= ^ 



R 



-/- 



Si enfin on a un nombre n'p d'éléments, que l'on en mette|î 
en surface et que l'on réunisse en tension ces n groupes, 
l'intensité I sera : 

?^E 

E , ' 

n \-r-\-r -\- ... 

P 

Ces lois déterminent donc des relations très souvent 
employées, entre les résistances, les variations brusques de 
potentiels ou forces électromotrices, et les intensités des 
courants. Mais elles ne suffisent pas pour savoir ce qui se 
passe dans les cas plus compliqués que nous allons main- 
tenant étudier. 

Lois de Kirehoff. Supposons un circuit conducteur par- 
couru par un courant électrique. Soient A et B deux points 
sur ce circuit. En ces points fixons les extrémités d'un 
nouveau fil et cherchons comment le courant électrique va 
se partager entre les deux conducteurs qui réunissent A à 



es 



Si le circuit est hétérogène, dans chaque partie de même 
nature on aura cette relation et l'expérience montre en outre 
que la valeur I du rapport sera constante. On aura donc : 

A — B H- A^ — B'-f- A'-' -- B'-'-f- -\- k'^ — B*^ 



es es 



V' 



l^ 




B. Remarquons que l'on pourra remplacer l'un quelconque 
de ce fil par un fil équivalent, c.-à-d. sans changer l'in- 
tensité du courant, ce fil équivalent étant d'une certaine 
nature, de longueur 1 et d'une section s convenablement 
choisie pour que l'équivalence ait heu. De même pour 
l'autre fil ; nous pourrons le remplacer par un fil de même 
nature que le précédent de longueur 4 et de section /. 
Mais alors l'ensemble do ces deux fils de mêmes natures et 
de mêmes longueurs agira comme un fil unique de cette 
nature et de cette longueur ayant pour section la somme 
de leurs sections ; on pourra donc calculer par les formules 
précédentes la résistance apportée dans le circuit par l'en- 
semble des deux fils. L'expérience a montré comment ils 
se partagent la quantité d'électricité qui arrive en A, c'est 
proportionnellement à leurs sections. On pourrait raisonner 
de même pour des cas plus compliqués mais alors il vaut 
mieux employer la méthode 
suivante due à Kirehoff : 
Considérons un point A où 
se croisent plusieurs con- 
ducteurs; quand l'état sta- 
ble des courants est obtenu, 
il arrive en A autant d'élec- 
tricité qu'il en part et l'on 
a par suite S I =rz en pre- 
nant les quantités avec le 
même signe quand Télectri- 
cité correspondante se rend vers A et en le prenant avec 
le signe contraire quand c'est l'inverse. Considérons, 
d'autre part, un circuit quelconque (fig. \) et proposons- 
nous de déterminer l'intensité du courant passant dans 
chaque partie. A un point de croisement quelconque, H 
par exemple ou cinq fils se croisent, on aura SI = 0. 
Considérons d'autre part une portion de circuit quelconque, 
par exemple HKC ; la formule (2) de Ohm 
A — Bn-f-SE 



lui est applicable et si nous considérons un circuit fermé 
quelconque, par exemple HKCDEH, on peut appliquer aux 
quatre arcs dont il est formé la même formule que nous 
mettrons sous la forme 1?'==:: A— B*^-|-SE ou Ir— SE 

z=zk— B*^ en désignant par r le terme \ — et nous 

aurons pour tout le circuit 

Ir — SE = A — B** 

— SE' = B" — ^"^ 

— SE'''' — B'^ — B^''»* 

— SE''' = B"'! — B'"** 

A étant le potentiel de H, B** celui de C, B"» celui de D, W 
de E et B'"** celui de H, on a donc en ajoutant ces 
équations nombre à nombre en remarquant que A =B'^^^ 



Fig. 1. 



l'r' 
I"r" 



(ir - SE^ 



;0. 



Nous avons autant de relations de ce genre que de cir- 
cuits fermés et autant de relations comme SI^O que de 
points tels que H. Mais toutes ces équations ne sont pas 
distinctes et comme il y a autant d'inconnues que de con- 
ducteurs (puisque ces inconnues sont les intensités du cou- 



— 93 — 



COURANT 



rant traversant chaque conducteur), il n'y aura pas plus de 
relations distinctes que de conducteurs tels que HKC 
(14 dans la fig. 4). Ces relations permettent dans tous les 
cas, quelle que soit la complication du circuit, de trouver 
l'intensité du courant dans chaque portion. (Gomme 
exemple, V. à Fart. Constantes des piles, la méthode de 
Poggendorff.) 

Effets des courants. Les principaux effets des courants 
peuvent se classer en effets calorifiques, chimiques, méca- 
niques, magnétiques et physiologiques. — Effets calorifi- 
ques. de La Rive attribue ces effets aux décharges intermolé- 
culaires qui se produisent dans les corps. On doit distinguer 
les phénomènes qui se produisent lorsqu'un courant par- 
court un conducteur homogène ou lorsqu'il traverse un 
circuit hétérogène. Les lois des quantités de chaleur 
dégagées par le passage des courants dans les fds métal- 
liques sont connues sous le nom de lois de Joule: i° les 
quantités de chaleur dégagées pendant l'unité de temps 
dans les fils sont proportionnelles à leur résistance ; 2*^ les 
quantités de chaleur sont proportionnelles aux carrés de 
l'intensité. Les lois de Joule se résument dans la formule 
suivante : q =2 ArP ; q désigne la quantité de chaleur 
dégagée pendant l'usité de temps, r la résistance du fil 
et I l'intensité du courant. A est une constante. On vérifie 
la première loi de Joule en plongeant dans deux calori- 
mètres identiques contenant de l'alcool, liquide très peu 
conducteur, deux spirales faites avec les fils métalliques 
que l'on voulait étudier ; le même courant les traversait 
l'un après l'autre, de sorte que l'influence due à l'intensité 
du courant était la même pour les deux. Joule trouva les 
échauffements des deux calorimètres proportionnels à 
chaque instant à la résistance des fils qui y étaient plongés. 
Si au lieu de la quantité de chaleur on veut étudier la 
température atteinte par le fil , il n'y a qu'à exprimer que 
la quantité de chaleur dégagée dans l'unité de temps est 
égale à la quantité de chaleur perdue par rayonnement 
pendant le même temps. Dans la formule précédente la résis- 
tance du fil r est celle qu'il possède à la température ordi- 
naire ; en général la résistance augmente avec la tempé- 
rature. Si on fait parcourir un fil assez fin par un courant 
capable de l'amener au rouge très sombre, on ne s'aperçoit 
pas qu'il est lumineux ; si on place alors un morceau de 
glace sur une de ses parties, l'autre devient rouge ; cette 
expérience s'explique par les remarques précédentes ; en 
refroidissant une partie du fil on a diminué sa résistance 
et par suite celle du circuit ; par conséquent l'intensité du 
courant a augmenté et le terme ArP étant devenu plus 
grand aux points non refroidis puisque r était resté le 
même et que I avait augmenté, la température de cette 
partie a pu dépasser le rouge sombre. Les conducteurs 
liquides se comportent comme les conducteurs métalliques 
et suivent la même loi à condition qu'il n'y ait pas de 
dégagement de gaz indiquant une décomposition. En parti- 
culier la loi de Joule s'applique au liquide de la pile. De 
La Rive a montré que la quantité totale de chaleur dégagée 
dans tout le circuit y compris la pile était une constante 
particulière à chaque pile, mais indépendante de la résis- 
tance du circuit traversée par le courant. Favre a montré 
que cette quantité de chaleur était due à la chaleur dégagée 
par les actions chimiques qui se passent dans les piles. 

Etudions maintenant ce qiii se passe dans les circuits 
hétérogènes ou plutôt ce qui se passe aux points de jonc- 
tion de deux fils de natures différentes ; car dans le reste 
du circuit on observe les mêmes phénomènes que dans un 
circuit homogène. Peltier a le premier étudié les tempé- 
ratures que prenaient les soudures de métaux traversés 
par un courant électrique et il a observé que réchauffement 
produit à une soudure n'était pas le même que dans le 
reste du circuit et qu'il dépendait du sens dans lequel 
l'électricité traversait la soudure. Il étudiait ces phéno- 
mènes, désignés maintenant sous le nom â'effets Peltier 
en serrant la soudure avec une pince thermo-électrique ; 
cette pince se composait de deux petits éléments thermo- 



électriques dont les soudures impaires constituaient les 
branches de la pince tandis que les soudures paires étaient 
à la température de l'air. Une mince feuille de papier 
séparait les branches de la pince de la soudure que l'on 
voulait étudier et un galvanomètre mesurait par la déviation 
qu'on y observait le courant thermo-électrique ; celle-ci 
était sensiblement proportionnelle à la diftérence de tem- 
pérature des soudures paires et impaires des éléments 
thermo-électriques, c-à-d. à l'élévation de la température 
de la soudure de la barre. Peltier a reconnu que lorsque le 
courant passe d'un fil de cuivre dans un fil de zinc, de 
plomb ou de fer, réchauffement de la soudure est moindre 
que lorsqu'il suit la route inverse. On peut même pour 
certains métaux, et avec un faible courant, observer aux 
soudures des refroidissements. Ainsi deux lames de cuivre 
soudées aux deux extrémités d'une lame de bismuth don- 
nent, lorsqu'elles sont traversées par un courant faible, une 
élévation de température à l'une des soudures, un refroi- 
dissement à l'autre. Une lame de bismuth étant soudée à 
une lame d'antimoine et traversée par un courant, on re- 
marque que la soudure se refroidit quand le courant va du 
bismuth à l'antimoine et qu'elle s'échauffe quand le courant 
va de l'antimoine au bismuth. Quintus Icilius, physicien 
allemand contemporain, a étudié le même phénomène de la 
façon suivante : il faisait passer un courant comme à tra- 
vers une bande de métal soudée entre deux autres iden- 
tiques entre elles; puis interrompant le courant, il mettait 
les branches de la soudure en communication avec un 
galvanomètre dont la déviation indiquait par son sens 
quelle était la soudure la moins chaude et par sa grandeur 
la différence de température des deux soudures. Il a trouvé 
ainsi que la différence de température était proportionnelle à 
l'intensité du courant qui les avait traversées. M. Becquerel 
a montré qu'il y a une relation entre le sens du courant 
thermo-électrique que l'on obtient en chauffant la soudure 
et le sens du courant qui échauffe le moins la soudure ; 
ces courants sont de même sens. 

On a désigné sous le nom d'effet Thomson un phéno- 
mène du même genre observé par ce physicien, mais sur 
un circuit formé d'un seul métal à diverses tempéra- 
tures. M. Thomson a montré que pour le fer et le platine 
il y avait transport de chaleur, c.-à-d. que si l'on chauffe 
un point A du circuit la température est plus élevée à 
une certaine distance de ce point en marchant dans le 
sens du courant qu'à la même distance en marchant en 
sens inverse. Pour le cuivre, c'est l'inverse. M. Le Roux, 
qui a étudié avec soin ces phénomènes, a constaté que 
l'effet est proportionnel à l'intensité du courant et variable 
avec la nature du conducteur : l'antimoine, le zinc, l'argent, 
le cuivre se comportent de même ; l'antimoine est le plus 
actif, le cuivre l'est le moins ; le platine et le bismuth se 
comportent d'une façon inverse et le bismuth est le plus 
actif des deux. — Applications. Lsi^las importante de toutes 
et la plus récente consiste dans l'éclairage par l'incandes- 
cence de fils de charbon (V. Lampes a incandescence). On 
a aussi employé ces phénomènes pour allumer des lampes 
à essence comme dans les allume-feu électriques. On fait 
aussi rougir par ce procédé des fils métalliques qui servent 
à cautériser. Enfin, ces dernières années, on a proposé 
d'utiliser la chaleur dégagée au point de contact de deux 
barres lorsqu'elles sont parcourues par un courant et 
pressées l'une contre l'autre pour les souder. C'est le pro- 
cédé E. Thomson qu'on a pu voir fonctionner à l'Exposition 
universelle de 1889. 

Effets chimiques (V. Electrolyse). 

Effets mécaniques. Ces effets sont de plusieurs sortes : 

Transport des liquides. Quand on fait passer un cou- 
rant électrique dans une auge pleine de liquide présentant 
une paroi en matière poreuse (une vessie par exemple), on 
constate que le liquide semble entraîné par le courant à 
traverser la membrane. Cet effet, étudié par Wiedemann, 
obéit aux lois suivantes : les quantités de liquide transporté 
dans l'unité de temps de l'autre côté d'une paroi sont: 



COURANT — 94 

i^ proportionnelles aux intensités des courants ; 2° indé- 
pendantes de l'épaisseur et de la surface du vase poreux ; 
3^ d'autant plus grandes toutes choses égales d'ailleurs 
que le liquide est plus résistant. 

Changement de structure. On a remarqué que cer- 
tains métaux, le cuivre par exemple, devenaient cassants 
lorsqu'ils avaient été longtemps parcourus par des courants 
électriques. On a observé que la ténacité d'un fil de cuivre 
avait diminué d'un quart par le passage prolongé d'un 
courant faible. Werthcim a reconnu, en taisant vibrer des 
verges parcourues par des courants électriques, que leurs 
coefficients d'élasticité étaient diminués. 

Effets cV arrachement. M. Planté a montré qu'en pla- 
çant une lame de verre dans une cuvette contenant une 
solution de l'azotate de potasse dans laquelle plongeait un 
fil de platine communiquant avec le pôle positif d'une pile, 
on pouvait graver cette plaque de verre en promenant à 
sa surface un fil fin de platine entouré d'un tube de verre 
ne laissant passer que l'extrémité du fil et communiquant 
avec le pôle négatif de la pile. 

Effets magnétiques. Ces effets sont de la plus grande 
importance ; ils constituent tout un chapitre de l'électricité ; 
ils seront développés à l'art. Electromagnétisme (V. aussi 
Electrodynamique). 

Effets physiologiques. Lorsqu'on fait passer des cou- 
rants électriques à travers les muscles d'animaux tués 
récemment, on observe des contractions diverses selon les 
points d'entrée ou de sortie du courant et on peut ainsi 
reproduire, mais d'une façon désordonnée, des mouvements 
observés pendant la vie. Ces phénomènes ont été étudiés sur 
divers animaux et tout d'abord sur la grenouille, ce qui 
amena Galvani et Volta à la célèbre discussion qui fit 
inventer la pile électrique à ce dernier physicien. Même 
sur les insectes l'électricité provoque des mouvements et 
l'on a pu de cette façon, avec une cigale récemment 
tuée, obtenir le bruit particulier que cet insecte fait 
entendre. Des expériences furent faites aussi sur des 
cadavres humains, principalement sur des corps de sup- 
pliciés. Celles de Glasgow faites par Indrew lire sont restées 
célèbres ; on provoqua des mouvements violents des mem- 
bres, capables de renverser des personnes, des contractions 
du visage exprimant diverses impressions, « la rage, 
l'horreur, le désespoir, l'angoisse et d'affreux sounrcs 
unirent leur hideuse expression sur la face de l'assassin », 
et plusieurs personnes qui assistaient à ce spectacle durent 
s'enfuir, d'autres se trouvèrent mal. Avec les corps de 
malades morts naturellement, Aldini n'obtint rien de pareil. 
Non seulement les muscles volontaires éprouvent ces mou- 
vements, mais encore les muscles involontaires peuvent 
être excités de cette façon; on peut faire pai' exemple 
battre le cœur à l'aide d'un courant. Sur les êtres vivants 
les courants faibles produisent diverses sensations : les 
rhéophores d'une pile étant mis en contact avec les oreilles 
on entend des bruits sourds que Volta comparait avec celui 
produit par un Hquide visqueux en ébullition. On peut aussi 
do cette façon percevoir des lueurs les yeux fermés ; des 
aveugles même les ont perçues. Avec les courants forts on 
obtient des commotions dont la violence dépend surtout de 
la tension du courant plutôt que de sa quantité. Ainsi une 
pile de douze éléments à très grande surface produit peu 
d'effet, tandis qu'une pile de six cents couples à faible sur- 
face donne une violente commotion dont la douleur persiste 
plus de vingt-quatre heures, d'après Gay-Lussac. Pour les 
courants d'intensité moyenne au moment où le courant est 
fermé, on éprouve surtout une commotion sans accompa- 
gnement de douleur et, tant que le courant passe, on 
éprouve seulement une légère irritation ; au contraire, 
quand on rompt le courant, on éprouve de la douleur sans 
contraction en général. C'est donc surtout la fermeture et 
l'ouverture du courant qui produisent des effets marqués ; 
aussi c'est principalement aux courants induits qui se for- 
ment et cessent un grand nombre de fois par seconde que 
l'on a recours en électrothérapie. 



Mesure de l'intensité des courants. On peut, pour faire 
cette détermination, employer un phénomène convenable- 
ment choisi pour faire cette mesure à la condition de 
montrer que si l'on a deux courants égaux (c.-à-d. pro- 
duisant la même action sur l'appareil de mesure) on 
obtiendra une action double en les ajoutant. Si cependant 
certaines actions sont particulièrement faciles à observer 
ou sensibles, on pourra avoir intérêt à les utiliser même 
si elles ne donnent pas une indication double de celle 
qu'elles fournissent avec un seul courant ; mais il faudra 
alors graduer l'appareil d'une façon empirique et construire 
une table indiquant la valeur de l'intensité en fonction de 
la grandeur de l'effet observé, La plupart des instruments 
destinés à mesurer l'intensité des courants reposent sur 
l'emploi de phénomènes à' électromagnétisme ou à'élec- 
trodynamique (Y. ces mots). On emploie aussi les phé- 
nomènes chimiques tels que la décomposition de l'eau ou 
des sels ; cette dernière méthode n'est applicable qu'aux 
courants intenses. C'est sur la décomposition du sulfate de 
cuivre et sur le poids de cuivre déposé à l'électrode né- 
gative qu'est fondée le système de compteur électrique 
imaginé par Edison. Pour les courants faibles on emploie 
les boussoles des sinus, des tangentes, les galvanomètres, 
l'électrodynamomètre de Weber, etc. Pour la description 
de ces appareils, V. Galvanomètre et Electrodynâmomètre. 
Méthodes électromagnétiques. Quand un courant élec- 
trique parcourt un conducteur situé au voisinage d'un pôle 
magnétique austral, celui-ci est dévié vers la gauche du 
courant. On entend par là la gauche d'un observateur 
couché sur le conducteur, regardant le pôle de l'aimant, 
lorsque le courant est dirigé dans le sens des pieds à la 
tête; un pôle magnétique boréal est dévié à droite. Ce 
phénomène sert à la mesure des courants. Si on considère 
un courant rectifigne indéfini dirigé suivant le méridien 
magnétique agissant à la distance d sur une aiguille ai- 
mantée placée en dessous, on démontre que l'intensité I du 
courant a pour expression 

T # H- l^ sin^ a , 
I^„ _ tga. 

T est la composante du magnétisme, K une constante, l la 
distance des pôles de l'aiguille et a la déviation qu'elle 
éprouve sous l'influence du courant. Cette formule est 
compliquée et on a clierchc à la simplifier en modifiant les 
conditions de l'expérience: de là les boussoles des sinus et 
des tangentes. — Boussole des sinus. L'aiguille aimantée 
déviée par le courant est en équilibre sous l'action de la 
terre et du fil électrique enroulé sur un cadre qui entoure 
l'aiguille. L'intensité de chacune des actions varie avec 
l'angle de l'aiguille et du méridien magnétique, pour la 
force terrestre, et avec l'angle de l'aiguille et du plan du 
cadre, pour l'action de celui-ci. Or si à mesure que l'aiguille 
est déviée on suit celle-ci avec le cadre, le plan du cadre 
et de l'aiguille est toujours le même, de sorte que Faction 
de ce cadre est constante dans toutes les expériences. La 
composante terrestre a pour valeur K sin a, a étant l'angle 
du méridien magnétique avec l'aiguille et K une constante. 
L'intensité sera alors proportionnelle au sinus de la déviation: 
delà le nom de boussole des sinus. Les sensibilités absolue 
et relative de cet appareil augmentent avec a et sont 
maximum pour a rr: 90^, — Boussole des tangentes. Dans 
l'expression dcl donnée plus haut, si l'on fait en sorte que 
d soit très grand relativement à ^, le terme IHïw^ct, sera 
négligeable devant d^ et l'intensité I sera proportionnelle 
très sensiblement à la tangente de la déviation ; de là le 
nom de boussole des tangentes aux appareils qui réalisent 

ces conditions. On a trouvé qu'il fallait que -, fût supérieur 

à 30 ou 40 pour avoir des résultats satisfaisants; mais 
ces appareils ne sont pas assez sensibles. On trouve que la 
sensilDilité absolue est maxima pour les très faibles dévia- 
tions et la sensibilité relative pour la déviation de 45''.— 
Boussole de Weber. Elle est fondée sur le même principe, 



- ÔB- 



COURANT 



maïs les déviations observées sont mesurées à l'aide d'un 
rayon lumineux tombant sur un miroir invariablement lié au 
système aimanté (c'est un disque d'aeier dans cette bous- 
sole, au lieu d'une aiguille). La déviation du rayon lumi- 
neux, double de celle du miroir, permet d'apprécier avec 
exactitude de très faibles déviations. On a modifié la mé- 
thode de la boussole des tangentes en remarquant que l'on 
peut placer l'aiguille aimantée autre part que dans le plan 
du circuit électrique qui constitue le cadre. Bravais a 
montré théoriquement que si le plan d'une circonférence 
de diamètre D est situé à une distance 2D du milieu d'un 
petit barreau aimanté, les tangentes trigonométriques des 
déviations de celui-ci sont proportionnelles aux intensités 
du courant électrique. La boussole Gaugain (V. Galva- 
nomètre) est fondée sur ce principe. — Galvmiomètres. 
Ce sont des appareils à graduation empirique dos que la 
déviation dépasse une certaine valeur. Pour la description 
et la graduation de ces appareils, V. Galvanomètre. 

Quelque soit le procédé adopté, que l'on mesure l'intensité 
par une déviation ou par un phénomène chimique, on 
n'obtient que des nombres relatifs et il faut choisir une 
unité pour évaluer ces intensités indépendamment des 
instruments employés. L'unité pratique adoptée Vampère 
vaut 10 — * unités C.G.S. C'est l'intensité d'un courant 
produit par une force électromotrice d'un volt parcourant 
un circuit de résistance égale à un ohm (V. Unité élec- 
ïriûue). a. Joannis. 

IL Géographie. — Courants marins. — Généra- 
lités. — Mouvement de translation des eaux de la mer, dans 
une direction déterminée. Plusieurs causes contribuent à 
former les courants de la mer : l*' un inégal échauffement 
des eaux ; 2*^ les marées ; 3^ les vents généraux. Il y a lieu 
de distinguer les courants généraux et les courants locaux ; 
et, dans ces deux catégories, les courants de surface et les 
courants sous-marins. Les premiers commencent à être bien 
connus aujourd'hui ; mais l'étude des courants sous-marins 
laisse encore beaucoup à désirer ; il reste de ce côté de 
nombreuses lacunes à combler. Pourtant, si Ton regarde 
en arrière, on est frappé des progrès accomplis depuis 
trente ans dans l'étude de la physique du globe. Tout 
porte à croire que les points obscurs que nous signalons 
ne tarderont pas à disparaître. 

Trois éléments principaux caractérisent un courant : sa 
vitesse, sa direction et sa température. 1** Vitesse: les cou- 
rants de la mer sont beaucoup moins rapides que ceux de 
l'atmosphère. On pourra le constater par les données numé- 
riques que nous donnons plus loin au sujet du Gulf-Stream, 
l'un des mieux connus et des plus réguliers. 2° Direction, 
que certaines causes telles que la rencontre d'une terre ou 
d'un banc peuvent modifier. Nous en verrons également des 
exemples. 3^ î^m/;^ra^ur<?; la température, du moins près 
de la surface, s'obtient à l'aide d'un simple thermomètre 
plongeur. On détermine expérimentalement les deux autres 
valeurs, force et direction, à l'aide de flotteurs que l'on 
abandonne sur des points déterminés et que l'on recueille 
lorsqu'ils viennent s'échouer sur une côte. On obtient ainsi, 
après un grand nombre d'observations, des notions sur 
leur trajectoire et aussi sur leur vitesse, en tenant compte 
du temps écoulé. Ce moyen a été souvent employé sur les 
côtes. C'est en agissant ainsi que le prince de Monaco a pu 
éclairer d'une vive lumière la marche du Gulf-Stream. 
Nous résumerons un peu plus loin ces intéressants travaux. 

Un courant, quelle que soit sa cause, a pour effet d'en- 
traîner tous les corps qui flottent à sa surface. Ainsi, 
quand un navire traverse un courant, il ne suit générale- 
ment pas la route que marque le compas (à moins que ce 
courant marche dans le sens de la route ou qu'il lui soit 
directement opposé). L'effet de ce courant se manifeste par 
une différence entre le point estimé et le point observé. 
On cite tel navire à voiles qui, forcé, par un temps couvert, 
de naviguer pendant plusieurs jours à l'estime, se trompa 
de plus de 60 milles en atterrissant sur le port de Brest. 
Les navigateurs ont donc grand intérêt à bien connaître la 



force et la direction des courants du globe. Ils sont éga- 
lement plus à même que quiconque d'étudier leur cours ; 
donc, si l'on voulait avoir des données certaines à ce sujet, 
il convenait de s'adresser à eux. Une assemblée tenue à 
Bruxelles en 4853 décida que l'on engagerait les bâti- 
ments à tenir un journal, avec prière d'y consigner toutes 
les données relatives aux vents et aux courants.. Quelques 
années plus tard, Maury, directeur de l'observatoire de 
Washington, put dresser à l'aide des éléments recueillis 
de cette manière les cartes des vents et des courants que 
les navigateurs consultèrent avec fruit, et que l'on n'a 
cessé depuis lors de compléter par de continuelles obser- 
vations. 

^ Les mers du globe se partagent en trois océans : l'Atlan- 
tique, le Pacifique et l'océan Indien. Chacun d'eux a ses 
courants généraux et particuliers. Nous ne prétendons point 
que chacune de ces grandes divisions soit un bassin fermé 
et que les trois systèmes de courants généraux coulent isolé- 
ment ; au contraire, plusieurs d'entre eux se rattachent 
ensemble, le long des continents. Remarquons d'abord que 
chaque océan est traversé, aux environs de l'équateur, et 
parallèlement à cette ligne, par un courant dit équatorial, 
qui, après un parcours plus ou moins long, rejoint et ali- 
mente les courants généraux particuliers à l'océan que Ton 
considère. 

Océan Atlantique. — Dans l'hémisphère nord, le Gulf- 
Stream est le plus remarquable et le mieux connu des cou- 
rants généraux. On ne l'a guère étudié que depuis un siècle. 
En 1770, l'illustre Franklin apprit d'un capitaine de balei- 
nier, nommé Folger, l'existence de ce remarquable fleuve de 
la mer, Folger lui indiqua, sur une carte, son trajet depuis 
sa sortie du golfe du Mexique : c'étaient des limites que les 
baleiniers ne franchissaient point. Son nom {Gulf-Stream^ 
courant du golfe) remonterait, d'après Croll, à 4748, époque 
où le Suédois Kalm édita ses Voyages» Cet auteur signale 
les arbres et les plantes du golfe du Mexique que le courant 
entraîne aux îles Fœroé et qu'il jette sur les côtes d'Islande. 
Ajoutons qu'Alaminos, pilote de la caravelle qui, en 4o49, 
porta en Espagne les dépêches de Fernand Cortez, paraît 
avoir le premier utilisé la force de ce courant. La baleine 
franche qui évite les eaux chaudes, se tenait . toujours au 
large du Gulf-Stream : c'était là un fait bien connu des 
anciens baleiniers. Ce furent ceux-ci, d'ailleurs, qui don- 
nèrent à Frankhn, devenu directeur général des postes,. les 
renseignements qui permirent de dresser une carte de ce 
courant remarquable. Franklin cherchait à l'utiliser ; mais 
les autorités anglaises ne voulurent tenir aucun compte de 
ses observations. 

• Le Gulf-Stream sort du golfe du Mexique et se dirige 
d'abord au N.-E. Arrivé dans les parages de Terre-Neuve, 
il se divise en deux branches, l'une dirigée sur Madère ; 
l'autre traverse tout l'Atlantique ; ses eaux s'avancent dans 
l'océan Glacial jusqu'à 88^ de latitude et réchauffent, en 
passant, les côtes de la Norvège et du Spitzberg. L'arrivée 
de ce courant à l'extrémité septentrionale de la Nouvelle- 
Zemble a même été constatée par la présence de bois flotté 
et de bambous, provenant, à n'en pas douter, des pays 
inter tropicaux. La config-uration de la côte américaine paraît 
n'influencer en rien la direction du Gulf-Stream. On l'ex- 
plique, au contraire, parla rotation de la terre, cette der- 
nière cause, dérivant vers l'E. les courants qui portent au 
N. Ainsi, à partir du banc de Terre-Neuve, la seconde 
branche court vers l'E. Cette barrière d'eau tiède arrête 
et fond les icebergs; ces glaces flottantes déposent ainsi 
sui; le banc, les pierres, la terre, les graviers qu'ils trans- 
portent du Grœnland et des régions arctiques. Le Gulf- 
Stream transporte^ aussi sur ce point les innombrables dé- 
pouilles des organismes microscopiques dont ses eaux sont 
chargées. Telle est, du moins, la théorie généralement admise 
aujourd'hui en ce qui concerne la formation du grand banc. 
D'autres pensent que ce plateau sous-marin est dû à l'éro- 
sion du fond par le Gulf-Stream, et ils font remarquer à 
ce propos que la face méridionale du grand banc de Terre- 



COURANT 



- 96 — 



Neuve est accore, c.-à-d. que de 100 m. elle descend subi- 
tement à 5,600 m., tandis qu'au N. le fond diminue graduel- 
lement. 

Maury compare le Gulf-Stream à une majestueuse 
rivière, dont le courant dépasse en rapidité celui de l'Ama- 
zone et du Mississipi. Voici comment il le décrit en 
quelques mots : « Il est un fleuve au sein de l'Océan. Ja- 
mais il ne tarit, même dans les plus grandes sécheresses ; 
jamais il ne déborde, même dans les plus grandes crues. 
Ses rives et son lit sont des couches d'eau froide, entre 
lesquelles coulent à flots pressés des eaux tièdes et bleues. 
C'est le Gulf-Stream ! Nulle part dans le monde, il n'existe 
un courant aussi majestueux. Il est plus rapide que l'Ama- 
zone, plus impétueux que le Mississipi, et la masse de ces 
deux fleuves ne représente pas la millième partie du vo- 
lume d'eau qu'il déplace. » Quoi qu'il en soit, il est certain 
que les eaux de ce grand courant diffèrent des autres par la 
transparence, la couleur, la densité, la température et le 
degré de salure. En ce qui concerne la couleur (surtout 
dans les environs du parallèle du cap Hatteras) le change- 
ment s'aperçoit à l'œil nu ; l'on ne saurait établir aucune 
similitude entre la teinte verdâtre habituelle à l'Atlantique 
et les flots indigo du Gulf-Stream. Ce courant est comme 
un fleuve qui traverserait l'Océan, comme un fleuve dont 
la largeur est comparable à celle de l'embouchure du rio de 
la Plata. D'après M. James Croll, le volume de ses eaux 
équivaudrait à celui d'un canal de 80 kil. de large sur 
300 m. de profondeur, dans lequel l'eau aurait une vitesse 
de 6 kilom. par heure. 

Les Hmites du Gulf-Stream se déplacent comme celles des 
vents alizés en suivant les mouvements du soleil. Ce grand 
courant éprouve donc des oscillations annuelles. Sur le 
méridien du cap Race (S. de Terre-Neuve), sa limite sep- 
tentrionale ne dépasse guère 40" en hiver ; en septembre, 
alors que la température de la mer est maxima, il monte à 
46^. Nous avons vu que l'influence bienfaisante du Gulf- 
Stream s'étendait aux climats les plus lointains et se faisait 
sentir jusqu'au Spitzberg. En effet, sans l'eau chaude qui 
sort du golfe du Mexique et que le Gulf-Stream transporte 
jusqu'à l'océan Glacial, les côtes d'Angleterre et d'Irlande 
seraient prises dans les glaces comme celles du Labrador, 
la Norvège disparaîtrait comme le Grœnland sous d'im- 
menses glaciers. Les vents d'O. et de S.-O. qui pas- 
sent sur ce courant lui enlèvent une partie de sa chaleur et 
les vapeurs, apportées par ces vents, se condensent en 
arrivant dans les hautes latitudes. C'est à cela que la verte 
Erin doit son climat humide et pluvieux, sa végétation et 
son surnom à'Emeraude de l'Océan, 

Cet énorme fleuve d'eau chaude exerce une influence 
considérable sur les phénomènes atmosphériques de F Atlan- 
tique nord. Les Anglais le nomment le Père des tempêtes. 
C'est en effet à lui que l'on doit les coups de vent fréquents 
et terribles qui désolent ces parages, surtout pendant l'hiver 
et lorsque le vent et le courant marchent en sens opposé. 
On remarque que les coups de vent les plus violents sui- 
vent à peu près son parcours. 

Au sortir du golfe du Mexique, le Gulf-Stream atteint 
en certains points son maximum de température, 29<*,4 cen- 
tigrades. Cette température éprouve quelques variations, 
suivant les saisons. Ainsi les observations faites sur le 
détroit de la Floride, ont donné les chiffres suivants : en 
hiver, 25«; au printemps, 25o,5; en été, 28*^,3 ; à l'au- 
tomne, 27^,8. Ces chiffres, calculés d'après un grand 
nombre d'observations, expriment des températures moyen- 
nes. Les eaux les plus chaudes sont naturellement à la 
surface, ou tout près de la surface. Dans un même lieu, 
une observation a donné 3°, 3 pour les couches profondes et 
26^,7 à la surface. Il est à peine besoin d'ajouter que l'axe 
du courant est à la fois le lieu des plus grandes vitesses 
et celui des plus hautes températures. Tous les points de la 
surface ne sont pas à la même température. En traversant 
le Gulf-Stream, le thermomètre accuse des bandes alterna- 
tivement chaudes et froides. En tout cas, les hautes tempé- 



ratures des couches les plus chaudes se maintiennent très 
longtemps: ainsi, un changement de 40*^ en latitude, soit 
un parcours de 10,800 kil., ne produit qu'un abaissement 
de température de i*'. Toutefois, entre la partie centrale 
de ce grand courant et le littoral des Etats-Unis, il s'opère 
un brusque changement de température ; on a observé quel- 
quefois une différence de 47^ entre deux points éloignés de 
quelques centaines de mètres. Les Américains donnent au 
plan de démarcation le nom de Cold Wall (muraille 
froide). Ces masses d'eau chaude arrivant à la latitude de 
Terre-Neuve, produisent les épais bancs de brume qui 
couvrent si souvent ces parages. 

La vitesse du Gulf-Stream, très variable, atteint son 
maximum vers le solstice d'été et au commencement de 
l'automne. Dans le canal de la Floride, à l'endroit le plus 
resserré, cette vitesse atteint parfois 5 milles par heure. Dès 
le commencement du xix® siècle, on aborda l'étude de ce 
courant, à l'aide de séries de flotteurs. Mais, on ne pra- 
tiqua cette méthode que d'une manière intermittente et 
jamais avec la précision nécessaire à une opération scien- 
tifique. Le prince de Monaco combla cette lacune pendant 
les années 4883, 4886 et 4887. De son yacht l'Hiron- 
delle^ il a jeté à la mer à titre d'expérience préhminaire 
tout un matériel flottant composé de sphères de cuivre, de 
barils et de bouteilles ordinaires. L'élégant pavillon de la 
principauté de Monaco montrait de nombreux exemples de 
ces engins à l'Exposition universelle de 4889. Chacun de 
ces flotteurs contenait un tube de verre scellé à la lampe 
et renfermant l'avis suivant traduit en dix langues : « Dans 
le but d'étudier les courants de la côte française, ce 
papier a été jeté à la mer par les soins de S. A. le prince 
héréditaire de Monaco, à bord de son yacht r Hirondelle 
eten sa présence. Toute personne qui trouvera ce papier 
est priée de le faire parvenir aux autorités de son pays, 
pour être transmis au gouvernement français, en indiquant, 
avec le plus de détails possible le lieu, la date et les cir- 
constances ou ce papier aura été retrouvé. » Afin de donner 
au vent le minimum de prise, on faisait plonger presque 
entièrement les flotteurs à l'aide d'un lest convenable. 

Les premiers flotteurs, numérotés, furent lancés en 4885, 
suivant une ligne située au N.-O. des Açores; deux mois 
après, on en recueillit plusieurs au S.-E. du groupe; par 
suite, ces flotteurs avaient contourné et traversé l'ar- 
chipel. On en retrouva d'autres à Madère, aux Canaries, 
et même aux Antilles. La marche circulaire des eaux se 
dessinait : on pouvait déjà prévoir que ce mouvement avait 
lieu autour d'un point situé dans le S.-O. des Açores. 
L'année suivante (4886), V Hirondelle lança à la mer 
540 bouteilles numérotées, sur le 20^ méridien 0. de 
Paris, entre les parallèles du cap Finisterre et du S. de 
l'x^ngleterre, sur une longueur de 444^milles. Les flotteurs 
recueillis jusqu'ici indiquent une marche suivant les paral- 
lèles, avec une légère inclinaison vers le S. Le prince de 
Monaco concluait de cette expérience que le courant de 
Rennel n'existait point et que le courant des fleuves se 
faisait sentir assez loin en mer pour refouler le courant 
océanique (on n'a trouvé aucun flotteur entre la Gironde et 
l'île de Groix). Enfin, en 4887, V Hirondelle hn^a encore 
4,000 flotteurs entre les Açores et Terre-Neuve, sur une 
longueur de 638 milles. A la date du 25 août 4889, on 
avait retrouvé 404 des flotteurs de cette troisième série. 
En considérant les parages oii on les a recueillis, la tra- 
versée qu'ils ont effectuée confirme les indications des 
années précédentes. Voici les conclusions générales que 
S. A. le prince de Monaco tire de ces expériences et qu'il a 
condensées en grande partie dans une note présentée à 
l'Académie des sciences, le 3 juin 4889 : 

Ces expériences démontrent l'existence du mouvement 
circulaire des eaux superficielles de l'océan Atlantique nord 
autour d'un point situé au S.-O. de l'archipel des xAçores. 
Le bord externe de cette nappe passe au S. du banc 
de Terre-Neuve, se dirige à peu près vers la Manche, 
devant laquelle il passe en s'infléchissant vers le S., après 



97 — 



COURANT 



avoir dirigé une de ses branches vers le N.-E. Puis, il 
longe l'Europe et l'Afrique jusqu'à la hauteur des Canaries, 
se dirige vers le S.-O. et rejoint le courant équatorial. Voilà 
pour le bord externe. Le bord interne paraît exécuter une 
révolution d'un très court rayon autour du centre, ainsi que 
l'indiquent deux flotteurs recueillis en 4887, en pleine 
mer, à 160 milles au S. des Açores occidentales. Enfin, 
un grand radeau composé de milliers de pièces de bois et 
abandonné en mer au mois de déc. 4887, a donné éga- 
lement quelques indications de vitesse et de direction. 

A la fin d'une étude intitulée Expériences de flottage 
sur les courants superficiels de l'Atlantique Nord, le 
prince de Monaco exprime un desideratum appelé à rendre 
les plus grands services aux marins du vieux monde. Il 
s'agit de l'établissement d'un observatoire météorologique 
relié par un câble à l'Europe, sur les Açores, ce poste 
avancé si rapproché du centre dont nous venons de parler. 

M. le lieutenant de vaisseau G. Simart a dressé les cartes 
des courants pour l'océan Atlantique Nord, en employant des 
documents tirés des journaux de bord de la marine de 
l'Etat et de la Compagnie transatlantique, plus un certain 
nombre d'observations provenant d'autres navires de la 
marine du commerce. L'auteur divise la surface de la mer 
en rectangles de 2 degrés de côté. Il inscrit dans chacun des 
rectangles le nombre des observations faites dans ce rec- 
tangle ; une flèche de longueur constante donne en degrés la 
direction de la résultante ; le nombre inscrit à côté de cette 
résultante indique, en milles marins, l'intensité probable du 
courant par vingt-quatre heures. Lorsque la résultante est 
nulle, le nombre des observations est seul porté à l'intérieur 
du rectangle. Deux cartes donnent la direction des courants 
de l'Atlantique Nord. L'une comprend les mois d'octobre, 
novembre, décembre, janvier, février, mars ; la seconde 
les six autres mois. Il est désirable que M. Simart réunisse 
de nouvelles observations qui lui permettent de dresser 
aussi les cartes des autres océans. 

Courant équatorial. Le courant équatorial de l'Atlan- 
tique prend sa source au fond du golfe de Guinée. 
Il s'épanouit en s'avançant vers l'O. ; on évalue sa largeur 
à 300 milles, par le travers du cap des Palmes. Au large 
du cap San Roque, il se divise en deux branches : l'une 
suit la côte N. de l'Amérique du Sud sous le nom de 
courant de la Guyane, pénètre dans la mer des Antilles 
et va alimenter le Gulf-Stream, après avoir contourné 
le Yucatan. L'autre branche suit la côte E. du Brésil jus- 
qu'au rio de la Plata. On observe sur les côtes des courants 
de moindre importance. Par exemple le courant des Ama- 
zones qui porte d'abord à l'E.-N.-E., puis s'infléchit vers 
le N. et le N.-O., en se mêlant au courant équatorial, dont 
il augmente la vitesse. Ici, l'eau devient boueuse ; elle tient 
en suspension beaucoup de vase, et cette couleur jaunâtre 
s'étend à une distance considérable dans l'O. et le N. Dans 
la partie centrale de l'Atlantique Nord, on observe un cou- 
rant vers rO., dô peut-être à l'influence des alizés de 
N.-E., qui soufflent à l'E. de la zone en question. A l'O. et 
au N., ce courant est limité par le Gulf-Stream, et à l'E., 
il est borné et en même temps alimenté par le courant 
qui , en longeant les côtes d'Europe et d'Afrique , va 
rejoindre le courant équatorial. Un courant polaire descend 
le long du Labrador, se divise en deux branches qui 
embrassent File de Terre-Neuve, se rejoignent au S. de cette 
île et longent la côte des Etats-Unis. C'est ce courant qui 
forme le Cold Wall dont nous avons parié et qui charrie 
les icebergs si redoutés des navigateurs. A l'E. du Gulf- 
Stream et dans les remous ùq ce grand courant, entre 
les Açores, les Canaries et les îles du Cap- Vert, se 
trouve la mer des Sargasses ou mer de Varech que les 
compagnons de Colomb efîi'ayés appelaient les limites de 
la mer. L'Océan y est couvert d'une végétation abon- 
dante et notamment d'une espèce de fucus que l'on appelle 
communément raisins des tropiques, les mêmes qui 
arrêtaient la marche des petits navires de Colomb, en 
s'accumulant sur leurs étraves. On croyait jadis que ces 

GRANDE ENCYCLOPÉDIE. — XIII, 



régions étaient parsemées d'écueils sur lesquels croissaient 
les fucus, que les mouvements de la mer arrachaient. Une 
telle opinion n'a plus cours aujourd'hui. Les sondages de 
M. Lee, commandant du Dolphin, ont accusé dans ces 
parages plus de 2,000 m. de profondeur, et, de plus, 
on a démontré que ces plantes se propagent à la surface des 
eaux. Il reste à résoudre définitivement si ces goémons 
proviennent du golfe du Mexique ou s'ils se développent là 
naturellement, favorisés par le calme relatif dont jouit la 
zone en question. La même espèce de varech croît aux 
Antilles, aux îles du Cap-Vert et sur les îlots isolés du golfe 
du Mexique. D'après M. Leps, la mer des Sargasses s'éten- 
drait entre les parallèles 17^ et 38^ et les méridiens 50^ et 
81^ 0. Les eaux opèrent lentement dans cet espace un 
mouvement circulaire et tous les objets en dérive doivent 
s'amasser entre ces limites. Il y a aussi dans les autres 
océans des mers de sargasse dont nous parlerons. 

Courants de la Méditerranée, Le courant qui pénètre 
de l'Océan dans la Méditerranée se divise dans cette der- 
nière en deux circuits fermés, l'un à l'E., l'autre à l'O., 
ces deux circuits ayant un point commun près de Malte. 
On admet généralement que le courant de l'Océan à la 
Méditerranée doit être attribué à l'abaissement continuel 
de niveau que produit l'évaporation active dont cette mer 
intérieure est le siège. 

Océan Pacifique. — Au lieu d'un seul courant équa- 
torial, il semble que l'océan Pacifique ait deux courants 
équatoriaux courant de l'E. à l'O. comme dans les autres 
mers, l'un auN., l'autre au S. de l'équateur. Le courant 
équatorial N. s'avance jusqu'au 20® et même au 25® paral- 
lèle; il alimente le Gulf-Stream du Pacifique dont nous 
allons parler. Le courant équatorial S. se divise en deux 
branches comprenant l'AustraHe entre elles. Entre ces deux 
courants équatoriaux, il existe un contre-courant marchant 
en sens contraire, de l'O. à l'E. Le courant analogue au 
Gulf-Stream part du N. du grand archipel d'Asie et se 
dirige vers les îles Aléoutiennes, en frôlant le littoral du 
Japon dont il adoucit la température. Les Japonais le nom- 
ment Kouro-Sivo (courant noir), à cause de la couleur 
foncée de ses eaux. Par le travers du Japon, ce grand cou- 
rant se divise en deux branches: 4^ la première remonte 
au N., le long du Kamtschatka et pénètre dans le détroit 
de Dehring, non sans avoir déposé sur les îles Aléoutiennes 
du bois flotté qui vient de la Chine et du Japon, et que les 
insulaires emploient à leurs usages domestiques ; 2*^ l'autre 
rejoint la côte N.-O. d'Amérique, diminue de vitesse et se 
perd dans une direction parallèle à cette côte. Comme 
preuve de l'existence de ce grand mouvement des eaux, on 
cite une jonque japonaise qui, abandonnée sur les côtes du 
Japon, fut retrouvée dix mois plus tard aux îles Sandwich. 

Les limites de ce courant sont très influencées par les 
moussons et les vents locaux. Pendant la mousson de N.-E., 
le Kouro-Sivo, à son origine dans l'océan Pacifique, a 400 
ou 500 milles de large. Il se rétrécit à l'époque de la 
mousson de S.-O. et n'a plus que 450 milles de large 
à son origine. Les troubles qui affectent ce courant pen- 
dant l'été proviennent des typhons ; ils précèdent souvent les 
tempêtes tournantes et constituent un des meilleurs pro- 
nostics de ces dangereux météores, par lesquels les naviga- 
teurs ont le plus grand intérêt à ne pas se laisser sur- 
prendre. La vitesse du Kouro-Sivo augmente à mesure que 
l'on monte vers le N. Voici, d'après le Chi7ia Sea Direc- 
tory, sa vitesse journalière en diverses saisons et sur diffé- 
rents points : 

mai à sept. oct. à avril. 

Chenal des Bachi 18 à 48 milles 48 à 42 milles 

Côte Est de Formose. 24 à 42 — 24 à 36 — 

Nord-Est de Formose. 24 à 48 — 48 — 

Côte du Japon 48 à 72 — 24 à 48 — 

De mai à sept., la température moyenne de ce courant 
est de 27^,8 et sa température maxima de 30*^, soit 7^ de 
plus que celle de l'Océan. Souvent, on a trouvé au milieu 
de ce courant des bandes étroites d'eau froide avec des 

7 



COURANT - 98 

différences de 3^ à ¥. En ce qui concerne l'océan Pacifique 
Sud, les eaux des régions polaires se dirigent vers Féquateur 
avec une vitesse proportionnelle aux différences de tempé- 
rature et de densité ; mais le mouvement de rotation de 
la terre les dévie vers l'E. Enfin, la pointe méridionale de 
l'Amérique divise en deux ce courant froid : la première, 
sons le nom de courant de Humboldt, remonte le long 
de la côte et rafraîchit singulièrement les côtes du Chili et 
du Pérou. Arrivée au S. de l'équateur, cette branche s'in- 
fléchit à rO., puis à rO.-S.-O. Sa vitesse moyenne est de 
J 5 milles par jour. L'autre partie du courant polaire con- 
tourne le cap Horn et va se perdre sur la côte orientale 
d'Amérique. 

Océan Indien. — Le courant équatorial court au S. de 
l'équateur dans la direction de l'O. et s'étend parfois jus- 
qu'à 25° S. Il est produit à la surface de la mer par les 
vents alizés de S,-E., mais subit une déviation par le fait 
du mouvement de la terre. Sa vitesse, variable avec celle 
des vents, oscille entre 20 et 25 milles par vingt-quatre heures. 
A la hauteur des îles Mascareignes, le courant équatorial se 
Sivise en trois branches : la première, dirigée au S.-O., passe 
au S. de Madagascar et rejoint le courant au cap des Ai- 
guilles, avec une vitesse de 50milles par vingt-quatre heures. 
La seconde branche, continuant son chemin à l'O., rejoint la 
côte de Madagascar vers l'île de Sainte-Marie. La troisième 
branche s'infléchit au N.-O., contourne le cap d'Ambre 
avec une vitesse de 30 à 60 milles, continue vers les 
Comores et se divise en deux bras à sa rencontre avec la 
côte d'Afrique : l'une, dirigée au S., constitue le courant de 
Mozambique; l'autre, dirigée au N., se dirige vers le cap 
Gardafui pendant les moussons de S.-O. et constitue, 
pendant les moussons de N.-E., un contre-courant dirieé 
à l'E. 

Le courant équatorial de cet océan coule de l'E. à l'O., 
entre les paraUèles de 10<» et 20« S. L'île de Madagascar 
le divise en deux branches qui rejoignent Je courant de 
Mozambique de part et d'autre de celte fle. Dans la partie 
septentrionale de l'océan Indien, les courants sont variables 
et changent avec les moussons (V. ce mot). Une masse 
d'eaux chaudes sort par le détroit de Malacca et va ahnien- 
ter le Gulf-Stream du Pacifique. Enfin, le courant tra- 
versier de l'océan Indien, arrivé près de l'Australie, se 
divise en deux branches, chacune d'efles embrassant une 
des côtes de ce continent. Sa vitesse est très variable. Les 
principaux courants de la mer de Chine sont ceux des mous- 
sons de N.-E. et de S.-O. (en dehors du Kouro-Sivo dont 
nous avons déjà parlé). Les deux premiers alternent très 
régulièrement. Pendant la mousson de N.-E., le courant 
porte au S.-O. avec une vitesse qui dépend de la force du 
vent. Cette direction est parfois un peu modifiée par la 
configuration de la côte et sa direction générale. Pendant 
la mousson de S.-O., les courants sont très variables, mais 
portent à peu près dans la direction du vent. Aussi, pen- 
dant la saison où souffle cette brise, les navigateurs doivent- 
ils prendre de grandes précautions, à cause des brumes 
qui accompagnent généralement cette mousson. 

Courant de Mozambique. Ce courant longe la côte 
d'Afrique à la distance de 60 à 80 mifles, avec une vitesse 
de 36 à 72 cl même \ 00 milles par jour dans les parties 
les plus étroites. Arrivé dans les parages du cap de lîonne- 
Espérance, il prend le nom de courant des Aiguilles. La 
direction du vent exerce une grande influence sur la force 
et la direction de ce courant. Le long de la côte de Mada- 
gascar, il suit généralement la direction du N. au N.-O. 
On peut dire d'une manière générale que les courants du 
canal de Mozambique sont irrcguliers, excepté dans leur 
partie la plus rapprochée de la côte africaine. L'observation 
de la température de l'eau donne parfois de précieuses indi- 
cations sur ces courants : dès qu'elle descend au-dessous de 
20*^, le courant cosse de porter au S.-O. Au S, de Mada- 
gascar, le courant de Mozambique se réunit à la branche 
méridionale du courant équatorial et constitue le courant 
des Aiguilles. 



Courant des Aiguilles. Ce courant chaud, formé comme 
nous venons de l'indiquer, se dirige vers le S.-O. et passe 
à une distance de la côte variable entre 3 à 120 mifles ; 
vers le méridien du cap de Bonne-Espérance, il se divise 
en deux branches, l'une continuant vers le S. et l'autre 
dirigée vers l'E., jusqu'au parallèle de 43*^ S. La vitesse, 
le volume et la température de ce courant varient suivant 
les saisons. Il atteint son volume maximum en été (janv. 
à mars) et s'étend alors jusquà 8° E. 
Sa température vaiie également dans de notables limites : 

Devant Natal 24^7 24%4 23%9 21%4 

Baie Delagoa 20«,5 23%3 22%8 46«,1 

Au S.-E. du banc des Aiguilles. 48%3 24^7 20^,5 48°,3 
Méridien du cap des Aiguilles. 47<*,2 20^,0 4 9°, 4 46^,4 
Le retour vers l'E. de la masse principale du courant 
des Aiguilles doit être attribué à l'influence du courant 
froid qui vient du S.-O. Le mélange des eaux froides et 
chaudes des deux courants soulève une très grosse mer. 
^ Courants dans les îles Laquedives et Maldives. Il est 
difficile de donner une description générale des courants 
qui sillonnent les chenaux innombrables de ces archipels. 
Pourtant, on peut dire qu'ils portent à l'E. pendant la 
mousson de S.-O . , à l'O. quand souffle la mousson de N.-E. 
Dans le golfe du Bengale, les courants dépendent entière- 
ment des moussons. Sur la côte de Sumatra, le courant 
porte généralement au S.-E., à la vitesse de 42 à48 milles 
par jour. 

Courants sous-marins.— Les températures du fond de 
la mer différent notablement de celles de la surface. Ainsi, 
la température du fond des mers tropicales est relativement 
basse, tandis que celle des mers polaires est assez élevée; 
on en a conclu à un échange entre les eaux profondes de 
ces mers. Ce mouvement est dû à la fois aux inégalités de 
salure et de température. Les banquises, ces montagnes de 
glace qui font l'effroi des navigateurs et, dans une certaine 
saison, la préoccupation principale des paquebots transat- 
lantiques, remontent quelquefois du S. au N. le détroit 
de Davis, refoulant avec force les courants de surface. 
Leur sommet ne s'élève qu'à une centaine de mètres, mais 
la base, sept fois plus enfoncée dans l'eau, subit l'impul- 
sion des courants sous-marins qui dominent dans les 
régions inférieurs. On connaît depuis trois siècles l'exis- 
tence, dans le Sund, d'un contre-courant sous-marin. jDès 
4683, le docteur Smith s'appuyant sur cette certitude 
avançait que par analogie un contre- courant sous-marin 
devait exister au détroit de Gibraltar, ayant une direction 
opposée à celle du courant de surface. 

Quelques années plus tard, le docteur Hudson citait un 
fait qui corroborait cette opinion. Un brick hollandais 
coulé au milieu du détroit de Gibraltar (aux environs de 
Tarifa), flotta entre deux eaux, dériva vers l'O. et s'échoua 
sur la côte d'Afrique à 42 milles du point de départ. Ce 
navire avait donc été entraîné par le contre-courant infé- 
rieur dans une direction opposée au mouvement des cou- 
rants de surface. 

Comme une conséquence de Févaporation, le sel préci- 
pité sans discontinuer, depuis l'origine des siècles, devrait 
former au fond des mers des dépôts dont on n'a nulle part 
part reconnu l'existence. Ce sont les contre-courants qui 
entraînent les parties denses; ce sont eux qui conservent 
aux eaux de la Méditerranée par exemple le même degré 
de salure. 

On peut donc admettre l'existence d'un courant sous- 
marin toutes les fois qu'un courant de surface se manifeste 
d'une manière permanente en un point quelconque des 
océans. Considérés sous ce rapport, les courants sous- 
marins, fraction de la circulation générale, maintiennent 
l'équilibre des mers. On peut conclure de là qu'il existe 
probablement au fond des mers des systèmes de circuits 
fermés analogues à ceux des eaux superficielles. Mais, par 
ce fait que les courants sous-marins n'intéressent pas di- 
rectement la navigation, ils sont certainement moins connus 
que les autres. 



— 99 -- 



COURANT - COURANTE 



M. Aimé a imaginé un appareil composé d'une girouette 
et d'une boussole, disposées comme il suit: une boîte cylin- 
drique en cuivre porte en son centre un cylindre de petit 
diamètre dans l'axe duquel se meut une tige terminée 
d'un côté par un disque et de l'autre par un anneau armé 
de trente-deux dents. D'autre part, le fond de la boîte porte 
une pointe sur laquelle oscille une aiguille aimantée, de 
telle sorte que la tige en s'abaissant met en prise les dents 
de l'anneau avec l'aiguille aimantée. Au-dessous de la 
boîte est suspendu un poids et une girouette. Enfin, le 
disque est percé d'un trou par lequel passe une corde 
attachée au tube. La boîte étant préalablement remplie 
d'eau et l'anneau élevé contre le couvercle de la boîte, on 
descend l'appareil à la mer : puis on laisse tomber un 
anneau de plomb qui abaisse la tige et par suite l'anneau. 
L'aiguille de la boussole est alors prise entre les dents. 
On a ainsi l'angle qu'elle fait avec la girouette, c.-à-d. la 



direction du courant sous-marin. L'erreur commise ne 
peut dépasser 6°, puisque les dents sont à 4'1°15' l'une de 
l'autre, distance que les marins désignent sous le nom de 
quart. Cette approximation est d'ailleurs suffisante pour 
tous les cas de la pratique. Cet appareil a servi à la re- 
cherche du courant sous-marin qui reporte dans l'Océan 
les eaux de la Méditerranée par le détroit de Gibraltar. 

On a pourtant imaginé beaucoup d'instruments suscep- 
tibles d'en faire connaître la vitesse et la direction ; mais 
ces études ont été peu suivies et l'on n'a jusqu'à ce jour 
aucune donnée d'ensemble sur cet intéressant sujet. Le 
dispositif le plus simple consiste en un corps immergé qui 
relie un fil à un flotteur. M. l'ingénieur hydrographe 
de la Roche-Poncié a imaginé un appareil dans lequel l'ai- 
guille aimantée indique la direction des courants sous- 
marins. M. le Meutenant de vaisseau de Gueydon emploie 
un instrument dérivé du loch électrique à moulinet^ de 




Fig. 2. — Carte des courants généraux à la surface des mers. 



M, Fleuriais ; un rectangle de cuivre, mobile autour d'un de 
ses côtés, sert de girouette et s'oriente de lui-même dans 
la direction du courant quand l'ensemble est immergé. 
Dans ces conditions, la vitesse est mesurée par le nombre 
des tours ; la girouette en tournant détermine des con- 
tacts électriques et fait marcher des sonneries qui indiquent 
la direction. A l'aide de cet instrument, M. de Gueydon, 
opérant dans le Bosphore, a reconnu que le courant des- 
cendant de la mer Noire avait une profondeur de 45 à 
48 m. A partir de 20 m. la température et la densité ne 
cessent d'augmenter ; c'est donc de l'eau chaude et très 
salée que la Méditerranée envoie dans la mer Noire. D'où 
les brumes qui envahissent cette mer pendant l'hiver, 
comme à Terre-Neuve au N. du Gulf-Stream. L'existence 
de ce courant sous-marin est d'ailleurs mise en lumière 
par ce fait que les kaïks turcs sont entraînés, à l'encontre 
du courant de surface, par leurs filets soumis vers le bas 
à l'action du contre-courant. 
IIÎ. Météorologie (V. Vent). 

BiBL. : Physique. — Joule, Philos opJiical Magazine^ XIX. 
•— Fayre, Ann. chim. phys. (8), XL, p. 293. — Peltier 
môme recueil, (2), LVI, p. 371. — Frankenheim, Pogg. 
Ann.^ XCI, p. 161. — Le Roux, Aîtn. chim. phys. (5), X^ 
p. 201.— Thomson, même recueil (8), HV, p. 105. — Des- 



Tt>B.ETz, Comptes rendus de l'Acad. des se, XXXV, p. 450. 
— Gaugain, Ann. chim, phys. (3), XLI, p. 66. 

COURANT. Nom donné à plusieurs petits fleuves côtiers 
qui emportent les eaux des étangs des Landes (Courant de 
Contin, de Mimizan, de Soustons, etc.) (V. Landes). 

COURANT. Com. du dép. de la Charente-Inférieure, 
arr. de Saint-Jean-d'Angely, cant. de Loulay ; 575 hab. 

COURANT (Mauricc-Francis-Auguste), peintre français 
contemporain, né au Havre en 1847. Elève de Meissonier, 
cet artiste, d'un talent tout à la lois fin et puissant, s'est 
fait connaître par des paysages et des marines tout à fait 
remarquables. On peut citer comme les meilleures de ces 
œuvres: Bords du golfe Jouan (Salon 4868); les 
Grands Steppes., environs de Poissy{S. 1870, médaille); 
Marée basse (SASl'^); la Roche aux Mouettes {S ASl S); 
la Barque de pêche (S. 1882); Dans F avant-port; le 
Vieux Bassin au crépuscule (S, 1887,méd.de 2«cl.); 
le Matiîi sur la grève, à Concarneau (S. 1889). 

COURANTE. I. Musique. — La courante est une danse 
dont l'espèce principale, d'origine française, était rythmée 
à trois-deux, avec une note d'attaque ou anacrouse au 
motif initial (V. fig.) . La fréquence des noires pointées y 
était presque un élément caractéristique. Dans les Suites, 



COURANTE — COURBE 

la courante d'origine française prenait généralement place 
après une autre danse nommée allemande. Comme parti- 
cularité, on peut dire que la conclusion de chaque partie de 
la courante, tout en gardant la durée ordinaire de mesure, 
admettait une division rythmique différente de celle qui 
faisait loi dans le morceau, six-quatre, par exemple, au 
lieu de trois-deux. Quelquefois même, ce rythme à six- 
quatre l'emporte en fréquence sur celui à troix-deux, en 
dépit de l'indication marquée sur la portée. C'est le cas des 
courantes de Couperin. Celles de Bach, qui se trouvent 
surtout dans les Suites anglaises, sont classiques et 
peuvent donner une idée très nette de ce genre de danse. 




asi^^i 



La courante italienne diffère beaucoup de la courante fran- 
çaise. Elle est de mouvement rapide ; les valeurs moindres 
des notes y sont plus employées, et la mesure s'en écrit à 
trois-huit ou trois-quatre. On en trouvera des exemples 
dans les Suites françaises de Bach (n*'^ 5 et 6), dans les 
sonates de violon de Corelli, dans plusieurs œuvres de 
Haendel, etc. Une troisième espèce de courante est un peu 
une combinaison des deux précédentes, à cela près que les 
changements de rythme de la courante française n'y sont 
point admis, non plus que les traits rapides de la courante 
itahenne. Cette courante est divisée en deux parties, qui 
doivent être toutes deux répétées. Le plus grand nombre des 
courantes de Haendel appartient à cette catégorie. A. E. 
IL Danse (V. Danse). 

COU RAYER (Pierre-François Le), théologien catholique, 
né à Rouen en 1681, mort à Londres en 1776. En 17â;i, 
il publia une dissertation anonyme dans laquelle il déclarait 
valable la succession apostolique de l'Eghse anglicane. Cela 
fit grand bruit. Courayer leva l'anonyme dans" une lettre 
m Journal des Savans (17^26), mais persista dans son 
opinion. Son traité fut condamné par Tarchevêque de 
Paris, et comme Courayer était génovéfain, l'abbé de 
Sainte-Geneviève l'excommunia. Il se retira en Angle- 
terre, mais demeura catholique. F. -H. K. 

GOURBAN. Com. du dép. de la Côte-d'Or, arr. de 
Châtillon-sur-Seine, cant. de Montigny-sur-Aube ; 402 hab. 
COURBARIL. I. Botanique (V. Hymen^a). 
IL Ebénisterie. — Le Bois de Courbaril des ébénistes, 
qu'on appelle aussi B. de Zèbre ou de Chat, est fourni par 
VAstronium fraxinifolium Schott., de la famille des 
Térébinthacées. C'est un bois précieux pour la fabrication 
des meubles, car il est dur, compact et se polit bien. Son 
aspect accidenté de jolies veines, onduleuses et chevelues, 
a engagé les décorateurs à l'imiter en peinture. On se sert 
de la résine qu'on extrait du tronc de cet arbre, pour pré- 
parer un vernis transparent très estimé. 

CD U R B E. I . Mathématiques . — On appelle courbe une 
ligne qui n'est ni droite ni composée de lignes droites. Les 
courbes sont ou planes quand elles sont entièrement situées 
dans un plan, ou gauches quand cela n'a pas lieu ; les 
courbes gauchos sont aussi appelées courbes à double cour- 
bure. 

Courbes ALGÉBRJûUES, transcendantes, empiriques, repré- 
sentatives d'une fonction.— Dans les cours élémentaires de 
géométrie, la seule courbe que l'on étudie est la circonfé- 
rence du cercle; cette courbe a dû être connue de toute anti- 
quité. Platon, chef du Lycée, qui était allé s'instruire chez 
les prêtres égyptiens, enseigna dans son pays la théorie des 
sections coniques et la doctiine des lieux géométriques. 
Ainsi plusieurs courbes ont été étudiées dans l'antiquité et 
imaginées en vue de résoudre quelques problèmes dont on 
ne pouvait se procurer la solution avec la règle et le com- 



100 — 

pas. Mais pour classer les courbes, il fallait être en posses- 
sion de la doctrine des coordonnées (V. ce mot) ima- 
ginée par Descartes ; l'équation d'une courbe est la rela- 
tion qui existe entre les coordonnées d'un point de la 
courbe, si elle est plane; si la courbe est gauche, il existe 
deux relations entre ses coordonnées. Une courbe plane est 
algébrique quand son équation en coordonnées rectilignes 
est algébrique ; une courbe gauche est algébrique quand 
ses deux équations en coordonnées rectihgnes sont algé- 
briques. Toute courbe non algébrique est transcendante. 
On réserve le nom de courbes empiriques à celles dont le 
mode de génération n'est pas soumis à une loi analytique. 
Toute courbe plane dont le mode de génération est connu 
a une équation ; réciproquement toute équation telle que 
f {x,y):=z{), d'où l'on peut tirer des valeurs simulta- 
nées réelles pour x et y, donne naissance à une courbe, lieu 
des points entre les coordonnées desquelles existe la rela- 
tion f{x, ?/) rr: ; on dit que la courbe en question sert 
à représenter la fonction y de x. Les courbes représenta- 
tives des fonctions sont fort employées par les géomètres, 
les physiciens, etc., pour se représenter d'un seul coup 
d'œil la marche et les propriétés principales des fonc- 
tions. V. par exemple xIortalité, Appareil enregistreur, 
Courant, etc. — Le degré d'une courbe algébrique 
plane est le degré de son équation en coordonnées recti- 
lignes, sa classe est le degré de son équation tangentielle 
(Y. ce mot et Genre). Le degré d'une courbe algébrique 
à double courbure est le nombre de points réels ou ima- 
ginaires où cette courbe peut être coupée par un plan, le 
degré d'une courbe plane algébrique est d'ailleurs égal au 
nombre -de points où elle peut être coupée par une droite. 
Autrefois on appelait les courbes transcendantes courbes 
mécaniques. Pour courbe de niveau, d'égale teinte, du 
diable, etc., V. ces mots. 

II. Physique. —Courbe DE régulation. — Les boussoles 
placées sur les navires n'indiquent pas exactement le nord ; 
elles subissent d'abord, comme celles qui se trouvent à terre, 
loin de tout morceau de fer, une déviation que l'on nomme 
déclinaison (V. ce mot), mais elles subissent encore de la 
part du navire une déviation qui varie avec l'orientation du 
navire. On peut en effet considérer les masses de fer qui 
se trouvent dans un navire comme étant les unes magné- 
tiques et les autres à l'état naturel ; les premières masses 
produisent sur les boussoles une déviation constante, les 
autres une déviation variable avec la direction du navire, 
parce que sous l'influence de la terre ces pièces s'aiman- 
tent par influence. Pour connaître la direction du nord, il 
faut donc savoir quel est l'angle de correction de la bous- 
sole pour chacune des directions des navires (V. au mot 
Boussole les méthodes employées pour déterminer les cor- 
rections pour chaque direction du navire). Lorsque l'on 
connaît ces corrections pour chaque position du navire, on 
peut résumer les résultats obtenus dans un tableau et les 
représenter par une courbe dite de régulation. Cette courbe 
peut être tracée de la façon suivante: d'un point pris 
comme centre, on trace des droites représentant les direc- 
tions du navire quand on a fait les mesures ; sur chacune 
de ces directions, on porte une longueur proportionnelle à la 
correction nécessaire pour cette direction, comprenant, par 
exemple, autant de millimètres que la correction comporte 
de degrés et, en joignant tous les points ainsi obtenus, on 
aura une courbe qui permettra d'avoir la correction pour une 
direction quelconque. Il suffira de mener parle point central 
une droite parallèle à cette direction et de mesurer la lon- 
gueur du rayon depuis le point jusqu'à son point de ren- 
contre avec la courbe ; cette longueur représentera, avec 
l'échelle adoptée, par exemple 1 millim. par degré, la cor- 
rection nécessaire. Il est indispensable de tracer souvent 
des courbes de ce genre, car elles changent de forme quand 
le navire se déplace, parce que d'un heu à un autre les cons- 
tantes du magnétisme terrestre varient. A. Joannis. 

III. Travaux publics . — Courbes de raccordement. 
— Une voie de communication de quelque étendue ne peut 



— 101 — 



COURBE 



être établie en ligne droite sur tout son parcours. Les élé- 
ments successifs qui représentent les diverses directions 
sont reliés par des arcs de courbe qui leur sont tangents et 
qu'on appelle courbes de raccordeinent. Le plus souvent, 
la courbe adoptée est le cercle ; dans ce cas, les tangentes 
sont égales ; on pourrait se donner leur longueur, mais 
d'ordinaire, c'est le rayon qui se fixe arbitrairement. Pour 
chaque nature de voie, il y a des limites entre lesquelles il 
importe de se tenir. Sur une route le rayon minimum ne 
peut guère être intérieur à cinq fois la largeur de la voie. 
Sur un canal, on évite d'adopter des rayons moindres que 
200 m., et le plafond reçoit dans toutes les courbes un 

élargissement égal à — ^— ^ (cire. min. trav. publ. 49 juil. 

4880). Enfin sur les chemins de fer devant recevoir des 
trains rapides, il n'est pas permis, sauf de très rares excep- 
tions, de descendre au-dessous de 500 m. En général, 
d'ailleurs, le choix n'est pas illimité ; le relief du sol et 
diverses circonstances locales amènent à déterminer dans 
chaque cas particulier le rayon qui convient le mieux. 
Etant donné le rayon R du cercle, et l'angle A des deux ali- 
gnements étant mesuré, l'angle au centre a pour valeur 

480*» — A, la tangente, R tang - et le développement de l'arc, 

À 

2 ;t: R ^^. D'habitude, on calcule aussi la distance du 
sommet au milieu de la courbe ; elle est égale à 



R 



V COS ^ J 



La corde et la flèche, dont on a moins souvent besoin , 
seraient données respectivement par les formules 

c =: 2 R sin 5 et/^iR A — cos^V 

La méthode la. plus usitée pour obtenir des points inter- 
médiaires de la courbe consiste à prendre l'une des tan- 
gentes pour axe des abscisses et le point de tangence pour 
origine ; l'ordonnée est obtenue par la formule 

y=zK — v/ R^ — x^-. 
Si l'on donne pai' exemple à x les valeurs successives 40, 
20, 30 m., etc., il en résulte des valeurs correspondantes 
de l'ordonnée ; on obtient ainsi autant de points qu'il est 
nécessaire et sans avoir besoin d'autre instrument que de la 
chaîne et l'équerre. 11 existe d'ailleurs des tables de calculs 
tout faits pour les rayons usuels. Parmi les plus commodes, 
il faut citer celles qui donnent des points équidistants sur 
la courbe, et tout particuhèrement celles où l'espacement 
des points est un nombre exact de mètres, 40 par exemple. 
Dans ce cas on est obligé d'apporter plus de soin au chaî- 
nage, puisque les abscisses ne sont plus en nombres ronds ; 
mais, par compensation, la vérification du développement 
de la courbe est très simplifiée, et les erreurs dans le tracé 
sont beaucoup plus sensibles à l'œil qu'avec des points iné- 
galement espacés. Quand un obstacle quelconque empêche 
d'opérer entièrement sur les tangentes, on en trace d'auxi- 
liaires, soit au sommet, soit en d'autres points quelconques. 
Si la courbe avait un grand développement, il faudrait en 
tout cas avoir recours à des tangentes auxiliaires aussitôt 
qu'on serait parvenu à des ordonnées atteignant 40 m. 
Parmi les autres méthodes de tracé du cercle, il convient 
de citer celle qui a été décrite par M. Ghédéon dans les 
Annales des ponts et chaussées de 4885. On calcule la 
corde correspondant à un certain arc 2 a qu'on prend pour 
unité ; puis, le sommet de la courbe étant déterminé, l'opé- 
rateur y place son instrument, et prend sur la tangente, en 
ce point des angles a, 2 a, 3 a, etc., tandis que son aide, 
au moyen d'un jalon et d'une ficelle égale à la longueur de 
la corde adoptée, détermine et marque les différents points 
de la courbe. Il en résulte une grande économie de temps, 
l'opérateur n'étant plus obligé, comme dans la méthode or- 
dinaire, de déplacer son instrument et de prendre autant 



de fois la direction des abscisses qu'il y a de points à déter- 
miner. 

Si la position des points de tangence est fixée à 
l'avance, les tangentes sont généralement inégales. On 
peut alors les raccorder au moyen de deux arcs de cercle 
tangents entre eux ; ce problème étant indéterminé, on 
peut se donner l'un des rayons, ou bien adopter la solu- 
tion qui donne le plus faible rapport entre les deux rayons. 
Quelquefois aussi, dans ce cas, on a fait emploi de la pa- 
rabole, dont le tracé est facile ; il suffit d'unir les milieux 
des deux tangentes pour avoir une nouvelle tangente, dont 
le milieu est un nouveau point de la courbe, et ainsi de 
suite. Sur les chemins de fer, on raccorde habituellement 
les déclivités successives au moyen d'un arc de parabole, 
ou plus simplement par une succession de plans inclinés 
ayant chacun 6 m. de longueur, par exemple, pour chaque 
différence d'un millième. Enfin, sur les mêmes voies de 
communication, le raccordement des arcs de cercle avec 
les alignements droits se fait par l'intermédiaire d'une pa- 
rabole du troisième degré, sur l'étendue de laquelle on 
rachète le dévers (V. ce mot). L. Schmit. 

IIL Chemin de fer. — Nous avons fait connaître 
(V. Chemin de fer) les limites habituellement admises pour 
les rayons des courbes dans les tracés de chemins de fer. 
Il existe deux raisons principales qui commandât de n'em- 
ployer, autant que possible, que des courbes à grand 
rayon ; ces raisons résultent des dispositions adoptées pour 
le matériel roulant, savoir : 4*^ la soHdarité des roues d'un 
même essieu ; 2<^ le paralléhsme des essieux d'un même 
véhicule. Dans le matériel en usage sur les chemins de fer, 
les roues sont soHdaires de leur essieu et tournent avec 
lui; cette solidarité, indispensable pour les roues mo- 
trices de la machine dont la rotation n'est déterminée que 
par celle de leur essieu, ne l'est pas pour les wagons; on 
la réaHse cependant par raison de solidité. Or, lorsqu'un 
train s'engage dans une courbe, toutes les roues situées 
du côté extérieur doivent effectuer un parcours plus grand 
que les roues du côté intérieur; ce résultat ne peut être 
obtenu que s'il se produit un glissement des roues sur le 
rail et cet effet, d'autant plus accentué que le rayon de la 
courbe est plus petit, a trois conséquences également graves : 
il augmente l'effort de traction ; il use rapidement les rails 
et les bandages des roues, il tend à amener une torsion 
et, par suite, une rupture des essieux. Q est donc néces- 
saire de réduire le plus possible ce glissement en adoptant 
des courbes à grand rayon. D'un autre côté, dans le matériel 
ordinaire des chemins de fer, c.-à-d. celui qui n'est pas 
porté sur des trucks articulés, les deux essieux d'un même 
véhicule sont fixés au châssis d'une manière à peu près 
invariable et parallèlement l'un à l'autre. Tant que le ma- 
tériel circule dans un alignement droit, cette disposition n'a 
pas d'inconvénient ; mais dès quil entre dans une courbe, 
les essieux ne pouvant pas prendre la position qui leur 
conviendrait et qui serait celle de deux lignes convergeant 
vers le centre de la courbe, il se produit encore un frotte- 
ment, et, pour que ce frottement ne soit pas trop grand, 
il faut que, d'une part, la voie présente un certain jeu et 
que, en outre, la courbe ne diffère pas trop d'une ligne 
droite, puisque c'est à la ligne droite seule que convient la 
position parallèle et invariable des essieux. Au point de 
vue de l'effort *de traction, on admet que, sur les lignes à 
voie normale, la résistance due aux courbes estnégUgeable 
pour les rayons supérieurs à 500 m., et qu'elle atteint 
2 kilogr. par tonne pour des rayons de 50,0 m. , 3 kilogr . pour 
400 m., 4 kilogr. pour 300 m. Sur les lignes à voie étroite 
(4 m. de largeur à l'intérieur de la voie) l'influence des 
courbes se fait beaucoup moins sentir ; on peut admettre 
que, sur ces lignes, des courbes de 300 m., 200 m. et 
400 m. de rayon équivalent respectivement à des courbes 
de 500 m., 400 m. et 300 m. de rayon en voie normale. De 
là résulte une facilité plus grande d'établir économiquement 
les lignes à voie étroite dans les pays accidentés. G. H. 

IV. Topographie. — Courbes de niveau. — Le mode le 



COURBE — COURBET 



— 102 



plus précis de représentation graphique du relief du sol, 
sur une carte ou un plan, consiste à supposer le terrain 
coupé par une série de plans horizontaux équidistants, ou 
plus exactement par une série de surfaces de niveau équi- 
distantes, et à tracer les intersections ainsi obtenues. Les 
intersections sont les courbes de niveau; on les définit 
par l'inscription de leurs distances à un plan de compa- 
raison arbitraire, distance qu'on nomme cotes ; mais, d'ha- 
bitude, elles sont rapportées au niveau de la mer. L'usage 
des courbes de niveau remonterait seulement au commen- 
cement du xvm® siècle; le Hollandais Cruquins (1729) et 
le géographe français Ph. Buache (1737) les ont em- 
ployées pour définir des fonds de rivière ou de mer ; puis 
les professeurs de l'école des ingénieurs de Mézières, 
Du Buat, Mousnier et Monge, en étendirent l'usage aux 
plans de détail : la première application pratique en fut 
faite (1801) par le chef de bataillon du génie Haxo (lever 
de la Roca d'Anfo), et enfin le capitaine Clerc, de la même 
arme (1802), vulgarisa cette définition géométrique du 
terrain ; depuis lors, elle a été adoptée universellement par 
tous les ingénieurs. 

V. Marine. — Pièce de bois ou de fer coudée sous un 
angle plus ou moins grand. On l'emploie comme liaison entre 
certaines pièces de la charpente : la courbe de capucine lie 
l'étrave à l^eron ; la courbe d'étambot, l'étambot à la 
quille ; les courbes d'écussons s'étendaient depuis le pre- 
mier pont jusqu'au couple de levée le plus de l'arrière. Il 
y en avait habituellement deux de chaque bord, situées à 
un m. l'une de l'autre ; enfin, d'autres courbes réunissent 
les baux à la muraille. L'assemblage de ces deux dernières 
parties nécessite des précautions particulières, en raison 
des forces auxquelles il faut résister, notamment dans les 
mouvements de roulis, dont la violence provoque parfois 
des effets d'arrachement très nuisibles à la sohdité de l'en- 
semble. Autrefois, on plaçait sur l'une des faces des baux 
des courbes en bois dont les deux branches étaient chevil- 
lées, l'une sur la muraille, l'autre sur le côté du bau. 
Quelquefois, les courbes de bois étaient en plusieurs mor- 
ceaux. En deux, on les réunissait par des mortaises. En 
trois, les deux principales pièces étaient réunies par des 
écarts à mi-bois, pratiqués parallèlement aux faces planes. 
A partir du point de jonction, elles présentaient un double 
écart à croc, qui recevait une pièce auxiUaire épousant les 
formes du vide central. Un étrier sur l'avant, un autre 
sur l'arrière, consolidaient le tout. Ces pièces de bois, 
très volumineuses, devinrent de plus en plus rares dans 
les approvisionnements et l'on dut chercher un moyen 
de les remplacer. On a alors considérablement réduit le 
volume de ces courbes en leur donnant la forme de simples 
taquets que l'on place sous l'extrémité du bau. En outre, 
de chaque côté, l'on applique des étriers en fer, réunis 
entre eux par des chevilles. Dans les batteries, où le poin- 
tage oblique des pièces d'artillerie nécessite beaucoup de 
place auprès des sabords, on a cherché à utiliser des courbes 
tout en fer. Mais on a dû renoncer à ce dispositif, qui ne 
présentait pas assez de solidité. Pour les ponts supérieurs, 
on emploie des armatures de fer, dont les branches, situées 
dans deux plans perpendiculaires, se chevillent, l'une contre 
le barrot, l'autre dans la membrure. Les ponts légers, 
tels que spardeck, roufs^ teugue et dunette^ nécessitent 
des courbes beaucoup moins fortes. On emploie, dans ce 
cas, des armatures chevillées dans le barrot et la mem- 
brure. — En voilerie, on appelle courbe la forme de 
certains côtés des voiles. Quand la courbe est convexe à 
l'extérieur de la voile, elle se nomme rond. Quand sa 
convexité est tournée vers l'intérieur de la voile, elle se 
nomme échancrure. Le rond augmente donc la surface 
de la voile ; l'échancrure, au contraire, la diminue. 

Vï. Art vétérinaire. — Périostose de la tubérosité 
inférieure et interne du tibia, qui se développe sous l'in- 
fluence d'une violence extérieure ou d'un effort de l'articu- 
lation. La courbe est caractérisée par la formation de couches 
osseuses disposées en strates réguUères sur la tubérosité 



du tibia, à l'endroit où s'épanouit le ligament latéral in- 
terne. La courbe fait rarement boiter, parfois cependant 
à ses débuts , mais jamais quand elle a effectué son déve- 
loppement complet, à moins que par sa trop grande étendue 
elle ne mette obstacle au libre mouvement de l'articulation 
tibiale. 

BiBL. : Travaux publics.— Annales des ponts et chauS' 
sées, 1841, 1856, 1860, 1867, 1869, 1880, 1883, 1885 et 1886. — 
L. Durand-Claye, Lever des plans et nivellement^ 1889. 
~ Endrès, Manuel du conducteur des ponts et chausséesy 
t. II. — Chauvag de la Place, Courbes de raccordement. 

COURBE (La). Com. du dép. de l'Orne, arr. d'Ar- 
gentan, cant. d'Écouché; 177 hab. 

COURBE (Wilbrode-Nicolas-Magloire), graveur au burin, 
né vers la fin du xvni® siècle, travailla à Paris. On cite 
de lui un certain nombre de gravures d'après Raphaël, 
Caria Maratta, Ch. Le Brun, Spada, P.-P. Rubens, etc. Il 
a été, en 1789, l'un des graveurs de la Collection de 
Déjabin (portraits des députés à l'Assemblée nationale). 
Plus tard, il exécuta des vignettes d'après Moreau le Jeune 
et des planches pour Napoléo7i et la Grande Armée 
(Paris, 1810, in-foL). 

BiBL. : Le Blanc, Manuel de Vamateur d'estampes. — 
H. Beraldi, les Graveurs du xix« siècle, t. V. 

COURBEBAISSE, ingénieur français, né le 8 aoùtl817, 
mort le 22 mars 1886. Il appartenait au corps des ponts 
et chaussées, et il est connu par l'invention d'un procédé 
pour faire économiquement les déblais à flanc de coteau 
dans les roches calcaires, et par la découverte d'une étoile, 
qui a depuis été reconnue pour une étoile périodique. Cour- 
bebaisse était un esprit très libéral, passionné pour les 
questions d'améhoration sociale ; il a été l'un des adeptes les 
plus conyaincus de l'école phalanstérienne et est resté jus- 
qu'à la fin attaché aux idées du réformateur Fourier. Il ne 
lui a pas été donné de voir le développement des syndicats 
agricoles, qui sont très analogues à ce que les phalansté- 
riens appelaient le comptoir communal. Comme ingénieur 
en chef, Courbebaisse a été successivement chargé des tra- 
vaux hydrauliques de la marine nationale à Lorient et à 
Cherbourg, en qualité d'ingénieur détaché près le minis- 
tère de la marine. 

COURBEHAYE. Com. du dép. d'Eure-et-Loir, arr. de 
Châteaudun, cant. d'Orgères ; 379 hab. 

COURBÉPINE. Com. du dép. de l'Eure, arr, et canton 
de Bernay ; 638 hab. 

COURBERIE. Com. du dép. de la Mayenne, arr, de 
Mayenne, cant. du Horps ; 268 hab. 

COURBES. Com. du dép. de l'Aisne, arr. de Laon, 
cant. de La Fère ; 92 hab. 

COURBESSEAUX. Com. du dép. de Meurthe-et-Mo- 
selle, arr. et cant. (N.) de Lunéville ; 241 hab. 

COURBET (Gustave), célèbre peintre français, né à 
Ornans (Doubs) le 10 juin 1819, mort à la Tour-de- 
Peilz, faubourg de Vevey (Suisse) le 31 déc. 1877. Peu 
d'artistes ont eu. une vie plus bruyante, plus agitée, et il 
n'y a point d'exemple dans l'histoire de la peinture, d'une 
renommée fondée avec plus de fracas que la sienne au 
moyen d'un bizarre mélange de doctrines sociales et de 
théories esthétiques. Merveilleusement doué pour exprimer 
les côtés extérieurs de Part, l'apparence des choses, la 
matière épaisse, riche et colorée, mais absolument dé- 
pourvu de toute culture littéraire, dénué d'idées générales, 
il eut pourtant cette ambition de se donner les airs d'un 
novateur, de paraître inventer les formules que lui suggé- 
rèrent des écrivains comme Proudhon ou Castagnary, en 
un mot de jouer un rôle dont sa finesse de paysan trop 
vaniteux ne comprit pas les dangers, car il en a été finale- 
ment victime. S'il a eu la douleur de mourir en exil, dans 
la force de l'âge, isolé, délaissé, voyant son puissant 
talent discuté parfois avec la plus âpre passion, c'est que 
la politique avait effleuré cet homme resté jusqu'au bout 
un grand enfant, et l'avait éclaboussé. L'impartiale histoire 
doit remettre à son plan et dans son vrai jour ce peintre 
qui, s'il a fait de son vivant beaucoup de besogne, a fait 



>- 403 ~« 



COURBET 



aussi trop de bruit inutile, en dehors de sa sphère, et 
délimiter nettement la juste part de gloire qui lui revient. 

Ses parents étaient de braves gens, demi-paysans, 
demi-bourgeois. Us voulurent faire faire à leur fils ses 
études et le mirent au petit séminaire de Besançon. Le 
jeune Courbet montra moins de goût pour les auteurs 
latins ou français que pour les libres promenades en plein 
air et les courses à travers la campagne. Comme il venait 
d'avoir vingt ans, la diligence, un beau matin, le jeta sur 
le pavé de Paris. Il venait y faire son droit, comme il le 
dit lui-même dans une lettre qui est émaillée de tant de 
fautes d'ortographe qu'on ne peut s'empêcher de sourire 
devant une telle affirmation. Il avait eu à Besançon pour 
professeur de dessin un artiste ignoré, élève de David, qui 
avait reconnu en lui quelques qualités de coloriste et le 
lui avait dit. Courbet n'ouvrit donc pas le code et résolut 
de se faire peintre. On n'avait à Ornans que des idées bien 
vagues sur ce que c'était que la peinture. Aussi, quand 
l'étudiant eut fait connaître à sa famille sa résolution, 
pleura-t-on sur cet enfant prodigue. Courbet cependant 
alla droit son chemin , déjà possédé de cette confiance 
naïve qui devint une colossale vanité. La première fois 
que, visitant le musée du Luxembourg, il regarda le 
Massacre de Scio d'Eugène Delacroix, il se prit à dire : 
« Ceci n'est pas mal, mais j'en ferais bien autant si je 
voulais ! » En dépit de ses fanfaronnades étourdissantes, il 
étudia pourtant sérieusement les maîtres flamands et hol- 
landais, les espagnols et les vénitiens, dans leurs pratiques 
matérielles. Il se défendait de recevoir des leçons de qui 
que ce fût, et prétendait ne rien vouloir que de lui-même. 
Dès 4845, il exposait au Salon une toile banale. Quitta- 
rero^ jeune homme dans un paysage, qu'il avait fait 
précéder de quelques essais d'œuvres non achevées et qui 
n'oift point été exposées : les Filles de Loth, d'une obscé- 
nité repoussante, la Captive^ V Homme délivré de l'amour 
par la mort, etc. Le livret des expositions qui le disait 
élève de Hesse le mettait fort en colère. Un de ses jeunes 
amis, M. Gonzalve Privât, qui lui a consacré une étude 
biographique, a écrit : « Je ne l'ai jamais vu s'enthou- 
siasmer que pour deux hommes parmi les peintres des 
écoles anciennes : Domenico Feti, avec lequel il se trou- 
vait, non sans justesse, plus d'un point de ressemblance, 
et Canaletti, qu'il considérait comme l'inventeur du 
paysage. » 

Ce n'est qu'à partir du Salon de 4849 gue le nom de 
Courbet commence à entrer dans les discussions publiques. 
Cette année-là fonctionnait pour la première fois le jury 
nommé à l'élection des peintres exposants. Courbet, qui 
avait vu jusque-là ses tableaux presque constamment 
refusés, fit du coup admettre les sept toiles suivantes : le 
Peintre; M, N, I.... examinant un livre d'estampes; 
la Vendange à Ornans sous la Roche du Mont ; la 
Vallée de la Loue prise de la Roche du Mont; Vue du 
château de Saint-Denis ; le Soir près du village de 
Scey-en-Varay (Doubs); Une Après-dînée à Ornans; 
les Communaux de Chassagne (soleil couchant). Dans 
aucune de ces œuvres ne se montrait nettement encore le 
désir de violenter l'attention par des procédés nouveaux 
et extravagants. De tous ces tableaux, seul V Après-dînée 
à Ornans se distinguait par une originalité très tranchée. 
Quoi qu'il semblât étrange que, pour représenter une scène 
intime des plus simples, l'auteur eût adopté les proportions 
de la nature, on y loua la force du sentiment, la peinture 
solide et expérimentée. Le critique d'art du National, 
Haussard, trouva même de l'audace dans ces « portraits 
de famille déguisés en tableau de genre colossal » et plus 
encore « une honnêteté domestique qui touche profondé- 
ment ». L'achat du tableau par l'Etat (il est aujourd'hui 
au musée de Lille) et une deuxième médaille d'or furent 
le résulat de cette exposition de 4849. Mais ce n'était là 
qu'un jalon d'essai posé par le rusé Franc-Comtois. Au 
Salon suivant, il dévoila résolument ses intentions provo- 
catrices en produisant neuf toiles qui firent une impression 



extraordinaire, mélange de surprise, d'admiration, de 
ridicule. Dans le nombre, se trouvaient les trois œuvres 
qui comptent encore parmi les plus caractéristiques de sa 
manière: l'Enterrement à Ornans, les Casseurs de 
pierres et les Paysans de Flagey, Les plus violentes 
diatribes accueillirent cette tentative qui était un soufflet 
donné aux convictions les plus généralement admises en 
matière d'art, et même aux idées des amateurs les moins 
attachés à l'idéal classique et académique dont Eug. Dela- 
croix était l'apôtre. « C'est grand'pitié, disait M. Louis 
Geoffroy, dans la Revue des Deux Mondes, qu'en 4854, 
on soit réduit à faire la démonstration des principes les 
plus élémentaires, à répéter que l'art n'est pas la repro- 
duction indifférefite de l'objet le premier passant, mais le 
choix déHcat d'une intelligence raffinée par l'étude, etc. » 
Les critiques qui avaient accueilli avec indulgence les efforts 
de Courbet se tournèrent contre lui. Haussard lui reprocha 
de s'être exagéré hors de toute mesure, d'avoir fait de ses 
qualités des défauts énormes, de son sentiment original 
une charge excentrique, de son indépendance une bravade. 
M. Paul Mantz, lui, accorda que l'exécution était remar- 
quable, que, « sans un manque presque complet de lumière, 
sans quelques autres défauts, tout serait réussi, si dans 
VEnterrement le groupe des femmes en deuil était 
empreint d'une émotion véritable ». Mais il protesta contre 
les figures groupées autour de la fosse, « figures d'une 
laideur, non pas triste et émue, mais grotesque et intolé- 
rable », ajoutant que c'était toucher « aux frontières 
extrêmes de l'art réaliste ». 

« L'art réaliste î » le grand mot était lâché. On en 
affubla Courbet, à qui peu importaient les définitions, 
pourvu que son nom excitât de bruyantes clameurs. Aux 
■ articles succédèrent les articles dans la presse. Champfleury, 
qui cherchait lui aussi dans la littérature un rôle indé- 
pendant, se fit le champion du peintre révolutionnaire et 
se mit à tourner en doctrines les fantaisies de celui qu'on 
appelait déjà le « maître d'Ornans, élève de la nature ». 
Il écrivit un premier plaidoyer dans le Messager de VAs-" 
semblée (25 et 26 févr. 4854) : « J'ai écouté, disait-il, 
les propos de la foule devant le tableau d'un Enterrement 
à Ornans, j'ai eu le courage de lire les inepties qu'on a 
imprimées à propos de cette peinture, j'ai écrit ce feuil- 
leton... » Il était partout question de Courbet, dans les 
rues, dans les estaminets, dans les mansardes, dans les 
salons, à l'Académie, et son nom se fixa dans la mémoire 
du pubhc. L'artiste, insatiable de popularité, se faisant un 
malin plaisir de « taquiner les bourgeois », se moquant 
des dégoûts et des ridicules, promena ses tableaux en pro- 
vince et à l'étranger, où ils ne causèrent pas moins de 
scandale qu'à Paris. « Il n'a cessé, depuis lors, dit Théo- 
phile Silvestre dans la remarquable étude, mélange d'ironie 
et de sympathie, qu'il a consacrée à Courbet, il n'a pas 
cessé de chanter lui-même sur tous les tons ses propres 
louanges, ce qui fait craindre à ses vrais amis de voir son 
talent périr par extravagance. Le public, trop excité par les 
réclames personnelles, se fatigue à la longue. » Mais 
Courbet, heureusement, n'avait pas en lui qu'un tempé- 
rament de barnum. Sa pyramidale vanité, ses prétentions 
réformatrices pouvaient faire sourire les gens de goût et 
gâter son incontestable talent, non pas le détruire. Voyant 
la portée philosophique que quelques écrivains attribuaient 
à ses toiles, il se persuadait qu'il faisait de la « peinture 
sociale » : l'illustre et paradoxal Proudhon se chargea do 
le confirmer dans cette illusion en lui consacrant presque 
entièrement un de ses livres sur ce qu'il appelait les pré- 
jugés esthétiques. De son côté, Castagnary rédigeait pour 
lui des manifestes. Dans l'un de ceux-ci, Courbet disait : 
« Le beau est dans la nature et se rencontre dans laréahté 
sous les formes les plus diverses. Dès qu'on l'y trouve, il 
appartient à l'art, ou plutôt à l'artiste qui sait l'y voir. 
Dès que le beau est réel et visible, il a en lui-même son 
expression artistique. Mais l'artiste n'fi^jî?a5 le droit d'am- 
plifier cette expression. Il ne peut y toucher qu'en ris- 



COURBET 



— 404 



quant de la dénaturer et par suite de l'affaiblir. Le beau 
donné par la nature est supérieur à toutes les conventions 
de l'artiste... VoiL^ le fond de mes idées en art. » 

C'est en vertu de ces principes dont nous n'avons pas 
besoin de montrer ici l'étroitesse, pour ne pas dire plus, 
que Courbet s'efforçait de choisir les sujets de ses tableaux 
dans les scènes les plus triviales de la vie quotidienne. Au 
Salon de 1852, il exposa les Demoiselles de village fai- 
sant r aumône à une gardeuse de vaches ; en 4833, des 
Baigneuses étalant leurs nudités grasses et rebutantes, 
une Pileuse endormie dans son humble chambrette (musée 
de MontpeUier), et les Casseurs de pierres; en 4855, son 
Atelier « le plus singulier par la pensée comme le plus 
étonnant par la facture de tous les tableaux qu'il a exé- 
cutés », a dit Castagnary, « allégorie d'un goût détestable 
et d'un désordre de composition inouï », a déclaré Th. Sil- 
vestre. Puis Courbet abandonne quelque peu les tableaux à 
personnages, pour se consacrer au paysage. Il en montra 
plusieurs de remarquables en 4855 à une exposition orga- 
nisée dans un local spécial où il avait réuni quarante de 
ses œuvres. On y vit notamment, outre les tableaux déjà 
cités : les Rochers d'Ornans, pris le matin, Paysage 
de Fontainebleau : les rochers de Franchard^ Génisse 
et Taureau au pâturage, Paysage dans Vile de Bou- 
gival, etc. En 4857, les Demoiselles des bords de la 
Seine soulevèrent d'énergiques protestations; mais, au 
Salon de 4864, il obtint un succès à peu près unanime 
avec le Combat de cerfs (musée du Louvre) « d'une exé- 
cution magistrale », selon Th. Gautier qui admira également 
le Cerf à l'eau (musée de Marseille), le Renard sous la 
neige et la Roche d'Oragnon, ajoutant : « On dirait que 
M. Courbet a entin compris qu'il avait trop de talent pour 
chercher le succès par des excentricités voulues. » Une 
Chasse au Renard (4863) ne donna lieu à aucune ré- 
flexion ; mais il n'en fut pas de même pour le Retour de 
la Conférence, refusé par le jury du Salon de cette année 
pour cause « d'outrage à la morale religieuse ». Courbet 
avait représenté deux curés revenant joyeux et titubants 
d'un banquet confraternel. Avec V Entrée de la vallée 
du Puits-Noir (4864), l'artiste donna toute sa mesure 
comme paysagiste, en montrant une virtuosité de palette 
incomparable, et rendant avec une intensité de fraîcheur 
inouïe les beaux tons des mousses sur les roches. Le Por- 
trait de Proudhon avec sa famille, qui est de la même 
date, est une œuvre manquée, d'une mollesse insigne, mal 
composée. Mais en 4866 paraissent la Remise des che- 
vreuils, un des chefs-d'œuvre du peintre, la Femme au 
perroquet, et en 4867, une douzaine d'œuvres excellentes, 
exposées, comme en 4855, dans une salle louée par lui : 
le Ruisseau couvert (musée de Luxembourg), morceau 
délicieux, r Hallali du cerf (musée du Louvre), la Sieste 
pendant la saison des foins, envoyé deux ans plus tard 
au Salon, ainsi que rHallali, la Source de la Loire, le 
Départ pour la chasse, divers portraits, quelques ma- 
rines, etc. ; en 4870, une admirable Mer orageuse, etc. 
Le plus grand nombre des tableaux de Courbet n'ont point 
paru aux expositions; ils se trouvent dans les galeries pu- 
bliques, dans les collections particulières; le musée de 
Montpellier en possède une vingtaine qui ont été légués 
par M. Bruyas, un des plus fervents admirateurs de l'ar- 
tiste et l'ami fidèle de ses débuts. 

A la réputation tapageuse et à la curiosité entachée de 
scandale qui avaient accueilli Courbet à ses premières 
œuvres, une renommée de meilleur aloi avait succédé, 
faite de l'autorité que donne le talent sérieux et du pres- 
tige que procure le triomphe des idées. En allant au fond 
des choses, il n'y avait pas que de la sottise, moins encore 
de la naïveté ou même du puflîsme si l'on veut, dans les 
vagues doctrines de Courbet sur le réalisme dans l'art. Son 
tort, et celui des écrivains qui avaient prétendu se servir de 
lui pour ériger le principe d'un art nouveau, avait été de vou- 
loir appliquer le réalisme au mode de conception du tableau, 
et d'avoir essayé d'en faire la formule d'une philosophie. Or 



l'idée de réalisme s'applique surtout à l'exécution , et, à ce point 
de vue, l'exemple de Courbet n'aura pas été inutile à la pein- 
ture contemporaine, car il a été un prodigieux ouvrier et 
a apporté comme une réaction contre les fadeurs, les miè- 
vreries, la spiritualité excessive qui menaçaient un art dont 
l'élément, en somme, est la couleur, c.-à-d. une substance 
matérielle. A la fin de FEmpiie, on commençait à lui rendre 
justice, et le gouvernement voulut le nommer chevaher de 
la Légion d'honneur. Mais Courbet, qui ne voulait pas 
quitter son attitude d'outrecuidance révolutionnaire, refusa 
par une lettre dont l'impertinence est restée fameuse. Après 
la guerre, il se trouva, on ne sait comment, compromis par 
ses amitiés politiques dans le mouvement de la Commune, 
et, lorsque le gouvernement régulier fut rétabli, ce fut lui 
que, par une inconcevable erreur, on accusa d'avoir inspiré 
et organisé le renversement de la colonne de la place 
Vendôme. Incarcéré, traduit devant les tribunaux militaires, 
il fut condamné, en 4874, à six mois de prison et pécu- 
niairement rendu responsable des frais nécessités pour la 
réédification de ce monument. Courbet se réfugia en Suisse, 
où il peignit quelques vues du Lac Léman, Il est mort 
à l'âge de cinquante-neuf ans, emporté par une doulou- 
reuse maladie de foie, et rongé de tristesse. Un de ses 
amis, le comte d'Ide ville, a démontré dans un livre con- 
tenant des documents irréfutables, combien était fausse 
la légende qui, pendant des années, a fait passer Courbet 
pour le « déboulonneur de la colonne ». Une exposition de 
ses œuvres a été organisée au mois de mai 4882 à l'Ecole 
des beaux-arts. Le catalogue, qui comprenait cent quarante- 
six numéros, était précédé d'une préface de Castagnary, de 
laquelle il faut retenir les lignes suivantes, d'une exacte 
vérité : « Si Courbet ne pouvait peindre que ce qu'il voyait, il 
voyait admirablement ; il voyait mieux que nul autre. Son 
œil était un miroir plus fin et plus sûr, où les sensations 
les plus fugitives, les nuances les plus délicates venaient se 
mirer. A cette faculté de voir exceptionnelle, correspondait 
une faculté de rendre non moins exceptionnelle. Courbet 
peint en pleine pâte, mais sans scories et sans aspérités : 
ses tableaux sont lisses comme une glace et brillants comme 
un émail. Il obtient du même coup le modelé et le mou- 
vement par la seule justesse du ton ; et ce ton, posé à 
plat par le couteau à palette (l'artiste se servit rarement du 
pinceau), acquiert une intensité extraordinaire. Je ne con- 
nais pas de coloration plus riche, plus distinguée, ni qui 
gagne davantage en vieillissant. » Si Courbet a été un 
peintre matériahste, s'il a été, comme on l'a dit, le « vir- 
tuose de la bestialité », il n'est quejuste d'ajouter qu'il a été 
aussi un merveilleux ouvrier de son art. Victor Champier. 
BiBL. : Th. SiLVESTRE, Histoire des artistes vivants. — 
Camille Lemonnier, Courbet et son œuvre, 1878. — Ch. 
TiMBAL, Notes et Causeries sur l'art et les artistes, 1881. 
— Jules Cjlaretie, Peintres et Sculpteurs, 1882. — Victor 
Champier, l'Année artistique, 1878, pp. 486-496. — Paul 
Mantz, Gazette des Beaux- Ar ts, }mn, juil. et sept, 1878.-— 
Ct« d'Ideville, Gustave Courbet, 1878, et la Vérité sur 
Courbet, 1879. 

COURBET (Amédée-Anatole-Prosper), amiral français, 
né à Abbeville le 26 juin 4827, mort à son bord, dans les 
mers de Chine, le 44 juin 4885. Fils d'un honorable 
négociant en vins et frère du député Courbet-Poulard, 
Courbet montra, dès sa première enfance, du goût pour 
les aventures et les voyages. Après de bonnes études au 
lycée d'Amiens, il entra à' l'Ecole polytechnique en 4847. 
Il se trouva, £omme ses camarades, mêlé aux événements 
de 4848 et fut pendant quelque temps le secrétaire d'Ar- 
mand Marrast. Aux examens de sortie, en 4849, il fut 
admis dans la marine. C'est en d 850, sur la corvette à 
voiles la Capricieuse, que Courbet s'initia au métier de 
marin, dans une traversée de Toulon à Macao, par le cap 
Horii, qui ne dura pas moins de neuf mois. Il fut nommé 
enseigne de vaisseau le 2 déc. 4852 et ne revint en France 
qu'au moment de la guerre de Crimée, pendant laquelle il 
embarqua sur un bâtiment de l'escadre du Levant. Après 
la campagne, il fut nommé Heutenant de vaisseau (29 nov. 
4856). L'année suivante, il reçut la croix de la Légion 



— 405 



COURBET — COURBURE 



d'honneur, à Biarritz, où il se livrait, sous les yeux de 
l'empereur, à des études en vue du creusement d'un port 
en eau profonde. Nous le voyons ensuite successivement 
passer deux ans à bord du vaisseau-école des canonniers, 
commander la compagnie des canonniers à Toulon et faire 
partie de l'escadre d'évolution comme aide de camp de 
l'amiral Bouët-Wuillaumez. Le 14 août 186(), il fut promu 
capitaine de frégate. Pendant la guerre de 1870, il com- 
manda l'aviso le Talisman en station aux Antilles, où il 
demeura jusqu'en 1872. Le 11 août de l'année suivante, 
il fut nommé capitaine de vaisseau. Courbet commanda 
ensuite pendant deux ans l'école des torpilleurs de Boyard- 
ville ; puis il reprit la mer et remplit brillamment les fonc- 
tions de chef d'état -major des amiraux de Dompierre 
d'Hornoy et Cloué, à l'escadre cuirassée de la Méditerranée. 
Le 23 juil. 1879, il recevait la croix de commandeur. Du 
26 mai 1880 au 16 mai 1882, Courbet fut gouverneur 
de la Nouvelle-Calédonie ; c'est à ce poste qu'il reçut sa 
nomination de contre-amiral. 

Monté sur le Bayard^ cuirassé de premier rang, qu'il 
allait immortaliser et à bord duquel il devait mourir, le 
nouvel amiral se trouvait en rade de Quiberon, en avr. 
1883, lorsqu'il reçut l'ordre d'aller se mettre à la tête de 
la division navale du Tonkin. Il arriva en baie d'Along le 
20 juil. Un mois après, il enlevait les forts de Thuan-an, 
à l'embouchure de la rivière de Hué, et forçait la cour 
d'Annam à traiter avec nous. Quelque temps après, Courbet 
reçut le commandement général des troupes de terre et de 
mer du Tonkin, avec mission de s'emparer des places de 
Sontay et Bac-ninh. Après avoir préparé avec le plus grand 
soin son expédition, l'amiral partit d'Hanoï à la tête des 
troupes le 11 déc. et arriva le 13 devant Sontay, place 
protégée par une citadelle entourée des plus fortes défenses 
et défendue par les meilleures troupes du fameux Luu~ 
Vinh-Phuoc, chef des Pavillons-Noirs. Le lendemain 14, 
sous le commandement énergique de l'amiral, nos troupes 
enlevèrent de haute lutte les fortifications de Phu-sa qui 
couvraient la place et, le 16, l'amiral donna l'assaut à la 
ville elle-même et s'en empara, après avoir payé de sa per- 
sonne avec la plus grande bravoure. Quelques jours après, 
Courbet eut la douleur de se voir remplacer à la tête des 
troupes par un général de division de l'armée de terre, le 
général Millot, et remonta à bord du Bayard (13 févr. 
1884). Le gouvernement l'éleva alors au grade de vice-ami- 
ral. Envoyé d'abord devant Formose pour en faire le blocus, 
Courbet se rendit ensuite (2 août) dans la rivière Min, sur 
la côte chinoise, où il se tint prêt à détruire les défenses 
de la rivière et à bombarder l'arsenal de Fou-tchéou, aus- 
sitôt que le gouvernement français lui permettrait d'agir. 
Cette autorisation lui parvint le 23 août, et le 24, il ouvrit 
le feu sur la flotte chinoise qui fut brûlée et coulée. L'ami- 
ral bombarda ensuite l'arsenal et redescendit la rivière les 
jours suivants, en détruisant les forts et les batteries qui 
la défendaient et qui se trouvaient pris à revers par nos 
bâtiments. A la suite de ce beau fait d'armes, Courbet 
reçut la médaille militaire. Dans la nuit du 14 au 15 févr. 
1885, il fit torpiller, dans le port de Cheï-pou, par les 
canots-torpilles du Bayard, une frégate et une corvette 
chinoises qui furent promptement coulées. 

Le 28 mars, l'amiral Courbet arrivait devant Ma-koung, 
point fortifié du groupe des îles Pescadores et, dans une 
opération de trois jours magnifiquement conduite, chassait 
les Chinois de leurs fortifications et s'emparait de Ma-koung. 
Ce devait être son dernier triomphe. Dès le mois d'avril, 
la santé de l'amiral donna, en effet, de vives inc[uiétudes. 
Son estomac fatigué ne se prêtait plus à une alimentation 
suffisante pour conserver des forces à sa constitution ruinée 
par le travail et les fatigues de sa carrière si bien remplie. 
Au commencement du mois de juin, il fut pris de vives 
douleurs de foie et s'éteignit doucement le 11 juin, à 
9 heures 50 du soir, entouré des principaux officiers de 
l'escadre. Ses restes, ramenés en France sur le Bayard, 
reçurent de la nation de^ funérailles splendides qui furent 



célébrées dans l'église des Invalides. Ils reposent dans le 
cimetière d'Abbeville. 

COURBET-PouLARD (Alexandre- Auguste), homme poli- 
tique français, né à Abbeville le 12 mars 1815, mort à 
Abbcville le 11 déc. 1883. Fabricant de draps dans sa ville 
natale, il fut nommé, en 1845, juge au tribunal de com- 
merce et conseiller municipal en 1847. Elu conseiller 
général de la Somme en 1858, il échoua, en 1869, aux 
élections pour le Corps législatif, contre le candidat officiel 
de l'Empire, M. Seneca. Le gouvernement le fit entrer au 
conseil supérieur du commerce chargé de l'enquête sur les 
fameux traités de 1860. Maire d'Abbeville, il fut élu, le 
8 févr. 1871, député de la Somme à l'Assemblée nationale. 
Il siégea à droite et son rôle politique fut plus utile que 
brillant. Le 20 févr. 1876, il se présenta sans succès à 
Abbeville aux élections pour la Chambre des députés. Il 
rentra alors dans la vie privée. On lui doit un certain 
nombre de travaux sur la Navigation intérieure, la 
Marine, les Chemins de fer, les Octrois, les Biens com- 
munaux. Il a collaboré à plusieurs journaux de province 
et au Dictionnaire du commerce. 

COURBETAUX. Com. du dép. de la Marne, arr. d'Eper- 
nay, cant. de Montmirail ; 250 hab. Cette localité, située 
sur le Petit-Morin, et jadis considérable, possédait un châ- 
teau fort construit au xci^ siècle par les comtes de Cham- 
pagne et qui disparut dans les guerres de religion ; un 
prieuré de femmes, placé sous le vocable de Notre-Dame 
de la Grâce, et plus tard, de 1623 à 1678, une maison de 
lazaristes, fondée par saint Vincent de Paul et transférée 
ensuite à Montmirail. A. T. 

COURBEVEILLE. Com. du dép. de la Mayenne, arr. et 
cant. (E.) de Laval; 668 hab. 

COURBEVOIE [Curva via), Ch.-l. de cant. du dép. de 
la Seine, arr. de Saint-Denis; sur la rive gauche de la 
Seine ; 15,937 hab. Stat. du chem. de fer de Paris 
(r. d.) à Versailles. Ce n'était, avant la Révolution, qu'un 
hameau de la paroisse de Colombes ; en haut de la colline 
se trouvait un couvent de pénitents qui fut supprimé en 
1790. Sous Louis XV, on construisit à Courbevoie de très 
importantes casernes et vers la même époque fut percée la 
grande avenue qui prolonge celle de la Grande-Armée. Au 
rond-point où aboutit la route de Normandie s'élève le groupe 
de la Défense nationale, oeuvre de Barrias ; il y a été inau- 
guré le 12 août 1882, à la même place où se trouvait autre- 
fois une statue équestre de Napoléon I®'' renversée en 1870, 
BiBL. : Uabbé Lebeuf, Hîst. du diocèse de Paris, t. III, 
pp. 69-71 de redit, de 1883. -—Notice sur Courbevoie^ 1874, 
in-8. 

COURBIAC. Com. du dép. de Lot-et-Garonne, arr. de 
Villeneuve-sur-Lot, cant. de Tournon-d'Agenais ; 306 hab. 

COU RBI ÈRES. Com. du dép. de l'Aude, arr. de Limoux, 
cant. de Chalabre; 136 hab. 

COURBlLLAC.Com. du dép. de la Charente, arr. d'An- 
goulême, cant. de Rouillac ; 761 hab. 

COURBOIN. Com. du dép. de l'Aisne, arr. de Château- 
Thierry, cant. de Condé-en-Brie ; 359 hab. 

COURBOUZON. Com. du dép. du Jura, arr. et cant. 
de Lons-le-Saunier ; 403 hab. 

COURBOUZON. Com. du dép. du Loir-et-Cher, arr. de 
Blois, cant. de Mer ; 633 hab. 

COURBURE. I. Mathématiques. — Courbure d'une 
courbe plagie. L'idée qui s'attache dans le langage ordi- 
naire au mot courbure est évidemment celle de déviation par 
rapport à la forme rectiligne : plus cette déviation est brusque, 
plus la courbure est prononcée. Si l'on cherche à préciser cette 
notion dans le cas le plus simple qui est celui de la circon- 
férence de cercle, on s'aperçoit que la courbure est d'au- 
tant plus grande que le rayon est plus petit, et l'on est 

• . . 1 

ainsi conduit à mesurer" la courbure par l'inverse ^ du 

rayon. On remarque, d'ailleurs, que si le point de contact 
d'une tangente à une circonférence de rayon R décrit un 



COURBURE 



406 



arc quelconque s, la tangente tourne d'un angle &. qui est 

s . , oc 

égal à -^ et que, par suite, le quotient — est constant et 

1 

égal à la courbure r-. Il est donc naturel de nommer cour- 
bure moyenne d'un arc de courbe quelconque l'angle des 
tangentes extrêmes divisé par la longueur de l'arc. Si 
maintenant l'arc diminue indéfiniment, de telle façon que 
ses deux extrémités tendent vers un même point M, la 
limite de la courbure moyenne sera appelée la courbure au 

point M ; elle est mesurée par la limite du rapport — . 

L'angle a de deux tangentes infiniment voisines (ou, ce 
qui revient au môme, de deux normales infiniment voi- 
sines) s'appelle angle de contingence. La courbure au point 
M est donc, par définition, la courbure moyenne d'un arc 
infiniment petit comprenant le point M ; cela revient à 
dire que, dans des limites infiniment petites, on assimile 
l'arc de courbe à un arc de circonférence. Le rayon R de 
cette circonférence est le rayon de courbure. Si l'on ima- 
gine un cercle de rayon R, tangent en M à la courbe 
donnée et tournant en ce point sa concavité dans le même 
sens, ce cercle est appelé cercle de courbure ; son centre 
est le centre de courbure. Le cercle de courbure possède 
avec la courbe un contact du deuxième ordre (Y. Contact) 
et ne diffère pas du cercle osculateur. 

Soit y :=: f(x) l'équation de la courbe rapportée à des 
axes rectangulaires ; soit 9 l'angle que forme la tangente 



avec l'axe des ^. On a : tg© 



' dx 



et d!<pi 



dhj 



'^HST 



do est l'angle de contingence. Le déplacement correspon- 
dant du point de contact est : 



ds=: 
On a donc : 



■■S^dx^ 4- dîf 



-.dx 



Mii)' 



4 

r' 



d<p 
' ds~ 



dx^ 



[-(1)7 



ds^ 
sous la forme : 



résultat qui peut encore se mettre 
'\ds^/ 



Cette formule renferme les dérivées de y, prises par 
rapport à x ; mais on peut exprimer ces dérivées sans faire 
aucune hypothèse sur le choix de la variable indépen- 
dante (V. Changement de variables) et l'on trouve alors : 

4 _^dxd^y — dyd^x 
____ 

_4____/^V A/.2^A2 
R2-~V^5V ' 

A chaque système de coordonnées correspond une expres- 
sion particulière du rayon de courbure ; l'une des plus simples 
est celle qu'on obtient en définissant la courbe considérée 
par une équation entre le rayon vecteur r d'un point, mesuré 
à partir d'un point fixe, et la distance p du même point 

fixe à la tangente. On trouve : Rrrr-— -. Pour déterminer 

sans aucune ambiguïté le centre de courbure, nous admet- 
trons que celui-ci peut être regardé comme le point de 
rencontre de deux normales infiniment voisines, propriété 
qui est évidente dans le cas du cercle et qui se démontre 
rigoureusement dans tous les cas. L'équation de la nor- 
male est y^Çi — ^)+X — aî=0. Le point de rencontre 
avec la normale infiniment voisine s'obtient en joignant à 
cette équation sa dérivée prise par rapport k x, y étant 
considéré comme fonction de x. Il vient ainsi : 

4 {d^ydH — dHd^y) dx + {dHd^x — 



et l'on a par suite : 



y'(i+y'^ 



AY=j/- 



\ 



-y" 



y - - y. 

Par un changement de variable, on peut encore écrire 

Les points où le rayon de courbure est infini sont des 
points àHnflexion ; ceux où il est nul sont des points de 
rebroussement ; ceux où il devient maximum ou minimum 
sont des sommets (V. ces différents mots). Le cercle est 
la seule courbe dont le rayon de courbure soit constant ou 
autrement dit dont tous les points soient des -sommets. Si 
l'on joint le point de contact d'une tangente avec le milieu 
d'une corde infiniment petite, parallèle à la tangente, la 
droite ainsi obtenue s'appelle l'axe de déviation ; elle forme 
avec la normale un certain angle z, qu'on appelle l'aber- 
ration de courbure ou encore la déviation, et qui ne s'annule 
que dans le cas d'un sommet. Ce résultat se vérifie immé- 
diatement dans le cas des coniques ; du reste, la parabole 
osculatrice et, d'une manière générale, toute conique ayant 
avec la courbe donnée un contact du troisième ordre pos- 
sède le même axe de déviation qui est le diamètre al30u- 
tissant au point de contact. De plus, pour la conique 
osculatrice (V. ce mot), le centre est à la rencontre 
de deux axes de déviation consécutifs ; on appelle ce point 
le centre d'aberration. L'aberration est donnée par la for- 
mule : 

Courbure d'une courbe gauche. Dans le cas des 
courbes gauches, il est nécessaire de distinguer deux sortes 
de courbure. La première courbure se définit, comme 
celle d'une courbe plane, par la limite du rapport entre 
l'angle de contingence et l'arc correspondant. Pour la cal- 
culer, supposons que les coordonnées x, y, zà'nn point M 
soient exprimées en fonction de l'arc s, mesuré sur la 
courbe à partir d'une origine arbitraire. Si l'on considère 
une droite menée par l'origine des coordonnées parallèle- 
ment à la tangente, cette droite perce une sphère de rayon 
un, ayant son centre à l'origine, en un point P dont les 
coordonnées sont respectivement égales aux cosinus des 
angles formés par la tangente avec les trois axes, c.-à-d. à 

-7-, -~, -r-. Pour un point M', infiniment voisin de M, on 
ds ds ds 

a de même, sur la sphère, un point P^ dont les coordonnées 

dx d^x 
sont :-^-\~jY^^^^ ®^^* ^-^ distance PP' est donc égale à 



V dsy 



(d^%\^ 
— 1 ; d'ailleurs, elle mesure 
ds^J 



évidemment l'angle de contingence da. On a donc pour la 

expression que l'on peut transformer à volonté par des 
changements de variables. — La seconde courbure, appelée 
aussf torsion (Saint- Venant avait proposé le nom^ de cam- 
brure qui n'a pas prévalu) , sert à mesurer la rapidité avec 
laquelle la courbe considérée s'éloigne du plan osculateur, 
c.-à-d. du plan déterminé par trois points infiniment voi- 
sins. Par analogie avec la définition de la première cour- 
bure, on définit la seconde courbure comme étant la limite 
de l'angle de deux plans osculateurs infiniment voisins, 
divisé par l'arc qui sépare les points correspondants, et on 

i 
la représente par =^. La longueur T prend alors le nom de 

rayon de torsion. Un calcul plus long que difficile conduit 
à l'expression : 

d^xdH) dy-\-{d^xd^y — d^yd^x) dz 



{dydH — dzd^yY + {dzd^x — dxdHY + {dxd^y — dyd^x)^ 



— 107 — 



COURBURE 



X=.+R^S, Y=,+R§,7. 



Il est à remarquer que cette expression est entièrement 
rationnelle. 

La seule courbe pour laquelle les deux courbures sont 
constantes est l'hélice à base circulaire ; les seules courbes 
pour lesquelles le rapport entre les deux courbures est 
constant sont les hélices à base quelconque. Il y a, pour 
une courbe gauche comme pour une courbe plane, un cercle 
de courbure qui coïncide avec le cercle osculateur. Il est 
situé dans le plan osculateur et son centre, appelé centre 
de courbure, se trouve sur la normale principale. On obtient 
les coordonnées du centre de courbure en cherchant le 
point de rencontre du plan osculateur avec la droite d'in- 
tersection de deux plans normaux infiniment voisins, droite 
qui s'appelle axe de courbure. On trouve : 

Courbure des lignes tracées sur une surface. Soit : 
(4)f(^,i/,%) = 
l'équation d'une surface S ne présentant pas de point sin- 
gulier dans la région que l'on veut étudier. Cette équation, 
" jointe à une autre équation quelconque : 

détermine une courbe arbitraire tracée sur la surface. Le 
plan normal en un point M (^, ^, :^) de cette courbe a 
pour équation : 

(3) X—a?)c^^+(Y— î/)%+(Z— ^)c?^=:0, 

X, Y, Z désignant les coordonnées courantes. L'axe de 
courbure au point M s'obtient en joignant à l'équation (3) 
celle qui en résulte en différenciant par rapport à x^ y, z, 
sans faire varier X, Y, Z, c.-à-d. : 

(4) (X— ^)#^ + (Y -^y)d^y)-Jr{l — %)dH 

'^(dx^-^dy^-+-dz^)=:0. 
Cet axe de courbure rencontre la normale en M à la sur- 
face S en un point C dont les coordonnées vérifient à la 
fois l'équation (4) et les équations de la normale. Ces der- 
nières sont, en appelant p et q les premières dérivées par- 
tielles de z par rapport k x et y : 

(5) X— ^-1-|?(Z— ^)=0, Y-^y-\^'q{Z^%)~Q, 
On trouve ainsi : 

(1 — z) (dH—pd^x—qd^y)=zdx^-hdîf-hdz^, 
Mais si r, s, t sont les dérivées secondes de ^, l'équa- 
tion c^;^=zr|9c^^-f-gc% donne, par différentiation : 

dH — pd^x — • qd^y=.rdx^ ~h ^sdxdy + tdy^. 
Il vient par suite : 

,^. „ dx^-\-dy^-{-d%^ 

' rdx^-\-^sdxdy-\'tdy^' 
Soit alors R la longueur CM et soit : 

ds:=i sjdx^-\-dy^-\-dz^ 
l'arc élémentaire de la courbe considérée. La combinaison 
des équations (5) et (6) donne : 

/dx\^ ^ dxdx /dn\^ 



a)i: 



^ds / 



ds ds 



ii)' 



\/l -h p^ -h q^ 
On voit par là que la longueur R dépend uniquement, 
pour un point donné M, de la direction de la tangente MT 
à la courbe considérée, et l'on est conduit au théorème de 
Meunier en vertu duquel : « Les axes de courbure de 
toutes les courbes tracées sur une surface et tangentes à 
une même droite MT de cette surface rencontrent en un 
même point C la normale au point M. » Le point G s'ap- 
pelle le centre de courbure normale. La même propriété 
s'énonce, sous une autre forme, en disant que : « Si le 
plan osculateur d'une courbe fait un angle 9 avec le plan 
tangent à la surface et si R est le rayon de courbure de la 
section normale qui a la même tangente, le rayon de cour- 
bure de la courbe est égal à R sincp. » Il suffit donc d'étu- 
dier la loi de variation des rayons de courbure des sections 
normales. A cet effet, supposons l'axe des z perpendicu- 
laire à la normale au point considéré M, et soit a l'angle 



que fait avec l'axe des x la tangente en M à une section 
normale. L'équation (7) prend la forme : 

i 

=r-=z r cos ^a + 25 cos a sin a + ^ sin ^a. 

ri 

Une discussion bien facile montre alors qu'il existe deux 
sections normales, perpendiculaires l'une à l'autre, pour 
lesquelles R passe par un maximum et par un minimum. 
Si l'on appelle R^ et Rg ces deux valeurs limites et si l'on 
suppose les axes 0^, 0^ rendus parallèles aux tangentes 

d cos oc sm oc 
correspondantes, il vient : p=-p h -p— . C'est la /br- 

mule d'Euler, On l'interprète géométriquement en disant 
que, si l'on porte sur chaque tangente une longueur MT 
égale à la racine carrée du rayon correspondant, le lieu 
du point T est une conique. Par suite, chaque théorème 
relatif aux longueurs des diamètres dans une conique 
conduit à une propriété des rayons de courbure ; en par- 
ticulier, la somme des courbures de deux sections nor- 

1 i 

maies perpendiculaires est constante et égale à^ — \-fr-' 

K^ R? 
Les directions (réelles ou imaginaires) des asymptotes de la 
conique sont les directions a'symptotiques. Il est aisé de 
voir que ces directions, pour lesquelles le rayon de cour- 
bure normal est infini, coïncident avec celles des tangentes 
menées au point M à la courbe d'intersection de la surface 
avec le plan tangent. Elles sont réelles ou imaginaires sui- 
vant que Ri et R^ sont de signes contraires ou de même 
signe. Les directions, toujours réelles, des axes de la 
conique sont appelées directions principales. 

Si l'on veut calculer, pour un point quelconque de la 
surface, les rayons de courbure principaux, il suffît de 
reprendre la formule (7) et de chercher pour des valeurs 
données de x^ y, z quels sont le maximum et le minimum 

doi^ du 
de R. Les deux quantités -7- et -y qui figurent dans le 

second membre ne sont pas indépendantes, car elles doivent 
vérifier les deux équations : 
dz dx dy ^ /dxY /dyY /dzY 

Partant de là et appliquant la méthode générale de re- 
cherche des maxima et minima, on trouve l'équation du 

second degré en ^ : 
(8) 



:4. 



(i + p^-hq')^ 



_^^ [pqs~-(i-i-p'')t- 



R^ 



R 



-rt- 



:0 



4 4 

dont les racines sont les inverses 5^ et ^ des rayons de 

courbure principaux. Ces racines sont toujours réelles et 
elles ne peuvent devenir égales que si l'on vérifie à la fois 

les deux conditions : -. — — 5= 



4+p2 



„=z:— . On conclut de 

4+ g; pq 



là que les points pour lesquels cette circonstance se produit 
ne peuvent, en général, former sur la surface une ligne 
continue ; do pareils points se nomment les ombilics. 

La théorie qui précède permet de trouver la courbure 
propre d'une ligne quelconque tracée sur une surface, mais 
ce n'est pas toujours cet élément qu'il est le plus intéres-^ 
sant de considérer. Si, par exemple, on déforme la surface, 
supposée inextensible, la courbure propre de chaque ligne 
varie d'une manière quelconque, tandis que la courbure de 
la ligne plane obtenue en projetant une courbe donnée sur 
le plan tangent en un point conserve, pour ce point, une 
valeur invariable. Liouville a donné à ce nouvel élément 
le nom de courbure géodésique. Le centre de courbure de 
la même ligne plane est le centre de courbure géodésique. 
Si l'on considère l'axe de courbure d'une ligne tracée sur 
la surface, cette droite rencontre, comme on Fa vu, la 



COURBURE 



d08 — 



normale au centre de courbure normale. Nous pouvons 
maintenant ajouter qu'elle perce le plan tangent au centre 
de courbure géodésique et le théorème de Meunier se trouve 
complété de la manière suivante : « Si le plan osculateur 
d'une courbe fait un angle 9 avec le plan tangent à la 
surface, et si p est le rayon de courbure géodésique, le 
rayon de courbure propre est égal à p cos 9. » Une ligne 
dont la courbure géodésique est constamment nulle et dont, 
par conséquent, le plan osculateur est constamment normal 
à la surface, s'appelle une ligne géodésique de cette surface. 
Courbure des surfaces, Gauss a essayé de définir la 
courbure d'une surface par un procédé entièrement ana- 
logue à celui qui sert pour définir la courbure d'une ligne. 
Traçons sur la surface une courbe fermée quelconque, C, 
limitant une certaine région A et, par le centre d'une 
sphère ayant un rayon égal à l'unité, faisons passer des 
parallèles aux normales menées à la surface le long de la 
courbe C. Ces parallèles découpent sur la sphère une région 
A^ qui forme la représentation sphérique de R et qui 
mesure l'ouverture de l'angle solide déterminé par les 
directions des normales. A' est ce que Gauss appelle la 
courbure intégrale de A. Si maintenant la région A tend 
vers en se resserrant indéfiniment autour d'un point M 
de la surface et si en même temps A'' se resserre de la 
même façon autour d'un point M' de la sphère, la limite 

A^ 

du rapport -j est nommée par Gauss mesure de la cour- 
bure au point M ; mais l'usage a prévalu de donner à cette 
limite le nom de courbure totale. Elle est indépendante de 
la loi suivant laquelle s'évanouit la région A. Si l'on con- 
tinue à appeler R^ et R2 les deux rayons de courbure 
principaux au point M et si l'on considère un élément rec- 
tangulaire ayant ses côtés parallèles aux directions prin- 

1 
cipales, on trouve que la courbure totale est égale à ^7-^7 . 

Suivant que les deux rayons R^ et R^ sont de même signe 
ou de signes contraires, la surface est dite à courbure 
positive ou à courbure négative. Si un rayon de courbure 
principale est infini, la courbure totale est nulle; cette 
circonstance se produit en tous les points d'une surface 
développable et l'équation (8) montre par suite que les 
surfaces développables sont caractérisées par la condition 
rt — 5^ rrzO. Une propriété capitale de la courbure totale 
consiste en ce que cette quantité reste invariable dans 
toute déformation de la surface supposée inextensible. On 
en conclut immédiatement que toute surface applicable sur 
un plan est une surface dont la courbure totale est nulle, 
ce qui n'a lieu que pour les surfaces dites développables. 
Si l'on trace sur une surface deux séries de Hgnes se cou- 
pant à angle droit (coordonnées curvilignes orthogonales) 
et si l'on appelle p^p^ les rayons de courbure géodésique 
des deux lignes qui se coupent en un point M, puis si l'on 
imagine sur ces lignes, à partir du point M, deux déplace- 
ments infiniment petits ds^^ ds^, auxquels correspondent 

respectivement les variations d( — ) et d( — ) des cour- 

\Pi/ \92/ 

bures géodésiques, on a la relation remarquable : 

i 1 

A d- d~ 

R.Rg dsi^ds, p,2 p^2 
De cette formule on peut déduire le très beau théorème de 
Gauss, en vertu duquel : « la courbure intégrale d'un 
triangle formé sur une surface continue quelconque par 
trois lignes géodésiques est égale à la somme des angles 
de ce triangle diminuée de deux angles droits. » A côté 
de la courbure totale qui vient d'être définie, on doit aussi 






considérer la courbure moyenne, égale à 

Celle-ci présente une grande importance dans la théorie de 
la capillarité. Les surfaces pour lesquelles la courbure 
moyenne est constamment nulle sont les surfaces minima. 



L'équation (8) montre qu'elles sont caractérisées par la 
condition : ^gs — (4 + j9*)^ — (i + q^)r =: 0. 

Pour avoir une idée complète de la courbure d'une sur- 
face, il faut encore se rendre compte de la disposition des 
normales. Soient M et M' deux points infiniment voisins. 
La normale en M^ ne rencontre généralement pas la nor- 
male en M ; elle forme avec le plan passant par cette der- 
nière et par le point M^ un certain angle dont le rapport 
à l'arc MM' est appelé la torsion géodésique : c'est, en 
effet, la torsion d'une ligne géodésique passant par ces deux 
points. La torsion géodésique est nulle quand MM' est une 
direction principale ; elle est maxima lorsque MM' fait 
un angle de 45*^ avec les directions principales. Pour 
deux directions MM', MM" également inclinées sur une 
même direction principale, les torsions géodésiques sont 
égales et de signes contraires ; pour deux directions 
perpendiculaires l'une à l'autre, les torsions sont égales 

1 
et de même signe. Si l'on appelle- la valeur commune des 

torsions relatives à deux directions rectangulaires et 
4 4 
j~r , rjT? les courbures normales correspondantes, l'expres- 

4 4 
sion ^7n// — 7F2, ®st égale à la courbure totale. La plupart 

de ces propositions sont dues à M. Bertrand. En outre, 
Sturm a montré que toutes les normales infiniment voisines 
de la normale en M peuvent être considérées comme s'ap- 
puyant sur deux droites, parallèles aux directions princi- 
■ pales, passant par les deux centres de courbure principaux. 
Toutes les normales sont tangentes aux deux nappes d'une 
surface appelée la surface des centres, et ces deux nappes 
sont telles que, si on les regarde d'un point quelconque de 
l'espace, leurs contours apparents se coupent toujours à 
angle droit. L'existence de ces diverses propriétés montre 
que des droites menées au hasard dans l'espace de manière 
à le remplir, à former, en d'autres termes, une congruence 
quelconque ne sont pas, en général, normales à une mèm^ 
surface. 

Lignes de courbure. Les hgnes de courbure d'une 
surface sont les lignes dont la tangente en chaque point 
coïncide avec une direction principale de la surface. Il 
existe deux séries continues de hgnes de courbure, tou- 
jours réelles, se coupant partout à angle droit. Les nor- 
males menées à la surface le long d'une ligne de courbure 
forment une surface développable dont l'arête de rebrous- 
sement est située sur la surface des centres. Les normales 
à cette surface développable sont évidemment parallèles 
aux droites d'intersection successive des plans tangents 
menés à la surface donnée par les points de la hgne de 
courbure. Si donc l'on écrit que les plans tangents menés 
aux deux points (^, y,z) et {x-\-dx, y-\-dy, %-{-d%) se 
coupent suivant une droite perpendiculaire au déplacement 
{dx, dy^ dz), on obtient nécessairement l'équation diffé- 
rentielle des hgnes de courbure qui est : 



[_{i+p^)s- 



- cf)r']dx dy 



pqr'\dx'^-Jrl{i -hp'^)t— (4 - 
^[{i-{-q^)s—pqt]dy^=zO 

Quand deux surfaces ont une ligne de courbure com- 
mune, elles se coupent le long de cette ligne sous un angle 
constant ; réciproquement, si deux surfaces se coupent à 
angle constant et si la ligne d'intersection est Hgne de 
courbure pour l'une d'elles, elle est aussi ligne de cour- 
bure pour l'autre. Ces propriétés résultent immédiatement 
des formules d'Ohnde Rodrigues, lesquelles s'obtiennent en 
écrivant que la normale au point {Xy ?/, z) fait avec les 
axes des angles dont les cosinus sont a, b^ c et rencontre, 
à une distance R de la surface, la normale au point 
(x-i-dxy y-hdy, z+dz) de la même ligne de courbure. 

-^=:--=rR. Quand trois familles de 
db de 

surfaces forment un système triplement orthogonal, elles 

se coupent mutuellement suivant leurs lignes de courbure. 



^, . . . . dx 
Il vient amsi : -7- 
da 



— 109 



COURBURE — COURCELLES 



Cette dernière propriété constitue l'important théorème de 
Dupin, h. Lecornu. 

II. Technologie. — Il y a plusieurs procédés pour rendre 
les bois courbes : on les place au-dessus d'un feu clair 
et on les dispose sur un ou plusieurs supports de pierre 
ou de bois, auxquels on donne une hauteur convenable pour 
permettre une courbure plus ou moins forte ; on les amollit 
à l'eau bouillante, puis on les porte sur des formes qui 
doivent leur donner la courbure voulue ; l'amollissement 
peut se faire dans une caisse en madriers dans laquelle on 
introduit de la vapeur ; on enfouit les pièces sous un sable 
chaud et mouillé placé dans une étuvc en maçonnerie, puis, 
comme précédemment, on les porte sur des formes ou 
moules, dont il ne faut les ôter que lorsque la dessiccation 
est complète. L. Knab. 

III. Chemin de fer. — Courbure des rails (V. Rail). 
COURCAILLET. Le courcaillet ou appeau à cailles se 

compose d'un petit sifflet en os ou en métal, muni d'une 
bourse en peau, plate, fermée par un des bouts et remplie 
de crin frisé, qui fait l'office de soufflet. Le sifflet porte 
sur un de ses côtés un trou rond, aminci sur les bords ; 
à son extrémité inférieure, il est fermé par un morceau 
de liège, taillé de façon à laisser passer de l'air du côté du 
trou latéral ; l'autre extrémité est bouchée complètement. 
Pour se servir de cet appeau, le chasseur tient le sifflet 
dans la main gauche, la bourse reposant sur la paume de 
la main ; il frappe légèrement sur cette bourse avec le dos 
du pouce et les deux premiers doigts de la main droite, en 
ayant soin que les trois doigts ne frappent pas ensemble, 
qu'ils produisent une sorte de chevrotement et que l'inter- 
valle entre le premier et le second coup soit plus grand 
qu'entre le second et le troisième. Le son ainsi obtenu 
peut être représenté par tri^ tritri, 

COURÇAIS. Corn, du dép. de l'Allier, arr. de Mont- 
luçon, cant. de Huriel; 967 hab. 

COURÇAY. Com. du dép. d'Indre-et-Loire, arr. de 
Tours, cant. de Bléré ; 730 hab. 

COURCEAUX. Com. du dép. de l'Yonne, arr. de Sens, 
cant. de Sergines; 217 hab. 

GOURCEBŒUFS. Com. du dép. de la Sarthe, arr. du 
Mans, cant. de Ballon ; 902 hab. 

COURCEL (Alphonse Chodron, baron de), diplomate 
français, né le 30 juil. 1835. Licencié es lettres en Sor- 
bonne et docteur en droit de l'université de Bonn, il entra 
au ministère des affaires étrangères comme attaché à la 
direction politique le 6 juin 1859, et a fait une carrière 
régulière; directeur des affaires politiques et des archives 
le 23 janv. 1880, il fut nommé ambassadeur à Berlin le 
27 déc. 1881, et mis en disponibilité sur sa demande 
le 8 sept. 1886. 

COURCELETTE. Com. du dép. de la Somme, arr. de 
Péronne, cant. d'Albert ; 320 hab. 

COURCELLE. Com. du dép. du Doubs, arr. de Mont- 
béliard, cant. de Saint-Hippolyte ; 77 hab. 

COURCELLE-SENEmL (Jean-Gustave), économiste fran- 
çais, né à Seneuil (Dordogne) le 22 déc. 1813. Quelque 
temps négociant, il s'est consacré de bonne heure à l'étude 
de l'économie politique et de la science financière. En févr. 
1848, il a été directeur des domaines au ministère des 
finances, et de 1853 à 1863, professeur d'économie poli- 
tique à l'Institut national de Santiago (Chili). Il est con- 
seiller d'Etat depuis 1879 et membre de l'Académie des 
sciences morales et pohtiques depuis 1882. Il a collaboré 
à de nombreux journaux et revues périodiques (National, 
Réforme, Droit, Temps, etc.), au Dictionnaire poli- 
tique de Pagnerre et au Dictionnaire de l'économie 
politique. Parmi ses nombreux ouvrages, nous citerons : 
le Crédit et la Banque (Paris, 1840, in-8) ; Traité 
théorique et pratique des opérations de Banque (Paris, 
1853, in-4; 4® éd.. 1864) ; Manuel des affaires (Paris, 
1855, in-8; 4^ éd., 1883, in-8); Traité théorique et 
pratique d économie politique (Paris, 1858-59, 2 vol. 



in-H ; 2® éd., 1867) ; Etudes sur la science sociale 
(Paris, 1862, in-8) ; la Banque libre (Paris, 1867, in-8) ; 
Cours de comptabilité (Paris, 1867, 4 vol. in-12) ; 
Liberté et Socialisme (Paris, 1868, in-8) ; Protection et 
libre échange (Paris, 1879, in-8) ; Préparation à 
V étude du droit (Paris, 1887, in-8). On lui doit enfin 
des traductions françaises d'ouvrages de Stuart Mill, 
Sumner Maine, Graham Sumner. L. S. 

COURCELLES. Com. du dép. de l'Aisne, arr. de Sois- 
sons, cant. de Braisne ; 346 hab. Village de l'ancien Sois- 
sonnais, dans la vallée de la Vesle, bâti sur l'ancienne 
chaussée romaine de Reims à Soissons. Il fut possédé, 
dit-on, par saint Remy qui en consacra les revenus à l'en- 
tretien de l'hôpital de Reims. Dans la suite, saint Rigobert 
le donna aux chanoines de la même ville. Charles le 
Chauve échangea les domaines qu'il possédait dans ce 
village contre ceux de Confavreux. Il s'y trouvait un cal- 
vaire construit en même temps que la chapelle voisine en 
1365 qui faisait autrefois l'objet d'un pèlerinage très 
fréquenté. On remarque près de là la Roche aux fées et à 
Monthusart (dépendance) une grange du xin^ siècle. 

Bhîl. : Bulletin de la Société archéologique de Soissons. 
t. XXXII. 

COURCELLES. Com. du dép. de l'Aube, arr. de Bar- 
sur- Aube, cant. de Brienne-le-Ghâteau ; 60 hab. 

COURCELLES. Com. du territoire de Belfort, cant. de 
Belle ; 196 hab. 

COURCELLES. Com. du dép. de la Charente-Infé- 
rieure, arr. et cant. de Saint-Jean-d'Angely ; 410 hab. 

COURCELLES. Com. du dép. du Doubs, arr. de Be- 
sançon, cant. de (Juingey; 94 hab. 

COURCELLES. Com. du dép. d'Indre-et-Loire, arr. de 
Tours, cant. de Château-la- Vallière ; 680 hab. 

COURCELLES. Com. du dép. du Loiret, arr. de Pi- 
thiviers, cant. de Beaune-la-Rolande ; 481 hab. 

COURCELLES. Com. du dép. de Meurthe-et-Moselle, 
arr. de Toul, cant. de Colombey-les-Belles ; 266 hab. 

COURCELLES. Com. du dép. de la Nièvre, arr. de 
Clamecy, cant. de Varzy ; 744 hab. 

COURCELLES. Com. du dép. de la Sarthe, arr. de La 
Flèche, cant. de Malicorne ; 732 hab. 

COURCELLES. Com. du dép. de Seine-et-Marne, arr. 
de Fontainebleau, cant. de Montereau; 178 hab. 

COURCELLES. Com. belge du Hainaut, arr. de Char- 
leroi, sur le Piéton, aftlucnt de la Sambrc; 12,500 hab. 
Charbonnages importants. 

COURCELLES-Aux-Bois. Com. du dép. de la Meuse, 
arr. de Commercy, cant. de Pierrefitte; 103 hab. 

COURCELLES-Aux-Bois. Com. du dép. de la Somme, 
arr. de Doullens, cant. d'Acheux; 143 hab. 

COURCELLES -EN -Montagne. Com. du dép. de la 
Haute-Marne, arr. et cant. de Langres ; 296 hab. 

COURCELLES-Epayelles. Com. du dép. de l'Oise, 
arr. de Clermont, cant. de Maignelay; 216 hab. 

COURCELLES-Frémoy. Com. du dép. de la Côte-d'Or, 
arr. et cant. deSemur; 411 hab. 

COURCELLES-le-Comte. Com. du dép. du Pas-de- 
Calais, arr. d'Arras, cant. de Croisiîles ; 680 hab. 

COURCELLES-LÈs-GisoRS (Corticella). Com. du dép. 
de l'Oise, arr. de Beauvais, cant. de Chaumont ; 604 hab. 
La forteresse de Courcelles, poste frontière entre la France 
et la Normandie, fut assiégée et prise par Richard Cœur 
de Lion le 27 sept. 1198 et le lendemain 28, il battit dans 
la plaine voisine Philippe-Auguste, accouru de Mantes au 
secours de la place. Il reste encore une entrée flanquée de 
deux tourelles du manoir seigneurial dont le parc avait 
été, au xvn® siècle, dessiné par Le Nôtre, originaire de 
Courcelles. La nef, la tour et le latéral gauche de l'église 
sont du xn^ siècle, le reste du xvi®. Au hameau de Beaus- 
seré se voient les ruines d'un vieux château fort appelé le* 
Sancourt. Autres hameaux : Inval, Meauriaumont , etc. 
Fabrique de dominos et de dés à jouer. C. St-A. 



COURCELLES 



dio 



COURCELLES-lès-Lens. Corn, du dép. du Pas-de-Ca- 
lais, arr. de Béthune, cant. de Carvin; i,472 hab. 

COURCELLES-LÈs-MoNTBÉLiÂRD. Corn, du dép. du 
Doubs, aiT.de Montbéliard,cant. d'Audincourt; 378 hab. 
COURCELLES-LÈs-RosNAY.Com. du dép. de la Marne, 
arr. de Reims, cant. de Ville-en-Tardenois ; lOo hab. 

COURCELLES-lès-Semur. Corn, du dép. de la Côte- 
d'Or, arr. et cant. de Seniur; 300 hab. 

COURCELLES-sous-Châtenois. Corn, du dép. des 
Vosges, arr. de Neufchâteau,cant. deChâtenois; 149 hab. 
COURGELLES-sous-Grignon. Corn, du dép. de la Côte- 
d'Or, arr. de Semur, cant. de Montbard; 445 hab. 

COURCELLES-sous-Moyencourt. Com. du dép. de la 
Somme, arr. d'Amiens, cant, de Poix; 217 hab. 

COURCELLES-sous-Thoix. Com. du dép. de la Somme, 
arr. d'Amiens, cant. de Conty; 153 hab. 

COURCELLES-suR-AiRE. Com. du dép. de la Meuse, 
arr. de Bar-le-Duc, cant. de Vaubecourt; 187 hab. 

COURCELLES-suR-AujoN. Com. du dép. de la Haute- 
Marne, arr. de Langres, cant. d'Auberiye; 173 hab. 

COURCELLES-sur-Blaise. Com. du dép. de la Haute- 
Marne, arr. de Wassy, cant. de Doulevant; 232 hab. 

COURGELLES-sur-Nied {Corihm, 1161). Com. de la 
Lorraine allemande, arr. {Landkreis) de Metz, cant. de 
Pange, sur la Nied française et le chemin de fer de Metz à 
Sarrebourg, avec embranchement sur Teterchen ; 253 hab. 
Faisait autrefois partie de la province des Trois-Evêchés. 
Tuileries. — C'est près de ce village qu'eut lieu la 
bataille du 14 août 1870, qui porte le nom de bataille de 
Borny (V. ce nom), mais que les Allemands appellent de 
préférence bataille de Golombey ou de Courcelles. — A 
8 kil. au N.-E. se trouve un autre village de même nom, 
qui était également occupé par les troupes allemandes au 
début de cette bataille : Courcelles-Chaussy (Chaucey^ 
1206 ; en allemand, Kurzeï) ; 1,122 hab., également du 
cant. de Pange et sur l'embranchement de Courcelles-sur- 
Nied à Teterchen, qui possède une filature de laine, une 
taillanderie, une brasserie, un moulin important et des car- 
rières et qui, autrefois, était compris dans la province des 
Trois-Evêchés. — A 2 kil. au S.-O. de Courcelles-Chaussy, 
le château d'Urville (Eurville^^ 1404), construit au 
XVI® siècle, habité jadis par les sires de Raville et acquis 
en 1 890 par Guillaume II, empereur d'Allemagne. L. W. 
COURGELLES-suR-SEiNE.Com. du dép. de l'Eure, arr. 
et cant. des Andelys ; 257 hab. 

00 URC EL LES-SUR- ViosNE. Com. du dép. de Seine-et- 
Oise,arr. de Pontoise, cant. de Marines; 154 hab. 

COURCELLES-Val-d'Esnoms. Com. du dép. de la 
Haute-Marne, arr. de Langres, cant, de Prauthoy; 
361 hab. 

COURGELLES (Thomas de), théologien catholique fran- 
çais, né en 1400, mort le 23 oct. 1469. Il a été recteur 
de l'université de Paris et proviseur de la Sorbonne ; au 
concile de Bâle et dans d'autres assemblées, il a toujours 
défendu les libertés de l'Eglise gallicane ; mais il appar- 
tient à l'histoire par sa participation au procès de Jeanne 
d'Arc, où il se montra l'un des adversaires les plus inexo- 
rables de la Pucelle. On a pu dire qu'il fut la main et la 
bouche de Pierre Cauchon. 

COURCELLES (Pierre de), littérateur français du 
xvi^ siècle, né à Candes (Touraine). Parmi ses ouvrages, 
devenus très rares, nous citerons : la Rhétorique (Paris, 
1557, in-4); le Cantique des Cantiques de Salomon 
mis en vers, ensemble les Lamentations de Jérémie 
(Paris, 1564, in-16), avec les airs notés. 

COURCELLES (Etienne de), en latin Curcellœus, théo- 
logien protestant, né en 1586 de parents réfugiés à Genève, 
mort à Amsterdam en 1659. Il était pasteur à Amiens 
quand le synode d'Alais (1620) imposa aux ministres de 
France les décisions du synode de Dordrecht (V. ce mot) 
et déchaîna ainsi en France les querelles au sujet de la 
prédestination. Courcelles fut parmi les théologiens qui 
protestèrent au synode provincial de Charenton (1622) 



contre cette mesure. Lorsque, Tannée suivante, ce synode 
se rétracta, Courcelles persista et fut déposé. Peu après, il 
demanda, sans qu'il soit possible de découvrir les mobiles 
de cette variation, à être réadmis, mais pour quitter bien- 
tôt la France et se réfugier en Hollande, où les adversaires 
du synode de Dordrecht étaient tolérés (V. Arminianisme). 
En 1643, il succéda à Episcopius comme professeur de 
théologie au collège arminien fondé dès 1637 à Amster- 
dam. Ses ouvrages, presque tous de circonstance et de 
polémique, sont énumérés par Haag dans la France pro^ 
testante ( vol. IV, p. 86 et 87). Le plus important est une 
édition du Nouveau Testament grec avec un grand choix de 
variantes (Amsterdam, 1658, 2 vol. in-12), réimprimé 
trois fois jusqu'en 1699. F.-H. K. 

COURCELLES (Marie Sidonia de Lenoncourt, marquise 
de), née en 1650, morte à Paris en déc. 1685. Fille de 
Joachim de Lenoncourt, marquis de Marolles, lieutenant 
général, gouverneur de Thionville et d'Isabelle-Claire- 
Eugénie de Cronemberg, elle fut élevée par sa tante Marie 
de Lenoncourt, abbesse de Saint-Loup à Orléans. Attirée à 
Paris par Colbert qui la voulait marier à son frère Maule- 
vrier, elle s'attacha à la princesse de Carignan et habita 
avec elle l'hôtel de Soissons où la galanterie faisait fureur. 
xAprès avoir repoussé successivement l'alliance de Maule- 
vrier et de Villeroy, Marie-Sidonia épousa, vers 1666, 
Charles de Champlais, marquis de Courcelles. Cette union 
fut malheureuse. La jeune marquise eut à subir les bruta- 
lités de son mari et ses fréquentes exigences d'argent. De 
son côté, elle eut des intrigues peu voilées avec le marquis 
de Villeroy, avec Louvois, avec le duc d'Elbeuf, le duc de 
Bouillon, et bien d'autres personnages de marque, si bien 
que les chansonniers satiriques lui avaient infligé comme 
devise le Soleil : « Je ne m'arrête point et tourne comme 
lui. » Le scandale devint tel que Louvois, par ordre du roi, 
fit enfermer Sidonia dans le couvent des filles Sainte-Marie 
de la rue Saint-Antoine, puis à Chelles. Après deux ans de 
réclusion, elle se réconcilia un moment avec son mari qui, 
à la suite de nouvelles aventures avec M. de Cavoy, l'exila 
à son château de Courcelles dans le Maine. Elle y eut un 
enfant de Jacques Rostaing, page de l'évêque de Chartres. 
Courcelles déposa une plainte en adultère (3 avr. 1669). 
Le 7 sept, elle était condamnée par le lieutenant criminel 
de Château-du-Loir à être recluse en l'abbaye de BonHeu, 
pendant deux ans à l'expiration desquels son mari pourrait 
la reprendre, sinon, elle y devait vivre le reste de ses 
jours. Ses biens étaient adjugés au marquis. Grâce à l'in- 
tervention de M. de Rohan, Sidonia put s'évader du Petit 
Châtelet où on l'avait enfermée et passa en Luxembourg. 
Le 20 févr. 1672, elle revenait à Paris et se constituait 
prisonnière à la Conciergerie. La procédure fut reprise. Elle 
s'évada de nouveau le 29 févr. 1673. Cette fois elle passa 
en Angleterre. Le 17 juin, le parlement prononçait un 
arrêté modifiant la première sentence. Sidonia était con- 
damnée à la même réclusion, mais sa fortune considérable 
n'était plus remise à son mari; elle devait lui payer 
100,000 livres de dommages-intérêts. La marquise vint à 
Paris rejoindre un nouvel amant, François Brûlart du 
Boulay, qui la conduisit à Genève. Son mari étant mort en 
1678, elle revint aussitôt à Paris. Mais son beau-frère, 
Camille de Champlais, chevalier de Courcelles, lui intenta 
un procès qui aboutit à un arrêt du parlement (5 janv. 
1680), la condamnant à 60,000 livres de dommages-inté- 
rêts envers le chevalier de Courcelles, 2,000 livres d'au- 
mônes, 500 livres d'amende et les frais. Bien entendu, elle 
avait été encore incarcérée durant la procédure. Elle ter- 
mina sa vie agitée en épousant un capitaine de dragons 
nommé Dutilleul. Elle a laissé des lettres et d'agréables 
mémoires publiés par Chardon de la Rochette sous le titre 
de Vie de la marquise de Courcelles^ écrite en partie 
par elle-même (Paris, 1808, in-12) ; Paul Pougin en a 
donné une nouvelle édition : Mémoires et correspondance 
de la marquise de Courcelles (Paris, 1854, in-18), dans 
la Bibliothèque elzéuirienne, et V Académie des bîblio- 



Ui - 



COURCELLES — GOURCY 



philes en a publié une troisième augmentée de divers 
documents inédits : Mémoires de la marquise de Cour- 
celles (Paris, 1869, in-8). R. S. 

BiBL.: V. les notices placées en tête des éditions ci- 
dessus. — Walckenaer, Mémoires sur Madame de 
Sévigné; Paris, 1848, 4 vol. in-8. — Sainte-Beuve, Cau- 
series du lundi; Paris, 1857, 1. 1. 

COURCELLES (Jean-Baptiste-Pierre Jullien, dit le che- 
valier de), généalogiste et biographe français, né à Orléans 
le 14 sept. 1759, mort à Saint-Brieuc le 24 juil. 1834. 
D'abord notaire, il acheta le cabinet héraldique de Saint- 
Allais et continua son Nobiliaire universel de France ; 
les t. XVn et XVïïl sont entièrement de lui. Ses autres 
principaux ouvrages sont : Armoriai de la Chambre des 
pairs (Paris, 1822, in-4) ; Dictionnaire universel de 
la noblesse de France (Paris, 1820-1822, 5 vol. in-8); 
Histoire généalogique et héraldique des pairs de 
France et des maisons princières de V Europe (1822- 
1833, 12 vol. in-4) ; Notices historiques et généalogiques 
sur les maisons souveraines (Paris, 1828, gr. in-4). 
On lui doit encore un Dictionnaire des généraux fran- 
çais, depuis le xi^ siècle (Paris, 1820-1823, 9 vol, 
in-8). H. GouRBON de Genouillâc. 

COURCEMAIN. Com. du dép, delà Marne, arr. d'Eper- 
nay, cant. de Fère-Champenoise ; 239 hab. 

COURCEWIONT. Com. du dép. de la Sarthe, arr. du 
Mans, cant. de Ballon; 1,328 hab. 

COURCERÂC. Com. du dép. de la Charente-Inférieure, 
arr. de Saint- Jean-d'Angély, cant. de Matha ; 457 hab. 

COURCERÂULT. Com. du dép. dePOrne, arr. de Mor- 
tagne, cant. de Noce ; 550 hab. 

COURCEROY. Com. du dép. de l'Aube, arr. et cant. de 
Nogent-sur-Seine ; 248 hab. 

COURCHAMP. Com. du dép. de la Côte-d'Or, arr. de 
Dijon, cant. de Fontaine-Française; i05 hab. 

COURCHAMPS. Com. du dép. de l'Aisne, arr. de Châ- 
teau-Thierry, cant. de Neuilly-Saint-Front ; 123 hab. 

COURCHAMPS. Com. du dép. de Maine-et-Loire, arr. 
de Saumur, cant. de Montreuil-Bellay ; 383 hab. 

COURCHAMPS. Com. du dép. de Seine-et-Marne, arr. 
de Provins, cant. de Villiers-Saint-Georges ; 188 hab. 

COURCHAPON. Com. du dép. du Doubs, aiT. de Be- 
sançon, cant. d'Audeux ; 193 hab. 

COURCHATON {Curtis Catonis). Com. du dép. de la 
Haute-Saône, arr. de Lure, cant. de Villersexel; 747 hab. 
Carrières. Tuilerie. Ruines d'un château féodal. La sei- 
gneurie fut, au commencement du xm^ siècle, démembrée 
du comté de Montbéliard pour Richard, fils de Richard de 
Montfaucon, comte de Montbéliard, et d'Agnès de Bourgogne. 
Avec Thierry, sire de Montfort et d'Antigny, fils aîné de 
Richard II, la terre rentra, à la fin du xni® siècle, dans la 
mouvance du comté ; elle passa ensuite à Simon de Sainte- 
Croix, à Philippe de Vienne, à Edouard de Saint-Dizier, 
puis aux de Bauffremont, aux d'Achey, et enfin (1 756) à 
Jeannot, conseiller au parlement de Besançon. L-x. 

COURCHELETTES. Com. du dép. du Nord, arr. et 
cant. (0.) de Douai; 348 hab. 

COURCHONS. Com. du dép. des Basses-Alpes, arr. de 
Castellane, cant. de Saint- André ; 88 hab. 

COURCI (John de), mort probablement en 1219. Soldat 
de fortune dont l'histoire héroïque tient de la légende. 
Giraldus Cambrensis, dans son Expugnatio Hiberniœ, 
dit que Jean de Courci fut envoyé en 1176 par Henri II 
en Irlande et qu'il y conquit, avec quelques compagnons, 
le royaume d'Ulster, en accomplissement des prophéties 
de Merlin. Il bâtit, suivant la coutume des conquérants 
normands, des châteaux dans le pays conquis (Down, 
Antrim) où ses soldats devinrent barons et furent ses 
vassaux. Il épousa en 1180 la fille du roi de Man. En 
1204, Hiigh de Lacy, agissant au nom du roi d'Angleterre, 
vainquit et captura ce parvenu. A. partir de 1210, il 
paraît être devenu l'un des favoris du roi Jean qui l'em- 
mena avec lui dans plusieurs voyages en Irlande. Henri III, 
au début de son règne, en parle comme de l'un de ses 



«fidèles ». Peu de personnages du moyen âge ont été plus 
défigurés que celui-ci par l'nnagination de la postérité. 



and . 
VIII. 

Londres, 1887, XII, 380. 

COURCIER (Pierre), jésuite et mathématicien français, 
né à Troyes en 1604, mort à Auxerre le 5 mai 4692. 
Entré en 1642 au collège de Pont-à-Mousson, il y pro- 
fessa la théologie, puis les mathématiques, passa au collège 
de Nancy comme recteur, puis à Dijon, et fut nommé en 
1670 provincial pour la Champagne. On a de lui : Astro- 
nojnia practica, sive motuum cœlestium praxes per 
astrolabia quœdam, quibus siderum loca, motus, 
defectus, cito et facile pro quolibet tempore in perpe- 
tuum cognoscuntur (Nancy, 1653); Negotium sœculo- 
rum Maria, sive rermn ad matrem Dei spectantium 
chronologica epitome, ab anno mundi primo ad aii- 
num christi 1660 (Dijon, 1662); Opusculum de sec- 
tione super flciei sphœricce per superficiem sphœricam, 
cylindricam, conicam; item supe?" flciei cylindricce 
per superficiem cylindricam atque conicam ; denique 
superficiei conicce per superficiem conicam (Dijon , 
1662); Supplementum sphœrometricœ, sive triangu- 
larium el aliarum in sphœra figurarum quoad areas 
mensuratio (Pont-à-Mousson, 1675). 

COURCILLON (Louis de), abbé de Dângeau (V. Dan- 

GEAU). 

COURGITÉ. Com. du dép. de la Mayenne, arr. de 
Mayenne, cant. de Villaines-la-Juhel ; 1,975 hab. 

COURCI VAL. Com. du dép. de la Sarthe, arr. de Ma- 
mers, cant. de Bonnétable ; 290 hab. 

COURCOME. Com. du dép. de la Charente, arr. de 
Rufi'ec, cant. de Villefagnan, sur le ruisseau de Moussac ; 
861 hab. Eglise (mon. hist.) des x^, xii^ et xv^ siècles. 

COUR'ÇON-d'Aunis. Ch.-l. de cant. du dép. delà Cha- 
rente-Inférieure, arr. de La Rochelle ; 1 ,249 hab. Dans 
l'église, belle copie de la Sainte Famille de Raphaël. 

COURCOUÉ. Com. du dép. d'Indre-et-Loire, arr. de 
Chinon, cant. de Richeheu ; 422 hab. 

COURCOURONNES. Com. du dép. de Seine-et-Oise, 
arr. et cant. de Corbeil; 202 hab. 

COURCOURY. Com. du dép. de la Charente-Inférieure, 
arr. et cant. (S.) de Saintes; 751 hab. 

COURCUIRE. Com. du dép. de la Haute-Saône, arr. 
deGray, cant. de Marnay; 212 hab. 

COURCY. Com. du dép. du Calvados, arr. de Falaise, 
cant. de Morteaux-Coulibœuf, sur un affluent de la Dives ; 
233 hab. EgHse dont le choeur est du xii*^ siècle et la 
nef du xvin®. Elle a conservé une crédence du xm*^ siècle 
et une stalle seigneuriale de la Renaissance ; une chaîne 
en fer, près de l'autel de Saint-Léonard, passe pour avoir 
la vertu de guérir du rachitisme. Ruines de l'ancien châ- 
teau féodal entouré de fossés ; porte du xiii^ siècle ; cha- 
pelle en partie romane ; vestiges des deux enceintes. 

COURCY. Com. du dép. de la Manche, arr. et cant. de 
Coutances ; 808 hab. 

COURCY. Com. du dép. de la Marne, arr. de Reims, 
cant. de Bourgogne; 850 hab. 

COURCY-Aux-LoGES. Com. du dép. du Loiret, arr. 
et cant. de Pithiviers; 460 hab. 

COURCY (Jean de), écrivain français, né à Falaise vers 
1350, mort à Caudebcc le 30 oct. 1 431 j II était seigneur de 
Bourg-Achard, près de Pont-Audemer, localité appelée ordi- 
nairement au moyen âge Bouc-Achard. On a de lui une vaste 
compilation d'histoire ancienne, composée de 1416 à 1422 
et à laquelle, du nom de la seigneurie de Bourg-Achard, 
on donna le titre de la Boucachardière ou Bouquechar-^ 
dière. Cette compilation, où l'auteur montre des sentiments 
élevés et une conception de l'histoire plus intelligente que 
celle de ces devanciers, paraît avoir eu du succès, à en juger 
par le nombre assez considérable de manuscrits qui nous 
en sont parvenus. Mais ce succès ne dépassa guère le milieu 



COURCY — COURET 



— 4d2 — 



du XV® siècle, car elle n'eut pas les honneurs de l'impres- 
sion. Outre IdiBouquechardière, on a de Jean de Courcy un 
poème allégorique médiocre intitulé le Chemin de Vail- 
lance, qu'd composa de 4424 à 1426 : on n'en possède 
qu'un seul manuscrit exécuté avec luxe pour la bibliothèque 
d'Edouard IV, roi d'Angleterre. A. Thomas. 

BiBL. : P. Paris, Manitscints français de la Bibliothèque 
royale^ t. I, pp. 74 et suiv., et t. II, p. 332. —P. Meyer, 
Alexandre le Grande %. II, p. 347. 

COURCY (Pol-Louis Potier de), archéologue et généa- 
logiste français contemporain, né à Landerneau (Finistère) 
le 26 janv. 1815. Il est auteur d'un grand nombre de 
mémoires et de volumes historiques, archéologiques et 
héraldiques, la plupart relatifs à la Bretagne. Dans les deux 
premières catégories, les principaux sont : Notice sur la 
ville de Saint-Pol-de-Léon (Brest, 1841, in-8) et celle 
sur la ville de Laiiderneau (1842) ; Monographie de la 
cathédrale de Léon (1843) et de celle de Tréguier 
(Rennes, 185J); les Itinéraires De Saint-Pol à Brest 
(Nantes, 1859), De Nantes à Brest, etc. (Paris, 1863- 
1865), De Rennes à Brest et à Saint-Malo (1864) ; la 
Bretagne contemporaine, Finistère (Nantes, 1865, 
in-fol.) ; le Combat de trente Bretons contre trente 
Anglais (Saint-Pol-de-Léon, 4857, in-4). Parmi ses nom- 
breux travaux héraldiques et généalogiques, nous signale- 
rons: Nobiliaire de Bretagne (1846, in-4) ; Origine et 
formation des noms de famille en Bretagne (Rennes, 
1852, in-8) ; Dictionnaire héraldique de Bretagne 
(Saint-Brieuc, 1855, in-8) ; Nobiliaire et Armoriai de 
Bretagne (Nantes, 1862, 3 vol. in-4) ; Armoriai et 
Nobiliaire de Vévêché de Saint-Pol-de-Léon en i443, 
par le marquis de Refuge, 2® édit, annotée (Paris, 1863, 
in-12) ; et surtout sa colossale continuation de V Histoire 
de la maison royale de France, des pairs et grands 
officiers de la couronne, et de l'ordre du Saint-Esprit, 
du P. Anselme et autres (Paris, 1884-1890, 2 vol. gr. 
in-4). Tous ces ouvrages jouissent d'une grande autorité en 
raison de leur caractère sérieux, exempt de toute faiblesse 
ou complaisance. G. P-i. 

COURCY (Alfred-François Potier de), économiste fran- 
çais, né à Brest en 1816, mort au château de Bois-Corbon, 
près Montmorency, le \ 8 oct. 1888, frère du précédent. Il fut 
un des administrateurs de la compagnie d'Assurances géné- 
rales. Après avoir traduit de l'anglais la Théorie des annui- 
tés viagères de Francis Baily (Paris, 1836, 2 vol. in-8), 
il a donné un grand nombre de traités financiers et écono- 
miques intéressants, comme : les Assurances sur la vie 
en Angleterre et en France (Paris, 1861, in-8) : Essai 
sur les lois du hasard (4862, in-12) ; D'une Béforme 
internationale du droit maritime (1863, in-12); les 
Sociétés anonymes (1869, in-12); Précis de l'assurance 
sur la vie (1870, in-12); les Caisses de prévoyance des 
employés et des ouvriers et les pensions de l'Etat 
(1872, in-12); l'Institution des caisses de prévoyance 
des fonctionnaires, employés et ouvriers (1876, in-12) ; 
Questions de droit maritime (1877-1886, 4 vol. in-8) ; 
les Sociétés étrangères d'assurances sur la vie (1883, 
in-8), etc. Il a aussi écrit des ouvrages Httéraires : 
Esquisses (1854, in-12) ; VHonneur (1858, in-12); un 
Nom (1860, in-12); Proverbes de salon (1876, in-12) ; 
le Roman cac/i^ (1881, in-12); Trop tard (iSS^in-i^); 
Château à vendre (1882, in-12) ; le Bois de la Boulaye 
(1883, in-12), etc. 

COURCY (Philippe-Marie- Henri Roussel, comte de), 
général français, né à Orléans le 30 mai 1827, mort à 
Paris le 9 nov. 1887. Sorti de Saint-Cyr le l^*- oct. 1846, 
il a été nommé capitaine au 15^ bataillon de chasseurs le 
29 dcc. 1853, a tait la campagne d'Italie et est rentré dans 
l'infanterie de ligne comme chef de bataillon le 25 mai 
1860. Au commencement de la campagne de 1870, il était 
depuis quatre ans colonel du 90® de ligne. Promu général 
de brigade à Metz le 15 sept. 1870, il reçut le comman- 
dement de la 1**^ brigade ,de la 1^® division du 3® corps 



et à sa rentrée de captivité il fut placé à la tête des troupes 
réunies à Cambrai, qui constituèrent à partir du 29 mars 
1871 la 1^® brigade de la 1''® division du 5^ corps de 
l'armée de Versailles. Bien qu'il sortît de l'infanterie, le 
général de Courcy a commandé en 1874 l'artillerie du 
11^ corps. En 1877, il a suivi comme attaché militaire 
l'armée russe du Danube. Depuis cette époque il a com- 
mandé successivement la 11®, la 15®, la 2®, puis de nouveau 
la 11® division. Gouverneur de Toul-Nancy et inspecteur 
de la défense des places du 6® groupe le 12 mars 1881, il 
a pris le 4 juil. suivant le commandement du 6® corps et 
le 20 août 1883 celui du 10® corps. C'est là qu'il se trou- 
vait, lorsque le 14 avr. 1885 il a été placé à la tête du 
corps expéditionnaire du Tonkin et de VAnnam (V. ces 
mots). Il en a conservé le commandement jusqu'à la fin de 
1885, époque à laquelle il a été mis en disponibihté. 

COURDAVEAUX (Pierre -Charles -Victor) , professeur 
français, né à Paris le 12 avr. 1821. Elève de l'Ecole 
normale supérieure (promotion de 1840), il fut professeur 
de philosophie, puis professeur de littérature étrangère à 
Besançon, professeur de littérature ancienne à Douai, et 
enfin professeur de langue et de littérature grecques à la 
Faculté des lettres de Lille. Collaborateur de la Grande 
Encyclopédie, de la Nouvelle Revue, de la Revue philo- 
sophique, de la Révolution française et autres pério- 
diques, M. Courdaveaux a donné un grand nombre d'ou- 
vrages parmi lesquels nous citerons : ses thèses de doctorat, 
De Fimmortalité de Vâme dans le stoïcisme, Etude 
sur le De Regimine principum de Gilles de Rome ; la 
Philosophie grecque mise à la portée de tous et éclaircie 
par le christianisme (Troyes, 1855, in-12); Etude sur 
Simart (Troyes, 1860, in-8) ; Du Beau dans la nature 
et dans l'art (1860, in-8) ; Caractères et talents, études 
sur la littérature ancienne et moderne (Paris, 1867, 
in-8) ; Eschyle, Xénophon et Virgile. Etudes philoso- 
phiques et littéraires (1872, in-8) ; Etudes sur le Co- 
mique. Le Rire dans la vie et dans rart{iSl^, in-12) ; 
Sur quoi reposent les prétentions politiques de l'Eglise 
(1885, in-16); Saint Paul d'après la libre critique en 
France (1886, in-8), etc. Conseiller municipal de Douai, 
il s'est opposé de toutes ses forces à la translation des Fa- 
cullés de cette ville à Lille, en 1888. 

COURDEMANCHE. Corn, du dép. de l'Eure, arr. 
d'Evreux, cant. de Nonancourt; 344 hab. 

COURDEMANCHE. Corn, du dép. de la Sarthe, arr. de 
Saint-Calais, cant. de Grand-Lucé; 1,323 hab. 

COURDEMANGES. Com. du dép. de la Marne, arr. et 
cant. de Vitrv-le-François ; 282 hab. 

COU RDI MANCHE. Com. du dép. de Seine-et-Oise, arr. 
et cant. de Pontoise ; 440 hab. 

COURDIMANCHE-suR-EssoNNES. Com. du dép. de Seine- 
et-Oise, arr. d'Etampes, cant. de Milly; 124 hab. 

COURDOUAN (Vincent -Joseph -François), paysagiste 
français, né à Toulon le 6 mars 1810. Après avoir été à 
Paris l'élève de Guérin, il exposa des paysages qui furent 
très remarqués au Salon de 1835. De ses nombreuses 
excursions en Algérie et sur les bords de la Méditerranée 
il rapporta des études pour les tableaux qu'il envoyait assez 
régulièrement à nos expositions annuelles. Les plus connus 
sont deux Paysages des îles d'Hyères en 1874, un Cou- 
cher de soleil après l'orage (côtes de Provence) en 1875, 
la Baie de la Ciotat (1877); la Chasse au Ramier et 
un Soir à Hyères (1878) ; l'artiste s'y montre un très 
fidèle interprète de la nature du Midi dont il a reproduit 
avec succès la lumière et les divers aspects. Il a obtenu la 
médaille de 3® classe en 1838 et 1844, la médaille de 
2® classe .en 1849 et a été fait chevalier de la Légion 
d'honneur en 1852. Il est professeur à l'Ecole navale de 
Toulon. 

COURET. Com. du dép. de la Haute-Garonne, arr. de 
Saint-Gaudens, cant. d'Aspet ; 338 hab. 

COURET (Du) (V. Abd-ul-Hamid Bey). 

COURET DE Villeneuve (Martin), imprimeur et litté- 



— us — 



COURET — COUREUR 



rateur français, né à Orléans le 25 mai 47i9, mort dans 
la même ville le 21 oct. 4780. Typographe distingué, il a 
donné deux jolies éditions classiques d'Horace (4767, in- 
42) et de Phèdre (4773, in-24). Il a rédigé ou dirigé les 
Affiches orléanaises^ continuées par son fils, publié une 
Ecole des francs-maçons (Jérusalem [Orléans], 4748, 
in-8), et avec Bérenger (V. ce nom), le Trésor du Par- 
nasse ou le Plus Joli des Recueils (4766-4772, 6 vol. 
in-42). M. Tx. 

COURET DE Villeneuve (Louis-Pierre), fils du précé- 
dent, typographe et littérateur français, né à Orléans le 
29 juin 4749, mort à Gand le 26 janv. 4806. Comme 
imprimeur, on lui doit d'élégantes éditions des Lyriques 
sacrés (4774, in-42), des Poètes italiens (24 vol. in-8), 
avec des notes et des préfaces rédigées par lui ; un Recueil 
de voyages en vers et en prose (1783-4789, 9 vol. 
in-42), etc. Rédacteur des Affiches orléanaises (4774- 
4790) et du Publiciste véridique et impartial, il fut 
nommé, après la conquête de la Belgique, professeur de 
grammaire générale à l'Ecole centrale de Gand, et se noya 
par accident dans la Lys. L.-P. Couret de Villeneuve a 
publié entre autres travaux personnels : Prodromus florœ 
aurelianensis (4784, in-8); Mes Matinées d'été ou 
Opuscules en vers et en prose (Orléans, 4789, in-42) ; 
Mémoires sur les inondations de la Loire (i789, in-8); 
Lettre à Sicard sur les écoles primaires (4797, in-8); 
Eloge de Kléber (4800, in-8); Discours sur la prise de 
la Bastille (Gand, 4801, in-8) ; Programme d'un cours 
de grammaire générale {iSÙi^ in-4); puis des recueils 
instructifs et amusants : l'Ami de V enfance et de la jeu- 
nesse (4798, in-4 6, souvent réimprimé); le Nouvel 
Eraste ou Développement instructif de la jeunesse et 
de V enfance (1799, in-42), etc., et diverses traductions 
de l'italien. M. Tx. 

COUREUR. I. Généralités. — La course est une 
allure plus naturelle à l'homme que l'on ne croirait. Il 
s'y entraîne avec la plus grande facdité (pour les principes, 
le mécanisme et les eifets physiologiques, V. Course). De 
tout temps, la course a été en faveur. Au sein des civilisa- 
tions rudimentaires, y exceller soit en vue de la chasse, 
soit en vue de la guerre est d'une nécessité impérieuse. 

En Grèce, c'était sur une course à pied que la clôture 
des jeux Olympiques était prononcée (V. Course et Jeu). 
Les meilleurs coureurs étaient généralement originaires de 
la Crète, de la Messénie, de la Laconie ou de Crotone. Entre 
les plus illustres il faut citer Hermogène (de Xanthe) qui 
remporta huit victoires en trois Olympiades, et reçut, en 
raison de sa vitesse, le surnom de cheval ; Lasthène, le 
Thébain qui battit un coursier de première valeur dans le 
trajet de Coronée à Thèbes ; Polymnestor de Milet qui forçait 
un lièvre à la course ; Philonide, le coureur d'Alexandre le 
Grand, qui parcourut en neuf heures la distance de Sicyone 
à Elis (plus de 420 kil.). Plus d'un mourut victime du 
patriotique abus qu'il fit sous ce rapport de ses forces : au 
premier rang, ce soldat qui tomba mort aux pieds des 
magistrats d'Athènes en leur annonçant la victoire de 
Marathon, et cet Euchidas de Platée, qui s'en fut à Delphes 
chercher le feu nécessaire pour remplacer dans les sacri- 
fices celui que les Perses avaient souillé et, en un seul 
jour, parcourut un espace de 4,500 stades (plus de 
200 kil.). A Rome, l'exercice de la course n'était pas en 
moins grand honneur qu'à Athènes. Pline mentionne l'éten- 
due considérable des étapes que les coureurs de son temps 
étaient en état de fournir (V. Messagerie, Poste), ainsi 
que les courses dans lesquelles l'adresse de l'athlète allait 
jusqu'à porter, tout en courant et sans l'éteindre, un flam- 
beau. A Rome, de même qu'à Athènes, il était pour les 
coureurs une coutume : celle de provoquer l'atrophie de la 
rate soit par l'ingestion de certaines préparations pharma- 
ceutiques, soit au mo^en de certaines opérations chirurgi- 
cales; par des cautérisations répétées, notamment, et même 
l'extirpation. En Turquie, la profession de coureur, de 
peich^ fut durant des siècles très répandue. Ceux qui s'y 
grande encyclopédie. — XIII. 



adonnaient étaient, pour la plupart, originaires de la 
Perse. Le sultan n'entretenait pas moins de quatre-vingts 
à cent coureurs dans ses palais. Ils allaient, sautant et 
cabriolant devant lui et parfois se retournaient, continuant 





Peich ou coureur du Grand Turc 



Coureurs romains porteurs de flambeaux. 

de courir à reculons en dodelinant de la tête et criant : 
« Allah Deicherein ! Dieu maintienne le seigneur en puis- 
sance et prospérité î » Toujours pieds nus, ils portaient aux 
jarretières et à la ceinture des clochettes et des grelots, et 
faisaient, dit-on, ferrer leurs pieds calleux de fers très 
légers afin de mieux établir la ressemblance de leur vitesse 
à celle du cheval. Plus 
tard, vers le xvi® et le 
xvii^ siècle, la muni- 
ficence du Grand Turc 
leur valut un élégant 
costume composé d'une 
tunique à l'albanaise 
de damas ou de satin 
aux riches couleurs, 
d'une large ceinture 
de soie brodée d'or à 
laquelle pendait un poi- 
gnard artistement ou- 
vré, de chausses très 
longues figurant assez 
exactement des bottes, 
et d'un bonnet très 
haut, scuff, en argent 
battu constellé de pier- 
reries et surmonté d'un long panache de plumes d'au- 
truche. D'une agilité et d'une force de résistance extraor- 
dinaires, les peichs, selon Théodore Cantacuzène, fran- 
chissaient en vingt-quatre heures la distance qui sépare 
Constantinople d'Andrinople, c.-à-d. 160 kil. 

En France, durant le moyen âge, les messagers qui rem- 
plissaient en cou- 
rant l'office de 
la poste venaient 
presque tous du 
pays basque se 
mettre à la dis- 
position des 
grands seigneurs. 
« Grandgousier, 
dit Rabelais, dé- 
pêche le basque 
son laquais pour 
quérir Gargan- 
tua » ; ce qui dé- 
note au temps de 
François P^ une 
coutume très gé- 
nérale. Laquais 
et basque étaient 
même devenus 
avant 4789 deux 
désignations à peu près synonymes; si bien qu'avant la Révo- 
lution, courir pour le compte de son maître était la princi- 




Coureur de l'aristocratie anglaise. 



COUREUR — COURGE 



— 144 — 



pale attribution du laquais. En Angleterre, les coureurs de 
profession étaient particulièrement recherchés de la no- 
blesse. Ces running foobmen (laquais coureurs) portaient 
un costume traditionnel : casaque de jockey, culotte de 
toile blanche, toque de soie ou de velours. Ils étaient 
munis d'une longue canne surmontée d'une pomme d'ar- 
gent volumineuse et creuse dans laquelle étaient renfermés 
leurs moyens de subsistance pendant la course : des œufs 
durs et un peu de vin blanc. Un bon coureur devait être 
en état de franchir la distance de sept milles à l'heure. 
Chargé d'un message pressant, celui du comte de Home 
parcourut, une fois, 35 milles en une nuit ; celui du duc de 
J^anderdale fournit, en un jour, une étape à peu près égale 
dans le pays accidenté de l'Ecosse. Langham, le coureur 
de lord Berkeley, mit de Collowdon à Londres où il était 
allé chercher un médicament destiné à lady Berkeley, et de 
Londres à Collowdon, quarante-deux heures. Il avait fait 
148 milles. A un pareil métier, les réserves de l'économie 
s'épuisaient vite et au dire de Mrs Saint-Georges, les 
coureurs succombaient d'ordinaire au bout de quatre à 
cinq ans aux atteintes de la consomption. Ces traditions 
dans la Grande-Bretagne se sont répercutées jusqu'à nos 
jours. Le nom de footman (valet de pied) est encore celui 
sous lequel on y désigne les domestiques de grande mai- 
son. Et quand le shérif de la cour de Northumberland se 
rend au tribunal pour y installer les assises, son carrosse, 
dit Depping, est flanqué de deux coureurs. Mêmes mœurs 
en Autriche oti de tout temps les coureurs se sont distin- 
gués par la richesse de leur costume agrémenté de den- 
telles, de passementeries, de franges d'or et de clochettes 
au timbre retentissant. Mêmes mœurs en Allemagne où, en 
4845 encore, le roi de Saxe faisait escorter sa voiture de 
coureurs galonnés, brodés, surchargés de dentelles et coiffés 
de bonnets surmontés de plumes de héron. En Espagne, 
durant des siècles, le %agal tout couvert de soie bleue, 
blanche, rouge, orange, a accompagné les diligences, pres- 
sant les relais, surveillant le matériel et prêtant main-forte 
au besoin. Son accoutrement et ses attributions passèrent 
même dans les coutumes en Angleterre et en Allemagne, et 
dans les grandes familles de ces deux pays ces coutumes 
demeurèrent longtemps en vigueur. En certaines contrées de 
l'Allemagne, à Marktgroningen en Wurttemberg, notam- 
ment, les femmes s'adonnent avec passion à l'exercice de la 
course. Le jour de la Saint-Barthélémy, on les voit, vêtues 




Course de bergères de Wurttemberg. 

d'un simple jupon court et d^un corsage de tricot blanc, se 
réunir en grande pompe pour lutter de vitesse et d'agihté. 
Parfois, c'est la tête chargée d'une cruche remplie d'eau 
que la course s'exécute. Sous le rapport de l'habileté à la 
course, les populations primitives ne le cèdent pas aux 
peuples civihsés. Les Boschimans, entre autres, sont passés 
maîtres en Fart de courir. Au rapport de Barrow, ce 
seraient même les meilleurs coureurs que Ton connaisse, 
et, malgré la ténuité de leur musculature et la proéminence 
de leur ventre, les chevaux auraient peine à les suivre au 
galop. Actuellement, enfin, que chezjious les exercices du 
corps semblent plus que jamais prendre faveur, les cou- 
reurs de profession sont rentrés en scène. Le 22 déc. d882, 



Gilbert a franchi, à la course, la distance de Saint-Ger- 
main -en-Laye à Mantes (31 kil.) en 150 minutes. Le25févr. 
1883, il mettait 15 minutes à se rendre par les rues de 
Rivoli, Cambon et Duphot, de la Bastille à la Madeleine. 
Agé de seize ans, Ernest Moret a fait 48 kil. en trois 
heures. Egalement en trois heures, quelques temps après, 
il allait du Louvre à Versailles et de Versailles au Louvre 
d'une seule traite. Ces nombreux exemples dénotent l'ex- 
trême facilité d'entraînement qui distingue l'homme pour 
la course. D^ Collineau. 

IL Art militaire. — Coureurs cVavant-garde, Ce 
mot était synonyme de troupes légères, de batteurs d'estrade, 
d' éclair eurs chargés des reconnaissances ou découvertes et 
de la poursuite des fuyards. Les Institutions militaires de 
l'empereur Léon sur l'organisation de l'armée byzantine 
avant le x^ siècle parlent déjà des coureurs qu'elles défi- 
nissent ainsi : « Les coureurs sont ceux qui précèdent l'or- 
donnance de l'armée quand elle va au combat et qui pour- 
suivent l'ennemi lorsqu'il fuit. » Pendant le moyen âge, au 
nombre des fonctions du connétable se trouvait la direction 
des coureurs. Voici la définition qu'en donne Nicot dans 
son Trésor de la langue française (1606) : «... coureurs 
sont les gens de cheval, armez à la légère, qui se partent 
d'une armée pour faire courses, pilleries et dég^ats au pays, 
à l'ennemy. » De son côté, Nicolles Gilles écrivait dans la 
Vie du roy Philippe de Valois : « Tandis que le roy 
d'Angleterre estoit à Poissy et son fils à Saint-Germain-en- 
Laye, où ils furent par six jours, leurs coureurs gattèrent 
et brûlèrent tout le pays... » 

m. Histoire. — Coureur ^ de vin. Officier de la 
maison du roi aux xvii® et xviii® siècles, faisant partie de la 
division appelée goblet du roi. Les coureurs de vin étaient 
chargés de porter à la chasse et partout où le roi allait 
une valise contenant des serviettes, du pain, un couteau, 
des pièces de four, des fruits, des confitures, du vin et de 
l'eau dans deux flacons. M. P. 

IV. Ornithologie. — Les ornithologistes ont reconnu la 
nécessité de ranger dans un ordre distinct, sous le nom de 
Coureurs^ de Brévipennes ou de Struthioniens les Au- 
truches, les Nandous, les Casoars, les Emeus, que G. Cuvier 
(Règne animal^ 1^® édit., 1817, p. 459) considérait 
comme une simple famille de l'ordre des Echassiers (V. ce 
mot). Ces oiseaux, auxquels il faut joindre les Aptéryx 
(V. ce mot) de la Nouvelle-Zélande, se distinguent en effet 
par la réduction considérable de leurs membres antérieurs 
qui ne peuvent plus servir d'organes de locomotion aérienne 
et par le développement de leurs muscles postérieurs qui 
sont conformés pour une course rapide. L'atrophie partielle 
de leurs ailes entraîne une modification dans la forme du 
sternum qui est aplati en bouclier, au lieu d'offrir comme 
d'ordinaire sur la ligne médiane une saillie {bréchet) 
de chaque côté de laquelle prennent leur insertion les 
muscles pectoraux. C'est pour faire allusion à ces difi'érences 
que Merrem avait proposé d'appeler Ratitœ les oiseaux 
brévipennes et Carinatœ les oiseaux ordinaires, et que 
M. Blanchard avait désigné ces deux grands groupes sous 
les noms de Tropidosterniens Qtà'Homalosterniens. C'est 
à l'ordre des Coureurs que se rattachaient deux genres d'oi- 
seaux qui ont été détruits à une date relativement récente, 
les Dinornis de la Nouvelle-Zélande et les Mpyornis de 
Madagascar (V. Dinornis et tEpyornis). E. Oust. 

COURGAINS. Corn, du dép. de la Sartlie, arr. de Ma- 
mers, cant. de Marolles-les-Braults ; 971 hab. 

COURGE. I. Botanique (V. Cucurbita et Lagenaria). 

IL Horticultu